Le garçon de l’ombre, Carl-Johan Vallgren

Quatrième de couverture :

1970, Stockholm. Un père s’apprête à prendre le métro avec ses deux petits garçons. Il laisse Kristoffer, son fils de sept ans, monter les escaliers pendant que lui emprunte l’ascenseur avec la poussette. Mais quand il arrive sur le quai, plus une seule trace de l’enfant.
Quarante ans plus tard, son frère, Joel Klingberg, disparaît du jour au lendemain. Pour le retrouver, son épouse se tourne vers Danny Katz, ami de longue date de son mari. L’ancien junky et ex-traducteur pour les services secrets suédois accepte, un peu malgré lui, d’aider cette belle femme triste. Il ne tarde pas à découvrir que la riche et puissante famille Klingberg cache bien des secrets…

L’avis de Lunatic :

J’ai apprécié ce roman même si j’ai eu un peu de mal à m’y plonger complètement. Les premières pages nous racontent la disparition de Christopher en 1970, les conséquences sur sa famille avec le suicide de ses parents quelques années après. En 2012, notre intrigue commence avec la disparition de Joël, le frère de Christopher. Entre en scène alors Daniel Katz, ancien ami de Joël qui est appelé par l’épouse du disparu pour l’aider à le retrouver.

Katz est le personnage central du roman, et le problème est que je n’ai eu aucune sympathie pour cet homme (ancien junkie, un peu paumé mais malgré tout très intelligent). L’intrigue est vite devenue lente et confuse à mon sens. J’ai eu du mal à retenir les noms des personnages, à situer les lieux des actions. Beaucoup de passages du roman ne m’ont pas semblé utile, j’ai du coup sauté quelques passages. Néanmoins, j’ai fini ma lecture en étant satisfaite, et j’aurai presque envie de lire un second roman de l’auteur qui reprends le personnage de Katz pour voir si cette fois il me convient davantage.

Ma notation :

 Pour les vrais amateurs de thriller.

La délicatesse du homard, Laure Manel

Quatrième de couverture :

Elle est partie aussi loin qu’elle a pu, pour rejoindre le début du bout du monde… et venir s’échouer au pied d’un rocher face à la mer d’Iroise.
Elle dit s’appeler Elsa.
Elle ne veut pas qu’on lui pose de questions.
Qui est-elle ? Que cache-t-elle ?
Et lui, que cache sa rudesse ? Lui qui l’accueille sans même savoir pourquoi…

Un roman à deux voix. Deux voix qui se racontent, et se taisent. Deux voix qui laissent place aux pas des chevaux, au vent qui plie les herbes sur la dune, au ressac sur le rivage et aux souvenirs échoués sur le sable.

L’avis de MadameOurse :

Encore une fois, un roman qui m’a tentée par sa jolie couverture, je me suis plongée dans ma lecture sans trop en attendre quoi que ce soit. Agréable surprise de se plonger dans un cadre géographique qui m’est quotidien !

Le roman débute par le « sauvetage » d’une femme en bord de mer. François découvre cette inconnue et l’amène chez lui. Il va alors mettre de nombreux jours puis semaines à apprendre qui elle est. En effet, Elsa refuse obstinément de dire d’où elle vient, qui elle est mis à part ce prénom qui n’est pas le sien. François va alors respecter son choix et lui laisser la possibilité de choisir ce qu’elle livrera d’elle. On sait qu’elle a souffert, qu’elle cache des secrets qui peuvent être lourds et qui sont à l’origine de sa fuite. Elle n’a pas envie d’y repenser ce qui fait qu’elle ne livre pas non plus ses pensées au lecteur. On avance ainsi à tâtons avec François. J’ai trouvé le livre bien mené parce qu’il n’y a pas de suspense, ce n’est pas le but, on sait qu’on va découvrir ce que cache Elsa et on n’est pas pressés. Enfin moi c’est comme ça que j’ai vécu ma lecture, avançant en confiance, profitant des chapitres sans m’obstiner sur le secret d’Elsa.

Le roman est une alternance de courts chapitres ce qui donne une lecture assez rapide, on passe de François à Elsa. Dans la première partie du roman, j’ai retrouvé le style d’écriture qu’on connait chez Agnès Lédig, ce sentiment d’être dans la tête du personnage à l’écouter penser. Je n’aime pas trop ça, j’aime mieux quand l’auteur suggère les pensées et ressentis de ses personnages. Comme Agnès Lédig aussi, il y a cette évocation de la résilience à travers Elsa qui est parfaitement consciente qu’elle va psychologiquement mal et qui va s’accrocher à chaque joli moment vécu pour s’en faire une béquille et aller chaque jour un peu mieux. Le cadre du roman dans le centre équestre tenu par François amène d’ailleurs d’agréables moments de vie.

