Astrid & Veronika, Linda Olsson

Quatrième de couverture :

Veronika, écrivain, la trentaine, quitte la Nouvelle-Zélande pour revenir en Suède, son pays natal, afin de se reconstruire et d’y achever son roman. Elle loue une maison isolée en pleine campagne, avec pour seule voisine une vieille dame, Astrid, une octogénaire qui vit en quasi-ermite et l’observe s’installer avec retenue. Au fil des saisons, les deux femmes nouent pourtant une amitié improbable qui va bouleverser leur vie. Par petites touches, elles se racontent les drames de leurs vies et leurs inavouables secrets. Ce faisant, elles se libèrent du poids du passé et, surtout, réussissent à se souvenir des belles choses qu’elles croyaient oubliées à jamais : un sourire, une musique de Brahms, la beauté de l’amour…

L’avis de MadameOurse :

Lunatic a découvert Linda Olsson il y a peu. Peu après, sa lecture, les éditions Pocket m’ont tentée en parlant d’Astrid & Veronika sur Twitter et en faisant le lien autour du nom de l’auteure, j’ai eu envie de l’acheter. Lunatic m’a proposé qu’on se fasse un duo sur ce titre mais elle a abandonné sa lecture en cours (panne de lecture…) du coup je suis la seule à l’avoir achevé. Je ne vous dirai même pas que Lunatic est une vilaine lâcheuse car on a remplacé ce duo lecture par 2/3 autres à venir !!

Et en fait, j’ai parfaitement compris que Lunatic n’ait pas persévéré dans cette lecture car je lui disais moi même après les premiers chapitres que c’était assez plat. On va rencontrer nos 2 personnages, Astrid la dame âgée et Veronika, trentenaire. Voisines, elles vont faire connaissance petit à petit avec énormément de recul de chacune. Elles ne sont pas asociales mais elles vivent l’une et l’autre de manière assez isolée et c’est un souhait de leur part. Elles n’ont pas envie de s’ouvrir à l’autre au premier abord. Ça amène des rencontres plutôt douces car les 2 femmes partagent des choses toutes simples de la vie, sans trop parler juste en vivant l’instant mais c’est aussi assez plat. C’est une ambiance particulière !

Petit à petit néanmoins, la relation entre les 2 femmes évolue et les confidences arrivent. On va alors découvrir ce que chacune a vécu. J’ai été particulièrement émue par l’histoire de Veronika. J’avoue que j’aurais beaucoup apprécié un roman qui aurait tourné uniquement autour de Veronika et James. L’histoire d’Astrid ne m’a pas déplu mais je l’ai moins appréciée.

Je n’ai pas trouvé la finalité du roman exceptionnelle non plus, j’aurais apprécié achever la lecture sur un horizon plus ouvert et positif.

Ma notation :

Une lecture que j’oublierai vite et que je ne recommanderai pas particulièrement.

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Le monde de Christina, Christina Baker Kline

Quatrième de couverture :

Du monde, Christina Olson n’a rien vu. Paralysée depuis l’enfance, elle vit recluse dans la ferme familiale, perchée sur une falaise du Maine. Sa seule ouverture sur l’extérieur : une pièce remplie de coquillages et de trésors rapportés des mers du Sud par ses ancêtres, farouches marins épris d’aventures, et dont les histoires nourrissent ses rêves d’ailleurs.
L’arrivée de nouveaux voisins, la pétillante Betsy et son fiancé, le jeune peintre Andrew Wyeth, va bouleverser le quotidien de cette femme solitaire. Alors qu’une amitié naît entre elle et le couple, Christina s’interroge : pourra-t-elle jamais accéder à la demande d’Andrew de devenir son modèle ? Comment accepter de voir son corps brisé devenir l’objet d’étude d’un artiste, d’un homme ?
L’art est le reflet de l’âme. Et sur la toile, Christina redoute de voir apparaître ses failles, et celle qu’elle aurait tant désiré être…

L’avis de MadameOurse :

J’avais déjà lu Christina Baker Kline en 2016. Son nouveau roman m’a tentée parce qu’il va faire l’objet d’un book club Belfond et puis parce qu’il s’agit d’une Christina qui écrit sur une Christina. Et autour de la vraie histoire d’une femme qui a été peinte par Andrew Wyeth. Voici le tableau que j’ai recherché avant même ma lecture et qui est à l’origine de l’histoire. Il porte le même titre que le roman.

