[Duo lecture] Sauf, Hervé Commère

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Je crois que c’est Amélie Antoine qui avait parlé de ce livre et ce qu’elle en disait m’avait donné envie de le lire. Il patientait dans ma PAL depuis quelques semaines, attendant le moment idéal pour le lire en duo.

(MadameOurse) Je ne sais pas trop pourquoi, la couverture me plait, le titre court est percutant et la quatrième de couverture donnait envie.

La couverture :

(MadameOurse) L’image de cette couverture colle parfaitement avec la maison décrite dans le roman. Elle est lumineuse, j’aime beaucoup.

(Lunatic) Un escalier, un sol et des murs défraîchis et ce titre qui trône en plein milieu. Mais pourquoi ce titre d’ailleurs? J’ai mis du temps à le comprendre….

La quatrième de couverture :

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.
Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…

Après lecture :

(MadameOurse) Sauf est un thriller qui m’a beaucoup plu. Contrairement à Lunatic, je me suis doutée de suite que le titre était lié au fait que Mat ait survécu. En effet, il perd brutalement ses parents à 6 ans, dans l’incendie de leur manoir. Il sera recueilli par son oncle et sa tante, couple sans enfants qui l’aimeront comme le leur.

Cet incendie était censé avoir détruit tout souvenir jusqu’au jour où un album photo réapparaît. Avec lui, Mat va être emporté dans la quête de la vraie vérité sur sa famille. Le roman est extrêmement bien construit, on navigue d’un événement à un autre avec chaque fois un petit pan du puzzle qui se dévoile. Mat fera son enquête aux côtés de sa compagne, en Bretagne, à Lyon et jusqu’en Norvège.

C’est une vraie lecture d’ambiance, on est plongés dans la quête de Mat et il est difficile de reposer le livre. Tout va très vite, il n’y a pas de temps mort, j’ai à peine eu le temps d’évoquer des hypothèses. Le final est très bien construit et j’ai achevé ma lecture sur une très belle note.

(Lunatic) Je vais vous le dire tout de suite, ce titre a été une petite claque, un vrai coup de cœur. Comme dit Madame Ourse, je l’ai juste dévoré, lu en une poignée d’heures. Dès les premières lignes, je suis rentrée dans l’histoire sans vouloir en ressortir. J’ai aimé la narration de ce roman. Le rythme est juste hyper rapide : chapitres courts, succession de rebondissements. L’auteur ne s’encombre pas de descriptions ou dialogues inutiles. Tout est clair, net et bien écrit pour nous embarquer. Je commentais ma lecture de « Ah oui? », « Non? « , « Wahouuu ». Ce roman est construit comme un puzzle. Petit à petit, on accède à de nouveaux éléments qu’on pensait pouvoir lier à d’autres, puis finalement, non. L’auteur nous ballade, nous surprend pour nous servir un final grandiose à mes yeux !

J’ai aimé ce huis clos familial mystérieux et malheureux. Le « héros » nous embarque dans plusieurs régions de France mais aussi en Norvège. Le manoir de la couverture reste un lieu incontournable du roman, on peut presque imaginer monter les marches de ce grand escalier avec Mat. Les personnages du roman qui l’entourent sont hyper bien construits et décrits. Sans être particulièrement attachants, ils sont tous touchants et intéressants à leur manière.

Bref, ce roman est une réussite à mes yeux. J’ai passé un excellent moment, et je vais m’empresser de lire un autre titre de cet auteur !

 

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[Duo lecture] La compagnie des livres, Pascale Rault-Delmas

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Un roman qui parle de,l’amour des livres, comment passer à coté?

(MadameOurse) J’ai été intriguée par cette petite fille des années 60 et par la librairie en fond et ce titre prometteur.

La couverture :

(MadameOurse) J’aime le fait que cette couverture illustre l’époque du roman mais je regrette qu’elle soit si sombre.

(Lunatic) Une photo qui veut sans doute représenter Annie et son grand-père! Mais pendant la lecture je ne les imaginais pas du tout comme ça. Sur le coup je préfère la couverture de la première publication chez Librinova.

