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Face à la mer immense, Lorraine Fouchet

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Quatrième de couverture :

En devenant romancière, Prune ignorait qu’elle serait aussi marieuse. Pourtant, grâce à l’un de ses livres, un couple va s’unir à Groix. Et elle est conviée à la noce. Elle qui s’était juré de ne plus jamais remettre les pieds sur l’île accepte. Il est peut-être temps de cesser de fuir. Sur place, fuir sera de toute façon impossible : une tempête retient les bateaux à quai. Les invités vont devoir se supporter plus longtemps que prévu… advienne que pourra !

L’avis d’Audrey :

Fleur et Merlin, à l’aube de la quarantaine se rencontrent, s’aiment et malgré deux ados, et un lourd passé sentimental comme bagages, ils décident de s’unir. Ils demandent à Prune, auteure d’un roman qui les a réunis d’être en quelque sorte la marraine de cette union. Ils veulent offrir à chaque invité ce roman dédicacé, et souhaitent qu’elle soit de la fête. Seulement la cérémonie a lieu sur l’île de Groix, lieu du roman mais surtout un endroit où Prune ne souhaite pas remettre les pieds. On sent bien qu’elle y a laissé des souvenirs malheureux.

Pourtant, elle est bien présente sur le bateau qui amène les futurs mariés et les invités sur l’île. Elle saura se fondre parmi eux, retrouver par hasard une ancienne connaissance et faire de nouvelles rencontres. Un weekend chargé en émotions, en souvenirs et remise en question pour Prune, mais aussi pour de nombreux autres personnages du récit. Alors quand une tempête bloque tout ce petit monde un jour de plus sur l’île, on se demande ce qu’il va bien pouvoir se passer pour le groupe.

Un roman choral comme Lorraine Fouchet sait si bien en faire. Des chapitres qui alternent les voix et on rencontre toute une galerie de personnages, mêlant les générations et les caractères. Tous aspirent à être heureux, à se libérer d’un passé douloureux voir dévastateur. Ce weekend sera peut-être le moment idéal pour se livrer, faire éclater quelques vérités et oser lâcher ce qui les minent depuis tant d’années pour certains. Pour les plus jeunes, c’est aussi le moment de s’affirmer.

J’ai trouvé qu’aucun personnage n’était plus important qu’un autre. J’ai aimé cela, l’idée que tous avaient un rôle à jouer, apportaient quelque chose à l’intrigue et au déroulé de ce séjour. Ils sont tous attachants à leur manière et à travers eux, l’auteure peut traiter plusieurs thèmes comme les relations parents/enfants, la perte d’un enfant, l’homosexualité, les recompositions familiales, la fin de vie… Prune, ressemble sur de nombreux points à Lorraine Fouchet. Je me suis forcément interrogée au fil de ma lecture sur la part de fiction et de réalité entre elle et son personnage. Après tout, l’idée de ce roman vient bien d’une réelle demande de dédicace de roman pour un couple qui va se marier en septembre prochain.

Ma notation:

Un nouveau voyage sur L’île de Groix grâce à la plume délicate de Lorraine Fouchet. Que demander de plus pour être heureux que ce petit morceau de bonheur et d’évasion.

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Un grand merci à Aurélie de m’avoir offert ce livre, et je vous invite à aller lire son retour de lecture sur son blog

 

Ne la quitte pas du regard, Claire Allan

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Quatrième de couverture :

« Ne crois pas tout ce qu’il raconte » : un simple mot laissé dans son casier à l’hôpital, et c’est le doute qui s’insinue dans l’esprit d’Eli, une infirmière enceinte de sept mois. Simple plaisanterie de mauvais goût ou véritable avertissement ?
Le message fait-il allusion à son mari, Martin, qu’elle sent plus distant depuis sa grossesse ? Un deuxième message lui parvient bientôt, plus explicite mais surtout plus inquiétant… Puis les menaces se précisent…
Dans l’ombre, depuis tout ce temps, quelqu’un semble l’épier. Quelqu’un qui souhaite plus que tout devenir mère… et le rester.

