Livia Lone, Barry Eisler

Quatrième de couverture :

Enquêtrice spécialisée dans les crimes sexuels au sein de la police de Seattle, Livia Lone connaît parfaitement les monstres qu’elle pourchasse. Vendue par ses parents thaïlandais avec sa petite sœur Nason à des trafiquants d’être humains, isolée et maltraitée dès son arrivée aux États-Unis, seule la perspective de retrouver un jour sa sœur lui a permis de survivre à son adolescence.

Elle l’a cherchée sans relâche, en s’efforçant désormais d’envoyer tous ces prédateurs derrière les barreaux. Ou, lorsque ce n’est pas possible, six pieds sous terre.

Le jour où un nouvel indice réveille l’espoir de retrouver Nason et de mettre la main sur leurs ravisseurs, Livia devra devenir plus qu’un flic ou un justicier. Elle devra revivre les horreurs du passé, et s’en prendre à l’un des hommes les plus puissants du gouvernement américain, en dévoilant une machination d’une perversion inimaginable.

La lutte semble déséquilibrée, mais Livia a deux atouts : son amour inconditionnel pour Nason et une soif insatiable de vengeance.

L’avis de MadameOurse :

Pour changer un peu, me voici dans la lecture d’un thriller. Et quel thriller, un très bon page-turner à l’héroïne originale et attachante. Nous faisons la connaissance de Livia dès les premières pages du roman alors qu’elle va se trouver en danger après avoir fait la connaissance d’un homme dans un bar. Celui-ci est en fait un prédateur sexuel qui compte bien satisfaire ses désirs, que Livia le veuille ou non. Et puis, gros rebondissement, Livia est en fait une jeune femme experte en arts martiaux et va terrasser son attaquant. Et d’ailleurs, ce n’est pas par hasard qu’elle s’est retrouvée face à cet homme, tout était parfaitement calculé…

On plonge ensuite dans l’histoire d’avant de Livia alors qu’elle était une jeune adolescente thaïlandaise répondant au nom de Labee. Vendue par ses parents avec sa sœur, celle-ci va se retrouver sur un bateau en partance pour les Etats Unis. Maltraitée par les hommes qui sont à bord du bateau, les 2 sœurs vont être séparées. Et Labee deviendra Livia, adoptée par un homme influent, M. Lone, qui sera tout aussi maltraitant envers elle. La jeune fille n’aura de cesse de se battre pour retrouver sa sœur. Heureusement, elle va petit à petit faire des rencontres positives et s’entourer de personnes « saines » qui lui permettront de devenir enquêteur de police.

Je me suis énormément attachée à Livia, à la volonté farouche qu’elle a de s’en sortir. Elle restera aussi toujours méfiante dans toutes ses interactions sociales et ne fera jamais confiance à personne. Le thème du trafic d’êtres humains qui est au cœur de ce roman est très intéressant, je l’ai trouvé bien traité et bien amené.

En alternance, le récit passe des chapitres d’avant à ceux de maintenant qui ont construit la Livia adulte telle qu’elle est. J’ai un peu pensé en lisant la jeune femme adulte à l’héroïne de Millenium, Lisbeth. Mais le fait que l’on plonge dans l’enfance de Livia, dans ses failles et dans son vécu dur, m’ont adouci le ressenti brut du personnage des premières pages du roman qui fait un peu peur.

La partie thriller du roman, consacrée à l’enquête que Livia va mener pour savoir ce qui est arrivé à sa sœur est, elle aussi, bien ficelée, prenante, intéressante et l’enchaînement des choses est très bon. J’ai beaucoup aimé cette découverte d’un auteur que je ne connaissais pas, je n’hésiterai pas à le relire.

Ma notation :

Un très bon thriller qui m’a captivée et que j’ai lu très vite, presque sans le lâcher.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

L’édition française de ce roman est à paraître chez Amazon Crossing le 4 juillet 2017.

