Une femme entre deux mondes, Marina Carrère d’Encausse

Quatrième de couverture :

C’est un mur entre deux mondes. D’un côté, la prison. De l’autre, la liberté.
D’un côté, Valérie, écrivain, journaliste et maman comblée. De l’autre, Nathalie – Nathalie au noir passé. L’ombre et la lumière…
Entre les deux femmes, une correspondance se noue bientôt. Puis, au fil des visites au parloir, une intimité qui fera vaciller le rempart des faux-semblants. Car, de chaque côté du mur, c’est la même peine qui hurle, le même secret tapi dans la mémoire des corps, les mêmes chaînes qu’il faudra, main dans la main, briser…

L’avis de MadameOurse :

En début d’année, j’ai découvert Marina Carrère d’Encausse et ai été profondément touchée par sa femme blessée, un roman poignant. J’avais de suite cherché si l’auteure avait écrit d’autres romans et noté ce second titre dans ma WL. Il est sorti en poche le mois dernier et j’ai couru l’acheter.

Ce second roman est l’histoire de deux femmes qui n’auraient pas du se rencontrer tellement tout les oppose. Il y a Valérie, journaliste et écrivain, mère divorcée de deux adolescents. Et Nathalie, emprisonnée pour de longues années qui se voit comme un monstre et estime qu’elle n’a rien à apporter à quiconque, que son châtiment n’est que mérité. Et pourtant, Valérie va être amenée à présenter son roman à des femmes détenues. Et là, son chemin croisera celui de Nathalie. Menant ensuite à une relation forte, par lettres d’abord puis par des rencontres au parloir de la prison.

Dans un premier temps c’est surtout Valérie qui va se confier à Nathalie, lui parlant de son métier, de ses enfants, de sa relation amoureuse avec Olivier. L’homme idéal en apparence et puis ces facettes si sombres, si brutales que d’abord Valérie n’osera pas les voir, les reconnaître. Ignorant d’abord cela, elle va par la suite être amenée à ouvrir les yeux sur cet homme.

Face à elle, Nathalie va un très long moment taire son vécu, ce qui l’a amenée ici en prison, pourquoi est-elle ce monstre qu’elle évoque ? On parcourt le roman en se demandant de quelle manière la révélation du passé de Nathalie va impacter la relation des deux femmes. Ce qu’elle a commis est-il si impardonnable ?

J’ai eu un fort intérêt pour ce roman dont le thème était prometteur, c’est le genre de lecture qui est pour moi source d’apprentissage. C’est enrichissant sur le plan personnel et j’aime beaucoup me confronter à des faits de société ainsi à travers les livres. Néanmoins, ici, plus j’ai avancé dans ma lecture et moins j’étais conquise. D’abord, le fil de l’histoire ne court que d’évidence en évidence. Je ne vais pas vous donner les détails car ce serait révéler l’histoire mais tout ce que tu devines en te disant « tiens ça va évoluer comme ça » mais avec l’idée en tête que ce serait quand même trop facile, tout a lieu ! C’est décevant du coup. Par ailleurs, j’ai trouvé étrange le personnage de Valérie, très souvent de sortie pour profiter de son compagnon mais néanmoins mère parfaite, adulée de ses ados malgré ses nombreuses absences, laissant ses enfants se débrouiller seuls. Mon coté maman n’a pas jugé cela très crédible. Et puis il y a des moments où Valérie raconte et c’est comme si on était dans sa tête, j’ai pas vraiment adhéré à cette façon de raconter.

Le final était néanmoins intéressant, la révélation du passé de Nathalie était cohérente mais cela n’a pas relevé le niveau pour moi sur cette lecture mitigée.

Ma notation :

Un roman intéressant mais trop truffé de facilité pour avoir su me conquérir. Si vous souhaitez découvrir l’auteure, je vous recommande vivement Une femme blessée mais moins Une femme entre deux mondes.

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[Duo lecture] La coupure, Fiona Barton

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) La 4ème de couverture me tentait bien. Je n’avais pas remarqué qu’il s’agissait d’une auteure déjà lue l’an dernier avant que Madame Ourse me le rappelle.

(MadameOurse) Effectivement nous avions déjà lu en duo La veuve, premier roman de l’auteure et j’avais bien envie de voir ce qu’elle allait nous proposer cette fois-ci. Comme j’ai eu la chance d’obtenir le livre via une masse critique Babélio, j’ai proposé un duo à Lunatic.

La couverture :

(MadameOurse) Une couverture sympathique, l’article de journal étant ici au cœur de l’initiation de l’enquête, titre et couverture sont bien adaptés.

