Poste restante à Locmaria, Lorraine Fouchet

Quatrième de couverture :

Élevée dans le culte d’un père mort avant sa naissance, Chiara découvre, à l’âge de 25 ans, qu’elle est peut-être la fille d’un marin breton. Sous le choc de cette révélation, elle embarque pour l’île de Groix et fait la connaissance de Gabin, prête-plume d’écrivains célèbres, qui devient son compagnon de fortune. Mais ce séduisant jeune homme, arrivé comme elle de la « grande terre », est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Et Chiara reviendra-t-elle indemne de son enquête insulaire ?

L’avis de Lunatic :

Je l’attendais ce nouveau roman de Lorraine Fouchet, et je l’ai refermé avec la même sensation que pour les autres : pleine d’affection pour les personnages, totalement chamboulée par la palette de sentiments ressentis et le sourire aux lèvres et au cœur. Lorraine Fouchet sait me faire du bien avec ses romans !

Ici, on rencontre Chiara, une jeune italienne. Un jour, coup de tonnerre : sa marraine lui annonce que sa mère lui a menti, son père (mort avant sa naissance) n’est peut-être pas son « géniteur ». Elle quitte tout direction l’ïle de Groix pour tenter de retrouver l’homme qui pourrait bien être son père. Sur le bateau qui la mène à l’île, elle rencontre Gabin, un jeune homme sympathique et Uriel, qui lui permettra de trouver un logis sur l’île. On va alors déambuler sur cette île en compagnie de Chiara, on va partir à la rencontre de personnages atypiques mais si attachants. Comment ne pas être attendri par Perig, ce vieil homme dont le fils a disparu en mer? Comment ne pas sourire de bienveillance au rythme des chansons d’une jeune femme un peu différente? On espère que Chiara pourra trouver l’homme qu’elle cherche et trouver réponses à ses questions ! Et si cette « fugue » à l’île de Groix n’allait pas lui apporter plus qu’elle n’imaginait?

En parallèle, l’auteure nous parle de Charles, un jeune homme brisé par la mort de sa mère quand il était à peine ado. Un jeune homme qui a du rebondir pour s’en sortir et qui ne pouvait compter que sur lui même ! Il partage avec Chiara cette absence de père, cette absence d’amour parental, et une force de caractère immense !

Un roman touchant et marrant à la fois. J’ai aimé la petite touche d’originalité quand l’auteure fait parler les « objets »: Boite à lettre ou encore Pégase, le vélo de la Poste. L’auteure utilise pas mal d’expressions ou de mots issus du patois breton. J’avais peur de trouver cela lassant, et pas du tout. Un roman qui sent la mer, le sel, le vent : au cours de ma lecture je suis allée voir des photos et des plans de l’île, histoire d’avoir l’impression d’être un peu au coeur de l’île moi aussi. Et en refermant ce livre, je me suis promis de tester la recette du cake au romarin, en clin d’oeil à Rozenn, un personnage du roman.

Ma notation :

Comme d’habitude, un bonheur à lire!

 

 

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Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin

Quatrième de couverture :

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

L’avis de Lunatic :

J’ai vu passer ce roman plusieurs fois sous mes yeux avant de percuter que l’auteure était Valérie Perrin. Je vous en avais parlé avec Les oubliés du dimanche

Ce roman m’a mise à terre, il m’a touchée en plein cœur. Il fait partie des textes qui marquent et dont on a du mal à quitter les personnages. C’est difficile de parler de ce roman sans trop en dire, sans trop en dévoiler. Violette Toussaint, garde cimetière est au cœur du roman, mais pas seulement. Autour d’elle gravitent tout un panel de personnages, morts ou vivants, et qui tous à leur manière paraissent tantôt touchants, tantôt agaçants. Ils ont tous leurs faiblesses, leurs failles, leurs secrets.

Revenons en à Violette. Quelle femme! Dès les premières lignes on ressent sa force, sa détermination, pourtant le malheur ne l’a pas oubliée, au contraire. Elle a su « renaître », redonner un sens à sa vie en donnant un sens à la mort des gens. Elle est totalement dévouée à ses morts, ceux de son cimetière. Elle connait chaque tombe, chaque date de naissance et de mort, elle note le déroulement des funérailles dans son cahier pour ne pas oublier, et se retrouve bien souvent malgré elle confidente de ceux qui viennent visiter les défunts. Une vie au milieu d’un cimetière, on pourrait s’attendre à une vie bien triste, et pourtant Violette y a trouvé un renouveau.

