Après l’océan, Laurence Peyrin

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Quatrième de couverture :

Rescapées du Titanic, que deviendront les deux soeurs Alistair, seules dans un New York inconnu ?

En ce printemps 1912, parmi d’autres naufragés hagards tirés de l’océan, Letta Alistair, 24 ans, serre contre elle sa petite sœur Molly en regardant approcher la statue de la Liberté. Elles sont les deux seules survivantes de leur famille, engloutie comme 1491 personnes avec « l’insubmersible » Titanic.

Les sœurs Alistair ont tout perdu. Leur père, Charles, dit le roi de la tourte, célèbre pour ses pâtes brillantes, ses viandes moelleuses mêlées d’oignons caramélisés, avait embarqué famille et biens pour développer son savoir-faire à New York. Letta ne peut même pas s’autoriser le désespoir, car Molly l’inquiète, plongée depuis le drame dans un profond mutisme.

Le naufrage du Titanic est un événement majeur qui secoue toute l’Amérique, et les victimes sont prises en charge, logées à l’hôtel, examinées à l’hôpital. Et après ? Letta va devoir puiser très loin en elle pour survivre dans ce New York qu’elle n’aime pas et qu’elle ne comprend pas. Et se battre pour sauver sa petite sœur bientôt qualifiée de « folle » dans un siècle qui traite mal les fous…

L’avis de Laure :

Je lis Laurence Peyrin depuis 2018 et mon coup de cœur pour L’aile des vierges. Je n’ai de cesse depuis que de retrouver la force de ce roman dans un nouveau. Pourtant, elle a écrit des choses différentes ses dernières années, avec lesquelles j’ai moins accrochés ou que j’ai même abandonné comme Une toute petite minute l’an dernier. Mais je m’obstine et je me disais que cette année serait la bonne, savourant par avance le fait que l’auteure revienne à un roman historique.

Après l’océan était donc sur ma liste d’anniversaire et n’a pas tardé à être lu. Il met en scène une famille qui va vivre le drame du Titanic, un sujet que l’on voit beaucoup dans la littérature et qui me plait chaque fois. Letta vient de perdre ses parents, son frère, son époux et se retrouve seule avec sa petite sœur, choquée et mutique, dans un New York inconnu. Imaginez de suite la vaillance de ce personnage qui va devoir se relever, car, dès le début, elle le sait, elle doit continuer, donner un nouveau sens à sa vie, pour Molly sa sœur.

J’ai apprécié la reconstruction de Letta, les personnages aidants qu’elle va trouver sur sa route, qui vont l’aider à y voir clair sur le sens qu’elle doit redonner à sa vie. Un nouveau drame la menace pourtant à travers la folie présumée de sa sœur, un sujet qui montre une fois de plus le triste traitement des maladies mentales à cette époque…

Sur la fin du roman, j’ai apprécié les nouveaux projets que Letta va mettre en œuvre et la façon dont elle va parvenir à ses fins, j’adore les personnages comme cela qui ne s’en laissent pas compter et se donnent les moyens de réaliser leurs rêves. Pour autant, une nouvelle fois, je reste sur ma faim car le roman n’était pas aussi fort que je l’aurais aimé. C’est le triste jeu des comparaisons, quand on attend d’un roman plus qu’on ne le devrait. Alors, L’aile des vierges restera sans doute mon incontournable de l’auteure. Et ce n’est pas grave car il en vaut vraiment la peine !

Ma notation :

Un joli roman historique même si j’en attendais plus.

Des jours et des vies, Gill Paul

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Quatrième de couverture :

2016

Confrontée à l’infidélité de son mari, Kitty Fisher quitte Londres pour se réfugier dans le chalet de son arrière-grand-père, aux États-Unis. Là, sur les rives du lac Akanabee, elle découvre un magnifique bijou qui va lui permettre de révéler un secret de famille longtemps caché…

1914

La Russie est au bord de la rébellion, et la famille impériale, les Romanov, fait face à un futur tout aussi terrifiant qu’incertain. La grande-duchesse Tatiana est tombée amoureuse d’un officier de cavalerie, Dimitri, mais les événements vont mettre à mal leur relation naissante ainsi que leurs vies…

L’avis de Laure :

Une fois de plus, je sors une relique de ma PAL, un livre qui n’aurait jamais du accéder au statut de relique, que j’aurais du lire bien avant tant il en valait la peine ! Et pourtant oui, je l’avais depuis 3 ans… Il m’a fait peur car je n’accroche pas toujours avec les romans qui mettent en scène l’histoire russe. Et pourtant, comme j’ai été emballée finalement par cette superbe histoire qui se dénoue sur un siècle !

