Archives pour la catégorie Laure

Expérience de lecture : ces livres similaires

Aujourd’hui, je ne vous propose pas un avis lecture mais un retour d’expérience sur un moment de lecture. Depuis plusieurs années déjà, je lis systématiquement deux livres à la fois. J’ai toujours un livre papier et un ebook en cours, le livre papier que j’avance le soir lorsque je m’installe dans mon lit et l’ebook comme une lecture itinérante, en salle d’attente, en grapillant des minutes lectures de ci, de là. Je lis ces ebook sur mon smartphone c’est donc toujours la garantie d’avoir ma lecture avec moi, où que j’aille.

La semaine dernière, hasard de ma PAL et de ce que j’avais prévu pour le mois de février, je débute ces deux lectures : Les perles de la moïka de Annie Degroote et Le bruit des pages de Livia Meinzolt. Ces deux livres sont dans ma PAL depuis un moment déjà et donc, comme d’habitude, je ne relis surtout pas les résumés afin de me laisser surprendre par les contenus.

Oui, sauf que… :

  • ces deux romans sont tous deux écrits avec une alternance d’époque passé / présent.
  • tous les 2 mettent en avant au présent une jeune femme un peu paumée qui va enquêter sur son histoire.
  • tous les 2 présentent une héroïne du passée issue de la noblesse russe, avant la première guerre mondiale, époque à laquelle les riches russes blancs vont commencer à s’exiler hors de leur pays pour se protéger de la révolution qui couve sur le pays.

Bref, je ne vais pas aller plus loin car vous l’aurez compris, avec ces lectures, lues en même temps, je me suis complètement emmêlé les pinceaux ! Les noms des personnages (avec un Sacha dans chaque histoire par exemple), les lieux, la construction du récit, tout sans exception était comparable. Alors, quand tu as le sentiment de lire deux fois le même roman, tu perds pied.

En plus de ça, ni dans l’une ni dans l’autre histoire, je n’étais convaincue par le passé historique dans lequel on est plongés. Mais je me demande si ce n’est pas finalement cette période spécifique de l’histoire russe qui, en fait, a peu d’attrait pour moi. A partir de là, j’ai lu beaucoup en diagonale, dans le passé essentiellement. Je me suis efforcée d’aller au bout de Les perles de la moïka, roman plutôt court et qui révélait au final un joli secret qui m’a bien plu. Mais pour le second roman, malheureusement il a pâti de ce hasard de lecture et je n’ai pas pu l’achever.

Comme j’avais entraîné Audrey avec moi dans cette lecture, c’est elle qui vous en dira plus très vite !

Avez-vous aussi vécu ce genre d’expérience de lecture un peu perturbante ? Vous nous racontez ?

La révérence de l’éléphant, Laura Trompette

Quatrième de couverture :

Marguerite est comme l’éléphant de Tanzanie : dans son Ehpad cannois, elle sent que son monde rétrécit. Elle veut tirer sa révérence, mais en France, ce choix ne lui appartient pas. Alors elle entend bien mourir ailleurs, dans la dignité. Avant cela, elle a une dernière tâche à accomplir : redonner goût à l’amour à son petit-fils, Emmanuel. Ce dernier, photographe animalier en Tanzanie, lui semble plus préoccupé par le sort des éléphants d’Afrique que par la solitude dans laquelle il s’est enfermé. La solitude, c’est aussi le lot de Roxanne, depuis qu’elle a abandonné sa carrière de joueuse de poker pour trouver un sens à sa vie. Son arrivée dans la maison de retraite de Marguerite va bousculer leur destin.

Comme une valse à trois temps, un roman qui aborde avec finesse le choix de mourir, la disparition des éléphants d’Afrique et la renaissance du sentiment amoureux.

L’avis de Laure :

Je découvre Laura Trompette avec ce roman car c’est une auteure que je n’avais jamais lue. Le lien générationnel et le voyage en Tanzanie qu’elle nous promettait avec La révérence de l’éléphant m’a donné bien envie. C’est bien le moment ou jamais de voyager à travers les livres !

