Place Furstenberg, Lorraine Fouchet

Quatrième de couverture :

Jeune romancière, Amélie est très proche de sa soeur jumelle Marie. Elles ont grandi avec leur père qu’elles adoraient, le célèbre comédien de théatre Hubert Saint Jean, brusquement disparu il y a dix ans. Depuis, Amélie le fait revivre à travers ses livres ; Marie, elle n’a plus jamais prononcé son nom. Un jour lors d’une signature dans une librairie, une inconnu s’adresse à Amélie en lui parlant de son « grand frère ». Amélie la détrompe, elle a une soeur, aucun frère. Pourtant la jeune femme insiste, elle est formelle.

Parce que Marie ne veut rien entendre, Amélie mène l’enquête sans elle, épaulée par Mimmo, le vieux voisin rescapé des camps. Et elle découvre avec stupéfaction que leur père a bien eu un fils avant elles.

Alors, avec Mimmo et malgrè l’opposition farouche de sa jumelle, Amélie se lance sur les traces de son frère dans l’espoir fou de le retrouver en lui leur père et de ranimer le temps du bonheur, quand ils vivaient tous trois la vie de bohème, dans leur appartement joyeusement foutraque de la place Furstenberg, à Paris.

L’avis de Lunatic :

On parle beaucoup du roman Entre Ciel et Lou cet été, et avant de pouvoir lire ce roman, j’avais envie de découvrir cet auteur, j’ai donc pris au hasard dans mes rayonnages ce titre. Il s’agit ici d’un roman sur la famille, les secrets de famille. Amélie et Marie, jumelles, ont perdu leur père il y a 10 ans. Amélie, écrivaine, apprend par hasard au détour d’une séance de dédicace que son père a eu un fils. Elle part alors en quête de ce frère, même si sa sœur de son côté ne souhaite pas remuer le passé. Mais ce roman ne se focalise pas sur l’histoire des jumelles et d’Hubert le père, on y rencontre aussi Mimmo, ce vieux monsieur attachant et sympathique, à la vie si tragique qui va soutenir Amélie dans ses recherches. Puis Arthus, qu’Amélie pense être son frère et qui sera confronté à son tour aux secrets de familles, au passé de ses parents. J’ai aimé la place que prend l’appartement de la famille, où nos jumelles ont grandi, place Furstenberg. Un lieu plein de symboles, de souvenirs, un élément central dans le roman.

J’ai aimé les personnages de ce roman, sauf Marie que j’ai trouvé un peu autocentrée sur elle-même ! Amélie est touchante par sa ténacité à vouloir accéder à la vérité. Un roman plein de sensibilité, d’émotions qui efface le côté un peu lent de l’écriture sur le début du roman. Le récit nous fait quitter Paris pour quelques pages et nous emmène en Bretagne, sur l’ile de Groix, un beau voyage que j’ai hâte de refaire en me plongeant dans son dernier roman.

Ma notation :

Une lecture qui change de mes habitudes, que j’ai apprécié.

Le rideau déchiré, Jodi Picoult

Quatrième de couverture :

Élevée par Andrew, son père, Delia Hopkins a connu une enfance heureuse dans le New Hampshire. C’est alors que, sur le point de se marier, elle découvre que son père est recherché depuis vingt-huit ans pour l’enlèvement d’une certaine petite Bethany… qui n’est autre qu’elle-même. Sous le choc, la jeune femme cherche la vérité, au risque de bouleverser sa vie et celle de ses proches. Un subtil roman choral sur les pièges de la mémoire, la subjectivité des souvenirs, et la douloureuse profondeur des conflits familiaux.

L’avis de MadameOurse :

Après avoir découvert l’an dernier un premier roman de Jodi Picoult que j’avais adoré, j’ai eu envie de découvrir un peu plus les romans de cette auteure. Parmi les titres qu’elle a écrit et qui ont été traduits en français, Le rideau déchiré avait retenu mon attention pour son côté secrets de famille.

C’est une lecture qui m’a beaucoup surprise dans le sens où elle ne m’a pas menée là où je m’attendais. Et malheureusement, quand on a des attentes bien particulières et qu’on tombe à côté, parfois on en ressort déçus. Dans cette histoire, nous faisons la connaissance de Delia, une jeune mère de famille prête à épouser le père de sa fille. Sa vie va être chamboulée du jour au lendemain lorsque son père va se retrouver en prison pour un enlèvement commis 28 ans auparavant. Et il ne s’agit pas de n’importe quel enlèvement mais de celui de Delia elle même, la fille d’Andrew. Elle avait 4 ans lors des faits. Ses parents étaient divorcés et son père l’a enlevée à sa mère. Il a changé d’identité, lui a fait croire au décès de sa mère et … 28 ans se sont écoulés ainsi avec un secret bien gardé.