La quatrième de couverture :

Sceaux, 1966. Annie a des livres plein la tête et des rêves qui se bousculent. Dans la librairie de son grand-père, chaque bruissement de page l’éloigne de la sévérité de son éducation bourgeoise et lui fait oublier sa solitude : la Compagnie des livres est son refuge.
Auvergne, 1966. Michel a perdu brutalement un être cher et son innocence d’enfant avec. Des parties de cache-cache dans les bois aux secrets confiés sur le chemin de l’école, rien ne sera plus comme avant. Seuls les romans, qu’il lit caché dans le grenier, apaisent son chagrin.
Lorsque les hasards de la vie poussent Annie et Michel à se rencontrer, il suffit d’un regard pour que ces deux passionnés de lecture se reconnaissent. Mais le monde dans lequel ils grandissent a établi des barrières sociales difficiles à franchir. Et Mai 68 a beau souffler un vent de révolte sur la France, les préjugés ont la vie dure.
Pourtant, ce printemps gorgé d’espoir, de liberté et de promesses leur appartient. Annie et Michel en sont convaincus : c’est maintenant ou jamais que doit s’écrire leur propre histoire.

Après lecture :

(MadameOurse) Au début de ce roman, on découvre la petite Annie, jeune enfant parisienne, fille d’un pédiatre et d’une infirmière qui devra arrêter de travailler pour s’occuper de ses enfants. Ils déménagent alors en banlieue dans un immeuble où Annie sera bien seule. En effet, son statut social lui interdit de fréquenter les autres enfants de la résidence… Heureusement, elle se réfugie souvent auprès de son grand père, libraire qui lui transmettra le goût pour la lecture. Et puis on fait la connaissance en parallèle de Michel, fils d’agriculteurs en Auvergne. La famille de celui-ci est moins instruite et il est assez inhabituel pour le jeune garçon d’aimer lire. Sa famille va traverser un certain nombre de difficultés et ils se résoudront à quitter l’Auvergne pour la capitale. Le couple trouve alors un emploi de concierge… dans l’immeuble où vit Annie.

Les deux jeunes enfants auront vite un intérêt l’un pour l’autre mais interdit par le sacro saint statut social qu’impose le père d’Annie. C’est sans compter sur un grand père rusé qui attirera les enfants au sein de sa librairie et en fera de très bons amis. On lit alors leurs échanges à tous trois pour l’amour des livres qu’ils découvrent. A plusieurs reprises dans le récit, j’ai pensé à mes propres échanges avec Lunatic sur nos lectures. Malgré les dizaines d’années qui séparent les époques, certaines choses restent et c’est émouvant de le constater.

Et puis la force de ce roman c’est l’évocation de cette période historique : la modernisation de la vie mais aussi les premières révoltes de la société, le féminisme, l’avortement, Mai 68, etc. J’ai pensé au dernier roman d’Aurélie Valognes au cours de ma lecture, ce sont deux romans qui partagent cette même page de l’histoire même s’ils la racontent différemment. Et puis j’ai aussi pensé à ma mère, qui est née seulement un an après Annie alors certaines choses dans le récit de la vie d’Annie ont fait le parallèle en moi avec les récits de la jeunesse de ma mère…

C’est une lecture que j’ai appréciée pour ce qu’elle a suscité de liens personnels en moi et qui m’a appris par le caractère historique du roman.

(Lunatic) Ce roman se lit très bien, la plume de l’auteure est belle, les années de nos personnages s’enchaînent sans qu’on s’en rende vraiment compte. J’ai quand même trouvé que tout se succédait trop facilement, presque de façon trop abrupte. Dans ce roman, on fait la rencontre de deux familles bien différentes. Celle d’Annie, fille de médecin. Sa mère Hélène a du abandonner son métier d’infirmière à Paris pour suivre son époux en banlieue. Puis il y a la famille de Michel, qui a quitté la campagne et leur ferme après avoir vécu un drame. C’est l’amour des livres, de la lecture qui va réunir Michel et Annie.

J’ai beaucoup aimé les thèmes traités dans ce roman. Les bouleversements des habitudes sociales des années 70, les combats pour l’émancipation des femmes (Hélène est assez marquante à ce niveau même si elle aurait pu aller plus loin, mais la vie lui a imposé un autre combat…), le sujet de la contraception, de l’avortement. A quelques jours des hommages à Simone Weil, ce roman lui rend un peu hommage à sa manière je trouve. J’ai aimé également voir évoluer nos personnages, les voir grandir, s’affirmer, faire les bons ou mauvais choix de vie. J’avoue que par moments je me suis un peu emmêlée dans les personnages, mais rapidement j’ai su me recentrer. L’opposition des deux familles, issues de deux milieu distincts permet d’avoir une vision totale sur cette période marquante. Enfin, j’ai apprécié toutes les références des lectures de nos deux personnages, et l’on constate que le niveau de lecture des enfants des années 70 est bien plus évolué et mature que celui d’aujourd’hui. Imaginez Annie, toute jeune adolescente qui lit du Zola. Quasi impensable aujourd’hui.

