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[Duo lecture] Celle qu’il attendait, Baptiste Beaulieu

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Parce que Baptiste Beaulieu. Tout simplement.

(Laure) Oui pour l’auteur ! Et parce que je garde un souvenir inoubliable de son précédent roman.

La couverture :

Ebook pour IG (15)

(Laure) Poétique, lumineuse, colorée, elle correspond très bien à cette histoire.

(Audrey) Douce et sensible, à l’image de l’auteur et du roman.

La quatrième de couverture :

Eugénie D déborde d’imagination et de projets farfelus pour s’isoler d’un monde qui l’effraie. Elle sait les hommes prompts à arracher les ailes des femmes.
Joséphin, chauffeur de taxi mutique, est né dans un pays en guerre. Il charrie sa maigreur et sa méfiance des hommes. Pour oublier sa mélancolie, il tourne la terre sous ses mains à l’infini.
Leurs vies basculent quand ces deux empotés magnifiques se croisent sur un quai de gare.
Une rencontre improbable, une histoire d’amour hors du temps.

Après lecture :

(Audrey) Prêt à lire une histoire d’amour totalement différente de tout ce que vous connaissez ? Prêt pour partir à la rencontre de deux personnages originaux, singuliers et à fleur de peau ? Alors arrêtez tout, et laissez vous portez par les talents de conteur de Baptiste Beaulieu.

Joséphin et Eugénie n’ont rien en commun, ils auraient pu ne jamais se croiser, et pourtant, c’est sur un quai de gare que tout commence entre eux. Ils s’observent, se fuient, se manquent afin de mieux se trouver. Ces deux là s’attirent, ils sont complémentaires. Et c’est le début d’une folle aventure amoureuse, pleine de poésie, de douce passion et de découverte.

Eugénie est une femme fragile, qui craint les hommes, qui craint les gens en général. Elle déborde d’idées fantaisistes. Joséphin m’a semblé plus terre à terre, marqué par une trajectoire trouble dans un pays en guerre, même s’il ne manque pas de magie dans son quotidien. Ils ont tout les deux une vision de la vie qui ne ressemble en rien à celle des gens lambda. Et c’est surement pour cela qu’ils étaient fait pour s’aimer.

Baptiste Beaulieu m’a pas mal surprise avec ce roman. Il nous livre un texte atypique, nous dressant le portrait de deux personnages extraordinaires. J’ai été désarçonnée par la narration du roman, qui a un peu haché ma lecture. Rapidement j’avais l’impression de lire du Boris Vian. L’originalité des personnages, l’excentricité de certaines scènes, les inventions d’Eugénie et les listes folles de nos personnages m’ont vraiment plongée dans un univers à part. Les métaphores, la poésie, les symboliques utilisées donnent vraiment un coté merveilleux au roman.

J’ai d’abord été agacée pendant ma lecture. Je ne comprenais pas ce qu’il nous décrivait. J’ai trouvé dans un premier temps les personnages un peu niais, sans saveur. Puis ils ont su me saisir finalement. J’ai mis du temps à entrer dans son univers, à me laisser charmer par ces personnages. J’aurai du lâcher prise plus tôt, ne pas résister à l’appel poétique et fabuleux de cette histoire. J’ai lu le dernier quart du roman avec une boule au fond de la gorge. Je l’ai refermé les larmes aux yeux avant d’aller me coucher. Et je me suis surprise à rêver de Josephin et d’Eugénie. A mon réveil je ne pensais plus qu’à eux, avec l’impression d’avoir raté quelque chose et avec la ferme intention de relire ce roman, en me laissant planer dès les premières lignes pour cette fois ci ne pas rater un seul instant de leur histoire.

Vous l’aurez compris. Un sentiment très particulier avec cette lecture. Ce roman, à l’image de ces personnages, ne ressemble à rien à ce que l’on a l’habitude de lire. Une expérience de lecture originale que je vous conseille fortement. Partez à la rencontre de Josephin et Eugénie pour être bouleversés à votre tour!

(Laure) Baptiste Beaulieu va vous surprendre avec ce nouveau roman ! On sort des codes du roman traditionnel et on part vers un univers poétique, fantaisiste, magique. Eugénie m’a fortement fait penser à Amélie Poulain et le texte m’a donné l’impression de lire Mathias Malzieu. Cette histoire est originale et atypique. 

C’est l’histoire d’un amour mais racontée si différemment. J’ai été charmée par cette plongée dans un univers bien particulier, charmée par cette rencontre avec des personnages originaux. On retrouve ce qui fait l’univers de Baptiste Beaulieu et les combats qui l’animent. Ainsi, il va ici transmettre un message contre la grossophobie, un message d’amour pour son corps quel qu’il soit et il encourage en ce sens à se défaire du regard de la société.

– De quelle couleur c’est, un baiser? dit-il.

– Bleu comme une framboise, répondit-elle sans réfléchir.

