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Les yeux d’Ava, Wendall Utroi

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Quatrième de couverture :

« Si vous lisez cette lettre, c’est que vous tenez mon manuscrit entre vos mains, qu’on me l’aura volé, ou que ma fin sera proche. Il ne me quitte jamais, collé à ma peau, dissimulé sous mon manteau ou dans mon cabas. Les premières pages sont nées, il y a des années, raturées et usées par les griffes du temps. »

L’avis d’Audrey :

Ava, s’adresse à nous à travers une lettre, 15 ans après un terrible drame qui a changé sa vie. En voiture, avec son époux et ses jumeaux à l’arrière, ils vont être surpris par un camion devant eux perdant son chargement. L’accident est inévitable. Et je peux vous dire que j’ai lu la description de cet accident en me rongeant les sangs. Les premiers chapitres sont tétanisants, le drame que vit Anna est terrible.

Après l’accident rien ne sera plus jamais comme avant, elle le sait ! Comment vivre avec l’absence, la culpabilité, les questions. Alors quand en plus, après l’accident certains vérités éclatent, c’est un peu la goutte de trop pour Ava. On la voit sombrer, mais on imagine mal comment elle aurait pu faire autrement !

J’ai beaucoup aimé ce roman, alors que tout est sombre et noir. C’est triste, tristement réel et on a mal pour Ava, pour ceux qui gravitent autour d’elle. On se rend compte avec ce roman, que tout peut basculer d’un instant à l’autre. Que le prétendu bonheur de nos existences est si fragile.

Il est difficile de quitter Ava une fois que l’on se plonge dans son histoire. Je pense qu’elle hante la plupart des lecteurs qui font sa connaissance.

Ma notation:

Un roman qui tourmente, qui fait mal, et c’est  tellement réussi.

Sous un grand ciel bleu, Anna Mc Partlin

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Quatrième de couverture :

La chaleureuse, la merveilleuse et bordélique famille Hayes est de retour !

Sous un grand ciel bleu, Rabbit a rendu son dernier souffle. Elle était leur fille, leur sœur, leur mère. Elle était leur soleil. Comment, dans cette famille d’ordinaire si loufoque, retrouver goût à la vie ? Davey l’a promis à sa sœur: il prendra Juliet avec lui. Mais comment s’occuper d’une enfant de douze ans quand le seul engagement qu’on a eu dans sa vie, c’est un abonnement au magazine Rolling Stone? Comment garder la foi, quand on a perdu un enfant? Chacun à sa manière, les Hayes vont tenter de surmonter leur chagrin. À chaudes larmes ou à grands rires, la résilience en souriant…

L’avis de Laure :

J’avais découvert Les derniers jours de Rabbit Hayes en 2019 et ça n’avait pas été une lecture qui m’avait émue autant que je ne m’y attendais. Pourtant, j’étais contente de retrouver la famille Hayes, à présent en plein deuil après le décès de Rabbit.

Le climat familial est à l’identique du premier roman, cette famille déchirée par un drame avec chacun sa façon de réagir, de se reconstruire et de tenter d’avancer. L’attachement aux personnages est très fort, le côté tribu qui unit la famille et leurs amis de toujours nous porte tout au long de la lecture. C’est une ambiance que j’ai beaucoup aimée. Bien sûr, tout n’est pas rose parce qu’ils sont malheureux. Molly, la mère de Rabbit sera celle qui aura le plus de mal à s’en remettre. Et la petite Juliet qui a perdu sa mère m’a énormément touchée, quelle difficulté de se retrouver avec un nouveau parent, dans une nouvelle vie, à cet âge charnière déjà si difficile qu’est l’adolescence.

J’ai pris plaisir à voir tous les personnages aller vers de nouveaux événements de leur vie, parce qu’il faut bien avancer et qu’ils ont le droit d’être heureux. J’ai aimé ce que que l’auteure réserve à Davey et Marjorie dont on voit notamment venir les rebondissements dans leur histoire, j’ai été touchée par Jack qui a bien du mal à comprendre les choix de Grace qui est désormais sa fille unique quand Lenny lui aussi peine à accepter les choix de sa femme.