Sans surprise, la relation entre François et Elsa va évoluer vers ce que l’on s’attend tous à trouver. C’est une histoire d’amour moderne où l’auteure nous décrit bien aussi l’attraction des corps. Et puis, la confiance va gagner leur relation et Elsa va se dévoiler. Souvent à la faveur de moments de crise vécus dans sa nouvelle vie. Je n’aurais pas pu imaginer les secrets qu’elle cache, les douleurs qu’elle a vécues. François aussi se confiera sur son passé à Elsa. Et au final, on a la construction d’un bien joli couple, fort d’un passé difficile.

Ma notation :

Si j’ai beaucoup été perturbée dans le début de ma lecture par des similarités avec les écrits d’Agnès Lédig, j’ai, heureusement, pu me laisser emporter par la force des secrets révélés et par la belle histoire d’amour contée par Laure Manel.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Ma fille, Jane Shelmit

dscn4183Quatrième de couverture :

Jenny est médecin, mariée à un neurochirurgien célèbre. Ensemble, ils ont élevé trois superbes enfants. Un soir, la plus jeune, Naomi, 15 ans, ne rentre pas à la maison. Les recherches lancées à travers tout le pays restent vaines. L’adolescente a disparu. La famille est brisée.

Plus d’un an a passé et les pires scénarios envisagés – enlèvement, assassinat – semblent de moins en moins plausibles. L’enquête s’essouffle… Cependant, Jenny, désespérée et obsessionnelle, n’a pas renoncé. Elle continue à chercher. Elle sent qu’elle ne retrouvera pas sa fille si elle ne sait pas tout de sa vie. Mais faut-il vraiment vouloir tout savoir de ceux qui nous sont le plus proche ? Car les vérités qu’elle va découvrir sont loin d’être celles auxquelles elle s’attendait.

L’avis de MadameOurse :

Dans ce roman, dans chaque chapitre il y a différents cadres de temps : un premier en 2009 qui nous raconte les jours d’avant et après la disparition de Naomi et un second en 2010 où nous apprenons petit à petit comment vit la famille de la jeune fille depuis sa disparition et notamment sa mère Jenny. Le découpage est présent dans chaque chapitre, on le commence toujours sur les événements actuels pour ensuite replonger en arrière. Cette organisation temporelle est fluide et bien amenée, je m’y suis vite habituée et n’ai jamais ressenti de frustration à passer d’un moment à l’autre.

On comprend assez vite que l’enquête sur la disparition de Naomi est toujours en cours 1 an après, qu’il n’y a que des pistes et qu’on ne sait pas si la jeune fille est toujours en vie. Sa famille est brisée, Jenny a quitté son mari et son travail, leurs 2 fils aînés sont partis vivre leur vie, la disparition a été un accélérateur de l’éclatement de la famille.

J’ai aimé comme tous les éléments nous sont amenés petit à petit, aux côtés de Jenny et en suivant l’enquête on découvre avec elle les zones d’ombre de la vie de Naomi, ces secrets typiques de la vie d’une adolescente et cette mère qui culpabilise d’avoir été prise dans le rythme des jours, dans l’organisation du quotidien qui lui a fait perdre le lien fort avec sa fille. Pour autant, j’ai trouvé le récit assez plat, pas ennuyeux non car le récit est riche de plein de petites révélations. Mais il n’y a pas de suspense et c’est un peu ce que j’attends toujours dans ce genre de lecture.

Je ne me suis pas particulièrement attachée aux personnages, j’ai lu le roman avec l’envie de savoir ce qui était arrivé à Naomi mais sans une émotion vive face à la douleur de la perte que vit sa famille. J’ai sans doute un peu jugé Jenny au fond de moi sur ces choses qu’elle n’a pas vues alors qu’en toute honnêteté je suis convaincue qu’aucune mère ne l’aurait vu / deviné.

