L’assassin de ma sœur, Flynn Berry

Quatrième de couverture :

Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d’un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d’avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l’assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie, isolée – surtout – avec les démons de leur jeunesse sacrifiée, Nora devra souvent se battre avec elle-même pour retrouver la vérité sous la surface brumeuse des souvenirs.

L’avis de MadameOurse :

J’ai pu lire un avis de ce roman chez Du calme Lucette, juste avant d’en débuter ma lecture. Comme son avis était plutôt mitigé, je craignais que la déception soit la même de mon côté mais j’ai décidé de m’y plonger quand même.

On est de suite plongés dans le drame qui va toucher Nora. Alors qu’elle arrive chez sa sœur où elle passe régulièrement le WE, elle est accueillie par un bain de sang et découvre le cadavre de Rachel. C’est sous le choc que nous allons suivre Nora qui est bien évidemment la première interrogée puisque c’est elle qui a découvert sa sœur. Et elle va se demander si ce crime n’est pas la suite d’une agression qu’a subie Nora plusieurs années auparavant. C’est assez étrange car les 2 sœurs ont très longtemps bataillé, ensemble, pour tenter de retrouver l’agresseur de Rachel. Sans succès. Mais c’est un peu « naturellement » ou dans la continuité de cela que Nora va de nouveau tenter de comprendre qui a tué Rachel.

C’est un peu dérangeant car on a l’enquête de police que Nora suit de près et qui n’avance pas à grand chose et Nora qui fouine de son côté, va poser des questions à des gens, suit un homme qu’elle pense coupable, etc. Elle fait un peu l’enquête à sa façon mais complètement à charge. Elle se remémore également le passé commun avec sa sœur, leurs souvenirs, leur jeunesse. On ressent qu’elles ont été proches.

Il n’y a pas une ambiance de folie dans ce roman mais l’ambiance est très étrange, on ne comprend pas trop Nora, son enquête est tellement bizarre… Je m’attendais à un dénouement qui vienne nous expliquer cela mais non, rien en ce sens. On saura ce qui est réellement arrivé à Rachel néanmoins, c’est pas la grande révélation mais, ça a du sens…

Ma notation :

Un roman sympathique mais un peu particulier qui m’a laissée dubitative.

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Evie, KL Slater

Quatrième de couverture :

La personne que vous aimez le plus au monde est en danger…

Il y a trois ans, la petite Evie, 5 ans, a disparu en sortant de l’école. La police n’a jamais réussi à la localiser. Aucun indice, aucune piste. Rien. La petite s’est évaporée. Mais Toni le sait : sa fille est vivante. Encore faudrait-il qu’elle puisse l’exprimer ! Car Toni est enfermée dans un terrible silence. Personne ne l’écoute, personne ne l’entend. Pourtant, Evie a besoin d’elle. Toni doit réaliser l’impossible si elle veut la sauver.

L’avis de MadameOurse :

Je suis souvent attirée par les thrillers où il est question d’une disparition d’enfant. Intérêt morbide ? Je ne sais pas. Ça ne m’empêche pas de dormir donc quand ça me tente, je suis mon envie.

Ici, j’ai été décontenancée. En fait, je m’étais déjà fait le plan du roman : l’enfant disparaît, on a l’enquête, les rebondissements, le dénouement. Ben, raté, il y a des auteurs qui sont malins et qui ne nous livrent pas le plan auquel on s’attend. Et tant mieux sans doute !

Ici, on va plonger dans la vie d’Evie et Toni. Suite au décès de leur père et mari, elles ont déménagé dans une nouvelle ville pour repartir de zéro. Mais Toni n’a toujours pas fait son deuil ni repris pied. Cela fait 2 ans qu’Andrew est mort et 2 ans qu’elle se débat avec ses démons. Malheureusement, elle fait face à coups de calmants, on ne saura jamais trop de quoi il s’agit exactement mais elle a consciente qu’étant une mère désormais seule, la prise de ces médicaments est dangereuse dans leur quotidien. Elle est aidée de sa mère qui est assez dure avec elle. Et puis, elle va retrouver du travail, mettre Evie à l’école aux côtés de la terrifiante Mrs Watson, dont on ressent clairement qu’elle sera maltraitante mais qui manipule très bien Toni, trop fragile pour se méfier.

La construction du roman est mystérieuse car, à côté du quotidien d’Evie et Toni avant l’enlèvement, nous suivons une femme hospitalisée après un AVC et victime d’un syndrome d’enfermement. Les médecins la disent perdue, elle les entend parfaitement et se débat, sans y parvenir, pour leur faire un signe. Elle n’a de cesse de nous répéter qu’il faut qu’elle s’en sorte, pour Evie, parce qu’elle seule sait et peut faire évoluer l’enquête.

On chemine ainsi dans la lecture pendant un moment sans que l’enlèvement d’Evie n’ait lieu. Du coup, on se dit : qui ce sera ? Et quand ? On se méfie de chaque parole un peu décalée, de tout personnage anormal et puis … évidemment, on ne soupçonne pas les bons ! Ou du moins, moi qui suis très nulle pour piger les thrillers, je n’avais, une fois de plus, rien compris. Alors quand toutes les révélations sont arrivées, je me suis dit « ouaouh » !