(Lunatic) J’aime bien les couvertures dont l’illustration est en pleine page… Ici elle illustre bien le titre. Parfait !

La quatrième de couverture :

Quand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer.

Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses.
Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais.
Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches.
Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

Après lecture :

(Lunatic) On retrouve dans ce roman Kate, journaliste déjà présente dans le premier roman de l’auteure : La veuve. Elle décide d’enquêter sur la découverte d’un squelette de  bébé après avoir lu un petit article dans la presse concurrente. Cet article va également intéresser deux autres femmes: Angela qui a perdu une petite fille il y a 40 ans et Emma, qui semble en pleines difficultés psychologiques. On rencontre d’autres personnages essentiels à l’intrigue, mais j’avoue que la façon dont l’auteure décortique ses personnages est trop minutieux et rend le récit ennuyeux.

En refermant ce roman j’étais très mitigée sur mon ressenti. Je l’ai trouvé bien meilleur que son précédent, la sensation de m’être ennuyée tout au long de ma lecture mais en même temps bluffée par un final que je n’avais pas vu venir. Ici pas de rebondissements à chaque chapitres, l’intrigue tire un peu en longueur. On se perd vite dans de longs passages qui franchement n’ont que peu d’intérêt. L’ambiance générale du roman rappelle un peu les séries policières britanniques comme Broadchurch: Une multitude de personnages, une enquête lente et minutieuse pour aboutir à un final détonnant.

Une lecture sympathique mais j’avoue que je ne me jetterai pas forcément sur le prochain roman de Fiona Barton.

(MadameOurse) Contrairement à Lunatic j’ai beaucoup aimé cette lecture. Tout commence par un article sans prétention, à l’occasion d’un chantier, les restes d’un nouveau né sont retrouvés dans ce qui était le jardin d’une maison. 3 femmes vont lire cet article avec chacun un intérêt différent : Kate la journaliste y verra là une histoire à investiguer, Angela ne pourra s’empêcher d’espérer suite au drame qu’elle a traversé 40 ans avant lorsque son bébé lui fut enlevé à la maternité et Emma semblera plongée dans une situation psychologiquement tendue. On ne sait pas trop en quoi elle réagit fortement face à l’histoire de ce bébé.

J’ai aimé le fait que l’histoire se construise comme ça en partant de 3 coins (via les 3 personnages) pour arriver au centre. Je me suis bien vite doutée de certaines choses sur le passé d’Emma, je pense que c’est fait exprès, l’auteure nous laisse des indices assez faciles sur cette partie là de l’enquête pour mieux nous surprendre avec le reste. Et … ça marche ! L’enquête m’a plu, j’ai eu certaines intuitions sur les choses mais sans rien deviner du vrai final, parfaitement réussi !

J’ai trouvé ce roman de l’auteure bien plus réussi que le premier et ai passé un bon moment de lecture, sans rien ressentir de la lenteur évoquée par Lunatic. Comme quoi, les avis souvent diffèrent.

 

(Roman lu dans le cadre des Masse Critique Babélio)

 

Les chants du large, Emma Hooper

Quatrième de couverture :

Du haut de ses onze ans, à travers le brouillard, le vent et la pluie, Finn compte les bateaux de pêche, de moins en moins nombreux à Big Running, son village natal situé sur une île isolée du Canada. Il n’y a plus de poissons à pêcher, donc plus de travail.
Peu à peu, les maisons se vident et les habitants quittent l’île.

Tandis que sa sœur, Cora, occupe ses journées à décorer les maisons abandonnées aux couleurs de différents pays – la maison du boulanger devient l’Italie, celle du facteur, l’Angleterre –, Finn, lui, n’a qu’une envie : résoudre le mystère de la disparition des poissons. Entre ses leçons d’accordéon et l’exploration de la faune et de la flore locales, il espère bien trouver un moyen de les faire revenir. C’est son professeur de musique, la farfelue Mrs Callaghan, qui va lui souffler la meilleure idée qu’il ait jamais eue. Dès lors, avec les caribous, le lichen et le vent comme seuls compagnons, il échafaude un plan fabuleux pour sauver à la fois sa famille et son île.

Une histoire tendre et fantasque, d’une incroyable beauté, portée par l’écriture poétique d’Emma Hooper.

