Le pianiste de Hartgrove Hall, Natasha Solomons

Quatrième de couverture :

Harry Fox-Talbot, célèbre compositeur anglais, veut qu’on le laisse en paix. Sa femme bien-aimée est morte, il est incapable d’écrire une seule note de musique, et non merci, il ne veut pas pratiquer de loisir. Puis un jour, il découvre que son insupportable petit-fils de quatre ans, Robin, est un prodige du piano. La musique revient alors dans la vie de Fox, qui se voit forcé de renouer avec sa famille au passé douloureux.
En 1947, Fox et ses deux frères ont survécu à la guerre et reviennent à Hartgrove Hall bien décidés à sauver des ruines la splendide demeure. Mais la venue de la chanteuse vedette des années quarante, la ravissante Edie Rose, emmêle les fils de l’amour et du devoir et sème un chaos qui va s’achever par une trahison dévastatrice.
Avec émotion, lyrisme et humour, Natasha Solomons nous livre une histoire captivante de passion et de musique, qui entremêle les racines familiales, les chansons anciennes et la nostalgie pour les traditions, ainsi que les liens si fragiles qui nous unissent à ceux qui nous sont chers.
Un roman enchanteur sur un homme passionné, une femme insaisissable et la redécouverte du bonheur qui peut naître des ruines d’un deuil.

L’avis de MadameOurse :

Le pianiste de Hartgrove Hall, c’est Harry dit « Fox ». On découvre dans ce roman sa vie par une alternance de chapitres qui évoquent d’une part sa jeunesse après la seconde guerre mondiale et, d’autre part, sa vie de veuf dans les années 2000. J’ai été complètement charmée par la façon dont l’histoire nous est ainsi comptée « par les deux bouts ».

Jeune homme, Harry retrouve avec ses frères leur manoir de Hartgrove Hall. La maison est en ruines, ils n’ont pas un sou. Jack le frère aîné de Fox leur présente sa compagne Edie Rose une célèbre chanteuse. Fox et Rose ayant en commun une passion pour la musique se rapprochent.

Par ailleurs, âgé de 70 ans, Fox vient de perdre son épouse Edie. Sa passion pour la musique, qui l’a porté toute sa vie, l’a déserté et il ne sait se remettre de la perte de celle qu’il a aimée. Puis un jour, il découvre en son petit fils Robin alors âgé de 5 ans, un prodige du piano. Il va lui transmettre son savoir et reprendre goût à la vie.

Ce qui est très plaisant dans la façon dont le récit nous est conté c’est que les indices sur la vie d’après de Fox nous permettent de deviner un petit peu comment sa vie de jeune homme va s’orienter. Mais sans les détails et c’est ce qui fait qu’on a hâte que les instants clés de la vie de Fox nous soient racontés.

Et puis, sans être une passionnée de musique, j’ai été charmée par cette passion qui est le fil qui unit tous les personnages clés du roman : Edie chanteuse, Fox compositeur, Robin pianiste. La musique est au cœur de leur vie et j’ai vraiment beaucoup aimé le récit autour de ça.

A côté de ça il y a l’histoire entre Edie et Fox, interdite puisque celle-ci a épousé Jack mais dont on sait qu’il y a eu revirement puisqu’au final Edie était bien la femme de Fox et mère de ses enfants. On attend donc au fil des pages de savoir comment cette histoire d’amour va basculer. Et j’ai aimé également cet aspect du roman.

Ma notation :

Une lecture que j’ai beaucoup aimée. J’ai passé un très joli moment à Hartgrove Hall. Il m’a toutefois manqué la petite étincelle de fin qui m’aurait fait refermer le livre avec une émotion encore plus forte.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

La maison au bord de la nuit, Catherine Banner

Quatrième de couverture :

