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[Duo lecture] Lettres de Washington Square, Anne Icart

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Une histoire de lettres, de familles : 2 éléments qui m’ont donné envie de lire ce roman.

(Laure) J’avais déjà lu Anne Icart et j’avais aimé ses romans. Ici sous cette belle couverture, cette histoire de secret familial me donnait envie.

La couverture :

(Audrey) Une très jolie couverture, j’aime l’ambiance sépia des couleurs et la superbe écriture de l’adresse sur l’enveloppe.

(Laure) Une couverture qui est vraiment un point fort pour le roman, je l’aime beaucoup.

La quatrième de couverture :

Dans ma prochaine lettre, je te raconterai mon arrivée à New York. Je te raconterai Ellis Island, ce terrible endroit par lequel passent tous les migrants. Il faut que je te laisse. Il fait vraiment très froid à présent, la nuit tombe et je dois aller prendre mon service au Waldorf.
Je t’embrasse, mon cher fils.

Des montagnes pyrénéennes à New York, une histoire d’amour filial incroyablement émouvante portée par l’espoir des deuxièmes chances que la vie offre parfois.

Après lecture :

(Audrey) Un court mais passionnant roman sur l’histoire d’une famille, sur l’histoire d’un fils et d’un père. Alors que sa grande tante vient de décéder, Zélie trouve de vieilles boites contenant de nombreuses lettres jamais ouvertes provenant de New-York. Toute une correspondance écrite par un père à son fils. Zélie comprend alors que l’expéditeur de ces lettres est Baptiste, le père de Michel, son grand père. Un grand-père dont elle ne sait rien, un homme dont on ne parle jamais. Doucement, la lecture de ces lettres lui permet de dénouer la vérité.

J’ai vraiment été touchée par cette famille et ses personnages. Le roman est découpée en 4 parties, permettant ainsi aux lecteurs de mieux comprendre la destinée des personnages, les vies, les drames, les espoirs et les combats. On comprend ce qui a séparé père et fils, et passé un certain sentiment de colère ou d’injustice, on en vient presque à pardonner les erreurs et les failles. Mais Baptiste, Michel et Zélie sauront-ils pardonner et comprendre à leur tour?

Une lecture pleine de douceur, d’émotions et de justesse. J’ai beaucoup aimé le récit de l’épopée new-yorkaise de Baptiste et la description des liens entre Zélie et son père. Une relation aimante très touchante.

(Laure) J’ai apprécié cette lecture dès les premières pages, je me suis sentie bien avec ce roman, ces personnages et cela jusqu’au bout. Un bien joli moment de lecture.

C’est une histoire de générations entre Zélie la petite fille, Michel le père et Baptiste le grand père, une histoire de secrets, une histoire de non dits. Une histoire familiale savourable dont pour moi le gros point fort est qu’il s’agit d’une histoire père – fils. Et c’est très rare en littérature où l’on voit beaucoup de thématiques mère – fille mais les personnages masculins sont bien plus rares. Et pourtant qu’ils sont beaux ces hommes ! Coup de cœur personnel pour Baptiste, ce papa qui vit le pire drame : perdre son épouse adorée à la naissance de leur premier bébé. Anéanti, cet homme n’a pourtant jamais rien lâché et, sa vie durant, il n’a eu de cesse de tenter, coûte que coûte, d’écrire à son fils. Avec le même amour, la même douceur, et un espoir invincible. Et que c’est beau !

Je vous laisse découvrir pourquoi cet homme et son fils ont passé toute leur vie séparés, découvrir le cheminement que chacun d’eux a eu dans sa solitude et comment, aidés par Zélie et la découverte des lettres, ils vont enfin pouvoir recoller les images d’une histoire familiale chaotique. Ce roman est beau. Et ça fait du bien !

(roman lu en partenariat avec Netgalley)

[Duo lecture] Les étincelles, Julien Sandrel

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Parce qu’avec Laure on a lu les deux premiers romans de l’auteur, on avait logiquement envie de lire en parallèle ce 3ème livre pour pouvoir discuter au fil de notre lecture comme on aime tant le faire.

(Laure) On suit en effet l’actualité de l’auteur depuis son premier roman alors on reste fidèles pour ce 3ème !

La couverture :

(Audrey) Une couverture très colorée, à l’image de ses précédents livres. Une couverture qui attire l’œil des lecteurs.

(Laure) Autant le titre a beaucoup de sens lorsqu’on achève la lecture, autant je ne suis pas fan de la couverture. Elle est punchy, moderne, gaie mais elle ne me charme pas.

