[Duo lecture] Toutes les histoires d’amour du monde, Baptiste Beaulieu

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Baptiste Beaulieu, je le suis beaucoup sur les réseaux sociaux. J’aime sa plume, son ton, sa générosité, ses combats. Je vous conseille d’ailleurs d’écouter les podcasts de sa chronique sur France Inter. C’est en toute logique que j’ai voulu lire ce roman.

(MadameOurse) J’avais déjà lu Baptiste Beaulieu et, comme Lunatic, j’ai du respect avant tout pour l’homme qu’il est, les combats qu’il mène. On a parlé de la sortie de ce nouveau roman avec Lunatic et mon intérêt pour l’auteur m’a donné envie de le relire.

La couverture :

 

(MadameOurse) C’est une couverture qui me parle parce qu’il y a des livres dessus et de la couleur. Et puis ce titre évidemment !!

(Lunatic) Une couverture très sobre, classe tout en étant colorée. J’aime bien!

La quatrième de couverture :

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie.
Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue  : Anne-Lise Schmidt.
Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse  ? Comment quelqu’un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ?
Naviguant entre les grands drames du xxe siècle et des histoires d’amour d’aujourd’hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

Après lecture :

(Lunatic) L’auteur avait brièvement parlé de son voyage en Allemagne, de ses recherches, de quoi attiser ma curiosité. Et quand on visionne la bande annonce du roman (au passage, j’adore ce procédé…) comment ne pas vouloir se plonger dans le livre.

Effectivement, la vie de Moïse est un vrai roman. On va traverser tout le 20ème siècle au travers de ses lettres, de son récit qu’il écrit à sa petite Lisette. Son enfance, une mère distante, un père qui ne revient pas, des amitiés, des drames, des passions, les guerres, la violence et beaucoup d’amour surtout. On devinera vite qui est Lisette, s’attachant à cette petite fille qu’on ne connait pas vraiment au final.

Mais ce roman ce n’est pas juste l’histoire de Moïse, c’est aussi l’histoire de Denis son fils, et de son petit fils Jean. C’est lui qui mènera les recherches, qui retournera sur les traces de son grand-père et tentera de retrouver Anne Lise Schmidt. Même si les parties du roman se déroulant « aujourd’hui » étaient moins passionnantes, j’ai quand même apprécié cette relation père-fils si compliquée, pleine de non-dits, manquant de tendresse et pourtant si riche d’amour. Mais c’est aussi l’histoire de personnages croisés rapidement dans le roman. Des histoires d’amours différentes, fortes et dégageant beaucoup d’émotions.

A travers Jean, on reconnait bien l’entendu l’auteur, toute sa générosité et il en profitera dans son récit pour évoquer certains combats qui lui tiennent à cœur. Ce roman, c’est la vrai histoire de l’auteur et de sa famille. Je me demande alors s’il a été facile pour lui de livrer ainsi l’histoire des siens. Mais on ne peut que le remercier de nous avoir permis de connaître Moïse, de nous parler de cet amour si sincère et si touchant qu’il a connu dans sa vie. Une bien jolie rencontre et des personnages qui risquent d’accompagner les lecteurs pendant un long moment.

(MadameOurse) Je me suis immergée dans l’histoire de Moïse tout au long du WE et ai dévoré ce roman ! C’est souvent le signe d’une histoire captivante et c’est en effet le cas. On va traverser le siècle avec Moïse à travers les lettres qu’il écrit à Anne-Lise. Ces lettres viennent d’être retrouvées par Jean et Denis, petit-fils et fils de Moïse. Elles vont tellement les chambouler que la lecture de ces lettres va déclencher une quête autour d’un pan de la vie de leur ancêtre qu’ils ne connaissaient pas. En effet, qui est donc cette Anne-Lise a qui les lettres sont destinées ?

