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Les survivants, Alex Schulman

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4e de couverture:

Benjamin, Pierre et Nils sont venus accomplir les dernières volontés de leur mère : répandre ses cendres dans le lac qui borde leur maison d’enfance, non loin d’une épaisse forêt de sapins comme on en trouve en Suède. Là où, vingt ans auparavant, un drame a changé le cours de leur existence.

L’avis d’Audrey :

3 frères se retrouvent pour le décès de leur mère. Les chapitres alternent entre les jours qui suivent ce drame et les souvenirs d’enfance. On apprend alors à mieux connaitre cette famille. Des instants d’enfance grâce auxquels on revit les moments de cette fratrie au bord de ce lac dans lequel ils veulent verser les cendres de leur mère.

Le style tout en langueur, nous montre une famille bancale : des rivalités, des parents qui manquent de maturité et qui n’aiment peut-être pas comme il faudrait. De l’alcool, des absences, et alors que les frères pourraient s’unir, se serrer les coudes, tout est fait pour que des tensions apparaissent.

C’est à travers Ben, le garçon du milieu que l’on entre dans cette histoire, même si une certaine distance s’installe avec ce personnage, l’auteur ayant fait le choix de la narration à la 3ème personne. Puis surtout, doit-on vraiment se fier à lui, après tout son seul point de vue biaise peut-être les faits ?

Au fur et à mesure des souvenirs, une ambiance étouffante s’installe jusqu’aux souvenirs de la dernière année de vacances au lac, celle d’un drame qu’on imagine déterminant pour le récit et qui a forgé la caractère et le destin de nos 3 frères. Puis la toute dernière révélation est lâchée. Trop tardivement à mon gout et me désarçonnant complétement. Rien ne laissait présager un tel final. J’ai alors relu quelques pages, cherchant des indices que j’aurai pu manquer. En vain.

Ma notation:

Un roman à l’écriture singulière, surprenant mais je n’ai pas eu déclic suffisant pour apprécier pleinement cette histoire.

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(Merci à Stéphane de chez 20 minutes pour cette lecture)

Sa majesté des fèves, Eve Borelli

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Quatrième de couverture :

Lucien, dernier fabricant de fèves de France, désespère : l’âge d’or des féviers est révolu, il vient de mettre la clef sous la porte et pour couronner le tout, sa petite amie plie bagage.
Heureusement, sa sœur Cristalline ne l’entend pas de cette oreille. Pour une lanceuse de disque de son niveau, la défaite n’est pas une option. Elle met donc au point un plan follement insensé pour sauver son frère : destination Londres pour rencontrer la reine Élisabeth, grande adepte de galettes des rois et devenir son févier officiel !

L’avis d’Audrey :

Lucien est fabriquant de fèves, une activité sur le déclin. Cristaline sa sœur, est lanceuse de disques professionnelle et maman d’un petite garçon, Roméo. Elle débarque sans crier gare chez son frère, pour le sortir de l’ennui et de la déprime. Direction, Londres, où elle compte bien rencontrer la reine pour lui présenter les talents de son frère. Il parait que la reine Elisabeth est une grande amatrice de galettes.

Dans ce road-trip qui les mène de l’autre coté de la manche, ils embarquent deux passagers blablacar qui ne se connaissent pas: Maguelonne et Twix, deux personnages aussi atypiques que Cristalline et Lucien. Vous ajoutez à la troupe, un caniche au doux nom de Micheline Ostermeyer (complétement improbable comme nom pour un chien non?) et c’est parti pour un enchainement de situations et de confidences plutôt étonnant.

Les chapitres donnent voix en alternance à plusieurs personnages. Ils sont ainsi tous mis en lumière, et le lecteur peut alors les apprécier chacun différemment et mieux comprendre ce qui les caractérise. Leurs vécus, leurs épreuves, leurs envies permettent de mieux saisir ce qui les amènes tous à faire ce voyage qui a tout l’air d’une fuite en fait.

Avec les premiers chapitres, on se demande bien ce que nous réserve ce roman : des personnages originaux, des scènes cocasses. Mais trop d’humour ne risque-t-il pas d’alourdir le récit ? Et bien non, malgré cet humour omniprésent, des scènes folles et loufoques, l’auteure a su laisser place à l’émotion et la sincérité.

Pour apprécier ce roman, il faut vraiment savoir prendre du recul, perdre son sérieux, saisir l’aspect très décalé de l’intrigue et accepter d’être emporté par des personnages hauts en couleurs et pourtant très attachants.

Ma notation:

Une lecture comme une bulle colorée, hilarante et pleine de fantaisie.