Ce roman mixe tout un tas d’émotions, nous faisant passer des rires aux larmes, de la colère à l’incompréhension, de la haine à l’amour, de la résignation à l’espoir. J’avais juste envie de prendre Violette dans mes bras et lui dire que tout irait bien. J’ai été très attendrie par l’histoire d’amour entre Gabriel (inhumé dans le cimetière) et Irène. Une vie à se fuir, à s’aimer, la mort pour s’unir! Comme j’ai pu détester Philippe Toussaint son époux, si distant, si froid, et pourtant…. Valérie Perrin est une magicienne des mots, des sentiments. Son écriture est sublime. J’ai beaucoup aimé la structure du récit, oscillant entre divers narrateurs et diverses époques. Minutieusement, tranquillement, on comprend ce qui a pu tout faire basculer dans les vies de nos personnages. Chaque chapitre est précédé d’une épigraphe tirée de poèmes ou de chansons, des phrases percutantes et dans le ton du roman. Ce roman mériterait une bande originale tant les références musicales sont présentes.

Ma notation :

Un petit bijou d’émotions. Une bien belle lecture.

 

 

Histoire d’@, Laure Manel

 

Quatrième de couverture :

Il est parti sans se retourner vers New-York qui lui tendait les bras. Et l’a laissée dans une incompréhension majeure. Douze ans après, il réapparaît derrière son écran, et commence alors une correspondance par mail, comme une conversation. L’occasion d’évoquer les souvenirs, et de se parler de leur vie. Mais quand le passé ressurgit, comment le présent pourrait-il ne pas être ébranlé ? Un roman épistolaire moderne qui rend hommage à l’amitié, questionne l’amour, et interroge les choix de vie.

L’avis de MadameOurse :

J’avais découvert Laure Manel l’an dernier et je la suis depuis via sa page FB. Elle publie un nouveau roman, La mélancolie du kangourou que j’espère pouvoir lire. En attendant j’ai découvert ici une parution plus ancienne, autoéditée en 2015.

Histoire d’@ se compose uniquement d’échanges de mails entre Mathilde et un homme. Celui-ci ne lui dit pas de suite qui il est quand il commence à lui écrire. Il va s’amuser à le lui laisser deviner. Mathilde ne mettra pas longtemps à comprendre qu’il est cet homme dont elle a été la meilleure amie, une amitié si forte qu’elle leur paraissait indestructible. Jusqu’au jour où…

Ils décident alors de donner une nouvelle chance à leur amitié et commencent à se raconter leurs vies et les années pendant lesquelles ils ont été séparés. Mathilde est mariée à un médecin et vit sur Belle Ile. Lui est « dans une histoire compliquée », juriste sur Paris. Il est question dans ce roman de l’amitié hommes-femmes et des ambiguïtés qui vont parfois avec. J’étais sceptique du traitement de ce sujet. Je n’ai jamais eu d’ami homme et je ne crois pas forcément en la chasteté possible de ces amitiés. Du coup j’appréhendais un peu la suite qui serait donnée à leur histoire, de peur qu’elle tourne vers quelque chose en quoi je ne crois pas. D’autant que très vite, les échanges entre les deux deviennent chargés d’une autre attente, partagée ou non, consciente ou non, est-elle juste un fantasme ?

Ce que Laure Manel a bien réussi ici c’est qu’elle n’a écrit l’histoire de Mathilde et Cyril qu’en mails. Ça se lit extrêmement vite du coup. Et il fallait un peu d’inventivité pour pouvoir tout dire par les mails notamment nous relater à nous lecteurs ce qu’il s’est passé lorsque Mathilde et Cyril ont refait le pas de se revoir « en vrai ».