Zoo station, David Downing

Quatrième de couverture :

Berlin, 1939. Ancien communiste, John Russell, travaille pour la presse anglo-saxonne. Lorsqu’un agent russe lui commande une série d’articles élogieux sur l’Allemagne nazie, destinés à la Pravda, dans le but de préparer le pacte de non-agression, Russell se montre d’abord réticent, puis accepte. Ses contacts avec Moscou et Berlin attirent bientôt l’attention des services secrets anglais. Après la mort mystérieuse d’un journaliste, Russell se retrouve possesseur d’un terrible secret. Pourra-t-il rester neutre face à l’horreur qui s’annonce ?

L’avis de Lunatic :

1939, l’anglais John Russel vit depuis 14 ans en Allemagne, il a eu un fils avec un Allemande dont il est séparé et entretient une relation avec une jeune actrice. Ce roman nous plonge dans une atmosphère noire et angoissante. A l’aube de la guerre, les complications commencent pour de nombreux gens, dont les amis juifs de Russel. Journaliste, il accepte le contrat que lui propose un Russe : écrire des articles mettant en valeur le régime Nazi. En parallèle à cela, un journaliste américain va révéler à Russel l’existence d’un plan nazi pour exterminer les enfants déficients mentaux, ce journaliste sera retrouvé mort à la zoo station et Russel se chargera de prendre la suite de l’enquête.

A partir de ce point va se mettre en place toute une histoire d’espionnage et de contre-espionnage, avec ces contacts Russes et Anglais. J’avoue avoir eu du mal à suivre par moments. Grace à ses contacts, Russel va également tout faire pour aider une famille de juifs, Les Wiesners.

Ce roman a été difficile à lire, par les sujets dont il traite (nazisme, violence, extermination des enfants, internement des juifs…), avec des personnages noirs, dont on se demande à chaque moment de quelle coté ils se placent. L’auteur a su également très bien décrire la façon dont en cette veille de guerre, les gens s’interrogeaient sur l’avenir, la façon dont certains minimisaient les choses, et surtout comment beaucoup ne pouvaient pas du tout imaginer jusqu’où iraient les projets du IIIe Reich. Les descriptions géographiques des divers endroits de l’action, des faits historiques ou autres rendent très crédible ce roman et nous placent au cœur de cette Allemagne en pleine terreur. Passé les 100 premières pages, j’ai vraiment accroché à l’intrigue, et j’ai apprécié ma lecture, bien différente de ce que j’ai pour habitude de lire.

J’ai appris que ce roman est sorti il y a déjà 10 ans en Angleterre et qu’il s’agit du premier tome parmi 5 romans mettant en scène les aventures de Russel pendant le conflit. En espérant que le Cherche Midi ne tardera pas à publier la suite !

Ma notation :

Un polar historique glaçant et passionnant.

 

(Roman lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

Duo Lecture : Hortense, Jacques Expert

Pourquoi ce livre ?

(MadameOurse) J’ai eu la chance de recevoir ce livre dans le cadre des Masse Critique Babélio et Lunatic a souhaité me suivre dans ma lecture quand je lui ai dit que j’allais le recevoir.

(Lunatic) Déçue par ma lecture du roman La théorie des six, n’ayant que de bons retours de ce titre, j’étais curieuse de le lire.

 La couverture:

(MadameOurse) C’est une couverture simple mais qui m’avait attirée ainsi que son titre lorsque j’en voyais des avis sur des blogs.

(Lunatic) Pas de réelle accroche avec cette couverture. Une peluche abandonnée dans un escalier, symbole du kidnapping d’Hortense.

