Archives du mot-clé thriller psychologique

Ne la quitte pas du regard, Claire Allan

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Quatrième de couverture :

« Ne crois pas tout ce qu’il raconte » : un simple mot laissé dans son casier à l’hôpital, et c’est le doute qui s’insinue dans l’esprit d’Eli, une infirmière enceinte de sept mois. Simple plaisanterie de mauvais goût ou véritable avertissement ?
Le message fait-il allusion à son mari, Martin, qu’elle sent plus distant depuis sa grossesse ? Un deuxième message lui parvient bientôt, plus explicite mais surtout plus inquiétant… Puis les menaces se précisent…
Dans l’ombre, depuis tout ce temps, quelqu’un semble l’épier. Quelqu’un qui souhaite plus que tout devenir mère… et le rester.

Alternant deux voix – celle d’Eli, la future mère, et celle de Louise, qui envie cette femme enceinte qu’elle ne juge pas digne d’élever la fillette qu’elle attend –, va se nouer un drame dont la tension monte crescendo, jusqu’au dénouement… inattendu !

L’avis d’Audrey :

J’aime beaucoup les thrillers psychologiques, encore plus lorsqu’il s’agit d’histoire de mères et enfants ou de familles. Mais pourquoi avoir précisé dans la 4ème de couverture que le dénouement était inattendu ?! Parce que moi dans ce cas là, dès les premières lignes je cherche la faille. Je décortique chaque phrase pour y trouver des indices et ici j’ai rapidement compris où l’auteure nous emmenait. Un peu dommage, même si cela n’a pas gâché complètement l’histoire d’Eli.

Eli travaille dans un hôpital, et à la fin d’une garde elle trouve dans son casier un mot anonyme qui met en cause l’honnêteté et la fidélité de Martin de son époux. Pourtant tout semble aller pour le mieux dans ce couple qui s’apprête à être parents. Un message qu’elle met de coté, pensant à une mauvaise blague. Mais rapidement un second message arrive. Eli ne peut plus l’ignorer. Elle peut se confier à Rachel, sa collègue et amie et trouve réconfort auprès d’Angela, sa mère qui saura être présente et veiller sur elle. 

Les tensions avec Martin s’accumulent. Eli n’a plus confiance en lui. Pourtant elle l’imagine mal être l’homme menteur et volage que lui affirme les messages anonymes. Qui aurait intérêt à lui dévoiler cela ? Dans quel but ? La fin de sa grossesse, un surmenage au travail et la fatigue auront raison de ses nerfs et de sa patience. 

L’auteur donne aussi la voix à Louise. Une femme perturbée par la mort de son enfant et qui semblé épier une jeune maman qu’elle juge incapable de s’occuper d’un nourrisson. On comprend vite que ses intentions sont mauvaises. Est-ce Eli qu’elle surveille ? Lui veut-elle du mal ? 

Ce roman se lit très bien, tant l’auteure a su donner du rythme à son récit. Les chapitres sont courts, tout s’enchaîne vite, laissant planer le doute à chaque instant. Claire Allan manipule ses lecteurs de la même façon qu’Eli est manipulée. Le thème central du roman montrant jusqu’où l’amour pour son enfant peut mener est très bien amené. La force d’une mère, la puissance des sentiments qui permet de tout dépasser, le pire comme le meilleur. 

Ma notation :

Un thriller sympathique à lire, mais les indices laissés au fil du roman par l’auteure manquant de subtilité gâchent un peu la surprise finale. Mais vous passerez un très bon moment de lecture tout de même.

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(Merci à Mylène de l’Archipel pour cette lecture)

 

Au loup, Lisa Ballantyne

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Quatrième de couverture :

Prof de théâtre au collège, époux et père comblé, Nick est un homme épanoui. Mais un soir, la police vient le trouver : il est accusé d’agression sexuelle par l’une de ses élèves. En quelques heures, l’angoisse et la honte s’abattent sur sa vie. Alors que l’opinion publique crie au loup, Nick doit faire face au raz de marée qui menace d’engloutir sa réputation, son travail et sa famille.
De son côté, la jeune Angela, sa victime présumée, doit affronter les soupçons des adultes et l’opprobre de ses camarades.
Coupable ou innocent ? Victime ou menteuse ? Pour Nick comme pour Angela commence un long et nécessaire chemin vers la vérité.

