Archives du mot-clé thriller

Regarde, Hervé Commère

Quatrième de couverture:

Jadis, Mylène a aimé un homme. Ensemble, ils ont fait les 400 coups. Jusqu’au braquage raté d’une bijouterie en Espagne, au cours duquel les deux amoureux se sont fait prendre. Mylène n’a jamais revu Paco : il a été poignardé dans sa cellule un soir.
Aujourd’hui, Mylène est libre. Elle travaille dans un dépôt-vente en banlieue parisienne, et vit dans une chambre de bonne. Parfois, le temps d’un week-end, elle loue un appartement quelque part, et s’imagine une autre vie. Celle qu’elle aurait pu avoir si elle n’avait pas commis les mêmes erreurs. Elle rêve.
Ce week-end pourtant, Mylène ne rêve pas : dans la roulotte qu’elle a louée, tout la ramène à Paco. Les meubles, les objets, il y a même une photo de lui au mur. Cela semble inconcevable, mais on dirait qu’elle est chez lui.

L’avis d’Audrey :

26 mars 2004 : la vie de Mylène va être bouleversée en croisant le regard de Pascal. Elle a 45 ans, lui est beaucoup plus jeune. C’est le coup de foudre entre ces deux personnes que tout éloigne. Une rencontre, un amour, une fusion qui va durer une année. Tout s’arrête en Espagne, lorsqu’ils sont arrêtés pour braquage. Ils sont extradés en France, et Mylène va vite apprendre le pire, Pascal a été poignardé dans sa cellule.

Plusieurs années plus tard, passé la soixantaine, elle a repris un semblant de vie. Son ancienne situation lui permet d’être à l’aise financièrement, elle se donne à quelques amants sans jamais retrouver la symbiose qu’elle avait avec Pascal. Elle travaille au sein d’un dépôt vente et afin d’oublier, pour de courts moments, sa vie, elle part en weekend et s’imagine alors au sein des divers logements où elle se pose une nouvelle vie. Mais voilà que lors d’un séjour dans le Lot, les objets, la décoration et l’ambiance du lieu la ramènent à son passé et surtout à son homme. Et si Pascal n’était pas mort ? Un sentiment rapidement confirmé par de nouveaux éléments. Elle en est sûre, il est vivant !

Commence alors une quête à la recherche de cet homme. Elle peut compter sur Gary, un gitan, à la fois collègue et complice. Une aide précieuse pour Mylène. Leurs investigations vont leur apporter surprise sur surprise.

Avec ce roman, l’auteur réunit les codes du thriller que j’aime : des chapitres courts, avec des rebondissements à chaque fin de page. J’enchaînais les chapitres, sans l’envie de poser le livre pour vite en connaître le final. J’ai été captivée par ce personnage de Mylène. Cette femme qui semble si posée, réfléchie, froide et pourtant vacillante. Une femme puissante et à la fois pleine de faiblesse. Happée par son histoire d’amour avec Pascal. La façon dont elle quitte tout pour lui. Cette passion, cette complémentarité, cet amour véritable. Une destinée amoureuse façon Bonnie and Clyde.

Au fil de l’intrigue, j’ai pensé savoir et comprendre où l’auteur nous emmenait. Puis non, tout s’accélère dans le dernier quart et la vérité nous est enfin livrée. Et quel final ! Je referme ce roman avec la même sensation qu’en lisant son précédent roman: Wahouuuu.

Ma notation :

Un thriller passionnel où l’amour est plus puissant que tout.

(merci à Estelle de chez Fleuve Editions pour le partenariat)

La chaîne, Adrian McKinty

Quatrième de couverture:

Le téléphone sonne. Un inconnu a  kidnappé votre enfant. Pour qu’il soit libéré, vous devez enlever l’enfant de quelqu’un d’autre. Votre enfant sera relâché quand les parents de votre victime auront à leur tour enlevé un enfant. Si un chaînon manque : votre enfant sera tué.

VOUS FAITES DÉSORMAIS PARTIE DE LA CHAINE.
VOUS N’ÊTES PAS LES PREMIERS.
VOUS NE SEREZ CERTAINEMENT PAS LES DERNIERS.

L’avis d’Audrey :

C’est Laure qui m’a dit que ce roman était pour moi, et elle avait bien raison. La 4ème de couverture donne le ton de ce roman : rien que ce pitch est déjà angoissant.

Assise à un arrêt de bus, Killye ne remarque pas l’homme qui s’approche d’elle, elle n’imagine pas que dans quelques secondes il va lui bander les yeux et l’obliger à rentrer dans sa voiture. Elle n’imagine pas qu’elle va être menacée, séquestrée et attachée au bout d’une chaîne dans une cave.

