Les loyautés, Delphine de Vigan

Quatrième de couverture :

Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.

L’avis de Lunatic :

Je n’ai jamais lu cette auteure, et je crois bien que c’est une belle erreur. Je n’avais pas prévu de lire ce roman, je l’ai eu entre les mains, j’ai lu les premières pages par curiosité et je n’ai pas pu le reposer. Dans ce roman, Delphine de Vigan fait alterner les confidences et le quotidien de 4 personnages: Théo, un garçon de 12 ans, qui vit en résidence alternée chez ses parents divorcés. Un jeune garçon mal dans sa peau, dans sa vie qui a trouvé du réconfort dans l’ivresse. Un jeu d’ivresse qu’il partage avec Mathis, qui lui vit en famille, une famille aimante et unie. On a Cécile, la mère de Mathis, qui nous dévoile les faux semblants de son couple et les failles de son quotidien. Et enfin, Hélène, professeur des garçons qui est persuadé que Théo est en danger, elle soupçonne une maltraitance familiale, dont elle même a été victime, et cela va tourner à l’obsession.

La narration est simple, le rythme est haché et vif, les pages s’enchaînent et l’on avance avec tension dans ces vies difficiles, témoin d’un enfant livré à lui même dont les parents n’ont pas réussi leur séparation, témoin d’une femme qui découvre son mari sous un nouveau jour. Ce livre est dur, sombre et il dérange le lecteur. Il est réussi! Et ce titre colle parfaitement au récit.

Ma notation :

Une lecture qui interroge et ne laisse pas indemne.

 

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La mise à nu, Jean-Philippe Blondel

Quatrième de couverture :

Louis Claret est un professeur vieillissant qui habite en province. Séparé de sa femme depuis quelques années, ses filles vivant désormais des vies très différentes de ce qu’il avait imaginé, il se laisse bercer par le quotidien. C’est sans réfléchir et pour remplir une soirée bien vide qu’il se rend au vernissage d’une exposition de peintures d’Alexandre Laudin – un ancien élève, jadis très effacé mais devenu une célébrité dans le monde artistique. Il ne se figure pas un seul instant à quel point ces retrouvailles avec Laudin vont bouleverser sa vie.

L’avis de Lunatic :

Jean Philippe Blondel fait partie des auteurs que je lis toujours avec plaisir, je ne rate jamais ses parutions. J’aime la plume simple, sobre et élégante de cet homme. Ici encore, il a su m’emmener dans son univers, ses phrases ont su m’embarquer. Le narrateur de ce roman, c’est Louis Claret, un enseignant d’anglais invité au vernissage d’une exposition de peinture d’Alexandre Laudin, qu’il a eu comme élève il y un quinzaine d’années. Il n’avait pas oublié ce jeune homme, et lui non plus. Cette rencontre, va les amener à se revoir, à discuter, et Alexandre a alors une drôle de proposition à lui faire. Entre peinture et confessions, les deux hommes vont totalement se livrer, se mettre à nu. En parallèle de leur échanges, on peut lire quelques extraits du carnet de souvenirs de Louis. Ce professeur a la vie si banale (mariage, carrière dans l’enseignement, père, divorce…) se remémore au coté d’Alexandre de jolis moments avec nostalgie.

Avec toute sa simplicité, ce roman a su me toucher. Les thèmes de la vieillesse, du regard en arrière jeté sur sa vie, des rencontres et des instants qui jouent un rôle important dans nos vies m’ont plu. Les personnages sont criants de vérité, touchants, Louis pourrait être tant d’hommes que l’on croise dans nos vies.

Ma notation :

Encore une fois conquise par cet auteur.

 

Danser encore, Julie de Lestrange

Quatrième de couverture :

Alexandre, Marco et Sophie connaissent une amitié de trente ans et autant d’amour, de blessures, de déceptions et de joies. Désormais adultes, confrontés au poids du quotidien et des responsabilités, à l’existence et ses tourments, sonne l’heure de faire des choix.
Mais que reste-il des certitudes lorsque le sort frappe au hasard ?
Juste un vertige, profond et déroutant, des liens indéfectibles, et parfois comme la nécessité de respirer, le besoin de danser et celui de s’aimer.