J’ai rendez-vous avec toi, Lorraine Fouchet

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Quatrième de couverture :

« Pour ceux qui ne te connaissaient pas tu étais un homme politique imposant et sérieux. Pour moi tu étais un papa souriant qui avait pour amis Charles De Gaulle, Saint-Exupéry, Alexandra David-Néel ou André Malraux. Un papa pour lequel je suis devenue urgentiste, ce qui m’a permis de réanimer les papas des autres. Tu m’as dit au téléphone la veille de ta mort que médecin c’était le plus beau métier du monde. Heureusement que tu n’as pas dit mannequin, ça m’aurait privée pour la vie de moelleux au chocolat. »

L’avis d’Audrey :

Si comme moi vous suivez Lorraine Fouchet sur les réseaux sociaux depuis pas mal de temps, vous avez pu voir quelques clichés de son père qu’elle partage par moments. Des clichés d’un homme grand, d’un homme charismatique, que l’on voit à travers ses yeux de petite fille. Elle parle toujours de lui avec beaucoup de tendresse et d’affection. Avec ce livre, c’est son histoire qu’elle raconte. Celle d’un homme politique, d’un gaulliste, d’un résistant, d’un ministre. Mais surtout celle d’un père. Un père fier, aimant. Un père parti bien trop tôt.

Au hasard d’une brocante, Lorraine trouve un livre : Les mémoires de son père. Elle ne s’était jamais plongée dans ce récit. Après tout, quand on est ado dit-elle, on n’a pas envie de lire cela. Et une fois orpheline, le courage et l’envie n’étaient plus là. C’est donc 40 ans après sa mort, qu’elle s’y plonge, découvrant de nouvelles facettes de cet homme cher à sa vie. Elle ne s’arrête pas là, et ira aux archives nationales, compulser les documents concernant sa vie.

Une re-découverte, une nouvelle rencontre. Un rendez-vous avec ce père absent depuis si longtemps, et pourtant tellement présent. Un récit très intime, avec la plume si douce et bienveillante de Lorraine Fouchet. Elle se livre avec émotion et humilité. Mais lire ce récit, c’est aussi un voyage historique, dans les épreuves, et les grands événements de la vie de Christian Fouchet. On passe de la France, à Londres, à Alger, Calcutta ou encore au Danemark.

La postface inédite pour cette édition poche est poignante. Elle nous rappelle qu’il est temps de parler à ceux qu’on aime, de ne plus attendre et d’aller à leur rencontre tant qu’ils sont encore là. On retiendra surtout que c’est un joli cri d’amour d’une fille pour son père, mais aussi l’inverse. Je suis sûre que la où il est maintenant, Christian Fouchet est fier et heureux de ce rendez-vous avec Lorraine.

Ma notation:

Un magnifique récit, à la découverte d’une homme, d’un père et d’une fille.

Comment  les pingouins ont sauvé Veronica, Hazel Prior

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Quatrième de couverture :

Le cœur ne gèle jamais, même au milieu des icebergs. Au crépuscule de sa vie, Veronica McCreedy, 84 ans, se replonge dans son existence pour chercher ses héritiers. Elle retrouve la trace de Patrick, un petit-fils de vingt ans abandonné par son père et orphelin depuis l’âge de six ans, après le suicide de sa mère. Mais le jeune homme ne plaît pas à cette grand-mère acariâtre.
À la suite de cette rencontre désastreuse, Veronica décide de léguer ses biens aux pingouins et obtient
d’accompagner une mission scientifique en Antarctique pour observer ses petits protégés.
Mais Veronica tombe malade lors de ce voyage et Patrick, sa seule famille, est appelé à son chevet. Comme deux animaux sauvages, ils vont apprendre à s’apprivoiser au milieu des icebergs…

L’avis d’Audrey :

Veronica est loin de la jeune héroïne, charmante et pleine de vie à laquelle on pourrait s’attendre avec ce genre de roman. On est face à une vieille dame de 84 ans, aigrie et guindée. Elle vite seule, accepte à contre coeur l’aide d’Eileen son aide ménagère et se passionne pour des pingouins découvert dans une série télé. Elle envisage de léguer sa fortune pour la sauvegarde de ses animaux, mais entreprend en même temps de chercher d’éventuels héritiers et se découvre un petit fils: Patrick. Mais la première rencontre avec ce dernier n’est pas vraiment du gout de la vieille dame.

Alors que tous s’oppose à cette folle idée, Veronica décide de partir pour une île de l’antarctique, afin de passer quelques jours avec un équipe de scientifique qui observe les pingouins. En parallèle, Patrick va pouvoir découvrir davantage son aïeul, par la lecture de journaux intimes. Sa vieille grany lui parait d’un coup moins revêche, et son passé durant la seconde guerre mondiale semble être un révélateur sur la façon dont elle s’est construite.  Ses deux personnages, vont doucement s’apprivoiser, lorsque Patrick va rejoindre Veronica sur l’île, alors qu’elle s’y trouve en mauvaise posture.