Le final est assez stupéfiant toutefois, je ne m’attendais vraiment pas à cela. Encore un roman que l’on referme avec encore plein de questions en tête et ici, la question majeure étant « et après? », que devient la famille en apprenant la vérité ? Evidemment c’est fait exprès pour que le lecteur imagine lui même la suite en se mettant à la place des différents personnages.

Ma notation :

Le thème traité m’a plu, le roman se lit bien, sans ennui mais il m’a manqué la petite étincelle pour que ce livre soit plus que « bien ». Je n’ai pas vraiment compris non plus l’image traitée sur la couverture, ce papillon dans son bocal…

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Duo Lecture : La veuve, Fiona Barton

Pourquoi ce livre ?

(Lunatic) Madame Ourse me demandait si je connaissais ce roman, je venais justement de l’ajouter à ma tablette en format numérique (sans avoir prévu de le lire dans la foulée…) et je lui ai donc proposé de le lire en duo.
(MadameOurse) J’ai pas mal vu passer ce bouquin sur la page des éditions Fleuve et cette couverture m’intriguait vraiment.

 La couverture:

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(Lunatic) Une couverture très noire, qui colle au thème du roman.
(MadameOurse) J’aime bien cette couverture dont on comprend à la fin de la lecture pourquoi cette fleur. Elle est énigmatique et ne dit rien sur l’histoire mais c’est pas mal je trouve.

La quatrième de couverture :

Mari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ? La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque. Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil. Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquillité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus. Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

Après lecture :

(Lunatic)
Le roman alterne entre plusieurs points de vue et à différentes époques. En 2006, date de la disparition d’une petite fille de 2 ans et 2010, lorsque l’homme suspecté puis libéré trouve la mort. On a donc le récit de Jane (la veuve), d’une journaliste et d’un inspecteur. Le tout est donc de savoir ce qui est arrivé à ce petite fille et si Glen, le mari de Jane est bien responsable de cette disparation. Je n’ai pas du tout aimé le personnage de Jane qui nous est décrit comme une femme naïve et totalement sous l’emprise de son mari. On comprend vite qu’elle en sait plus que ce qu’elle veut faire croire. J’ai trouvé le récit glauque, les personnages sombres et j’ai été mal à l’aise de lire un roman traitant de pédophilie.

C’est un thriller qui se lit très bien, avec des chapitres courts et fluides. Mais malgré cette construction, j’ai trouvé qu’il manquait de rythme. Je n’ai pas été captivée par l’enquête et j’ai surtout été très déçue par le final du roman. « Tout ça pour ça » ai-je pensé en refermant le livre. Et gros bémol quand à la relecture du roman, il manque des mots à certains phrases, il y a plusieurs fautes flagrantes de grammaire.

(MadameOurse)
Honnêtement, je referme aussi ce livre avec un avis mitigé. Mais je l’ai trouvé vraiment prenant ! Dès le début on se doute bien que le personnage de Jane / Janie puisqu’elle nous est présentée ainsi comme ayant 2 facettes, cache quelque chose. Elle montre l’image d’une femme qui subit dans son couple, une petite chose naïve, complètement sous la coupe de son mari. Et en même temps… elle a conscience des choses, elle les ressent sans vouloir mettre de mots dessus (pour se protéger ? pour ne pas avoir à juger son mari?). Ça m’a vraiment accrochée à ma lecture, j’attendais le moment où cette femme allait se révéler, où on allait comprendre son couple avec une révélation particulière. Et ben … c’est jamais venu !
Le roman nous embarque dans l’enquête menée par la police suite à la disparition de Bella, une petite fille de 2 ans. C’est une enquête qui est vraiment menée à charge contre Glen l’époux de Jane. C’est très intéressant cette façon de faire, en tant que lectrice j’avais tellement conscience du fait que la police voulait absolument en faire son coupable que j’ai toujours douté qu’il ait fait quelque chose. Mais clairement, l’auteure ne nous ment pas pour autant, on sait que Glen a ses failles, il y a des preuves flagrantes de pédopornographie. Un sujet bien sombre mais personnellement qui ne m’a pas dérangée, je trouve que les détails nous sont épargnés et que la lecture reste donc « agréable ».
Le couple va aussi subir un harcèlement tenace de la part des médias et, là encore, j’ai aimé que le roman traite de cela, c’est un angle d’approche différent, ça m’a intéressée. On vit dans un monde où les médias ont un poids terrible et on le ressent vraiment bien dans ce roman.
Malgré tout ça, la fin m’a déçue. Comme dit Lunatic, « tout ça pour ça ». Je sais qu’il faut pas s’attendre à tout comprendre, à ce que tout soit expliqué dans ce genre de roman mais bon là on repart avec plus de la moitié de nos questions. Certes, on retrouve Bella mais …. on n’en sait pas vraiment plus et la mort de Glen n’explique pas tout. C’est vraiment dommage car le roman était prometteur avec un angle d’approche différent, original, intéressant.