L’avis d’Audrey :

Quand une jeune fille livre ses confidences sur un professeur, tout vole en éclat. Angela a 12 ans, et elle accuse Nick, l’un de ses profs, d’avoir eu des gestes déplacés envers elle. Il n’y a aucune preuve, la police le relâche tout en lui interdisant de côtoyer des enfants, pourtant aux yeux de tous, il est coupable.

Un véritable cauchemar se met en place pour ce père de famille aimant et cet éducateur qui semblait irréprochable. En parallèle, Angela n’est pas décrite par l’auteure comme une jeune femme très équilibrée. En conflit avec sa famille, elle semble dépressive et voue une passion à Nick, cachant des photos de lui dans ses affaires.

On comprends très vite que l’on ne sait pas à qui se fier, et qu’il va va falloir faire éclater la vérité. En donnant la parole à plusieurs personnages, la narration nous entraine dans un tourbillon d’accusations, de dénonciations, de doutes et de manigances. Doit-on vraiment donner crédit à la plainte d’Angela? Nick est-il le père et époux idéal qu’on veut bien nous faire croire? Comment une épouse se positionne face à de tels accusations?

Ce roman noir, très noir même, surfant entre le glauque et le malsain, m’a perturbé par moment. Même si l’intrigue est très bien menée, je ne suis pas sûre qu’il convienne à tous les lecteurs. Cette façon de creuser aux plus intimes de la vie des personnages est dérangeante, pourtant il faut en passer par là pour savoir ce qu’il s’est réellement passé entre Nick et Angela.

L’auteure impose à son histoire un rythme fou, sachant garder le mystère jusqu’au bout et elle nous livre une révélation finale inattendue et surprenante.

Ma notation:

Un thriller psychologique sombre et violent.

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(Merci à J’ai lu pour la lecture)

Les 5 règles du mensonge, Ruth Ware

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Quatrième de couverture :

RÈGLE NUMÉRO UN
Dis un mensonge

RÈGLE NUMÉRO DEUX
Ne change pas ta version

RÈGLE NUMÉRO TROIS
Ne te fais pas prendre

RÈGLE NUMÉRO QUATRE
Ne pas se mentir les unes aux autres

RÈGLE NUMÉRO CINQ
Savoir quand cesser de mentir

Quand quelqu’un meurt, ce n’est plus un jeu…

L’avis d’Audrey :

Quelle 4ème de couverture intrigante, vous ne trouvez pas? J’aime commencer un roman sans rien savoir de l’histoire ni des personnages.

Besoin de vous. C’est le SMS que reçoit Isa de la part de Kate. Elle sait que Fatima et Théa ont reçu le même message. Les 4 femmes sont amies depuis plus de 20 ans. Une amitié qui a débuté au lycée, alors qu’elles étaient en pension. Une amitié et un secret qui semblent les lier à jamais. Pour Isa, pas la peine de réfléchir, elle décide de se rendre à Salten, dans la maison de Kate le matin même. Elle prend avec elle sa petite fille, Freyia. Un tout jeune nourrisson qu’elle allaite et qu’elle n’imagine pas laisser.

Dès les voyage en train pour rejoindre ses amies, les chapitres laissent place aux souvenirs de jeunesse. On fait la connaissance de jeunes filles assez libérés, qui multiplient les expériences, les soirées arrosées ou autres incartades. Loin de l’image de femmes posées et responsables qu’elles montrent dans le présent.

Une ambiance très mystérieuse, presque malsaine s’installe rapidement. Quand on apprend pourquoi Kate a convoqué ses amies, on comprend alors que leur secret s’annonce  tragique, voire macabre ! Surtout ne rien dévoiler, continuer à mentir pour ne pas que tout vole en éclats.

