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X ou Y, Séverine de La Croix

Quatrième de couverture :

« Je suis Camille mais depuis un an, quatre mois et vingt-et-un jours, je m’appelle Yann. Depuis que mon père ne sait plus lequel de nous deux est mort dans l’accident, son fils ou sa fille, Camille ou Yann. »Pour se protéger de son père devenu alcoolique depuis le drame, Camille a pris l’identité de son frère jumeau : Yann, son double, la moitié d’elle sans laquelle elle n’arrive plus à vivre, décédé dans l’accident avec leur mère. Inscrite dans un nouveau lycée, elle fait illusion.Mais comment demeurer Yann quand Thomas fait irruption dans sa vie ? Et comment redevenir Camille alors que son père s’accroche à « son fils » pour ne pas sombrer ?

L’avis de Laure :

Alors que je lisais Là où on s’aime il ne fait jamais nuit,  j’ai constaté que l’auteure allait publier un nouveau roman dont le résumé m’a tout de suite attirée. Pourtant ce roman est classé jeunesse et je lis peu de romans destinés à la jeunesse mais les thèmes traités ici m’intéressaient.

C’est une lecture très fluide et rapide, 240 pages que j’ai lues en une journée, accompagnée en duo par ma copine Monjardinlittéraire. On rentre vite dans l’histoire, on s’attache vite aux personnages et j’ai été prise par l’histoire de Camille / Yann, on veut forcément savoir comment la jeune fille va se sortir du piège dans laquelle elle s’est enlisée. Camille est bien une jeune adolescente, cachée derrière les vêtements et les passions de son frère jumeau Yann. Dans son quotidien, personne ne sait plus qu’elle n’a jamais été un garçon, même son père qui a sombré dans la dépression et l’alcoolisme a oublié que c’est son fils qui a péri aux côtés de la mère de Camille, dans cet accident qui a détruit la famille. On apprend vite pourquoi Camille a eu recourt à ce stratagème et c’est terriblement triste que la jeune fille n’ait trouvé que cette solution pour se protéger.

Il y a plusieurs thèmes au cœur du roman. D’abord l’alcoolisme du père, dont il devra absolument se sortir pour que la famille puisse repartir sur de nouvelles bases. Mais comment faire reconnaître et soigner cette addiction lorsqu’on n’est qu’une ado ? A son entrée en première, Yann/ Camille va tomber sous le charme de Thomas. Et pourtant leur histoire est impossible puisqu’il se cache sous l’identité de son frère. Alors le roman va aborder le sujet de l’homosexualité, des sentiments amoureux, du jugement et du regard des autres. Thomas est un personnage qui m’a beaucoup émue, mature, altruiste, et étonnamment communiquant pour un ado !! Camille deviendra aussi amie avec Sonia, un personnage que j’ai aussi trouvé très positif.

C’est petit à petit, en se dévoilant aux gens à qui elle commencera à faire confiance que le piège dans lequel Camille s’est elle même enlisée pourra se dénouer. J’ai ressenti un enchaînement un peu rapide sur la fin du roman, lorsque tous les nœuds de l’histoire se dénouent. Ça aurait été un bémol dans un roman adulte mais finalement, cela va avec la thématique jeunesse sous laquelle il est publié. Et je trouve que ce roman est une bonne lecture à placer entre les mains de nos ados pour le regard positif qu’il amène sur les gens et leurs différences.

Ma notation :

Une jolie lecture jeunesse entre romance et sujets de société.

Merci aux éditions du Rocher pour cette lecture

Un nouvel espoir pour Noël, Annie Lyons

Quatrième de couverture :

Il y a des choses que Lizzie n’aurait jamais pensé vivre – perdre sa sœur, par exemple –, et d’autres auxquelles elle ne s’attendait tout simplement pas, comme trouver un paquet de lettres écrites par celle-ci. Mais Bea n’était pas du genre à laisser le moindre détail au hasard. Elle lui a donc légué douze lettres – une pour chaque mois –, constituant une liste d’objectifs à réaliser pour essayer de trouver le chemin du bonheur. C’est donc portée par l’amour de sa sœur que Lizzie s’apprête à vivre une année bouleversante. Et à la fin, lorsque la magie de Noël réchauffera tous les cœurs, peut-être reprendra-t-elle même goût à l’amour…

L’avis de Laure :

C’est pas habituel chez moi mais cette année la venue des romances de Noël avec ces couvertures si reconnaissables m’a bien attirée. Envie de légèreté, de simplicité et d’un peu de magie. Celle-ci est la première que j’ai lue.

Le début est bien triste puisqu’on fait la connaissance de Lizzie le jour de l’enterrement de sa sœur aînée, décédée des suites d’un cancer. Un enterrement bien douloureux car il confronte aussi Lizzie à sa famille avec laquelle elle est en froid depuis 15 ans. Qu’a-t-il bien pu se passer pour une aussi forte hostilité ? D’autant que, on le comprend très vite, si Lizzie ne parlait plus à sa mère, elle est toujours restée extrêmement proche de Bea sa sœur, sans pour autant côtoyer le mari et le fils de celle-ci.

