La tête sous l’eau, Olivier Adam

Quatrième de couverture :

Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier :  » On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar.  »
Il se trompait. Ma soeur serait bientôt de retour mais nous n’en avions pas terminé.

L’avis de MadameOurse :

Ce titre faisait parmi de ma sélection de la rentrée littéraire et je suis ravie d’avoir pu le lire. Le résumé me tentait beaucoup de par le fait qu’il évoque l’après enlèvement, quand une jeune fille a la chance d’être sauvée. J’étais toutefois intriguée également du classement par ce roman en catégorie jeunes adultes. Vous le savez, la littérature jeunesse ou young adult n’est pas tellement ma tasse de thé. Mais il m’arrive de faire des exceptions. Finalement ici, sans doute est-ce le fait que le narrateur soit un adolescent qui est en lien avec ce classement. Mais l’histoire reste relativement dure à lire, je trouve.

Olivier Adam nous plonge ici dans une ambiance qui est parfaitement restituée, celle d’une famille qui va traverser le pire : la disparition de la fille aînée. Le tsunami de douleur que cela représente pour les parents et le jeune frère sont parfaitement retranscrits. Et chacun réagit différemment à ce drame, créant par là même un autre drame dans la cohésion de la structure familiale restante. La disparition de Léa n’est donc là que le début d’une descente aux enfers. La famille va vivre de longs mois dans le doute, le stress, l’attente de nouveaux événements, la peur, l’espoir. Comment continuer à avancer ? Peuvent-ils continuer à croire en une issue positive ?

Et puis un jour, le drame prend une autre tournure : Léa est retrouvée. Mais dans quel état. Le roman se poursuit alors sur l’après. Et ça n’est pas moins rude que l’avant. Il y a l’hospitalisation, les séances avec une psychiatre pour Léa, les médicaments, la police qui mène son enquête et a besoin de tous les éléments pour pouvoir arrêter l’homme qui a enlevé Léa et la famille qui marche sur la pointe des pieds, tendue entre le besoin de retrouver leur vie d’avant et la conscience que c’est impossible, qu’il faut que Léa guérisse, qu’il faut lui laisser le temps de parler alors qu’eux veulent savoir ce qui lui est arrivé.

Entre tout ça, il y a des écrits de Léa, écrits d’avant son enlèvement à une personne dont elle a été séparée en quittant Paris (ses parents ont déménagé en Bretagne). Léa n’a jamais accepté qu’on la coupe de sa vie d’avant et a tout fait pour garder le lien avec cet amour que l’on ressent très fort. Quel lien entre cette relation et son enlèvement ? J’ai vite compris je dois dire ce qu’il y avait à lire entre les lignes de ces lettres. Les écrits se poursuivent après le retour de Léa mais la tonalité est alors fort différente, Léa en venant à accuser son correspondant pour son silence…

J’ai beaucoup aimé dans ce roman le lien entre Léa et son frère qui est le narrateur du roman, qui est encore jeune et peu armé à faire face à un tel tsunami (mais qui le serait ?). Il va avoir la force d’être présent pour sa sœur avec juste l’amour qui l’unit, en tentant de l’aider juste de sa présence. Le jeune homme y perd sa propre existence, il n’a plus la chance de vivre son adolescence normale et pourtant, jamais il ne se rebellera contre l’impact que le drame a sur sa vie personnelle.

Ma notation :

Un roman très fort qui relate extrêmement bien l’ambiance terrifiante pour une famille de la disparition et du retour d’une des leurs.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

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Sous nos yeux, Cara Hunter

Quatrième de couverture :

L’avis de Lunatic :

Daisy, 8 ans, disparaît lors d’un barbecue entre voisins et amis. On va assister à l’enquête à travers Adam Fawley, un flic qui a vécu un drame : la perte de son fils. Il va plonger au cœur de cette famille, qui croyez-moi n’attire pas du tout la sympathie. Je n’ai eu aucune once d’empathie pour ces gens. Peut-être que Léo, le frère de Daisy aurait pu m’émouvoir, mais sa froideur et noirceur en ont fait à mes yeux un triste personnage également. Minutieusement, les flics trouvent des pistes, des indices et ne veulent rien laisser passer pour retrouver Daisy. On soupçonne tantôt le père, puis la mère. L’enquête montre bien que ces deux personnages pourraient bien être derrière cette disparition. Le roman est entrecoupé de retranscription de posts de réseaux sociaux concernant le drame : Twitter, Facebook. Cela démontre à quel point ces réseaux sociaux peuvent être mauvais et destructeurs dans ce genre d’événements.

