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Les semeurs de bonheur, Cécile Pardi

 

Quatrième de couverture:

Perrine, cinquantenaire au chômage, est au bord de la dépression quand le hasard met sur son chemin une petite chienne fox en piteux état. Elle la ramène chez elle et ce geste va transformer sa vie. Elle sort de sa solitude et se lance dans des M.B.B. (des missions de bonheur bilatéral) envers des inconnus. Après bien des mésaventures, elle se retrouve à la tête d’une petite troupe de douze humains et sept fox terriers, agents spéciaux en bonheur et un mouvement mondial se met en place…

L’avis de Lunatic :

Aujourd’hui je vous parle d’un roman d’abord édité chez Librinova et qui connait une seconde vie avec cette nouvelle parution chez Albin Michel. La preuve encore une fois que l’autoédition permet de dévoiler des textes de qualités.

Pour ce titre, je ne parlerai d’ailleurs pas de roman, mais plutôt d’un conte d’épanouissement. On y retrouve Perrine, le moral au plus bas et qui recueille une chienne mal en point. De cet acte, va découler une série de petits gestes de bonheur envers les autres, c’est le début des bonnes actions ou des missions de bonheur bilatéral comme elle aime le dire. Chaque chapitre nous conte une nouvelle mission et les répercussions que cela amène.

Alors oui, tout est mignon, tout est rose. C’est plein de bons sentiments, de bonne humeur, de bonheur! Et ça fait du bien. On passe notre lecture le sourire aux lèvres, on est apaisé, heureux. Le bonheur que véhicule ce roman est contagieux et on a juste envie d’être bienveillant avec les gens que l’on croise et de se lancer dans des missions de bonheur à notre tour. Grace à Perrine, on regarde notre quotidien et les gens qui nous entourent différemment. On essaie de voir le beau et le bon partout

J’ai dévoré ce roman d’une traite. Un joli moment de bonheur qu’il serait dommage de rater.

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[Duo lecture] Les victorieuses, Laetitia Colombani

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Je n’avais pas aimé le premier roman de l’auteure. Mais j’avais envie de lui laisser une seconde chance.

(MadameOurse) Contrairement à Lunatic j’avais vraiment beaucoup aimé La tresse et je voulais relire Laetitia Colombani.

La couverture :

(Lunatic) Cette superposition de visages anonymes et ces couleurs criardes fait de cette couverture un objet bien voyant, qu’on ne peut louper dans les rayonnages, à l’image de son précédent roman.

(MadameOurse) Pour ceux qui ne le savent pas encore je n’aime pas le rose. Du coup les coloris de cette couverture ne m’attirent pas du tout. Mais elle est moderne.

La quatrième de couverture :

A 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d’avocate : ses rêves, ses amis, ses amours. Un jour, elle craque, s’effondre. C’est la dépression, le burn-out. Tandis qu’elle cherche à remonter la pente, son psychiatre l’oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce :  » association cherche volontaire pour mission d’écrivain public « .  [Quatrième de couverture volontairement tronquée]

Après lecture :

(Lunatic) J’avais trouvé La tresse ennuyeux, fade et sans saveur. Je me suis donc lancée dans ce nouveau roman avec un peu d’appréhension. Le chapitre d’ouverture commence fort, et on comprend que le moment de lecture qu’on s’apprête à passer aux cotés de Solène ne va pas être très facile. Avocate brillante, une vie personnelle qui l’est moins, un procès perdu et c’est le burn out. Solène plonge, son moral vacille, ses envies, ses espoirs disparaissent.

Elle s’embarque dans une mission qui s’annonce difficile en postulant pour être écrivain public au sein d’un foyer de femmes. Elle y va à reculons, redoutant la rencontre avec ces femmes et pensant n’avoir rien à apporter à ces résidentes. Doucement les liens se tissent, les méfiances se tassent et Solène a l’impression de servir à quelque chose.

En parallèle à ce récit, on rencontre une autre jeune femme, Blanche Garcin. On est au début du 20ème siècle, entre les deux guerres et l’auteure nous dresse le portrait d’une femme exceptionnelle. Forte, libre, moderne et résolument tournée vers les autres.  je n’avais pas lu la 4ème de couverture, je pensais lire un roman, et j’ai vite compris que tout ne pouvait pas être que fiction. Le palais de la femme existe vraiment.

Le récit a alors pris un autre sens à mes yeux. Ce roman n’est pas juste l’histoire de ces deux femmes, c’est l’histoire de plusieurs femmes, de ces résidentes que l’on rencontre, de celles dont l’auteure ne parle pas, mais qui ont vécu dans ce foyer ou y vivent toujours. Je l’ai trouvé dur à lire, j’étais mal à l’aise au cours de ma lecture. Un peu l’impression d’être une lectrice voyeuriste : venez lire la misère des autres, la souffrance de ces femmes à qui la vie ne sourit pas vraiment…  Je suis surement passée à coté du message que souhaite délivrer l’auteure. Un roman que j’ai préféré au précédent, mais qui malheureusement ne me laissera pas un souvenir terrible. Et je pense bien que je m’abstiendrai de lire le prochain.

