Archives du mot-clé amour

N’oublie pas de laisser la place à l’inconnu(e), Sophie Villers


Quatrième de couverture:

Des destins qui se croisent sans se voir, des âmes sœurs en quête de l’autre – et la magie de la vie qui reprend le dessus…  Sarah vit à Bruxelles. Lorenz aussi. Elle a perdu l’homme de sa vie. Il pense qu’il ne connaîtra jamais le grand amour. Elle essaye de surmonter le deuil. Il évite tout sentiment. Ils ne se connaissent pas. Mais ils s’écrivent bientôt tous les jours et partagent leurs secrets les plus intimes. La vie leur a joué de nombreux tours. Vont-ils pouvoir faire le chemin vers d’autres lendemains en laissant la place à l’inconnu(e) ?

L’avis d’Audrey :

Une alternance de chapitres, pour nous conter l’histoire de Sarah et Lorentz. Elle est mère de trois enfants, et avec eux, elle a vécu le pire drame qu’une famille peut vivre : il y a deux ans, Marc son tendre époux est mort dans un accident de la route. Deux années d’absence, de souvenirs, mais de questions aussi. Des enfants qui grandissent, qui deviennent presque adultes et la vie qui doit continuer. Mais sa vie de femme peut-elle vraiment continuer ? Comment imaginer passer à autre chose ou « trouver un mec » comme lui dit une de ses filles ? Juste impensable pour Sarah.

Lorentz, tout juste 40 ans, a une vie amoureuse instable, preuve en est avec sa récente rupture. Ses parents désespèrent de ne pas le voir enfin heureux et qu’il n’ait pas trouvé la femme de sa vie. Lorentz derrière son air sûr de lui, macho et libre est en fait un homme sensible et réfléchi. Il réfléchit d’ailleurs beaucoup au livre offert par ses parents pour son anniversaire et à la dédicace que sa mère a laissé: « N’oublie pas de la laisser place à l’inconnu(e) ».

Le destin va justement le mettre sur la route de Sarah, ou plutôt sur le téléphone de la jeune femme. Une application de rencontre va les faire prendre contact. Discussion ou jeu de séduction ? Quoiqu’il en soit, une certaine intimité et confiance va se mettre en place. La jeune femme pourrait bien tomber amoureuse, mais Lorentz, lui, semble perturbé par une inconnue qu’il a croisé à plusieurs reprises.

J’ai vraiment adoré ce roman. J’ai été conquise par l’écriture fraîche, moderne et pleine de douceur de l’auteure. J’ai été happée par son style et par la façon dont elle nous fait entrer dans l’intimité de nos personnages. Le thème du deuil, la façon dont elle parle de la perte de l’être aimé m’a chamboulée. J’étais tellement peinée pour Sarah, et j’ai vécu tragiquement les moments flash back de cette épreuve. Comment ne pas être admirative de cette famille qui dans le pire a su s’épauler et se soutenir. Les personnages secondaires même si plus discrets, ont tous une place très importante dans cette histoire : Olivier l’ami fidèle ou Zelie la mère de Sarah… J’ai lu le dernier quart du roman en trépignant d’impatience, j’avais tellement hâte de savoir si Sarah et Lorentz allaient pouvoir se trouver ou pas ! Si Sarah allait laisser le bonheur et l’amour reprendre une petite place dans sa vie… Alors pour le savoir, lisez ce magnifique roman.

Ma notation :

Une très belle découverte. Je comprends pourquoi Sophie Villers a remporté le Mazarine Book Day 2019 avec ce roman. Vite vite le prochain!

 

Et ton coeur qui bat, Carène Ponte

Quatrième de couverture:

Au Meilleur Ami de l’Homme : un hôtel insolite où devant chaque chambre vous attend un petit chien abandonné que vous pourrez adopter ou non en partant.

Voyag’Elles : un guide touristique « spécial femmes » que Roxane a créé avec son amie Sam, et auquel elle a adjoint un blog irrésistible où elle raconte ses péripéties dans tous les coins de France.

Roxane : en dehors de son blog, une boule de souffrance rongée de culpabilité et de haine envers le responsable de son malheur.