Au large de la Sicile, sur l’île de Castellamare, caillou fertile bercé par le sirocco et les légendes locales, Amedeo Esposito peut enfin poser ses valises. Élevé à l’orphelinat de Florence, ce médecin a un don pour le bonheur. Or, l’île lui réserve bien des surprises. À commencer par l’amour : partagé entre deux femmes, Amedeo fait le choix de bâtir avec l’une. Et qu’importe si l’abandon de l’autre lui coûte sa réputation et son titre de médecin ; avec celle qu’il épouse et les quatre enfants qu’elle lui donne – dont Maria-Grazia, la rescapée, la prunelle de ses yeux –, Amedeo restaure une vieille bâtisse surplombant l’océan et rouvre le café qu’elle abritait. C’est ici, dans la Maison au bord de la nuit, sur fond de guerre ou de paix, de crise ou de prospérité, que trois générations d’Esposito vont vivre, mourir, aimer, se déchirer, s’effondrer et se relever, sous le regard de la sainte patronne locale, Sant’Agata, toujours prompte à réaliser quelques miracles..

L’avis de MadameOurse :

Je suis tombée sous le charme de cette lecture dès les 50 premières pages lues. Et j’ai gardé ce ressenti jusqu’à la dernière page. C’est donc un joli coup de cœur pour ce premier roman de Catherine Banner.

Le roman commence par la naissance, un même jour, de 2 bébés sur une île italienne. Amedeo Esposito met au monde l’enfant de Carmela pendant que sa propre femme accouche auprès d’une sage femme. Carmela dit alors à Amedeo que le bébé est le sien et ainsi, toute l’île se met à parler de frères jumeaux nés de 2 mères différentes.

Le roman nous ramène ensuite à la naissance d’Amedeo dans un orphelinat de Florence. L’enfant fera la connaissance d’un médecin qui deviendra son tuteur et lui inspirera sa vocation. Très jeune, le petit Amedeo se passionnera pour les contes, les légendes, racontées de bouches en bouches depuis la nuit des temps et les consignera dans un carnet. Ce point sera un fil rouge tout au long du roman, nous serons ramenés de temps à autre à l’une de ces histoires et c’est un très joli procédé que j’ai beaucoup apprécié dans ma lecture.

Amedeo devient médecin comme son tuteur et trouve alors un poste sur une petite île au large de la Sicile. Il y fera toute sa vie et l’on y suivra ses descendants tour à tour : Maria Grazzia sa fille, Sergio, son petit fils et Lena son arrière petite fille. Le scandale de la naissance des « jumeaux » lui coûtera sa profession et il reprendra le café Au Bord De La Nuit avec son épouse Pina.

Le roman nous raconte toute la vie de l’île à travers le 20ème siècle (et jusqu’en 2009). C’est une phase très dense de l’histoire de l’Italie et du monde vue à travers les yeux des habitants d’une petite île plutôt isolée. Il y a de très nombreux personnages et l’auteure nous raconte les petites histoires de chacun en plus des grands événements de la vie de la famille Esposito. J’ai adoré ce roman, il est magique. Le climat de l’île est fort, les paysages et les lieux sont joliment dépeints on se sent vraiment transportés à Castellamare. Je me suis énormément attachée à Amedeo d’abord puis à sa fille. J’ai un peu moins accroché sur la dernière phase du roman avec Sergio et Lena mais je crois que c’est parce que j’étais triste de « quitter » Amedeo et Maria Grazzia.

Petit détail en plus que j’ai fort apprécié, au cours des discours entre les personnages, l’auteure (qui a écrit son roman en anglais) a semé des mots d’italien qui sont conservés dans la traduction et ajoutent, je trouve, beaucoup de charme à la lecture. « Cara » (ma chérie?), « zia » (la tante), « americani », « medico » (médecin) et plein d’autres petits mots reviennent ainsi.

Ma notation :

Sublime ! Une magnifique fresque que je vous recommande vivement si vous aimez ce genre de roman et si vous avez envie de dépaysement. Une belle réussite pour un premier roman !

