La couverture :

(Laure) J’aime beaucoup cette couverture, bien sombre comme ce qu’on attend d’un roman sur la seconde guerre mondiale mais, après lecture, je n’ai pas trouvé le roman si sombre.
(Audrey) Cette fille, cette valise et son regard pénétrant donne le ton sombre du roman
La quatrième de couverture :
1941. Pour Ilse, 18 ans, la vie a basculé. Il y a un an, elle n’était pas obligée de porter l’étoile jaune. Il y a un an, ses parents étaient encore en vie et n’avaient pas été assassinés par leurs compatriotes. Il y a un an, elle était libre. Aujourd’hui, à l’aube, elle descend du wagon à bestiaux et se retrouve dans le ghetto de Minsk. C’est sa nouvelle demeure : prisonnière de barbelés, entourée de SS qu’elle n’a pas le droit de regarder dans les yeux, et contrainte d’échanger ses derniers biens contre des miettes. Condamnée pour le simple fait d’exister, elle ne s’attend pas à survivre à l’été. Pourtant, les prisonniers du ghetto refusent de se rendre : la résistance clandestine prépare leur évasion. Le premier acte de rébellion d’Ilse est de faire sortir clandestinement des munitions de l’usine, en glissant des balles dans ses poches. Mais ce n’est que le début… Lorsque Ilse rencontre Wilhelm, un officier administratif SS local, elle est loin d’imaginer que sa plus grande rébellion sera de tomber amoureuse de lui. Wilhelm lui promet qu’elle survivra, même au prix de sa propre vie à lui.
Après lecture :
(Laure) Je n’ai pas toujours été conquise par les romans d’Ellie Midwood mais s’agissant de la seconde guerre mondiale, je suis toujours intéressée, toujours ! Celui-ci ne fait pas défaut, nous entrainant dans le ghetto de Minsk.
Malheureusement, il fera aussi partie de ceux de l’auteure qui n’ont pas su me convaincre. D’abord parce que dans le début du roman certaines choses sont allées trop vite, des personnages à peine présentés, des enchainements d’événements que je n’ai pas eu le temps d’appréhender. Ma concentration étant parfois fluctuante, c’est plutôt elle la coupable ici.
Pourtant, en progressant dans le récit et alors que l’intrigue se resserre autour d’Ilse et Willie, les émotions n’ont toujours pas décollé. Je n’ai pas cru à cette histoire d’amour, je n’ai pas ressenti le lien entre Ilse et Willie, je n’ai donc très logiquement pas été attachée à leur survie. Je suis trop restée à distance dans ce roman, ça ne se commande pas. Le final est d’ailleurs resté dans cette veine, là où la guerre s’achève habituellement toujours avec émotion, Ellie Midwood choisit plus une fin ouverte qui complique à mon sens l’émotion finale.
(Audrey) On connaît Ellie Midwood pour ses romans historiques consacrés à la Seconde Guerre mondiale, mais aussi pour la manière dont elle rend hommage, à travers ses histoires, à celles et ceux qui ont survécu et lutté.
Dans ce roman, elle nous plonge au cœur de l’enfer du ghetto de Minsk, aux côtés d’Isle, une jeune femme forte et intelligente, condamnée, parce qu’elle est juive, à vivre derrière les barbelés et à subir les conditions terribles imposées par les nazis.
Isle trouvera des alliées, des amitiés nées de l’enfermement et de la nécessité de survivre. Elle rencontrera également Schultz, un officier de l’administration nazie. J’avoue avoir eu du mal à comprendre qu’Isle puisse s’attendrir à son égard. Pourtant, assez rapidement, il apparaît comme un homme fiable, qui ne partage pas l’idéologie de ses supérieurs et qui cherche à venir en aide à Isle.
Lorsqu’Isle commence à rêver d’évasion et de liberté, Schultz va d’ailleurs lui apporter une aide précieuse. Rien ne sera simple mais l’amour serait capable de soulever des montagnes. Et c’est justement sur ce point que ma lecture s’est essoufflée. Leur relation prend progressivement une place importante dans le récit et devient, à mes yeux, presque trop mièvre, en décalage avec l’horreur qui se joue en arrière-plan. Je n’ai malheureusement pas suffisamment ressenti la crasse du ghetto, la peur, la faim, la violence et la menace permanente. Cette romance a fini par prendre le pas sur ce que j’attendais de ce récit historique, et je n’ai jamais réussi à m’attacher à ce couple.
Cela n’enlève rien au travail considérable de recherche et de documentation qui caractérise les romans d’Ellie Midwood. Elle s’appuie sur des personnages réels et des faits historiques pour construire son récit. Et c’est sans doute là que réside l’importance de ce roman : raconter l’horreur de la Seconde Guerre mondiale à travers la fiction, faire revivre des destins et contribuer au devoir de mémoire.

(Partenariat non rémunéré, roman offert par les éditions Faubourg Marigny)