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A l’heure où parle la rose, Muriel Lecou Sauvaire

 

Quatrième de couverture:

Marianne revient à Lumiès, dans la maison familiale. Depuis la disparition mystérieuse de sa fille, dix ans plus tôt, elle n’y avait pas remis les pieds. Pourtant, elle savait qu’elle y serait contrainte un jour ou l’autre…

Elle découvre alors qu’une jeune femme étrange a entretenu le jardin laissé à l’abandon. Mais qui est-elle donc ?

Telle Alice désorientée au pays des merveilles, Marianne va cheminer au côté de ce singulier personnage. Que découvrira-t-elle sur sa terre natale ?

L’avis d’Audrey :

Un court roman très déstabilisant, et dont la lecture m’a demandé beaucoup de concentration. L’écriture est assez déconcertante, et l’ambiance floue du récit nécessite vraiment une certaine attention pour comprendre l’histoire que l’auteure nous conte.

Alice revient dans le village où elle vécu, dans le village où elle était heureuse. Mais ce bonheur c’était avant la disparition de Rose, sa fille, il y a 10 ans déjà. Elle revient donc dans ce village après avoir reçu un appel concernant Rose. De retour dans la maison de famille, elle fait la connaissance d’une jeune fille qui s’occupe du jardin et des fleurs. Une jeune femme qui la trouble, tant elle lui fait penser à sa Rose.

Sa fille, qui malgré sa disparition est très présente à Lumies, Alice la voit, lui parle même. On peut lire aussi quelques lettres d’un père, on rencontre un homme étrange, des gens qui semblent cacher quelques secrets et enfin prêts à révéler ce qu’ils savent depuis trop longtemps. On a du mal à identifier les liens qui peuvent  unir ces gens à Alice ou Rose. Les souvenirs, les récits et les discours se mélangent, avec beaucoup d’imprécisions et d’incohérences.

J’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qui dépendait de la réalité ou du fantasme d’Alice. Tout au long de la lecture, j’ai eu la sensation de flotter dans un univers à la limite du fantastique. On ne comprend pas ce qui est arrivé à Rose et ce qui amène Alice à revenir dans ce village. L’écriture est pleine de poésie, de beauté et de magie. Je me suis laissée ensorceler par Alice et j’ai eu beaucoup d’empathie pour cette mère, pour l’angoisse et la tristesse d’avoir perdu sa fille.

La dernière partie du roman nous donne enfin toute les clés, et le flou du récit se dissipe. Tout est expliqué, tout devient clair, enfin.

Ma notation :

Un roman à la construction originale que j’ai apprécié.

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins, Alejandro Palomas

 

Quatrième de couverture:

C’est l’histoire d’un petit garçon débordant d’imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins.
L’histoire d’un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère.
D’une institutrice qui s’inquiète confusément pour l’un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves.
D’une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l’air d’aller beaucoup trop bien.

Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ?
Un roman choral aussi tendre que bouleversant, qui emprunte à l’enfance toute sa sincérité désarmante pour dire l’amour, le vide, le rêve et la puissance de l’imaginaire.

L’avis d’Audrey :

J’ai flashé sur cette couverture quand je l’ai vu passer sur Instagram. Surement la plus belle couverture de livre que j’ai eu entre les mains en 2019. Sublime.

Il était une fois un petit garçon qui voulait être Mary Poppins. Guille est un enfant particulier. Un garçon rêveur et enjoué. Il aime chanter, danser et passer du temps avec Nazia, sa voisine. Il ne rêve pas d’être footballeur ou chanteur, il veut juste être Mary Poppins et pouvoir chanter le mot magique: supercalifragilisticexpialidocious.  Guille est souriant, généreux, heureux, trop heureux même !

