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La carte postale, Anne Berest

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Quatrième de couverture :

« La carte postale est arrivée dans notre boîte aux lettres au milieu des traditionnelles cartes de voeux. Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme. Il y avait l’opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942. Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale, en explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi. »

L’avis d’Audrey :

Je pense que vous êtes nombreux à avoir lu, ou vu passer ce roman depuis sa sortie l’été dernier. J’ai enfin sorti ce titre de ma PAL, et ce fut une expérience de lecture particulière.

Ce roman, c’est l’histoire d’une carte postale. Une carte reçue en 2003, et qui réapparait des années plus tard chez Lélia, la maman d’Anne. Pourquoi Anne ne l’avait jamais vue ? Qui est l’auteur de cette carte qui ne contient que 4 mots ou plutôt 4 noms : Ephraïm, Emma, Noémie et Jacques. Il s’agit des ascendants d’Anne, tous morts en 1942 à Auschwitz.

Cette missive va obséder Anne et elle va ressentir le besoin d’enquêter sur cette carte. C’est le moment de comprendre un peu mieux qui est sa famille, de remonter leurs traces et de délivrer peut-être quelques secrets.

Si j’ai eu un peu de mal avec la première partie, dans laquelle on fait la connaissance de cette famille, de leur histoire, j’ai ensuite été complétement happée par cet ouvrage, et l’intrigue très énigmatique qui s’en dégage. On avance doucement dans les recherches avec Anne, et il est impossible de savoir qui est l’auteur de cette carte et surtout si on le saura vraiment. Un roman qui traite forcément de sujets douloureux, qui hantent cette famille, et c’est vraiment le moment pour l’auteure d’interroger son propre rapport au fait d’être juif, dans sa famille où l’on ne parlait pas et ne pratiquait pas la religion.

J’ai trouvé que ce livre était très touchant et émouvant. Il impose quelques questions et je retiens surtout cette idée de transmission, de répétition et de culpabilité. C’est vraiment un témoignage utile, un devoir de mémoire familial et universel.

Ma notation:

Un roman témoignage captivant et poignant. Il ne faut pas hésiter une seule seconde à le lire.

L’ombre du renard et l’engrenage du mal, Nicolas Feuz

L’avis d’Audrey :

L’ombre du renard, c’est la seconde enquête du procureur suisse Jemsen, et quel plaisir de le retrouver. Et puisque j’aime les lectures immersives, j’ai embarqué ce roman lors d’un séjour à Neuchâtel, une façon de marcher dans les pas des personnages du roman. Mais je ne suis pas restée en Suisse, car ce roman nous embarque également sur l’ile de beauté, au sein d’un clan pas très net, en Corse.

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Il va être question de mafia, de trésor nazi, de toxicomane retrouvé mort, du passé et du présent. Tout pour rendre fou Jemsen et sa greffière  Flavie.

Ce que j’ai aimé, c’est ce mélange de fiction qui emprunte quelques éléments au réel pour nous livrer une intrigue passionnante et sacrément divertissante. Avec Nicolas Feuz, on ne s’encombre pas de détails ou de long passages sans intérêt. Tout est rapide, net et précis. Et pourtant, le récit est complexe, avec des intrigues différentes  que l’on va doucement relier entre elles.

Difficile de ne pas enchainer avec la suite de cette série, mais j’ai patienté quelques semaines, gardant bien au chaud le 3e tome de cette série, et j’ai profité d’un nouveau séjour chez les helvétes pour lire L’engrenage du mal.

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On reste en Suisse, à La chaux de Fond où l’on trouve Jemsem et ses deux acolytes de choc. La patte de Nicolas Feuz, avec des chapitres brefs et percutants restent sa marque de fabrique dans ce 3e tome. Pas d’ennui, on va à l’essentiel dans une enquête que j’ai trouvé plus percutante que les précédentes. Une famille vit un drame en pleine activité de loisir, un prisonnier s’évade de sa cellule. Et c’est parti pour un roman assez violent et qui vous promet quelques surprises.