 Si vous avez envie de faire une lecture en duo, n’hésitez pas, nous en ferons régulièrement en tenant compte de vos envies de lectures et les duos évolueront d’une fois sur l’autre. Faites nous un petit mail en nous disant ce qui vous tenterait.

Ne pleure pas, Mary Kubica

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Quatrième de couverture :

Chicago, en ville. Esther Vaughan disparaît du jour au lendemain. Inquiète, Quinn, sa colocataire, prend conscience qu’elle ne sait rien d’Esther: celle-ci a toujours refusé de parler de sa famille, et laisse derrière elle un fouillis qui ne lui ressemble pas – en particulier une lettre qui instille le doute dans l’esprit de Quinn « sainte Esther », comme elle la surnomme, n’est peut-être pas la personne qu’elle croit…
Ailleurs, dans un petit port sur la rive du lac Michigan. Alex Gallo voit entrer une inconnue dans le café tranquille où il travaille. Le genre de jeune femme dont la beauté et le charme font qu’elle ne passe pas inaperçue et ne laisse pas indifférent. Alex a dix-huit ans; il se laisse envoûter en toute innocence…

Entre ces deux événements, Mary Kubica construit brique par brique une intrigue aussi époustouflante que celle de son précédent et excellent roman Une Fille parfaite. Sans effets superflus d’écriture et avec sobriété, l’air de ne pas y toucher… C’est une magicienne du suspense qui retourne comme un gant l’apparente simplicité des situations et des personnages. Elle vous attrape dès les premières pages, vous enveloppe dans le mystère, vous y égare, et vous laisse dans l’incertitude jusqu’à la fin. A quoi ressemblera le puzzle, une fois toutes les pièces assemblées? La réponse est juste avant le point final.

L’avis de MadameOurse :

Dans ce roman, on suit tour à tour Quinn dont la colocataire vient de disparaître et Alex qui mène une existence morne dans une petite ville des Etats Unis. Quinn va fouiner dans la vie de sa colocataire et découvrir de drôles de choses qui lui feront douter de leur amitié tandis qu’Alex va rencontrer une nouvelle venue qu’il appellera Pearl et qui égaiera un peu son quotidien ultra routinier entre un job pas passionnant et un père alcoolique.

Honnêtement, j’en ai marre des auteurs qui écrivent tous pareil à savoir une alternance de chapitres où on suit un personnage puis l’autre. Je suis lassée !! Cette facilité d’écriture censée pimenter la lecture ne marche plus du tout sur moi et je préfère largement un récit linéaire où les chapitres s’achèvent sur un événement fort ou à la fin de la journée des personnages.

En plus, le risque est grand à écrire comme ça qu’on n’accroche au cours de notre lecture qu’avec l’un des 2 personnages. Et bingo, autant j’ai apprécié Quinn qui m’a émue quand tous ses doutes vacillent sur ce qu’elle sait d’Esther sa colocataire autant je me suis ennuyée à lire Alex. Ben faut dire aussi que sa vie est carrément barbante et qu’on comprend un peu l’intérêt que provoque l’arrivée de Pearl, elle est un peu de nouveauté dans ces journées tristes…

Evidemment, on lit page après page sans aucun lien entre les 2 parties du roman et ça dure longtemps, très très longtemps. Les traits se tirent à la fin mais alors le suspense décrit par la 4ème de couv’ me semble vraiment exagéré. Je m’étais un peu doutée de ce qui allait être révélé, je n’ai pas pris de plaisir particulier à le découvrir, ça manquait peut être d’émotion. Et certains points auraient sans doute mérité d’être plus creusés.

J’ai achevé ma lecture hier soir et je n’ai toujours pas compris le pourquoi du titre… La couverture heureusement au final est plus parlante.

Ma notation :

Une lecture sympathique mais qui ne me marquera pas. Le récit des événements est assez plat et le suspense peu présent.

Merci à l’opération Masse Critique de Babélio et à Harper Collins de m’avoir permis de lire ce livre paru le 11 janvier.

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