Ma notation :

Après un début laborieux car j’avais des attentes précises sur ce thriller, j’ai su en apprécier tous les éléments. Et il est très réussi !

L’échange, Rebecca Fleet

Quatrième de couverture :

Quand Caroline et Francis reçoivent une offre pour échanger leur appartement de Leeds contre une maison en banlieue londonienne, ils sautent sur l’occasion de passer une semaine loin de chez eux, déterminés à recoller les morceaux de leur mariage. Mais une fois sur place, la maison leur paraît étonnamment vide et sinistre. Difficile d’imaginer que quelqu’un puisse y habiter.

Peu à peu, Caroline remarque des signes de vie, ou plutôt des signes de sa vie. Les fleurs dans la salle de bains, la musique dans le lecteur CD, tout cela peut paraître innocent aux yeux de son mari, mais pas aux siens. Manifestement, la personne chez qui ils logent connaît bien Caroline, ainsi que les secrets qu’elle aurait préféré garder enfouis. Et à présent, cette personne se trouve chez elle…

L’avis de Lunatic :

Un thriller que j’ai lu en quelques heures. Ici pas de meurtre, pas d’enquête policière, mais un thriller psychologique comme j’aime tant.

2015, Caroline et son époux Francis partent dans la banlieue de Londres pour quelques jours de vacances. Ils ont échangé leur appartement avec un certain S. Kennedy. Le logement semble glacial. Pas de décoration, pas d’objets personnels, un mobilier peu présent. Bref, une maison loin d’être chaleureuse. Caroline s’y sent mal, et se trouve rapidement confrontée à des éléments qui font écho à son passé. Elle commence à s’interroger sur la personne qui se trouve chez elle? Et s’il s’agissait de Carl, un ancien amant qu’elle n’a pas vu depuis 2 ans?

Le récit va donc alterner entre deux périodes différentes : 2015 et 2013, remontant l’histoire d’adultère dans laquelle va plonger Caroline. Un jeune garçon à la maison, un époux paumé qui a sombré dans les médicaments. Alors que son couple s’effondre, elle succombe au charme de Carl, un collègue. On comprend qu’un drame va tout faire éclater, mais quel est le lien avec cet échange d’appartement?

J’ai vraiment aimé l’écriture de l’auteure. Elle impose un sacré rythme au roman, les chapitres et flash back défilent, nous dévoilant petit à petit le dénouement final. Notre trio de personnage est parfaitement décrit, et Caroline était loin d’attirer ma sympathie. J’ai eu du mal à apprécier cette femme qui au lieu d’épauler son époux se perd dans les bras d’un autre. Puis j’ai eu de la peine pour elle, semblant s’être résignée à un simulacre de bonheur. J’étais peinée pour Eddie , leur fils, qui même si petit devait être spectateur de ce couple à la dérive. Le final est cohérent, même si je l’imaginais autrement.

Ma notation :

Bref, un premier roman très prometteur de la part de cette auteure, et je suivrai avec attention une prochaine parution de sa part.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

[Duo lecture] Sauf, Hervé Commère

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Je crois que c’est Amélie Antoine qui avait parlé de ce livre et ce qu’elle en disait m’avait donné envie de le lire. Il patientait dans ma PAL depuis quelques semaines, attendant le moment idéal pour le lire en duo.

(MadameOurse) Je ne sais pas trop pourquoi, la couverture me plait, le titre court est percutant et la quatrième de couverture donnait envie.

La couverture :

(MadameOurse) L’image de cette couverture colle parfaitement avec la maison décrite dans le roman. Elle est lumineuse, j’aime beaucoup.

(Lunatic) Un escalier, un sol et des murs défraîchis et ce titre qui trône en plein milieu. Mais pourquoi ce titre d’ailleurs? J’ai mis du temps à le comprendre….

La quatrième de couverture :

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.
Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…

Après lecture :

(MadameOurse) Sauf est un thriller qui m’a beaucoup plu. Contrairement à Lunatic, je me suis doutée de suite que le titre était lié au fait que Mat ait survécu. En effet, il perd brutalement ses parents à 6 ans, dans l’incendie de leur manoir. Il sera recueilli par son oncle et sa tante, couple sans enfants qui l’aimeront comme le leur.

Cet incendie était censé avoir détruit tout souvenir jusqu’au jour où un album photo réapparaît. Avec lui, Mat va être emporté dans la quête de la vraie vérité sur sa famille. Le roman est extrêmement bien construit, on navigue d’un événement à un autre avec chaque fois un petit pan du puzzle qui se dévoile. Mat fera son enquête aux côtés de sa compagne, en Bretagne, à Lyon et jusqu’en Norvège.

