La méthode Molotov, les 2 Freds

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Quatrième de couverture :

À l’aube de la quarantaine, Pétronille étouffe dans son rôle de mère au foyer toujours disponible. Après une remarque de trop, les dernières digues lâchent et Pétronille s’enfuit à bord de sa Mini, en laissant mari et enfants derrière elle. Qu’ils se débrouillent ! Mais à la nuit tombée, c’est la panne sèche au milieu de nulle part.
Jeanne, quasi-octogénaire, dirige le Refuge, un lieu d’accueil pour les âmes en détresse. Depuis la mort de sa compagne, elle n’a plus de goût pour rien et ne se plaît qu’en pleine nature. Au diable les gens ! En rentrant chez elle, à travers bois, elle tombe sur Pétronille, terrifiée dans sa Mini.
Entre celle qui tourne en rond et celle qui est revenue de tout, l’amitié n’a rien d’évident. Si on y ajoute La Molotov et une galerie de personnages aussi familiers que hauts en couleur, la rencontre est pour le moins… explosive !

L’avis d’Audrey :

Pétronille pourrait être une femme comblée dans son rôle d’épouse et de mère de famille. Mais entre ses deux ados, un mari absent qui se repose essentiellement sur elle, des envies personnelles enfouies, on comprend vite que sa patience en prenne un coup. Alors un soir, au volant de sa voiture, elle craque et roule sans faire marche arrière. Un coup de folie qui l’amène sur une route de campagne, dans un coin inconnu et paumé, et c’est la panne d’essence. Un scénario qui, dans un thriller, aurait pris une toute autre tournure, va permettre ici à notre Pétronille de donner un nouveau souffle à sa vie. Jeanne, une vieille femme, ne vit pas loin et intriguée par cette voiture au milieu du chemin va aller à la rencontre de Pétronille et l’invite à passer la nuit chez elle.

Une nuit, qui va se transformer en plusieurs jours. Même si la vie à la campagne est loin de ses habitudes de citadine, Pétronille se surprend à être bien parmi Jeanne et ses comparses. Elle va aller de rencontre en rencontre, de rires en émotions, de projets en activités. Pour autant, les doutes et la culpabilité sont tapis dans un coin de sa tête. Abandonner mari et enfants, une folie ! Une parenthèse campagnarde qui va lui faire du bien, lui permettre de faire le point sur ses envies et aspirations.

J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman. Le parfait feel-good, qui divertit. J’ai beaucoup aimé le personnage de Pétronille, que j’ai trouvé vrai et sincère. J’avoue avoir eu un peu de mal avec les personnages hauts en couleur de Jeanne et de La Molotov, une femme qui n’a pas sa langue dans sa poche, qui frise avec la vulgarité à mon goût. La caricature un peu maladroite des gens de la campagne m’a un peu dérangée également, sans pour autant gâcher mon plaisir de lecture.

Le roman est écrit à 4 mains, par les deux Freds : une co-écriture parfaitement réussie. Impossible de sentir la frontière entre les deux plumes. L’ensemble est très cohérent, fluide et je suis toujours admirative quand deux personnes écrivent un roman ensemble. J’imagine le travail derrière et surtout la complicité qu’il doit y avoir pour que cela fonctionne, comme ici !

Ma notation:

Derrière ce titre détonnant, se cache un roman où l’on fait la rencontre de personnages bien différents les uns des autres, pour des histoires sensibles et qui donnent de belles émotions au fil du récit.

(Merci Marion des éditions Michel Lafon  pour la lecture)

Bienvenue à Perfect City, Helena Duggan

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Quatrième de couverture :

Qui voudrait vivre dans une ville où tout le monde porte des lunettes pour ne pas devenir aveugle ? Personne, n’est-ce pas ? C’est pourtant ce que ses parents ont imposé à Violet : un déménagement à Perfect City, la ville où tout est parfait… sauf la vue de ses habitants ! Mais, très vite, Violet se rend compte que les soucis ophtalmologiques ne sont pas les seuls problèmes à Perfect City, et que la vie n’y est pas aussi parfaite que l’on voudrait bien le faire croire… Entre les bruits dans la nuit, le comportement de plus en plus étrange de sa mère et la soudaine disparition de son père, la vie de Violet est loin d’être rose ! Avec l’aide de Kid, un garçon de son âge qui se transforme en allié providentiel, Violet est bien déterminée à percer l’horrible secret de Perfect City…

L’avis de Laure :

Avant de débuter cette lecture jeunesse, j’en ai vu quelques avis vraiment enchantés et c’est donc avec impatience qu’Aurelivres57 et moi attendions de débuter la lecture à notre tour.

J’ai été transposée dans un univers jeunesse vraiment adorable, du genre avec lequel on accroche immédiatement. Ce titre est une lecture jeunesse mais qui plaira tellement aux adultes également, la preuve avec moi. Ce n’est pas une lecture donc le style et l’écriture sont spécifiquement faits pour les enfants et adolescents mais bien un univers fantaisiste et un peu fantastique qui est l’une des thématiques jeunesse. J’ai pensé à Harry Potter en le lisant ou aux orphelins Baudelaire, des histoires avec des mondes bien à eux qui font appel à notre imaginaire.

