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Les corps conjugaux, Sophie de Baere

Quatrième de couverture :

Fille d’immigrés italiens, Alice Callandri consacre son enfance et son adolescence à prendre la pose pour des catalogues publicitaires et à défiler lors de concours de beauté. Mais, à dix-huit ans, elle part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans ? Portrait de femme bouleversant, histoire d’un amour fou, secrets d’une famille de province : ce texte fort et poétique questionne l’un des plus grands tabous et notre part d’humanité.

L’avis de Laure :

La vie d’Alice aurait pu être celle d’une femme lambda. Élevée par une mère qui fait d’elle une starlette de beauté suite au départ du père, elle mène une enfance à part, sûre de sa destinée. Et puis, l’âge adulte arrivant, elle va rompre avec ce chemin tout tracé, réfléchir à la vie que sa mère lui destinait et partir sur sa propre route. A Paris, elle rencontre Jean, son évidence, une relation forte, fusionnelle et intense, un mariage, un enfant.

Qu’est-ce qui pouvait laisser présager que tout cela volerait en éclats, du jour au lendemain ? C’est pourtant bien ce qu’Alice va faire, abandonnant soudainement mari et enfant, fuyant sans laisser d’adresse et poursuivant sa vie pendant des années, loin de toute relation sociale, sous une fausse identité. Elle vous parait affreuse Alice vu comme ça non ? Sauf que nous lecteurs, avons l’autre facette de l’histoire. Nous saurons dès le début pourquoi Alice part. Comment ne pas la comprendre ? Elle vient d’apprendre l’inimaginable. Sa réaction me semble assez compréhensible, saine je ne sais car elle laisse quand même aussi sa fille derrière elle. Mais qu’elle ait rompu ainsi, du jour au lendemain, je le comprends.

Sophie De Baere dresse ici le portrait d’un tabou, un élément fort qui va venir bousculer la vie de nos personnages. Jusqu’à les mener au drame. En soi, vraiment, j’ai apprécié ce roman pour le thème mis en avant. Mais si j’ai compris Alice, je n’ai pas vraiment compris les réactions des autres personnages, ce côté moralisateur, ce regard haineux, ce jugement immédiat, cette répulsion. Est-ce moi qui ai une image différente d’Alice ? Que je vois plutôt comme une victime collatérale qu’une fautive ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr en tout cas c’est que je n’ai vraiment pas adhéré aux réactions des uns et des autres et que je trouve que ce sont eux les responsables, les créateurs de haine qui vont mener la famille au drame. Et c’est bien triste pour l’image que cela donne de notre société moralisatrice. Mais elle est vraiment comme cela notre société, malheureusement.

J’ai aimé ce roman et en même temps il ne va pas me marquer, j’aurais aimé qu’il pousse la réflexion un peu plus loin, plutôt que cette image du Mal, ce jugement qui est à mes yeux non pas infondé mais en tout cas dramatiquement maladroit; j’aurais aimé qu’il en fasse une leçon positive de vie pour nous lecteurs. J’aurais aimé aussi que l’auteure prenne le temps de développer un peu plus l’histoire d’amour entre Jean et Alice qui est le cœur du roman. Elle parle beaucoup de leurs 2 corps qui se sont trouvés, d’un désir réciproque jamais satisfait mais le sentiment amoureux quant à lui m’a semblé moins développé.

Ma notation :

Un roman intéressant pour le sujet tabou mis en avant mais je n’ai pas adhéré à la façon dont il est traité.

(roman lu en partenariat avec Netgalley)

La voix d’Alice, Alice Peterson

 

Quatrième de couverture:

Tom tombe amoureux d’Alice dès le premier regard. Véritable rayon de soleil pour tous les gens qui l’entourent, Alice semble avoir tout pour être heureuse. Mais elle est différente des autres. Atteinte de la mucoviscidose, sa vie n’est qu’une suite de complications et d’incertitudes. Or, Alice refuse d’être prise en pitié. Tout ce qu’elle veut depuis toujours, c’est chanter ! Rêve qu’elle est bien déterminée à réaliser malgré les autres, les obstacles et la vie.