Alternant deux voix – celle d’Eli, la future mère, et celle de Louise, qui envie cette femme enceinte qu’elle ne juge pas digne d’élever la fillette qu’elle attend –, va se nouer un drame dont la tension monte crescendo, jusqu’au dénouement… inattendu !

L’avis d’Audrey :

J’aime beaucoup les thrillers psychologiques, encore plus lorsqu’il s’agit d’histoire de mères et enfants ou de familles. Mais pourquoi avoir précisé dans la 4ème de couverture que le dénouement était inattendu ?! Parce que moi dans ce cas là, dès les premières lignes je cherche la faille. Je décortique chaque phrase pour y trouver des indices et ici j’ai rapidement compris où l’auteure nous emmenait. Un peu dommage, même si cela n’a pas gâché complètement l’histoire d’Eli.

Eli travaille dans un hôpital, et à la fin d’une garde elle trouve dans son casier un mot anonyme qui met en cause l’honnêteté et la fidélité de Martin de son époux. Pourtant tout semble aller pour le mieux dans ce couple qui s’apprête à être parents. Un message qu’elle met de coté, pensant à une mauvaise blague. Mais rapidement un second message arrive. Eli ne peut plus l’ignorer. Elle peut se confier à Rachel, sa collègue et amie et trouve réconfort auprès d’Angela, sa mère qui saura être présente et veiller sur elle. 

Les tensions avec Martin s’accumulent. Eli n’a plus confiance en lui. Pourtant elle l’imagine mal être l’homme menteur et volage que lui affirme les messages anonymes. Qui aurait intérêt à lui dévoiler cela ? Dans quel but ? La fin de sa grossesse, un surmenage au travail et la fatigue auront raison de ses nerfs et de sa patience. 

L’auteur donne aussi la voix à Louise. Une femme perturbée par la mort de son enfant et qui semblé épier une jeune maman qu’elle juge incapable de s’occuper d’un nourrisson. On comprend vite que ses intentions sont mauvaises. Est-ce Eli qu’elle surveille ? Lui veut-elle du mal ? 

Ce roman se lit très bien, tant l’auteure a su donner du rythme à son récit. Les chapitres sont courts, tout s’enchaîne vite, laissant planer le doute à chaque instant. Claire Allan manipule ses lecteurs de la même façon qu’Eli est manipulée. Le thème central du roman montrant jusqu’où l’amour pour son enfant peut mener est très bien amené. La force d’une mère, la puissance des sentiments qui permet de tout dépasser, le pire comme le meilleur. 

Ma notation :

Un thriller sympathique à lire, mais les indices laissés au fil du roman par l’auteure manquant de subtilité gâchent un peu la surprise finale. Mais vous passerez un très bon moment de lecture tout de même.

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(Merci à Mylène de l’Archipel pour cette lecture)

 

Quand la reine chante, les abeilles dansent, Véronique Maciejak

Quatrième de couverture :

Marie aimerait être une mère qui assure. Une maman qui n’élève jamais la voix, qui se fait obéir sans punir, qui trouve toujours du temps pour ses enfants… Sauf que du temps, elle n’en a plus. Depuis qu’elle a décidé de quitter son travail pour se consacrer à sa famille, rien ne va. Elle est épuisée et débordée par les contraintes du quotidien. Alors elle crie, elle punit et ne parvient plus à gérer son ado précoce, son cadet hypersensible et sa petite dernière énergivore.
À l’aube de ses 40 ans, Marie frôle le burn-out parental. Mais a-t-elle le droit de se plaindre, elle qui a choisi d’être « au foyer » ? Et existe-t-il une recette pour devenir un parent parfait ?

L’avis d’Audrey :

Je suis maman d’un petit garçon de bientôt 6 ans, et même avec juste un enfant à la maison (quoique 2 avec le papa), j’avoue me sentir un peu débordée par moment. Alors quand ce roman titre être le roman que tout les parents devraient lire, je me suis dit qu’il fallait le découvrir.