J’ai eu cette image en tête au cours du roman et j’avoue que c’est plutôt agréable d’imaginer ainsi l’histoire autour d’un tableau qui a réellement été peint. En cela déjà, je salue le travail de recherche de l’auteure.

Le roman va nous plonger dans la vie de Christina, à différentes époques. Son enfance assez rapidement évoquée avec une gros point autour de sa vie de toute jeune femme. Puis on la retrouve plus âgée, à l’époque où elle rencontre Andrew et où le tableau sera peint.

La jeune Christina est une jeune fille volontaire, déterminée, qui a un vrai désir de construire sa vie, de vivre sa jeunesse, d’apprendre, etc. Elle est malheureusement atteinte d’une infirmité qui va la freiner et l’empêcher d’avoir une vie normale. Tout au long du roman, j’étais en attente d’en savoir plus sur sa maladie. Et je suis restée sur ma faim car cela n’est pas évoqué. Et certes, malheureusement, à l’époque où a vécu Christina, l’avancée de la médecine était insuffisante pour qu’on en sache plus. Mais j’avoue que je m’étais tellement imaginé que le sujet serait présent que cela a créé un manque

Ceci dit j’ai aimé l’évocation de la famille de Christina, qui étaient ses ancêtres, comment leur vie s’est construite. J’ai adoré le passage où Christina va développer des sentiments amoureux (et je n’en dis pas plus!), j’ai apprécié aussi les relations avec Betsy et Andie. Le monde de Christina est un roman doux, qui nous plonge dans une page de l’histoire assez agréable et intéressante. La famille y est très présente. Il faut avoir en tête qu’il s’agit de la vie dans une petite ville des USA, il y a plusieurs dizaines d’années, avant les grands progrès du monde moderne. C’est donc une vie assez calme et paisible et cela se ressent dans le roman.

J’ai regretté bien évidemment pour Christina à qui je me suis attachée que sa vie n’ait pas été plus heureuse. Mais le roman est fidèle à la vraie vie de Christina Olson et c’est forcément mieux ainsi.

Ma notation :

Une lecture agréable.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

L’assassin de ma sœur, Flynn Berry

Quatrième de couverture :

Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d’un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d’avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l’assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie, isolée – surtout – avec les démons de leur jeunesse sacrifiée, Nora devra souvent se battre avec elle-même pour retrouver la vérité sous la surface brumeuse des souvenirs.

L’avis de MadameOurse :

J’ai pu lire un avis de ce roman chez Du calme Lucette, juste avant d’en débuter ma lecture. Comme son avis était plutôt mitigé, je craignais que la déception soit la même de mon côté mais j’ai décidé de m’y plonger quand même.

On est de suite plongés dans le drame qui va toucher Nora. Alors qu’elle arrive chez sa sœur où elle passe régulièrement le WE, elle est accueillie par un bain de sang et découvre le cadavre de Rachel. C’est sous le choc que nous allons suivre Nora qui est bien évidemment la première interrogée puisque c’est elle qui a découvert sa sœur. Et elle va se demander si ce crime n’est pas la suite d’une agression qu’a subie Nora plusieurs années auparavant. C’est assez étrange car les 2 sœurs ont très longtemps bataillé, ensemble, pour tenter de retrouver l’agresseur de Rachel. Sans succès. Mais c’est un peu « naturellement » ou dans la continuité de cela que Nora va de nouveau tenter de comprendre qui a tué Rachel.

C’est un peu dérangeant car on a l’enquête de police que Nora suit de près et qui n’avance pas à grand chose et Nora qui fouine de son côté, va poser des questions à des gens, suit un homme qu’elle pense coupable, etc. Elle fait un peu l’enquête à sa façon mais complètement à charge. Elle se remémore également le passé commun avec sa sœur, leurs souvenirs, leur jeunesse. On ressent qu’elles ont été proches.