L’avis de Lunatic :

Quand le courage, le talent et l’amour sont plus forts que la maladie : dès les premières pages de ce roman, on sait que l’issus sera dramatique, et on lit ce roman le cœur serré. Je me suis laissée charmer par Alice et le personnage de Tom. Elle est courageuse, forte et pleine d’espoir. Elle n’aspire qu’à une chose, devenir chanteuse. Un projet fou quand on sait qu’elle est atteinte de mucoviscidose, lui laissant peu de souffle pour respirer. Tom lui est plein de douceur, de sagesse et d’admiration envers Alice. Il aurait pu fuir, mais il a choisi de rester et d’aimer Alice malgré la maladie.

Malgré ce thème très difficile de la maladie, le roman ne tombe jamais dans le pathos. Tout est savamment dosé pour faire passer l’émotion sans tomber dans le larmoyant inutile. Le style de l’auteure est très agréable à lire, et l’on ne distingue pas ce qui relève de la biographie ou de l’invention. Car oui, l’histoire d’Alice est vraie. J’avoue que je ne connaissais pas la jeune chanteuse qui a inspiré le roman et j’ai alors accompagné ma lecture de ses titres sur Youtube. Indispensable à la lecture du roman pour encore mieux s’imprégner de son histoire.

Ce livre est aussi important car il nous éclaire sur le quotidien des malades. On saisit alors les difficultés, les douleurs et les peurs. C’est une mise en lumière importante je pense. Mais j’ai surtout apprécié le message essentiel du roman : croire en nous, tout accomplir pour réaliser ses rêves ! Ne laisser personne nous dire que ce n’est pas possible. Se battre, travailler, chuter et se relever pour y arriver. Alice est un vrai modèle de ténacité et de courage !

L’auteure donne une belle place à la famille et aux proches de notre héroïne. On peut lire en parallèle du récit, des passages du journal intime de sa mère. On se rend compte à quel point le soutien et l’amour des siens l’a aidée pour réaliser son rêve.

Le final du roman, que l’on craignait, est chargé d’émotions. J’ai lu le dernier chapitre le cœur déchiré, sans voix, les larmes sur les joues. Un roman époustouflant, enchanteur et nul doute qu’Alice hantera mon cœur de lectrice pour quelques temps.  Comment ne pas penser à Gregory Lemarchal en lisant ce roman. Touché par la même maladie, il a lui aussi pu réaliser son rêve et avec quel talent et générosité.

Vous allez dire que ça ne me regarde pas, Alex Riva

 

Quatrième de couverture:

Depuis le décès de Jeanne, son épouse, Pierre a fait du « Café Saint-Honoré » sa deuxième maison. Non content d’y observer les clients, ce psychiatre à la retraite aime prendre la liberté de leur apporter son assistance affective, comme il la qualifie, après les avoir abordés avec son habituel « vous allez dire que ça ne me regarde pas… ». Être à l’écoute, prodiguer des conseils, mettre des mots sur les maux, tel est son credo pour aider ceux qui retiennent son attention.

L’avis de Lunatic :

« Vous allez dire que ça ne me regarde pas… « : C’est ainsi que Pierre aborde les gens au café St Honoré où il aime observer les gens, essayer de comprendre leur détresse et discerner les personnalités.  Il met ainsi ses compétences de psychiatre à la retraite pour aider ces gens qui n’ont rien demandé. Une habitude qui exaspère Antoine, son fils. Pierre vit seul depuis le décès de Jeanne son épouse. Et sa tranquille solitude va être perturbée par l’arrivée de Léa, sa petite fille qu’il a choisi d’héberger, à Paris, le temps de ses études. Léa est la fille d’Antoine, et pourtant les relations sont très compliquées entre eux. Il est loin d’être le père idéal ! D’ailleurs est-il seulement un père? Autour de Pierre, gravitent d’autres personnages, qui font eux aussi la force du roman : Amélie, sa petite protégée auquel on ne peut que s’attacher, Gérard le patron du café ou encore une femme mystérieuse qui semble familière à Pierre alors qu’il ne pense pas la connaître.