La quatrième de couverture :

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Après lecture :

(Lunatic) Ce roman c’est l’histoire du drame que vit Sophie. Il y a plus de 20 ans, Le père de sa fille Hortense la kidnappe alors qu’elle n’a pas encore 3 ans et lui dit qu’elle ne la reverra plus jamais. Mais voilà qu’un jour, elle croise dans la rue une jeune femme. Elle le sait, c’est Hortense, elle est en sûre. Elle décide d’en savoir davantage sur cette jeune femme, Emmanuelle, sans lui dévoiler la vérité tout de suite. Sophie se questionne, découvre cette jeune femme tout en nous en dévoilant plus sur elle-même. Le drame de vivre sans sa fille, la colère, la solitude, l’éloignement d’avec ses proches. On pourrait presque être pris d’empathie pour elle, mais sa personnalité m’a dérangée, le malheur l’a rendu aigrie, méchante.

Les récits d’Emmanuelle (ou Hortense ?) et ceux de Sophie sont coupées par des rapports de Police retranscrivant les dépositions de témoins ou proches de l’enlèvement. J’ai bien aimé ce procédé. J’ai lu très vite ce roman, l’écriture est fluide, je ne me suis pas ennuyée pendant ma lecture, même si tout tourne uniquement autour de ces deux personnages. J’ai eu du mal par contre avec quelques détails, comme l’attitude ou le langage d’une fillette de 2 ans et 10 mois qui me semblent peu crédibles. Le final m’a légèrement surpris, manquant de crédibilité également, mais après tout, c’est un roman ! Ce roman a le mérite de m’avoir « réconciliée » avec l’auteur que je lirai du coup à nouveau, par curiosité, plus que par réelle envie.

(MadameOurse) Dans cette lecture, comme le dit déjà Lunatic, dès les premiers chapitres, le récit de Sophie est entrecoupé de paragraphes retranscrivant des dépositions de gendarmerie faites en 2015. On comprend donc de suite que le drame de 1993 à savoir l’enlèvement de la petite Hortense par son père, va avoir des répercussions nécessitant une nouvelle enquête en 2015. J’ai bien aimé cette alternance de chapitres, j’ai de suite été intriguée par ce qui se passe en 2015 et qui nécessite de nouvelles auditions policières.

Le début du roman était entraînant, en plus de cette alternance de chapitres, on replonge dans les événements du passé et on découvre ce qui a conduit à l’enlèvement d’Hortense et comment cette mère s’est accrochée désespérément dans l’espoir de retrouver sa fille. Et puis un jour, elle croise une jeune femme de 25 ans et ça y est, elle a retrouvé sa fille, elle en est convaincue ! Elle va alors s’immiscer de manière un peu glauque dans la vie de cette jeune femme, s’en rapprocher sans rien lui dire.

Emmanuelle / Hortense entre alors dans le récit et va raconter de son point de vue, sa relation naissante avec Sophie. Et là on a une nouvelle alternance de chapitres entre les 2 femmes qui est une partie qui m’a peu plu dans le roman. Les rapports sont faux, elles vont vite se monter la tête l’une contre l’autre à force de suppositions et de méfiance. Sophie tarde à révéler à Emmanuelle qu’elle est Hortense, la petite fille qui lui a été enlevée.

Le final du roman est assez choquant mais malheureusement je ne l’ai pas savouré, on a la révélation, 3 autres lignes et hop le roman est fini nous laissant sur toutes nos interrogations. Et un élément majeur de la fin est très bizarre, laissé en l’état sans explication, la crédibilité des choses est nulle.

En bref, ce roman est pour moi un bon thriller, les idées sont là mais le cœur de l’histoire était long et lassant et la fin trop courte, il aurait fallu rééquilibrer les choses à mon goût.

 Si vous avez envie de faire une lecture en duo, n’hésitez pas, nous en ferons régulièrement en tenant compte de vos envies de lectures et les duos évolueront d’une fois sur l’autre. Faites nous un petit mail en nous disant ce qui vous tenterait.

