Archives du mot-clé secret de famille

Les survivants, Alex Schulman

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4e de couverture:

Benjamin, Pierre et Nils sont venus accomplir les dernières volontés de leur mère : répandre ses cendres dans le lac qui borde leur maison d’enfance, non loin d’une épaisse forêt de sapins comme on en trouve en Suède. Là où, vingt ans auparavant, un drame a changé le cours de leur existence.

L’avis d’Audrey :

3 frères se retrouvent pour le décès de leur mère. Les chapitres alternent entre les jours qui suivent ce drame et les souvenirs d’enfance. On apprend alors à mieux connaitre cette famille. Des instants d’enfance grâce auxquels on revit les moments de cette fratrie au bord de ce lac dans lequel ils veulent verser les cendres de leur mère.

Le style tout en langueur, nous montre une famille bancale : des rivalités, des parents qui manquent de maturité et qui n’aiment peut-être pas comme il faudrait. De l’alcool, des absences, et alors que les frères pourraient s’unir, se serrer les coudes, tout est fait pour que des tensions apparaissent.

C’est à travers Ben, le garçon du milieu que l’on entre dans cette histoire, même si une certaine distance s’installe avec ce personnage, l’auteur ayant fait le choix de la narration à la 3ème personne. Puis surtout, doit-on vraiment se fier à lui, après tout son seul point de vue biaise peut-être les faits ?

Au fur et à mesure des souvenirs, une ambiance étouffante s’installe jusqu’aux souvenirs de la dernière année de vacances au lac, celle d’un drame qu’on imagine déterminant pour le récit et qui a forgé la caractère et le destin de nos 3 frères. Puis la toute dernière révélation est lâchée. Trop tardivement à mon gout et me désarçonnant complétement. Rien ne laissait présager un tel final. J’ai alors relu quelques pages, cherchant des indices que j’aurai pu manquer. En vain.

Ma notation:

Un roman à l’écriture singulière, surprenant mais je n’ai pas eu déclic suffisant pour apprécier pleinement cette histoire.

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(Merci à Stéphane de chez 20 minutes pour cette lecture)

Je suis la maman du bourreau, David Lelait-Helo

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Quatrième de couverture :

Du haut de ses quatre-vingt-dix ans, Gabrielle de Miremont semblait inatteignable. Figée dans l’austérité de la vieille aristocratie catholique dont elle est l’incarnation. Sa devise : « Ne jamais rien montrer, taire ses émotions ». Jusqu’à ce matin-là, où un gendarme vient lui annoncer la mort de son fils. Son fils cadet, son enfant préféré, le père Pierre-Marie, sa plus grande fierté. Gabrielle ne vacille pas, mais une fois la porte refermée, le monde s’écroule. Cet effondrement, pourtant, prend racine quelques semaines plus tôt, à la suite d’un article de presse révélant une affaire de prêtres pédophiles dans sa paroisse. Révoltée par cette calomnie, Gabrielle entreprend des recherches. Des recherches qui signeront sa perte. Ou sa résurrection.

L’avis d’Audrey :

Il y a des livres qui sont capables dès les premiers mots, dès les premières lignes de vous mettre une gifle en pleine figure. Je suis la maman du bourreau, est de ceux là.

L’incipit du roman donne le ton, et suffirait presque à résumer l’ensemble du livre :

Je suis passée de Dieu à diable.

Cette phrase, c’est Gabrielle de Miremont qui la lâche. Elle est une femme âgée, sévère, très pieuse et dont la fierté est d’avoir donné un fils à Dieu. Dès les premiers instants de la vie de son 3ème enfant, elle savait qu’il se consacrerait à Dieu, et qu’un jour, elle l’appellerait Mon père. Lorsqu’un gendarme vient lui annoncer le pire, elle ne vacille pas. Son fils, Pierre-Marie a été retrouvé mort par une fidèle. Gabrielle de Miremont accuse le choc avec dignité et retenue.

L’auteur nous livre alors un retour en arrière, un peu plus d’une semaine avant le drame. En ouvrant son journal, Gabrielle tombe sur un article qui l’interpelle instantanément, concernant la pédophilie dans l’église. A la hâte, elle rencontre Cédric Lautet, le journaliste qui enquête sur ce fait-divers. Elle veut lui dire à quel point son travail n’est qu’abomination et mensonges. Oser salir l’honnêteté de son diocèse, crier au scandale ainsi est une honte.

Mais voila que le journaliste annonce qu’un témoignage majeur va paraitre dans un prochain papier. Gabrielle veut rencontrer cet homme. Elle ne peut pas s’en empêcher, c’est vital pour elle. Et la chute commence quand la victime avoue ce que l’on attendait dès les premières pages. Mais comment accepter l’indicible ?