Notre héroïne ici, c’est Violet, fille unique qui s’installe avec ses parents à Perfect City. Son père, spécialiste de la vue y a été appelé pour essayer de comprendre ce qui fait que chaque habitant de la ville perd soudainement la vue. D’ailleurs, ni Violet ni ses parents n’y échapperont pas, dès le lendemain de leur arrivée, ils se réveillent non voyants et obligés également de porter les lunettes qui permettent à tous les habitants de voir.

Par la suite, le quotidien de Violet se complique un peu avec une mère qui devient ultra parfaite, un père qui disparait et une école où aucun enfant ne peut avoir la moindre faille… Cela choque Violet qui n’a pas du tout l’âme d’une parfaite habitante… Heureusement, elle va faire la connaissance de Kid qui lui dévoilera les dessous de Perfect City et avec qui elle mènera l’enquête pour comprendre cette mystérieuse histoire de cécité mais aussi comment les habitants se sont transformés en humains modèles.

Une lecture qui m’a transportée dans un univers génial, j’ai adoré ce thème de la perfection sous jacent qui est un super message aussi bien pour les jeunes que les moins jeunes. C’est une aventure sans temps mort, tout s’enchaine hyper vite et on est tellement addict qu’on laisse les pages défiler sans même penser à reposer le livre.  Il y a plein de personnages tous aussi attachants et originaux les uns que les autres et c’est également une lecture très visuelle qui ferait une parfaite adaptation au cinéma. Vraiment, mettez-le sans hésiter entre les mains de vos enfants, ils vont adorer !

Ma notation :

Un régal, un univers si réussi qu’on n’en décroche pas !

Merci aux éditions Fleurus pour cette lecture

L’art du meurtre, Crystel Duchamp

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Quatrième de couverture :

Quatre victimes. Et aucun coupable.
Des relations amoureuses sans lendemain. Une mère possessive et intrusive. Des nuits entières à errer. La vie d’Audrey, 34 ans, pourrait se résumer à une succession d’échecs. Seul son métier de lieutenant à la PJ lui permet de garder la tête hors de l’eau.
En ce jour caniculaire de juillet, Audrey et son équipe sont appelés sur une scène de crime. Le corps de Franck Tardy, avocat à la retraite, est retrouvé dans son luxueux appartement du XVIe arrondissement. Son corps a été torturé, mutilé, partiellement écorché, puis mis en scène sur une table dressée pour un banquet. Pour compléter cette vanité, un crâne humain lui fait face : celui de sa défunte épouse, dont la tombe a été profanée quelques jours auparavant.

L’avis d’Audrey :

En début d’année je vous parlais du Sang des Belasko, seconde parution de l’auteure. Vous étiez alors nombreux à me conseiller de lire ce premier roman. J’ai laissé passer plusieurs mois, et j’ai enfin pris le temps de retrouver la plume de Chrystel Duchamp.

Ce qui m’a d’emblée surprise, c’est qu’ici, le ton de l’auteure et l’ambiance sont bien différents. Tout est plus cash et plus dur. Un avocat est retrouvé mort chez lui, dans des circonstances qui s’annoncent vite assez glauques. Les activités scabreuses de cet avocat laissent présager que l’enquête va prendre de drôles de tournures. Surtout si vous rajoutez à cela, la présence sur la scène du crime, du crâne d’une de ses épouses décédée.

Audrey Durand, une policière dans la trentaine, spécialiste en art est appelée à enquêter car notre défunt était amateur d’art. Puis survient un deuxième meurtre, assez semblable au premier qui laisse planer le doute sur la présence d’un psychopathe.

Ce roman réunit les ingrédients parfaits pour un thriller réussi. J’ai apprécié que ‘intrigue se place dans la monde de l’art, avec les questions que cela impose sur la beauté de l’art ou la durée de vie d’une oeuvre par exemple. Une approche presque philosophique de ce thème, mêlé à l’intrigue policière. Avec ce roman j’ai approfondi mes connaissances en arts, tout en prenant un vrai plaisir de lecture: le travail documentaire de l’auteure, même s’il se ressent n’alourdit pas le récit pour autant.

Ma notation:

Une belle rencontre avec ce personnage, Audrey Durand, malgré des faits glauques et sanguins.

Les durs à cuire, Charlye Ménétrier McGrath

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Quatrième de couverture :

Sixtine, 40 ans, mariée, deux enfants et bourgeoise par excellence, est au bord de la crise de nerfs lorsqu’elle se retrouve contrainte d’héberger ses parents. Leurs rapports se limitent au strict nécessaire depuis qu’elle est adulte et pour cause, elle est la fille de deux ex-stars du punk. Grands-parents déjantés versus fille quadra bien rangée (et même un peu coincée), la maison est à deux doigts d’exploser.
Mais pour Constance et Clémence, les deux filles de Sixtine, cette cohabitation tombe du ciel…
Rébellion générationnelle à tous les étages !