Nous lecteur, découvrons alors lesdites lettres et plongeons dans la vie bien mouvementée de Moïse. Né en 1910, celui-ci traversa les 2 guerres mondiales : la première lui fera perdre son père et la deuxième l’éloignera de sa famille puisqu’il sera captif de longues années en Allemagne comme prisonnier de guerre. Mais l’histoire de Moïse est bien plus que ça, c’est l’histoire d’un homme qui se confie sans voile sur les gens qu’il a aimés, les relations qu’il a eues aussi bien amicales qu’amoureuses. C’est l’histoire de drames qui ne peuvent que nous émouvoir. C’est une très belle histoire dont je ne souhaite rien dévoiler ici mais c’est une histoire qui m’a touchée et émue.

Je dois avouer que, comme souvent dans ces procédés d’écriture, passer d’une époque à l’autre est risqué. Là en l’occurrence, les retours au présent dans la vie de Jean m’ont tellement coupée de Moïse que les passages en question me plaisaient moins. A travers Jean, j’ai beaucoup retrouvé Baptiste Beaulieu lui-même. Et je crois que l’auteur a mis beaucoup de lui même dans son personnage du présent. On y retrouve alors ses combats, ses révoltes, on le retrouve vraiment lui. Ce n’est pas négatif mais j’ai trouvé que cela apportait trop de thèmes aux romans dont certains ne peuvent pas être approfondis car le roman a déjà un autre sujet. J’aurais préféré parfois que ces parenthèses ne figurent pas dans le roman plutôt qu’elles soient juste survolées.

Mais la finalité de ce roman, la révélation finale donne vraiment sens au fait que le roman soit alternance du passé et du présent et justifie complètement que l’auteur n’ait pas juste raconté la destinée de Moïse. Et j’avoue que le roman prend tout son poids dans ces derniers chapitres et alors, on se sent, nous lecteurs, témoins d’une très jolie page de vie en train de s’écrire. Une page dont je souhaite fort une issue positive.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley, à paraître ce jour aux éditions Mazarine)

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Un matin ordinaire, Marjorie Tixier

 

Quatrième de couverture :

Laurence rêve d’un grand voyage mais son mari manque de confiance en lui pour l’emmener à l’autre bout du monde. Et puis surtout, elle a deux petites filles et un père gravement malade. Alors, pour s’évader et se ressourcer, elle court chaque vendredi à heure fixe, selon un rituel immuable.

Ce jour-là, pourtant, une rencontre inattendue l’attend…

C’est donc par un matin ordinaire que le destin de Laurence va basculer et redistribuer les cartes d’une vie de famille jusque-là bien réglée.

L’avis de Lunatic :

Ce roman m’a intriguée car je me demandais bien quelle rencontre Laurence avait pu faire lors de son jogging hebdomadaire pour faire basculer sa vie. J’avoue que si j’avais connu le thème du roman avant de le lire, je ne l’aurai peut-être justement pas lu. Sans être violent ou trop difficile, je n’avais pas envie de lire cela. Je m’imaginais une rencontre bien différente de celle décrite par l’auteure.

La construction du roman m’a par contre bien plu, c’est ce qui a fait pencher la balance pour que je continue ma lecture. L’auteure donne la parole à de nombreux personnages de l’entourage de Laurence : enfant, époux, voisine… Ainsi on aperçoit comment un même événement est vécu différemment par chacun des personnages. On est témoins d’une multitude de sentiments, d’émotions et de réactions. J’ai beaucoup aimé l’utilisation de ces divers points de vue. Les personnages sont décrits avec minutie, avec beaucoup de réalisme et pour ma part j’ai été particulièrement touchée par la fille cadette de Laurence. Je parlais de minutie, un peu trop peut-être. La multitude de détails peut vite lasser les lecteurs.

Sans être une lecture qui me marquera, ce roman est très plaisant et la plume de l’auteure est vraiment agréable à lire. Je la relirai avec curiosité.

Ma notation :

Un roman plaisant mais pas inoubliable.

 

(Merci à Librinova pour cette lecture)

 

La tête sous l’eau, Olivier Adam

Quatrième de couverture :

Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier :  » On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar.  »
Il se trompait. Ma soeur serait bientôt de retour mais nous n’en avions pas terminé.

