Les loyautés, Delphine de Vigan

Quatrième de couverture :

Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.

L’avis de Lunatic :

Je n’ai jamais lu cette auteure, et je crois bien que c’est une belle erreur. Je n’avais pas prévu de lire ce roman, je l’ai eu entre les mains, j’ai lu les premières pages par curiosité et je n’ai pas pu le reposer. Dans ce roman, Delphine de Vigan fait alterner les confidences et le quotidien de 4 personnages: Théo, un garçon de 12 ans, qui vit en résidence alternée chez ses parents divorcés. Un jeune garçon mal dans sa peau, dans sa vie qui a trouvé du réconfort dans l’ivresse. Un jeu d’ivresse qu’il partage avec Mathis, qui lui vit en famille, une famille aimante et unie. On a Cécile, la mère de Mathis, qui nous dévoile les faux semblants de son couple et les failles de son quotidien. Et enfin, Hélène, professeur des garçons qui est persuadé que Théo est en danger, elle soupçonne une maltraitance familiale, dont elle même a été victime, et cela va tourner à l’obsession.

La narration est simple, le rythme est haché et vif, les pages s’enchaînent et l’on avance avec tension dans ces vies difficiles, témoin d’un enfant livré à lui même dont les parents n’ont pas réussi leur séparation, témoin d’une femme qui découvre son mari sous un nouveau jour. Ce livre est dur, sombre et il dérange le lecteur. Il est réussi! Et ce titre colle parfaitement au récit.

Ma notation :

Une lecture qui interroge et ne laisse pas indemne.

 

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Danser encore, Julie de Lestrange

Quatrième de couverture :

Alexandre, Marco et Sophie connaissent une amitié de trente ans et autant d’amour, de blessures, de déceptions et de joies. Désormais adultes, confrontés au poids du quotidien et des responsabilités, à l’existence et ses tourments, sonne l’heure de faire des choix.
Mais que reste-il des certitudes lorsque le sort frappe au hasard ?
Juste un vertige, profond et déroutant, des liens indéfectibles, et parfois comme la nécessité de respirer, le besoin de danser et celui de s’aimer.

L’avis de Lunatic :

Ce n’est qu’après avoir fini le roman, que j’ai appris qu’il s’agissait d’une suite. Pourtant cela ne m’a aucunement dérangée dans ma lecture. On retrouve dans ce roman, les personnages déjà rencontrés dans Hier encore, c’était l’été. Dans ce roman, nos personnages sont trentenaires, plus ou moins installés dans leur vie professionnelle et familiale. Il y a Alexandre et Sophie, parents de deux enfants, qui en plein métro-boulot-dodo parisien doivent également gérer les fréquentes crises d’asthmes de leur fils. Marco, cousin de Sophie et meilleur ami d’Alexandre vit avec Pénélope mais refuse de lui faire un enfant. Autour d’eux gravitent la famille: Anouk la sœur d’Alexandre, les parents de chacun, et aussi les amis. Noyés dans leur quotidien, un événement tragique va tout bouleverser. Remise en question, changement de priorités, nouvelle vision de la vie, chacun va à sa manière être transformé par ce drame et agir en conséquence.

J’ai instantanément dès les premiers chapitres été conquise par les personnages. J’ai ressenti la détresse d’Alexandre face à la maladie de son fils, j’ai compris les choix de Pénélope, moins ceux de Marco. J’ai souffert avec eux, ri avec eux. Et Anouk, quelle femme! Imaginez qu’elle décide tout simplement de faire un mariage blanc pour éviter à un immigré d’être renvoyé chez lui. Et contre toute attente, elle réussi à convaincre ses proches de toute la bonté et l’humanité que signifie ce geste. Je n’arrivais pas à quitter nos personnages, j’ai lu ce roman d’une traite, profitant d’une journée pluvieuse. Ce roman est beau, l’écriture est sublime, pleine de poésie. Le titre me faisait penser à la sublime chanson de Calogero Danser encore, et ce roman y fait justement référence.

Danser encore.
Avancer toute voile dehors.
Et danser encore.
Envoyer valser la mort,
Dans le décor

Les paroles de cette chanson résument parfaitement l’idée du roman: vivons, profitons, ne pensons pas à la mort, elle nous rattrapera forcément, et ne gachons pas le temps qu’il nous reste.

Un roman véritable hymne à l’amour, à l’amitié. Je vais de ce pas me procurer le premier roman et j’espère bien que l’auteur a prévu de nous faire retrouver ses personnages dans un prochain roman.

Ma notation :

Un très bon roman difficile à refermer.