L’avis de MadameOurse :

Ce roman est poétique et solitaire. Sous une plume douce avec sa pointe d’humour, à travers les Connor, Emma Hooper nous dresse le portrait d’une famille vivant sur une île rude et isolée. En deux époques, celle d’Aidan et Martha jeunes puis celle de leurs enfants Finn et Cora, on assiste au déclin de leur lieu de vie. D’année en année, les gens partent, plongeant ceux qui restent dans un isolement de plus en plus cruel. Pas d’argent, pas de travail, plus de poissons à pêcher, tous sont contraints de partir.

A travers la jeunesse des parents, c’est la simplicité de la vie sociale rurale qui est évoquée, les amours qui se créent sont rares, les jeunes gens n’ont pas foule de prétendants qui vivent autour d’eux. Alors entre Martha et ses 3 sœurs, il était évident que certaines ne trouveraient pas l’amour. La rencontre avec Aidan est simple, il n’y a pas de grandes effusions mais une évidence toute douce.

20 ans plus tard, avec Finn et Cora adolescents, il ne reste plus grand monde sur l’île et les deux jeunes n’ont plus d’amis de leur âge. Ils ont alors des passe temps assez particuliers, c’est une vie complètement à l’opposé de ce que l’on connait. C’est amusant et en même temps, cette solitude… ça ne donne pas envie ! Et ça amène forcément un roman dont le rythme est bien tranquille, ça va de pair… Les parents n’ayant plus de revenus par la pêche, ils prennent la décision, en alternance chacun un mois, de partir travailler sur le continent, l’autre restant s’occuper de leurs enfants. La famille est alors séparée et la vie encore moins réjouissante. D’autant qu’à terme pointe le besoin de tous quitter l’île… Alors, face à cela, les 2 enfants vont réagir différemment. Le jeune Finn, plutôt par sa naïveté et Cora par l’action.

J’ai aimé dans ce roman la poésie et la musique qui le parsèment. J’ai trouvé le thème de cette grande solitude du lieu de vie intéressant à découvrir et en même temps, assez ennuyeux (paradoxal, oui !). Je n’ai pas développé d’affinité particulière avec nos personnages et la fin du roman m’a laissée … sur ma faim…

Ma notation :

Ce livre ne m’a pas vraiment charmée. Et pour autant, je n’ai rien à lui reprocher. Je pense qu’il n’était pas fait pour moi et qu’il mérite son public.

La petite fille du phare, Christophe Ferré

 

Quatrième de couverture :

Le temps d’une soirée dans un pub tout proche de leur villa située sur la côte de granit rose de Ploumanac’h, Morgane et Elouan ont laissé la garde de leur fille de 10 jours, Gaela, à son frère adolescent, Arthur.
Mais au retour, un berceau vide les attend.
Aucune trace d’effraction, pas de demande de rançon. À la douleur de la disparition, s’ajoute la violence du soupçon de la gendarmerie. Morgane est une mère déjà éprouvée par la perte d’un enfant, Elouan, un père souvent absent…
Les pistes se multiplient mais l’enquête n’avance pas.
Pourtant, près d’un mois plus tard, le miracle : Gaela est rendue à ses parents. Le soulagement l’emporte sur l’incompréhension.
Sauf pour Arthur, convaincu que ce bébé n’est pas sa sœur…

J’aurais pu refermer ce roman dès les premiers chapitres : une écriture un peu faible, des personnages détestables mais surtout des dialogues vraiment peu crédibles. Morgane et Elouan, le couple de notre roman se retrouvent un soir dans un bar de leur village pour boire un verre et on assiste à un échange ennuyeux, et surtout loin de ce qu’un couple « normal » devrait avoir. En rentrant chez eux, leur bébé a disparu. On se demande surtout comment une mère peut laisser un nourrisson de quelques jours sous la surveillance d’un ado de 13 ans qui en plus s’apprêtait à se coucher.

Aucune trace d’infraction, aucune piste, aucun témoin. Le bébé est introuvable, les heures passent, et tout portent à croire que l’issue sera fatale. Morgane semble une suspecte idéale. Même si l’on assiste à l’enquête qu’elle mène pour découvrir ce qui a pu arriver à Gaela, on ne peut que douter. Elle semble quand même un peu perturbée notre jeune maman. Puis coup de théâtre, le bébé est retrouvé sur une plage et déposé chez ses parents par une inconnue qui disparaît aussi vite. Mais voilà qu’Arthur, le frère du bébé affirme qu’il ne s’agit pas de sa sœur.