Dans cette histoire fabuleuse, pleine de mystère, je me suis laissée porter, me disant que je comprendrai les détails par la suite. Si j’ai aimé cet univers et su m’y transporter, j’ai moins adhéré au message féministe qui arrive à la fin du roman. Mais c’est la difficulté des romans qui ont une part engagée, on ne partage pas toujours pleinement la vision sur une thématique précise. Néanmoins, si vous connaissez Baptiste Beaulieu, l’homme, ses combats, vous le retrouverez pleinement ici et vous ne serez donc pas surpris des contenus qu’il nous livre. Je l’ai beaucoup retrouvé dans ce roman où il est sincère, il est lui et il nous livre une histoire d’amour unique, atypique et originale.

Un été en hiver, Solène Hervieu

Quatrième de couverture :

Julia, la trentaine, ronde et pétillante, s’ennuie à mourir dans l’austère agence de voyage où elle travaille. Elle se contente de vendre des destinations de rêve à des clients, sans jamais partir elle-même. La jeune femme a pourtant envie d’aventure, d’amour, de frissons. Une petite annonce pour un nouveau job change tout : elle devient « testeuse de voyages » pour évaluer des destinations et des circuits sur les cinq continents.

L’avis d’Audrey :

En cette période de restriction de déplacements, ce roman va vous faire voyager. De jolis voyages en compagnie de Julia, une jeune femme qui se lasse de son boulot dans une agence de voyage, qui répond à une annonce pour devenir testeuse de voyages. Après tout, rester derrière son ordinateur à conseiller des clients et à subir le silence et l’ennui de ses collègues ne l’intéresse plus.

Fraichement arrivée dans cette nouvelle agence, Julia trouve rapidement sa place au sein d’une équipe dynamique et pleine d’enthousiasme. Ses collègues présentent tous des profils différents, avec pour point commun, la sympathie. Parmi eux, elle remarque surtout l’un d’entre eux, Aymeric,  dont le charme ne la laisse pas indifférente. C’est lors d’un premier séjour à Glasgow qu’elle tente de mieux faire connaissance avec lui. Même si c’est un job sympa, malheureusement elle ne peut pas toujours faire équipe avec lui. Et la voilà embarquée pour une croisière avec un collègue devant faire office de « mari », sauf que notre Julia ne se retrouve pas en binôme avec la personne désirée.

Un roman très frais et divertissant, dans lequel la protagoniste va pouvoir s’épanouir et s’ouvrir aux autres. J’ai aimé le coté convivial et amical de ce groupe de collègues. On jalouserait presque Julia d’être si bien entourée. Même si la jeune femme semble manquer de confiance en elle, j’ai trouvé qu’elle usait de pas mal d’humour et de répartie avec quelques scènes que j’ai beaucoup appréciées. On comprend vite qu’elle s’est trompée de cible en craquant pour Aymeric et on se délecte du jeu du chat et de la souris auquel elle se prête avec son binôme de croisière.

Ma notation:

Vous l’aurez compris, une comédie romantique sans prise de tête, qui permet de s’évader le temps de la lecture.

Face à la mer immense, Lorraine Fouchet

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Quatrième de couverture :

En devenant romancière, Prune ignorait qu’elle serait aussi marieuse. Pourtant, grâce à l’un de ses livres, un couple va s’unir à Groix. Et elle est conviée à la noce. Elle qui s’était juré de ne plus jamais remettre les pieds sur l’île accepte. Il est peut-être temps de cesser de fuir. Sur place, fuir sera de toute façon impossible : une tempête retient les bateaux à quai. Les invités vont devoir se supporter plus longtemps que prévu… advienne que pourra !

L’avis d’Audrey :

Fleur et Merlin, à l’aube de la quarantaine se rencontrent, s’aiment et malgré deux ados, et un lourd passé sentimental comme bagages, ils décident de s’unir. Ils demandent à Prune, auteure d’un roman qui les a réunis d’être en quelque sorte la marraine de cette union. Ils veulent offrir à chaque invité ce roman dédicacé, et souhaitent qu’elle soit de la fête. Seulement la cérémonie a lieu sur l’île de Groix, lieu du roman mais surtout un endroit où Prune ne souhaite pas remettre les pieds. On sent bien qu’elle y a laissé des souvenirs malheureux.

Pourtant, elle est bien présente sur le bateau qui amène les futurs mariés et les invités sur l’île. Elle saura se fondre parmi eux, retrouver par hasard une ancienne connaissance et faire de nouvelles rencontres. Un weekend chargé en émotions, en souvenirs et remise en question pour Prune, mais aussi pour de nombreux autres personnages du récit. Alors quand une tempête bloque tout ce petit monde un jour de plus sur l’île, on se demande ce qu’il va bien pouvoir se passer pour le groupe.

Un roman choral comme Lorraine Fouchet sait si bien en faire. Des chapitres qui alternent les voix et on rencontre toute une galerie de personnages, mêlant les générations et les caractères. Tous aspirent à être heureux, à se libérer d’un passé douloureux voir dévastateur. Ce weekend sera peut-être le moment idéal pour se livrer, faire éclater quelques vérités et oser lâcher ce qui les minent depuis tant d’années pour certains. Pour les plus jeunes, c’est aussi le moment de s’affirmer.