L’arrivée de Léa va chambouler le quotidien de notre retraité. Mais lorsque cette dernière lui parle de carnets intimes que Jeanne écrivait et qu’il en prend connaissance, tout s’effondre ! Il se sent trahi, il a l’impression que toute sa réalité n’est que mensonge. Que peuvent bien cacher ces écrits?

J’ai beaucoup aimé dans ce roman la lumière qui est mise sur les liens de famille difficiles, l’idée d’une filiation compliquée et la difficulté qu’ont nos personnages à se dire qu’ils s’aiment. J’ai eu un peu de mal avec le personnage d’Antoine, le mal qu’il a fait à Léa et qu’il continue à lui faire d’ailleurs. A l’inverse, j’ai trouvé l’affection que vont se porter Pierre et la jeune fille très touchante. Et Léa, ce petit bout de femme peu sûre d’elle qui s’essaie à l’amour. Alex Riva n’aura pas été tendre avec elle ! Pendant ma lecture je lui souhaitais vraiment le meilleur, espérant qu’elle tomberait sur le bon.

L’écriture est douce, pleine de bienveillance et porte les personnages vers plus de douceur et de bonheur. L’auteure dit qu’elle aurait aimé rencontrer un homme comme Pierre dans un café, et je crois bien que chaque lecteur après avoir lu ce roman aurait envie d’un Pierre près de lui !

Ma notation :

Des personnages attachants qui font de cette histoire un joli moment de bonheur.

Toutes les femmes de ma psy, Maximin Gourcy

 

Quatrième de couverture:

Selon Arthur, tout le monde devrait consulter. Sauf lui.Pourtant, entre sa compagne qui ne le voit plus, sa mère qui le harcèle après l’avoir abandonné, une amitié qui s’étiole, son insatiable ennui au bureau, son aversion pour les hommes, le bug de l’an 2000, et son premier amour qui n’a jamais cicatrisé, il ne manque pas de problèmes à régler.Lorsque son amie, Sarah, dont le couple est au bord de l’implosion, lui ordonne de montrer l’exemple et de se lancer dans une analyse, Arthur cède. Sa rencontre avec une étonnante psychologue lui apprendra comment se connecter à ses émotions, et bouleversera les rapports qu’il entretient avec toutes les femmes de sa vie.

L’avis d’Audrey:

Arthur est une jeune homme qui semble pas à l’aise dans sa peau, dans sa vie et qui semble traîner quelques blessures du passé. Lorsque son amie Sarah lui annonce que plus rien ne va dans son couple et qu’elle souhaite divorcer il lui conseille de faire une thérapie. Une idée loin de plaire à Sarah, qui lui renvoie la balle en lui disant qu’il n’a qu’à voir quelqu’un lui aussi.

Arthur la prend au mot, et se lance à la recherche d’un psy afin de convaincre son amie. Le voilà alors à la recherche du psy parfait, mâle de préférence, car entre hommes on se comprend mieux. Mais c’est un échec cuisant. Notre jeune homme, doté d’une sensibilité féminine et vivant entourée de femmes, finit par tenter l’expérience avec une femme et bingo. Il tombe sur Ana avec qui il entreprend un travail de thérapie.

C’est alors le moment de se dévoiler, de parler de lui et des femmes de sa vie : de Laure, sa compagne pour qui il semble invisible. Hyperactive sportivement et professionnellement, ces deux là sont davantage colocataires qu’amoureux. D’Isabelle, sa collègue et confidente. De sa mère, avec qui les relations sont compliquées. De son premier amour, qui a eu une importance folle dans sa vision de l’amour. Bref, Arthur se voile la face ! Ce n’est pas pour convaincre Sarah qu’il se livre ainsi, c’est pour lui. Et ce travail d’introspection et de confidences va en quelque sorte le libérer !