La quatrième de couverture :

La jeune Phoenix, 23 ans, a le goût de la provocation, des rêves bien enfouis, et une faille terrible : il y a trois ans, son père, un scientifique, s’est tué dans un accident de voiture en allant rejoindre une autre femme que sa mère.

Depuis, Phoenix le déteste. À cause de lui, elle a abandonné études et passions et enchaîne les petits boulots. Mais un jour, dans un carton qui dort à la cave, elle découvre la preuve que son père se sentait en danger. Ainsi qu’un appel à l’aide énigmatique, écrit dans une langue étrangère.

Et si elle s’était trompée ? Et si… la mort de son père n’avait pas été un accident ?

Aidée de son jeune frère, un surdoué à l’humour bien ancré, Phoenix se lance à la recherche de la vérité. Mais que pourront-ils, tout seuls, face à un mensonge qui empoisonne le monde ?

Après lecture :

(Lunatic) Phoenix est une jeune femme qui a du mal à se défaire du drame qui a plongé sa famille dans la détresse et la colère. Son père est décédé en Colombie il y a 3 ans, alors qu’il allait rejoindre sa maîtresse. Une trahison que Phoenix semble ne pas vouloir pardonner à ce père. Pourtant une discussion avec sa grand-mère met en évidence le manque de ce père. En recherchant dans les affaires de ce dernier, elle tombe sur une inscription bizarre. Avec César son frère, ils vont déchiffrer un message qui indique qu’il se sentait en danger ! Et si sa mort n’était pas due à un simple accident de la route? Que cachait son père? Qui pouvait lui en vouloir ?. Phoenix se lance alors dans une enquête qui va bouleverser son quotidien et sa sécurité. A qui peut-elle faire confiance? Qui croire? Elle n’imaginait pas que ses interrogations allaient déclencher de grandes conséquences.

Un roman assez surprenant, qui s’éloigne des deux premiers romans de l’auteur. Ici Julien Sandrel mélange les genres : roman initiatique, thriller « écologique » et douce romance. C’est peut-être ce mélange de genre qui m’a perdue, et j’ai refermé ce roman assez sceptique. Alors même que j’ai trouvé l’intrigue captivante et addictive, alors même que j’ai dévoré ce texte en quelques heures je ne cessais de me dire que tout était trop facile et trop simple pour les protagonistes de l’enquête. L’intrigue semblait si évidente et découlait sous mes yeux de lectrices comme je m’y étais attendue dès les premières lignes. Je n’ai  eu aucun attachement pour les personnages. Les quelques moments clés du roman qui auraient du déborder d’émotions ne m’ont fait ni chaud ni froid.

Un 3ème rdv avec l’auteur raté pour moi. A mon sens le fait d’aimer un roman dépend aussi d’un instant, d’un sentiment,  du moment auquel on le lit. Peut-être que d’avoir lu Les étincelles après un énorme coup de cœur me l’a rendu un peu trop fade. A vous maintenant de découvrir ce roman, de vous faire votre avis et de contredire le mien.

(MadameOurse) On ne va d’ailleurs pas aller bien loin car je vais être la première à contredire Audrey. Et oui, vous le savez, c’est la richesse de nos avis duo, on ne pense parfois pas du tout la même chose !

Et moi j’ai passé un agréable moment de lecture avec Phoenix et les autres. Julien Sandrel part ici sur d’autres chemins littéraires ce qui n’est pas désagréable, loin de là. J’ai vraiment aimé l’enquête que Phoenix va mener sur les faits qui ont conduit à la mort de son père. L’idée est bien trouvée, réaliste et d’actualité. Via cette lecture, on réfléchit sur le monde capitaliste tout puissant dans lequel on vit, sur nos vies humaines de nous autres pauvres petites gens perdues sur la planète, sur ces choses qui menacent notre vie et contre lesquelles on est trop faibles pour se battre, malgré toute notre bonne volonté.

L’enquête est servie par un panel de personnages que j’ai beaucoup aimé, de la cheffe de Phoenix chez Lumière à son frère, sa  grand mère dans l’air du temps (qui n’est pas sans faire penser aux nombreux personnages de grand mère qu’on rencontre dans la littérature ces dernières années), ou à l’énigmatique Victor.

Ce roman a des airs de thrillers mais ça n’en est pas un, j’avoue avoir deviné des petites choses assez évidentes ici ou là. La fin cède un peu à la facilité alors que les faits énoncés avant ne promettaient pas du tout un tel final mais ça nous permet de lire un quasi happy end et ça fait du bien !

