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Quand la reine chante, les abeilles dansent, Véronique Maciejak

Quatrième de couverture :

Marie aimerait être une mère qui assure. Une maman qui n’élève jamais la voix, qui se fait obéir sans punir, qui trouve toujours du temps pour ses enfants… Sauf que du temps, elle n’en a plus. Depuis qu’elle a décidé de quitter son travail pour se consacrer à sa famille, rien ne va. Elle est épuisée et débordée par les contraintes du quotidien. Alors elle crie, elle punit et ne parvient plus à gérer son ado précoce, son cadet hypersensible et sa petite dernière énergivore.
À l’aube de ses 40 ans, Marie frôle le burn-out parental. Mais a-t-elle le droit de se plaindre, elle qui a choisi d’être « au foyer » ? Et existe-t-il une recette pour devenir un parent parfait ?

L’avis d’Audrey :

Je suis maman d’un petit garçon de bientôt 6 ans, et même avec juste un enfant à la maison (quoique 2 avec le papa), j’avoue me sentir un peu débordée par moment. Alors quand ce roman titre être le roman que tout les parents devraient lire, je me suis dit qu’il fallait le découvrir.

Marie, qui gère la maison et l’organisation des journées avec 3 enfants est fatiguée et semble lasse de son quotidien. Un ado en pleine crise de rébellion, la petite dernière capricieuse et son garçon du milieu qui contre attente se montre presque parfait (trop beau pour ne pas paraitre suspect). Elle ne peut pas vraiment compter sur l’appui de son époux, submergé par son travail. La rencontre avec Rose, une nouvelle voisine va lui apporter une petite bouffée d’air et de détente. Rose va aller jusqu’à l’inscrire par surprise à un séminaire dédié à la parentalité. Marie ne s’imagine pas tout quitter pour prendre du temps pour elle. Mais tous sauront la convaincre de lâcher prise quelques jours et d’accepter ce moment pour elle.

Sur place, une discipline assez stricte surprend d’abord Marie: pas de téléphone, peu de contact avec les familles. Elle y fait la rencontre de Christianne, une mamie qui a tendance à trop gâter sa petite fille et à tout céder, et de Jennifer,  toute jeune maman qui frôle le baby blues. Ce séminaire c’est l’occasion rêvée de prendre soin de soi, de se détendre mais surtout d’appréhender une nouvelle façon de gérer son quotidien.

Ce roman, est un vrai coaching de vie, auquel en tant que lecteur on peut participer. Toutes les clés, les conseils et démarches qui sont proposés à Marie, on peut les mettre à profit nous même. Logiquement, je me suis interrogée sur ma façon de gérer mon quotidien et l’éducation que je donne à mon fils. Mais il faut noter que ce roman de développement personnel n’est jamais culpabilisant. Tout est expliqué avec pas mal de bienveillance. Partir à la rencontre de Marie, c’est un peu partir à la rencontre du parent que nous sommes nous même.

Ce que j’aime bien avec de nombreux ouvrages de chez Eyrolles, c’est que le coté développement personnel qui en règle général me gonfle vite, est brillamment mêlé à la fiction. Ainsi, les messages passent en douceur et ici l’auteure use de beaucoup de fluidité dans son style pour que ce roman se lise avec plaisir en enthousiasme.

Ma notation :

Un roman agréable à lire.

L’hiver de Solweig, Reine Andrieu

Quatrième de couverture :

Été 1940. Dans la France occupée par les Allemands, les habitants sont contraints de donner gîte et couvert à l’ennemi. À Lignon, paisible bourg du Bordelais, les Lenoir, une famille de notables, doivent héberger Günter Kohler. Passée sa répulsion première, Noémie, la jeune épouse, éprouve une violente attirance pour l’adjudant qui vit désormais sous leur toit.
Printemps 1946. La guerre est terminée, mais elle a laissé derrière elle son lot de malheurs, et de nombreux déplacés. Parmi eux, une fillette, retrouvée assise sur un banc, dans un village non loin de Bordeaux. Qui est-elle ? d’où vient-elle ? et pourquoi semble-t-elle avoir tout oublié ? Justin, un gendarme de vingt-quatre ans, décide de la prendre sous son aile et de percer le mystère qui l’entoure.

L’avis d’Audrey :

Le prologue du roman nous mène en 1946, une enfant est trouvée dans un village. Elle semble fuir quelque chose, elle est apeurée, mais ne peut rien expliquer. Elle semble être amnésique. Justin, un jeune gendarme va veiller sur elle et va tenter de retrouver la famille de la jeune fille.

L’histoire de ce roman va s’étaler de l’été 40 jusqu’à 1946. C’est ces 6 années qui défilent sous nos yeux de lecteur, l’histoire d’une famille, de leur entourage et d’un village.  La famille Lenoir habite un confortable manoir dans les environs de Bordeaux. A contrecœur, ils hébergent un soldat allemand qui réquisitionne l’une des chambres. Une cohabitation tendue au départ, qui prend une tournure qu’aucun n’imaginait. Comme dans de nombreux villages au cœur de la guerre, les méfiances et les doutes s’installent. On voit d’un mauvais œil la présence de cet allemand chez les Lenoir. Armand et Noémie semblent pactiser avec l’ennemi. Mais si en secret, d’autres choses se tramaient ?