Rachel, la mère de la jeune fille s’apprête à se rendre à l’hôpital pour le suivi de son cancer dont elle est en rémission, son téléphone sonne : « Rappelez-vous toujours que ce n’est pas l’argent qui compte – c’est la chaîne. » Elle pense d’abord à une blague, mais pourtant une bizarre sensation l’envahit. Puis un 2ème appel, d’une personne différente confirme le pire : « J’ai enlevé votre fille ». Commence alors pour Rachel un véritable cauchemar. Les instructions sont claires : Elle doit payer 25000$, enlever à son tour un enfant, faire payer les parents qui devront à leur tour enlever un enfant, la chaîne se poursuivra et sa fille pourra être libérée. Pour Rachel il est inconcevable de rentrer dans ce jeu cruel, pourtant si elle n’obéit pas, sa fille sera tuée. Elle se lance d’abord en solo dans l’aventure, et demande rapidement de l’aide à Pete, le frère de son ex mari. Une aide précieuse et indispensable.

La première partie du roman se concentre donc sur cela : la séquestration de la jeune fille, les plans que va devoir mettre en place Rachel pour enlever un gamin, les obstacles qui se dressent sur son chemin, la peur, l’angoisse jusqu’à la délivrance. Puis la seconde partie montre les répercussions que cet événement a apporté dans la vie de Killye et sa mère : les angoisses, les cauchemars, le stress post traumatique. Mais surtout cette seconde partie montre l’origine du mal. Elle dévoile les personnes qui sont au bout de la chaîne, qui ont mis en place ce jeu cruel. En parallèle, notre mère de famille n’arrive pas à tirer un trait sur cette histoire. Et si pour oublier et pour enfin avancer il fallait défier et faire tomber ceux qui sont à l’origine cette chaîne?

Ce thriller est captivant dès les premières lignes. Il m’a saisi, m’a vraiment pris aux tripes. J’ai vécu l’enfer en même temps que Rachel. Je pense qu’en tant que maman, il a forcément eu un écho particulier en moi. Je me suis demandée à mon tour jusqu’où je serai prête à aller pour sauver mon fils? Aurai-je le courage et la force qu’a eu Rachel?

Au fil des enlèvements qui se succèdent dans l’intrigue, on remarque la force des mères. Elles sont transformées par la peur et la colère, comme enragées alors que les pères ont une approche plus douce et bienveillante sur les enfants qu’ils retiennent. Cette idée de devoir faire le pire pour sauver son enfant est vraiment angoissante et étouffante. Rachel se pose d’ailleurs la question à plusieurs reprises : « Quel genre de personne faut-il être pour enlever un enfant ? « .

Au delà de l’idée générale de cette chaîne qui est juste démente, le récit est hyper fluide, avec des chapitres enchaînant divers points de vue et qui donnent un joli rythme à l’ensemble. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, et les personnages vont vous embarquer dans cette histoire. C’est noir, c’est angoissant et flippant. Il est effrayant de constater comme les parents obéissent aveuglement aux injonctions de la chaîne.

A la fin du roman, l’un des personnages ironise en demandant que si leur histoire devait être portée à l’écran, il souhaitait que son rôle ne soit pas joué par un abruti. Et je crois que tout est dit : ce roman doit être adapté au cinéma, car le texte est très cinématographique justement et j’y ai pensé plusieurs fois pendant ma lecture. L’auteure insiste beaucoup également sur la façon dont on utilise les réseaux sociaux : c’est grâce aux informations que les parents laissent sur Facebook, Instagram et autres blogs, que les ravisseurs choisissent leur cible. Une idée assez flippante et qui fait réfléchir sur ce que l’on laisse comme traces personnelle à la vue de tous.

Bref, lisez ce roman, je vous promets un moment de lecture exceptionnel.

Ma notation :

Un thriller qui se lit d’une traite, la peur au ventre. La chaîne va vous embarquer en enfer.

Siège 7A, Sebastian Fitzek

Quatrième de couverture:

IL EXISTE UNE ARME LÉTALE QUE CHACUN PEUT EMBARQUER SANS ENCOMBRE À BORD D’UN AVION.

AUCUN CONTRÔLE AU MONDE NE PEUT LA DÉTECTER…

Un vol de nuit Buenos Aires-Berlin. Une passagère fragile psychologiquement. Un psychiatre contraint de la manipuler afin de provoquer le crash de l’appareil. À défaut, sa fille, la seule famille qu’il lui reste, mourra…

L’avis d’Audrey :

Sebastian Fitzek ! J’attends chaque parution avec impatience. Je vois les parutions de ses romans en Allemagne, avec tout une communication et un procédé médiatique assez intense qui me font languir de longs mois. Je ne lis pas l’allemand, et je dois donc attendre  la parution en français alors que j’ai sous mes yeux ses livres au quotidien. Alors autant dire que je remercie vivement Mylène de L’archipel de pouvoir lire avec quelques jours d’avance sur la sortie française ce nouveau roman.

