Tous les articles par lunatic

De joie coulent les larmes, Lena Walker

 

Quatrième de couverture :

Juriste sans entrain dans un cabinet d’avocats, Romy Bavarois rêve depuis sa plus tendre enfance de présenter le journal télévisé de la plus grande chaîne de France. Au décès de son grand-père, elle décide sans regret de tout quitter et de s’installer chez sa grand-mère à Saint-Tropez. Acceptant un emploi saisonnier de vendeuse de soufflés tropéziens, Romy se laisse vivre jusqu’au jour où elle rencontre Jean-Luc, le médium des stars. Lui fera-t-il des révélations décisives sur son avenir ? Aura-t-elle enfin l’électrochoc qu’il lui fallait pour sortir de sa douce léthargie et prendre son destin en main ?

 Ma notation :

Un roman très divertissant, une héroïne sympathique. J’ai pris plaisir à lire ce roman.

(Merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture)

 

 

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Tout le bleu du ciel, Melissa Da Costa

Quatrième de couverture :

Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.

L’avis de Lunatic :

Émile, pas encore trentenaire, est atteint d’une maladie rare dont le symptôme majeur est un Alzheimer précoce. Il refuse l’essai clinique qui lui est imposé et décide de prendre la fuite, refusant d’être un poids pour ses proches. Il part , sans prévenir ses parents, sa sœur Marjorie, ayant juste mis vaguement dans la confidence son ami Renaud. Le voila parti en camping-car récupérant au passage, Joanne, une jeune femme ayant répondu à sa petite annonce, dans laquelle il disait rechercher une compagne pour son ultime voyage. Joanne est une femme mystérieuse, renfermée, quasi mutique. On comprend vite qu’un mal-être la ronge, et qu’à l’instar d’Émile, elle fuit également une situation, une personne ou un passé difficile.

Doucement, lentement, ces deux êtres perdus, en souffrance, vont apprendre à se connaître, vont s’apprivoiser. Après un petit temps de méfiance, tout devient léger entre eux, comme une évidence. Ils vont chacun devenir indispensables à l’autre. Au fil des routes, des villages, des montagnes et autres chemins de randonnée, les souvenirs d’Émile lui revienne en flashback. On découvre alors sa vie d’avant, l’échec de sa relation avec Laura, son amitié avec Renaud, ses moments de famille. Avec plus de difficulté, et bien plus tard dans le récit, Joanne se dévoile à son tour. Et j’ai été très ébranlée par ce petit bout de femme, que la vie n’a pas épargnée. Elle est dotée d’une telle force, d’une telle résilience !

Même si l’on espère une issue favorable pour Emile, tristement les symptômes prennent de l’ampleur. Les oublis sont fréquents, les absences. Et l’on ne peut qu’être admirative de Joanne, qui veille sur lui, le protège et lui a fait la promesse d’être là jusqu’au bout, la promesse de ne surtout pas le ramener auprès des siens. Comme un pied de nez à la mort qui rode, notre duo profite de la vie, de la nature, des autres, sont joyeux et heureux malgré une mélancolie ambiante. J’ai été totalement saisie par le final du roman. L’auteure m’a embarqué, j’ai lu les 35 dernières pages, en larmes, dévastée par un dénouement à la fois triste et pourtant synonyme de tellement d’espoir.

Lire ce roman, c’est aller à la rencontre de plusieurs personnages sincères et humains. Lire ce roman, c’est surtout aller à la rencontre d’Emile et de Joanne, deux personnages que vous ne serez pas prêt d’oublier. Lire ce roman, c’est se faire une petite place dans leur camping-car le temps d’un voyage inoubliable et marquant. C’est regarder les étoiles avec eux, frissonner, rire, pleurer, avoir peur, souffrir, désirer. Lire ce roman, c’est se prendre une bouffée d’espoir, d’amour. Une véritable ode à la vie, à la vie qui continue malgré tout, à la vie qui grandit.

L’écriture de Mélissa Da Costa est pleine de sensibilité, de maturité. Un récit tout en langueur. Mais pas de celle qui assomme ou qui ennuie. Non! Une langueur nécessaire pour s’imprégner de l’histoire, pour mieux comprendre nos deux héros. On a besoin comme eux, de prendre son temps durant la lecture, de savourer chaque passage, chaque chapitre. Être avec eux dans cette nature ressourçante.

Ma notation :

J’ai eu l’impression de retrouver la même sensation de lecture déjà éprouvée il y a 15 ans, avec le roman Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda. Et comme le roman d’Anna Gavalda, ce premier roman de Mélissa Da Costa restera en moi pour longtemps. Je ne peux que vous conseiller de le lire!

Je finis cet avis en allant écouter ce titre de Nina Simone, histoire de me replonger pour quelques minutes dans l’ambiance du roman. Merci Mélissa Da Costa pour ce joli roman et pour tout ce que vous avez bousculé en moi.