Ma notation :

Histoire d’@ est une histoire qui interroge sur l’amitié homme femme, la fin en est sensuelle, douce, l’amour est au RDV. C’est un roman qui se lit vite et qui offre une jolie parenthèse.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley

L’année du flamant rose, Anne de Kinkelin

Quatrième de couverture :

Louise, Ethel, Caroline. Trois amies, joyeuses mais solitaires, partagent tout, leurs peines et leurs bonheurs, leur passion aussi pour les belles choses. Toutes trois sont des créatrices, des faiseuses de rêves, dans leurs ateliers qui se font face dans un passage parisien.

Louise, joaillière, crée des bijoux qui réjouissent le coeur et les yeux. Ethel, corsetière, réveille les sentiments et les sens des amoureuses éperdues (et des autres). Caroline, relieuse, redonne vie aux livres anciens, tout en rêvant la sienne. Toutes trois, passionnées, sont amoureuses de l’amour, mais celui-ci leur semble inatteignable…

Le jour où Louise s’entiche d’un flamant rose empaillé, superbe et quelque peu étrange, qu’elle installe dans son atelier, son regard sur la vie semble changer. Après sa rupture, elle est face à un défi : se relever, tenir debout, comme le flamant sur une patte, pour sa petite fille, Rose, malgré sa fragilité et les obstacles.

Cette année, les trois femmes sauront-elles trouver la force de se reconstruire ?

L’avis de Lunatic :

J’avais envie de lire ce roman pour deux raisons : sa couverture que je trouve très sympa, colorée et attrayante et aussi le fait qu’il a été publié par les éditions Charleston, qui dernièrement m’a apporté de bien jolies lectures.

Ce flamant rose, rapporté de vacances par une de nos trois héroïnes est un prétexte à un changement de vie, et malgré lui, il devient alors le témoin de ce renouveau. On a trois femmes dans ce roman, trois femmes aux doigts d’or dont les ateliers sont voisins. Une créatrice de bijoux, une spécialiste en lingerie et corset et la dernière qui redonne vie aux livres anciens. Ce roman c’est surtout une histoire d’amitié, de solidarité féminine. Elles vont toutes les trois s’épauler.

J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, imaginez qu’à la fin du roman je n’avais pas retenu ce que Caroline faisait dans son atelier. C’est bien la preuve que je n’ai pas réussi à rentrer dans ce roman. Puis pourquoi les hommes n’ont pas eu plus de place dans le récit? Pourtant le roman a tout pour plaire : le rythme est fluide, l’auteur distille de jolies touches d’humour, les thèmes sont variés et forts (amitié, couple, désir, …). Puis la fin qui n’en est pas une à mon sens a confirmé ma déception.

Ma notation :

Petite déception pour ce roman.

 

(Roman lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

 

Les loyautés, Delphine de Vigan

Quatrième de couverture :

Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.

L’avis de Lunatic :

Je n’ai jamais lu cette auteure, et je crois bien que c’est une belle erreur. Je n’avais pas prévu de lire ce roman, je l’ai eu entre les mains, j’ai lu les premières pages par curiosité et je n’ai pas pu le reposer. Dans ce roman, Delphine de Vigan fait alterner les confidences et le quotidien de 4 personnages: Théo, un garçon de 12 ans, qui vit en résidence alternée chez ses parents divorcés. Un jeune garçon mal dans sa peau, dans sa vie qui a trouvé du réconfort dans l’ivresse. Un jeu d’ivresse qu’il partage avec Mathis, qui lui vit en famille, une famille aimante et unie. On a Cécile, la mère de Mathis, qui nous dévoile les faux semblants de son couple et les failles de son quotidien. Et enfin, Hélène, professeur des garçons qui est persuadé que Théo est en danger, elle soupçonne une maltraitance familiale, dont elle même a été victime, et cela va tourner à l’obsession.

La narration est simple, le rythme est haché et vif, les pages s’enchaînent et l’on avance avec tension dans ces vies difficiles, témoin d’un enfant livré à lui même dont les parents n’ont pas réussi leur séparation, témoin d’une femme qui découvre son mari sous un nouveau jour. Ce livre est dur, sombre et il dérange le lecteur. Il est réussi! Et ce titre colle parfaitement au récit.

Ma notation :

Une lecture qui interroge et ne laisse pas indemne.