La partie historique met en scène une histoire d’amour impossible : celle de Tatiana, l’une des filles du tsar et Dimitri, un soldat de la garde. Leur histoire va être compliquée par le début du déclin de la famille Romanov et je ne m’attendais pas à toutes les péripéties et drames qui vont les marquer. La lecture est superbement documentée, on en apprend plus sur les Romanov et la façon dont ils ont été durement emprisonnés. Sans oublier leur destin dramatique bien sûr… Dimitri est un personnage extrêmement touchant, qui va se démener tellement pour les Romanov et pour Tatiana en particulier. Fou d’amour, il est prêt à tout !

Et puis, en 2016, Kitty va découvrir qui était son arrière grand-père, dont elle a hérité d’un chalet aux USA. Elle remonte le fil de sa vie et les secrets de l’histoire familiale dont personne ne lui avait jamais parlé. C’est un roman absolument captivant, la double temporalité a su me charmer comme très souvent dans les romans de ce genre. C’est équilibré et on s’attache aussi bien à Kitty qui reconstruit sa vie qu’à la destinée de Dimitri et Tatiana.

Un sujet en particulier est extrêmement plaisant dans cette lecture, un sujet qui a amené tant de thèses réelles sur la destinée des Romanov puisque leur destin est toujours méconnu. De nombreuses personnes se sont fait passer pour l’une des filles Romanov après la guerre. Ici, l’auteure imagine que l’un d’eux ait pu survivre et on se demande donc tout du long si Kitty a un lien avec cette famille via son arrière grand-père. Cela rend l’enquête encore plus passionnante.

Jamais je ne me serai doutée des derniers détails que l’auteure nous réserve et qui viennent achever l’histoire de la plus belle des façons. Un roman vraiment sublime sur l’amour absolu que je vous recommande vivement !

Ma notation :

Un très beau roman !

Ce sera pour la prochaine fois, Cléa Favre et Kalina Anguelova

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Quatrième de couverture :

L’avis d’Audrey :

« D’un point de vue statistique, les fausses couches sont un phénomène extrêmement banal. Elles concernent une femme sur quatre. »

Et pourtant, il faut en parler et ce roman graphique le fait avec beaucoup de justesse et de vérité. Avec beaucoup de sincérité, l’auteure et l’illustratrice de ce roman graphique, dévoile un témoignage bien utile. Parce qu’il ne faut surtout pas faire de ce traumatisme un tabou. Parce que faire une fausse couche, arrive à tant de femmes, en parler et l’expliquer peu être si bénéfique.

A titre personnel, cet ouvrage m’a beaucoup touchée. Je suis passée par là, par deux fois également, alors l’histoire de cette héroïne, je l’ai vécue. J’ai senti cette rage, cette tristesse, cette culpabilité, cette incompréhension. J’ai vécu les douleurs physiques et psychologiques si bien décrites dans ce roman graphique.

Les dessins de Kalina Anguelova illustrent parfaitement les propos de Cléa Favre. Ce rouge, couleur si symbolique et douloureuse, très présent dans les pages du livre. Les soignants, sans visages, des simples blouses blanches, eux qui banalisent trop souvent ce que l’on vit. L’ensemble est très sobre, pour décrire l’impensable et le pire.

Les différentes partie du roman graphique sont entrecoupées de données médicales, bien utiles et qui permettent de mieux comprendre certaines choses.

Ma notation:

Un ouvrage vraiment utile, pour celles qui malheureusement vont vivre cette épreuve. Un ouvrage qui remue, qui secoue et qui a fait remonter en moi de bien mauvais souvenirs (que j’avais enfouis dans un coin de mon coeur sans les avoir jamais complètement oubliés.)

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(Merci à l’agence Gilles Paris pour la lecture)

La clé du sang, Ruth Ware

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Quatrième de couverture :

Riche couple d’architectes cherche nurse expérimentée pour ses quatre filles. Un salaire plus que généreux, la promesse d’une somptueuse demeure en Écosse, comment résister ? Rowan Caine quitte sa vie modeste de Londres et s’installe à Heatherbrae House. Tout semble parfait, alors pourquoi cette impression de malaise qui ne la lâche pas ? Est-ce l’omniprésence des caméras, l’attitude pleine de défiance des enfants ou les rumeurs qui entourent la maison ? Rowan refuse d’écouter les avertissements et s’accroche à son rêve. Mais c’est en plein cauchemar que ce tourbillon de mystères va l’entraîner…

L’avis d’Audrey :

Au début du roman, Rowan Caine est en prison. Elle écrit une lettre pour demander à un avocat de l’aider à prouver son innocence, accusée de la mort d’une enfant. Rowan se lance alors dans une longue confidence. Pour tout comprendre, il faut revenir quelques semaines en arrière, et pénétrer à notre tour au sein de Heatherbrae House. Il faut y faire la connaissance de ceux qui y habitent et de cette demeure alliant l’ancien à la modernité, inquiétante et qui a tout d’un piège.

