L’anomalie, Hervé Le Tellier

Quatrième de couverture:

En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris – New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.
Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.

L’avis d’Audrey :

Été 2021, un avion arrive à l’aéroport JFK de New-York après un vol assez turbulent. Rien de bien anormal lors d’une traversée de l’atlantique. Mais 3 mois plus tôt, le même avion avec les mêmes passagers avaient déjà débarqué à New-York de la même façon. Est-ce la fameuse anomalie du titre? Va-t-on faire face à un récit de science fiction comme pourrait l’être celui de la série Le Manifeste à laquelle j’ai de suite pensé en lisant la quatrième de couverture.

Bien entendu, on ne va pas laisser tranquille les passagers du vol, tentant de comprendre ce qui a pu se passer. Armée, FBI, scientifique et politique vont les interroger, comparer les ressentis et les témoignages. Les passagers vont se retrouver en face d’eux même, avec 3 mois de plus (ou de moins selon le vol qu’ils ont pris…) L’auteur nous dresse le portrait de 8 personnages (avocate, chanteur, jeune mère de famille, tueur à gages,…), et on essaie de comprendre, de trouver une explication à cet événement étrange. Puis surtout comment vit-on quand on sait qu’il y a un double de nous même dans notre réalité?  L’anomalie c’est aussi le titre du roman d’un des personnages, l’écrivain Victor Miesel. Ce roman a-t-il un lien avec ce vol d’ailleurs? Une interrogation plus que légitime quand on apprend qu’il envisageait un autre titre pour son roman, assez révélateur sur l’affaire justement.

D’abord un peu décontenancée par le roman, je me suis laissé vite séduire par cet OLNI (Objet littéraire non identifié) totalement fou et jubilatoire. C’est addictif et au fil des chapitres, on ne sait plus trop bien quel genre on a entre les mains. Un roman qui mêle l’humour et la réflexion philosophique, avec un soupçon de thriller, décortiquant la psychologie des personnages. L’auteur parle lui même de pastiche pour décrire le travail fait sur ce projet, et c’est fait brillamment.

Ma notation :

Le roman aurait pu me perdre, mais sa construction est si bien réussie que sa lecture en est presque jubilatoire.

Orgueil et préjugés, Jane Austen

Quatrième de couverture :

Mr et Mrs Bennett ont cinq filles à marier. À l’arrivée d’un nouveau et riche voisin, la famille espère que l’une d’entre elles pourra lui plaire… Au-delà des aventures sentimentales des cinq filles Bennett, Jane Austen dépeint les rigidités de la société anglaise au tournant du XIXe siècle. Le comportement et les réflexions d’Elizabeth Bennett, son personnage principal, révèlent les problèmes auxquels sont confrontées les femmes de la gentry campagnarde pour s’assurer sécurité financière et statut social : la solution passe en effet par le mariage.

L’avis de Laure :

I did it ! J’ai enfin lu ce classique dont on parle tellement. Je pourrais désormais paraitre moins inculte ! Trêve de plaisanterie, on ne lit pas des livres pour ça mais ça me plait bien, une fois par an de me challenger sur des lectures incontournables comme celles-ci.

Le cultissime roman de Jane Austen met en scène la famille Bennett et ses 5 filles, jeunes femmes prêtes à se marier. On va en particulier suivre Jane l’aînée et Elizabeth la cadette, héroïne a la langue bien affutée. Ce roman est assez paradoxal pour moi car pour sa longueur, près de 500 pages, les évènements ne sont pas si nombreux que ça mais pour autant il n’y a aucun temps mort, tout s’enchaîne de manière très fluide.