L’avis de Laure :

En débutant cette lecture, je pensais juste repartir dans l’univers doux et agréable de Charlye Ménétrier McGrath, je suis fidèle et je la lis en sachant que ses thématiques me toucheront. Et finalement, cette lecture est tombée à pic comme un gros shoot de bonne humeur qui m’a fait un bien fou dans un quotidien un peu plombant et usant.

Alors, c’est parti pour découvrir la famille de Sixtine, la quarantaine, 2 enfants, un mari parfait et un quotidien millimétré. Croyez moi, rien qui ne me fasse rêver, moi qui cultive l’imperfection comme un art de vivre [ou comme une excuse « je suis pas parfaite et je ne compte pas l’être »]. La vie de Sixtine est calée dans ses moindres détails, son planning ménage parfaitement échelonné sur sa semaine, ses menus aux petits oignons et son investissement dans la vie scolaire de l’école pour la casquette de mère modèle. 

Mais heureusement, il y a un caillou dans la chaussure de Sixtine : ses parents. Un couple loufoque qui a fini par divorcer après des années de succès dans le rock. Un couple qui ne ressemble en rien en leur fille et forcément, les relations entre eux font des étincelles. Mais devinez quoi, ce sont ces relations au cœur du roman qui vont amener tout le fun de cette lecture. Entre les deux petites filles ravies qui vont enfin pouvoir faire connaissance avec leurs grands parents, les grands parents qui marchent sur des œufs de peur de se faire jeter mais qui ne peuvent pas changer l’âme de ce qu’ils sont et Sixtine qui doit passer quelques jours à gérer tout ce monde-là, les tensions explosives sous jacentes sont évidentes !

Mais … et si tout cela était également l’occasion pour chacun de s’ouvrir, de se confier, de se libérer, d’évoluer, de voir le monde d’une autre façon, de s’enrichir et d’en ressortir grandi ? Car oui, c’est ça le programme que nous a concocté Charlye Ménétrier McGrath : une méga dose de bonne humeur et de situations cocasses qu’on adore puis une bascule vers de vraies émotions, la beauté du lien intergénérationnel et l’intelligence d’une famille qui se construit avec des souvenirs communs, beaux ou moins beaux.

Au final, je suis totalement cliente de ces durs à cuire, sans doute parce que, comme le supposait Charlye, je suis également une dure à cuire (fière de l’être) moi aussi ! Et vous alors, team durs à cuire ?

Ma notation :

Un shoot de bonne humeur à consommer sans modération !

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(Merci à Estelle des éditions Fleuve pour cette lecture)

Soleil de sang, Christophe Ferré

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Quatrième de couverture :

Sur une plage de la Côte d’Azur, une jeune femme se réveille. L’esprit embrumé, Juliette ne sait pas comment elle est arrivée là. Petit à petit ses souvenirs refont surface : la veille, sa mère Flavia fêtait ses quarante-cinq ans, entourée de son mari et de ses enfants. Puis c’est le bruit des balles qui lui revient. Que s’est-il passé ? La police lui annonce l’implacable vérité : son père, son frère et sa sœur ont été abattus. Personne ne sait pourquoi Juliette a survécu, ni ce qu’elle faisait sur cette plage à quelques kilomètres de la scène de crime. Tout accuse Flavia, disparue sans laisser de traces. Mais quel mobile pousserait une mère de famille sans histoires à commettre un tel carnage ?

L’avis d’Audrey :

Après les Pyrénées et la Bretagne, l’auteur nous embarque cette fois ci sur la Côte d’azur, entre le Var et les Alpes maritimes, pour un thriller addictif et plein de rebondissements, avec une histoire qui n’a rien à envier à ses précédents romans.

Une famille se réunit pour fêter les 45 ans de la mère quand cette petite fête tourne au drame. Des coups de feu, des cris. Le lendemain matin, Juliette l’une des filles de la famille est retrouvée sur une plage à plusieurs km de la maison familiale. Elle n’a aucun souvenir de l’événement: Quelques sensations juste, et encore. Après avoir appris le pire : la mort de son père, de son frère, de sa sœur et la disparition de sa mère, mille questions surgissent. Que s’est-il passé ? Pourquoi a-t-elle été épargnée ? Qui pouvait en vouloir autant à ses proches ?

La police se charge de l’enquête, mais la jeune femme décide de faire des recherches de son côté, pour essayer de retrouver la mémoire. Une quête qui va la mettre en danger évidemment et qui va la faire douter de tous. De son petit ami, de son oncle, de sa grand-mère, de son amie. Tous semblent dissimuler quelques vérités.

J’ai retrouvé ici le rythme fou des romans de Christophe Ferré. Un coté très addictif, avec de nombreux rebondissements et une plume très fluide. Mais pour réussir cette histoire, l’accumulation de tant de surprises étaient-elle vraiment nécessaires? Je constate également que niveau dialogue, tout sonnent bien souvent assez faux. Rien ne semble naturel dans les échanges entre les personnages, dommage cela a un peu coupé mon engouement de lecture.

Ma notation:

Un thriller familial divertissant, où chacun parait suspect.

(Merci à Mylène de L’archipel  pour la lecture)