(roman lu en partenariat avec Netgalley)

A l’heure où parle la rose, Muriel Lecou Sauvaire

 

Quatrième de couverture:

Marianne revient à Lumiès, dans la maison familiale. Depuis la disparition mystérieuse de sa fille, dix ans plus tôt, elle n’y avait pas remis les pieds. Pourtant, elle savait qu’elle y serait contrainte un jour ou l’autre…

Elle découvre alors qu’une jeune femme étrange a entretenu le jardin laissé à l’abandon. Mais qui est-elle donc ?

Telle Alice désorientée au pays des merveilles, Marianne va cheminer au côté de ce singulier personnage. Que découvrira-t-elle sur sa terre natale ?

L’avis d’Audrey :

Un court roman très déstabilisant, et dont la lecture m’a demandé beaucoup de concentration. L’écriture est assez déconcertante, et l’ambiance floue du récit nécessite vraiment une certaine attention pour comprendre l’histoire que l’auteure nous conte.

Alice revient dans le village où elle vécu, dans le village où elle était heureuse. Mais ce bonheur c’était avant la disparition de Rose, sa fille, il y a 10 ans déjà. Elle revient donc dans ce village après avoir reçu un appel concernant Rose. De retour dans la maison de famille, elle fait la connaissance d’une jeune fille qui s’occupe du jardin et des fleurs. Une jeune femme qui la trouble, tant elle lui fait penser à sa Rose.

Sa fille, qui malgré sa disparition est très présente à Lumies, Alice la voit, lui parle même. On peut lire aussi quelques lettres d’un père, on rencontre un homme étrange, des gens qui semblent cacher quelques secrets et enfin prêts à révéler ce qu’ils savent depuis trop longtemps. On a du mal à identifier les liens qui peuvent  unir ces gens à Alice ou Rose. Les souvenirs, les récits et les discours se mélangent, avec beaucoup d’imprécisions et d’incohérences.

J’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qui dépendait de la réalité ou du fantasme d’Alice. Tout au long de la lecture, j’ai eu la sensation de flotter dans un univers à la limite du fantastique. On ne comprend pas ce qui est arrivé à Rose et ce qui amène Alice à revenir dans ce village. L’écriture est pleine de poésie, de beauté et de magie. Je me suis laissée ensorceler par Alice et j’ai eu beaucoup d’empathie pour cette mère, pour l’angoisse et la tristesse d’avoir perdu sa fille.

La dernière partie du roman nous donne enfin toute les clés, et le flou du récit se dissipe. Tout est expliqué, tout devient clair, enfin.

Ma notation :

Un roman à la construction originale que j’ai apprécié.

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins, Alejandro Palomas

 

Quatrième de couverture:

C’est l’histoire d’un petit garçon débordant d’imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins.
L’histoire d’un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère.
D’une institutrice qui s’inquiète confusément pour l’un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves.
D’une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l’air d’aller beaucoup trop bien.

Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ?
Un roman choral aussi tendre que bouleversant, qui emprunte à l’enfance toute sa sincérité désarmante pour dire l’amour, le vide, le rêve et la puissance de l’imaginaire.

L’avis d’Audrey :

J’ai flashé sur cette couverture quand je l’ai vu passer sur Instagram. Surement la plus belle couverture de livre que j’ai eu entre les mains en 2019. Sublime.

Il était une fois un petit garçon qui voulait être Mary Poppins. Guille est un enfant particulier. Un garçon rêveur et enjoué. Il aime chanter, danser et passer du temps avec Nazia, sa voisine. Il ne rêve pas d’être footballeur ou chanteur, il veut juste être Mary Poppins et pouvoir chanter le mot magique: supercalifragilisticexpialidocious.  Guille est souriant, généreux, heureux, trop heureux même !

Un comportement qui alerte Sonia son enseignante. Elle rencontre alors Manuel, le papa de Guille. Un homme peu sympathique, sombre, débordé par son rôle de père solo. La maman de Guille a du partir à Dubaï travailler en tant qu’hôtesse de l’air. Une absence qui pèse sur Manuel et son fils. Sonia lui suggère alors que son fils soit suivi par Maria la conseillère d’orientation de l’école. Ainsi, chaque jeudi soir, Guille a rendez vous avec Maria. Elle le fait parler, jouer, dessiner. Le petit garçon se confie, se livre, délivrant secrets et espoirs.

J’ai aimé la construction du roman. Chaque chapitre est conté à travers la voix d’un autre personnage : Guille, Maria ou Manuel. Les chapitres nous dévoilent lentement le quotidien du garçon et de son père, d’un point de vue différent, nous permettant de mieux saisir la difficulté qu’ils ont à vivre ensemble, la difficulté pour ce père de comprendre son fils avec ses envies particulières, nous montrant comment Guille vit l’absence de sa mère.