Encore un roman traitant de la disparition d’un enfant. La plupart de mes thrillers lus dernièrement parlent de cela. On pourrait imaginer alors que l’on va s’ennuyer, que l’on lit toujours le même roman. Et non, Cara Hunter a su me captiver et ainsi briser la panne de lecture que je subissais depuis quelques jours. J’ai commencé ce roman un soir, la fatigue a gagné et le lendemain j’ai pensé toute la journée à Daisy ! Que lui était-il arrivé? Qui est responsable de sa disparition? A peine rentrée j’ai repris ma lecture pour le finir d’une bien belle façon, puisque l’auteur m’a offert un final comme j’aime tant !

Une jolie découverte, et j’espère bien pouvoir relire très vite un roman de cette auteure!

Ma notation :

Addictif et prenant! J’ai beaucoup aimé.

 

Une seconde de trop, Linda Green

Quatrième de couverture :

Un seconde de trop et vous perdez tout. Un, deux, trois… Lisa Dale ferme les yeux et compte jusqu’à cent lors d’une partie de cache-cache avec sa fille. Lorsqu’elle les rouvre, Ella, quatre ans, a disparu. Sans laisser la moindre trace. La police, les médias et la famille de Lisa font corps pour retrouver la fillette. Mais si leur instinct les éloignait d’Ella ? Et si le ravisseur était connu d’eux tous ?

L’avis de Lunatic :

Depuis que je suis devenue maman, ce genre de thriller m’angoisse, et pourtant je prends toujours plaisir à les lire. Pas très cohérent je sais!

Lisa, maman de 3 enfants, joue à cache-cache dans un parc avec Ella sa fille de 4 ans, lorsque cette dernière disparaît. Elle imagine d’abord que sa fill,e fâchée ou déterminée à gagner, refuse de se montrer. Mais les minutes passent, l’angoisse et la peur monte. Ella a disparu ! La police débarque sur place, les recherches sont lancées. Dès les premières pages de ce roman, j’étais affolée, l’auteure décrit avec perfection les sentiments qui inondent Lisa : peur, colère, culpabilité, détresse, horreur. On entre au cœur du drame avec cette famille. J’ai été touché de voir que toute la famille tenait ensemble, pas de reproches, de cris, de pleurs. Malgré la douleur ils semblaient tous vivre cela avec calme, un peu étonnant quand même.

Puis rapidement le récit laisse place à Muriel, professeur de piano. Et l’auteur nous dévoile tout de suite son rôle, c’est elle qui a emmené Ella. Pourquoi? Dans quel but? Je vous laisse le découvrir. J’ai détesté ce personnage dès les premières lignes. J’avais envie de crier à Lisa et son mari: « Mais réfléchissez, vous connaissez la personne qui a pris votre fille »!!! Ella quant à elle vit cette situation avec beaucoup de sagesse, trop je trouve même, n’oublions pas qu’elle n’a que 4 ans! Elle est réfléchie, tient des propos très mature pour son âge, ce détail m’a un peu dérangé.

Le dénouement arrivant, on craint pour Ella. J’ai supplié pour qu’il ne lui arrive rien. L’aspect psychologique de ce thriller est réussi. Il est prenant, on s’attache aux personnages et on souffre avec eux.

Ma notation :

Un très bon roman! Je le conseille vivement.

 

 

Écoute-nous, Liz Coley

Quatrième de couverture :

TOUT OUBLIER POUR SURVIVRE
Angela, 13 ans, est kidnappée pendant un camp de vacances. Elle réussit à s’évader, rentre chez elle… pour découvrir que son absence a duré 3 ans.Elle ne se souvient de rien.

