Les crayons de couleur, Jean-Gabriel Causse

Quatrième de couverture :

Lui, c’est Arthur, ancien trader dévasté par l’alcool et employé d’une fabrique de crayons de couleurs. Elle, c’est Charlotte, aveugle de naissance et brillante scientifique spécialiste de ces mêmes couleurs qu’elle n’a jamais vues. Du jour au lendemain, les couleurs disparaissent de la terre. Dans ce nouveau monde en noir et blanc, ce drôle de duo se met en tête de sauver l’humanité de la dépression. Un chauffeur de taxi new-yorkais, une petite fille au don mystérieux, une bande de bras-cassés au service d’une Triade chinoise…

L’avis de MadameOurse :

Ce livre, je vous en ai déjà parlé parce qu’il était LE titre que j’avais le plus envie de découvrir lors de cette rentrée littéraire. Le 13/09, jour de sa sortie, j’étais en librairie pour l’acheter et le soir même il était sur ma table de chevet. Après quelques pages, je me disais déjà que c’était un livre à savourer.

J’ai eu l’impression de m’immerger dans l’univers fantasque et poétique de Puertolas. Ici, on va faire la connaissance d’Arthur qui survit entre alcoolisme et un petit boulot qui lui sera imposé et Charlotte, maman de Louise et aveugle spécialiste des couleurs.

Alors oui, ces personnages sont de vrais paradoxes, c’est un peu énorme et pas crédible mais laissez-vous embarquer, pour le pouvoir des couleurs. La plume de l’auteure est pleine de jolies descriptions où les couleurs sont chaque fois fortement présentes. C’est aussi un texte très poétique qui fait vraiment du bien quand on le lit. Imaginez un monde sans couleur, vous ne verriez plus que des nuances de gris et de noir, tout le monde en viendrait vite à être déprimé. C’est par hasard que Charlotte et Arthur vont se retrouver unis dans une lutte pour ramener au monde toutes ses couleurs. Le texte est parsemé des chroniques radio de Charlotte sur l’histoire et la culture des couleurs, j’ai trouvé ces parties très intéressantes d’autant qu’elles sont vraiment bien amenées dans le récit.

Les crayons de couleur est un roman qui se lit vite, l’histoire est assez courte mais terriblement jolie. J’ai passé un excellent moment de lecture.

Ma notation :

Un conte poétique plein de charme. A lire sans hésiter.

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Frappe-toi le coeur, Amélie Nothomb

Quatrième de couverture :

« Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie », Alfred de Musset.

L’avis de Lunatic :

Si si, j’ai bien lu le dernier nothomb… Alors que depuis quelques années je suis bien déçue. Cette année, pas de revisite de contes, ouf! Ce roman, c’est l’histoire de Marie, une jeune fille belle et séductrice qui tombera enceinte bien vite. Elle mettra au monde Diane, une fille très intelligente et sensible, qu’elle jalousera dès sa naissance, et envers qui elle n’aura jamais un seul signe d’affection. Diane s’est construite avec cela, grandissant en voyant son frère et sa jeune soeur bénéficier de l’amour d’une mère. A l’age adulte, Diane se rapprochera d’Olivia, maitre de conférence à l’université, une façon de créer un lien mère fille qu’elle n’a jamais connu? On peut se poser la question.

Ce roman décrit des relations mères filles difficiles à comprendre et à tolérer. Comment Marie peut-elle rejeter sa fille ainsi? Comment se construire sans amour? Le tout est écrit de façon assez brute, cruel, froide. Mais on se laisse prendre au jeu, au récit et on se demande bien comment va évoluer la relation entre Olivia et Diane. On retrouve la plume de l’auteur, des chapitres courts. Amélie Nothomb va droit au but, avec un final comme elle sait en faire! J’ai été surprise du choix des prénoms des personnages, qui d’ordinaire sont très originaux, un petit changement à ses habitudes? Avec ce roman, Amélie Nothomb m’a presque redonné le plaisir que j’avais il y a quelques années de la lire, presque.

Ma notation :

Il faut se laisser tenter par cette lecture.