L’histoire est vraiment prenante, la construction du roman où chaque chapitre nous fait suivre un personnage différent est parfaite pour évoquer le deuil et la reconstruction sous toutes ses facettes. Un bien joli roman !

Ma notation :

Une belle lecture mais qui doit vraiment être lue après Les derniers jours de Rabbit Hayes pour pouvoir tout comprendre des liens entre les personnages.

Il faut beaucoup aimer les gens, Solène Bakowski

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Quatrième de couverture :

Après un séjour en prison, Eddy Alune, 31 ans, est devenu veilleur de nuit, un métier qui lui permet d’échapper aux gens et aux ennuis. Il vient de perdre son père. En vidant l’appartement de son enfance, il retrouve des effets personnels qu’il a volés, vingt ans plus tôt, à proximité d’une SDF morte dans la rue. Poussé par la culpabilité, il décide de rendre à cette femme l’histoire qui lui a été confisquée.Une enquête commence, dans laquelle Eddy se lance magnétophone à la main, pour ne rien oublier.

L’avis d’Audrey :

Je serai un peu redondante, en vous disant, que cette année encore, Solène Bakowski m’a complétement renversée avec son écriture, avec ce roman, avec ses personnages. Mais oui, encore et toujours, je referme l’un de ses livres, complétement conquise.

Alors que survient le décès de son père, en vidant l’appartement de famille, Eddy se souvient d’un certains jour d’automne vieux de 20 ans. Alors qu’il n’était qu’un gamin, il a trouvé le cadavre d’une sans domicile fixe. A l’aide de quelques objets appartenant à la défunte, qu’il avait emportés en cachette, il va ainsi pouvoir enquêter et donner une identité et une histoire à cette femme.

Sa quête va le mener à la rencontre de nombreuses personnes. Il va les faire parler, se confier, et doucement le fil de la vie de cette inconnue se tisse. Des souvenirs, des anecdotes, des regrets… chaque mot, chaque phrase, qu’il enregistre sur un vieux magnétophone permet de la rendre vivante à nouveau. Une manière pour Eddie de se trouver lui même peut-être, une sorte de rédemption bienvenue.

Un roman que j’ai lu d’une traite, soufflée par la magie des rencontres et des instants, émue par cette humanité qui nous manque tant. On se regarde tous sans vraiment se voir, on ignore tout des gens que l’on croise. La démarche d’Eddy m’a vraiment bouleversée, autant qu’il aura bouleversé tout ceux qui grâce à lui se se sont souvenus de cette femme et de ce qu’elle a fait pour eux.

Ma notation:

Un roman magnifique. Solène Bakowski sait vraiment nous parler de choses du quotidien en leur apportant cette petite touche de romanesque. Et je suis sûre qu’en refermant ce roman, vous prendrez un peu plus de temps pour les autres.

Le sens de nos pas, Claire Norton

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Quatrième de couverture :

Auguste a « son » banc, dans un joli parc du Vésinet.
Celui où, tant de fois, il est venu s’asseoir avec Jeanne, son grand amour. Depuis la mort de cette dernière, il continue d’y venir chaque jour se souvenir des belles choses… Cet après-midi-là, c’est accablé qu’Auguste s’assied : il vient d’apprendre coup sur coup que sa belle-fille et son fils s’apprêtent à le placer en maison de retraite, et qu’il est atteint d’un mal incurable qui ne lui laisse que quelques mois à vivre.
Échouée à l’autre bout du banc, Philomène, quinze ans, est tout aussi désemparée. Fille unique, elle vient de perdre sa mère dans un accident de voiture et a rompu toute communication avec son père, qu’elle accuse de lui cacher la véritable cause de cet accident : un suicide.