Quel roman, quelle histoire que ce dramatique faits-divers qui nous plonge au cœur des sentiments d’une mère. On assiste à la transformation d’une mère aimante et fière, qui perd pied, remet tout en cause, perd confiance en l’homme, en son fils et en Dieu. Tout va être remis en question, jusqu’à sa foi en Dieu. Après tout, comment Dieu peut-il laisser de tel agissements se faire ?

Un roman que j’ai lu le souffle coupé, sonnée par une triste réalité et par des révélations que l’on soupçonne en commençant ce récit mais que l’on préférait fausses. Les chapitres donnent la voix à plusieurs personnages. Une mère trahie et dévastée, une homme brisé et sali dont le sentiment de honte et de culpabilité est prégnant dans toute son histoire, et un fils, homme de Dieu, devenu bourreau et diable.

C’est habilement raconté, avec beaucoup de justesse et de retenue. Il y a beaucoup de sensibilité dans ce texte, malgré la noirceur des propos et du thème. Le roman d’une mère, qui comprend qu’elle a créé un monstre, qu’elle a porté le diable en son ventre. Que peut-être de ses erreurs et de ses choix, est arrivé le pire et qui ne se le pardonne pas.

Ma notation:

Un roman intense et fort, sur la culpabilité et le pardon impossible. Un texte qui ne peut laisser indifférent son lecteur.

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(Merci à Stéphane de chez 20 minutes pour cette lecture)

Le guerrier de porcelaine, Matthias Malzieu

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Quatrième de couverture :

En juin 1944, le père de Mathias, le petit Mainou, neuf ans, vient de perdre sa mère, morte en couches. On décide de l’envoyer, caché dans une charrette à foin, par-delà la ligne de démarcation, chez sa grand-mère qui a une ferme en Lorraine.

L’avis d’Audrey :

A la fin du printemps 1944, un petit garçon perd sa maman. Son père ne peut s’occuper de lui, et l’envoie alors en Lorraine, pour que sa grand-mère prenne soin de lui. Après avoir traversée la ligne de démarcation, caché dans une charrette de foin, il arrive dans un petit village, situé sur la frontière allemande. Sur place, c’est toute une famille qu’il rencontre. Sa grand-mère, une tante et l’oncle Emile. Mainou, n’a rien faire ici, et devra respecter les codes et se faire discret.

C’est ce quotidien, celui du père de Matthias Malzieu quand il était enfant que nous livre ce roman. Un quotidien rythmé par les nuits cachés dans la cave bunker en raison des bombardements allemands. Mainou pense beaucoup à sa mère, et trouve dans ce village quelques souvenirs qui la rattache à elle. Il lui parle beaucoup, se confie à elle et lui écrit. Il cherche réconfort et réponses auprès des siens, de nouvelles rencontres,  mais aussi auprès de cigogne ou autres animaux campagnards.

On passe ainsi une année avec Mainou. Les derniers longs mois de cette guerre, où secrets et révélations se dévoilent. Un récit empreint de poésie et d’émotions. Matthias Malzieu nous conte l’histoire de son père avec beaucoup de pudeur et à travers cette histoire familiale, c’est aussi l’histoire d’une région qu’il nous retrace. La Frohmühle où est accueilli Mainou, pourrait être dans mon village, dans celui voisin ou un peu plus loin aussi. Il décrit la façon dont tant de gens ont vécu la cohabitation forcée avec les allemands. Nés allemands, redevenus français, on leur demanda à nouveau de renier cette France et sa langue.

J’ai beaucoup aimé ce roman. Un roman très intime et qui pourtant saura toucher de nombreux lecteurs. En refermant ce livre, vous ne pourrez que regarder avec bienveillance le garçon sur la couverture. Ce regard qui illumine et à travers lequel toute son histoire transperce.

Enfin, j’ai trouvé l’épilogue du roman brillant et intelligent. Matthias Malzieu avec ce roman lance un joli pied de nez, à ceux qui ne jurent que pour le repli et le rejet des autres.

Ma notation:

Un récit intime, vibrant d’humanité et de courage.