Le chant des esprits, Sarah Lark

Quatrième de couverture :
En 1852, Hélène et Gwyneira ont quitté l’Angleterre pour venir s’installer en Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, au crépuscule d’une vie mouvementée, les deux pionnières, toujours liées par une amitié indéfectible, s’inquiètent pour leurs petites-filles, Elaine et Kura, deux cousines que tout oppose.
Belle mais capricieuse, Kura possède une voix magnifique. Portée par la perspective d’une carrière internationale, elle refuse d’assumer son rôle d’héritière de Kiward Station, le domaine familial, pour se consacrer au chant.
Lorsque Kura rencontre William, le fiancé d’Elaine, ce dernier tombe aussitôt sous le charme de la jeune métisse. Dès lors, le charme couve…
Deux femmes qui refusent de courber le dos et désirent assouvir leurs rêves, un puissant souffle romanesque…
Ma notation :
Après le 1er tome de cette saga lu au mois de juillet, j’ai tenu mon objectif de lire la suite rapidement. Dans ce nouveau tome, on suit également l’histoire de 2 jeunes femmes, des cousines. Elles sont les petites filles d’Hélène et Gwyneira qui faisaient l’objet du premier tome.
Il y a Kura qui est mi maorie et mi « blanche ». Elevée par sa grand mère Gwyneira, elle ne s’est jamais intéressée à la ferme de moutons de Kiward Station. Elle est quand même proche des traditions du peuple maori. C’est une chanteuse très talentueuse qui rêve de gloire mais aussi une très belle jeune femme, passionnée et pas prude pour un sou !
La seconde jeune fille c’est Elaine, fille de commerçants, jeune fille sage qui aspire à une vie des plus classiques.
Elaine rencontrera William et, alors qu’elle sera à un cheveu de l’épouser, celui-ci fera la connaissance de Kura, et succombera aux charmes de la jeune femme ! S’ensuivra alors une brouille évidente entre les 2 cousines et une sacré dépression pour Elaine. Elle finira néanmoins par se marier mais son mariage se révèlera un échec. Les 2 jeunes femmes, après différentes péripéties dans leurs vies respectives, atterriront au bout du monde (enfin de leur pays la Nouvelle Zélande !) et chacune, dans un contexte de vie assez misérable. C’est alors qu’elles se retrouvent dans un village minier où elles vont toutes deux reprendre pied dans une vie plus réussie.
Une nouvelle fois, ce pavé défile. De pages en pages avec pour chaque héroïne plusieurs bouleversements, on est happés par l’histoire, par le cadre (ici le village minier qui donne l’occasion de découvrir la vie dans les mines à cette époque, un thème rendu très intéressant par l’auteure), par les personnages. J’ai été très touchée par le personnage de Tim et puis, si Kura et William agacent pendant une grosse partie du roman, la fin nous les rend plus attachants.
Ma notation :
Un excellent tome. Sarah Lark excelle dans ces sagas familiales et historiques. J’ai hâte d’en lire le dernier tome qui verra le retour en Angleterre des personnages.

La vengeance du pardon, Eric-Emmanuel Schmitt

Quatrième de couverture :

Recueil de quatre nouvelles : deux soeurs jumelles que tout oppose moralement s’aiment et se haïssent tout au long de leur vie, un homme jouisseur abuse d’une fille candide et lui arrache son enfant, un père dur et fermé s’humanise au contact de sa petite fille avec qui il se plonge dans le lecture du «Petit Prince» et une femme rend régulièrement visite à l’assassin de sa fille en prison.

L’avis de Lunatic :

C’est avec beaucoup d’impatience que j’ai retrouvé la plume d’Eric Emmanuel Schmitt, dans un style littéraire que j’affectionne particulièrement, la nouvelle. Ici on a 4 nouvelles autour d’un même thème: le pardon. L’auteur excelle dans ce genre littéraire, et j’ai dévoré ces 4 nouvelles, avec une nette préférence pour la 3ème, qui d’ailleurs donne son titre au recueil. On est face à une mère, Élise, qui rend visite au meurtrier de sa fille en prison, elle souhaite savoir pourquoi cet homme a fait cela et lui s’interroge sur les raisons de ses visites. On assiste à un véritable ping-pong verbal entre nos deux personnages. J’étais mal à l’aise à la lecture de ce récit. Je ne comprenais pas Élise, pourquoi désirer cette confrontation? Jusqu’où ira sa descente aux enfers? Puis vient le final, un final juste éblouissant à mon sens!