Nele est enceinte et doit se rendre à l’hôpital pour un accouchement programmé. Au petit matin, elle monte dans un taxi mais elle n’arrivera jamais à la clinique. Elle est enlevée et enfermée dans un entrepôt abandonné. L’homme qui la retient lui souffle de ne pas s’inquiéter: « je veux juste ton lait ».

En parallèle, Mats Krüger, médecin psychiatre qui a une folle terreur de prendre l’avion embarque malgré lui à bord du vol Buenos-Aires-Berlin. Il est le père de Nele, il se doit d’être présent pour l’arrivée du bébé. Une fois à bord de l’avion, tout s’emballe pour Mats. Il reçoit un appel anonyme lui indiquant que sa fille a été enlevée. S’il veut qu’on la libère il doit faire en sorte que l’avion s’écrase. Son arme? Une ancienne patiente à bord de l’avion qu’il doit manipuler.

Autant dire que dès le début du roman on entre dans le vif de l’intrigue. La tension est mise en place dès les premières lignes. Le récit alterne entre plusieurs personnages : Mats à bord de l’avion, Nele qui essaie d’échapper à son ravisseur tout en sauvant son bébé, Feli l’ancienne maîtresse de Mats qu’il a appelé à l’aide, ou encore Franz le ravisseur. Différents points de vue qui donnent de l’intensité à l’intrigue et qui imposent plusieurs retournements de situations ou cliffangher. Le rythme du récit est très bien travaillé, pas de temps mort ou de pause inutile. L’ambiance devient vite étouffante à bord de cet avion ou au sein de l’entrepôt où est retenue Nele.

Doucement, tout s’imbrique. Les liens entre les personnages, les raisons de cet enlèvement et l’intérêt de faire se crasher cet avion sont mis à jour. Je ne savais pas du tout où l’auteur allait emmener son lecteur. J’ai eu un peu peur au début qu’il use des mêmes « ficelles » que pour d’autres de ses romans, mais finalement ce n’est pas le cas. J’ai vraiment trouvé les idées de ce roman un peu folles : un psychiatre phobique de l’avion, un végétalien prêt au pire pour faire comprendre à tout le monde la souffrance animale…. Un thriller vraiment réussi encore une fois.

Et dire que je vais devoir attendre plusieurs mois encore pour lire son nouveau roman : Le détenu que je vois à chaque fois que je fais mes achats en Allemagne.

Ma notation :

Un vol vers Berlin détonnant qui vous captivera.

Merci à Mylène des éditions Archipel pour cette lecture

La vie secrète des écrivains, Guillaume Musso

Quatrième de couverture :

En 1999, après avoir publié trois romans devenus cultes, le célèbre écrivain Nathan Fawles annonce qu’il arrête d’écrire et se retire à Beaumont, une île sauvage et sublime au large des côtes de la Méditerranée.

Automne 2018. Fawles n’a plus donné une seule interview depuis vingt ans. Alors que ses romans continuent de captiver les lecteurs, Mathilde Monney, une jeune journaliste suisse, débarque sur l’île, bien décidée à percer son secret.

Le même jour, un corps de femme est découvert sur une plage et l’île est bouclée par les autorités. Commence alors entre Mathilde et Nathan un dangereux face à face, où se heurtent vérités occultées et mensonges assumés, où se frôlent l’amour et la peur…

Une lecture inoubliable, un puzzle littéraire fascinant qui se révèle diabolique lorsque l’auteur y place sa dernière pièce.

L’avis de Laure :

Cette année, je n’ai pas voulu acheter le dernier Musso à sa sortie parce que je zieutais la sortie collector de fin d’année (fillefutile.com). Je l’ai donc acheté dans sa belle édition et … l’ai laissé traîner un peu dans ma PAL. Du coup, vous allez pouvoir le trouver en version poche dans quelques jours.

Guillaume Musso a déjà utilisé la ficelle du « mon personnage est un écrivain lui aussi » dans La fille de Brooklyn et c’est quelque chose qui ne me plait toujours pas. Ici, il va encore plus loin il nous décrit un peu le monde de l’édition via un prisme assez critique, une vision du monde littéraire que je n’ai pas non plus aimée lire. Je ne vais pas dire qu’elle est fausse, je n’en sais rien mais c’est pas un sujet qui m’intéresse. J’ai trouvé dans ce roman l’auteur plus incisif, il critique aussi le monde de la consommation dans lequel nous vivons.