Lizzie se retrouve alors comme seule au monde, ayant perdu la seule personne avec qui elle avait des attaches fortes, sa confidente. Le jour de l’enterrement, son beau frère lui remet un paquet qui contient 12 lettres de sa sœur, à ouvrir à des dates précises pendant un an. Ce procédé n’est pas totalement original dans la littérature parce qu’il a déjà été utilisé par d’autres auteurs mais ça ne m’a pas dérangée. Rien d’exceptionnel dans ces lettres, Bea va bien évidemment se mêler de la vie de sa sœur en lui donnant des missions à réaliser qui ont toutes pour but d’adoucir la vie de Lizzie. Tour à tour, elle va donc se rapprocher de son neveu, jeune garçon bien perturbé par le décès de sa maman et devra bien évidemment aussi faire la paix avec son passé et reparler à sa mère.

Le roman est assez évident, il n’y a pas tant de surprises mais j’ai suivi le fil parce que la lecture était agréable. En revanche j’ai été assez gênée par les sauts dans le temps d’une lettre à l’autre, c’était un peu trop net, on passe la fin d’un chapitre avec un événement clé pour Lizzie puis on la retrouve 3/4 semaines plus tard. Bof, pas terrible.

Il y a aussi une romance dans l’histoire. Très évidente elle aussi, j’ai su de suite qui serait LE prince charmant de Lizzie. Alors certes, l’auteure brouille les pistes avec un autre homme qui entre en scène mais je n’y ai pas cru une minute. J’ai été assez déçue de la romance finalement parce que l’auteure passe beaucoup de temps à tourner autour de l’histoire qui n’aboutira pas et que j’aurais aimé qu’elle développe aussi le final, lorsque Lizzie enfin se met avec celui que j’attendais depuis le début.

Ma notation :

Une lecture sympathique mais pas exceptionnelle. Et finalement ni le titre ni la couverture ne me semblent parfaitement en accord avec le contenu du roman, Noël n’étant qu’un passage comme un autre dans cette histoire qui dure une année, d’un été à un autre.

 

(roman lu en partenariat avec Netgalley)

Le village des secrets, Sylvie Lassalle

Quatrième de couverture :

Après de longues années passées dans l’armée coloniale, Jules revient en 1912 dans son village provençal. Parti brusquement pour fuir une enfance misérable, ce fils de paysan réapparaît auréolé de ses galons d’adjudant. Son avenir semble tout tracé : renouer avec une vie campagnarde simple et se marier.

Il se lie d’amitié avec Anna, une jeune photographe qui vient de la ville. La jeune femme s’est installée au village pour découvrir l’identité de son père et en apprendre davantage sur sa mère disparue.

Alors que Jules aide la jeune femme à trouver des réponses, il est rattrapé par son propre passé dans les colonies. Entre trafics d’opium, usurpation d’identité, secrets et mensonges, Jules et Anna ne pourront compter que sur eux-mêmes pour percer les mystères du village et conquérir leur liberté.

 Ma notation :

Un très joli roman, agréable à lire et qui vous fera passer un bon moment.

(Merci à City Editions pour l’envoi de ce roman)

Un cri d’amour au centre du monde, Kyoichi Katayama

Quatrième de couverture :

Qu’advient-il de l’amour quand l’être aimé disparaît ?
Sakutaro et Aki se rencontrent au collège dans une ville de province du Japon. Leur relation évolue de l’amitié à l’amour lorsqu’ils se retrouvent ensemble au lycée. En classe de première, Aki tombe malade. Atteinte de leucémie, elle sera emportée en quelques semaines.
Sakutaro se souvient de leur premier baiser, de leurs rendez-vous amoureux, du pèlerinage en Australie entrepris en sa mémoire. Quel sens donner à sa souffrance ? Comment pourrait-il aimer à nouveau ?

 Ma notation :

Sublime et inoubliable !

 

 

 

Journal d’un amour perdu , Eric Emmanuel Schmitt

 

Quatrième de couverture :

« Maman est morte ce matin et c’est la première fois qu’elle me fait de la peine. »
Pendant deux ans, Eric-Emmanuel Schmitt tente d’apprivoiser l’inacceptable : la disparition de la femme qui l’a mis au monde. Ces pages racontent son « devoir de bonheur» : une longue lutte, acharnée et difficile, contre le chagrin. Demeurer inconsolable trahirait sa mère, tant cette femme lumineuse et tendre lui a donné le goût de la vie, la passion des arts, le sens de l’humour, le culte de la joie. Ce texte explore le présent d’une détresse tout autant que le passé d’un bonheur, tandis que s’élabore la recomposition d’un homme mûr qui n’est plus « l’enfant de personne ». Éric-Emmanuel Schmitt atteint ici, comme dans La nuit de feu, à l’universel à force de vérité personnelle et intime dans le deuil d’un amour. Il parvient à transformer une expérience de la mort en une splendide leçon de vie.

 Ma notation :

Un texte d’une beauté éblouissante.