Ma notation:

Vous l’aurez compris, j’ai un petit faible pour le procureur Jemsem, qu’il me tarde de retrouver dans Brume Rouge.

Les soeurs de Montmorts, Jérôme Loubry

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Quatrième de couverture :

Novembre 2021. Julien Perrault vient d’être nommé chef de la police de Montmorts, village isolé desservi par une unique route. Alors qu’il s’imaginait atterrir au bout du monde, il découvre un endroit cossu, aux rues d’une propreté immaculée, et équipé d’un système de surveillance dernier cri.
Mais quelque chose détonne dans cette atmosphère trop calme. Est-ce la silhouette menaçante de la montagne des Morts qui surplombe le village ?
Les voix et les superstitions qui hantent les habitants ? Les décès violents qui jalonnent l’histoire des lieux ?

L’avis d’Audrey :

Envie de frissonner en écoutant un livre. 1, 2, 3…. partez ! La narration de Slimane Yefsah est efficace et sonne très juste tout au long de cette histoire. Il sait nous immerger dans l’univers qu’a créé Jérôme Loubry, sans en faire « trop » dans sa lecture. Sa diction est naturelle, toute en fluidité et agréable à écouter.

Je parle d’immersion, car dans ce roman, l’ambiance dans laquelle on est plongé dès le début du roman est très importante. On perd vite pied, on ne sait pas où l’on va, et on déambule de chapitre en chapitre dans un climat énigmatique, glaçant et intrigant. On est plus précisément à Montmorts, un village où les apparences sont trompeuses, et qui cache bien des mystères et secrets, comme va le découvrir le nouveau commissaire de Police, fraichement débarqué.

Il va être question de vieilles légendes, de magie, de sorcières. Mais quand on trouve un cadavre dans le village, on est loin des vieilles légendes du passé. Le danger est bien présent. Comme moi, vous risquez bien de faire des centaines d’hypothèses sur le déroulement de cette histoire. Et vous risquez bien vous aussi de vous faire berner par l’auteur, alors même que j’ai cherché les indices pour ne pas me faire manipuler. Bravo à Jérôme Loubry.

Ma notation:

Un thriller brillamment réussi, une narration plaisante. C’est le roman à écouter sans hésiter!

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Desenchantées, Marie Vareille

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Quatrième de couverture :

La disparition de Sarah Leroy, quinze ans, a bouleversé la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Dans chaque foyer, chaque bistrot, on élaborait des hypothèses, mais ce qui est vraiment arrivé, personne ne l’a jamais su.

Vingt ans plus tard, Fanny revient sur les lieux de ce drame qui a marqué sa jeunesse. Et c’est tout un passé qu’elle avait préféré oublier qui resurgit… Car l’histoire de Sarah Leroy, c’est aussi un peu la sienne, et celle d’une bande de filles qui se faisaient appeler les « Désenchantées ». Une histoire qui a l’odeur des premières cigarettes et du chlore de la piscine municipale, des serments d’amitié et surtout, des plus lourds secrets.

Avec finesse et un vrai sens du suspense, Marie Vareille met à nu les rouages de l’amitié féminine dans un roman d’apprentissage captivant et rempli d’émotion.

L’avis de Laure :

Lorsqu’on connait Marie Vareille et qu’on l’a déjà lue, je crois que la promesse d’un nouveau roman nous séduit sans même savoir de quoi il va être question. En tout cas, cela a été mon cas avec ses Désenchantées que j’ai pris plaisir à découvrir à l’aveugle, sans en lire le résumé.

Et j’ai bien fait car la promesse était à la hauteur de l’attente. Dès le début, on sait qu’on va être emmenés dans un suspense mêlant le présent au passé. Ces années 90 qui ont marqué la disparition de Sarah Leroy. Ces années 90 dans lesquelles on replonge avec ravissement. Parce que j’étais aussi une adolescente des années 90 (comme Marie Vareille), parce que c’est truffé de références aux ados que nous étions, des magazines que nous lisions à la musique dans nos oreilles toute la minute nostalgique y est et c’est un vrai plaisir dans le roman.