Les chapitres s’alternent pour donner voix à plusieurs personnages. Se succèdent alors les narrations de Noémie et Armand, Les Lenoir. Mais aussi celles de Gunther (l’indésirable allemand), Germain le jardinier du domaine, ainsi que Justin le gendarme et la petite fille perdue. J’ai beaucoup aimé l’utilisation de cette narration avec ces sauts de personnages et de temporalité qui impose un vrai rythme et nous dévoile doucement l’intrigue et les relations entre personnages.

Logiquement, on imagine bien que la petite fille perdue de 1946 a un lien avec l’histoire de la famille Lenoir, sans pouvoir pour autant l’expliquer. Il m’a fallu attendre la fin pour comprendre, l’auteure a vraiment réussi à instaurer un très bon suspense et a su garder le mystère jusqu’au bout du roman.

On retrouve dans cette histoire, tout les éléments pour en faire un roman difficile à lâcher : de la passion, des secrets, une vengeance, de l’amour, des drames, des séparations, de la culpabilité, le tout intimement lié à la grande Histoire, avec de nombreux détails historiques et sociaux qui ancrent le récit dans une triste réalité. Reine Andrieu est vraiment minutieuse dans les détails qu’elle nous livre, par exemple sur la façon dont les français vivent le quotidien en temps de guerre, sur la résistance ou sur l’avancée du conflit, sans pour autant nous abreuver de détails qui alourdiraient son histoire.

Ma notation :

Un roman passionnant et bouleversant. Ne passez pas à coté de ce sublime roman.

(Merci à Maud des éditions Préludes pour cette lecture)

Les trois soeurs qui faisaient danser les exilés, Aurélia Cassigneul-Ojeda-Ojeda

Quatrième de couverture :

« Elles s’appelaient Flora, Begonia, Rosa. Elles étaient trois, elles étaient soeurs. Elles habitaient cette maison, à Cerbère, cette grande maison qu’aujourd’hui j’habite. Sous leurs fenêtres l’histoire roulait des flots d’hommes et de femmes. Sous leurs fenêtres la mer se balançait. Un jour elles sont parties, ont tout abandonné ».

Seul, blessé, Gabriele s’installe à Cerbère pour commencer une nouvelle vie. Il achète la Maison des fleurs, une grande bâtisse rose qui surplombe le port, abandonnée depuis des année

L’avis d’Audrey :

Gabriele arrive à cerbère après une séparation. Il est seul, vit mal la rupture et semble être hanté par une histoire familiale compliqué. Il achète une maison, « la maison aux fleurs » et s’intéresse à l’histoire de ceux qui habitaient les lieux avant lui. 3 soeurs s’y étaient installées avec leur père dans les années 1930, avant que leur pays, l’Espagne ne connaissent les tourments de la guerre civile. Dans la maison, Gabrielle trouve divers objets abandonnés et des carnets. La relecture de ces écrits et les échanges qu’il a avec Clothilde, la boulangère vont lui permettre de mieux comprendre qui étaient les 3 soeurs et comment vivaient-elles dans cette maison.

On découvre alors les vies de Flora, Rosa et Begonia, bercées par la musique, la peinture et la danse. Au coeur de cette maison, elles accueilleront à de multiples reprises des exilés, des résistants républicains bien souvent, ceux qui fuient l’Espagne, ce pays qu’elles n’ont que trop peu connu. Elles soigneront, nourriront, aideront et aimerons à leurs manières chaque personne qui franchissent la porte de la maison aux fleurs.

Gabrielle se passionne pour ces filles et par cette maison, où la mémoire des murs a tant de choses à lui dévoiler. En parallèle, il entreprends un long cheminement sur son histoire personnelle.

J’ai beaucoup aimé ce récit, raconté par la plume très douce et poétique d’Aurelia Cassigneul-Ojeda. Les question de l’exil, de son identité et de ses racines sont présents tout au long du roman. A travers l’histoire des 3 soeurs, c’est plusieurs témoignages sur la Retirada qui nous sont contés. Des moments de vie forts et bien tragiques, tant le déracinement est difficile à vivre pour ces gens. La sensibilité de Gabrielle, cet homme à fleurs de peau en fait un personnage très attachant, au même titre que les trois soeurs.

Ma notation :

Une très très belle surprise que ce roman que j’ai savouré en quelques heures.

La sang des Belasko, Chrystel Duchamp

Quatrième de couverture:

Cinq frères et sœurs se réunissent dans la maison de leur enfance, la Casa Belasko, une imposante bâtisse isolée au cœur d’un domaine viticole au sud de de la France.Leur père, vigneron taiseux, vient de mourir. Il n’a laissé qu’une lettre à ses enfants, dans laquelle sont dévoilés nombre de secrets.

