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iRachel, Cass Hunter

Quatrième de couverture :

Rachel était un ingénieur surdoué, spécialiste de l’intelligence artificielle, et Aidan un mari aimant et compréhensif.
Mais à la mort prématurée de Rachel, Aidan doit faire front pour continuer à éduquer seul leur fille unique.Il découvre que Rachel travaillait sur un projet hautement confidentiel : construire un robot androïde capable d’éprouver de l’empathie et de la compassion.
Et si elle y était parvenue ?

L’avis de MadameOurse :

J’ai vu passer ce roman sur le compte IG de BettieRoseBooks et la couverture m’ayant bien inspirée, je suis allée lire le résumé. J’ai trouvé l’histoire bien sympathique et ai sauté sur l’occasion de le lire lorsque les éditions Lattès l’ont proposé sur Netgalley.

Le début est assez triste, on fait la connaissance de la famille au cœur du roman : Aidan et Rachel, un couple très amoureux et leur fille adolescente Chloé. Rachel est scientifique et travaille sur l’intelligence artificielle. Son travail c’est sa vie et Aidan et Chloé sont souvent réduits à vivre seuls en attendant le retour de Rachel. Le père et la fille sont donc très proches. Rachel, comme sa mère avant elle, se savait menacée par un anévrisme qu’elle a soigneusement caché à sa famille… Jusqu’au jour tant redouté où la crise survient et sa famille est plongée dans le deuil. Aidan et Chloé sont alors très marqués par cette perte d’autant qu’elle survient alors que Rachel est encore jeune.

Quant Luke, le collègue de Rachel demande à parler à Aidan, celui-ci prend d’abord la fuite, il n’est pas prêt. Et n’a jamais trop aimé ce collègue dont il était un peu jaloux d’ailleurs ! Pourtant, Luke a le devoir de leur présenter le projet sur lequel travaillait Rachel, qui a tout prévu une fois son décès survenu… C’est ainsi qu’ils font faire la connaissance d’un « androïde humanoïde » surnommé iRachel. C’est un robot très évolué qui a l’apparence de Rachel, ses souvenirs, son corps en mieux et qui n’a jusque là été testé que en laboratoire. Rachel a prévu un test des capacités d’iRachel grandeur nature, au sein de sa famille !

Mais comment Chloé et Aidan vont-ils accepter ce robot alors qu’ils sont en plein deuil ? C’est assez cruel pour eux d’avoir sous leurs yeux le visage constant de leur mère et épouse sans que cela soit elle. Les premiers jours d’iRachel dans la famille seront donc assez tendus. Puis, celle-ci, grâce à l’intelligence qui est en elle, va progresser dans son relationnel et se rendre indispensable pour eux. C’est un roman amusant parce qu’iRachel a une analyse « robotique » des émotions, elle n’a pas de sentiments à proprement parler et elle décode les émotions des autres à sa manière du coup elle a une façon de parler parfois brut de décoffrage qui m’a beaucoup amusée. Elle sait faire face à toutes les situations et a des ressources inestimables. J’ai quand même été un peu déroutée par la limite de ce qu’on imagine possible qu’un robot puisse faire. Ainsi quand iRachel annonce à Aidan que son corps a été conçue pour qu’elle puisse avoir des rapports sexuels même si ce sera sans ressenti pour elle, heu, j’ai eu un petit blanc ! Parce que, oui pour moi, ça allait un peu loin quand même d’imaginer un robot qui soit capable de cela.

C’est une histoire vraiment riche et émouvante que nous livre ici Cass Hunter. Il y a beaucoup de thèmes traités, tous très intéressants (le deuil, l’intelligence artificielle mais aussi la démence des personnes âgées à travers la mère d’Aidan qui va arriver par la suite dans le roman). Il se passe aussi plein de choses et on ne s’ennuie pas une seconde en lisant iRachel. La fin est réussie et réaliste tout en étant touchante pour les personnages auxquels je m’étais beaucoup attachée.

Ma notation :

Une très agréable lecture. Je recommande !

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

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[Duo Lecture] Tout ce qui nous répare, Lori Nelson Spielman

Pourquoi ce livre :

(MadameOurse) Lunatic me parlait cet été de Lori Nelson Spielman en me disant que ça faisait un moment qu’on ne l’avait pas lue. Et, dans les jours qui ont suivi, les éditions Le Cherche Midi ont annoncé la sortie de Tout ce qui nous répare pour le 18/10. C’est pendant presque 2 mois qu’on a été appâtées par cette lecture avant qu’elle ne sorte. Alors, bien évidemment, on s’est ruées dessus !