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(Roman lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

La lanterne des morts, Janine Boissard

Quatrième de couverture :

Lila et Adèle sont sœurs. Belle, brillante, passionnée, Lila ne rêve que de mener la grande vie. Hélas elle est victime de bipolarité, cette terrible maladie où le meilleur côtoie le pire. Adèle est douce, tendre, responsable.
Les années passant, de lourds soupçons pèsent sur Lila. Autour d’elle, plusieurs événements tragiques, toujours liés à des affaires d’argent. Mais sans jamais la moindre preuve.
Voyant sa sœur s’attaquer à celui qu’elle aime, les yeux d’Adèle s’ouvrent enfin. Menant une discrète enquête, elle découvre la vérité. Mais cela suffira-t-il à sauver Vivien ?
C’est dans les beaux paysages du Périgord Noir, où flottent les arômes de truffe et de bon vin, que se passe cette histoire de famille comme Janine Boissard excelle à les raconter, mêlée d’un suspense qui ne faiblit jamais.

L’avis de MadameOurse :

J’ai été attirée par ce titre sur Netgalley par son titre et sa couverture. Il s’agit d’une auteure française qui a publié de très nombreux titres et que je n’avais jamais lue alors c’était l’occasion.

Dès le début de la lecture, on est plongés dans un roman dit « du terroir » dans le Périgord où la famille d’Adèle et Lila vit de la truffe à côté de la famille Saint Sernin qui, elle, vit du vin. Les premiers habitent dans un manoir, les seconds dans un château et pourtant le récit n’est pas celui de familles bourgeoises. Au cœur du roman, la maladie de Lila, l’aînée des 2 sœurs : la bipolarité. Détectée très tôt, cette maladie va conditionner la vie de la famille et de tout l’entourage.

C’est ainsi que l’on suit la douce Adèle qui vivra toujours sous l’ombre de sa sœur et qui aura bien du mal à exister par elle même. Je ne peux pas en dire plus sur les événements que la famille traverse mais, plus les années vont passer, et plus les proches de Lila, Adèle en premier lieu, vont se méfier du comportement de celle-ci lié à sa maladie.

J’ai apprécié ma lecture, je me suis plu à suivre les aventures d’Adèle, Vivien et Lila. Il ne faut pas s’attendre ici à un roman trépidant, le rythme est plutôt doux et les événements étranges liés à la maladie de Lila ne sont pas d’un suspense intenable. Personnellement, cela ne m’a pas gênée dans ma lecture mais je pense que certaines personnes pourraient trouver le livre un peu plat et ennuyeux. Ça n’a pas été mon cas parce que l’auteure à su m’attacher à Adèle, à son vécu, à ses envies de vivre un peu contraintes par l’environnement familial et la maladie de sa sœur.

Ma notation :

Un joli roman dont j’ai apprécié la fin qui montre la force de caractère d’Adèle pour ne pas subir éternellement…

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong

Quatrième de couverture :

Un après-midi d’été, alors qu’il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement. Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l’accident. Ou plutôt le coupable. Qui était avec lui ce jour-là ? Pourquoi Milo n’était-il pas à sa table, en train de faire ses devoirs, comme prévu ? Tandis que l’angoisse monte autour de l’état de Milo resurgissent peu à peu les rapports de force, les mensonges et les petits arrangements qui sous-tendent cette famille. L’amour que chacun porte à l’enfant ne suffira pas à endiguer la déflagration. Mais lorsque la haine aura tout emporté sur son passage, quel autre choix auront-ils pour survivre que de s’engager sur le chemin du pardon ? Un roman choral qui explore la difficulté à trouver sa place au sein du clan, les chagrins et la culpabilité, mais aussi et surtout la force de l’amour sous toutes ses formes.

L’avis de MadameOurse :

Ce roman m’a fait très envie lors de sa sortie avec tous les avis élogieux qu’il a reçus et ce titre mystérieux. J’ai toutefois attendu la sortie en poche pour me le procurer.

Le roman commence lorsque Milo, sous la surveillance de sa tante Marguerite, a un accident de vélo. Ça pourrait être un banal accident mais les conséquences médicales pour le jeune homme de 12 ans sont assez lourdes. La famille est projetée à son chevet …. et implose ! Raconté tour à tour par les divers membres de la famille, le père Lino, la mère Céleste, la tante et la grand mère Jeanne, cet accident va mener la famille au chaos. Tous les non dits vont resurgir dans cette famille où les rapports pré établis entre chacun étaient si déséquilibrés.