Je m’attendais dans cette lecture à découvrir une histoire énorme qui irait expliquer pourquoi Delia a été enlevée par son père, de quoi celui-ci a voulu la protéger. En fait, on va découvrir assez vite les grandes lignes de l’histoire et ce n’est pas l’explication colossale à laquelle je m’attendais. Le cœur du roman nous raconte plutôt comment les vies des personnages vont être chamboulées par cette révélation et comment chacun va passer ce cap et construire la suite de sa vie après un tel tsunami. On suit donc le procès qui va juger les faits commis par Andrew. Le roman est raconté tour à tour par Delia, par Eric son fiancé et avocat d’Andrew, par Fitz leur meilleur ami et par Andrew lui-même. Il y a, du coup, un certains nombres de passages où Andrew relate sa vie en prison. C’est relativement dur et je pense que c’est malheureusement tristement réaliste. Je n’ai pas trop apprécié ces passages.

C’est un roman qui se lit bien, le récit alterné entre les divers personnages rend la lecture fluide. Je l’ai trouvé assez juste. La finalité de l’histoire est crédible, les événements font que chaque personnage va forcément sortir de là changé et j’ai aimé les développements finaux du roman.

Ma notation :

Ce roman n’est, à mes yeux, pas aussi bon que le précédent titre que j’avais lu de l’auteure. Il confirme cependant son talent à évoquer des grands faits de société et j’ai bien l’intention de continuer à découvrir cette auteure dont j’ai déjà repéré 2 autres titres qui se trouvent dans ma wish list.

Petit bémol final : je suis incapable de vous expliquer d’où vient le titre du roman…

Les lumières de Cape Cod, Beatriz Williams

Quatrième de couverture :

1966, Cape Cod.
 » Tiny  » c’est Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c’est d’abord les courriers menaçants d’un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c’est tout le passé de Tiny qui ressurgit. Un passé bien moins lisse qu’il n’y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l’écho, s’il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle…
Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

L’avis de MadameOurse :

Voici encore une lecture que j’ai découverte sur Netgalley et que les éditions Belfond m’ont permis de lire. Ce n’est qu’en commençant ma lecture que je me suis rendu compte que le roman faisait partie d’une saga sur les sœurs Schuyler dont le premier tome est La vie secrète de Violet Grant. (Le 3ème tome n’est pas encore traduit en français). En fait, je me suis lancée quand même dans ma lecture sans avoir lu le premier roman car chaque livre conte l’histoire d’une des 3 sœurs de la famille et peut donc se lire indépendamment. Moi je n’ai pas du tout été perturbée par la catégorisation saga en tout cas.

Lorsque j’ai débuté ma lecture dans le Cape Code des années 66, j’ai eu un peu peur. L’auteure dépeignait Tiny, jeune épouse d’un homme qui se destine à une carrière politique. Très vite, on ressent le côté potiche que la famille de son époux lui attribue, des histoires d’infidélité émergent et je me suis dit « bof ». Ben oui, bof quoi ce genre de personnage mou et qui vit en dépendance des autres non hein.

Sauf que ! Entre les chapitres des années 66, on revient 2 ans en arrière. A cette époque, Tiny n’était encore que fiancée à Frank et venait de rencontrer le major Caspian Harrison. C’est une très belle rencontre dont on ressent tout de suite à quel point elle est forte, on se doute vite qu’il y a eu une idylle entre ces deux là. Et on se demande alors pourquoi elle a quand même épousé celui avec qui elle était fiancée.

Le roman se déroule alors en alternance, 1964 puis 1966. En 64, on rentre tout doucement dans la très belle histoire d’amour qu’ont vécue Capian et Tiny. C’est une partie du roman chargée d’émotions, je l’ai vraiment adorée c’est magique et beau. Pendant ma lecture je m’imaginais moi aussi me blottir dans les bras de Caspian (un beau gosse vous imaginez bien !). Et en même temps, on est sur le fil à se demander pourquoi cette histoire n’a pas perduré.

