La drôle de vie de Zelda Zonk, Laurence Peyrin

Quatrième de couverture :

Les jours s’écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu’un grave accident de voiture la cloue sur un lit d’hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk.
À ses côtés, et n’ayant rien d’autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d’une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier ? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s’il est encore possible de changer la sienne…

L’avis de Lunatic :

Pourquoi ai-je attendu si longtemps pour sortir ce roman de ma PAL? J’ai lu quelques chroniques parlant de feel-good book, et je ne suis pas d’accord! Pas de happy end, rien n’est simple. Ce roman, malgré son titre trompeur c’est l’histoire d’Hanna, mariée à Jeff avec qui elle s’occupe de Patti, la fille de sa sœur. Un bon compromis pour ce couple en mal d’enfant. Un matin, alors qu’elle se rend à son travail (en sachant qu’elle n’y va qu’une fois par semaine) elle est blessée dans un carambolage. Pendant son séjour à l’hôpital, elle fait la connaissance d’une vieille dame, Zelda Zonk, avec qui elle va se lier d’amitié.

L’accident, le fait d’avoir survécu, la rencontre avec Zelda va engendrer une réelle remise en question dans sa vie. Des remises en questions en tant que femme, épouse, amie, sœur et sur ses envies, ses désirs, son avenir. Elle va également faire la connaissance du fils de Zelda, qui va à son tour amener d’autres bouleversements. En lisant ce roman, je me suis moi même posée pleins de questions, preuve que l’auteur a su me toucher. J’ai aimé l’histoire d’Hanna, même si elle m’a agacée par moment, par son indécision, ses choix… Le personnage de Zelda garde tous ses mystères, on ne peut que s’attacher à cette dame qui parait si sage et sereine ayant pourtant un passé qui semble agité. Émue également par le lien qui unit Hanna et Patti, la façon dont le désir maternel, l’idée de responsabilité est traitée. On profite également de notre lecture pour faire un petit séjour en Irlande, avec sa campagne dont l’atmosphère est bien décrite dans le roman.

Bref, un joli roman et je suis très surprise de voir que l’auteur est française. Le style, l’écriture, la mécanique du roman lui donne une touche anglo-saxonne ou américaine. Une fin qui amène plein de questions, auxquelles je n’adhère pas, mais la suite est à retrouver dans Hanna, où cette fois encore, Zelda semble avoir un rôle bien important dans la vie de notre jeune femme.

Ma notation :

 J’ai aimé, vite vite la suite….

Zoo station, David Downing

Quatrième de couverture :

Berlin, 1939. Ancien communiste, John Russell, travaille pour la presse anglo-saxonne. Lorsqu’un agent russe lui commande une série d’articles élogieux sur l’Allemagne nazie, destinés à la Pravda, dans le but de préparer le pacte de non-agression, Russell se montre d’abord réticent, puis accepte. Ses contacts avec Moscou et Berlin attirent bientôt l’attention des services secrets anglais. Après la mort mystérieuse d’un journaliste, Russell se retrouve possesseur d’un terrible secret. Pourra-t-il rester neutre face à l’horreur qui s’annonce ?

L’avis de Lunatic :

1939, l’anglais John Russel vit depuis 14 ans en Allemagne, il a eu un fils avec un Allemande dont il est séparé et entretient une relation avec une jeune actrice. Ce roman nous plonge dans une atmosphère noire et angoissante. A l’aube de la guerre, les complications commencent pour de nombreux gens, dont les amis juifs de Russel. Journaliste, il accepte le contrat que lui propose un Russe : écrire des articles mettant en valeur le régime Nazi. En parallèle à cela, un journaliste américain va révéler à Russel l’existence d’un plan nazi pour exterminer les enfants déficients mentaux, ce journaliste sera retrouvé mort à la zoo station et Russel se chargera de prendre la suite de l’enquête.

A partir de ce point va se mettre en place toute une histoire d’espionnage et de contre-espionnage, avec ces contacts Russes et Anglais. J’avoue avoir eu du mal à suivre par moments. Grace à ses contacts, Russel va également tout faire pour aider une famille de juifs, Les Wiesners.

Ce roman a été difficile à lire, par les sujets dont il traite (nazisme, violence, extermination des enfants, internement des juifs…), avec des personnages noirs, dont on se demande à chaque moment de quelle coté ils se placent. L’auteur a su également très bien décrire la façon dont en cette veille de guerre, les gens s’interrogeaient sur l’avenir, la façon dont certains minimisaient les choses, et surtout comment beaucoup ne pouvaient pas du tout imaginer jusqu’où iraient les projets du IIIe Reich. Les descriptions géographiques des divers endroits de l’action, des faits historiques ou autres rendent très crédible ce roman et nous placent au cœur de cette Allemagne en pleine terreur. Passé les 100 premières pages, j’ai vraiment accroché à l’intrigue, et j’ai apprécié ma lecture, bien différente de ce que j’ai pour habitude de lire.