L’avis de MadameOurse :

Ce titre faisait parmi de ma sélection de la rentrée littéraire et je suis ravie d’avoir pu le lire. Le résumé me tentait beaucoup de par le fait qu’il évoque l’après enlèvement, quand une jeune fille a la chance d’être sauvée. J’étais toutefois intriguée également du classement par ce roman en catégorie jeunes adultes. Vous le savez, la littérature jeunesse ou young adult n’est pas tellement ma tasse de thé. Mais il m’arrive de faire des exceptions. Finalement ici, sans doute est-ce le fait que le narrateur soit un adolescent qui est en lien avec ce classement. Mais l’histoire reste relativement dure à lire, je trouve.

Olivier Adam nous plonge ici dans une ambiance qui est parfaitement restituée, celle d’une famille qui va traverser le pire : la disparition de la fille aînée. Le tsunami de douleur que cela représente pour les parents et le jeune frère sont parfaitement retranscrits. Et chacun réagit différemment à ce drame, créant par là même un autre drame dans la cohésion de la structure familiale restante. La disparition de Léa n’est donc là que le début d’une descente aux enfers. La famille va vivre de longs mois dans le doute, le stress, l’attente de nouveaux événements, la peur, l’espoir. Comment continuer à avancer ? Peuvent-ils continuer à croire en une issue positive ?

Et puis un jour, le drame prend une autre tournure : Léa est retrouvée. Mais dans quel état. Le roman se poursuit alors sur l’après. Et ça n’est pas moins rude que l’avant. Il y a l’hospitalisation, les séances avec une psychiatre pour Léa, les médicaments, la police qui mène son enquête et a besoin de tous les éléments pour pouvoir arrêter l’homme qui a enlevé Léa et la famille qui marche sur la pointe des pieds, tendue entre le besoin de retrouver leur vie d’avant et la conscience que c’est impossible, qu’il faut que Léa guérisse, qu’il faut lui laisser le temps de parler alors qu’eux veulent savoir ce qui lui est arrivé.

Entre tout ça, il y a des écrits de Léa, écrits d’avant son enlèvement à une personne dont elle a été séparée en quittant Paris (ses parents ont déménagé en Bretagne). Léa n’a jamais accepté qu’on la coupe de sa vie d’avant et a tout fait pour garder le lien avec cet amour que l’on ressent très fort. Quel lien entre cette relation et son enlèvement ? J’ai vite compris je dois dire ce qu’il y avait à lire entre les lignes de ces lettres. Les écrits se poursuivent après le retour de Léa mais la tonalité est alors fort différente, Léa en venant à accuser son correspondant pour son silence…

J’ai beaucoup aimé dans ce roman le lien entre Léa et son frère qui est le narrateur du roman, qui est encore jeune et peu armé à faire face à un tel tsunami (mais qui le serait ?). Il va avoir la force d’être présent pour sa sœur avec juste l’amour qui l’unit, en tentant de l’aider juste de sa présence. Le jeune homme y perd sa propre existence, il n’a plus la chance de vivre son adolescence normale et pourtant, jamais il ne se rebellera contre l’impact que le drame a sur sa vie personnelle.

Ma notation :

Un roman très fort qui relate extrêmement bien l’ambiance terrifiante pour une famille de la disparition et du retour d’une des leurs.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

La femme qui voit de l’autre coté du miroir, Catherine Grangeard et Daphnée Leportois

Quatrième de couverture :

Lucie fête ses 25 ans en famille. Comme d’habitude, sa mère n’a pas prévu de gâteau : le poids de Lucie la range, selon les médecins, dans la catégorie des obésités modérées. Lucie a trente kilos en trop. Trente kilos dont ni le sport ni les régimes ne sont jamais venus à bout… Quand elle fait le bilan de ses efforts, Lucie se dit qu’elle a le choix entre : 1. Avoir faim non-stop tout en faisant du sport à outrance. 2. Continuer de grossir et mourir d’un infarctus trop jeune.

A la table familiale, elle fait une déclaration tranchante : pour son anniversaire, elle va s’offrir une chirurgie bariatrique. Avant l’opération, le protocole prévoit un rendez-vous avec une psy. Pour Lucie, il s’agit surtout d’obtenir que la psychanalyste signe en bas du formulaire et autorise l’intervention. Mais cette première rencontre s’ouvre sur d’autres entretiens au cours desquels Lucie interrogera son rapport à son corps, à l’autre et au monde. Lucie optera-t-elle finalement pour la chirurgie ou trouvera-t-elle une autre voie pour se sentir bien dans sa peau ?