J’ai trouvé qu’aucun personnage n’était plus important qu’un autre. J’ai aimé cela, l’idée que tous avaient un rôle à jouer, apportaient quelque chose à l’intrigue et au déroulé de ce séjour. Ils sont tous attachants à leur manière et à travers eux, l’auteure peut traiter plusieurs thèmes comme les relations parents/enfants, la perte d’un enfant, l’homosexualité, les recompositions familiales, la fin de vie… Prune, ressemble sur de nombreux points à Lorraine Fouchet. Je me suis forcément interrogée au fil de ma lecture sur la part de fiction et de réalité entre elle et son personnage. Après tout, l’idée de ce roman vient bien d’une réelle demande de dédicace de roman pour un couple qui va se marier en septembre prochain.

Ma notation:

Un nouveau voyage sur L’île de Groix grâce à la plume délicate de Lorraine Fouchet. Que demander de plus pour être heureux que ce petit morceau de bonheur et d’évasion.

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Un grand merci à Aurélie de m’avoir offert ce livre, et je vous invite à aller lire son retour de lecture sur son blog

 

La lumière était si parfaite, Carène Ponte

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Quatrième de couverture :

Comment sa vie a-t-elle pu lui échapper à ce point ? Devenue mère au foyer à la naissance de ses enfants, Megg fait face aujourd’hui à une ado en crise qu’elle ne reconnaît plus. Son mari ne se préoccupe guère des tâches quotidiennes. Et puis il y a eu le coup de grâce, cette saleté d’infarctus qui a fauché sa mère avant l’heure. Tandis qu’elle se résout à vider la maison de son enfance, Megg déniche une pellicule photo qui l’intrigue, et décide de la faire développer. Rien ne pouvait la préparer à la série de clichés qu’elle découvre alors… Une révélation qui bouleversera sa vie. Partie sur les traces d’un passé maternel dont elle ignore tout, Megg ne se doute pas que c’est son avenir qu’elle est en train de reprendre en main.

L’avis d’Audrey:

Vous êtes mère de famille ? Vous vous sentez un peu (voire beaucoup) dépassée par le quotidien ? Vous enchainez dans la même journée les courses, la cuisine, les papiers, l’école, les caprices ou autres demandes farfelues de vos enfants et de votre cher et tendre et surtout vous n’avez plus le temps de penser à vous ? Alors vous ressemblez à Meg, l’héroïne de ce roman.

C’est le quotidien de Meg, et ajoutez à cela le décès de sa maman survenu il y a quelques mois et des relations très tendues avec Lalie, son adolescente de fille, on comprend vite qu’elle a tout pour péter un plomb. Pourtant elle reste debout, malgré quelques crises de larmes et moments de détresse.

Heureusement, elle peut compter sur sa voisine Romie, une jeune femme volubile et pétillante, toujours prête à lui changer les idées. Romie a le don de s’imposer dans de nombreuses circonstances, et elle sera présente d’ailleurs lorsqu’en vidant le grenier de la maison de ses parents, Meg va tomber sur quelques photos qui vont la bouleverser et lui faire voir sa mère sous un angle nouveau. Passé le choc, les questions affluent. Vient le moment de prendre quelques jours pour répondre à ces interrogations. La voilà prête… ou pas, pour un road trip vers la Bulgarie avec Romie. Elle embarque avec elle également sa fille, pensant qu’il est grand temps de renouer avec elle.

Quelle joie de retrouver la plume de Carène. J’ai dévoré ce roman. Dès les premières lignes, je pense que beaucoup de mères/épouses ne pourront que s’identifier à Meg. L’auteure a le don de nous livrer des personnages véritables, qui nous ressemblent, qui vivent comme nous, avec les mêmes préoccupations et les mêmes bonheurs.

Un roman qui mêle plusieurs histoires à travers le personnage de Meg. Sa relation mère/fille compliquée avec Lalie, mais aussi la relation qu’elle avait avec sa propre mère. Une relation fusionnelle qui lui manque tant. Mais c’est aussi l’histoire d’un couple, du quotidien avec Stéphane, après 20 ans de relation. Un couple qui s’étiole, des gestes d’amour plus discrets, plus rares. Les événements qui arrivent, c’est aussi pour Meg le moment de s’interroger sur sa place de femme, sur ses envies, ses propres aspirations et la façon d’être peut-être davantage heureuse.

J’ai aimé toute les émotions qui se dégagent de l’histoire. L’auteure alterne entre passages très touchants qui contrastent avec d’autres plus légers et marrants. Une scène du roman m’a beaucoup émue : elle est décrite avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité, réussissant à m’embuer les yeux.

Ma notation:

Pas de mauvaise surprise avec ce roman de Carène Ponte. Encore une fois un excellent moment de lecture qui divertit, fait sourire, met du baume au cœur et illumine pour un temps un quotidien morose.

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(Merci à Estelle des éditions Fleuve pour cette lecture)