J’ai appris que ce roman est sorti il y a déjà 10 ans en Angleterre et qu’il s’agit du premier tome parmi 5 romans mettant en scène les aventures de Russel pendant le conflit. En espérant que le Cherche Midi ne tardera pas à publier la suite !

Ma notation :

Un polar historique glaçant et passionnant.

 

(Roman lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

Duo Lecture : Hortense, Jacques Expert

Pourquoi ce livre ?

(MadameOurse) J’ai eu la chance de recevoir ce livre dans le cadre des Masse Critique Babélio et Lunatic a souhaité me suivre dans ma lecture quand je lui ai dit que j’allais le recevoir.

(Lunatic) Déçue par ma lecture du roman La théorie des six, n’ayant que de bons retours de ce titre, j’étais curieuse de le lire.

 La couverture:

(MadameOurse) C’est une couverture simple mais qui m’avait attirée ainsi que son titre lorsque j’en voyais des avis sur des blogs.

(Lunatic) Pas de réelle accroche avec cette couverture. Une peluche abandonnée dans un escalier, symbole du kidnapping d’Hortense.

La quatrième de couverture :

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Après lecture :

(Lunatic) Ce roman c’est l’histoire du drame que vit Sophie. Il y a plus de 20 ans, Le père de sa fille Hortense la kidnappe alors qu’elle n’a pas encore 3 ans et lui dit qu’elle ne la reverra plus jamais. Mais voilà qu’un jour, elle croise dans la rue une jeune femme. Elle le sait, c’est Hortense, elle est en sûre. Elle décide d’en savoir davantage sur cette jeune femme, Emmanuelle, sans lui dévoiler la vérité tout de suite. Sophie se questionne, découvre cette jeune femme tout en nous en dévoilant plus sur elle-même. Le drame de vivre sans sa fille, la colère, la solitude, l’éloignement d’avec ses proches. On pourrait presque être pris d’empathie pour elle, mais sa personnalité m’a dérangée, le malheur l’a rendu aigrie, méchante.

Les récits d’Emmanuelle (ou Hortense ?) et ceux de Sophie sont coupées par des rapports de Police retranscrivant les dépositions de témoins ou proches de l’enlèvement. J’ai bien aimé ce procédé. J’ai lu très vite ce roman, l’écriture est fluide, je ne me suis pas ennuyée pendant ma lecture, même si tout tourne uniquement autour de ces deux personnages. J’ai eu du mal par contre avec quelques détails, comme l’attitude ou le langage d’une fillette de 2 ans et 10 mois qui me semblent peu crédibles. Le final m’a légèrement surpris, manquant de crédibilité également, mais après tout, c’est un roman ! Ce roman a le mérite de m’avoir « réconciliée » avec l’auteur que je lirai du coup à nouveau, par curiosité, plus que par réelle envie.

(MadameOurse) Dans cette lecture, comme le dit déjà Lunatic, dès les premiers chapitres, le récit de Sophie est entrecoupé de paragraphes retranscrivant des dépositions de gendarmerie faites en 2015. On comprend donc de suite que le drame de 1993 à savoir l’enlèvement de la petite Hortense par son père, va avoir des répercussions nécessitant une nouvelle enquête en 2015. J’ai bien aimé cette alternance de chapitres, j’ai de suite été intriguée par ce qui se passe en 2015 et qui nécessite de nouvelles auditions policières.

Le début du roman était entraînant, en plus de cette alternance de chapitres, on replonge dans les événements du passé et on découvre ce qui a conduit à l’enlèvement d’Hortense et comment cette mère s’est accrochée désespérément dans l’espoir de retrouver sa fille. Et puis un jour, elle croise une jeune femme de 25 ans et ça y est, elle a retrouvé sa fille, elle en est convaincue ! Elle va alors s’immiscer de manière un peu glauque dans la vie de cette jeune femme, s’en rapprocher sans rien lui dire.

Emmanuelle / Hortense entre alors dans le récit et va raconter de son point de vue, sa relation naissante avec Sophie. Et là on a une nouvelle alternance de chapitres entre les 2 femmes qui est une partie qui m’a peu plu dans le roman. Les rapports sont faux, elles vont vite se monter la tête l’une contre l’autre à force de suppositions et de méfiance. Sophie tarde à révéler à Emmanuelle qu’elle est Hortense, la petite fille qui lui a été enlevée.