J’ai adoré ce roman presque autant que j’en ai détesté chaque personnage. Je n’ai pas réussi à m’attacher à l’une seule d’entre elles. Mais en même temps je ne pense pas que ce soit le but de l’auteure que le lecteur se prenne de sympathie pour elles. Dans ce roman, comme dans les précédents, l’auteur décortique avec minutie la psychologie des personnages et les interactions entre eux. Bien qu’il y ait beaucoup de suspense et de surprises, l’action reste assez lente mais du coté positif. Vous savez, un peu à l’image de certaines séries policières anglaises comme Broadchurch.

Une fois que vous aurez lu ce roman, serez-vous prêts à garder le mensonge?

Ma notation:

Un thriller psychologique qui m’a beaucoup plu. Une histoire d’amitié qui tourne au drame pour notre plus grand plaisir de lecteur un peu machiavélique.

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(Merci à Estelle des éditions Fleuve pour la lecture)

Les cœurs imparfaits, Gaëlle Pingault


Quatrième de couverture:

Barbara, la cinquantaine est sommée de prendre en charge sa mère frappée de sénilité. Elle refuse, ayant peu d’affection pour cette mère qui ne l’a jamais aimée; elle veut pouvoir vivre sa vie d’universitaire extravagante et libre. Cependant, la nouvelle la touche plus qu’elle n’est prête à le dire, modifiant sa relation à ses amants, à ses étudiants, et même à la lecture, son plus grand plaisir.
Dans le mêm temps, Charles Bodier, médecin fantasque et désabusé de l’EHPAD où est hospitalisée la mère de Barbara, refuse de baisser les bras face à son apparente froideur : il la poursuit de messages décalés, jusqu’à établir le contact. Barbara va découvrir le secret de cette mère distante, et Charles finir par s’avouer la souffrance qui se cache derrière son excentricité.
A l’image de Lise, aide-soignante humaine et dévouée, ils vont ainsi apprendre tous les deux que le soin de soi passe par le soin de l’autre, et réciproquement.

L’avis d’Audrey :

Des personnages, des vies qui vont se croiser dans un lieu pas ordinaire : un EHPAD. Charles, neurologue à la retraite est depuis peu médecin dans la structure, un poste pépère et calme mais pourtant pas si facile. Ne pas raccrocher totalement avec son métier, c’est aussi une excuse pour ne pas rester chez lui, auprès d’Éliane son épouse, à qui il n’a plus rien à dire. Les silences et les regrets semblent avoir remplacé le bonheur au sein du couple. Lise, est aide soignante, un vrai rayon de soleil pour les résidents. Une femme forte et volontaire, écrasée par le poids du travail et le manque de temps pour bien faire, pour mieux faire. Puis il y a Rose et Barbara. La première ne reconnait plus personne, la seconde ne vient pas la voir. Une mère et une fille séparées, en froid.

J’ai été conquise par ces personnages, par leur vie, par leur doutes et angoisses. La plume de l’auteure est pleine de tendresse et de cynisme mélangés. Les thèmes du roman ne sont pas des plus joyeux, et pourtant en usant de touches d’humour, l’essentiel du message passe avec plus de douceur. J’ai beaucoup aimé le personnage de Barbara : le récit est entrecoupé de souvenirs d’enfance. On comprend mieux pourquoi mère et fille ne se parlent plus et pourquoi la jeune femme ne visite jamais sa mère. Et j’ai adoré les échanges qu’elle a avec Charles, entre humour, confession et affection.

J’ai aimé la façon dont elle n’est pas jugée par Charles ou même Lise sur son manque de visite et d’affection envers Rose. Car oui, si des enfants ne visitent pas leurs aînés, c’est qu’il y a souvent une raison forte et un passé inconnu des soignants.

Le style de l’auteure est très agréable, je découvre une belle plume et j’en aurai bien lu encore davantage. Les personnages sont vrais, si justes et j’ai aimé les suivre pour ce petit temps où tous trois se remettent en question et ébranlent leurs certitudes et habitudes. On aime, même si ce n’est pas toujours de la meilleure des manières, c’est si essentiel d’aimer.