J’ai apprécié ce roman, car malgré un thème qui aurait pu paraitre vu et revu dans de nombreux romans ces derniers mois, la question du rassemblement des générations et la mise en scène d’un personnage âgé, est fait ici avec beaucoup de fraicheur. Nos deux personnages détonnent pas mal, entre une vieille dame désagréable et antipathique, et ce petit fils paumé qui éponge son mal être dans les drogues et l’alcool. J’aime les personnages imparfaits, et c’est vraiment le cas ici. Et si cette rencontre permettait peut-être de se sauver mutuellement? De donner un sens à sa vie, de trouver sa place auprès de quelqu’un d’autre?

Un peu moins convaincue par les valeurs écologiques que prônent l’auteure, mais Laure vous le confirmera sans doute, et vous allez me huer mais cela fait partie des deux ou trois thèmes qui me gavent terriblement dans les romans. Mais ici, à petit dose et distillé dans la fiction, ça passe sans soucis pour moi. Et surtout, ne vous offusquez pas de voir des manchots sur la couverture alors que le titre parle de pingouins 😉  Lisez le, et vous comprendrez.

Ma notation:

Une bien belle découverte émouvante et grinçante. Je lirai avec plaisir le prochain tome des aventure de Veronica McCreedy .

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(Merci à Mylène  pour la lecture)

Les vœux secrets des sœurs McBride, Sarah Morgan

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Quatrième de couverture :

Dans la région enneigée des Highlands d’Écosse, Suzanne McBride est impatiente que ses trois filles adoptives la rejoignent pour fêter Noël. Hannah, elle, se passerait bien de ces festivités familiales  : elle croule sous le travail et, surtout, sous le poids du secret qui va bientôt changer sa vie. Beth, quant à elle, est en pleine crise existentielle et tout ce que la mère de famille souhaite pour l’instant c’est du temps pour elle et du calme afin de décider si elle est prête à reprendre le travail. Posy, enfin, doit composer avec la sensation tenace qu’elle passe à côté de sa vie  ; mais changer de voie est risqué quand on a la charge de ses parents. Enfin, toujours moins risqué que de craquer pour Luke, son nouveau voisin… Face aux problèmes de ses filles, Suzanne n’a d’autre choix que de compter sur la magie de Noël pour que ces fêtes se passent bien. Avec un peu de chance et plein d’amour, peut-être comprendront-elles qu’ensemble elles sont assez fortes pour affronter tous les obstacles…y compris un Noël en famille  !

L’avis de Laure :

Voici ma première lecture de Noël 2021, une valeur sûre avec Sarah Morgan, que j’ai déjà lue à plusieurs reprises. Je tiens à préciser qu’ici on est vraiment plus dans le récit familial que dans la romance pure, moins d’émotions donc liées au début d’une histoire d’amour mais des récits familiaux vraiment réjouissants.

La famille Mc Bride a une histoire assez dure qui va être l’arrière plan du roman et qui explique bien des choses dans le comportement des personnages. En effet, les parents des 3 soeurs ont perdu la vie en montagne et Posy, Beth et Hannah ont été élevées par la meilleure amie de leur mère et son mari. Si les deux cadettes ont fait de Suzanne et Stewart leurs parents depuis le drame, pour Hannah c’est plus difficile.

Le roman est bien rythmé parce que l’auteure alterne entre les récits des différents personnages. Je dois dire qu’au début j’ai eu un peu de mal avec Hannah, personnage cliché au possible : jeune femme ultra carriériste, qui refuse de se lancer dans une histoire d’amour et n’est jamais disponible pour sa famille.

Pourtant, les sœurs Mc Bride vont se retrouver en Ecosse et on suit avec ravissement la renaissance de liens familiaux précieux. Enfin, les sœurs vont faire tomber la façade et apprendre ce qui anime vraiment les autres, c’est le moment de découvrir alors que la vie parfaite qu’on imagine est loin de l’être. Je me suis sentie très proche de Beth qui ne trouve plus son rôle dans sa vie de mère au foyer parfaite, elle aspire à autre chose. Posy est le personnage qu’on adore dans ces comédies, entière, sincère, elle ne cache rien, j’ai adoré la naissance de son histoire d’amour autant que le lien qui l’unit à sa mère. Et Hannah m’a finalement bien plu aussi une fois qu’elle laisse tomber la façade, j’ai adoré évidemment l’homme qui fait partie de sa vie, qui l’a si bien cernée et qui saura l’amener à s’ouvrir à autre chose.

Je n’ai nul doute que la vie des sœurs Mc Bride vous plaira autant qu’à moi et si, au début, on ne peut guère imaginer un Noël serein dans cette famille, on se réjouit finalement de l’évolution des choses qui permettra à chacun de se créer de beaux souvenirs.

Ma notation :

Un nouveau Sarah Morgan très familial qui m’a bien plu !