Un comportement qui alerte Sonia son enseignante. Elle rencontre alors Manuel, le papa de Guille. Un homme peu sympathique, sombre, débordé par son rôle de père solo. La maman de Guille a du partir à Dubaï travailler en tant qu’hôtesse de l’air. Une absence qui pèse sur Manuel et son fils. Sonia lui suggère alors que son fils soit suivi par Maria la conseillère d’orientation de l’école. Ainsi, chaque jeudi soir, Guille a rendez vous avec Maria. Elle le fait parler, jouer, dessiner. Le petit garçon se confie, se livre, délivrant secrets et espoirs.

J’ai aimé la construction du roman. Chaque chapitre est conté à travers la voix d’un autre personnage : Guille, Maria ou Manuel. Les chapitres nous dévoilent lentement le quotidien du garçon et de son père, d’un point de vue différent, nous permettant de mieux saisir la difficulté qu’ils ont à vivre ensemble, la difficulté pour ce père de comprendre son fils avec ses envies particulières, nous montrant comment Guille vit l’absence de sa mère.

J’ai commencé mon avis par « Il était une fois » car pour moi ce roman est un véritable conte. La magie et la poésie de ce texte sont juste fabuleuses. Difficile de l’expliquer  davantage sans gâcher le contenu du récit. L’auteur a su dégager de son texte une multitude de sentiments et je pense que chaque lecteur ne pourra qu’être touché et bouleversé. Guille est un garçon intelligent et attachant. Fort et fragile à la fois. Courageux et terrorisé par ce qu’il vit. J’ai vraiment été émue par cette histoire, par ces personnages. L’écriture est douce, pleine de poésie, d’humour malgré la mélancolie et la tristesse.

Guille est un personnage que je ne suis pas prête d’oublier. Un garçon si émouvant, qu’on a envie d’accompagner, d’aider, de serrer dans ses bras. Ce garçon si intelligent a su me déchirer le cœur, et les dernières pages du roman m’ont tiré des larmes.

Ma notation :

Une histoire fabuleuse et inoubliable! Un conte moderne qui vous enchantera!

(Merci aux éditions Cherche Midi pour cette lecture)

Un hiver pour s’écrire, Angeles Donate

 

Quatrième de couverture:

L’hiver arrive dans le petit village de Porvenir et, avec lui, une mauvaise nouvelle : le bureau de poste va fermer. Comme partout, la technologie a pris le pas sur les lettres et les gens ne s’écrivent plus.

Sara, mère célibataire de trois enfants, est la seule factrice du hameau. Elle s’apprête donc à quitter sa terre adorée pour la capitale. C’est compter sans la détermination de sa voisine et amie de quatre-vingts ans, Rosa, dont le coeur se brise à l’idée de son départ. La vieille dame concocte alors un plan pour sauver la poste de Sara en encourageant tous les habitants à se remettre à écrire des lettres! Déclarations d’amour, règlements de comptes et secrets enfouis sont soudain couchés sur le papier, bouleversant d’émotion tous les villageois.
Un roman charmant, qui nous parle du pouvoir des mots et des petits gestes qui apportent le bonheur dans nos vies.

L’avis de Lunatic :

Même si je n’en écris pas moi même, tout ce qui touche à la correspondance, à l’écriture de belles lettres m’attirent. Alors forcément la 4ème de couverture de ce roman m’a donné très envie et elle promet un agréable moment de lecture. J’ai commencé à lire ce roman en format numérique via Netgalley, et j’ai vraiment eu envie de me l’acheter donc je l’ai fini en format papier.

Sara est factrice dans le village de Porvenir, mais elle vient d’apprendre que son poste allait être supprimé. Les gens se s’écrivent plus, sa place n’est plus justifiée. Lorsque Rosa, une vieille femme très attachée à Sara apprend la nouvelle, elle est abasourdie. Elle ne veut pas perdre la factrice, si utile et aimée au village. Elle prend alors sa plume pour écrire une lettre à une vieille amie. Cette lettre sera la première d’une chaîne de correspondance qui peut-être sauvera le poste de Sara. Chaque destinataire doit à son tour renvoyer un courrier à un inconnu, autant de nouveaux courriers à distribuer, justifiant le travail de Sara.