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(Merci à Stéphane de chez 20 minutes pour cette lecture)

Entre les lignes, Dominique Mermoux

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Quatrième de couverture :

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Baptiste sombre dans une profonde mélancolie. Baptiste, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt. Naviguant entre les grands drames du XXe siècle et des témoignages d’aujourd’hui glanés dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Baptiste devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

L’avis de Laure :

En 2018, nous vous parlions avec Audrey de Toutes les histoires d’amour du monde, roman de Baptiste Beaulieu qui retrace l’histoire de sa famille et notamment de son grand père Moïse. C’est une lecture qui nous avait beaucoup émues toutes les 2 et que j’ai voulu retrouver ici dans l’adaptation BD faite par Dominique Mermoux. Une adaptation en 160 pages tout à fait justifiée par l’histoire dense et longue de plusieurs dizaines d’années.

Si vous n’avez lu ni l’un ni l’autre, je vous conseille vivement de vous procurer l’une ou l’autre mais de ne pas passer à côté de cette histoire si belle, forte, précieuse à lire. La vie de Moïse est exceptionnelle, c’est un homme qui a aimé, à plusieurs reprises, dans des conditions toutes particulières. Très logiquement, le fil de sa vie semble raconter plusieurs vies en une. On défile alors au côté de Baptiste et son père, les secrets que Moïse a tus, secrets découverts par la famille dans de mystérieuses lettres que Moïse a écrites à Anne-Lise, une personne que la famille ne connait pas. Un secret de famille exceptionnel, dont on comprend pourtant pourquoi il a fallu taire ces faits, survenus pendant la seconde guerre mondiale.

Personnellement, avec la BD, je n’ai pas retrouvé la force des émotions que le roman avait véhiculées en moi. Mais peut-être parce que je connaissais déjà l’histoire. Ceci dit, l’adaptation est vraiment fidèle et c’est important de le relever car ce serait dommage de ne pas avoir transposé tous les détails du roman tant la vie de Moïse et de sa famille sont le cœur du roman et parce que tous les détails ont du sens dans leur histoire. 

J’ai vraiment aimé relire cette histoire, sous un autre angle et j’aurais été drôlement fière d’être la petite fille de Moïse moi aussi. Je suis heureuse que Baptiste Beaulieu ait transposé sa vie, nous livrant un homme à la vie exceptionnelle dont nous n’aurions rien su sans ce roman. 

Ma notation :

N’attendez plus pour découvrir la vie de Moïse. Emotions garanties.

Sa majesté des fèves, Eve Borelli

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Quatrième de couverture :

Lucien, dernier fabricant de fèves de France, désespère : l’âge d’or des féviers est révolu, il vient de mettre la clef sous la porte et pour couronner le tout, sa petite amie plie bagage.
Heureusement, sa sœur Cristalline ne l’entend pas de cette oreille. Pour une lanceuse de disque de son niveau, la défaite n’est pas une option. Elle met donc au point un plan follement insensé pour sauver son frère : destination Londres pour rencontrer la reine Élisabeth, grande adepte de galettes des rois et devenir son févier officiel !

L’avis d’Audrey :

Lucien est fabriquant de fèves, une activité sur le déclin. Cristaline sa sœur, est lanceuse de disques professionnelle et maman d’un petite garçon, Roméo. Elle débarque sans crier gare chez son frère, pour le sortir de l’ennui et de la déprime. Direction, Londres, où elle compte bien rencontrer la reine pour lui présenter les talents de son frère. Il parait que la reine Elisabeth est une grande amatrice de galettes.

Dans ce road-trip qui les mène de l’autre coté de la manche, ils embarquent deux passagers blablacar qui ne se connaissent pas: Maguelonne et Twix, deux personnages aussi atypiques que Cristalline et Lucien. Vous ajoutez à la troupe, un caniche au doux nom de Micheline Ostermeyer (complétement improbable comme nom pour un chien non?) et c’est parti pour un enchainement de situations et de confidences plutôt étonnant.

Les chapitres donnent voix en alternance à plusieurs personnages. Ils sont ainsi tous mis en lumière, et le lecteur peut alors les apprécier chacun différemment et mieux comprendre ce qui les caractérise. Leurs vécus, leurs épreuves, leurs envies permettent de mieux saisir ce qui les amènes tous à faire ce voyage qui a tout l’air d’une fuite en fait.

Avec les premiers chapitres, on se demande bien ce que nous réserve ce roman : des personnages originaux, des scènes cocasses. Mais trop d’humour ne risque-t-il pas d’alourdir le récit ? Et bien non, malgré cet humour omniprésent, des scènes folles et loufoques, l’auteure a su laisser place à l’émotion et la sincérité.

Pour apprécier ce roman, il faut vraiment savoir prendre du recul, perdre son sérieux, saisir l’aspect très décalé de l’intrigue et accepter d’être emporté par des personnages hauts en couleurs et pourtant très attachants.

Ma notation:

Une lecture comme une bulle colorée, hilarante et pleine de fantaisie.