L’avis de Lunatic :

Ce n’est qu’après avoir fini le roman, que j’ai appris qu’il s’agissait d’une suite. Pourtant cela ne m’a aucunement dérangée dans ma lecture. On retrouve dans ce roman, les personnages déjà rencontrés dans Hier encore, c’était l’été. Dans ce roman, nos personnages sont trentenaires, plus ou moins installés dans leur vie professionnelle et familiale. Il y a Alexandre et Sophie, parents de deux enfants, qui en plein métro-boulot-dodo parisien doivent également gérer les fréquentes crises d’asthmes de leur fils. Marco, cousin de Sophie et meilleur ami d’Alexandre vit avec Pénélope mais refuse de lui faire un enfant. Autour d’eux gravitent la famille: Anouk la sœur d’Alexandre, les parents de chacun, et aussi les amis. Noyés dans leur quotidien, un événement tragique va tout bouleverser. Remise en question, changement de priorités, nouvelle vision de la vie, chacun va à sa manière être transformé par ce drame et agir en conséquence.

J’ai instantanément dès les premiers chapitres été conquise par les personnages. J’ai ressenti la détresse d’Alexandre face à la maladie de son fils, j’ai compris les choix de Pénélope, moins ceux de Marco. J’ai souffert avec eux, ri avec eux. Et Anouk, quelle femme! Imaginez qu’elle décide tout simplement de faire un mariage blanc pour éviter à un immigré d’être renvoyé chez lui. Et contre toute attente, elle réussi à convaincre ses proches de toute la bonté et l’humanité que signifie ce geste. Je n’arrivais pas à quitter nos personnages, j’ai lu ce roman d’une traite, profitant d’une journée pluvieuse. Ce roman est beau, l’écriture est sublime, pleine de poésie. Le titre me faisait penser à la sublime chanson de Calogero Danser encore, et ce roman y fait justement référence.

Danser encore.
Avancer toute voile dehors.
Et danser encore.
Envoyer valser la mort,
Dans le décor

Les paroles de cette chanson résument parfaitement l’idée du roman: vivons, profitons, ne pensons pas à la mort, elle nous rattrapera forcément, et ne gachons pas le temps qu’il nous reste.

Un roman véritable hymne à l’amour, à l’amitié. Je vais de ce pas me procurer le premier roman et j’espère bien que l’auteur a prévu de nous faire retrouver ses personnages dans un prochain roman.

Ma notation :

Un très bon roman difficile à refermer.

 

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(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Le pouvoir, Naomi Alderman

Quatrième de couverture :

ET SI LES FEMMES PRENAIENT ENFIN LE POUVOIR DANS LE MONDE ENTIER ?
Aux quatre coins du monde, les femmes découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ». Du bout des doigts, elles peuvent infliger une douleur fulgurante – et même la mort.
Soudain, les hommes comprennent  qu’ils deviennent le « sexe faible ». Mais jusqu’où iront les femmes pour imposer ce nouvel ordre ?

L’avis de Lunatic :

Madame Ourse me faisait remarquer que cette couverture était bien moche, et je suis un peu d’accord avec elle. Même si ce rouge vif doit bien attirer l’œil  dans les rayons en librairie. Je préfère cette couverture américaine que je trouve moins laide. Mais pour le coup c’est plutôt la 4ème de couverture qui m’a intriguée et plusieurs articles que j’ai vu passer, annonçant ce roman comme le phénomène littéraire de cette rentrée de janvier 2018.

Imaginez que du jour au lendemain, les femmes, et plus précisément les adolescentes se retrouvent avec un étrange pouvoir. Celui de créer des pulsions électriques passant par leurs mains, plus ou moins contrôlées, permettant alors de se défendre face aux hommes et renversant alors les habitudes. C’est le moment de prendre une revanche sur des siècles de harcèlement, d’avilissement, de domination masculine. A noter que ces adolescentes peuvent faire resurgir ce pouvoir auprès de leurs aînés. C’est le point de départ de cette dystopie. Cet étrange bouleversement physique et  social nous est raconté à travers 5 personnages: Roxy, issu d’une famille de mafieux, qui va utiliser son pouvoir pour faire prospérer les affaires. Allie, une jeune fille paumée qui va devenir Mère-Ève et se transforme ainsi en nouvelle gourou ou déesse guidant les femmes qui détiennent le pouvoir. Tunde, une journaliste africain, qui va surfer sur le phénomène et couvrir à travers le monde tout les faits-divers et drames qu’entraînent ce pouvoir. Et enfin Margot, femme politique dont la fille détient ce pouvoir. Margot va créer des camps d’entraînements pour permettre aux filles de maîtriser le pouvoir afin de l’utiliser intelligemment. Cette implication va lui permettre d’assurer son avenir politique. On assiste à des révoltes dans divers pays, des soulèvements de femmes renversant les régimes en place et créant de nouveaux pays, les hommes sont tués, violés, persécutés. Bref, une sorte de guerre mondiale assez effrayante. Le roman évoque aussi des fait physiques ou scientifiques pouvant expliquer l’arrivée de ce pouvoir (et si on le détenait toutes depuis des siècles sans le savoir?).