La dernière nouvelle, toute en poésie et douceur, tourne autour de Saint Exupery, avec Daphné, cette petite fille qui demande à son voisin de 92 ans de lui dessiner un avion. Le vieil homme va vite être confronté à son passé et ne se pardonnera pas un crime qu’il ignorait avoir commis. Comment se faire pardonner? La première nouvelle, c’est l’histoire de jumelles, que tout oppose, si semblables et si différentes. La seconde nouvelle est celle qui m’a le moins plu, dans laquelle un jeune homme riche, profite de la naïveté d’une fille pour la mettre dans son lit, je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher votre lecture.

J’ai retrouvé dans ce recueil tout ce que j’aime chez cet auteur. Une écriture fluide, simple mais qui en même temps est pleine de finesse, si bien construite, avec des descriptions psychologiques de personnages cinglantes et touchantes. On ne se contente pas de lire, on s’interroge, on réfléchit, sur le récit mais aussi sur la vie, nos vies. Toute une palette d’émotions différentes traverse les nouvelles. On s’interroge sur ce que l’on a pardonné, ce qui nous reste à donner comme pardon.

Ma notation :

Un moment de lecture fantastique que vous ne devez pas louper!

 

Merci à Gilles Paris Agence pour la lecture de ce livre.

 

 

Mon amie Adèle, Sarah Pinborough

Quatrième de couverture :

LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise… Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au coeur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?

#findeDINGUE

L’avis de MadameOurse :

Si vous suivez un peu les réseaux sociaux des maisons d’édition, vous avez peut être vu passer ce titre. Préludes en parle beaucoup en nous promettant une fin à la hauteur. Et ça intrigue forcément. La pub, le résumé et la couverture m’ont donné envie, je m’y suis donc plongée.

Il m’a fallu quelques chapitres pour entrer les 3 personnages dans ma tête surtout dans la mesure où les chapitres sont alternés entre les 2 personnages féminins du roman : Adèle et Louise. Elles vont devenir amies et cacheront cette amitié à David, époux d’Adèle et patron de Louise. Louise cachera aussi à son amie, la relation extraconjugale qu’elle va nouer avec David.

Adèle est un personnage très particulier, lors des chapitres la concernant, racontés à la première personne, on se demande tout du long si cette femme est folle, manipulatrice, hyper intelligente ou … ? On sait qu’il y a quelque chose mais quoi ? Ainsi, sans que l’on sache comment, elle est au courant du fait que son mari la trompe avec Louise. Et ne dit rien. Elle semble avoir tout prévu de ce qu’il va se passer concernant les relations entre leur trio et c’est hyper déstabilisant. De son point de vue, on est un peu comme dans un jeu d’échec. En plus, on est ramenés à des chapitres de sa vie d’avant, après le décès de ses parents dans l’incendie de leur maison et au moment de son internement dans un asile de luxe. A-t-elle été internée pour une folie avérée ou faite passer pour folle par David pour qu’il puisse faire main basse sur la fortune familiale ?

Du côté de Louise, très vite elle s’interroge, méfiante tour à tour envers David puis Adèle. Elle prend vite conscience que cette relation ne vas pas lui amener du bon mais ne saura pas y mettre fin.

Tout au long du roman, le rythme est présent, j’ai beaucoup apprécié ma lecture, le climat d’interrogation permanent et tous les événements qui s’enchaînent. Et effectivement, la fin est …. réussie ! Je n’en dirai pas plus, on se doute qu’il va y avoir des révélations sur un point particulier et un peu paranormal de l’histoire (point que je ne détaille volontairement pas dans cette chronique) mais je n’aurais pas soupçonné ce final.

Ma notation :

Un très bon thriller. A lire sans hésiter.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley et à paraître aux éditions Préludes le 27/09)