(Lunatic) J’ai adoré les 2 premiers romans de cette auteure, comment ne pas lire ce 3ème livre. Et il était juste évident que ce serait en duo !

La couverture :

(MadameOurse) Je dois vous avouer que cette couverture ne me charme pas. Je n’aime pas spécialement ce jaune pâle ni le fait qu’on ne voit que le bas du corps de cette femme. Et le bandeau publicitaire rouge qui n’est pas un ajout sur la couverture mais qui réduit l’image me dérange aussi.

(Lunatic) Comme le dit Madame Ourse, rien de bien transcendant sur cette couverture. Dommage.

La quatrième de couverture :

Fais la paix avec ton passé. Ton avenir en dépend.

Erika Blair a tout pour être heureuse : une carrière au sommet et deux filles magnifiques. Sa vie sombre brutalement lorsque l’aînée, Kristen, meurt dans un accident. Entre culpabilité dévorante et déni obstiné, Erika et sa fille cadette, Annie, s’éloignent peu à peu, chacune prisonnière de son propre chagrin.

Erika reçoit un jour un mail anonyme : « Chasse ce qui te pèse et cherche ce qui t’apaise. » Elle reconnaît cette citation, tirée d’un cahier qu’elle a préparé avec amour pour ses filles, dans lequel elle a consigné les sages paroles de sa mère et de sa grand-mère. Qui peut bien lui avoir envoyé ce message et ceux qui suivront ? Des indices, semés entre les lignes, orientent Erika vers l’île de son enfance, Mackinac. Ce n’est qu’en remontant là-bas le fil de son passé torturé qu’elle pourra retrouver le chemin vers ses filles.

Après lecture :

(Lunatic) Les pages ont défilé, les chapitres courts s’enchaînaient, partageant avec Madame Ourse sur nos ressentis de lecture, sur le déroulement de l’intrigue et sur nos attachements aux personnages. Comment ne pas éprouver sympathie, tendresse, et affection pour cette galerie de personnage. En priorité pour nos 2 héroïnes, mère et fille qui bien qu’elles vivent le même drame n’arrivent pas à le vivre ensemble, à s’épauler. Ce roman est plein de non-dits, de remords ou regrets. C’est un roman de famille, de secrets, de pardon, de fautes, d’amour. Un roman d’espoir et de bonheur au final, malgré les épreuves, les miracles puis les désillusions.

J’ai trouvé ce 3ème roman plus abouti que les précédents. Même si l’atmosphère qui s’en dégage est plus triste, plus mélancolique, le message qu’il souhaite donner est très fort et puissant. J’avais un peu peur pendant la lecture que l’auteure nous emmène vers un final peu crédible qui aurait tout gâché à mes yeux, même si on l’aurait tant souhaité pour nos personnages. J’ai été particulièrement touchée par le personnage d’Erika, cette mère forte et faible à fois, si sûre d’elle en apparence et qui pourtant doute tant. A l’inverse plutôt agacée par le père d’Annie, peu présent dans le roman comme dans la vie de la jeune fille.

Une très belle lecture, des personnages forts et touchants au cœur d’une intrigue passionnante. J’ai adoré. ça va être long d’attendre le prochain roman de Lori Nelson Spielman.

(MadameOurse) Il ne m’a fallu que 3 jours pour lire les presque 500 pages de ce roman. C’est un vrai plaisir de lecture, on entre dans l’histoire et on ne la lâche plus. On s’attache infiniment aux personnages, à tous les personnages même les secondaires qui sont si touchants (Kate, Rory, Olive). On se prend à chercher une hypothèse sur les secrets que l’auteure tisse autour de son histoire. Et les pages filent, filent, filent.

Le roman débute par le deuil qui va toucher Erika et sa fille Annie lorsqu’elles perdent leur fille et sœur Kristen. A cause d’un quiproquo qui va malheureusement durer un moment, toutes les deux se sentent responsables du décès de Kristen et se renferment sur leur douleur ce qui va conduire à les éloigner l’une de l’autre. Annie va donc décider de s’éloigner de sa mère et partir. De l’île de Mackinac à Paris, on la suivra dans sa quête désespérée, elle est en effet persuadée que sa sœur est bien en vie.

Par la suite, Erika va aussi être amenée à se poser des questions par les drôles de mails qu’elle reçoit d’un expéditeur mystérieux qui semble bien au courant des petites citations qui ont toujours eu tant d’importance dans sa vie. Tiraillée entre son métier exigeant, son deuil, les blessures de son passé et sa fille qui la fuit, Erika aura à se retrouver pour pouvoir poursuivre une vie plus sereine.

