J’ai perdu Albert, Didier Van Cauwelaert

Quatrième de couverture :

« Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. »

Pourquoi, après vingt-cinq ans de cohabitation, l’esprit qui hante Chloé l’a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d’un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d’autant que cet esprit qui s’est mis à le bombarder d’informations capitales et pressantes n’est autre qu’Albert Einstein…

L’avis de Lunatic :

Ce roman est plein de bonne humeur, d’humour et on passe un bon moment ! Les deux personnages principaux sont assez originaux, pour ne pas dire « loufoques ». Et quand je dis 2 personnages, je devrais dire 3, car l’esprit d’Einstein va lier Chloé et Zac, plus qu’il ne l’aurait voulu. Chloé, est devenue riche et célèbre grâce a ses dons de voyance. Ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’Albert Einstein squatte son cerveau depuis son enfance, une cohabitation dont elle s’est bien accoutumée. Et voilà qu’un jour, Einstein décide de migrer dans la tête de Zac, un apiculteur solitaire, qui se serait bien passé de cet invité.

On est d’accord, le pitch semble totalement invraisemblable, mais on oublie vite ce détail et on se laisse prendre dans l’histoire de Chloé et de Zac. J’ai appris plein de petites choses sur Einstein, j’ai bien aimé quand Albert était le narrateur du roman. Un petit roman sans prétention, mais qui se lit très bien. On passe vraiment un bon moment de lecture et c’est l’essentiel.

Ce roman va être adapté pour le cinéma par l’auteur lui même. Stéphane Plaza jouera le rôle de Zac, je trouve qu’il colle parfaitement à l’image que je m’étais faite de lui. Alors à défaut de lire ce roman, vous pourrez découvrir cette histoire sur vos écrans cet automne.

Ma notation :

Une lecture sympa et rigolote! A lire.

 

Merci à l’Agence Gilles Paris et aux Editions Albin Michel pour cette lecture.

 

 

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Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin

Quatrième de couverture :

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

L’avis de Lunatic :

J’ai vu passer ce roman plusieurs fois sous mes yeux avant de percuter que l’auteure était Valérie Perrin. Je vous en avais parlé avec Les oubliés du dimanche

Ce roman m’a mise à terre, il m’a touchée en plein cœur. Il fait partie des textes qui marquent et dont on a du mal à quitter les personnages. C’est difficile de parler de ce roman sans trop en dire, sans trop en dévoiler. Violette Toussaint, garde cimetière est au cœur du roman, mais pas seulement. Autour d’elle gravitent tout un panel de personnages, morts ou vivants, et qui tous à leur manière paraissent tantôt touchants, tantôt agaçants. Ils ont tous leurs faiblesses, leurs failles, leurs secrets.

Revenons en à Violette. Quelle femme! Dès les premières lignes on ressent sa force, sa détermination, pourtant le malheur ne l’a pas oubliée, au contraire. Elle a su « renaître », redonner un sens à sa vie en donnant un sens à la mort des gens. Elle est totalement dévouée à ses morts, ceux de son cimetière. Elle connait chaque tombe, chaque date de naissance et de mort, elle note le déroulement des funérailles dans son cahier pour ne pas oublier, et se retrouve bien souvent malgré elle confidente de ceux qui viennent visiter les défunts. Une vie au milieu d’un cimetière, on pourrait s’attendre à une vie bien triste, et pourtant Violette y a trouvé un renouveau.

Ce roman mixe tout un tas d’émotions, nous faisant passer des rires aux larmes, de la colère à l’incompréhension, de la haine à l’amour, de la résignation à l’espoir. J’avais juste envie de prendre Violette dans mes bras et lui dire que tout irait bien. J’ai été très attendrie par l’histoire d’amour entre Gabriel (inhumé dans le cimetière) et Irène. Une vie à se fuir, à s’aimer, la mort pour s’unir! Comme j’ai pu détester Philippe Toussaint son époux, si distant, si froid, et pourtant…. Valérie Perrin est une magicienne des mots, des sentiments. Son écriture est sublime. J’ai beaucoup aimé la structure du récit, oscillant entre divers narrateurs et diverses époques. Minutieusement, tranquillement, on comprend ce qui a pu tout faire basculer dans les vies de nos personnages. Chaque chapitre est précédé d’une épigraphe tirée de poèmes ou de chansons, des phrases percutantes et dans le ton du roman. Ce roman mériterait une bande originale tant les références musicales sont présentes.

Ma notation :

Un petit bijou d’émotions. Une bien belle lecture.