C’est une vraie lecture d’ambiance, on est plongés dans la quête de Mat et il est difficile de reposer le livre. Tout va très vite, il n’y a pas de temps mort, j’ai à peine eu le temps d’évoquer des hypothèses. Le final est très bien construit et j’ai achevé ma lecture sur une très belle note.

(Lunatic) Je vais vous le dire tout de suite, ce titre a été une petite claque, un vrai coup de cœur. Comme dit Madame Ourse, je l’ai juste dévoré, lu en une poignée d’heures. Dès les premières lignes, je suis rentrée dans l’histoire sans vouloir en ressortir. J’ai aimé la narration de ce roman. Le rythme est juste hyper rapide : chapitres courts, succession de rebondissements. L’auteur ne s’encombre pas de descriptions ou dialogues inutiles. Tout est clair, net et bien écrit pour nous embarquer. Je commentais ma lecture de « Ah oui? », « Non? « , « Wahouuu ». Ce roman est construit comme un puzzle. Petit à petit, on accède à de nouveaux éléments qu’on pensait pouvoir lier à d’autres, puis finalement, non. L’auteur nous ballade, nous surprend pour nous servir un final grandiose à mes yeux !

J’ai aimé ce huis clos familial mystérieux et malheureux. Le « héros » nous embarque dans plusieurs régions de France mais aussi en Norvège. Le manoir de la couverture reste un lieu incontournable du roman, on peut presque imaginer monter les marches de ce grand escalier avec Mat. Les personnages du roman qui l’entourent sont hyper bien construits et décrits. Sans être particulièrement attachants, ils sont tous touchants et intéressants à leur manière.

Bref, ce roman est une réussite à mes yeux. J’ai passé un excellent moment, et je vais m’empresser de lire un autre titre de cet auteur !

 

Sauvez-moi, Jacques Expert

Quatrième de couverture :

Après trente ans d’incarcération, Nicolas Thomas passe les portes de la centrale de Clairvaux. Il est enfin libre. Personne ne l’attend. Tout le monde l’a abandonné le jour où il a été reconnu coupable d’avoir assassiné quatre jeunes femmes dans des conditions terribles.
Quelques jours plus tard, il disparaît. Et un nouveau meurtre est commis, en tous points semblables à ceux dont il a été accusé.
Sophie Ponchartrain, commissaire divisionnaire à Paris, reçoit alors une étrange lettre signée par Nicolas, dans laquelle il nie être l’auteur des meurtres. Elle se conclut par ces deux mots :  » Sauvez-moi ! »

L’avis de Lunatic :

L’an dernier je lisais Hortense, en duo avec Madame Ourse. Curieuse de relire cet auteur, j’ai sollicité ce titre chez Netgalley.

1990: « Sauvez-moi », c’est le cri d’alerte que Nicolas Thomas adresse à Sophie Pontchartrain, commissaire divisionnaire. 30 ans plus tôt, en 1960, elle avait recueilli les aveux de Thomas, reconnu ensuite coupable de viols et meurtres. Pourtant il n’a jamais cessé de se dire innocent ! Après 30 ans de prison et ayant échappé à la peine de mort, il est libéré de prison. En parallèle, Sophie enquête sur une affaire de violeur de parking, dont elle a trouvé un coupable parfait en la personne de Guillaume Chabaraud. A ses yeux, ces deux hommes pourraient bien être liés et mèneraient ensemble de nouveaux crimes. Elle va tout faire pour dénouer cette affaire, embarquant avec elle son équipe qu’elle mène d’une main de fer et qui ne lui refuse rien, même s’il faut par moment enfreindre les règles.

On sent dans ce roman que Jacques Expert est un passionné du monde criminel et judiciaire et qu’il maitrise parfaitement son sujet. Il nous dresse des portraits de flics, avocats, gardiens de prisons ou même journalistes pas très reluisants. Des personnages très réalistes et auxquels on ne peut pas s’attacher. Le personnage de Sophie est hautaine, dédaigneuse et la carrière qu’elle s’est construite fait d’elle une femme froide et inhumaine. Je l’ai détestée dès le début.

J’ai aimé l’ambiance générale du roman, où l’on doute de tout et de tout le monde à chaque instant. Lorsque certains éléments pourraient nous faire croire à l’innocence de Thomas par exemple, le chapitre suivant nous apporte des preuves de sa culpabilité. Qui croire, en qui avoir confiance? Et s’il était vraiment innocent? Qui est donc le meurtrier en 1960? Comment la justice a t-elle pu se tromper à ce point? Imaginez les conséquences d’une toute petite erreur, d’une simple signature sur un bout de papier? (Comment ne pas penser à l’affaire Dills en lisant ce roman…).

Un final que j’imaginais plus fort, finalement tout était sous nos yeux depuis le début. Mais le final n’a que peu d’importance en fait. Ce qui compte c’est tout ce qui s’est passé en 1960, et en 1990. Les décisions que certains personnages ont prises, entrainant des répercussions irréversibles.

Ma notation :

J’ai adoré l’écriture de Jacques Expert. Un thriller qui vous imposera quelques questions!