Mais dans l’hôtel où Roxane a décidé de poser ses valises, pour Voyag’Elles, il y a des personnes sages qui, malgré les cruautés du destin, se consolent grâce aux petits bonheurs de la vie… et y trouvent la force d’affronter le lendemain.

L’avis d’Audrey :

Roxane, si tu savais comme j’ai eu envie de te prendre dans mes bras. Quand j’ai fait ta rencontre, je me suis dit que tu étais une femme libre, indépendante et qui vivait ses rêves. Tu as un job plutôt sympa : qui ne rêverait pas d’être payé pour voyager et parler de ses expériences touristiques sur un blog ? Tu es entourée d’une bonne copine Sam, et tu sembles fuir les appels téléphoniques de ta mère. Puis rapidement, j’ai compris que quelque chose clochait. Quelques réflexions, quelques paroles et un sentiment de malaise, de tristesse ambiante se dégageait finalement de toi. Puis quand enfin tu t’es livrée, quand j’ai compris, j’ai frissonné et eu tellement de peine pour toi.

Comme toi Roxane, je me suis senti dans un véritable cocon au sein de l’hôtel Au Meilleur Ami de l’Homme. Un établissement original, où tu feras de si belles rencontres (humaines mais canines aussi). Je ne suis pas fan des chiens, mais nul doute que quelques nuits là bas me feraient changer d’avis. Tu sais que je suis même allée voir sur Google ce qu’était un loulou de Poméranie et que j’ai trouvé cette petite bouille de chien plutôt mignonne. J’ai observé avec malice ta rencontre avec Albane et son père Frédéric. Un père et une fille adorables et accueillants. Que dire de Gwenole, ce vieux monsieur : sa tendresse, sa sagesse et l’excentricité de ses cravates. Je crois qu’il m’a autant touchée que toi, l’amour qu’il porte à sa femme, la résilience et l’abnégation dont il fait preuve sont admirables.

Roxane j’ai été témoin de ta transformation, de ta libération. J’ai senti ta rage, ta douleur mais aussi ton envie de vivre, de pardonner et d’aimer. J’ai aimé chaque moment passé avec toi, et si tu savais comme tu as soulevé tant d’émotions différentes en moi. Tu m’as bouleversée autant que tu m’as fait rire. Quelques scènes ou paroles m’ont décroché des rires exceptionnels.

Alors Roxane, je crois qu’on peut remercier vivement ton auteure, Carène Ponte, de t’avoir donné vie et de nous avoir servi encore une fois un roman qui a le don de nous toucher en plein cœur, de nous faire rire et de nous émerveiller par sa fraîcheur et son écriture moderne et piquante.

Ma notation :

Un très beau roman encore une fois, où les personnages vous montreront que malgré les épreuves de la vie, il faut savoir pardonner et saisir le bonheur qui nous entoure.

J’ai hâte d’être à demain, Sandrine Sénès

Quatrième de couverture:

il était une fois une femme qui se sentait très seule. Elle rêvait d’une belle rencontre. Elle avait une folle envie d’aimer…

L’avis d’Audrey :

187 pages d’anecdotes, de discussions et pensées autour de l’amour, mais pas seulement. La narratrice (l’auteure elle même ou pas?) nous parle d’elle, de ses relations amoureuses, de sa solitude. Elle nous propose plusieurs scènes ou rencontres. Elle nous parle par exemple de Simon, un ancien compagnon qu’elle avait peur de « perdre », de Babar qu’elle croise au tabac, des couples autour d’elle qui ont le don de l’agacer, des hommes qu’elle croise, qu’elle aurait pu aimer mais le destin ou ses principes en ont voulu autrement.

Une succession de scènes, pleines d’humour, un humour grinçant et cynique que j’ai beaucoup aimé. Mais au delà de l’humour, c’est aussi très tendre, percutant et plein de réalisme. J’ai lu ce texte en une petite heure. J’ai ri, j’ai souri, j’ai soupiré. Comment ne pas se prendre d’affection pour ce personnage, pour cette femme pleine d’assurance et pourtant si peu sûre d’elle.