C’est une histoire qui se lit facilement, simplement et qui m’a fait passer un joli moment. Le trio de personnages m’a de suite plu. Il y a Marguerite qui sent, du haut de ses 93 ans, que son corps est arrivé au bout de son voyage. De son EHPAD cannois, elle veut partir en sachant son petit fils heureux. Emmanuel a 50 ans, elle l’a élevé comme son fils au décès prématuré de sa mère et aurait voulu depuis toujours le voir heureux, installé en ménage et fondant une famille à son tour. Et si elle forçait le destin pour que cela se réalise ?

De son côté, Roxanne n’a pas pu accompagner les derniers instants de sa grand mère, décédée dans le même EHPAD. Et elle s’en veut cruellement. Ce décès a remis en cause toute son existence, jusque là dédiée aux tournois de poker à travers le monde. C’est au sein de l’EHPAD et auprès des autres résidents qu’elle souhaite construire une nouvelle page de sa vie. J’ai apprécié alors ce qu’elle va construire, mettre en place et apporter à ces résidents et en particulier la belle amitié qu’elle nouera avec Marguerite.

La rencontre entre Roxanne et Emmanuel va d’abord faire des étincelles avant qu’ils ne laissent tomber les barrières et voient ce que l’autre est réellement. C’est unis qu’ils vont accompagner Marguerite vers son dernier voyage, au cœur de la Tanzanie où vit Emmanuel.

La révérence de l’éléphant m’a plongée dans une bulle de douceur et c’était un joli moment que de suivre ces 3 personnages si différents. Si j’ai eu la gorge nouée à lire les derniers instants de Marguerite, je m’attendais à des émotions plus fortes tout au long de la lecture que je n’ai finalement pas ressenties. C’est plein de douceur et ça a été un moment très agréable pour moi sans être le tsunami d’émotions que d’autres lecteurs ont pu ressentir. Mais, les émotions, ça ne se commande pas !

Ma notation :

Un joli roman qui m’a plongée dans une bulle de douceur.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

Dora Maar et le minotaure, Slavenka Drakulic

Quatrième de couverture :

Le tableau « Dora et le Minotaure » montre un homme avec une tête de taureau qui se penche sur une femme, l’accueillant, les membres bizarrement tordus. Picasso nous parle de la bestialité de l’homme. Mais dans la vraie vie, comme la grande auteure croate Slavenka Drakulic le relate dans son roman, c’était le maître lui-même qui détruisait la vie des femmes, notamment celle de Dora Maar.

Dora Maar, née à Paris en 1907, a grandi à Buenos Aires, où son père croate travaillait en tant qu’architecte. Quand elle rencontra Picasso, d’un quart de siècle son aîné, elle était déjà une photographe renommée, l’une des figures les plus prometteuses de l’avant-garde parisienne autour des surréalistes André Breton, Brassaï et Man Ray. Son admiration pour le génie de Picasso et la relation qu’elle entretenait avec le maître eurent peu à peu raison de son espoir de grandir à ses côtés en tant qu’artiste. Anéantie, elle plongea dans le silence et l’ombre.

Dans un journal fictif, Slavenka Drakuli prête à Dora Maar sa voix, laisse parler celle qui avait décidé de se taire, qui avait sacrifié sa carrière et qui, plus tard, avait subi les expérimentations de la psychiatrie de l’époque. Tout en dressant le portrait tragique d’une femme et artiste extraordinaire, l’auteure peint aussi l’image haute en couleur du Paris artistique des années 1930.

L’avis de Laure :

Cette parution aux éditions Charleston ne m’attirait pas forcément de prime abord. Les thématiques sont assez éloignées de ce que j’ai l’habitude de lire. Mais parfois, sortir de sa zone de confort est intéressant et permet de belles découvertes alors j’ai débuté ce court roman en me disant « pourquoi pas ? ».