 

 

Histoire d’@, Laure Manel

 

Quatrième de couverture :

Il est parti sans se retourner vers New-York qui lui tendait les bras. Et l’a laissée dans une incompréhension majeure. Douze ans après, il réapparaît derrière son écran, et commence alors une correspondance par mail, comme une conversation. L’occasion d’évoquer les souvenirs, et de se parler de leur vie. Mais quand le passé ressurgit, comment le présent pourrait-il ne pas être ébranlé ? Un roman épistolaire moderne qui rend hommage à l’amitié, questionne l’amour, et interroge les choix de vie.

L’avis de MadameOurse :

J’avais découvert Laure Manel l’an dernier et je la suis depuis via sa page FB. Elle publie un nouveau roman, La mélancolie du kangourou que j’espère pouvoir lire. En attendant j’ai découvert ici une parution plus ancienne, autoéditée en 2015.

Histoire d’@ se compose uniquement d’échanges de mails entre Mathilde et un homme. Celui-ci ne lui dit pas de suite qui il est quand il commence à lui écrire. Il va s’amuser à le lui laisser deviner. Mathilde ne mettra pas longtemps à comprendre qu’il est cet homme dont elle a été la meilleure amie, une amitié si forte qu’elle leur paraissait indestructible. Jusqu’au jour où…

Ils décident alors de donner une nouvelle chance à leur amitié et commencent à se raconter leurs vies et les années pendant lesquelles ils ont été séparés. Mathilde est mariée à un médecin et vit sur Belle Ile. Lui est « dans une histoire compliquée », juriste sur Paris. Il est question dans ce roman de l’amitié hommes-femmes et des ambiguïtés qui vont parfois avec. J’étais sceptique du traitement de ce sujet. Je n’ai jamais eu d’ami homme et je ne crois pas forcément en la chasteté possible de ces amitiés. Du coup j’appréhendais un peu la suite qui serait donnée à leur histoire, de peur qu’elle tourne vers quelque chose en quoi je ne crois pas. D’autant que très vite, les échanges entre les deux deviennent chargés d’une autre attente, partagée ou non, consciente ou non, est-elle juste un fantasme ?

Ce que Laure Manel a bien réussi ici c’est qu’elle n’a écrit l’histoire de Mathilde et Cyril qu’en mails. Ça se lit extrêmement vite du coup. Et il fallait un peu d’inventivité pour pouvoir tout dire par les mails notamment nous relater à nous lecteurs ce qu’il s’est passé lorsque Mathilde et Cyril ont refait le pas de se revoir « en vrai ».

Ma notation :

Histoire d’@ est une histoire qui interroge sur l’amitié homme femme, la fin en est sensuelle, douce, l’amour est au RDV. C’est un roman qui se lit vite et qui offre une jolie parenthèse.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley

[Duo lecture] Les yeux couleur de pluie, Sophie Tal Men

Pourquoi ce livre :

Cette fois-ci pas de grande histoire à raconter sur le choix de ce roman puisque nous vous en avions déjà bien parlé. Pour ceux / celles qui n’ont pas retenu, suivez le lien.

La couverture :

(MadameOurse) Une image très représentative de la légèreté du roman, parfaitement en accord avec ce qui peut se faire pour d’autres romans feel good. Le jaune de la couverture me plait beaucoup !

(Lunatic) Une couverture sympa, mais je trouve ce ciel bien bleu par rapport à l’image grise de Brest qui est donnée dans le roman.

La quatrième de couverture :

Étudiante en médecine, Marie-Lou est, du jour au lendemain, affectée à Brest. Autant dire le bout du monde pour celle qui n’a jamais quitté sa Grenoble natale. Une nouvelle existence commence alors pour elle, loin des siens, de ses montagnes : il va falloir s’habituer au climat, à la région, à la collocation, aux collègues… Surtout, c’est l’insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans qui vont être confrontées à la dure réalité du monde hospitalier. Une nuit, elle croisera Matthieu, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?
Rencontres, passions, non-dits, péripéties drôles ou dramatiques… un plaisir de lecture, un roman sensible et plein de fraîcheur qu’on ne lâche pas.

Après lecture :

(MadameOurse) Ce petit roman se lit vite. Il m’a amenée à la découverte d’une ville de l’ouest breton, tout à l’ouest tout là bas. Une ville que je connais  déjà fort bien en fait ! Et c’est vraiment rigolo de lire un roman dont on a le cadre si précisément en image. Par contre c’est à double tranchant aussi car on scrute les erreurs… Comme l’odeur de port de pêche à la gare de Brest…. heu …. c’est une gare dans une grande ville, si on veut sentir la marée, le poisson frais, le gazoil des bateaux c’est pas là que ça se passe !