Pour finir, j’ai juste envie de vous parler de deux scénettes qui m’ont particulièrement plu : Imaginez que vous faites vos courses, vous êtes au rayon surgelé, et un homme s’empresse d’ouvrir chaque porte de congélateur vous permettant de choisir vos produits. Pas une fois, ni deux, mais sur l’ensemble de l’allée des surgelés. Une scène digne d’une comédie romantique. Dans ce contexte notre héroïne imagine déjà la belle histoire qu’elle va s’apprêter à vivre. Malheureusement, le prince charmant du congelo est édenté et bedonnant.

Dans un style très différent, j’ai été émue par l’histoire de Magdalaine qui prépare à manger pour son homme chaque midi. Comme chaque jour elle l’attend. Elle cuisine beaucoup, elle cuisine trop. Des casseroles pleine de pâtes, de riz. C’est ce qu’il aime manger son homme. Elle l’attend, chaque midi, depuis 20 ans. Mais ce qu’elle a oublié Magdalaine, c’est qu’il est mort. Pas grave, elle lui préparera un bon plat pour le dîner.

Je vous laisse découvrir le reste et vous délecter du ton et du style bien particulier de l’auteure.

Ma notation :

Une lecture rafraîchissante, drôle et tendre sur l’amour, celui qu’on attend, celui qu’on idéalise.

(Merci aux Editions de L’Iconoclaste pour la lecture)

A l’heure suisse, Charlotte Léman

Quatrième de couverture:

Quand Camille, Parisienne de 32 ans, débarque à Fuchsdorf – petit village suisse – avec ses deux valises pour panser un chagrin d’amour, elle n’a qu’une idée en tête, rentrer au plus vite à Paris.
Entre un pays dans lequel elle n’a aucun repère, des collègues peu accueillants et ses amies qu’elle a laissées en France, dire que les premiers temps sont difficiles est encore en deçà de la réalité. Et pour ne rien arranger, il y a l’énigmatique Nils, aussi agaçant que séduisant, qui a le don de la surprendre dans les situations les plus improbables !
Pourtant lorsqu’elle rencontre Rosa, sa voisine septuagénaire, les choses vont commencer à changer pour Camille. Et si dans le fond c’était elle qui était en train de changer ?
Le bonheur est parfois là où on ne l’attend pas…

L’avis d’Audrey :

Camille imagine que l’invitation dans un luxueux restaurant cache une demande en mariage de la part de Thibaut, son compagnon. Mais c’est la douche froide quand en fait, il s’agissait pour lui de lui annoncer qu’il la quitte. Une rupture qui bouleverse la jeune femme, qui décide sur un coup de tête, de fuir Paris et son ex petit-ami direction la Suisse où elle y a trouvé un poste dans le groupe où elle travaille.

Son installation à Fuchsdorf, à quelques kilomètres de Zurich est assez dépaysante et plonge Camille dans un début de déprime. Il fait froid, sombre, les gens ne sont pas très avenants et en plus elle ne comprend rien à ce qu’ils disent. Quel est ce patois suisse qui lui arrache les oreilles? Elle en est sûre, elle ne restera pas dans ce pays une année entière comme initialement prévu. Heureusement, ses copines sont présentes via une application de discussion pour lui remonter le moral. Elle peut compter aussi sur Rosa, sa voisine de 75 ans, qui devient vite sa confidente. Bien entendu, il va falloir oublier Thibaut, et si une rencontre allait tout changer et faire voir à Camille la Suisse sous un autre angle?

Quel plaisir que ce roman et de passer ce moment de lecture auprès de Camille. J’ai tout de suite été prise d’affection et j’ai adoré cette jeune femme. Touchée par sa détresse sentimentale, ébahie par son culot de tout quitter et par sa façon de s’adapter à sa nouvelle vie, malgré les difficultés et son mal du pays. Elle est pleine d’humour et j’ai beaucoup souri en lisant ses pensées dont l’auteure nous délecte en les insérant au fil du texte en italiques. On a alors vraiment l’impression d’être avec une bonne copine, qui nous confie ses malheurs et bonheurs. Que dire de ses copines de choc restées à Paris, de sa jolie relation avec Rosa, une vieille dame attachante et bienveillante, et des rencontres qu’elle va faire en Suisse et qui vont bouleverser son quotidien. Je crois que j’ai tout aimé dans cette histoire !