Ma notation :

Un roman tendre et franc. J’ai aimé découvrir cette auteure que je relirai avec plaisir, je vais d’ailleurs de ce pas regarder ses anciennes parutions.

Merci aux éditions Eyrolles pour cette lecture

Quand je ne serai plus là, Linda Green



Quatrième de couverture:

Depuis quelques jours, Jess Mount vit un véritable cauchemar. Son fil d’actualité Facebook semble totalement déréglé, et la transpose dans un futur où… elle n’existe plus. Elle serait vraisemblablement morte dans un accident. Mais avant cette fin tragique, elle se découvre un petit ami, un mariage, et même un bébé. Pourtant lorsque de nouveaux messages suggèrent qu’elle a été assassinée, le doute s’installe.
Et s’il ne s’agissait pas d’une simple blague mais de son véritable destin ? Jess comprend bientôt que si elle change l’avenir pour sauver sa vie, le bébé qu’elle a commencé à aimer n’existera peut-être jamais…

L’avis d’Audrey :

Et si l’on annonçait votre mort sur Facebook ? Auriez vous envie d’en savoir davantage?

Alors qu’elle consulte son compte Facebook, Jess est interpellée par un message privé de Sadie sa meilleure amie: « Je n’arrive plus à croire que tu sois morte…. Repose en paix, Jess ». Une blague que la jeune femme trouve de très mauvais gout. Pourtant Sadie nie avoir posté un tel message. Puis c’est un post de son père qui vient la troubler à nouveau, annonçant la perte de sa fille chérie. Jess ne comprend rien, et se demande bien qui peut bien jouer à ce drôle de jeu macabre. Mais elle se rend compte que non seulement elle est la seule à pouvoir lire les messages Facebook mais qu’ils semblent être postés du futur. Nous sommes en janvier 2016, et Jess peut grâce à ces messages Facebook voir ce qui va se dérouler dans sa vie jusqu’en juillet 2017 où elle mourra. Elle apprend alors que Lee, l’homme qu’elle vient juste de rencontrer deviendra son époux et qu’ils auront rapidement un petit garçon ensemble. Comment cette vie qui s’annonce merveilleuse va-t-elle tourner au drame? Et surtout, Jess arrivera-t-elle à contrer le destin?

Un roman qui commence comme un récit frôlant le fantastique pour évoluer comme une thriller psychologique angoissant. On sait dès le début que Jess notre héroïne va mourir, et  j’ai cherché au fil de la lecture les façons de pouvoir la sauver. Elle connait le destin qui l’attend et pourtant elle se rapproche dangereusement de la date fatidique et on se demande bien comment l’auteure va réussir à la sortir de la.

J’ai été happée dès les premières lignes par cette histoire. J’ai tellement aimé l’amitié qui lie Jess et Sadie. 2 femmes inséparables, qui se sont construites ensemble. Que dire du père de Jess, avec qui la jeune femme a vécu un drame familial si marquant avec le décès de sa maman. Depuis, il est devenu le pilier essentiel à sa vie, protégeant sa petite fille chérie. Autant dire, qu’à ses yeux, Lee venait lui voler sa petite fille. J’ai eu beaucoup de compassion et d’admiration pour cet homme. L’écriture est efficace et réussie, et joue son rôle. On avale les pages qui nous amènent à un final prévisible mais néanmoins très bien amené.

Linda Green traite dans ce roman d’une thématique bien forte, dont il est si important de parler.  Elle explique d’ailleurs à l’issue du roman les raisons qui l’ont poussé à écrire cette histoire, et cette confession donne une dimension très sincère et réaliste au récit.

Je n’ai juste pas compris le choix de couverture. Elle fait écho à celle du premier roman de l’auteure, mais n’a aucun rapport avec l’histoire de Jess.

Ma notation :

Un thriller plein de tension, qui frappe le lecteur.