Le final du roman est assez choquant mais malheureusement je ne l’ai pas savouré, on a la révélation, 3 autres lignes et hop le roman est fini nous laissant sur toutes nos interrogations. Et un élément majeur de la fin est très bizarre, laissé en l’état sans explication, la crédibilité des choses est nulle.

En bref, ce roman est pour moi un bon thriller, les idées sont là mais le cœur de l’histoire était long et lassant et la fin trop courte, il aurait fallu rééquilibrer les choses à mon goût.

 Si vous avez envie de faire une lecture en duo, n’hésitez pas, nous en ferons régulièrement en tenant compte de vos envies de lectures et les duos évolueront d’une fois sur l’autre. Faites nous un petit mail en nous disant ce qui vous tenterait.

Le garçon de l’ombre, Carl-Johan Vallgren

Quatrième de couverture :

1970, Stockholm. Un père s’apprête à prendre le métro avec ses deux petits garçons. Il laisse Kristoffer, son fils de sept ans, monter les escaliers pendant que lui emprunte l’ascenseur avec la poussette. Mais quand il arrive sur le quai, plus une seule trace de l’enfant.
Quarante ans plus tard, son frère, Joel Klingberg, disparaît du jour au lendemain. Pour le retrouver, son épouse se tourne vers Danny Katz, ami de longue date de son mari. L’ancien junky et ex-traducteur pour les services secrets suédois accepte, un peu malgré lui, d’aider cette belle femme triste. Il ne tarde pas à découvrir que la riche et puissante famille Klingberg cache bien des secrets…

L’avis de Lunatic :

J’ai apprécié ce roman même si j’ai eu un peu de mal à m’y plonger complètement. Les premières pages nous racontent la disparition de Christopher en 1970, les conséquences sur sa famille avec le suicide de ses parents quelques années après. En 2012, notre intrigue commence avec la disparition de Joël, le frère de Christopher. Entre en scène alors Daniel Katz, ancien ami de Joël qui est appelé par l’épouse du disparu pour l’aider à le retrouver.

Katz est le personnage central du roman, et le problème est que je n’ai eu aucune sympathie pour cet homme (ancien junkie, un peu paumé mais malgré tout très intelligent). L’intrigue est vite devenue lente et confuse à mon sens. J’ai eu du mal à retenir les noms des personnages, à situer les lieux des actions. Beaucoup de passages du roman ne m’ont pas semblé utile, j’ai du coup sauté quelques passages. Néanmoins, j’ai fini ma lecture en étant satisfaite, et j’aurai presque envie de lire un second roman de l’auteur qui reprends le personnage de Katz pour voir si cette fois il me convient davantage.

Ma notation :

 Pour les vrais amateurs de thriller.

Et bien dansons maintenant, Karine Lambert

Quatrième de couverture :

Elle aime Françoise Sagan, les éclairs au chocolat, écouter Radio Bonheur et fleurir les tombes. Il aime la musique chaâbi, les étoiles, les cabanes perchées et un vieux rhinocéros solitaire. Marguerite a toujours vécu dans l’ombre de son mari. Marcel a perdu celle qui était tout pour lui. Leurs routes se croisent, leurs coeurs se réveillent. Oseront-ils l’insouciance, le désir et la joie ?
Karine Lambert signe un roman lumineux sur la fragilité et l’ivresse d’une histoire d’amour à l’heure où l’on ne s’y attend plus.

L’avis de Lunatic :

Ce roman nous fait le portrait de deux personnages singuliers et attachants. Marguerite et Marcel, tous deux veufs à l’aube de leur 80 ans nous racontent leur vie : la rencontre avec le conjoint, la vie de couple, les enfants, les bonheurs, les regrets mais surtout ce questionnement sur l’après. Comment vivre, donner un sens à sa vie après la perte de l’être avec qui on a passé l’essentiel de sa vie.

Nos deux personnages vont se rencontrer lors d’une cure thermale à Bagnère-de-Bigorre et alors que tout les éloigne, même s’ils semblent si différents, ils vont se rapprocher et se laisser ainsi la chance d’aimer à nouveau. Rien ne sera simple pour notre couple. J’ai eu un vrai coup de cœur pour Marcel, la façon dont il évoque les souvenirs de son épouse et l’amour qu’il lui porte.

Ce roman est tendre, généreux, plein d’humour et d’émotions. Il se lit comme on mangerait une petite friandise. Le thème de la vieillesse, de la dépendance, même s’ils semblent bien loin des préoccupations de la trentenaire que je suis m’ont réellement touché. Un roman d’amour simple, un roman d’amour vrai, qui montre qu’il n’y a pas d’âge pour aimer.

Ma notation :

Un roman feel-good qui fait bon de lire!