L’avis de Lunatic :

Lorsque Eyrolles nous as proposé de lire ce roman, je disais à Madame Ourse que ce titre était pour moi ! Comme l’héroïne de ce roman, mon IMC me classe dans la catégorie obésité morbide. J’étais donc curieuse de découvrir une héroïne qui pouvait me ressembler un peu. Et j’ai vite compris qu’elle était loin de me ressembler. Lucie, jeune prof d’anglais au collège n’assume pas son poids, ses rondeurs, son physique. Aucun régime ne fonctionnant, et n’imaginant pouvoir rester ainsi, elle décide de passer par la chirurgie. Mais avant cela, elle doit avoir l’accord d’un psychologue. En découle alors une vraie réflexion, une remise en question qui risque bien de l’amener vers d’autres chemins.

Lucie j’aurai pu l’apprécier, elle est touchante, émouvante mais ce manque de confiance en elle à trop haute dose est énervant. J’avais envie de lui botter les fesses. Puis il faut dire que les auteurs du roman font d’elle une vrai caricature de la « grosse ». Lucie mange trop, Lucie mange mal, Lucie ne fait pas de sport, Lucie vit seule, Lucie est entourée de proche « grossophobes », Lucie est victime de moqueries au collège. Tant de clichés pour un seul personnage, qui sont en plus poussés à l’extrême je trouve : un vélo d’appartement comme cadeau d’anniversaire de la part de sa famille, la caissière du supermarché qui commente ses achats, des réflexions déplacées du corps médical. Alors je vis peut-être dans un pays de bisounours, mais je n’ai jamais eu à vivre de genre de souffrances que subit Lucie quasi quotidiennement.

Ce livre m’a fait sourire tant les auteurs semblent être passés à coté du sujet. Même si le sujet veut être traité avec bienveillance et que le récit véhicule un message positif sur l’estime de soi et sur le fait d’apprendre à s’aimer.

Ma notation :

Je referme ce livre assez déçue.

Sous nos yeux, Cara Hunter

Quatrième de couverture :

L’avis de Lunatic :

Daisy, 8 ans, disparaît lors d’un barbecue entre voisins et amis. On va assister à l’enquête à travers Adam Fawley, un flic qui a vécu un drame : la perte de son fils. Il va plonger au cœur de cette famille, qui croyez-moi n’attire pas du tout la sympathie. Je n’ai eu aucune once d’empathie pour ces gens. Peut-être que Léo, le frère de Daisy aurait pu m’émouvoir, mais sa froideur et noirceur en ont fait à mes yeux un triste personnage également. Minutieusement, les flics trouvent des pistes, des indices et ne veulent rien laisser passer pour retrouver Daisy. On soupçonne tantôt le père, puis la mère. L’enquête montre bien que ces deux personnages pourraient bien être derrière cette disparition. Le roman est entrecoupé de retranscription de posts de réseaux sociaux concernant le drame : Twitter, Facebook. Cela démontre à quel point ces réseaux sociaux peuvent être mauvais et destructeurs dans ce genre d’événements.

Encore un roman traitant de la disparition d’un enfant. La plupart de mes thrillers lus dernièrement parlent de cela. On pourrait imaginer alors que l’on va s’ennuyer, que l’on lit toujours le même roman. Et non, Cara Hunter a su me captiver et ainsi briser la panne de lecture que je subissais depuis quelques jours. J’ai commencé ce roman un soir, la fatigue a gagné et le lendemain j’ai pensé toute la journée à Daisy ! Que lui était-il arrivé? Qui est responsable de sa disparition? A peine rentrée j’ai repris ma lecture pour le finir d’une bien belle façon, puisque l’auteur m’a offert un final comme j’aime tant !

Une jolie découverte, et j’espère bien pouvoir relire très vite un roman de cette auteure!

Ma notation :

Addictif et prenant! J’ai beaucoup aimé.