Qu’a-t-elle subi durant sa disparition ?
Comment s’est-elle échappée et qui est son ravisseur ?

Alors qu’Angela tente de retrouver la mémoire, son comportement devient de plus en plus étrange et totalement incontrôlable. La jeune fille l’ignore, mais ce qu’elle a vécu est encore plus terrifiant que tout ce qu’elle peut imaginer…

L’avis de Lunatic :

Angela, 13 ans, réapparait chez elle comme si de rien n’était alors qu’elle a disparu depuis 3 ans. Pourtant elle ne se souvient de rien, elle pense revenir d’une sortie dans les bois avec les scouts. Son amnésie est totale ! Avec qui était-elle? Où? Comment est-elle rentrée? Difficile pour elle de retrouver une vie normale, surtout qu’elle a l’impression que ses parents s’étaient résignés à ne plus la retrouver.

Ce roman occulte totalement l’enquête policière, ici on se concentre sur Angela, et les conséquences psychologiques de son traumatisme. Elle entame un travail avec une psychologue pour contrer son amnésie. Rapidement, Angela se rend compte que plusieurs personnalités vagabondent dans son esprit. Ses divers personnages, aux caractères bien différents lui ont permis de survivre durant son enfermement. Cet élément qui peut paraître compliqué est très bien expliqué et mis en scène dans le roman. Il est presque fascinant de voir comment elle va s’en détacher pour retrouver la mémoire.

Ce roman se lit très bien, le style est fluide, simple. Néanmoins j’ai trouvé qu’il était un peu longuet et j’ai tiqué sur certains points. Vous iriez confier votre bébé à une gamine souffrant de problèmes psychologiques et ayant vécu un tel drame? De plus, les parents d’Angela ont comme première préoccupation de savoir dans quelle classe il faut la scolariser… Perso, ce serait le dernier de mes soucis après un tel drame. Les personnages sont assez fades, le père est absent du roman, et même Angela semble vivre tout cela avec beaucoup de distance. Bizarre !

Ma notation :

J’ai aimé le roman, mais sa lecture n’est pas indispensable.

 

 

Une bonne intention, Solène Bakowski

Quatrième de couverture :

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école.
On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?

L’avis de Lunatic :

Solène Bakowski, je vous en ai déjà parlé avec le projet Sans elle/Avec elle mené avec Amélie Antoine. Dans ce roman, j’ai retrouvé tout ce que j’avais aimé dans Avec elle : Un style fluide et rythmé, un ton dur, cynique et des phrases qui percutent, qui touchent.

Le roman est composé de 3 parties. J’ai lu la première partie d’une traité, happée par une ambiance étouffante et intrigante, bouleversée par ses personnages. Comment ne pas être touche par la détresse de Mati, neuf ans: sa maman est morte et son père s’enfonce dans la dépression, sous les yeux d’une grand-mère un peu envahissante mais qui se donne pour but de relever son fils. Puis rapidement un nouveau drame prend place, Mati disparaît. Arrive alors le moment des doutes, du questionnement, des soupçons. Et si Nicolas, le père de Mati y était pour quelque chose. Après tout, sa fille lui rappelait tant son épouse, c’était si dur pour lui. Je voulais savoir, je ne pouvais pas laisser Mati ainsi, j’ai donc dévoré la suite du roman.

Les deux dernières parties éclairent le lecteur sur ce qu’il s’est réellement passé. Plus de secrets, plus de soupçons! On sait! On rencontre Rémi, un jeune adulte un peu spécial qui va avoir une place centrale dans le récit. Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher l’histoire.

Ce roman est bouleversant. Il marque, il ne laisse pas indifférent. Solene Bakowski est une merveilleuse conteuse. Une conteuse de l’horreur et du pire.

Ma notation :

Un roman glaçant et bouleversant! Lisez-le.

Sortie nationale le 14 mars 2018.

Merci à l’auteure de me l’avoir fait découvrir en avant-première