Les saisons du bonheur, Belva Plain

belva plain

Quatrième de couverture :

Bien décidé à être acteur de son destin, Adam Arnring quitte son New York natal, son père immigré juif allemand et ses deux frères pour tenter l’aventure vers l’Ouest. Direction la Californie et le bleu infini du Pacifique.

Son voyage n’ira pourtant pas plus loin que Chattahoochee, petite bourgade à la frontière texane. Adam a croisé le regard d’Emma, c’est donc là que son cœur a choisi de poser ses bagages. Héritière d’un grand magasin, couvée par une tante acariâtre, la belle jeune femme est totalement inaccessible à un homme sans le sou tel que lui. Mais, dans l’Amérique de 1900, l’audace est la clé de tous les succès, et le fougueux New-Yorkais n’en manque pas…

Une famille unie, des affaires florissantes, la vie pourrait être parfaite. Pourtant Adam sent parfois monter en lui des vagues d’amertume : comment protéger les siens des aléas de l’Histoire et de la vie ? Comment préserver son couple quand la tentation se présente sous les traits de Blanche, sa belle-sœur ? Et que vaut sa réussite sociale quand son propre frère a juré sa perte ?

L’avis de Lunatic :

J’ai souvent eu des livres de Belva Plain dans les mains sans prendre la peine d’en ouvrir. Quand j’ai vu ce roman réédité dans la collection Le cercle chez Belfond  je me suis dit que c’était le moment de découvrir cette auteure. Avec ce roman, on traverse le 20e siècle au coté d’Adam Arnring. Comme me le faisait remarquer quelqu’un qui a lu le roman avant moi, l’originalité réside dans le fait que le personnage central soit un homme, et au début j’ai eu un peu mal à m’attacher à l’histoire, peut-être pour cette raison.

On fait connaissance avec Adam au début des années 1900, on le voit adolescent, orphelin de mère, élevé par un père doux et qui ne doute pas de la réussite future de son fils,  accompagné de ses frères avec qui les relations ne sont pas toujours faciles). Adam nous fait partager ses envies, son ambition, son besoin d’ailleurs, de conquête. Il traverse le pays et s’arrêtera dans une petite ville. Cette ville qui ne devait être qu’une simple halte dans son voyage le gardera et il y passera sa vie. En parallèle de son histoire personnelle (activité professionnelle, vie amoureuse, vie de famille, relations amicales) on assiste aux grands bouleversements du 20ème siècle avec les 2 guerres mondiales, les crises économiques qui toucheront de différentes manières nos personnages.

Adam est attachant, mais j’ai trouvé un peu dommage qu’il soit au centre de tout. Les personnages secondaires sont réussis, mais pas assez présents à mon goût. Je trouve que si les chapitres avaient donné la possibilité de mettre en lumière d’autres personnages, comme son frère Léo ou Emma son épouse le roman m’aurait davantage plu. L’équilibre chronologique du roman m’a un peu dérangée aussi.. Les 40 dernières années sont trop condensées, tout s’enchaîne pour un final que j’ai eu l’impression de lire en avance rapide. Dommage. Néanmoins, ce roman est intéressant, et j’ai aimé cette description d’un homme simple, plein de courage, d’affection pour les siens, et qui a réussi sans écraser les autres, dans le respect et le travail.

Ma notation :

Une jolie rencontre avec cette auteure.

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Avec elle, Solène Bakowski

Quatrième de couverture :

Avec elle, de Solène BAKOWSKI et Sans elle, d’Amélie ANTOINE, deux romans pour un projet commun.
Un point de départ identique pour deux histoires distinctes qui peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre.
Une même famille, une même situation initiale, mais un événement qui vient tout bouleverser.
Pour tous ceux qui se sont un jour demandé : Et si un seul détail de ma vie avait changé, est-ce que tout aurait été radicalement différent ?
Pour tous ceux qui aiment voir les deux faces d’une même pièce.

L’avis de Lunatic :

Je disais en conclusion de ma chronique sur Sans elle que j’avais quelques appréhensions à retrouver la famille Simoens. Peur de m’ennuyer en retrouvant les mêmes personnages, de ne pas oublier la famille décrite par Amélie Antoine. Mais finalement ce second roman a su me captiver tout autant, une atmosphère proche avec une plume différente. Une famille identique mais avec une destinée différente. Un détail qui change tout, des lacets refaits lors d’un feu d’artifice, et Jessica ne disparaît pas et rentre rejoindre Coline dans sa chambre ce soir du 14 juillet 2004. On pourrait imaginer alors que tout va bien pour cette famille, et non : une femme lassée dans son rôle d’épouse et de mère, un père qui ferme les yeux, un événement tragique pendant les vacances chez les grands-parents, la jalousie entre les jumelles… tant de détails qui vont mener à l’explosion de la famille.