Au travers de ces lettres, c’est tout un village qui se révèle. Chacun se confie, délivre des secrets, des instants de vie, des sentiments. L’écriture devient alors le moyen de parler, de déballer les peurs, les angoisses, les joies, les réussites et les déceptions. Doucement, au fil des lettres, les vies et les destins se rejoignent. J’ai trouvé ce style de narration original et très réussi. On s’attache aux personnages du roman, à ses diverses personnalités. J’ai beaucoup aimé la façon dont certains auteurs de lettres reviennent sur leur passé, pour expliquer pourquoi ils en sont là, ce qui a été les choix décisifs de leur vie. On assiste à certains regrets ou remords, assez émouvants par moment. L’ambiance du récit est pleine de bienveillance et d’espoir. Je me suis vraiment laissée embarquer par ce texte, avec l’impression d’être moi aussi habitante de Porvenir le temps de ma lecture.

L’auteure a glissé beaucoup de références littéraires ou historiques dans ce roman, la poésie y prend une jolie place d’ailleurs. Ce roman met aussi l’accent sur l’habitude qui s’est perdue de s’écrire. Entre SMS, mail et réseaux sociaux, qui prend le temps et le plaisir de s’écrire une vrai lettre? L’art de correspondance est pourtant si beau. Chaque chapitre s’ouvre sur des citations, et pour finir j’avais envie de vous partager celle ci que je trouve très belle :

Ma notation :

Un roman choral tout doux et plein d’espoir. Un roman qui donne envie d’écrire des lettres aux gens qu’on aime. Un roman qui réchauffe le cœur.

 

Vous allez dire que ça ne me regarde pas, Alex Riva

 

Quatrième de couverture:

Depuis le décès de Jeanne, son épouse, Pierre a fait du « Café Saint-Honoré » sa deuxième maison. Non content d’y observer les clients, ce psychiatre à la retraite aime prendre la liberté de leur apporter son assistance affective, comme il la qualifie, après les avoir abordés avec son habituel « vous allez dire que ça ne me regarde pas… ». Être à l’écoute, prodiguer des conseils, mettre des mots sur les maux, tel est son credo pour aider ceux qui retiennent son attention.

L’avis de Lunatic :

« Vous allez dire que ça ne me regarde pas… « : C’est ainsi que Pierre aborde les gens au café St Honoré où il aime observer les gens, essayer de comprendre leur détresse et discerner les personnalités.  Il met ainsi ses compétences de psychiatre à la retraite pour aider ces gens qui n’ont rien demandé. Une habitude qui exaspère Antoine, son fils. Pierre vit seul depuis le décès de Jeanne son épouse. Et sa tranquille solitude va être perturbée par l’arrivée de Léa, sa petite fille qu’il a choisi d’héberger, à Paris, le temps de ses études. Léa est la fille d’Antoine, et pourtant les relations sont très compliquées entre eux. Il est loin d’être le père idéal ! D’ailleurs est-il seulement un père? Autour de Pierre, gravitent d’autres personnages, qui font eux aussi la force du roman : Amélie, sa petite protégée auquel on ne peut que s’attacher, Gérard le patron du café ou encore une femme mystérieuse qui semble familière à Pierre alors qu’il ne pense pas la connaître.

L’arrivée de Léa va chambouler le quotidien de notre retraité. Mais lorsque cette dernière lui parle de carnets intimes que Jeanne écrivait et qu’il en prend connaissance, tout s’effondre ! Il se sent trahi, il a l’impression que toute sa réalité n’est que mensonge. Que peuvent bien cacher ces écrits?

J’ai beaucoup aimé dans ce roman la lumière qui est mise sur les liens de famille difficiles, l’idée d’une filiation compliquée et la difficulté qu’ont nos personnages à se dire qu’ils s’aiment. J’ai eu un peu de mal avec le personnage d’Antoine, le mal qu’il a fait à Léa et qu’il continue à lui faire d’ailleurs. A l’inverse, j’ai trouvé l’affection que vont se porter Pierre et la jeune fille très touchante. Et Léa, ce petit bout de femme peu sûre d’elle qui s’essaie à l’amour. Alex Riva n’aura pas été tendre avec elle ! Pendant ma lecture je lui souhaitais vraiment le meilleur, espérant qu’elle tomberait sur le bon.