Mais le roman ne se contente pas de cela. Outre cette minute nostalgique si savourable, Marie Vareille nous livre une histoire savamment ficelée, surprenante et dont le suspense va nous tenir en haleine jusqu’à la dernière minute. Qu’est-il donc arrivé à ces héroïnes ? Pourquoi n’a-t-on jamais retrouvé le corps de Sarah Leroy mystérieusement disparu ? Est-ce qu’Eric qui est en prison pour ce crime depuis 20 ans a vraiment commis l’irréparable alors qu’il a toujours démenti ?

Peu à peu, on plonge dans ce que ces adolescentes ont vécu. Les thèmes sont forts, ils mettent en avant le féminisme, l’amitié, la sororité mais aussi le poids des injonctions qui peuvent peser sur les adolescentes. Comme vous quand vous le lirez, j’ai été choquée que les choses puissent se passer ainsi, l’histoire est révoltante mais là où elle est si belle c’est dans ce lien amical qui va venir tout sauver, acceptant alors de prendre tous les risques pour l’une d’entre elles. Une franche réussite, Marie Vareille change de registre et nous bluffe ! 

Ma notation :

Une très belle réussite !

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

Les gardiens du phare, Emma Stonex

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Quatrième de couverture :

Au cœur de l’hiver 1972, à plusieurs milles de la côte de Cornouailles, une barque brave la mer pour rejoindre le phare du Maiden Rock. À son bord, se trouve la relève tant attendue par les gardiens. Pourtant, quand elle accoste enfin, personne ne vient à sa rencontre. Le phare est vide. La porte d’entrée est verrouillée de l’intérieur, les deux horloges sont arrêtées à la même heure et le registre météo décrit une tempête qui n’a pas eu lieu.
Les trois gardiens se sont volatilisés.
Vingt ans plus tard, alors que les flots semblent avoir englouti pour toujours leurs fantômes, les veuves des trois hommes ne peuvent se résoudre à tourner la page. Le vernis se craquelle, le sel de la mer envahit le présent, et les secrets profondément enfouis refont surface.

L’avis d’Audrey :

J’ai été très surprise par la tournure que prend ce roman. Je ne m’attendais pas un récit si mystérieux, mêlé à une intrigue policière si complexe et obscure.

Au début des années 90, un écrivain arrive au phare de Maiden Rock, pour enquêter sur un fait divers datant de 20 ans. En 1972, celui qui vient prendre la relève au phare, trouve l’endroit fermé à clé mais pourtant abandonné. Aucune trace des 3 gardiens en place. Les assiettes sont restées sur la table, les affaires n’ont pas bougés les horloges se sont arrêtées. Surtout ne pas ébruiter l’affaire, rester discret et oublier.

Mais l’arrivée de cet auteur est loin de réjouir les habitants de ce petit village de Cornouailles. Il va vouloir rencontrer et faire parler les épouses des disparus. On n’aime pas les gens qui fouinent, et à quoi bon vouloir remuer le passé !

On est vite happé par l’ambiance du roman, cette atmosphère quasi claustrophobique. Les personnages sont mystérieux et intrigants. Il est curieux de voir comme les gens préfèrent se taire plutôt que de livrer certaines vérités. Et pourtant les secrets vont doucement se dévoiler, pour notre plus grand étonnement de lecteur.

J’ai apprécié la lecture à deux voix, entre Christine Braconnier et Guillaume Orsat. Ce dernier, instaure d’ailleurs une atmosphère très envoutante par son timbre de voix que j’ai beaucoup aimé. A eux deux, ils rythment le récit, que j’aurai peut-être pu trouver un peu trop lent si j’avais découvert cette histoire en format papier.

Ma notation:

Un roman surprenant, qui a su me passionner. Une bien belle surprise.

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