Ragdoll, Daniel Cole

Quatrième de couverture :

Un  » cadavre  » recomposé à partir de six victimes démembrées et assemblées par des points de suture a été découvert par la police. La presse l’a aussitôt baptisé Ragdoll, la poupée de chiffon.
Tout juste réintégré à la Metropolitan Police de Londres, l’inspecteur  » Wolf  » Fawkes dirige l’enquête sur cette effroyable affaire, assisté par son ancienne coéquipière, l’inspecteur Baxter.
Chaque minute compte, d’autant que le tueur s’amuse à narguer les forces de l’ordre : il a diffusé une liste de six personnes, assortie des dates auxquelles il a prévu de les assassiner.
Le dernier nom est celui de Wolf.

 

L’avis de Lunatic :

Ce thriller ne correspond pas vraiment à ce que j’aime lire d’ordinaire. Une 4e de couverture et des critiques qui l’annoncent comme assez violent, sanguinolent, et pourtant j’ai eu envie de le lire. Les premiers chapitres vous plongent directement dans l’ambiance du roman avec la découverte d’un cadavre dans un appartement. Un cadavre certes mais composé de morceaux de 6 victimes, le tout soigneusement assemblés comme peut l’être une poupée de chiffon, d’où le titre du roman. Commence alors l’enquête menée par quatre flics que tout oppose, décrits avec plein de clichés. Il est en de même pour les autres personnages du roman, dommage. Par contre j’ai aimé que l’auteur mette en avant le rôle des médias, des journalistes dans une enquête policière, et montre les dérives que cela entraîne.

Difficile de vous en dire plus sans trop dévoiler l’intrigue qui malgré quelques passages ennuyeux reste tout de même assez captivante. Par contre je n’ai pas trouvé ce roman si sanglant et difficile à lire comme beaucoup le disent. L’auteur distille le récit de quelques touches d’humour qui à mon sens n’apportent rien d’intéressant au roman. Il a su maintenir le suspense sur l’identité du tueur jusqu’au final, et j’aime cela. Néanmoins, j’ai détesté ce final et j’ai refermé le livre en soupirant.

Ma notation :

Petite déception.

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Le jour d’avant, Sorj Chalandon

Quatrième de couverture :

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

L’avis de Lunatic :

Décembre 1974, un coup de grisou dans une mine de Saint-Amé à Liévin dans le Pas-de-Calais fait 42 morts. 43 morts si l’on compte Jojo, le frère de notre narrateur Michel Flavent. Jojo n’est pas mort au fond, mais est décédé quelques jours après des suites de ses blessures. La famille sombre, et le père des deux frères, avant son suicide écrit à Michel « Venge nous de la mine ».

2014, Michel, devenu chauffeur routier, exilé à Paris, veille sa femme qui décède. Il est alors l’heure pour lui de se venger, de retourner dans ses terres et retrouver celui qu’il juge comme responsable de la mort de Jojo, le contremaitre Lucien Dravelle.

Dès le début de ma lecture j’ai été surprise avec quelle précision et réalisme l’auteur a su dépeindre le quotidien des mineurs, la vie dans un bassin houiller et tant de détails se rapportant au milieu des mineurs. Jojo, Dravelle, leur compagnon de travail, j’en côtoie quotidiennement, et leur souvenir est tel que Sorj Chalandon le décrit dans son roman. Je suis native d’un bassin houiller, j’y ai grandi, j’y travaille alors l’univers du roman me parlait, et j’étais très curieuse de le lire. J’avais peur que l’auteur tombe dans des clichés comme on en lit souvent, mais non, j’imagine qu’il a dû beaucoup se documenter pour son livre (je lisais qu’il était journaliste et couvrait les événements en 1974).

Au-delà de la mine, ce roman est le portrait d’un homme qui vit une tragédie, qui doit avancer malgré la perte de son frère. J’étais assez mal à l’aise avec cette idée de vengeance, je ne comprenais pas trop pourquoi faire porter à Lucien Dravelle toute la responsabilité du drame, Michel Flavent devenait alors à mes yeux un personnage très sombre, loin d’être sympathique. On assiste rapidement à sa vengeance et Michel est incarcéré et on est spectateur de son procès. A partir de ce moment, je pensais m’ennuyer, mais lors d’une audience au tribunal, on nous révèle un élément essentiel qui donne au roman un nouveau sens (et je comprenais enfin le choix de ce titre : Le jour d’avant). Le récit en devient alors encore plus captivant, touchant et on voit Michel et ses actes sous un œil nouveau.