Que vous dire de plus ? C’est un roman si plaisant à lire ! Lori Nelson Spielman a conçu ici une histoire forte, qui nous emporte et des personnages qu’on aurait envie de côtoyer dans la vraie vie. Je dois juste vous avouer que je m’étais imaginée une fin époustouflante et que j’ai eu un brin de déception parce que ça n’a pas été le cas. Mais cette fin est très douce, complète, apaisée. Elle va parfaitement avec le thème du deuil qui est au cœur du roman.

La mélancolie du kangourou, Laure Manel

Quatrième de couverture :

Alors qu’il s’apprête à vivre le plus beau moment de sa vie avec la naissance de sa fille, Antoine est confronté au plus horrible des drames : la mort de sa femme durant l’accouchement. Anéanti par la perte de celle qu’il aimait plus que tout, Antoine a du mal à créer du lien avec son bébé jusqu’à ce qu’il embauche Rose, une pétillante jeune femme à l’irrépressible joie de vivre, pour s’occuper du nourrisson. Parviendra-t-elle à aider Antoine à se révéler comme père et à se reconstruire ?

L’avis de MadameOurse :

J’avais découvert Laure Manel l’an dernier avec son précédent roman, La délicatesse du homard qui m’avait offert une jolie lecture. J’avais donc bien envie de découvrir le nouveau roman de l’auteure.

Par la quatrième de couverture, on s’attend à un début de roman bien triste. C’est évidemment le cas, l’histoire d’Antoine est douloureuse. Pour autant, je n’ai pas trouvé le récit triste, c’est conté avec une grand pudeur et un certain respect qui font que je n’ai pas eu à laisser couler de larmes. Le deuil est un des thèmes central du roman. Antoine va perdre celle qu’il aimait plus que tout et en voudra à sa fille de lui avoir pris sa femme. C’est dur mais c’est une réaction très humaine. On va suivre Antoine pendant plusieurs années parce que le deuil est un processus long et compliqué. Le jeune papa fera parfois un pas en avant puis deux pas en arrière. J’ai trouvé tout cela très juste, le choix de l’auteure de prendre le temps dans son récit est bon, sans cela je n’aurai pas trouvé l’histoire crédible.

C’est avec l’arrivée de Rose qu’Antoine va trouver une béquille pour survivre. D’abord parce que c’est la jeune femme qui s’occupera pleinement de la petite Lou jusqu’à ce que le papa soit à son tour capable de lui consacrer son énergie. C’est avec beaucoup de douceur et avec un grand respect de son statut d’employée que Rose amènera au papa et à sa fille de jolis moments. C’est un personnage touchant, elle s’efface beaucoup pour donner à chacun ce dont il a besoin. Il m’a manqué dans le récit un peu plus de détails sur ce que la jeune femme a elle même vécu dans sa jeunesse et qui vient expliquer la façon dont elle s’est construite.

On lit tout le roman en se disant « oui bon on sait déjà comment tout ça va finir ». Il y a des évidences… Mais l’auteure encore une fois ne cède pas à la facilité, elle a bien des choses à nous raconter avant de dévoiler sa fin. J’ai vraiment aimé le cheminement doux des années que l’on vit aux côtés d’Antoine. Rien n’est tout tracé, l’auteure laisse le doute s’insinuer dans nos esprits.

Ma notation :

Un joli roman qui traite très bien du thème du deuil et de la paternité. Douceur et pudeur au RDV.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Poste restante à Locmaria, Lorraine Fouchet

Quatrième de couverture :

Élevée dans le culte d’un père mort avant sa naissance, Chiara découvre, à l’âge de 25 ans, qu’elle est peut-être la fille d’un marin breton. Sous le choc de cette révélation, elle embarque pour l’île de Groix et fait la connaissance de Gabin, prête-plume d’écrivains célèbres, qui devient son compagnon de fortune. Mais ce séduisant jeune homme, arrivé comme elle de la « grande terre », est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Et Chiara reviendra-t-elle indemne de son enquête insulaire ?

L’avis de Lunatic :

Je l’attendais ce nouveau roman de Lorraine Fouchet, et je l’ai refermé avec la même sensation que pour les autres : pleine d’affection pour les personnages, totalement chamboulée par la palette de sentiments ressentis et le sourire aux lèvres et au cœur. Lorraine Fouchet sait me faire du bien avec ses romans !