Bref, un roman sympathique, agréable à lire. Je regrette presque que l’auteur ne nous ait pas parlé davantage d’Annie et Michel à l’age adulte.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

La fille qui lisait dans le métro, Christine Féret-Fleury

 

Quatrième de couverture :

Juliette prend le métro tous les jours à la même heure. La ligne 6, le métro aérien. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est observer, autour d’elle, ceux qui lisent. La vieille dame, le collectionneur d’éditions rares, l’étudiante en mathématiques, la jeune fille qui pleure à la page 247. Elle les regarde avec curiosité et tendresse, comme si leurs lectures, leurs passions, la diversité de leurs existences pouvaient donner de la couleur à la sienne, si monotone, si prévisible. Jusqu’au jour où Juliette décide de descendre deux stations avant son arrêt habituel, et de se rendre à son travail en coupant par une rue inconnue ; un pas de côté qui va changer toute sa vie.

L’avis de Lunatic :

Un bien joli titre pour un joli roman. La 4ème de couverture m’a fait sourire. Je ne prends pas le métro, mais il y a un endroit où j’adore observer ce que lisent les gens : la plage. Imaginer ce qu’ils peuvent bien penser de leur lecture, pourquoi avoir fait ce choix, par quoi vont-ils enchaîner. Du coup, je me suis sentie un peu proche de Juliette, et je devais lire son histoire.

Juliette est une jeune femme sage et posée, un peu dans son monde, solitaire et qui mène une vie bien rangée. Elle ne sort pas de sa routine. Elle fait le même trajet chaque jour pour aller travailler dans son agence immobilière. Elle en profite alors pour observer les gens dans le métro qui lisent. Un matin, un petit couac dans sa routine la mène à faire la rencontre de Zaïde une petite fille et de son papa Soliman, passeur de livres. Ce dernier va agir sur elle comme un révélateur (je ne peux en expliquer davantage sans vous gâcher la lecture…), les livres vont être un lien essentiel entre eux. Au delà de Juliette, cette rencontre va avoir des répercussions pour d’autres personnes. Ce roman est truffé de références littéraires, de classiques et de titres moins connus, j’adore quand on peut puiser ainsi de nouvelles idées de lectures.

Les personnages sont très caricaturaux. Malgré leur richesse, leur diversité, j’ai eu du mal à m’attacher à eux. Juliette est un peu trop effacée et « niaise » pour en faire une héroïne parfaite. Soliman, semble si peu réel. Pourtant j’aimerais tant pouvoir croiser quelqu’un comme lui un jour. Que dire de Léonidas, ami de Soliman. Imaginez qu’il ne lit qu’un seul livre, toujours le même ! Totalement impensable non ? Et pourtant, ça marche quand même. On se laisse embarquer dans ce petit monde original et on prends un vrai plaisir à les suivre.

Un joli conte qui montre l’importance des livres dans nos vies. Et pour rendre hommage à Soliman, ce livre je ne le garderai pas. Je vais le libérer, lui offrir une seconde vie.

Ma notation :

Une lecture courte et sympathique, idéale pour une petite pause légère.

Si on dansait…, Rachel Joyce

 

Quatrième de couverture :

À Londres, au bout d’une impasse délabrée, Frank n’est pas un disquaire comme les autres. Chez ce marchand de vinyles, une belle équipe de joyeux marginaux se serre les coudes, tous un peu abîmés par la vie.

Surtout, Frank a un don. Il lui suffit d’un regard pour savoir quelle musique apaisera les tourments de son client. Quitte à préconiser du Aretha Franklin à un obsessionnel de Chopin…

C’est ainsi que Frank fait la rencontre de Lisa, une mystérieuse femme au manteau vert. Après s’être évanouie devant sa boutique, elle le supplie de l’aider à comprendre la musique. Lors de leurs rendez-vous, Frank replonge dans sa propre enfance, revoyant sa mère, l’excentrique Peg, lui passer des vinyles sur sa vieille platine.

Lui qui ne croit plus en l’amour depuis longtemps sent son cœur vibrer à nouveau. Et puis, un jour, Frank découvre le secret de Lisa. Le monde s’écroule, il disparaît.

C’est sans compter, pourtant, sur l’extraordinaire solidarité qui règne sur Unity Street. Car après le chaos, il n’est jamais trop tard pour faire renaître l’espoir et réapprendre à danser…

L’avis de Lunatic :

Ce livre je l’ai eu plusieurs fois dans les mains sans l’acheter mais il me tentait bien. Et surprise, alors même que je ne lui en ai jamais parlé, Madame Ourse me l’a offert pour mon anniversaire. Preuve qu’elle me connait bien et sait comment me faire plaisir!