Je n’ai pas eu beaucoup de sympathie pour Nathan Fawles, le romancier du roman, personnage principal qui va se retrouver bien malgré lui mêlé à une sombre enquête. Il s’est isolé sur l’île de Beaumont après avoir écrit 3 romans à succès. Il en est fini de sa vie littéraire. Pourquoi ? nul ne le sait. Il affirme qu’il n’y a pas de raison, bien évidemment personne n’y croit. Via l’enquête dans laquelle il va se retrouver mêlé, on va finir par comprendre le destin de cet homme.

J’ai adoré l’île Beaumont et les descriptions que l’auteur en fait, il lui confère ainsi une place de personnage du roman comme un autre. Cette île contribue vraiment à l’ambiance du roman; si Guillaume Musso ne m’a pas convaincue par son enquête qui semble partir dans tous les sens, j’ai été plus que charmée par le lieu qui prend forme sous ses mots. Je ne me suis pas laissée emporter cette fois dans l’enquête que l’auteur a imaginé pour nous, dans les personnages qu’il nous fait découvrir mais je trouve son talent de romancier toujours présent. Alors, qu’en sera-t-il du prochain roman ?

Ma notation :

Avis très mitigé j’avoue. De suite après ma lecture, je me suis dit « je ne sais pas si j’aurais envie de lire le prochain Musso ». Mais bon, la magie réseaux sociaux fait son oeuvre, j’en entends déjà parler et … c’est tentant…

Le service des manuscrits, Antoine Laurain

Quatrième de couverture:

« À l’attention du service des manuscrits. »
C’est accompagnés de cette phrase que des centaines de romans écrits par des inconnus circulent chaque jour vers les éditeurs.
Violaine Lepage est, à 44 ans, l’une des plus célèbres éditrices de Paris. Elle sort à peine du coma après un accident d’avion, et la publication d’un roman arrivé au service des manuscrits, Les Fleurs de sucre, dont l’auteur demeure introuvable, donne un autre tour à son destin. Particulièrement lorsqu’il termine en sélection finale du prix Goncourt et que des meurtres similaires à ceux du livre se produisent dans la réalité.
Qui a écrit ce roman et pourquoi ? La solution se trouve dans le passé. Dans un secret que même la police ne parvient pas à identifier.

L’avis d’Audrey :

Violaine Lepage, travaille dans une grande maison d’éditions parisienne. Elle est à la tête du service des manuscrits et gère une petite équipe de dénicheurs de talents. A la lecture d’un manuscrit ils apposent un petit symbole : un carré c’est refusé, un croissant de lune pour un texte qui peut valoir de s’y intéresser et un soleil en cas de texte à publier de toute urgence. Un soleil c’est justement ce que Marie, une jeune recrue de Violaine a ajouté sur le roman « Les fleurs de sucre » de Camille Désencres. Rapidement l’auteur est contacté et quelques brefs échanges par mail suffisent à signer un contrat de publication.

Le roman commence à connaître un joli succès, tout en intriguant le monde littéraire. Qui est cet auteur? Est-ce un homme ou une femme? Est-ce un auteur déjà connu qui se cache sous un pseudo? Violaine est incapable de répondre, elle ignore tout de son auteur qu’elle n’a jamais rencontré. Rapidement on comprend que ce roman cache quelque chose, des meurtres ressemblant à ceux de l’histoire ont réellement lieu et une jeune lieutenante semble croire que Camille Désencres sait surement des choses. En parallèle, notre éditrice semble se relever difficilement d’un accident et sa mémoire semble lui jouer des tours. Et si l’histoire de ce roman se mélangeait à sa vie, à son passé ?

J’ai beaucoup aimé la plongée littéraire au cœur d’une maison d’édition que nous offre le récit. La rencontre avec Violaine, cette femme mystérieuse est presque jubilatoire. L’auteur distille tout au fil du récit plusieurs clins d’œil et références littéraire, on peut y croiser notamment Modiano ou Stephen King. Le roman est construit comme un thriller, avec des chapitres courts, même si le lecteur comprendra bien vite où l’enquête veut nous mener, c’est peut-être mon seul bémol après lecture. J’ai trouvé les allers retours entre passé et présent très intéressants, nous permettant de cerner Violaine, de mieux connaître sa vie et de comprendre comment cette femme est arrivée à gérer ce services des manuscrits.

Un roman qui se lit d’une traite, mélangeant les genres et qui vous réservera de belles surprises.

Ma notation :

Un très bon roman qui me fait découvrir cet auteur. Pourquoi ne l’ai je pas lu avant?