Par des chapitres courts, d’incessantes révélations et rebondissements, l’auteur a su m’embarquer dans son récit, me faisant oublier les petits défauts qui m’ont sauté aux yeux au début de ma lecture. J’ai tourné les pages, essayant de connaitre l’identité du coupable. Car même si tout désigne la mère, cela semble trop simple. Et ce final m’a bien surprise, en même temps, rien ne pouvait nous faire comprendre l’effroyable vérité. J’ai beaucoup aimé les descriptions géographiques des lieux où se situe l’intrigue. cette côte de granit rose, ces villages côtiers et la manche. La mer est ainsi un « personnage » essentiel au roman, témoin du pire, témoin silencieux mais capital.

 Ma notation :

La qualité de l’intrigue surpasse les défauts d’écriture et cette lecture a été réellement addictive.

 

(Merci à Mylène des éditions Archipel pour cette lecture)

Où le cœur se pose, Tamara McKinley

Quatrième de couverture :

Février 1941. Julie travaille dans le quartier de l’East End, à Londres, quand un bombardement détruit la maison dans laquelle elle a grandi, anéantissant tous les siens, à l’exception de son neveu William, un nourrisson.
Déterminée à tenir la promesse qu’elle a faite à sa sœur de veiller sur William jusqu’à ce que Bill, son père, rentre du front, elle accepte un poste de sage-femme à l’hôpital de Cliffehaven, sur la côte sud-est de l’Angleterre.
La famille Reilly, qui dirige la pension du Bord de Mer, la prend sous son aile. Mais bientôt, Julie apprend que Bill est porté disparu… tandis que William tombe gravement malade.
À son chevet, Julie craint de perdre ce petit ange qu’elle commençait à aimer comme son propre fils.

L’avis de MadameOurse :

J’avais déjà lu Tamara McKinley et beaucoup aimé. J’ai un autre titre d’elle dans ma PAL que je n’ai pas encore pris le temps de découvrir malgré qu’il me tente beaucoup. Avec cette lecture j’étais ravie de découvrir une autre facette de son travail, exit l’Australie et bonjour à cette période de l’histoire que j’aime tant lire, la seconde guerre mondiale. Ça partait forcément bien, je savais que cette lecture me plairait.

C’est Julie que nous allons suivre tout au long du roman. Cette jeune femme est infirmière et sage femme à Londres. Elle va vivre de durs moments au début du roman en perdant coup sur coup sa sœur puis ses parents. Elle a fait la promesse à sa sœur, décédée suite à son accouchement, de s’occuper de son neveu William jusqu’au retour du papa du bébé qui est au front. Cet engagement sera pourtant bien difficile à tenir, en effet, comment une jeune femme célibataire peut-elle s’occuper d’un bébé tout en travaillant pour avoir de quoi vivre ?

Julie prendra alors la décision de quitter Londres pour se rapprocher de sa sœur aînée. Un pari risqué puisqu’elle n’a plus de contact avec celle-ci. Et en effet, une fois arrivée à Cliffehaven, l’accueil n’est pas du tout à la hauteur espérée. Alors, c’est à la pension du bord de mer que Julie et William trouveront finalement refuge. [Cette pension est en fait l’objet d’une saga de l’auteure qui a déjà 3 romans précédemment publiés mais on peut lire ce 4ème tome sans avoir lu les premiers, cela ne m’a absolument pas gênée].

A la pension du bord de mer, nous ferons la connaissance des 3 générations de la famille Reilly et des autres pensionnaires, une joyeuse troupe de personnages à laquelle on s’attache très vite et qui offre une ambiance très douce et agréable. Ils prendront tous soin les uns des autres, c’est un climat encore plus chaleureux que dans certaines familles car ils ont construit et choisi les personnes de leur groupe, ils sont soudés, ils s’entraident, ils profitent des petits plaisirs que leur offre néanmoins la vie en guerre dans cette ville très marquée par les attaques aériennes allemandes.

La suite du roman nous offre un beau moment de lecture à travers tous les événements qui surviennent dans la vie des uns et des autres. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, il y a de nombreux rebondissements qui font que l’on se réjouit un temps pour les personnages avant de parfois appréhender d’autres moments. Je vous avoue juste que je suis restée sur ma faim. Car le roman ne s’achève pas finalement par rapport à l’histoire de Julie, il y avait un début de romance qui semblait évoqué pour la jeune femme, j’aurais aimé en savoir plus. Je crois que l’histoire sera à suivre dans un autre tome…

Ma notation :

Une agréable lecture historique. J’ai vraiment aimé la famille Reilly, ça donne envie de découvrir les premiers tomes de la saga La pension du bord de mer. [Et le ciel sera bleu, Si loin des siens, L’espoir ne meurt jamais tous déjà parus au format poche chez Archipoche].

(Merci à Mylène des éditions Archipel pour cette lecture)