 

(Merci à Laure de l’agence Gilles Paris de m’avoir permis de découvrir ce roman en avant-première)

Toute la ville en parle, Fannie Flagg

 

Quatrième de couverture :

L’auteur de Beignets de tomates vertes nous conte, dans ce roman choral, l’histoire d’un petit village du Missouri, Elmwood Springs, depuis sa fondation en 1889 jusqu’à nos jours. Les années passent, les bonheurs et les drames se succèdent, la société et le monde se transforment, mais les humains, avec leurs plaisirs, leurs peurs, leurs croyances, leurs amours, ne changent guère. Et c’est la même chose au cimetière puisque, loin de jouir d’un repos éternel, les défunts y continuent leurs existences, sous une forme particulière. Au fil des décès, ils voient ainsi arriver avec plaisir leurs proches et leurs descendants, qui leur donnent des nouvelles fraîches du village. Tout irait ainsi pour le mieux dans ce monde, et dans l’autre, si d’inexplicables disparitions ne venaient bouleverser la vie, et la mort, de cette paisible petite communauté.

 Ma notation :

Un joli roman, aux multiples personnages. On ne peut que plonger avec plaisir dans ce roman choral. J’ai beaucoup aimé.

(Merci aux éditions Cherche Midi pour cette lecture. A paraître aujourd’hui)

Né d’aucune femme, Franck Bouysse

 

Quatrième de couverture :

 » Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

L’avis de Lunatic :

Gabriel, un jeune prêtre est appelé pour un décès dans un asile. Une infirmière lui indique qu’il trouvera sous la robe de la défunte des cahiers qu’il doit subtiliser. Il est alors en possession des écrits d’une jeune femme : Rose. C’est sa vie qu’elle raconte, cette vie qui a basculé à 14 ans quand elle est obligée de quitter la ferme familiale pour rejoindre un château où elle sera bonne. Elle nous raconte son destin dramatique, tragique et violent.

D’abord on ne comprend pas très bien pourquoi Rose est amenée dans cette demeure. Elle est là pour faire le ménage et cuisiner pour le propriétaire de la maison (le maître des forges)et sa vieille mère. On lui interdit d’ouvrir la chambre de la maison où se repose l’épouse du propriétaire, touchée par une grave maladie. Ses « maîtres » voient également d’un mauvais œil les tentatives de rapprochement avec Edmond, le jardinier ou homme  à tout faire qui  tente de la mettre en garde et lui répète sans cesse de fuir.

« C’est pas de moi qu’il faut te méfier, petiote, c’est pas de moi »

On assiste impuissant à la violence et à la douleur que doit endurer Rose. Quand on comprend le piège qui lui est tendu, c’est trop tard. Elle essaie de fuir, mais rien ne se passe comme il faudrait, malgré la force et le courage dont elle a usé pour retrouver sa liberté. Une fuite ratée qui la mènera dans un asile, où elle finira sa vie, trouvant dans l’écriture son seul refuge. Les pièces du puzzle torturé de sa vie se remettent en place, et j’ai été obligée à la fin du roman de relire les premiers chapitres pour enfin leur donner un sens.

Ce roman est haletant. Il m’a pris aux tripes, on le lit avec rage et colère. L’écriture est originale (brute et franche), cela pourrait rebuter certains lecteurs, mais elle intensifie le récit je trouve, lui donnant cet atmosphère si particulière. Le récit n’est pas daté, nous n’avons aucune indication géographique non plus. C’est déroutant et pourtant on s’en passe! La poésie et la sensibilité de l’écriture qui tranchent avec la noirceur du récit est bluffante. Tout n’est que violence, haine, cri, pleurs, sang, désespoir et j’ai refermé ce livre, le souffle coupé, sonnée par le destin de Rose qui vient de nous être livré sans que rien ne nous soit épargné ou atténué. Une héroïne qui restera avec moi un petit bout de temps.

 Ma notation :

Un super roman. Je découvre cet auteur avec plaisir. J’ai été complètement subjuguée par son écriture. Quel talent!

Félix et la source invisible, Eric Emmanuel Schmitt

 

Quatrième de couverture :

Félix, 12 ans, est désespéré. Sa mère, la merveilleuse Fatou, qui tient à Belleville un petit bistrot chaleureux et coloré, est tombée dans une dépression sans remède. Elle qui incarnait le bonheur n’est plus qu’une ombre. Où est passée son âme vagabonde ? Se cache-t-elle en Afrique, près de son village natal ? Pour la sauver, Félix entreprend un voyage qui le conduira aux sources invisibles du monde.

 Ma notation :

Lumineux et hilarant. Difficile de concilier les deux et pourtant c’est la cas. Lisez-le !