Il n’y a pas une ambiance de folie dans ce roman mais l’ambiance est très étrange, on ne comprend pas trop Nora, son enquête est tellement bizarre… Je m’attendais à un dénouement qui vienne nous expliquer cela mais non, rien en ce sens. On saura ce qui est réellement arrivé à Rachel néanmoins, c’est pas la grande révélation mais, ça a du sens…

Ma notation :

Un roman sympathique mais un peu particulier qui m’a laissée dubitative.

La vie a parfois un goût de ristretto, Laurence Vivarès

Quatrième de couverture :

Lucie, styliste parisienne, revient seule, sur les lieux où son histoire d’amour s’est échouée pour essayer de comprendre, de se confronter à son chagrin, de « recoloriser » ses souvenirs, et peut-être de guérir. Ce voyage intérieur et extérieur la conduit à Venise, trouble et mystérieuse en Novembre, pendant la période de l’acqua alta. Au rythme d’une douce errance, Lucie vit trois jours intenses, sous le charme nostalgique de la ville. En compagnie de Vénitiens qui croiseront providentiellement sa route, un architecte et sa sœur, une aveugle, un photographe, elle ouvre une nouvelle page de son histoire.

L’avis de MadameOurse :

Prenez une tasse de café et ouvrez ce livre, bien au chaud sous un plaid ou réchauffé par les rayons du soleil d’automne. Venez suivre l’escapade vénitienne de Lucie. Elle y a vécu la fin d’un amour avec Laurent, elle n’est pas encore guérie de cette relation plutôt toxique. C’est sur les conseils de son associé Tristan, qu’elle retourne seule à Venise dans le but de recoloriser sa vie et ses souvenirs.

C’est un voyage solitaire, qui débute dans une douce mélancolie. Elle est encore emplie des souvenirs de son histoire d’amour, elle a presque du mal à reconnaître que cet homme n’était pas bon pour elle. C’est un peu perdue qu’elle débute ses déambulations dans la ville. Elle va y croiser Angelo qui, par un contact simple et délicat, va l’amener à s’ouvrir. Il va partager avec elle les secrets de la ville où il vit et l’amener vers d’autres rencontres.

C’est un livre très doux. A travers ces quelques jours avec Lucie, on découvre une ville, ses habitants, des hommes et des femmes qui vont croiser la route de Lucie en toute simplicité et qui, tous à leur façon, compteront pour elle. Alors, tout doucement, Lucie s’illumine, son regard sur la vie change, elle commence à envisager la suite de sa vie, avec un autre regard notamment sur ses créations de styliste. Cet éloignement loin de son quotidien est l’occasion pour elle de repenser à son enfance, à son père qu’elle délaisse…

C’est un livre de rencontres, avec des personnages forts et émouvants : Angelo d’abord, un homme qu’on a envie de remercier pour sa générosité et sa douceur, Carla sa sœur, un photographe, une aveugle… C’est un livre qui nous offre une belle parenthèse, on est transposés à Venise, on plonge nous mêmes dans une bulle bienveillante, loin du quotidien. Et puis c’est un livre qui tisse un bel avenir. En effet, l’auteure ne cède pas à la facilité du happy end et j’ai beaucoup apprécié qu’elle termine son livre dans la même ambiance douce et simple qu’elle l’avait commencé.

Ma notation :

Un bien joli premier roman. Une ambiance douce et chaleureuse.

Merci aux éditions Eyrolles pour cette lecture

 

Le malheur du bas, Inès Bayard

Quatrième de couverture :

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

L’avis de MadameOurse :

Pour ce roman, je vous propose volontairement une photo noir et blanc. Parce que la couverture est déjà en noir et blanc à la base mais aussi parce que la couleur n’a pas vraiment sa place dans cette lecture. Et le rayon de soleil en arrière plan est trompeur.

Surtout, n’achetez pas ce roman sans savoir de quoi il traite. C’est un livre qu’il faut être prêt à lire, il n’est pas à placer entre toutes les mains et il faut pouvoir le lire à un moment adéquat. C’est un premier roman de l’auteure et il ne vous laissera pas indemnes. Il commence avec un énorme parallèle, que l’on ne peut pas s’empêcher de faire avec le roman ayant obtenu le Goncourt 2016. Ici, comme dans Chanson douce, le roman s’ouvre sur un chapitre dramatique, celui de la fin. Débuter la lecture par la fin de l’histoire, lorsque l’histoire en question est un drame, c’est percutant. On sait déjà que l’histoire va très mal finir.