C’est un roman très différent de ce que je lis d’ordinaire. Je l’ai trouvé assez dur, l’idée de pouvoir, des rôles qui s’inversent. Ces femmes qui deviennent pire que les hommes, cette idée de vengeance est assez dérangeante. Je ne suis pas féministe pour un sou, ça explique peut-être que je n’étais pas totalement conquise pendant ma lecture. C’est intéressant de voir comment l’auteur a voulu montrer que le pouvoir nouveau crée des armées, des envies de nouvelles religions. Les personnages sont intéressant, mais je n’ai pas réussi à me les approprier. On saute de l’un à l’autre trop vite, le déroulé chronologique est assez flou et trop rapide à mon sens. Arrivant vers la fin, je pensais qu’il ne s’agissait que d’un premier tome tant pour moi il y avait encore plein de choses à développer, à dire. Néanmoins ce roman se lit très bien,j’aurai tendance à le ranger en Young Adult par contre. J’ai vu qu’il allait être adapté en série télé, il ne pouvait en être autrement! Il est fait pour cela.

Ma notation :

Une lecture qui sort de mes habitudes et qui m’a plu! Pari réussi.

 

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

La mélodie des jours, Lorraine Fouchet

Quatrième de couverture :

Aujourd’hui, on guérit du cancer du sein s’il est pris à temps. C’est ce qu’on dit à Lucie, et c’est vrai. Sauf que… Si on est maman célibataire d’une fillette de onze ans qu’on tient à protéger, et si on se retrouve seule dans une nouvelle ville où on ne connaît personne, où trouve-t-on le soutien pour traverser vaillante l’espace incertain qui sépare le diagnostic de la fin du traitement ? Pour dépasser la peur, pour supporter la radiothérapie, pour remonter en piste en étant à la fois plus forte et plus fragile qu’avant ? Grâce au Site des Voisins, un site Internet de proximité, Lucie va découvrir, au fil de son traitement, de vraies amitiés qui, virtuelles au départ, vont devenir réelles, reconstruire autour d’elle une famille comme elle n’osait plus en rêver. Et puis il y a ces lettres d’amour qu’elle reçoit chaque jour, sous forme de chansons, comme pour mieux redonner au mot « espoir » les couleurs et la force de vie que la maladie menaçait de lui voler.

L’avis de Lunatic :

J’ai vraiment aimé retrouver la plume de Lorraine Fouchet qui m’avait manqué depuis ma lecture cet été d’Entre Ciel et Lou. Dans ce roman on retrouve un peu les mêmes éléments qui m’avaient alors touchée : des personnages singuliers, forts même si un peu cabossés par la vie. Ce roman donne la voix à plusieurs personnages auxquels on ne peut que s’attacher et se prendre d’amitié. Lucie, jeune mère célibataire apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, elle se refuse à en parler à Léa sa fille de 11 ans. Pour évacuer ses angoisses, elle crée des liens virtuels sur un site de voisins. Des liens essentiels pour elle, qui se transformeront en rencontres amicales riches en émotion et sincérité. Il y a aussi Malo, nouveau au village, venu ouvrir sa chocolaterie après avoir fui un père tyrannique. Puis Arlette, une jeune octogénaire corse au tempérament de feu, qui a quitté son île sur un coup de tête. Des personnages que tout oppose mais que le destin réunit pour leur donner un petit coup de pouce.

Malgré le thème de la maladie qui pourrait effrayer le lecteur, cette lecture est douce et pleine de bonheur… Lucie va rencontrer sur le site un homme qui l’accompagnera à travers mots doux et chansons dans ses lourdes semaines de traitement. Un homme qu’elle ne connaît que sous un pseudo, alors qu’il est pourtant si proche d’elle. Elle sera épaulée également par tout les membres de cette communauté qui lui permettront de passer l’épreuve de la maladie avec un peu plus de sérénité. Alors oui c’est plein de bons sentiments, oui les personnages sont trop mignons et tout se finit bien. Mais c’est tellement bon à lire. J’aurai tant envie de vivre dans leur quartier, de me trouver un pseudo pour discuter en ligne sur le site des voisins et aller boire un chocolat chaud chez Malo. Encore une fois je ne suis pas déçue par ma lecture.

Ma notation :

Un jolie roman choral comme j’aime.