L’écriture est douce, pleine de bienveillance et porte les personnages vers plus de douceur et de bonheur. L’auteure dit qu’elle aurait aimé rencontrer un homme comme Pierre dans un café, et je crois bien que chaque lecteur après avoir lu ce roman aurait envie d’un Pierre près de lui !

Ma notation :

Des personnages attachants qui font de cette histoire un joli moment de bonheur.

Blood Sisters, Jane Corry

Quatrième de couverture:

Un matin ensoleillé de mai, trois petites filles sont sur le chemin de l’école. Une heure plus tard, l’une d’entre elles est morte.
Quinze ans passent. Kitty vit aujourd’hui recluse dans une maison de repos et en elle-même. Elle n’a en effet aucun souvenir de l’accident qui lui a fait perdre l’usage de la parole.
Alison, quant à elle, enseigne l’art et semble bien aller. Pourtant, les apparences sont trompeuses. Instable et fauchée, elle décide de postuler à un emploi d’enseignante dans une prison pour hommes. C’est l’occasion idéale de se remettre à flot et de réparer les pots cassés.
Mais quelqu’un, dans l’ombre, les observe. Quelqu’un qui cherche à se venger de l’accident survenu ce fameux matin de mai et qui n’arrêtera devant rien pour faire éclater la vérité.

L’avis de Lunatic :

« Trois petite filles: Une gentille, une méchante, une morte ». Avouez que ça donne envie de se plonger dans ce thriller ! Le récit se fait en alternant les chapitres. On a Alison et Kitty. Elle ne sont plus des petites filles, et l’on se demande bien laquelle des deux est la gentille de l’histoire?

Alison est une jeune femme à la vie bancale et semblant souffrir d’un passé difficile. Elle est formatrice en art et accepte de former des détenus d’une prison ouverte à la pratique artistique.  Comme on pouvait s’y attendre,  rien ne se passe comme prévu et quelques événements viennent effrayer son quotidien et raviver de vieux souvenirs. Kitty, un peu plus jeune est internée en maison de repos. Elle ne sait plus parler, son passé est flou. Les deux récits se succèdent jusqu’à se croiser et se retrouver. Les lecteurs auront rapidement fait le lien entre elles, sans pour autant avoir toutes les clés pour comprendre cette douloureuse histoire. L’auteure multiplie les rebondissements, les retournements de situation et l’on ne sait plus où se situe la vérité. Tout parait si simple, et pourtant c’est loin d’être le cas.

J’ai vraiment trouvé cette intrigue parfaitement menée, les personnages sont bluffants et dérangeants. On ne sait pas qui nous livre la vérité? On ne sait pas ce que nous cachent nos personnages et pour quelle raison? Les descriptions psychologiques et émotives de nos deux femmes sont parfaitse. J’ai eu beaucoup d’affection pour Kitty. Enfermée dans son propre corps, elle nous livre ses pensées sur les gens et le monde qui l’entoure. Son évolution au fil du roman pousse l’admiration. Alison a fait certains choix par le passé ainsi qu’au moment du récit que l’on pourrait lui reprocher, et pourtant on ne peut que la comprendre. Les passages du roman où elle est dans le centre carcéral pour sa formation sont glaçants. L’auteure a su décrire avec beaucoup de réalisme les lieux et l’ambiance qui s’en dégage. On ressent vraiment que l’auteure partage sa propre expérience personnelle dans cette partie du roman.

Ce roman est un thriller psychologique comme je les aime. Une intrigue au cœur d’une famille pas banale, où deux sœurs s’aiment autant qu’elles se détestent. Rivalité et jalousie les ont amenées au pire! L’ambiance est pesante, presque malsaine et il faudra attendre les derniers paragraphes pour enfin cerner chaque personnage et comprendre ce qu’il s’est passé.