Ma notation :

J’ai été totalement charmée par l’écriture de Sorj Chalandon. Une belle découverte que je vais partager autour de moi.

Roman lu dans le cadre de Matchs de la rentrée littéraire Priceminister

La plage de la mariée, Clarisse Sabard

Quatrième de couverture :

2015, Nice.Zoé, 30 ans, est en pleine dispute avec sa conseillère Pôle Emploi lorsque sa vie bascule. Ses parents viennent d’avoir un grave accident de moto. Son père est décédé sur le coup, sa mère est trop grièvement blessée pour espérer survivre, mais encore assez lucide pour parler. Elle va révéler à Zoé qu »elle lui a menti depuis toujours : l’homme qui l’a élevée n’est pas son véritable père. Elle donne un seul indice à sa fille pour retrouver son père biologique : « La Plage de la mariée ».

Après quatre mois de déni, Zoé finit par craquer et part à la recherche de la vérité. Elle atterrit en Bretagne et se fait embaucher dans une « cupcakerie » tenue par une ancienne psychologue franco-américaine, Alice. Dans ce salon de thé, plusieurs personnages se croisent et voient leurs destins se mêler, tandis que Zoé part à la recherche de son père et tente de comprendre pourquoi sa mère lui a menti durant toute ces années.

L’avis de Lunatic :

J’avoue qu’au début de ma lecture j’étais réticente, j’avais tellement aimé Les lettres de Rose que j’avais peur d’être déçue, de trouver ce roman moins bien, de ne pas retrouver ce que j’avais aimé dans son premier roman.
Ce titre est différent mais il est aussi très ressemblant et j’ai ainsi retrouvé tous les ingrédients que j’ai aimé chez cet auteur.

Ce roman c’est l’histoire de Zoé, une jeune trentenaire qui vient de vivre un drame. Ses parents ont été victimes d’un grave accident de moto et sa mère, juste avant de mourir, lui révèle que son père n’est pas son père biologique. Un seul indice la plage de la mariée. Zoé prend alors la décision de partir à la découverte de ses racines, de sa mère et de ce père qu’elle ne connaît pas. Direction la Bretagne là où sa mère a grandi, là où elle pense trouver réponse à ses questions. Son arrivée dans le petit village ne passe pas inaperçue. Elle fait très vite de jolies rencontres, se crée de nouveaux liens, de nouvelles amitiés et petit à petit retrace le parcours de sa mère, découvre les secret de famille jusqu’à un dénouement que j’avais bien envisagé au bout de quelques chapitres.

Qu’est-ce que j’ai aimé ce roman. Qu’est-ce que j’ai aimé Zoé. J’ai ri avec elle, j’ai pleuré avec elle, et moi aussi j’aurais voulu rencontrer Gaël, Alice, Georges, Hamza…Chaque personnage est attachant à sa manière. On y retrouve des thèmes comme la famille, les secrets de famille, l’amitié, l’amour, le besoin de savoir et de connaître d’où l’on vient, qui sont ceux qui nous ont précédé. Avec ce roman on s’ennuie pas, et en plus on voyage, comme Zoé on découvre la Bretagne, on ressent presque l’air marin qui effleure notre visage pendant notre lecture. Et si je vous dis qu’à chaque fois que je prenais mon ce livre en main j’avais envie de manger des cupcakes !
Difficile d’expliquer vraiment pourquoi j’aime la plume de Clarisse Sabard. Ce qui est sûr c’est qu’elle sait nous dépeindre des gens touchants, si vrais et qu’on rêverait d’avoir dans nos vies.

Ma notation :

Un jolie histoire qu’on quitte avec le sourire aux lèvres.

Les hautes lumières, Xavier de Moulins

Quatrième de couverture :

C’est une histoire d’amour entre ombre et lumières, celle qui unit Nina, la coiffeuse de Bondy, à son mari Tahar, le chauffeur de taxi marocain.
C’est l’histoire d’un combat : Nina ne parvient pas à tomber enceinte, mais est prête à tout pour devenir mère. Ayant adopté avec Tahar un petit garçon au Maroc, elle se heurte à l’administration, qui refuse qu il soit ramené en France.
C’est l’histoire de désirs qui s’entrechoquent : pendant que la jeune femme, à El Jadida, se bat pour aller au bout de l’adoption, Tahar, resté à Paris, s’éprend d’une photographe qui lui propose son aide afin de rapatrier l’enfant clandestinement…
Une terrible course contre la montre s’engage alors ; dans cette course, certains s’effondreront juste avant la ligne d’arrivée, d autres parviendront à leurs fins mais à quel prix ?
Tous, du moins, auront couru un risque : le risque d’aimer.