L’avis d’Audrey :

Ce roman, c’est l’histoire d’une rencontre, celle d’Auguste, un vieil homme de 85 ans, et d’une gamine de 15 ans, Philomène. Auguste envoie tout plaquer, sans prévenir son fils. Entre l’absence de Jeanne, son épouse décédée, la cohabitation difficile avec son fils et sa brue, et surtout une dernière nouvelle qui remet tout en cause, l’homme décide de partir. Mais il n’imaginait pas s’encombrer dans sa fuite d’une jeune fille inconnue. Et pourtant, après une rencontre dans un parc, Philomène voit en lui, le moyen de fuir elle aussi. Dévastée par la mort de sa mère, elle est surtout pleine de questions, et elle cherche des réponses. S’il refuse d’aider l’adolescente dans un premier temps, Auguste se laisse attendrir par elle, et il sera son compagnon de route.

Ils vont s’apprivoiser et s’adopter. Ensemble, ils vont faire de ces quelques jours une vraie magie, rendant les choses possibles, libérant les non-dits et les peurs. Les armures se brisent, les cœurs se vident et l’envie de vivre devient plus forte. J’ai vraiment été attendrie par la relation qui se crée entre Auguste et Philomène. Lui, l’homme sage, expérimenté qui va soutenir la jeune fille perdue. Et pourtant, elle aussi va être déterminante pour Auguste. Sa présence illumine notre homme, et lui donne le courage et la force dont il a besoin.

Un roman qui traite de deuil, celui d’un époux et d’une enfant. Mais aussi de la culpabilité que peuvent ressentir ceux qui restent, et des questions qui peuvent perdurer après la perte de ceux qu’on aime. Il traite de la façon dont on avance dans la vie, comment on peut se construire quand on semble manquer de repères. Mais surtout, il parle de la vieillesse, de l’âge qui passe, de la maladie et de la difficile question de la fin de vie. L’ensemble est fait avec beaucoup de tendresse et de bienveillance. Claire Norton nous livre un roman lumineux, et plein d’espoir (malgré mes larmes qui n’ont pu s’arrêter à partir du chapitre 25). Une vraie leçon de vie.

Lire c’est roman, c’est surtout se rappeler que :

La vie est merveilleuse, féérique, éblouissante.

Ma notation:

Une rencontre entre deux personnages inoubliables portés par la plume sensible d’une auteure qui me bouleverse à chaque fois.

Ce que nous confions au vent, Laura Imai Messina

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Quatrième de couverture :

Sur les pentes abruptes du mont Kujira-yama, au milieu d’un immense jardin, se dresse une cabine téléphonique : le Téléphone du vent. Chaque année, des milliers de personnes décrochent le combiné pour confier au vent des messages à destination de leurs proches disparus.

En perdant sa mère et sa fille, emportées par le tsunami de 2011, Yui a perdu le sens de sa vie. C’est pour leur exprimer sa peine qu’elle se rend au mont Kujira-yama, où elle rencontre Takeshi, qui élève seul sa petite fille.

L’avis d’Audrey :

Quelle beauté et douceur que ce roman qui nous emmène au nord du Japon, à la découverte d’une mystérieuse cabine téléphonique. Elle permet de parler aux morts du séisme et du tsunami de Fukishima. Ce téléphone n’est pas branché, et pourtant, de nombreuses personnes viennent y parler à leurs défunts.

C’est ce lieu de pèlerinage qui va réunir Yui, animatrice de radio qui s’intéresse à cette cabine téléphonique à Takeshi, un homme ayant perdu son épouse dans la catastrophe de 2011. Un lien très fort va se tisser entre eux, car Yui ne va pas innocemment sur ses lieux. Elle a également perdus des proches: sa fille et sa mère. Deux pilliers de sa vie, et la reconstruction sans elles est très difficile.

Un roman tout en poésie, pour traiter du deuil, de l’absence des autres, pour parler de la mort. Et pourtant, ce n »est pas juste la tristesse qu’on retient de ce texte. Mais surtout l’amour, l’espoir, et même un certain optimisme. La voix de la narratrice, Clara Brajtman, berce avec délicatesse l’histoire de Yui et Takeshi, et donne vie avec délicatesse aux rencontres que fait notre duo.

Cette cabine existe vraiment, et si le sujet vous intéresse, ce reportage d’ARTE montre à quel point ce lieu peut être bouleversant mais surtout si bénéfique.

Ma notation:

J’ai beaucoup aimé ce roman plein d’humanité et de bienveillance. Une vrai leçon de résilience.