Ici aussi l’atmosphère est pesante, on assiste avec impuissance à l’éclatement de la famille. On aimerait secouer les personnages du roman, les mettre face à leurs erreurs, à leurs défauts pour retrouver le bon chemin et prendre les bonnes décisions. Contrairement à Sans elle, je n’ai éprouvé aucune sympathie pour les membres de cette famille. On y retrouve les mêmes thèmes que sont la jalousie, la rivalité entre jumelles, le mensonge, le désir de plaire mais ces thèmes sont amplifiés par la présence de Jessica. Les mensonges, les trahisons et les coups bas sont glaçants à lire. Solène Bakowski a su me captiver jusqu’au bout, j’avais hâte de connaître le final et j’avoue que je m’attendais à une autre fin (je suppose que beaucoup de lecteurs avaient la même idée que moi).

Deux romans qui forment un ensemble réussi pour un projet qui  a dû demander des heures de discussions, de mise en commun. J’aimerais bien en savoir plus sur l’écriture des deux romans. Qui a imaginé le personnage d’Enis ? Est-ce que l’une ou l’autre des auteures avait son mot à dire sur le récit de sa consœur…

Ma notation :

Un roman captivant qui m’a fait découvrir Solène Bakowski, que je vais relire bien avec Le sac que j’ai dans ma PAL depuis quelques mois.

 

Sans elle, Amélie Antoine

Quatrième de couverture :

Avec elle, de Solène BAKOWSKI et Sans elle, d’Amélie ANTOINE, deux romans pour un projet commun.
Un point de départ identique pour deux histoires distinctes qui peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre.
Une même famille, une même situation initiale, mais un événement qui vient tout bouleverser.
Pour tous ceux qui se sont un jour demandé : Et si un seul détail de ma vie avait changé, est-ce que tout aurait été radicalement différent ?
Pour tous ceux qui aiment voir les deux faces d’une même pièce.

L’avis de Lunatic :

Quand j’ai vu passer ce projet, je n’avais pas bien compris le principe. Une fois toutes les infos, j’ai trouvé cette idée géniale ! Un même premier chapitre, et un petit détail qui change tout. Il suffit d’un lacet que l’on refait ou non, pour donner à chaque roman une tournure totalement différente.

14 Juillet 2004 : Patricia assiste avec sa fille Jessica à un feu d’artifice, sa sœur jumelle Coline punie pour une bêtise est restée à la maison avec Thierry le papa. Et le drame se met en place, Jessica disparaît. Elle est introuvable. Amélie Antoine entraîne alors son lecteur dans l’intimité de la famille, on rentre au cœur des angoisses que vit cette famille, cette déchirure, ce gouffre de douleur que crée l’absence de la petite fille. Le récit s’étale sur plusieurs années: les difficultés pour Colline de vivre sans sa sœur et cette impression que tout le monde aurait préféré que ce soit elle qui disparaisse, les difficultés à grandir dans l’ombre de cette sœur absente mais si présente finalement. On assistera aussi à la déchéance du couple, Patricia et Thierry au lieu de se soutenir se détruirons et leur amour meurt à petit feu. On est témoin aussi de l’enquête autour de cette disparition, la façon dont on les interroge, dont on les suspecte. Toutes les lumières sont braquées sur la famille de Jessica, tout le monde parle d’eux au village. La disparition de Jessica fait éclater toute la famille. Colère, peur, jalousie, culpabilité, espoir et désillusion sont au cœur du roman. Finalement ce roman c’est le récit d’un fait divers tragique sur lequel l’auteure penche une loupe afin que le lecteur plonge au cœur du drame que vit cette famille.

J’ai vraiment apprécié la plume d’Amélie Antoine. Le récit est dur, poignant et j’ai lu ce roman d’une traite. L’ambiance est étouffante, pesante. Amélie Antoine nous dresse le portrait de personnages qui m’ont particulièrement touché : en totale compassion pour Colline, j’ai détesté Patricia tout en imaginant quelles douleurs elle devait endurer, puis j’ai approuvé les choix de Thierry. Le final m’a totalement achevée, Amélie Antoine a su me mettre KO.

J’ai éprouvé le besoin de ne pas lire dans la foulée Avec elle. J’avais besoin d’une pause, de laisser décanter un peu les émotions ressenties avec Sans elle. Je vais commencer ce 2ème roman avec quelques appréhensions. Ne vais-je pas m’ennuyer en retrouvant cette famille ? Est-ce que je vais réussir à me détacher de cette histoire et me laisser embarquer dans un récit différent ? A suivre….

Ma notation :

Vous l’aurez compris, un roman saisissant !

 

Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls, Eiving Hofstad Evjemon

Quatrième de couverture :

Le 22 juillet 2011, un véhicule explosait dans le centre d’Oslo, faisant huit morts ; deux heures après, Anders Breivik massacrait soixante-neuf personnes, des jeunes pour la plupart, sur l’île d’Utøya.