J’ai commencé mon avis par « Il était une fois » car pour moi ce roman est un véritable conte. La magie et la poésie de ce texte sont juste fabuleuses. Difficile de l’expliquer  davantage sans gâcher le contenu du récit. L’auteur a su dégager de son texte une multitude de sentiments et je pense que chaque lecteur ne pourra qu’être touché et bouleversé. Guille est un garçon intelligent et attachant. Fort et fragile à la fois. Courageux et terrorisé par ce qu’il vit. J’ai vraiment été émue par cette histoire, par ces personnages. L’écriture est douce, pleine de poésie, d’humour malgré la mélancolie et la tristesse.

Guille est un personnage que je ne suis pas prête d’oublier. Un garçon si émouvant, qu’on a envie d’accompagner, d’aider, de serrer dans ses bras. Ce garçon si intelligent a su me déchirer le cœur, et les dernières pages du roman m’ont tiré des larmes.

Ma notation :

Une histoire fabuleuse et inoubliable! Un conte moderne qui vous enchantera!

(Merci aux éditions Cherche Midi pour cette lecture)

Un hiver pour s’écrire, Angeles Donate

 

Quatrième de couverture:

L’hiver arrive dans le petit village de Porvenir et, avec lui, une mauvaise nouvelle : le bureau de poste va fermer. Comme partout, la technologie a pris le pas sur les lettres et les gens ne s’écrivent plus.

Sara, mère célibataire de trois enfants, est la seule factrice du hameau. Elle s’apprête donc à quitter sa terre adorée pour la capitale. C’est compter sans la détermination de sa voisine et amie de quatre-vingts ans, Rosa, dont le coeur se brise à l’idée de son départ. La vieille dame concocte alors un plan pour sauver la poste de Sara en encourageant tous les habitants à se remettre à écrire des lettres! Déclarations d’amour, règlements de comptes et secrets enfouis sont soudain couchés sur le papier, bouleversant d’émotion tous les villageois.
Un roman charmant, qui nous parle du pouvoir des mots et des petits gestes qui apportent le bonheur dans nos vies.

L’avis de Lunatic :

Même si je n’en écris pas moi même, tout ce qui touche à la correspondance, à l’écriture de belles lettres m’attirent. Alors forcément la 4ème de couverture de ce roman m’a donné très envie et elle promet un agréable moment de lecture. J’ai commencé à lire ce roman en format numérique via Netgalley, et j’ai vraiment eu envie de me l’acheter donc je l’ai fini en format papier.

Sara est factrice dans le village de Porvenir, mais elle vient d’apprendre que son poste allait être supprimé. Les gens se s’écrivent plus, sa place n’est plus justifiée. Lorsque Rosa, une vieille femme très attachée à Sara apprend la nouvelle, elle est abasourdie. Elle ne veut pas perdre la factrice, si utile et aimée au village. Elle prend alors sa plume pour écrire une lettre à une vieille amie. Cette lettre sera la première d’une chaîne de correspondance qui peut-être sauvera le poste de Sara. Chaque destinataire doit à son tour renvoyer un courrier à un inconnu, autant de nouveaux courriers à distribuer, justifiant le travail de Sara.

Au travers de ces lettres, c’est tout un village qui se révèle. Chacun se confie, délivre des secrets, des instants de vie, des sentiments. L’écriture devient alors le moyen de parler, de déballer les peurs, les angoisses, les joies, les réussites et les déceptions. Doucement, au fil des lettres, les vies et les destins se rejoignent. J’ai trouvé ce style de narration original et très réussi. On s’attache aux personnages du roman, à ses diverses personnalités. J’ai beaucoup aimé la façon dont certains auteurs de lettres reviennent sur leur passé, pour expliquer pourquoi ils en sont là, ce qui a été les choix décisifs de leur vie. On assiste à certains regrets ou remords, assez émouvants par moment. L’ambiance du récit est pleine de bienveillance et d’espoir. Je me suis vraiment laissée embarquer par ce texte, avec l’impression d’être moi aussi habitante de Porvenir le temps de ma lecture.

L’auteure a glissé beaucoup de références littéraires ou historiques dans ce roman, la poésie y prend une jolie place d’ailleurs. Ce roman met aussi l’accent sur l’habitude qui s’est perdue de s’écrire. Entre SMS, mail et réseaux sociaux, qui prend le temps et le plaisir de s’écrire une vrai lettre? L’art de correspondance est pourtant si beau. Chaque chapitre s’ouvre sur des citations, et pour finir j’avais envie de vous partager celle ci que je trouve très belle :

Ma notation :

Un roman choral tout doux et plein d’espoir. Un roman qui donne envie d’écrire des lettres aux gens qu’on aime. Un roman qui réchauffe le cœur.