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Le suspect, Fiona Barton

 

Quatrième de couverture:

Quand deux jeunes filles de dix-huit ans disparaissent lors de leur année sabbatique en Thaïlande, leurs familles se retrouvent aussitôt sous les projecteurs des médias internationaux : désespérées, paniquées et exposées jusque dans leur intimité.
La journaliste Kate Waters, toujours avide d’un bon papier, se charge immédiatement de l’affaire, une occasion bienvenue pour elle de se rapprocher de son fils, parti vivre à Phuket deux ans auparavant.

Mais ce qui s’apparente au départ à une simple fugue d’ados qui aurait mal tourné, s’avère rapidement être quelque chose de plus sérieux. Les découvertes alarmantes se succèdent, le nombre de suspects se multiplie et la piste criminelle ne peut plus être écartée.
Face à la complexité de l’affaire et au manque de coopération des autorités sur place, Kate ne voit qu’une seule issue : se rendre sur les lieux afin de prendre l’enquête en mains. Mais cette fois elle est loin d’imaginer à quel point elle va être impliquée personnellement …

L’avis d’Audrey :

Dans ce troisième roman de Fiona Barton, on retrouve la journaliste Kate Waters, dont nous vous avons déjà parlé avec La veuve et La coupure. Même si j’avais refermé le second roman pas hyper convaincue, j’ai tout de même eu envie de la retrouver dans cette enquête qui s’annonce plus intime pour notre journaliste.

Alex et Rosy, deux jeunes femmes sont parties en Thaïlande à peine leurs examens finis, mais les famille s’inquiètent : voilà plusieurs jours qu’elles ne donnent plus de nouvelles. Alors que la police est alertée, Kate est vite contactée par l’inspecteur Bob Sparkes, cela fait 8 ans qu’elle n’avait pas eu de nouvelles de ce policier qu’on trouvait également dans les deux autres romans.

Il l’informe sur les disparitions ce qui ne laisse pas Kate indifférente. Son fils Jake, est lui aussi en Thaïlande. Le jeune homme qui excellait dans ses études des droit, a tout quitté du jour au lendemain il y a deux années, afin de s’envoler pour Pukhet et y soigner des tortues. Une décision que Kate n’a jamais accepté et elle regrette les si rares contacts qu’elle a avec son fils depuis son départ. Elle va donc s’investir dans les recherches, se rapprocher des familles, et essayer de découvrir ce qui a pu arriver aux filles. L’enquête prend rapidement un tournant inattendu, et Kate va se retrouver intimement mêlée à celle-ci.

J’ai vraiment trouvé ce roman largement plus intéressant que les précédents. Les divers thèmes abordés comme les liens de famille, la peur d’une mère pour son fils m’ont touchée. L’auteure insiste aussi sur le fait qu’une mère peut se tromper sur la personnalité de ses enfants, qu’ils ne sont pas toujours ceux que l’on pense.

Une fois encore, le travail des journalistes est au centre du récit, avec ce besoin de scoop, d’exclusivité et la concurrence entre les journaux. L’auteure montre également comment les journalistes peuvent être intrusifs envers les familles mais aussi les liens étroits qu’ils entretiennent avec la police, la façon dont ils s’aident et se filent les infos.

La construction du récit se fait à travers plusieurs personnages. Les passages de Kate, de la mère d’une des filles, de l’inspecteur ou même des mails d’Alex pendant son voyage. Ça permet vraiment de montrer un même événement mais avec d’autres visions. La détresse des parents, la façon dont l’enquête avance, comment on trouve le suspect idéal, la façon dont Kate mène ses recherches et la réalité des faits qui doucement nous dévoile ce qui s’est passé à Bangkok. J’ai trouvé le personnage de Kate beaucoup plus complet que dans les autres romans, et j’ai apprécié sa force et sa détermination. C’est assez horrible aussi de voir comment mener une enquête dans un pays étranger et éloigné est très difficile pour une police européenne. Les barrières qui se dressent, le temps perdu, les indices et possibles témoignages inaccessibles ralentissant la découverte de la vérité.

L’auteure n’enchaîne pas les rebondissements, l’enquête est lente et minutieuse, certaines choses sont évidentes dès le départ, mais pourtant je ne me suis pas ennuyée pendant ma lecture. J’étais vraiment été prise dans l’enquête et impatiente d’en connaitre l’issue. Un final qui pourrait déranger certains lecteurs, et mettant en avant l’amour maternel, avec un choix moral qui peut poser des questions.

Ma notation :

Ravie d’avoir retrouvé l’écriture de Fiona Barton pour ce thriller qui tient en haleine.

(Merci à Estelle de Fleuve Editions pour cette lecture)

A l’heure où parle la rose, Muriel Lecou Sauvaire

 

Quatrième de couverture:

Marianne revient à Lumiès, dans la maison familiale. Depuis la disparition mystérieuse de sa fille, dix ans plus tôt, elle n’y avait pas remis les pieds. Pourtant, elle savait qu’elle y serait contrainte un jour ou l’autre…

Elle découvre alors qu’une jeune femme étrange a entretenu le jardin laissé à l’abandon. Mais qui est-elle donc ?

Telle Alice désorientée au pays des merveilles, Marianne va cheminer au côté de ce singulier personnage. Que découvrira-t-elle sur sa terre natale ?

L’avis d’Audrey :

Un court roman très déstabilisant, et dont la lecture m’a demandé beaucoup de concentration. L’écriture est assez déconcertante, et l’ambiance floue du récit nécessite vraiment une certaine attention pour comprendre l’histoire que l’auteure nous conte.