Marie, qui gère la maison et l’organisation des journées avec 3 enfants est fatiguée et semble lasse de son quotidien. Un ado en pleine crise de rébellion, la petite dernière capricieuse et son garçon du milieu qui contre attente se montre presque parfait (trop beau pour ne pas paraitre suspect). Elle ne peut pas vraiment compter sur l’appui de son époux, submergé par son travail. La rencontre avec Rose, une nouvelle voisine va lui apporter une petite bouffée d’air et de détente. Rose va aller jusqu’à l’inscrire par surprise à un séminaire dédié à la parentalité. Marie ne s’imagine pas tout quitter pour prendre du temps pour elle. Mais tous sauront la convaincre de lâcher prise quelques jours et d’accepter ce moment pour elle.

Sur place, une discipline assez stricte surprend d’abord Marie: pas de téléphone, peu de contact avec les familles. Elle y fait la rencontre de Christianne, une mamie qui a tendance à trop gâter sa petite fille et à tout céder, et de Jennifer,  toute jeune maman qui frôle le baby blues. Ce séminaire c’est l’occasion rêvée de prendre soin de soi, de se détendre mais surtout d’appréhender une nouvelle façon de gérer son quotidien.

Ce roman, est un vrai coaching de vie, auquel en tant que lecteur on peut participer. Toutes les clés, les conseils et démarches qui sont proposés à Marie, on peut les mettre à profit nous même. Logiquement, je me suis interrogée sur ma façon de gérer mon quotidien et l’éducation que je donne à mon fils. Mais il faut noter que ce roman de développement personnel n’est jamais culpabilisant. Tout est expliqué avec pas mal de bienveillance. Partir à la rencontre de Marie, c’est un peu partir à la rencontre du parent que nous sommes nous même.

Ce que j’aime bien avec de nombreux ouvrages de chez Eyrolles, c’est que le coté développement personnel qui en règle général me gonfle vite, est brillamment mêlé à la fiction. Ainsi, les messages passent en douceur et ici l’auteure use de beaucoup de fluidité dans son style pour que ce roman se lise avec plaisir en enthousiasme.

Ma notation :

Un roman agréable à lire.

L’hiver de Solweig, Reine Andrieu

Quatrième de couverture :

Été 1940. Dans la France occupée par les Allemands, les habitants sont contraints de donner gîte et couvert à l’ennemi. À Lignon, paisible bourg du Bordelais, les Lenoir, une famille de notables, doivent héberger Günter Kohler. Passée sa répulsion première, Noémie, la jeune épouse, éprouve une violente attirance pour l’adjudant qui vit désormais sous leur toit.
Printemps 1946. La guerre est terminée, mais elle a laissé derrière elle son lot de malheurs, et de nombreux déplacés. Parmi eux, une fillette, retrouvée assise sur un banc, dans un village non loin de Bordeaux. Qui est-elle ? d’où vient-elle ? et pourquoi semble-t-elle avoir tout oublié ? Justin, un gendarme de vingt-quatre ans, décide de la prendre sous son aile et de percer le mystère qui l’entoure.

L’avis d’Audrey :

Le prologue du roman nous mène en 1946, une enfant est trouvée dans un village. Elle semble fuir quelque chose, elle est apeurée, mais ne peut rien expliquer. Elle semble être amnésique. Justin, un jeune gendarme va veiller sur elle et va tenter de retrouver la famille de la jeune fille.

L’histoire de ce roman va s’étaler de l’été 40 jusqu’à 1946. C’est ces 6 années qui défilent sous nos yeux de lecteur, l’histoire d’une famille, de leur entourage et d’un village.  La famille Lenoir habite un confortable manoir dans les environs de Bordeaux. A contrecœur, ils hébergent un soldat allemand qui réquisitionne l’une des chambres. Une cohabitation tendue au départ, qui prend une tournure qu’aucun n’imaginait. Comme dans de nombreux villages au cœur de la guerre, les méfiances et les doutes s’installent. On voit d’un mauvais œil la présence de cet allemand chez les Lenoir. Armand et Noémie semblent pactiser avec l’ennemi. Mais si en secret, d’autres choses se tramaient ?