Et on ne va pas tarder à savoir pourquoi. C’est Marie qui va vivre ici le drame d’une vie. Marie, parisienne, mariée, adorant son job, dynamique et prête à avoir des enfants. Marie qui va croiser la route d’un responsable hiérarchique paraissant bien sous tous rapports. Il lui propose de la raccompagner chez elle un soir où elle retrouve son vélo en miettes là où elle l’avait attaché. Et cet homme va effectivement la ramener chez elle mais non sans la violer, sauvagement, dans sa voiture, à 2 pas de chez la jeune femme.

Inès Bayard nous livre une scène très dure à lire, qui ne sera pas la seule du roman. A partir de ce crime que subit Marie, sa vie ne sera jamais plus la même. D’autant qu’elle se réfugie dans le silence, seule échappatoire qu’elle imagine possible. J’étais déjà remuée par l’horreur qu’elle avait subie mais j’étais en plus témoin de son silence. Horrifiée, j’avais envie de lui hurler : « parle ! ». D’autant qu’elle a, il me semble, un entourage à qui elle pouvait se confier. Mais bien sûr, son violeur l’a menacée et, bien sûr, cela a fonctionné. Ce livre est dramatique car il nous montre aussi le poids du silence. Lire ce roman, alors que #MeToo est encore si frais dans nos esprits, c’est un électrochoc de plus.

Je suis mère de deux petites filles et j’aimerais que TOUTES les femmes du monde soient armées pour faire face à ces crimes. Et je ne parle pas là d’une vraie arme mais de la possibilité de se défendre, après coup certes, en parlant. En allant consulter pour soigner le corps et l’âme. En portant plainte et en obtenant réparation de la justice. Sans être roulée dans la boue à travers un procès où il sera possible d’entendre des choses atroces, venant soutenir le viol. Que le silence n’ait plus sa place, jamais, nulle part, qui que soit le criminel, qui que soit la femme agressée. Et c’est désolant parce que ce « choix » du silence (comprenons le bien, ce n’est pas vraiment un choix ou alors par défaut) va transformer Marie en un véritable monstre…

Car Marie va se rendre compte, rapidement après ce viol, qu’elle est enceinte. Et son esprit va se dire que forcément, l’enfant est celui de son violeur (alors qu’en réalité son mari peut tout aussi bien l’être). Forcément, elle ne veut pas de cet enfant, elle va essayer sans succès de s’en débarrasser. C’est ainsi que la vie de Marie se poursuit dans l’horreur. Elle est une mauvaise mère car elle ne veut pas de ce rôle de mère. Son couple n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été, sa vie sexuelle est un désastre. Marie va réagir très bizarrement sur ce point, tentant de sauver les apparences en continuant à avoir des rapports dont elle ne veut pas. L’auteure ne nous épargne pas sur ce plan et le livre nous amène plusieurs autres pages difficiles à lire. Je faisais des pauses dans ma lecture par moments, me demandant si j’avais vraiment envie de poursuivre, de lire cet insoutenable…

Et la lecture va aller croissant dans la douleur, dans l’effroi, dans le traumatisme de ce viol dont on comprend bien qu’il ne sera pas possible de sortir guéri. Nous ramenant alors à ce premier chapitre dramatique…

Ma notation :

Je ne peux pas « noter » ce livre, je ne peux pas le qualifier de coup de cœur, son thème en est bien trop dur pour ça. Mais je peux remercier son auteure de nous avoir livré ce récit électrochoc. Et souhaiter très fort que d’autres auteurs continuent à écrire ce genre de livres. Certes, ils dérangent, ils sont durs à lire. Mais ils sont nécessaires si l’on ne veut pas avancer dans l’ignorance. Et je sais qu’il y a malheureusement beaucoup de sujets sur lesquels il y a des choses à dire.

A vous de voir si vous souhaitez lire ce livre, si vous avez les ressources pour faire face à ce qui y est dit. Je ne veux pas juger, c’est un livre dur et il est compréhensible que certaines personnes ne puissent pas, ne veuillent le lire. Je souhaite juste que ceux d’entre vous qui le liront le fassent en étant avertis.

(Roman lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire Rakuten)