Bien évidemment, c’est un roman de 1813 et ça se ressent, notamment dans les dialogues ! Ah là là les contournements qu’il y avait dans le langage de l’époque pour dire exactement pareil mais avec un enrobage pas possible ! Mention spécial à Mr Collins qui en plus de maitriser l’enrobage se répète x fois ! (Le genre de personne que je détesterai dans la vraie vie, j’avoue). C’est à la fois amusant à lire pour se remettre dans l’époque et assez lourd parce que ça amène des dialogues longs et assez pompeux. Fort heureusement, il y a Elizabeth et sa répartie, c’est l’héroïne féminine par excellence, elle est très maline car elle arrive à placer des petites piques bien déguisées par sa douceur ! Alors quel plaisir de suivre son histoire avec M. Darcy. D’abord haï, elle n’hésitera pas à lui dire ses 4 vérités avant de changer de regard sur cet homme…

J’ai aimé cette lecture pour l’époque qu’elle dépeint, la société dans laquelle évolue la famille Bennett est vraiment celle du paraître, où l’on se marie en fonction de son rang, où l’on rejette des inférieurs, où l’on cherche à être dans les bonnes grâces de Truc ou Machin parce que cela va apporter quelque chose à la famille. C’est horrible mais c’était l’époque, et on a encore bien des restes de tout ça, 2 siècles plus tard… C’est aussi pour ce côté très instructif qu’il est sans doute bon de lire des classiques, non ?

A vous de me dire, désormais, quelle lecture classique devrais-je mettre au programme de mon année 2021 ?

Ma notation :

Je suis ravie d’avoir enfin découvert les histoires de la famille Bennet !

(Merci à Mylène de L’archipel pour cette lecture)

La maison des voix, Donato Carrisi

Quatrième de couverture :

Florence, de nos jours. Pietro Gerber est un psychiatre pour enfants, spécialiste de l’hypnose. Il arrive ainsi à extraire la vérité de jeunes patients tourmentés.

Un jour, une consoeur australienne lui demande de poursuivre la thérapie de sa patiente qui vient d’arriver en Italie.
Seul hic, c’est une adulte. Elle s’appelle Hanna Hall et elle est persuadée d’avoir tué son frère pendant son enfance.

Intrigué, Gerber accepte mais c’est alors qu’une spirale infernale va s’enclencher : chaque séance d’hypnose révèle plus encore le terrible passé d’Hanna, mais aussi qu’elle en sait beaucoup trop sur la vie de Gerber. Et si Hanna Hall était venue le délivrer de ses propres démons ?

L’avis de Laure :

J’aime beaucoup lire Donato Carrisi et je vous ai déjà écrit des avis pour tous ses livres, à l’exception du dernier de la saga Le chuchoteur car cela devenait trop compliqué pour moi. Mais avec La maison des voix, l’auteur est de retour dans le one shot et je n’ai pas résisté à l’envie de le lire.

Le roman met en avant l’histoire d’Hanna Hall, jeune australienne, de retour en Italie sur les traces d’une enfance torturée. Elle était suivie par une hypnotiseuse en Australie pour comprendre un cauchemar qui la marque régulièrement. En Italie, elle prend contact avec Pietro Gerber qui ne s’occupe habituellement que d’enfants. Mais le psychanalyste va, malgré lui, être intrigué par cette femme et ce qu’elle cache.

Tout le long du roman, d’une séance d’hypnose à l’autre, des bribes de la vie d’Hanna se font jour. Avec un écho particulièrement terrorisant pour Pietro puisque la femme arrive lors de ses séances à faire écho à des choses de la vie de Pietro qu’elle n’est pas censée connaitre. Le psychiatre est très méfiant et vite particulièrement terrorisé par sa patiente. Qui est-elle ? Comment sait-elle toutes ces choses sur lui ? Qu’est-ce qui est vrai dans l’histoire de l’enfance de sa patiente ?

Le roman est captivant tant tout se mêle, on craint les éléments qui arrivent, nous aussi, on se demande dans quelle mesure il est possible que ces souvenirs qui émergent sous hypnose soient vrais ou faux. Et puis tout s’assemble, tout s’éclaire et j’ai beaucoup aimé la finalité des révélations de l’histoire. L’auteur nous livre alors un final que j’ai trouvé très émouvant sur l’enfance et le fossé qu’il peut y avoir entre ce qui rend un enfant heureux et ce qui est tolérable par la justice.