Alice revient dans le village où elle vécu, dans le village où elle était heureuse. Mais ce bonheur c’était avant la disparition de Rose, sa fille, il y a 10 ans déjà. Elle revient donc dans ce village après avoir reçu un appel concernant Rose. De retour dans la maison de famille, elle fait la connaissance d’une jeune fille qui s’occupe du jardin et des fleurs. Une jeune femme qui la trouble, tant elle lui fait penser à sa Rose.

Sa fille, qui malgré sa disparition est très présente à Lumies, Alice la voit, lui parle même. On peut lire aussi quelques lettres d’un père, on rencontre un homme étrange, des gens qui semblent cacher quelques secrets et enfin prêts à révéler ce qu’ils savent depuis trop longtemps. On a du mal à identifier les liens qui peuvent  unir ces gens à Alice ou Rose. Les souvenirs, les récits et les discours se mélangent, avec beaucoup d’imprécisions et d’incohérences.

J’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qui dépendait de la réalité ou du fantasme d’Alice. Tout au long de la lecture, j’ai eu la sensation de flotter dans un univers à la limite du fantastique. On ne comprend pas ce qui est arrivé à Rose et ce qui amène Alice à revenir dans ce village. L’écriture est pleine de poésie, de beauté et de magie. Je me suis laissée ensorceler par Alice et j’ai eu beaucoup d’empathie pour cette mère, pour l’angoisse et la tristesse d’avoir perdu sa fille.

La dernière partie du roman nous donne enfin toute les clés, et le flou du récit se dissipe. Tout est expliqué, tout devient clair, enfin.

Ma notation :

Un roman à la construction originale que j’ai apprécié.

Jenny, Fabrice Colin

Quatrième de couverture:

Exceptionnellement, je ne vous mettrai la 4ème de couverture. Tout simplement car elle en dit trop, en dévoile trop.

L’avis de Lunatic :

Ce roman c’est l’histoire de Bradley. Tout commence avec un récit de vie assez classique. Souvenirs d’enfance, de sa famille, son boulot, ses soucis personnels puis la rencontre avec April et leur mariage. Mais lors d’un voyage à Las Vegas, elle disparaît. Elle reste introuvable. Fuite délibérée? Enlèvement? Accident? Bradley finira par tenter de combler ce manque en faisant des rencontres. C’est là qu’entre en scène Jenny qui l’amène dans une aventure un peu folle.

Le roman enchaîne sur un semblant d’enquête policière puis l’auteur nous emmène vite dans un récit loin de ce qu’on pouvait imaginer avec les premiers chapitres. Jenny est bien originale, dérangeante même. L’auteur nous plonge dans un sérieux brouillard. J’ai eu beaucoup de mal à cerner la vérité, le vrai parmi la folie, le flou ambiant. C’est un livre qui triture le cerveau, qui rend fou ! L’ambiance générale du roman est assez folle, mêlée à un style que je n’ai pas l’habitude de lire. On rentre dans la tête de Bradley, avec un récit à la première personne. On prend conscience des son questionnement, de ses doutes, de sa peur… C’est fou, c’est noir, c’est violent, c’est surprenant. Un moment de lecture assez inédit pour moi.

On n’efface pas les souvenir, Sophie Renouard

Quatrième de couverture :

Comment retrouver son chemin quand on a tout perdu ?
Annabelle a une vie merveilleuse. Un mari qui l’aime, deux petites filles adorables, une famille soudée.
Jusqu’à ce jour de septembre où elle est brutalement arrachée à ses proches, laissée pour morte au milieu de la forêt. Lorsqu’elle reprend conscience, sa mémoire s’est effacée. Plus de traces… Pour remonter le fil de sa vie, Annabel va devoir affronter la face cachée d’un bonheur qu’elle croyait parfait.

Summer, Monica Sabolo

Quatrième de couverture :

Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image  : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs  ?
Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences.
Comment vit-on avec les fantômes  ?

L’avis de MadameOurse :

Ce roman m’avait tentée lors de sa parution aux éditions JC Lattès en 2017. Cette histoire de disparition me faisait penser à un thriller. En réalité on en est assez loin, c’est plutôt un roman qui évoque le deuil, la perte d’un être cher.

C’est à travers les yeux de Benjamin, son frère cadet, que nous allons apprendre qui était Summer. Lui a 15 ans, il est un peu en adoration devant cette grande sœur qui commençait à vivre les 400 coups, intégré à la troupe de copines, en plein dans ses émois d’adolescent.

Mais celui qui nous raconte les choses c’est le benjamin de 40 ans, qui a perdu sa sœur depuis 25 ans et ne s’en est jamais remis. Il est alors dépressif, ne travaille pas, n’a pas de liens sociaux, toute son existence est encore comme en suspens. Il n’a pas fait son deuil. Le fera-t-il jamais ?

On part alors dans la ré-évocation de moments passés de leur enfance, de cette famille hors norme, plutôt bourgeoise, à la vie assez décalée. J’ai ressenti une écriture très intériorisée, tournée beaucoup plus vers les pensées de notre narrateur que dans l’action, dans les événements du passé. On peut avoir un paragraphe pour évoquer un regard. Je ne dis pas que ça n’a pas d’intérêt mais ça n’a pas marché avec moi. Je m’ennuyais, j’avais envie de sauter des lignes et des paragraphes, chose que j’ai d’ailleurs fait vers la fin. Les moments évoqués sont assez décousus dans le temps, c’est nostalgique, c’est lent, c’est triste. On est bien loin de la lecture joyeuse ou à suspense.

Heureusement, on quitte le narrateur à la fin du roman avec des réponses, on finit par savoir ce qui est arrivé. Mais rien de suffisant pour me faire oublier la difficulté que j’ai eu pour tourner chaque page.

Ma notation :

Je me suis bien trop ennuyée avec cette lecture pour pouvoir lui mettre une bonne note.