De l’autre côté en 66, on suit une Tiny à la vie bien plus triste. Elle a fait plusieurs fausses couches, sa relation avec son mari n’est pas parfaite et puis elle est la potiche qui est censée faire de lui une superbe image pour faire avancer sa carrière politique ! Au delà, le roman aborde très bien ce qu’était la vie d’épouse dans les années 60 entre le poids encore très marqué des convenances (surtout dans les grandes familles riches comme celle des Hardcastle) et un début de libéralisation de la vie des femmes à travers les premiers divorces.

J’ai beaucoup aimé comment les événements nous sont amenés par l’auteure et jusqu’où elle va dans son histoire. C’est loin d’être plat, je ne m’attendais pas à une intrigue aussi approfondie, à des événements aussi durs à traverser pour Tiny. Et j’ai vraiment adoré cette surprise ! Pour moi tout y est, le personnage de Tiny est beau et j’ai trouvé la fin du roman la concernant très intelligente dans les choix qu’elle fait.

Ma notation : 

Une très belle surprise. Je recommande sans souci ! Avec mention pour le côté historique intégré dans le roman qui m’a fait voyager dans une période de l’histoire sur laquelle il est toujours plaisant d’apprendre des choses.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Le pianiste de Hartgrove Hall, Natasha Solomons

Quatrième de couverture :

Harry Fox-Talbot, célèbre compositeur anglais, veut qu’on le laisse en paix. Sa femme bien-aimée est morte, il est incapable d’écrire une seule note de musique, et non merci, il ne veut pas pratiquer de loisir. Puis un jour, il découvre que son insupportable petit-fils de quatre ans, Robin, est un prodige du piano. La musique revient alors dans la vie de Fox, qui se voit forcé de renouer avec sa famille au passé douloureux.
En 1947, Fox et ses deux frères ont survécu à la guerre et reviennent à Hartgrove Hall bien décidés à sauver des ruines la splendide demeure. Mais la venue de la chanteuse vedette des années quarante, la ravissante Edie Rose, emmêle les fils de l’amour et du devoir et sème un chaos qui va s’achever par une trahison dévastatrice.
Avec émotion, lyrisme et humour, Natasha Solomons nous livre une histoire captivante de passion et de musique, qui entremêle les racines familiales, les chansons anciennes et la nostalgie pour les traditions, ainsi que les liens si fragiles qui nous unissent à ceux qui nous sont chers.
Un roman enchanteur sur un homme passionné, une femme insaisissable et la redécouverte du bonheur qui peut naître des ruines d’un deuil.

L’avis de MadameOurse :

Le pianiste de Hartgrove Hall, c’est Harry dit « Fox ». On découvre dans ce roman sa vie par une alternance de chapitres qui évoquent d’une part sa jeunesse après la seconde guerre mondiale et, d’autre part, sa vie de veuf dans les années 2000. J’ai été complètement charmée par la façon dont l’histoire nous est ainsi comptée « par les deux bouts ».

Jeune homme, Harry retrouve avec ses frères leur manoir de Hartgrove Hall. La maison est en ruines, ils n’ont pas un sou. Jack le frère aîné de Fox leur présente sa compagne Edie Rose une célèbre chanteuse. Fox et Rose ayant en commun une passion pour la musique se rapprochent.

Par ailleurs, âgé de 70 ans, Fox vient de perdre son épouse Edie. Sa passion pour la musique, qui l’a porté toute sa vie, l’a déserté et il ne sait se remettre de la perte de celle qu’il a aimée. Puis un jour, il découvre en son petit fils Robin alors âgé de 5 ans, un prodige du piano. Il va lui transmettre son savoir et reprendre goût à la vie.

Ce qui est très plaisant dans la façon dont le récit nous est conté c’est que les indices sur la vie d’après de Fox nous permettent de deviner un petit peu comment sa vie de jeune homme va s’orienter. Mais sans les détails et c’est ce qui fait qu’on a hâte que les instants clés de la vie de Fox nous soient racontés.

Et puis, sans être une passionnée de musique, j’ai été charmée par cette passion qui est le fil qui unit tous les personnages clés du roman : Edie chanteuse, Fox compositeur, Robin pianiste. La musique est au cœur de leur vie et j’ai vraiment beaucoup aimé le récit autour de ça.

A côté de ça il y a l’histoire entre Edie et Fox, interdite puisque celle-ci a épousé Jack mais dont on sait qu’il y a eu revirement puisqu’au final Edie était bien la femme de Fox et mère de ses enfants. On attend donc au fil des pages de savoir comment cette histoire d’amour va basculer. Et j’ai aimé également cet aspect du roman.

