Quatrième de couverture :
Pourquoi Shirin, âgée de vingt ans, a-t-elle fui son pays par une nuit de 1926 ? La petite-fille du prince Qoli Khan Bakhtiari, un érudit proche du pouvoir, avait pourtant reçu une éducation exemplaire, sans trop s’aventurer hors de l’aile du palais familial réservée aux femmes…
Mais, adolescente curieuse, Shirin vit comme une brimade le voile que la coutume l’oblige à porter. Lorsque, encore mineure, un jeune diplomate russe s’éprend d’elle, causant un vif scandale, la voilà mariée contre son gré. Sa liaison clandestine avec un officier français ayant causé un début d’incident diplomatique, elle est cette fois mise en servitude dans un village perdu dans la montagne.
Reniée par les siens, Shirin n’a d’autre espoir, au péril de sa vie, que de s’évader pour retrouver son amant à Paris. L’extraordinaire histoire de sa fuite y fera d’elle, du jour au lendemain, une porte-parole inopinée du féminisme. Dans un Iran ouvert aux idées nouvelles, elle s’engagera dix ans plus tard dans la » campagne contre les linceuls noirs « . L’émancipation de la femme persane paraît alors si proche…
S’appuyant sur le journal intime de Shirin, remis en 1977 à Alexandre Grigoriantz par un ancien correspondant de l’AFP à Téhéran, ce roman vrai d’une révolte et d’un exil est le tableau vivant d’un Iran disparu, tiraillé entre occidentalisme et traditions séculaires, modernisme et poids de la religion.
L’avis de Laure :
Bienvenue en Iran, son faste, ses palais, et une princesse Shirin, jeune fille élevée de manière assez libre et qui va devenir une femme soumise aux lois que sa société impose. Le mariage imposé, supporter la polygamie, vouer sa vie à ses enfants, accepter la cruelle règle qui veut que la femme ne survive pas à son époux… Shirin est impétueuse et a d’autres ambition dans la vie. Pour autant, elle est aussi bien éduquée et soucieuse de respecter les règles établies par sa famille.
C’est cette jeune femme prise dans l’entre deux que j’ai rencontrée, une jeune femme qui ne nous ressemble pas parce que son éducation est tellement différente. Mais c’est une jeune femme que j’ai pris plaisir à découvrir et à comprendre peu à peu. La révolte de Shirin n’est rien de notre point de vue européen. Pourtant, elle va rebondir à plusieurs reprises dans sa vie, elle va arracher son bonheur par la force. Je pourrai dire quoi que quiconque en pense mais en fait non car Shirin va garder toujours au fond d’elle l’amour de ses proches et l’envie de respecter leurs attentes.
Alors, c’est d’autant plus honorable de pouvoir se construire malgré ça. Shirin va notamment beaucoup apprendre et aimer de la culture française allant jusqu’à vivre à Paris pendant de longues années. Shirin n’est pas une héroïne comme on l’entendrait nous, lectrices, elle ne reflète pas les personnages qu’on rencontre dans tant de récits romanesques. Pourtant, je suis persuadée que Shirin est encore plus vraie et c’est en cela que j’ai apprécié son portrait, qui nous dévoile aussi à travers une femme la transition que toutes les iraniennes ont du vivre. Un sujet terriblement féministe donc et qui raconte aussi beaucoup de l’évolution de la société iranienne.
Ma notation :
Une héroïne vraie, qui m’a beaucoup appris sur l’Iran.

(Partenariat non rémunéré, livre offert par les éditions Archipel)