Les chapitres s’alternent pour donner voix à plusieurs personnages. Se succèdent alors les narrations de Noémie et Armand, Les Lenoir. Mais aussi celles de Gunther (l’indésirable allemand), Germain le jardinier du domaine, ainsi que Justin le gendarme et la petite fille perdue. J’ai beaucoup aimé l’utilisation de cette narration avec ces sauts de personnages et de temporalité qui impose un vrai rythme et nous dévoile doucement l’intrigue et les relations entre personnages.

Logiquement, on imagine bien que la petite fille perdue de 1946 a un lien avec l’histoire de la famille Lenoir, sans pouvoir pour autant l’expliquer. Il m’a fallu attendre la fin pour comprendre, l’auteure a vraiment réussi à instaurer un très bon suspense et a su garder le mystère jusqu’au bout du roman.

On retrouve dans cette histoire, tout les éléments pour en faire un roman difficile à lâcher : de la passion, des secrets, une vengeance, de l’amour, des drames, des séparations, de la culpabilité, le tout intimement lié à la grande Histoire, avec de nombreux détails historiques et sociaux qui ancrent le récit dans une triste réalité. Reine Andrieu est vraiment minutieuse dans les détails qu’elle nous livre, par exemple sur la façon dont les français vivent le quotidien en temps de guerre, sur la résistance ou sur l’avancée du conflit, sans pour autant nous abreuver de détails qui alourdiraient son histoire.

Ma notation :

Un roman passionnant et bouleversant. Ne passez pas à coté de ce sublime roman.

(Merci à Maud des éditions Préludes pour cette lecture)

Les trois soeurs qui faisaient danser les exilés, Aurélia Cassigneul-Ojeda-Ojeda

Quatrième de couverture :

« Elles s’appelaient Flora, Begonia, Rosa. Elles étaient trois, elles étaient soeurs. Elles habitaient cette maison, à Cerbère, cette grande maison qu’aujourd’hui j’habite. Sous leurs fenêtres l’histoire roulait des flots d’hommes et de femmes. Sous leurs fenêtres la mer se balançait. Un jour elles sont parties, ont tout abandonné ».

Seul, blessé, Gabriele s’installe à Cerbère pour commencer une nouvelle vie. Il achète la Maison des fleurs, une grande bâtisse rose qui surplombe le port, abandonnée depuis des année

L’avis d’Audrey :

Gabriele arrive à cerbère après une séparation. Il est seul, vit mal la rupture et semble être hanté par une histoire familiale compliqué. Il achète une maison, « la maison aux fleurs » et s’intéresse à l’histoire de ceux qui habitaient les lieux avant lui. 3 soeurs s’y étaient installées avec leur père dans les années 1930, avant que leur pays, l’Espagne ne connaissent les tourments de la guerre civile. Dans la maison, Gabrielle trouve divers objets abandonnés et des carnets. La relecture de ces écrits et les échanges qu’il a avec Clothilde, la boulangère vont lui permettre de mieux comprendre qui étaient les 3 soeurs et comment vivaient-elles dans cette maison.

On découvre alors les vies de Flora, Rosa et Begonia, bercées par la musique, la peinture et la danse. Au coeur de cette maison, elles accueilleront à de multiples reprises des exilés, des résistants républicains bien souvent, ceux qui fuient l’Espagne, ce pays qu’elles n’ont que trop peu connu. Elles soigneront, nourriront, aideront et aimerons à leurs manières chaque personne qui franchissent la porte de la maison aux fleurs.

Gabrielle se passionne pour ces filles et par cette maison, où la mémoire des murs a tant de choses à lui dévoiler. En parallèle, il entreprends un long cheminement sur son histoire personnelle.

J’ai beaucoup aimé ce récit, raconté par la plume très douce et poétique d’Aurelia Cassigneul-Ojeda. Les question de l’exil, de son identité et de ses racines sont présents tout au long du roman. A travers l’histoire des 3 soeurs, c’est plusieurs témoignages sur la Retirada qui nous sont contés. Des moments de vie forts et bien tragiques, tant le déracinement est difficile à vivre pour ces gens. La sensibilité de Gabrielle, cet homme à fleurs de peau en fait un personnage très attachant, au même titre que les trois soeurs.

Ma notation :

Une très très belle surprise que ce roman que j’ai savouré en quelques heures.