Fin des années 80, Frank continue de vendre des disques malgré l’arrivée du CD qui bouleverse les habitudes. Il est capable de trouver le morceau de musique, la note, l’artiste, la chanson qui convient à chacun selon son humeur, ses attentes. Mais voilà qu’en rencontrant Lisa, il lui est impossible d’identifier sa musique.

Vous l’aurez compris, la musique tient une place importante dans ce roman. Une playlist des musiques qui vont nous accompagner dans le roman est d’ailleurs disponible sur le net, je me suis empressée de la télécharger afin d’être complétement immergée dans l’ambiance du récit. J’ai apprécié découvrir des titres que je connaissais pas, tout autant qu’entendre d’autres sons déjà connus.

Au delà de la musique, ce roman réunit des personnages attachants, sympathiques et tous tellement différents. Ils font toute la richesse de ce roman. Le récit alterne entre passé et présent, on comprend alors pourquoi Franck aime tant la musique. Certains passages du passé sont très tendres et émouvants je trouve. Que dire de Lisa, cette femme mystérieuse et intrigante qui semble avoir souffert. Son secret sera-il mis à jour, je vous laisse le découvrir !

Je l’ai presque trouvé trop court ce roman. J’aurai tant aimé encore écouter quelques vinyles en compagnie de Frank.

Ma notation :

Une pépite de bonheur qui s’écoute autant qu’il se lit.

La femme qui voit de l’autre coté du miroir, Catherine Grangeard et Daphnée Leportois

Quatrième de couverture :

Lucie fête ses 25 ans en famille. Comme d’habitude, sa mère n’a pas prévu de gâteau : le poids de Lucie la range, selon les médecins, dans la catégorie des obésités modérées. Lucie a trente kilos en trop. Trente kilos dont ni le sport ni les régimes ne sont jamais venus à bout… Quand elle fait le bilan de ses efforts, Lucie se dit qu’elle a le choix entre : 1. Avoir faim non-stop tout en faisant du sport à outrance. 2. Continuer de grossir et mourir d’un infarctus trop jeune.

A la table familiale, elle fait une déclaration tranchante : pour son anniversaire, elle va s’offrir une chirurgie bariatrique. Avant l’opération, le protocole prévoit un rendez-vous avec une psy. Pour Lucie, il s’agit surtout d’obtenir que la psychanalyste signe en bas du formulaire et autorise l’intervention. Mais cette première rencontre s’ouvre sur d’autres entretiens au cours desquels Lucie interrogera son rapport à son corps, à l’autre et au monde. Lucie optera-t-elle finalement pour la chirurgie ou trouvera-t-elle une autre voie pour se sentir bien dans sa peau ?

L’avis de Lunatic :

Lorsque Eyrolles nous as proposé de lire ce roman, je disais à Madame Ourse que ce titre était pour moi ! Comme l’héroïne de ce roman, mon IMC me classe dans la catégorie obésité morbide. J’étais donc curieuse de découvrir une héroïne qui pouvait me ressembler un peu. Et j’ai vite compris qu’elle était loin de me ressembler. Lucie, jeune prof d’anglais au collège n’assume pas son poids, ses rondeurs, son physique. Aucun régime ne fonctionnant, et n’imaginant pouvoir rester ainsi, elle décide de passer par la chirurgie. Mais avant cela, elle doit avoir l’accord d’un psychologue. En découle alors une vraie réflexion, une remise en question qui risque bien de l’amener vers d’autres chemins.

Lucie j’aurai pu l’apprécier, elle est touchante, émouvante mais ce manque de confiance en elle à trop haute dose est énervant. J’avais envie de lui botter les fesses. Puis il faut dire que les auteurs du roman font d’elle une vrai caricature de la « grosse ». Lucie mange trop, Lucie mange mal, Lucie ne fait pas de sport, Lucie vit seule, Lucie est entourée de proche « grossophobes », Lucie est victime de moqueries au collège. Tant de clichés pour un seul personnage, qui sont en plus poussés à l’extrême je trouve : un vélo d’appartement comme cadeau d’anniversaire de la part de sa famille, la caissière du supermarché qui commente ses achats, des réflexions déplacées du corps médical. Alors je vis peut-être dans un pays de bisounours, mais je n’ai jamais eu à vivre de genre de souffrances que subit Lucie quasi quotidiennement.

Ce livre m’a fait sourire tant les auteurs semblent être passés à coté du sujet. Même si le sujet veut être traité avec bienveillance et que le récit véhicule un message positif sur l’estime de soi et sur le fait d’apprendre à s’aimer.

Ma notation :

Je referme ce livre assez déçue.