Les loyautés, Delphine de Vigan

Quatrième de couverture :

Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.

L’avis de Lunatic :

Je n’ai jamais lu cette auteure, et je crois bien que c’est une belle erreur. Je n’avais pas prévu de lire ce roman, je l’ai eu entre les mains, j’ai lu les premières pages par curiosité et je n’ai pas pu le reposer. Dans ce roman, Delphine de Vigan fait alterner les confidences et le quotidien de 4 personnages: Théo, un garçon de 12 ans, qui vit en résidence alternée chez ses parents divorcés. Un jeune garçon mal dans sa peau, dans sa vie qui a trouvé du réconfort dans l’ivresse. Un jeu d’ivresse qu’il partage avec Mathis, qui lui vit en famille, une famille aimante et unie. On a Cécile, la mère de Mathis, qui nous dévoile les faux semblants de son couple et les failles de son quotidien. Et enfin, Hélène, professeur des garçons qui est persuadé que Théo est en danger, elle soupçonne une maltraitance familiale, dont elle même a été victime, et cela va tourner à l’obsession.

La narration est simple, le rythme est haché et vif, les pages s’enchaînent et l’on avance avec tension dans ces vies difficiles, témoin d’un enfant livré à lui même dont les parents n’ont pas réussi leur séparation, témoin d’une femme qui découvre son mari sous un nouveau jour. Ce livre est dur, sombre et il dérange le lecteur. Il est réussi! Et ce titre colle parfaitement au récit.

Ma notation :

Une lecture qui interroge et ne laisse pas indemne.

 

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Les oubliés du dimanche, Valérie Perrin

 

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Quatrième de couverture:

Justine, vingt et un ans, vit chez ses grands-parents avec son cousin Jules depuis la mort de leurs parents respectifs dans un accident. Justine est aide-soignante aux Hortensias, une maison de retraite, et aime par-dessus tout les personnes âgées. Notamment Hélène, centenaire, qui a toujours rêvé d’apprendre à lire. Les deux femmes se lient d’amitié, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre. Grâce à la résidente, Justine va peu à peu affronter les secrets de sa propre histoire. Un jour, un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite et fait une terrible révélation.

L’avis de Lunatic :

Ce roman c’est l’histoire de Justine, jeune aide-soignante, mais c’est aussi l’histoire d’Hélène, l’une de ses patientes. Justine est une jeune femme courageuse, humaine et qui aime son métier au sein d’une maison de retraite. Elle est pleine de bienveillance et d’amour pour les pensionnaires. De l’amour c’est justement ce qui lui a manqué à Justine: ses parents sont morts dans un accident de voiture, elle a été élevée par ses grands-parents qui manquaient un peu de tendresse et qui refusaient de parler du drame. Justine évoque ses vies: sa vie familiale, professionnelle, amoureuse et en parallèle réécrit l’histoire d’Hélène à la demande de son petit fils. Hélène cette femme oiseau, que la 2ème guerre mondiale séparera de son Lucien, l’amour de sa vie. On vit avec elle l’attente d’un retour. Alors que le destin d’Hélène nous est conté, Justine décide d’en savoir plus sur les drames qu’a vécu sa famille.

J’ai adoré ce roman. J’ai aimé les personnages, j’ai été touchée par leurs destins et les drames qui ont jalonné ces vies. Justine est attachante, si forte. Elle veille sur son cousin Jules comme sur un frère, veille sur ses patients, ménage ses grands-parents. Elle ne pense pas assez à elle je pense. J’ai aimé l’alternance entre l’histoire de Justine et celle d’Hélène. Deux époques, deux histoires mais avec ce point commun: la force d’une femme et sa détermination  à ne jamais abandonner. Un roman qui nous parle d’amour, de secrets de famille, de la vieillesse le tout avec plein de douceur.

Ma notation :

Une jolie lecture.

Ce roman fait partie de la sélection du prix des lecteurs U en partenariat avec Le livre de poche auquel je participe en tant que membres du jury pour l’édition 2018.