 

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(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

La mélodie des jours, Lorraine Fouchet

Quatrième de couverture :

Aujourd’hui, on guérit du cancer du sein s’il est pris à temps. C’est ce qu’on dit à Lucie, et c’est vrai. Sauf que… Si on est maman célibataire d’une fillette de onze ans qu’on tient à protéger, et si on se retrouve seule dans une nouvelle ville où on ne connaît personne, où trouve-t-on le soutien pour traverser vaillante l’espace incertain qui sépare le diagnostic de la fin du traitement ? Pour dépasser la peur, pour supporter la radiothérapie, pour remonter en piste en étant à la fois plus forte et plus fragile qu’avant ? Grâce au Site des Voisins, un site Internet de proximité, Lucie va découvrir, au fil de son traitement, de vraies amitiés qui, virtuelles au départ, vont devenir réelles, reconstruire autour d’elle une famille comme elle n’osait plus en rêver. Et puis il y a ces lettres d’amour qu’elle reçoit chaque jour, sous forme de chansons, comme pour mieux redonner au mot « espoir » les couleurs et la force de vie que la maladie menaçait de lui voler.

L’avis de Lunatic :

J’ai vraiment aimé retrouver la plume de Lorraine Fouchet qui m’avait manqué depuis ma lecture cet été d’Entre Ciel et Lou. Dans ce roman on retrouve un peu les mêmes éléments qui m’avaient alors touchée : des personnages singuliers, forts même si un peu cabossés par la vie. Ce roman donne la voix à plusieurs personnages auxquels on ne peut que s’attacher et se prendre d’amitié. Lucie, jeune mère célibataire apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, elle se refuse à en parler à Léa sa fille de 11 ans. Pour évacuer ses angoisses, elle crée des liens virtuels sur un site de voisins. Des liens essentiels pour elle, qui se transformeront en rencontres amicales riches en émotion et sincérité. Il y a aussi Malo, nouveau au village, venu ouvrir sa chocolaterie après avoir fui un père tyrannique. Puis Arlette, une jeune octogénaire corse au tempérament de feu, qui a quitté son île sur un coup de tête. Des personnages que tout oppose mais que le destin réunit pour leur donner un petit coup de pouce.

Malgré le thème de la maladie qui pourrait effrayer le lecteur, cette lecture est douce et pleine de bonheur… Lucie va rencontrer sur le site un homme qui l’accompagnera à travers mots doux et chansons dans ses lourdes semaines de traitement. Un homme qu’elle ne connaît que sous un pseudo, alors qu’il est pourtant si proche d’elle. Elle sera épaulée également par tout les membres de cette communauté qui lui permettront de passer l’épreuve de la maladie avec un peu plus de sérénité. Alors oui c’est plein de bons sentiments, oui les personnages sont trop mignons et tout se finit bien. Mais c’est tellement bon à lire. J’aurai tant envie de vivre dans leur quartier, de me trouver un pseudo pour discuter en ligne sur le site des voisins et aller boire un chocolat chaud chez Malo. Encore une fois je ne suis pas déçue par ma lecture.

Ma notation :

Un jolie roman choral comme j’aime.

Les oubliés du dimanche, Valérie Perrin

 

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Quatrième de couverture:

Justine, vingt et un ans, vit chez ses grands-parents avec son cousin Jules depuis la mort de leurs parents respectifs dans un accident. Justine est aide-soignante aux Hortensias, une maison de retraite, et aime par-dessus tout les personnes âgées. Notamment Hélène, centenaire, qui a toujours rêvé d’apprendre à lire. Les deux femmes se lient d’amitié, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre. Grâce à la résidente, Justine va peu à peu affronter les secrets de sa propre histoire. Un jour, un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite et fait une terrible révélation.

L’avis de Lunatic :

Ce roman c’est l’histoire de Justine, jeune aide-soignante, mais c’est aussi l’histoire d’Hélène, l’une de ses patientes. Justine est une jeune femme courageuse, humaine et qui aime son métier au sein d’une maison de retraite. Elle est pleine de bienveillance et d’amour pour les pensionnaires. De l’amour c’est justement ce qui lui a manqué à Justine: ses parents sont morts dans un accident de voiture, elle a été élevée par ses grands-parents qui manquaient un peu de tendresse et qui refusaient de parler du drame. Justine évoque ses vies: sa vie familiale, professionnelle, amoureuse et en parallèle réécrit l’histoire d’Hélène à la demande de son petit fils. Hélène cette femme oiseau, que la 2ème guerre mondiale séparera de son Lucien, l’amour de sa vie. On vit avec elle l’attente d’un retour. Alors que le destin d’Hélène nous est conté, Justine décide d’en savoir plus sur les drames qu’a vécu sa famille.