J’ai beaucoup aimé tout ce qu’on apprend sur cette famille dans le roman avec le personnage de Marguerite en particulier, fille d’un amant de Jeanne et non du père et mari, elle ne sera jamais aimée. Au final, Milo n’est qu’un prétexte de départ à l’histoire pour raconter comment cette famille peut exploser après un banal événement. Et ça illustre très bien le fait que les non dits dans une famille ne peuvent jamais durer.

J’ai trouvé très chouette que le récit alterne la voix de chaque personnage parce qu’on se rend bien compte alors de ce que chacun porte sur ses épaules. Tous évoquent la culpabilité de ce qui est arrivé à Milo et la responsabilité est alors partagée à base de « et si cela », l’accident n’aurait pas eu lieu. Et ils reviennent tous sur leur vie en général et les événements douloureux qu’ils ont traversé, ce qui les a définis et construits. On s’attache à tous ainsi en les lisant tour à tour. Le but du roman n’est vraiment pas de nommer un coupable mais bien de montrer comment une famille construite sur des bases instables peut s’écrouler en peu de choses.

Ma notation :

Un bon roman que j’ai beaucoup aimé.

Le vertige des falaises, Gilles Paris

Quatrième de couverture :

Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au cœur d’une imposante maison de verre et d’acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l’île tout entière.
Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis.
Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s’en libérait enfin ?

L’avis de MadameOurse :

Je n’avais encore jamais lu Gilles Paris et la sortie de son nouveau roman avec cette couverture très attirante était donc l’occasion idéale. C’est un roman que j’ai apprécié crescendo. Au début de ma lecture, il m’a fallu du temps pour me repérer, qui sont les personnages, où l’auteur veut nous emmener. Les chapitres sont très courts et évoquent le récit d’un personnage après l’autre, essentiellement Marnie et sa grand mère Olivia avec l’intervention plus ponctuelle de nombreux personnages secondaires du roman.

Une fois familiarisée avec les Mortemer, je me suis attachée à cette famille particulière qui vit sur une Île isolée du Continent dans la sublime maison de Glass. Il y a la grand mère Olivia qui survit jour après jour aux coups de son époux Aristide; leur fils Luc, coureur de jupons instable avec qui Olivia n’a jamais réussi à créer de véritable lien affectif. Puis il y a Rose, l’épouse de Luc, qui sera un peu comme la fille qu’Olivia n’a jamais eu, folle amoureuse de celui-ci elle subira ses absences et infidélités avant d’être atteinte d’un cancer. Et enfin Marnie, la fille de Luc et Rose, adolescente de 14 ans très intelligente, un peu à part… Dans cette famille, les hommes sont mauvais et les femmes soudées entre elles pour vivre, survivre.

Je ne savais toujours pas ce qu’allait nous raconter Gilles Paris mais j’étais attachée à ses personnages. Il raconte bien ! Je suis sûre que je n’aurais pas apprécié son Olivia s’il ne l’avait pas fait parler dans le roman. Vue de l’extérieur, c’est une vieille femme froide, qui brasse l’argent gagné par son époux architecte et qui gère d’une main de fer Glass et la famille. Mais en fait, elle a tant à nous dire sur sa vie de femme battue… J’ai énormément apprécié ce personnage.

Et puis, arrivée déjà aux 3/4 de ma lecture, petit retournement de situation. Les personnages qui nous ont raconté leur vie jusque là se mettent aux confidences, comme si nous étions devenus un de leurs amis. Et ils nous font tour à tour les révélations sur leur vérité, sur des détails de leur vie qu’ils n’avaient pas abordé précisément avec nous jusque là. J’ai adoré la façon dont le roman a tourné parce que je ne m’y attendais pas et que c’est fait très finement, presque en douceur. Et brique après brique, chaque personnage nous amène les informations qu’il nous manquait pour relier toute l’histoire.

Ma notation :

Une très belle surprise pour la découverte de cet auteur, je n’ai jamais lu ses autres romans mais j’ai trouvé celui-ci très réussi ! Je le conseille vivement.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)