D’ailleurs, s’agit-il vraiment d’un roman ? L’auteure romance la vie de Dora Maar, imaginant un carnet qu’elle aurait écrit et dans lequel elle parlerait de sa relation avec Picasso. Dora Maar a déjà inspiré d’autres auteurs qui lui ont prêté leur voix. Ici Slavenka Drakulic débute lors de l’enfance d’Henriette Dora Markovitch, de son vrai nom. Une enfance que j’ai vraiment aimé découvrir pour suivre les événements qui ont fait d’elle la femme qu’elle est.

Avant sa rencontre avec Picasso, c’est une femme relativement libre pour son temps, passionnée par la photo. Et douée. Et puis, elle rencontre la bande qui suit Picasso puis le peintre lui même, de 25 ans son aîné. Un homme dont je ne connaissais rien et dont je découvre ici, l’image sombre. Jamais fidèle, se servant des gens pour ce qu’ils peuvent lui apporter, sans état d’âme.

Je l’aime autant que je le méprise. L’homme est pitoyable, immoral, avare, méchant. L’artiste est un génie que j’admire.

A ce stade du récit, tout tourne alors en boucle sur la femme que Dora est et devient dans sa relation à Picasso. Elle perd son individualité, arrête la photo, consacrant son temps au peintre, posant pour lui, soutenant son œuvre encore et toujours. Exit la femme libre et son talent. Bonjour la femme soumise, supportant tout même le pire. J’étais désolée de lire ça, ce n’est pas ce que j’aime lire dans les destinées de femmes. L’héroïne s’efface derrière l’homme.

Et puis cela va très loin, menant Dora jusqu’aux portes de la folie, elle ne sera plus jamais la même. Même si sa relation avec Picasso cesse, elle est détruite et ne reprendra jamais le cours de sa vie. Quelle tristesse !

Ma notation :

Au final, je ressors déçue de cette lecture, je n’ai pas eu d’intérêt pour les nombreux personnages rencontrés car ce n’est pas ma tasse de thé, je ne connaissais pas Dora Maar avant de lire ce roman. Et je suis surtout peinée par l’image bien triste de cette femme, brisée par la volonté et le plaisir personnel d’un homme. Je pense que cette lecture se destine plutôt à des personnes avides d’en savoir plus sur le courant artistique de l’époque et ses grandes figures. Pour ma part, je n’étais pas la cible.

La messagère de l’ombre, Mandy Robotham

Quatrième de couverture :

En 1943, le monde est ravagé par la guerre. À Venise, la jeune Stella brûle de prendre part à la lutte contre les nazis et elle est recrutée par la Résistance italienne et jetée dans la gueule du loup. Durant la journée, la jeune femme travaille comme traductrice pour des officiers allemands et intercepte des informations stratégiques. La nuit, elle risque également sa vie en faisant passer des messages pour la résistance et en rédigeant un journal clandestin. C’est à la Kommandantur qu’elle tombe amoureuse d’un homme qui collabore avec les Allemands. Mais dans l’enfer de la guerre, comment croire en un quelconque avenir ensemble ? Au fur et à mesure que l’étau se resserre autour de Stella, elle découvre la part d’ombre que dissimule l’homme qu’elle aime. Leur histoire, déchirante, va faire basculer le destin de Stella dans le plus terrible des combats…

L’avis de Laure :

Lorsque ce roman est sorti en septembre dernier, ce n’était pas la première fois que ces parutions chez City me faisaient de l’œil alors cette fois j’ai sauté dessus pour le découvrir à mon tour.

Finalement, c’était une lecture à l’aveugle car je n’ai jamais lu le résumé ni d’avis sur ce titre et cela a donc commencé par une agréable surprise quand j’ai découvert que la ville où se situait ce roman est Venise. Ca change et j’aime bien, je n’avais jamais lu de roman mettant en avant le vécu italien de la seconde guerre mondiale. C’est à travers Stella, jeune italienne qui a de suite été déterminée à s’investir dans le double combat mené contre les nazis et les fascistes, qu’on est immergés dans cette page de l’Histoire. Elle occupe une place délicate en tant que traductrice pour les allemands et a accès à ce titre à des informations sensibles. Elle va donc transmettre le maximum de détails à la résistance et sera une messagère de choix dans ce combat.