Lorsque Marie-Lou débarque à Brest dans sa nouvelle vie d’interne neurologue au CHU, elle est vite accueillie, on a très vite un nuage de personnages qui se dessine autour d’elle, son installation se fait en douceur. Le roman nous amène à la découverte de sa vie professionnelle, nous plonge dans les fiestas des internes, nous émeut des situations médicales des patients et nous charme par la quête d’amour de ces jeunes étudiants.

Ainsi, Marie-Lou fera connaissance de Matthieu, cousin de sa colocataire et également interne en médecine. Le jeune homme très dragueur aura un comportement tout autre avec elle qui ne comprendra pas trop pourquoi il freine leur relation. Elle n’a qu’une envie c’est de se blottir dans ses bras mais il souffle le chaud et le froid. C’est sympa parce qu’on est là à tourner les pages en se disant « ça y est ? ça y est? ». On guette le moment, on espère fort aux côtés de Marie-Lou lire le début d’une jolie histoire.

L’histoire d’amour viendra mais si tardivement qu’on est déjà à la toute fin du roman. J’ai donc achevé ma lecture avec un goût de trop peu et, forcément, l’envie de me plonger immédiatement dans la suite du roman : Entre mes doigts coule le sable

 

(Lunatic) Je suis bien moins emballée que Madame Ourse par la lecture de ce roman. Il se lit bien, il est mignon, les personnages sont sympas mais je me suis un peu ennuyée quand même. Il n’y a pas d’intrigue, pas vraiment d’histoire. On suit l’arrivée de Marie-Lou à Brest, ses rencontres amicales et on a le droit à quelques anecdotes médicales. Ce point m’a interpellée personnellement, mais j’ai trouvé que peu d’humanité ou de tendresse ressortait de sa relation avec les patients. J’étais intriguée par sa rencontre avec Mathieu, et j’avais bien envie de savoir comment les choses allaient avancer entre eux. Un petit roman idéal pour un moment de lecture léger.

 

Nos deux exemplaires du roman de Sophie Tal Men vont à présent voyager vers d’autres coins de la France et arriveront dans quelque temps dans les boites aux lettres de nos gagnantes qui, on l’espère, passeront un bon moment de lecture avec Marie-Lou et Matthieu, Anna, Farah et les autres…

Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt

Quatrième de couverture :

Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie.

Aussitôt, elle sait.

L’avis de Lunatic :

Je n’aurai sûrement pas acheté ce roman si je n’étais pas tombée dessus à un tout petit prix à une braderie de livres. J’avais lu La liste de mes envies sans être vraiment charmée, et depuis je lisais de tout sur cet auteur : certains adorant sa plume, son style, d’autre se plaignant justement de cela. C’est donc avec ce roman à la 4ème de couverture si concise mais qui en dit tellement que j’ai décidé de me replonger dans l’univers de Grégoire Delacourt.

Ce roman c’est le roman du désir. Le désir qu’éprouve Emma pour Alexandre, rencontré dans une brasserie. Le désir qu’éprouve Emma de connaître un nouveau frisson, une nouvelle passion. Le désir qu’éprouve Emma pour tout quitter, mari et enfants. Le désir de fuir, de s’enfuir, de vivre, d’aimer. J’ai été particulièrement sensible à la manière dont l’auteur fait parler une femme, c’est très juste, très beau. Une écriture pleine de poésie, douce et qui m’a touchée. Mais en même temps, tout le récit n’est que lenteur et répétitions de phrases, de sentiments qui m’ont par moment lassée. Puis le roman prend un tournant inattendu, un tournant qui fait mal, qui blesse, le tout décrit à nouveau avec justesse mais qui tombe à nouveau dans l’ennui. Puis enfin la dernière parti du récit qui donne tout son sens à l’histoire, et en fait un bon roman.

Mon avis est en fait assez contradictoire : j’ai aimé ce roman pour sa poésie, la beauté des mots, la description de la lassitude dans son couple et de ce désir qui consume Emma mais en parallèle, le style de l’auteur m’a ennuyée et gonflée par moments. J’avoue avoir sauté quelques passages, qui n’ont eu aucune incidence sur ma compréhension de l’histoire. Grégoire Delacourt met en écho à ce récit la nouvelle La chèvre de Monsieur Seguin, joli clin d’œil que j’ai trouvé pourtant sans intérêt pour ma part. J’ai aimé ce roman car il m’a imposé des questions, des questions sur ma vie d’épouse, sur mes envies, mes désisr. Des questions qui chamboulent, en ce sens ce roman est réussi pour moi. Un roman triste et beau à la fois. Un roman qui fait pleurer et sourire. Bref, un roman plein de contradictions!

Ma notation :

Un roman plein de poésie mais qui peut déstabiliser!