L’avis de Lunatic :

Les premiers chapitres de ce roman m’ont mis une véritable claque. Dès les premières lignes, les premiers paragraphes j’ai été saisie par la façon dont Xavier de Moulins a su retranscrire avec perfection ce qu’une femme peut ressentir lorsque l’enfant ne vient pas. L’attente, les doutes, la honte, le désarroi, la souffrance physique et psychique. Quand il nous parle de Nina, de ses FIV, de ses examens, de son dégout d’elle-même, du vide, de toutes ses déchirures, j’ai cru qu’il parlait de moi. Tout ce que ressent Nina, je l’ai ressenti, je tournais fébrilement les pages, les larmes aux yeux croyant revivre mon calvaire. On suit Nina ensuite dans son combat pour faire rentrer en France un petit garçon qu’ils vont adopter au Maroc, un combat difficile et dans lequel elle va se plonger avec ténacité. En parallèle, son époux va se rapprocher d’une belle photographe. On se demande alors si Nina et Tahar vont enfin pouvoir gouter au bonheur.

Il est évident que ce roman m’a tellement touchée car il traitait d’un thème dont je me sens si proche, qui me parait si familier, mais au-delà de ce thème, l’écriture est juste sublime. Xavier de Moulins ne tombe pas dans le pathos, dans le mièvre. Les chapitres sont courts, brefs mais intenses. La psychologie des personnages est bien travaillée, les rendant très réalistes. Le rythme est haletant, avec un langage vif et percutant. Je n’ai pas pu lâcher ce roman, lu d’une traite, et j’en suis sortie totalement chamboulée. Nina et Tahar ont veillé avec moi quelques heures, m’accompagnant dans mes rêves et 48h après ma lecture, une partie d’eux est encore avec moi. Puis ce titre, qui bien avant de lire la 4e de couverture m’a fait penser à un titre de Fauve, que j’ai si souvent écouté pendant mon parcours PMA, ce même titre qu’il cite en exergue de son livre, comme un énième écho à mon parcours. Bref, vous aurez compris que c’est un réel coup de cœur, et une réelle surprise pour ce roman que je lisais au départ sans grande conviction.

Ma notation :

Une lecture touchante qui va me marquer longtemps.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Frappe-toi le coeur, Amélie Nothomb

Quatrième de couverture :

« Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie », Alfred de Musset.

L’avis de Lunatic :

Si si, j’ai bien lu le dernier nothomb… Alors que depuis quelques années je suis bien déçue. Cette année, pas de revisite de contes, ouf! Ce roman, c’est l’histoire de Marie, une jeune fille belle et séductrice qui tombera enceinte bien vite. Elle mettra au monde Diane, une fille très intelligente et sensible, qu’elle jalousera dès sa naissance, et envers qui elle n’aura jamais un seul signe d’affection. Diane s’est construite avec cela, grandissant en voyant son frère et sa jeune soeur bénéficier de l’amour d’une mère. A l’age adulte, Diane se rapprochera d’Olivia, maitre de conférence à l’université, une façon de créer un lien mère fille qu’elle n’a jamais connu? On peut se poser la question.

Ce roman décrit des relations mères filles difficiles à comprendre et à tolérer. Comment Marie peut-elle rejeter sa fille ainsi? Comment se construire sans amour? Le tout est écrit de façon assez brute, cruel, froide. Mais on se laisse prendre au jeu, au récit et on se demande bien comment va évoluer la relation entre Olivia et Diane. On retrouve la plume de l’auteur, des chapitres courts. Amélie Nothomb va droit au but, avec un final comme elle sait en faire! J’ai été surprise du choix des prénoms des personnages, qui d’ordinaire sont très originaux, un petit changement à ses habitudes? Avec ce roman, Amélie Nothomb m’a presque redonné le plaisir que j’avais il y a quelques années de la lire, presque.

Ma notation :

Il faut se laisser tenter par cette lecture.