(MadameOurse) Voici un duo lecture qui va être assez riche en terme d’avis car je ne partage pas le ressenti de Lunatic. Moi j’ai aimé ce roman, les personnages qui nous sont présentés, je me suis prise d’empathie pour ces femmes; car si le titre, Les victorieuses, est bien au féminin c’est parce que ce ne sont que des femmes dont nous allons lire l’histoire.

J’ai particulièrement aimé l’agencement du roman qui va astucieusement venir nous conter diverses histoires et destinées par le biais de Solène, cette avocate qui va se retrouver bénévole au Palais de la femme.

C’est à cet endroit, que va se dérouler la majeure partie du roman. Le lieu est aussi un des personnages du roman, son histoire va nous être contée par la voix de Blanche, la femme qui a eu l’idée de donner à ce lieu l’utilisation de foyer uniquement destiné aux femmes. Un projet colossal qui nous replongera au cœur des années 20. A cette époque déjà, les femmes seules avaient besoin de pouvoir trouver un tel lieu d’accueil.

Et de nos jours, via la voix de Solène, ce sont Binta, Sumeya, Cynthia, Iris, Salma, Viviane, La Renée qui vont raconter leur histoire à cette avocate qui se propose bénévolement de les aider à écrire leurs courriers. Ça m’a touchée car ces destinées si différentes mènent toutes à la misère. C’est terriblement triste de voir à quel point une vie peut chavirer. Migrante, jeune fille qui fuit sa famille, femme divorcée sans ressources, SDF, tant de parcours de vie qui les mènent là et sans possibilité de remonter la pente. Comme Solène qui va réaliser la dureté de la vie, j’ai été touchée par ce roman. Pour cette avocate d’ailleurs, c’est un gros passage à vide de sa vie, après son burn out professionnel, elle est en quête de sens à sa vie et ces rencontres vont la chambouler et la faire vaciller de nouveau. Au final, j’ai beaucoup aimé le ton du roman, rien de larmoyant mais un récit doux, simple et plein d’acceptation. Moi je vous le conseille !

Un petit grain de sable, Petra Hülsmann

 

Quatrième de couverture:

Sans être maniaque, Isa, 27 ans, a une vie bien réglée. Voilà onze ans qu’elle travaille chez la même fleuriste, déjeune chaque midi dans le même restaurant vietnamien et regarde chaque soir un épisode de son feuilleton préféré.
Mais un petit grain de sable vient enrayer la belle mécanique… M. Lee a fermé  boutique et le resto bobo branchouille qui a ouvert à la place ne sert pas de soupes de nouilles !
Le premier réflexe d’Isa est de prendre en grippe son nouveau voisin. Quel type prétentieux, ce Jens, et arrogant ! Mais n’est-il pas aussi terriblement séduisant ? Et célibataire…

L’avis de Lunatic :

Un roman qui a su égayer mon weekend. J’ai retrouvé la plume fraiche, pleine d’humour de l’auteure et qui pourtant est loin d’être niaise ou futile. Un roman chick litt qui réunit tout ce que j’attends. Une héroïne attachante, pas parfaite, à qui la vie joue de drôles de tours. Des personnages secondaires qui l’entourent tout aussi attachants,  essentiels dans la vie d’Isa pour l’aider dans son quotidien un peu tourmenté. Des scènes marrantes, des gaffes, des engueulades, des passages tendres, bref tout y est.  Je me suis pas mal vue dans le personnage d’Isa. Son coté maniaque des plannings m’a fait sourire car je suis pareil. J’ai ce besoin de savoir comment les journées vont se dérouler et de vouloir en maîtriser chaque minute. L’imprévu et l’inattendu m’effraient un peu alors autant dire que j’ai plaint Isa : le restaurant où elle mangeait chaque jour ferme, sa série télé est déprogrammée et la boutique de fleurs où elle bosse semble sur une mauvaise pente financière. Un joli cocktail pour faire angoisser la jeune femme. Vous ajoutez à cela un nouveau restaurateur qui l’agace, une petite voleuse dans sa boutique et Isa a l’impression que son quotidien explose.

Alors oui, Isa est un poil énervante. Elle a des réactions puériles par moment, excessives à d’autres, mais on l’aime comme ça. J’ai aimé son caractère, ses angoisses farfelues, ses habitudes alimentaires originales. J’ai aimé sa vision de l’amour, son attente du coup de foudre. J’ai aimé sa sincérité, sa fidélité en amitié, son enthousiasme, son courage. Les lecteurs ne pourront que l’aimer malgré ses petites défauts. Par contre j’ai été conquise dès les premières pages par Jens, le nouveau restaurateur. On ressent bien que derrière sa façade froide et distante, se cache un homme extra ! On sait très bien en commençant ce roman quelle en sera l’isseu, on l’espère en tout cas. Et c’est juste sympa et marrant de voir de quelle manière ils vont arriver à se rapprocher et toutes les galères qui les attendent. Un roman réconfortant et gourmand, et l’auteure vous glisse à la fin une recette « phare » du roman, que vous aurez juste envie de tester après avoir refermé le livre.