C’est un roman frais et divertissant. J’ai ri, j’ai souri, j’ai espéré et moi aussi j’ai râlé après une certaine chipie (pour ne pas être grossière…). L’écriture de Charlotte Léman est très addictive, et ces quelques mois en pays helvète passent à une vitesse folle. Alors oui, il a y de gros clichés, que ce soit sur la Suisse ou les parisiens, mais cela accentue le coté comique de certaines scènes.

J’ai tellement aimé que je vais me procurer d’autres romans de l’auteure, que je vais garder bien au chaud pour lire cet été pendant mes vacances.

Ma notation :

Une pincée de comédie romantique, une autre de feel-good book, un dépaysement géographique, des personnages attachants et vous avez un roman réussi qui plaira à de nombreuses lectrices.

Les roches rouges, Olivier Adam

Quatrième de couverture :

– Faut qu’on se tire d’ici.
– Et on ira où ?
– Je sais pas. T’inquiète. On trouvera.
– Et s’il revient ?
– Eh ben il reviendra.
– S’il s’en prend à tes parents ?
– C’est pas après eux qu’il en a.Qu’est-ce que Leila fout avec moi ?

J’ai tout juste dix-huit ans. Je vis chez mes parents. Je vais plus au lycée et j’ai pas de boulot. Je picole trop et je me bourre de médocs. Comment peut-elle croire que je suis capable de la protéger, de lui offrir quoi que ce soit de plus ou de mieux que son mec ?
Depuis qu’on roule elle m’a pas posé la moindre question. Elle m’a même pas demandé où on allait exactement. Je lui ai juste dit que je connaissais un endroit où on serait pénards. Et ça a semblé lui suffire…

L’avis de Laure :

En 2018, j’avais beaucoup aimé le précédent roman young adult de l’auteur. Et une nouvelle fois, l’histoire de ce roman m’intéressait beaucoup.

Une fois de plus, je suis charmée par les sujets forts que l’auteur traite, comme quoi même adressé aux jeunes adultes, on peut interpeller sur des choses dures. C’est la rencontre d’Antoine, 18 ans, qui a stoppé ses études, cherche un job sans trop le vouloir et vit aux crochets de ses parents ainsi que de Leila, qui a tout commencé trop jeune. A 21 ans, elle se retrouve avec un petit garçon de 3 ans, un conjoint plus âgé qu’elle qui la maltraite et qu’elle voudrait fuir.

La rencontre avec Antoine va forcer les choses à changer. Le conjoint de Leila ne cautionnera ni une séparation, ni d’être trompé. Alors, de par sa relation avec Leila, Antoine se met en danger. Très vite, une seule échappatoire semblera possible pour le jeune couple : la fuite. Une fuite aux airs de magie mais pourtant menacée, ils savent que cet homme fera tout pour retrouver sa femme et son fils. Entre les moments de doux bonheur, comme s’ils étaient en vacances, ils vont se confier l’un à l’autre et on découvre alors le destin rude de ces 2 jeunes gens, qui n’ont été épargnés ni l’un ni l’autre. Je me suis prise d’affection pour le présent qu’ils tentent de construire avec de maigres armes et le peu d’expérience de leur jeunesse.

Et puis, la bulle magique va se briser, ils seront rattrapés par le présent et par cet homme malfaisant et violent. J’ai aimé comme l’histoire tourne au drame, dans l’immédiateté du moment, comment Antoine et Leila vont réagir, sur le coup. Ils seront toujours conscients qu’ils ne s’en tireront pas, que la vie n’est pas miraculeuse et qu’il leur faudra payer. Ils fuient encore, jusqu’au bout, osant espérer à ce qu’ils savent impossible.

On ressort de cette lecture émus et touchés par ce jeune couple à la destinée si chaotique.

Ma notation :

Une jolie découverte.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)