Ma notation :

Une lecture que j’ai beaucoup aimée. J’ai passé un très joli moment à Hartgrove Hall. Il m’a toutefois manqué la petite étincelle de fin qui m’aurait fait refermer le livre avec une émotion encore plus forte.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

La maison au bord de la nuit, Catherine Banner

Quatrième de couverture :

Au large de la Sicile, sur l’île de Castellamare, caillou fertile bercé par le sirocco et les légendes locales, Amedeo Esposito peut enfin poser ses valises. Élevé à l’orphelinat de Florence, ce médecin a un don pour le bonheur. Or, l’île lui réserve bien des surprises. À commencer par l’amour : partagé entre deux femmes, Amedeo fait le choix de bâtir avec l’une. Et qu’importe si l’abandon de l’autre lui coûte sa réputation et son titre de médecin ; avec celle qu’il épouse et les quatre enfants qu’elle lui donne – dont Maria-Grazia, la rescapée, la prunelle de ses yeux –, Amedeo restaure une vieille bâtisse surplombant l’océan et rouvre le café qu’elle abritait. C’est ici, dans la Maison au bord de la nuit, sur fond de guerre ou de paix, de crise ou de prospérité, que trois générations d’Esposito vont vivre, mourir, aimer, se déchirer, s’effondrer et se relever, sous le regard de la sainte patronne locale, Sant’Agata, toujours prompte à réaliser quelques miracles..

L’avis de MadameOurse :

Je suis tombée sous le charme de cette lecture dès les 50 premières pages lues. Et j’ai gardé ce ressenti jusqu’à la dernière page. C’est donc un joli coup de cœur pour ce premier roman de Catherine Banner.

Le roman commence par la naissance, un même jour, de 2 bébés sur une île italienne. Amedeo Esposito met au monde l’enfant de Carmela pendant que sa propre femme accouche auprès d’une sage femme. Carmela dit alors à Amedeo que le bébé est le sien et ainsi, toute l’île se met à parler de frères jumeaux nés de 2 mères différentes.

Le roman nous ramène ensuite à la naissance d’Amedeo dans un orphelinat de Florence. L’enfant fera la connaissance d’un médecin qui deviendra son tuteur et lui inspirera sa vocation. Très jeune, le petit Amedeo se passionnera pour les contes, les légendes, racontées de bouches en bouches depuis la nuit des temps et les consignera dans un carnet. Ce point sera un fil rouge tout au long du roman, nous serons ramenés de temps à autre à l’une de ces histoires et c’est un très joli procédé que j’ai beaucoup apprécié dans ma lecture.

Amedeo devient médecin comme son tuteur et trouve alors un poste sur une petite île au large de la Sicile. Il y fera toute sa vie et l’on y suivra ses descendants tour à tour : Maria Grazzia sa fille, Sergio, son petit fils et Lena son arrière petite fille. Le scandale de la naissance des « jumeaux » lui coûtera sa profession et il reprendra le café Au Bord De La Nuit avec son épouse Pina.

Le roman nous raconte toute la vie de l’île à travers le 20ème siècle (et jusqu’en 2009). C’est une phase très dense de l’histoire de l’Italie et du monde vue à travers les yeux des habitants d’une petite île plutôt isolée. Il y a de très nombreux personnages et l’auteure nous raconte les petites histoires de chacun en plus des grands événements de la vie de la famille Esposito. J’ai adoré ce roman, il est magique. Le climat de l’île est fort, les paysages et les lieux sont joliment dépeints on se sent vraiment transportés à Castellamare. Je me suis énormément attachée à Amedeo d’abord puis à sa fille. J’ai un peu moins accroché sur la dernière phase du roman avec Sergio et Lena mais je crois que c’est parce que j’étais triste de « quitter » Amedeo et Maria Grazzia.

Petit détail en plus que j’ai fort apprécié, au cours des discours entre les personnages, l’auteure (qui a écrit son roman en anglais) a semé des mots d’italien qui sont conservés dans la traduction et ajoutent, je trouve, beaucoup de charme à la lecture. « Cara » (ma chérie?), « zia » (la tante), « americani », « medico » (médecin) et plein d’autres petits mots reviennent ainsi.

Ma notation :

Sublime ! Une magnifique fresque que je vous recommande vivement si vous aimez ce genre de roman et si vous avez envie de dépaysement. Une belle réussite pour un premier roman !

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(Roman lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)