 

La passeuse, Michaël Prazan

Quatrième de couverture :

1942, quai de la gare des Aubrais : Bernard Prazan, 7 ans, serre fort la main de Thérèse qu’il doit appeler Tata mais qu’il connait à peine.
Quelques heures plus tôt, sa véritable tante les a confiés, lui et sa sœur, à cette inconnue pour qu’elle les fasse passer en zone libre.Mais au moment de quitter la gare, l’enfant comprend au regard de la passeuse qu’elle va les livrer aux Allemands. Pourtant, elle se ravise et les sauve.
Dénoncée à son tour pour ce geste héroïque, elle sera déportée à Auschwitz-Birkenau, Mauthausen puis Ravensbrück.
Elle en reviendra.
De son vivant, Bernard a toujours affirmé qu’elle travaillait pour la GESTAPO? QUI était-elle?Une collabo repentie ou une juste ignorée?

L’avis de Lunatic :

J’ai commencé ma lecture pensant lire un roman, et en faisant une recherche sur l’auteur je me suis aperçue qu’il s’agissait de l’histoire de son père: Bernard Prazan et qu’en parallèle de ce livre, il y avait eu un documentaire pour l’INA: La passeuse des Aubrais. Bernard, né en 1935 de parents juifs évoque le début de la guerre, les rafles de Paris, le départ de son père, la rafle de sa mère et la mort qui les attendait à Auschwitz. Il nous parle de sa tante et des gens qui lui ont permis à lui et sa sœur d’être emmenés en zone libre. Il évoque entre autres une femme, qui les accompagne dans un train et dont il sentira dans son regard qu’elle devait les trahir et les livrer à la Gestapo. Elle ne l’a finalement pas fait. Michaël Prazan part alors à la recherche de cette femme, qui par chance est encore en vie et peut à son tour nous retracer ses années de guerre et livrer une toute version. Mais qui croire?

Ce texte m’a vraiment touchée pour toutes les émotions qui en ressortent. Un texte plein d’humanité, qui amène à se poser plein de questions. J’ai trouvé déjà surprenant que Bernard, qui a toujours refusé de se confier sur son histoire accepte finalement, comme un besoin de vérité tellement d’années après les faits sans doute. On ressent dans son témoignage toute la culpabilité que portent les « survivants », comme on peut le lire dans d’autres témoignages similaires. On ne peut être insensible à ses révélations. J’imagine comme cela a du être difficile et émouvant à entendre pour Michaël Prazan. J’ai aimé la façon dont l’auteur retrace son enquête pour essayer de retrouver cette femme. Cette femme qu’on a envie de croire par moments, mais en même temps j’avais en tête le récit de Bernard Prazan qui n’était pas le même. Alors qui croire? Où se situe la vérité?

Ma notation :

Un récit touchant, que je vais compléter en regardant le documentaire au plus vite.

 

La plage de la mariée, Clarisse Sabard

Quatrième de couverture :

2015, Nice.Zoé, 30 ans, est en pleine dispute avec sa conseillère Pôle Emploi lorsque sa vie bascule. Ses parents viennent d’avoir un grave accident de moto. Son père est décédé sur le coup, sa mère est trop grièvement blessée pour espérer survivre, mais encore assez lucide pour parler. Elle va révéler à Zoé qu »elle lui a menti depuis toujours : l’homme qui l’a élevée n’est pas son véritable père. Elle donne un seul indice à sa fille pour retrouver son père biologique : « La Plage de la mariée ».

Après quatre mois de déni, Zoé finit par craquer et part à la recherche de la vérité. Elle atterrit en Bretagne et se fait embaucher dans une « cupcakerie » tenue par une ancienne psychologue franco-américaine, Alice. Dans ce salon de thé, plusieurs personnages se croisent et voient leurs destins se mêler, tandis que Zoé part à la recherche de son père et tente de comprendre pourquoi sa mère lui a menti durant toute ces années.

L’avis de Lunatic :

J’avoue qu’au début de ma lecture j’étais réticente, j’avais tellement aimé Les lettres de Rose que j’avais peur d’être déçue, de trouver ce roman moins bien, de ne pas retrouver ce que j’avais aimé dans son premier roman.
Ce titre est différent mais il est aussi très ressemblant et j’ai ainsi retrouvé tous les ingrédients que j’ai aimé chez cet auteur.

Ce roman c’est l’histoire de Zoé, une jeune trentenaire qui vient de vivre un drame. Ses parents ont été victimes d’un grave accident de moto et sa mère, juste avant de mourir, lui révèle que son père n’est pas son père biologique. Un seul indice la plage de la mariée. Zoé prend alors la décision de partir à la découverte de ses racines, de sa mère et de ce père qu’elle ne connaît pas. Direction la Bretagne là où sa mère a grandi, là où elle pense trouver réponse à ses questions. Son arrivée dans le petit village ne passe pas inaperçue. Elle fait très vite de jolies rencontres, se crée de nouveaux liens, de nouvelles amitiés et petit à petit retrace le parcours de sa mère, découvre les secret de famille jusqu’à un dénouement que j’avais bien envisagé au bout de quelques chapitres.