J’ai adoré ce roman. J’ai aimé les personnages, j’ai été touchée par leurs destins et les drames qui ont jalonné ces vies. Justine est attachante, si forte. Elle veille sur son cousin Jules comme sur un frère, veille sur ses patients, ménage ses grands-parents. Elle ne pense pas assez à elle je pense. J’ai aimé l’alternance entre l’histoire de Justine et celle d’Hélène. Deux époques, deux histoires mais avec ce point commun: la force d’une femme et sa détermination  à ne jamais abandonner. Un roman qui nous parle d’amour, de secrets de famille, de la vieillesse le tout avec plein de douceur.

Ma notation :

Une jolie lecture.

Ce roman fait partie de la sélection du prix des lecteurs U en partenariat avec Le livre de poche auquel je participe en tant que membres du jury pour l’édition 2018.

 

Au nom de ma mère, Hanni Munzer

Quatrième de couverture :

Étudiante à Seattle, Felicity reçoit un appel : Martha, sa mère, a disparu… Felicity la retrouve à Rome, où Martha s’est enfuie avec des archives familiales.
Martha a en effet découvert une longue lettre écrite par sa propre mère, Deborah, fille d’une diva qui connut son heure de gloire aux débuts du IIIe Reich. Une lettre qui va plonger Felicity dans une quête douloureuse.
Alternant passé et présent, ce roman mêle amour et trahison, colère et culpabilité, péché et expiation, autour d’un secret de famille courant sur quatre générations.

L’avis de MadameOurse :

Je ne présente plus mon amour des livres traitant de la seconde guerre mondiale…. Toute nouvelle sortie sur le thème me fait envie, c’est toujours une opportunité de plus d’apprendre des choses sur cette période si terrible. Et croyez moi il y en a des choses à révéler sur les atrocités menées par les nazis… Alors après Mischling lu récemment, j’étais heureuse de me plonger dans Au nom de ma mère. Je l’ai d’ailleurs lu en parallèle avec un autre roman dont on parlera prochainement qui traite lui aussi de cette période historique qui me passionne.

Ce roman, je l’ai adoré. Il m’a captivée plus que je ne le pensais, j’ai eu un mal fou à le reposer entre 2 séances de lecture. Après un prologue autour de Felicity et sa mère Martha, on va suivre un couple très amoureux : Gustav un médecin et son épouse Elizabeth une chanteuse de talent. Ils vivront l’arrivée du nazisme au pouvoir et vont percevoir tous les changements que cela va amener dans leur vie. Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est qu’on y voit quand même la capacité qu’a eu la classe sociale aisée d’analyser les choses puis, de tenter de sauver leur peau. Les moyens aident mais ne font pas tout… On ne sera jamais au cœur des camps de concentration dans ce roman mais les horreurs du quotidien de l’occupation nazie y sont quand même terriblement présents. Dans une seconde phase du roman, c’est Deborah, la jeune fille du couple que nous suivront. A tout juste 18 ans, elle sera très proche des nazis les plus influents et il lui faudra un temps avant d’être capable de prendre du recul sur ce qui se passe autour d’elle.

Par la suite, elle réagira, aux cotés de son amie Marlene pour combattre le programme des nazis qu’est la suppression du peuple juif.

Le roman est passionnant, j’en ai aimé tous ses personnages, même les personnages secondaires. La famille va vivre une quantité de péripéties qui font qu’on est complètement pris dans le roman, on en tourne les pages les unes après les autres avec l’envie tenace de savoir ce qu’il va se passer ensuite. Je ne veux pas révéler l’intrigue parce que ce serait dommage si vous le lisez et j’ai adoré là où l’auteure m’a amenée sans que je l’imagine.

Et finalement, on en oublie le prologue partagé avec Felicity et Martha. Enfin, je ne l’avais pas oublié mais je me suis dit que l’histoire au cœur du roman suffisait amplement, c’est à Elizabeth puis Deborah que je me suis attachée. Elles ont été les personnages qui m’ont touchée. Je ne savais pas trop comment l’auteure allait conclure le roman en revenant à la période contemporaine mais, comme je m’y attendais, cette conclusion ne m’a pas particulièrement touchée. J’étais tellement bien en 1945 dans l’histoire de Deborah ! Certes, la conclusion contemporaine a un sens, elle amène quelque chose à l’histoire mais j’aurais vraiment adoré le roman également sans cette partie.

Ma notation :

Coup de cœur ! Un roman magnifique. L’auteure a écrit une suite autour du personnage de Marlene, l’amie de Deborah dans le roman et franchement : je VEUX LIRE CETTE SUITE ! J’ai été pleine d’émotion lors de cette lecture. J’avais tellement aimé la couverture avec ce regard de femme magnifique, je suis ravie que l’histoire m’ait emporté, c’est tellement bon de vivre un coup de cœur de la sorte.

 

Un grand merci à Mylène des éditions Archipel pour cette superbe lecture.