Si j’ai aimé ce roman, très agréable à lire, j’en avais de plus grandes attentes. Ou bien ai-je tellement lu de romans sur ce sujet que je suis moins enthousiaste pour un titre qui ne m’apporte pas grand chose de nouveau ? Je tempère quand je vous dis cela car c’est vraiment une histoire plaisante à lire mais c’est celle d’autres résistants où qu’ils soient dans le monde que j’ai déjà lues. Et en soi le roman n’avait rien de nouveau pour moi.

J’ai aimé être transportée à Venise le temps de cette histoire, j’ai apprécié Stella, son combat et sa destinée émouvante, j’ai été fort surprise de la fin que je n’avais pas du tout vue venir mais ce n’est pas un roman qui s’inscrira parmi mes lectures les plus poignantes sur cette période de l’histoire.

Ma notation :

Un joli roman même si j’en attendais plus.

La mer en hiver, Susanna Kearsley

Quatrième de couverture :

Printemps 1708, une flotte jacobite de soldats français et écossais échoue à faire revenir James Stewart, le roi exilé, sur ses terres d’Écosse afin de réclamer sa couronne.

De nos jours, Carrie McClelland s’inspire de cet épisode historique dans son nouveau roman. Installée aux abords du château de Slains, au cœur d’un paysage écossais désolé et magnifique, elle crée une héroïne portant le nom d’une de ses ancêtres, Sophia, et commence à écrire.

Mais elle se rend compte que ses mots acquièrent une vie propre et que les lignes entre fiction et faits historiques se brouillent de plus en plus. Tandis que les souvenirs de Sophia attirent Carrie encore plus au cœur de l’intrigue de 1708, elle découvre une histoire d’amour fascinante, oubliée avec le temps. Après trois cents ans, le secret de Sophia doit être révélé…

L’avis de Laure :

Ma jumelle Les lectures de Knut m’a offert ce roman qui figurait dans ma WL et finalement elle m’a même proposé de le lire en duo. Vous avez été nombreuses à me dire avant que je ne le débute à quel point il vous avait plu et je vous avoue que je rejoins totalement ces avis unanimes. Ce roman est une vraie beauté !

La magie de ce roman c’est sa construction ! Si le fait de rencontrer Carrie, auteure de romans qui va partager avec nous son nouveau manuscrit peut paraitre un peu vu et revu, croyez-moi, l’histoire va beaucoup plus loin. Car lorsque Carrie s’installe en Ecosse où elle va commencer à nous raconter l’histoire de Sophia, elle était bien loin d’imaginer à quel point fiction et réalité allaient se troubler. Alors que l’histoire de Sophia va naitre sous ses doigts dans une grande fluidité, ses recherches sur le contexte historique vont l’amener à se rendre compte que tout ce qu’elle pense avoir inventé est en fait réalité. Les noms des personnages, l’apparence des lieux de ce château à présent en ruines, les liens entre les personnages, tout est réel !

On plonge alors avec fascination dans cette lecture, d’une période à l’autre. Personnellement j’ai suivi avec autant de plaisir Carrie, ses recherches, son roman, les connaissances qu’elle fait avec les personnes du coin que Sophia et sa destinée poignante et si émouvante. Tout cela s’inscrit dans un cadre historique des guerres de la royauté écossaise qui est très agréable même si j’ai pâti de quelques petites longueurs par instant.

Bien évidemment, chaque héroïne va vivre sa belle histoire d’amour, une histoire très très forte et émouvante pour Sophia et une histoire d’une grande douceur et d’une telle évidence pour Carrie. Est-ce qu’on peut demander quelque chose de plus à un roman que tous les éléments si bien réunis ici ? J’ai totalement adoré cette lecture !

Ma notation :

Ne passez pas à côté de La mer en hiver, ce roman est vraiment magnifique.