Ici, on rencontre Chiara, une jeune italienne. Un jour, coup de tonnerre : sa marraine lui annonce que sa mère lui a menti, son père (mort avant sa naissance) n’est peut-être pas son « géniteur ». Elle quitte tout direction l’ïle de Groix pour tenter de retrouver l’homme qui pourrait bien être son père. Sur le bateau qui la mène à l’île, elle rencontre Gabin, un jeune homme sympathique et Uriel, qui lui permettra de trouver un logis sur l’île. On va alors déambuler sur cette île en compagnie de Chiara, on va partir à la rencontre de personnages atypiques mais si attachants. Comment ne pas être attendri par Perig, ce vieil homme dont le fils a disparu en mer? Comment ne pas sourire de bienveillance au rythme des chansons d’une jeune femme un peu différente? On espère que Chiara pourra trouver l’homme qu’elle cherche et trouver réponses à ses questions ! Et si cette « fugue » à l’île de Groix n’allait pas lui apporter plus qu’elle n’imaginait?

En parallèle, l’auteure nous parle de Charles, un jeune homme brisé par la mort de sa mère quand il était à peine ado. Un jeune homme qui a du rebondir pour s’en sortir et qui ne pouvait compter que sur lui même ! Il partage avec Chiara cette absence de père, cette absence d’amour parental, et une force de caractère immense !

Un roman touchant et marrant à la fois. J’ai aimé la petite touche d’originalité quand l’auteure fait parler les « objets »: Boite à lettre ou encore Pégase, le vélo de la Poste. L’auteure utilise pas mal d’expressions ou de mots issus du patois breton. J’avais peur de trouver cela lassant, et pas du tout. Un roman qui sent la mer, le sel, le vent : au cours de ma lecture je suis allée voir des photos et des plans de l’île, histoire d’avoir l’impression d’être un peu au coeur de l’île moi aussi. Et en refermant ce livre, je me suis promis de tester la recette du cake au romarin, en clin d’oeil à Rozenn, un personnage du roman.

Ma notation :

Comme d’habitude, un bonheur à lire!

 

 

Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin

Quatrième de couverture :

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

L’avis de Lunatic :

J’ai vu passer ce roman plusieurs fois sous mes yeux avant de percuter que l’auteure était Valérie Perrin. Je vous en avais parlé avec Les oubliés du dimanche

Ce roman m’a mise à terre, il m’a touchée en plein cœur. Il fait partie des textes qui marquent et dont on a du mal à quitter les personnages. C’est difficile de parler de ce roman sans trop en dire, sans trop en dévoiler. Violette Toussaint, garde cimetière est au cœur du roman, mais pas seulement. Autour d’elle gravitent tout un panel de personnages, morts ou vivants, et qui tous à leur manière paraissent tantôt touchants, tantôt agaçants. Ils ont tous leurs faiblesses, leurs failles, leurs secrets.

Revenons en à Violette. Quelle femme! Dès les premières lignes on ressent sa force, sa détermination, pourtant le malheur ne l’a pas oubliée, au contraire. Elle a su « renaître », redonner un sens à sa vie en donnant un sens à la mort des gens. Elle est totalement dévouée à ses morts, ceux de son cimetière. Elle connait chaque tombe, chaque date de naissance et de mort, elle note le déroulement des funérailles dans son cahier pour ne pas oublier, et se retrouve bien souvent malgré elle confidente de ceux qui viennent visiter les défunts. Une vie au milieu d’un cimetière, on pourrait s’attendre à une vie bien triste, et pourtant Violette y a trouvé un renouveau.

Ce roman mixe tout un tas d’émotions, nous faisant passer des rires aux larmes, de la colère à l’incompréhension, de la haine à l’amour, de la résignation à l’espoir. J’avais juste envie de prendre Violette dans mes bras et lui dire que tout irait bien. J’ai été très attendrie par l’histoire d’amour entre Gabriel (inhumé dans le cimetière) et Irène. Une vie à se fuir, à s’aimer, la mort pour s’unir! Comme j’ai pu détester Philippe Toussaint son époux, si distant, si froid, et pourtant…. Valérie Perrin est une magicienne des mots, des sentiments. Son écriture est sublime. J’ai beaucoup aimé la structure du récit, oscillant entre divers narrateurs et diverses époques. Minutieusement, tranquillement, on comprend ce qui a pu tout faire basculer dans les vies de nos personnages. Chaque chapitre est précédé d’une épigraphe tirée de poèmes ou de chansons, des phrases percutantes et dans le ton du roman. Ce roman mériterait une bande originale tant les références musicales sont présentes.

Ma notation :

Un petit bijou d’émotions. Une bien belle lecture.