Le garçon de l’ombre, Carl-Johan Vallgren

Quatrième de couverture :

1970, Stockholm. Un père s’apprête à prendre le métro avec ses deux petits garçons. Il laisse Kristoffer, son fils de sept ans, monter les escaliers pendant que lui emprunte l’ascenseur avec la poussette. Mais quand il arrive sur le quai, plus une seule trace de l’enfant.
Quarante ans plus tard, son frère, Joel Klingberg, disparaît du jour au lendemain. Pour le retrouver, son épouse se tourne vers Danny Katz, ami de longue date de son mari. L’ancien junky et ex-traducteur pour les services secrets suédois accepte, un peu malgré lui, d’aider cette belle femme triste. Il ne tarde pas à découvrir que la riche et puissante famille Klingberg cache bien des secrets…

L’avis de Lunatic :

J’ai apprécié ce roman même si j’ai eu un peu de mal à m’y plonger complètement. Les premières pages nous racontent la disparition de Christopher en 1970, les conséquences sur sa famille avec le suicide de ses parents quelques années après. En 2012, notre intrigue commence avec la disparition de Joël, le frère de Christopher. Entre en scène alors Daniel Katz, ancien ami de Joël qui est appelé par l’épouse du disparu pour l’aider à le retrouver.

Katz est le personnage central du roman, et le problème est que je n’ai eu aucune sympathie pour cet homme (ancien junkie, un peu paumé mais malgré tout très intelligent). L’intrigue est vite devenue lente et confuse à mon sens. J’ai eu du mal à retenir les noms des personnages, à situer les lieux des actions. Beaucoup de passages du roman ne m’ont pas semblé utile, j’ai du coup sauté quelques passages. Néanmoins, j’ai fini ma lecture en étant satisfaite, et j’aurai presque envie de lire un second roman de l’auteur qui reprends le personnage de Katz pour voir si cette fois il me convient davantage.

Ma notation :

 Pour les vrais amateurs de thriller.

Te laisser partir, Clare Mackintosh

Quatrième de couverture :

Un soir de pluie à Bristol, un petit garçon est renversé par un chauffard qui prend la fuite. L’enquête démarre, mais atteint rapidement son point mort. Le capitaine Ray Stevens et son équipe n’ont aucune piste. Rien. Après cette nuit tragique, Jenna a tout quitté et trouvé refuge au pays de Galles, dans un cottage battu par les vents. Mais plus d’un an après les faits, Kate, une inspectrice de la criminelle, rouvre le dossier du délit de fuite. Et si l’instant qui a détruit tant de vies n’était pas le fait du hasard  ?

L’avis de Lunatic :

Dès le début du roman on est plongé dans l’horreur : le prologue nous fait assister au tragique accident qui fait perdre la vie à Jacob un petit garçon, la voiture qui l’a renversé prend la fuite, la mère crie sous la pluie. Sans trop en dire pour ne pas gâcher le roman, on assiste ensuite au déroulement de l’enquête pour retrouver l’identité du conducteur et à la fuite de Jenna, bouleversée par cet accident qui s’isole dans un petit village. Alors que l’enquête piétine sans témoins ni preuves, l’angoisse et la douleur de Jenna s’accroient.

Pour être franche, le début du roman m’a ennuyé, j’étais prête à l’arrêter. Je trouvais l’intrigue sans intérêt, c’était lent, puis à la page 229, l’auteur m’a mis une réelle claque. L’impression de m’être faite avoir depuis le début, je râlais, je m’énervais, et j’ai du feuilleter le livre depuis le début pour voir ce que j’avais bien pu louper (Cela montre à quel point c’est un roman réussi pour moi). La seconde partie du roman a alors pris une autre tournure, je devais savoir ce qui c’était réellement passé le soir de l’accident: l’ennui que j’avais ressenti laisse place à l’impatience, aux questionnements, j’étais happée par Jenna et son histoire. L’atmosphère du roman devient alors pesante, malsaine, dure et le dénouement que j’avais fini par présager conclut ce roman en beauté.

Ma notation :

 Une belle découverte. Vite le prochain