Une voiture approche et le temps semble s’arrêter dans la petite ville de Foldnes, en Norvège. Nous sommes le 29 juillet 2011, une semaine après le massacre perpétré par Anders Breivik sur l’île d’Utøya où soixante-neuf personnes, des jeunes pour la plupart, furent abattues. Sella observe ses voisins dans le véhicule : la mère au volant, le père à côté, les deux garçons à l’arrière et une place restée vide. Ils rentrent chez eux sans leur fille, leur sœur, assassinée au cours de l’attaque.
Sella et son mari vivent depuis longtemps près de cette famille qu’ils ne connaissent pas. Pourtant, eux aussi ont perdu un enfant il y a plusieurs années. Leur fils adoptif, d’origine philippine, était parti à dix-huit ans sur les traces de ses parents biologiques. Il ne rentra pas. Dévastée par cette disparition, Sella aimerait aujourd’hui être présente pour ses voisins, mais peut-on être solidaire de la douleur de l’autre ?
Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls interroge le sens du deuil collectif, du deuil intime et du deuil par procuration. Evjemo installe une atmosphère hyperréaliste au service d’une histoire dont le terrorisme n’est pas l’objet mais le cœur. Une fiction sur l’état de nos sociétés post-attentats. Un texte important, poignant.

L’avis de MadameOurse :

Ce roman ne cadre pas du tout avec mes lectures habituelles. J’ai été intriguée par l’histoire écrite en parallèle avec le massacre de 2011, date que j’ai bien en mémoire puisque j’ai appris ces événements après un WE de mariage.

J’ai eu du mal à lire ce roman, il m’a fallu un peu de temps et j’avoue que je me suis forcée à y revenir. Une fois de plus, je me suis faite avoir par mes attentes. Car, ici, finalement, les tristes événements norvégiens ne sont qu’une prétexte au récit, il n’y a pas de lien fort avec l’histoire de Sella et Arild qui nous est racontée. Le seul lien, c’est Sella qui le crée, faisant un parallèle entre ses voisins qui ont perdu leur fille dans la tuerie et eux qui ont perdu un fils.

Au début, il y a un peu de mystères sur le couple que forment Sella et Arild. Puis, l’auteur nous déroule leur histoire. Une vie que j’ai trouvée assez plate, c’est un couple sans histoire, à la vie un peu morne. Ils n’auront pas d’enfant et adopteront Kim. Malgré toute leur bonne volonté, au fond de son cœur, Kim ne deviendra jamais réellement leur fils. Et il finira par couper les liens puis disparaître.

Je dois vous avouer que je n’ai pas trouvé grand intérêt à cette lecture, les personnages ne sont pas plus attachants que ça, leur vie pas folichonne et je n’ai pas vu de but particulier au récit. Avec un titre aussi fort, je m’attendais à des émotions plus marquées lors de ma lecture. Mais peut être finalement que le but est là, nous faire réagir à travers ce couple… Je ne sais pas trop…

Ma notation :

C’est une lecture qui ne va pas me marquer. Mais dont je serai curieuse de lire d’autres avis pour comprendre comment d’autres lecteurs ressentiront ce texte.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Ce roman est à paraître le 30 août chez Grasset.

La drôle de vie de Zelda Zonk, Laurence Peyrin

Quatrième de couverture :

Les jours s’écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu’un grave accident de voiture la cloue sur un lit d’hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk.
À ses côtés, et n’ayant rien d’autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d’une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier ? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s’il est encore possible de changer la sienne…

L’avis de Lunatic :

Pourquoi ai-je attendu si longtemps pour sortir ce roman de ma PAL? J’ai lu quelques chroniques parlant de feel-good book, et je ne suis pas d’accord! Pas de happy end, rien n’est simple. Ce roman, malgré son titre trompeur c’est l’histoire d’Hanna, mariée à Jeff avec qui elle s’occupe de Patti, la fille de sa sœur. Un bon compromis pour ce couple en mal d’enfant. Un matin, alors qu’elle se rend à son travail (en sachant qu’elle n’y va qu’une fois par semaine) elle est blessée dans un carambolage. Pendant son séjour à l’hôpital, elle fait la connaissance d’une vieille dame, Zelda Zonk, avec qui elle va se lier d’amitié.

L’accident, le fait d’avoir survécu, la rencontre avec Zelda va engendrer une réelle remise en question dans sa vie. Des remises en questions en tant que femme, épouse, amie, sœur et sur ses envies, ses désirs, son avenir. Elle va également faire la connaissance du fils de Zelda, qui va à son tour amener d’autres bouleversements. En lisant ce roman, je me suis moi même posée pleins de questions, preuve que l’auteur a su me toucher. J’ai aimé l’histoire d’Hanna, même si elle m’a agacée par moment, par son indécision, ses choix… Le personnage de Zelda garde tous ses mystères, on ne peut que s’attacher à cette dame qui parait si sage et sereine ayant pourtant un passé qui semble agité. Émue également par le lien qui unit Hanna et Patti, la façon dont le désir maternel, l’idée de responsabilité est traitée. On profite également de notre lecture pour faire un petit séjour en Irlande, avec sa campagne dont l’atmosphère est bien décrite dans le roman.

Bref, un joli roman et je suis très surprise de voir que l’auteur est française. Le style, l’écriture, la mécanique du roman lui donne une touche anglo-saxonne ou américaine. Une fin qui amène plein de questions, auxquelles je n’adhère pas, mais la suite est à retrouver dans Hanna, où cette fois encore, Zelda semble avoir un rôle bien important dans la vie de notre jeune femme.

Ma notation :

 J’ai aimé, vite vite la suite….