Isa a l’habitude de glisser dans un vase des petits papiers où elle note ses instants de bonheur. Alors si moi aussi j’avais ce vase, j’y glisserai sans nul doute un petit papier pour indiquer le bonheur que m’a procuré cette histoire.

 

(Merci à Mylène des éditions l’Archipel pour cette lecture)

 

 

Alice, Heidi Perks

 

Quatrième de couverture:

Une enfant disparaît. Deux versions du drame. Une seule vérité. Harriet avait confié sa fille à sa meilleure amie Charlotte pour un après-midi à la kermesse de l’école. Charlotte est persuadée de n’avoir quitté Alice des yeux qu’une fraction de seconde. Le temps pour la fillette de se volatiliser. Dévastée, Harriet ne peut plus envisager de revoir Charlotte. Elle ne lui fera sans doute jamais plus confiance. Mais elle n’aura pas le choix. Car, deux semaines plus tard, les deux femmes sont convoquées par la police pour être interrogées séparément. Il semblerait que chacune d’elles ait des choses à se reprocher…

L’avis de Lunatic :

Un roman sur une disparition d’enfant. Un thème que j’affectionne particulièrement. On pourrait s’imaginer lire toujours le même genre d’histoire, mais chaque auteur arrive à prendre ce prétexte pour nous faire des romans différents et ici encore ce thème est traité avec pas mal d’originalité.

Imaginez que vous confiez à votre amie votre fille durant la kermesse de l’école et que cette dernière disparaît. Tout est allé très vite, personne n’a rien vu. Imaginez alors quel va être l’état de votre relation avec votre amie. Imaginez l’état de détresse et d’angoisse de cette mère, surtout quand on sait qu’une autre disparation a eu lieu il y a quelques mois.
On comprend aisément la distance qui se crée, les reproches, la violence des sentiments. Alors que la mère de famille dévastée ne voulait plus voir son amie, elles se retrouvent au poste de Police. On assiste à leurs interrogatoires respectifs où la vérité va vite apparaître troublante et montrant nos deux héroïnes sous un nouveau jour.

Je me suis vraiment laissée happer par ce roman et son univers plein de noirceur, de rancœur, d’angoisse et de souffrance. Les personnages de ces deux femmes sont forts et en tant que maman j’ai pu m’identifier à elles et plonger au cœur du drame.
L’auteure use d’une plume rythmée, nous livrant une intrigue fluide. Un thriller psychologique comme j’aime beaucoup lire. Le récit nous est fait entre passé et présent et l’auteure a su me surprendre pendant le roman mais aussi dans son final plus que réussi à mes yeux.

 

Gare à Lou!, Jean Teulé

 

Quatrième de couverture:

Comme le disaient Mozart et Shakespeare :  » Il est très agréable de jouir d’un don exceptionnel, mais il ne faut pas oublier que c’est une source inépuisable d’embêtements.  » À 12 ans, Lou partage absolument cette opinion. Au prétexte qu’elle est en mesure de faire tomber immédiatement les pires calamités sur la tête de tous ceux qui la contrarient, on l’enferme dans un endroit secret en compagnie de militaires haut gradés pour qu’elle devienne une arme absolue capable de mettre en échec les plans malveillants des ennemis du pays ou, pire, d’ourdir de méchantes et sournoises manœuvres afin de causer des torts effroyables à d’autres nations. De telles occupations n’offrent pas à une adolescente les satisfactions que la vie aurait pu lui promettre. D’autant que son super pouvoir, aussi extraordinaire soit-il, ne fonctionne pas toujours comme prévu. Rien ne pouvait mieux inspirer Jean Teulé que d’imaginer les horreurs qu’un être humain bien disposé peut infliger à ses contemporains.

L’avis de Lunatic :

Je ne m’attarderai pas sur la couverture que je trouve pas très moderne et qui perso ne me donne pas envie. Le portrait de cette jeune fille souriante me fait penser au gamin kinder, pas vous? Mais qu’importe le contenant, l’essentiel reste le texte. J’aime beaucoup Jean Teulé, pour son écriture qui se démarque tant, par son ton, son style qui peut surprendre et ses idées de romans toujours assez originales. Ici il laisse pour un temps les romans « historiques » pour nous présenter un court roman au pitch quand même très tentant. Imaginez que Lou, petite fille de 12 ans a le don de pouvoir se venger des gens qui la contrarient. Un pouvoir que l’on est nombreux à rêver d’avoir je pense.

J’aime l’idée, on y retrouve le style de l’auteur (même s’il est plus sage dans ce roman) mais j’ai eu le sentiment que tout était survolé, bâclé, pas achevé. Le récit est plein d’humour, c’est absurde, loufoque et complètement barré. Le texte est parsemé de jeux de mots que j’ai beaucoup appréciés. J’ai lu d’une traite ce roman, et heureusement, car s’il avait été plus long je pense que je ne l’aurai peut être pas fini.

Je crois que Teulé on aime ou on déteste. Beaucoup de lecteurs n’accrocheront surement pas avec ce roman. Cette lecture ne me laissera pas un vif souvenir, mais j’ai apprécié ma petite heure d’évasion au sein de son univers futuriste.