Le plus terrible de tous, sans doute : leur mère ne se serait pas suicidée – comme l’avaient affirmé les médecins six mois plus tôt. Elle aurait été assassinée…Au cours de cette nuit fatale, les esprits s’échauffent. Colères, rancunes et jalousies s’invitent à table. Mais le pire reste à venir. D’autant que la maison – coupée du monde – semble douée de sa propre volonté.

L’avis d’Audrey :

Comment vous parler de ce thriller sans justement trop vous en dire ! Sachez  que dès les premières lignes, l’auteure va vous prendre par la main, pour vous amener doucement dans un récit étouffant et addictif. Le prologue a su me saisir immédiatement : ce n’est pas l’un des personnages, mais une maison familiale qui nous interpelle.

« Cette première nuit de l’été, la plus courte de l’année, fut la plus longue de mon existence. Je savais ce qui m’attendait. Je savais que les cinq frères et sœurs hausseraient le ton et que j’assisterais, impuissante, à leurs querelles. Mais jamais je n’aurais imaginé être témoin d’une telle tragédie »

La fratrie Belasko se réunit dans la maison de famille après le décès de leur père pour ouvrir le testament. Une fratrie où l’on comprend bien vite que la bonne entente n’est pas vraiment au rendez-vous. Au fil des chapitres, des personnages et des retours entre passé et présent dans le récit, on devient témoin, comme la villa, des rancœurs, des disputes et des conflits qui règnent dans cette famille. Alors quand à la simple révélation d’un testament, s’ajoute une annonce concernant le décès de leur mère quelques mois avant la disparition du patriarche, tout explose. Et quand les dispositifs de sécurité de la maison les empêchent de s’en échapper, l’auteure nous dresse alors un huis clos familial, dans lequel on ressent toute la tension présente dans la maison, la peur et les angoisses de chacun.

Les personnages sont minutieusement décortiqués, afin que l’on puisse essayer de comprendre tous les enjeux et conséquences de leur passé familial. Tout s’accélère, on se demande jusqu’où la fratrie va aller durant cette nuit de cauchemar. Un roman qui se dévore en quelques heures, difficile à refermer. J’ai vraiment eu la sensation d’être enfermée moi aussi au cœur de la Casa Belasko.

Ce roman laisse une impression très positive sur moi. J’imagine tellement cette histoire mise en image pour une série ou un film. Les dialogues cinglants, les scènes, les personnages et cette intrigue à la construction si bien menée prenaient vraiment vie dans mon imaginaire.

En refermant ce roman, je me dis que je vais bien vite m’intéresser à son précédent titre, L’art du meurtre pour me replonger dans l’univers de l’auteure qui a su me ici me conquérir.

Ma notation :

Un huis clos angoissant, pleins de rebondissements. J’ai beaucoup aimé.

(Merci à Mylène de L’archipel pour cette lecture)

En voiture Simone !, Aurélie Valognes

Quatrième de couverture :

Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, Jacques.  Une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, Martine.  Leurs fils, Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants  ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps  ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et…  trois belles-filles  délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère poule angoissée  ; Laura, végétarienne angoissante  ; Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l’arrivée va déstabiliser l’équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une  grand-mère  d’une sagesse à faire pâlir le dalaï-lama, et  un chien  qui s’incruste. Mélangez, laissez mijoter… et savourez !

L’avis de Laure :

C’est le 4ème roman que je lis d’Aurélie Valognes et son 2ème publié, je n’avais lu jusque là que les plus récents. Il m’a été offert par une autre Aurélie, fan de l’auteure !

De suite, j’ai retrouvé l’univers habituel de l’auteure et sa thématique fêtiche, les générations familiales. Je vous avoue que j’ai même eu l’impression de retrouver les personnages de La cerise sur le gâteau tant les deux romans sont proches. Je suis donc plutôt restée sur ma faim avec cette lecture, ayant trop l’impression de lire quelque chose de déjà lu. Dans cette famille haute en couleurs, les relations intergénérationnelles sont assez vachardes, pleine de petites piques de ci de là qui sont à peine voilées, on s’offre des cadeaux vache aussi pour faire passer des messages… Bref, pas la famille qui fait rêver à la base.

C’est un roman très léger, j’ai lu ses 240 pages en moins de 2 jours, preuve s’il en faut que cela se lit très facilement. Et puis, en fin de roman, les événements s’accélèrent un peu et là j’ai commencé à prendre du plaisir à l’histoire. Des confidences, des drames vont changer nos personnages. Et une nouvelle dynamique familiale va alors se construire autour des membres d’une tribu qui sera désormais unie et soudée par ce qu’ils ont vécu ensemble. La finalité du roman est vraiment jolie, j’ai donc d’autant plus regretté le ton du début, bien moins plaisant.

Autre point que je voulais souligner, je n’ai pas du tout compris le titre du roman, qui a d’ailleurs été modifié lors de la parution poche. Le titre d’origine Nos adorables belles filles correspondait à mon sens beaucoup mieux à l’esprit du roman. Et y a même pas de Simone dans l’histoire !

Ma notation :

Je suis mitigée sur cette lecture qui lasse après d’autres livres lus de la même auteure et qui sont très similaires.