J’ai tout de suite adhéré au style d’écriture de l’auteur. Ça se lit bien, les personnages sont dépeints avec beaucoup de justesse et de réalisme. Comment ne pas s’attacher à Arthur, ce gars un peu paumé et en détresse ! J’ai aimé le coté initiatique du récit et toutes les questions qui s’imposent aux lecteurs également. Car impossible de finir ce roman sans faire un travail sur nous même. Un texte réussi et soigné, agréable à lire. Que demander de plus ?

Ma notation :

Une jolie découverte et j’ai aimé suivre l’évolution d’Arthur. Un roman que je verrai parfaitement rejoindre une maison d’édition que j’affectionne beaucoup, Eyrolles, tant les thèmes traités collent à l’image de leur collection.

Vous faites quoi pour Noël?, Carène Ponte

Quatrième de couverture:

Plongez Pauline dans une fête de Noël très arrosée au bureau. Pimentez d’un dérapage torride dans le parking de son immeuble avec Hervé, l’assistant du DRH. Ajoutez un enregistrement de vidéosurveillance. Et vous comprendrez que Pauline peut dire adieu à ses vacances pépères, genre siestes en pyjama licorne.
L’urgence : se rapprocher de celui qui détient la vidéo si compromettante pour sa réputation, le séduisant gardien de son immeuble ! Celui-ci lui propose un marché. En tout bien tout honneur. Pauline n’a d’autre choix que d’accepter, mais sait-elle vraiment ce qui l’attend ?

L’avis de Lunatic :

Vous aimez les téléfilms de Noël ? Contrairement à d’autres, vous trouvez que novembre n’est pas trop tôt pour les diffuser? Vous crevez d’envie d’installer votre sapin et vous fredonnez des chants de noël, alors foncez en librairie achetez ce nouveau roman de Carène Ponte ! Si à l’inverse, Noël vous file des boutons, c’est pas grave, je suis sûre que vous succomberez quand même au charme de Pauline et David.

Pauline a besoin de toute urgence d’effacer les vidéos de surveillance de son parking : elle y a échangé plus que des baisers avec un collègue de travail après une soirée au boulot trop arrosée. Avec ses amis, ils fomentent tout un plan qui ne mènera à rien. Seule solution, expliquer la vérité à David, le jeune concierge (au passage très séduisant). Il accepte de lui venir en aide, en échange d’un service : passer les fêtes de Noël dans sa famille, avec lui. Pauline hésite puis accepte. Après tout, ça ne doit pas être si terrible !

Bienvenue à Santa-les-Deux-Sapins, chaleureux village de montagne. David y retrouve sa mère, organisatrice hors pair de Noël, sa sœur enceinte, et Donovan son frère avec qui les relations sont assez froides. Pauline est présentée comme sa fiancée et tout le monde semble conquis par la jeune femme. Pauline rentre dans son personnage, et oui, tout est clair depuis le départ, on imagine forcément une issue favorable pour notre faux couple, mais l’essentiel réside dans toutes les péripéties et aventures marrantes que va vivre Pauline. J’ai beaucoup aimé cette jeune femme, pleine de répartie et avec un humour si particulier propre à Carène Ponte. On se prend vite d’affection pour cette famille tendre et rigolote.

C’est doux, c’est mignon et plein de bienveillance. Et même si le récit accumule pas mal de clichés sur Noël, et que le décor semble si peu réaliste, j’ai adoré. On y retrouve la magie des comédies romances de Noël, ce petit pincement au cœur, ce même plaisir. J’ai refermé ce roman avec l’envie de préparer des cookies et de chanter avec mon fils des chansons de Noël. Un feel good ponctué d’humour comme j’aime et merci à Carène Ponte de m’avoir fait tellement de bien !