Ma notation :

Un thriller psychologique réussi.

(roman lu en partenariat avec Netgalley)

Le jour des morts, Nicolas Lebel

 

Quatrième de couverture:

Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l’hôpital Saint-Antoine: un patient vient d’y être empoisonné. Le lendemain, c’est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie…
Tandis que les cadavres bleutés s’empilent, la France prend peur: celle qu’on surnomme bientôt l’Empoisonneuse est à l’œuvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans. Les médias s’enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d’une trentaine d’années que de nombreux témoins ont croisée ? Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente ? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime ?

L’avis d’Audrey :

L’hiver dernier je découvrais Mehrlicht et sa bande avec L’heure des fous. Après avoir visionné le Bibliolive d’Aurélie, avec Nicolas Lebel et Olivier Norek, j’avais très envie de sortir ce second tome de ma PAL.

Il est bien évidement question de mort dans cette enquête, mais ici pas de coup de couteau, pas de balles, mais une mort plus discrète et sournoise : l’empoissonnement. Pourquoi des gens sont-ils empoisonnés et surtout qui est l’ange de la mort, ou l’empoisonneuse ? Des victimes se multiplient, sans lien, sans qu’aucun sens ne puisse être donné à cette histoire.

Même si ma 1ere lecture date de plusieurs mois, je n’avais rien oublié du Capitaine Mehrlicht, de son caractère si original et de son parler si franc. J’ai de suite retrouvé une ambiance très polar, avec une enquête dense et un récit très minutieux. Et surtout, notons que derrière l’humour et les bon mots, nos flics vont se retrouver face à pas mal de difficultés.

Je me suis délectée de ce roman. C’est addictif et passionnant, et croyez-moi, une fois que vous vous serez familiarisé avec ces personnages, vous ne pourrez plus en vous passer. La bibliophile que je suis s’est passionnée pour une partie de l’intrigue, lorsque Nicolas Lebel nous parle du sujet des livres anciens et de collections.

Ma notation :

Je n’ai qu’une envie en refermant ce livre, découvrir au plus vite le 3ème roman de la série.

La jeune fille et la cigogne, Raphaële Lennoz

Quatrième de couverture :

Tamina, fillette orpheline en liberté naissante, rencontre une cigogne enfermée, qui a envie d’évasion et de soleil.
Que peut-il se passer quand leurs chemins se croisent ? Commence une merveilleuse aventure.
Et si l’entraide les menait au bout de leurs rêves ?

Qu’en a pensé MissC. ?

Les dessins de l’album sont très beaux, j’ai adoré la cigogne et Tamina, la petite fille. Elles vont faire le tour du monde pour se rendre en Afrique. Au cours de leur voyage, elles font de belles rencontres avec différentes personnes : Olga et son traineau, Kushi qui habite dans une yourte, un vieil homme avec des ongles géants, Satya la petite indienne et ses rats… Sur leur chemin, elles affrontent une tempête. A la fin de l’histoire, Tamina va trouver de nouveaux parents et pourra vivre la suite de sa vie dans une belle famille.

Qu’en a pensé maman ?

J’ai été totalement conquise par cet album dès que nous l’avons reçu. Les dessins sont vraiment sublimes, à tel point qu’on aurait envie de s’attarder à chaque page pour contempler l’image bien après avoir lu le texte. L’histoire est très émouvante avec la rencontre de cette petite fille qui s’échappe de son orphelinat en Russie puis délivre une cigogne en cage dans un zoo. Ensemble, elles décident de partir pour la chaleur de l’Afrique et nous les suivons dans leur long voyage, avec les rencontres qu’elles font sur leur chemin. On voyage avec elles, en découvrant les gens autour du monde et c’est très positif. Et puis, la finalité de l’album est sublime, avec la découverte de ce petit coin de paradis qui accueille tous les oiseaux blessés et où, aussi bien la cigogne que la petite fille, vont pouvoir envisager une nouvelle vie. Un très bel album pour les 6-8 ans que je recommande vivement.

(Livre lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)