Qu’est-ce que j’ai aimé ce roman. Qu’est-ce que j’ai aimé Zoé. J’ai ri avec elle, j’ai pleuré avec elle, et moi aussi j’aurais voulu rencontrer Gaël, Alice, Georges, Hamza…Chaque personnage est attachant à sa manière. On y retrouve des thèmes comme la famille, les secrets de famille, l’amitié, l’amour, le besoin de savoir et de connaître d’où l’on vient, qui sont ceux qui nous ont précédé. Avec ce roman on s’ennuie pas, et en plus on voyage, comme Zoé on découvre la Bretagne, on ressent presque l’air marin qui effleure notre visage pendant notre lecture. Et si je vous dis qu’à chaque fois que je prenais mon ce livre en main j’avais envie de manger des cupcakes !
Difficile d’expliquer vraiment pourquoi j’aime la plume de Clarisse Sabard. Ce qui est sûr c’est qu’elle sait nous dépeindre des gens touchants, si vrais et qu’on rêverait d’avoir dans nos vies.

Ma notation :

Un jolie histoire qu’on quitte avec le sourire aux lèvres.

Place Furstenberg, Lorraine Fouchet

Quatrième de couverture :

Jeune romancière, Amélie est très proche de sa soeur jumelle Marie. Elles ont grandi avec leur père qu’elles adoraient, le célèbre comédien de théatre Hubert Saint Jean, brusquement disparu il y a dix ans. Depuis, Amélie le fait revivre à travers ses livres ; Marie, elle n’a plus jamais prononcé son nom. Un jour lors d’une signature dans une librairie, une inconnu s’adresse à Amélie en lui parlant de son « grand frère ». Amélie la détrompe, elle a une soeur, aucun frère. Pourtant la jeune femme insiste, elle est formelle.

Parce que Marie ne veut rien entendre, Amélie mène l’enquête sans elle, épaulée par Mimmo, le vieux voisin rescapé des camps. Et elle découvre avec stupéfaction que leur père a bien eu un fils avant elles.

Alors, avec Mimmo et malgrè l’opposition farouche de sa jumelle, Amélie se lance sur les traces de son frère dans l’espoir fou de le retrouver en lui leur père et de ranimer le temps du bonheur, quand ils vivaient tous trois la vie de bohème, dans leur appartement joyeusement foutraque de la place Furstenberg, à Paris.

L’avis de Lunatic :

On parle beaucoup du roman Entre Ciel et Lou cet été, et avant de pouvoir lire ce roman, j’avais envie de découvrir cet auteur, j’ai donc pris au hasard dans mes rayonnages ce titre. Il s’agit ici d’un roman sur la famille, les secrets de famille. Amélie et Marie, jumelles, ont perdu leur père il y a 10 ans. Amélie, écrivaine, apprend par hasard au détour d’une séance de dédicace que son père a eu un fils. Elle part alors en quête de ce frère, même si sa sœur de son côté ne souhaite pas remuer le passé. Mais ce roman ne se focalise pas sur l’histoire des jumelles et d’Hubert le père, on y rencontre aussi Mimmo, ce vieux monsieur attachant et sympathique, à la vie si tragique qui va soutenir Amélie dans ses recherches. Puis Arthus, qu’Amélie pense être son frère et qui sera confronté à son tour aux secrets de familles, au passé de ses parents. J’ai aimé la place que prend l’appartement de la famille, où nos jumelles ont grandi, place Furstenberg. Un lieu plein de symboles, de souvenirs, un élément central dans le roman.

J’ai aimé les personnages de ce roman, sauf Marie que j’ai trouvé un peu autocentrée sur elle-même ! Amélie est touchante par sa ténacité à vouloir accéder à la vérité. Un roman plein de sensibilité, d’émotions qui efface le côté un peu lent de l’écriture sur le début du roman. Le récit nous fait quitter Paris pour quelques pages et nous emmène en Bretagne, sur l’ile de Groix, un beau voyage que j’ai hâte de refaire en me plongeant dans son dernier roman.

Ma notation :

Une lecture qui change de mes habitudes, que j’ai apprécié.