Pour Rowan, ce job de nurse en écosse, s’annonce parfait : un salaire à la hauteur, un lieu magnifique, des hôtes qui s’annoncent sympathiques. Il ne lui en faut pas davantage pour quitter Londres et son petit appartement. Pourtant, à peine arrivée, rien ne se passe comme prévu. Les parents la laissent seule dès son premier jour avec les enfants pour un déplacement professionnel. Rowan aurait pu gérer, elle a de l’expérience, mais les filles de la famille lui réservent un accueil glacial, n’hésitant pas à faire preuve de mesquinerie et de méchanceté. On ajoute des bruits suspects, des rumeurs de fantômes et de drôles d’événements, et on dirait bien que Rowan est arrivée en enfer.

On aurait presque envie de plaindre la jeune femme, mais quand on connait le talent de l’auteur, on se dit qu’on devrait plutôt se méfier de cette jeune femme. N’a-t-elle pas elle aussi quelques secrets à cacher? Elle manque bien souvent de sang froid, et ne prend pas toujours les bonnes décisions. On est au plein cœur d’un thriller psychologique complètement déroutant et intriguant. L’ambiance est bien étouffante, et aucun personnage n’a su trouver grâce à mes yeux, hormis Petra, la petite fille de 18 mois, la seule qui peut se targuer d’être encore innocente.

J’ai aimé la construction de ce roman, sous la forme de cette longue confession, où Rowan prend à parti l’avocat qui prend acte de ces révélations. Un scénario fou et qui va lui réserver pas mal de surprises.

Ma notation:

Un huis clos machiavélique, où la promesse d’une nouvelle vie fabuleuse s’annonce cauchemardesque.

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(Merci à Estelle des éditions Fleuve pour cette lecture)

Mille soleils splendides, Khaled Hosseini

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Quatrième de couverture :

Forcée d’épouser un homme de trente ans son aîné, exécrable islamiste aux allures de Barbe Bleue, Mariam subit la colère de son époux devant son incapacité à lui donner un fils. Après dix-huit ans de soumissions à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l’arrivée de Laila sous son propre foyer une petite voisine de 14 ans, que Rachid décide d’épouser en secondes noces.  Les années passent, longues comme des veillées funèbres. Massoud assassiné. Les Talibans installés. De rivales, Mariam et Laila deviennent alliées, sœurs de malheur face au despotisme des pères, des maris et de leur cortège de lois inhumaines. Dans la prison de leur exil intérieur, elles unissent leur courage pour tenter de fuir l’Afghanistan et sa folie meurtrière, et partir au Pakistan. Mais parviendront-elles jamais à quitter cette terre dévastée, et leur ville, Kaboul, où « les soleils splendides » du passé sont aujourd’hui noyés dans des bains de sang ?

L’avis de Laure :

J’ai trouvé ce livre par hasard dans une bourse aux livres et je l’ai pris sans hésiter, en sachant que j’allais découvrir une histoire culte. S’il m’a fallu du temps pour comprendre où le roman allait en venir, j’ai pu une fois entrée dans l’histoire être émue et choquée par le destin de 2 afghanes.

Le roman débute par la présentation tour à tour de 2 femmes qui n’ont rien en commun et c’est un point qui m’a décontenancée avant que le lien entre elles ne se fasse. Mariam sera d’abord toute son enfance une enfant cachée, vivant isolée avec sa mère qui a eu un enfant hors mariage d’un homme ayant déjà 3 épouses. La petite fille n’est rien jusqu’au jour où les femmes de son père la forcent à épouser Rachid. Une vie qui devient alors normale mais guère plus heureuse avec cet homme violent qui lui reprochera toujours de ne pas avoir d’enfant.

De son côté, la vie de Laila, bien plus jeune, sera largement plus heureuse. Pourtant son sort va aussi la mener dans la vie de Rachid qu’elle acceptera d’épouser pour obtenir la protection d’un homme. Laila, la jeune épouse et Mariam, la plus âgée ne seront d’abord pas amies, tout les oppose, elles ne se connaissent pas et n’ont rien en commun. Pourtant, c’est ensemble qu’elles vont vivre les tristes évolutions de leur pays, un régime qui deviendra de plus en plus persécuteur pour les femmes.

J’ai beaucoup aimé l’éclairage que l’auteur amène sur l’histoire de l’Aghanistan, on apprend beaucoup de choses à travers cette lecture qui couvre plusieurs dizaines d’années. Le dosage est parfaitement ajusté entre l’histoire des personnages et celle du pays qui est nécessaire car elle explique aussi beaucoup de choses sur la vie des femmes. Et bien sûr, de notre point de vue européen, il y a bien des choses révoltantes ! Alors comment ne pas comprendre le besoin de fuite de ces femmes ? C’est soudées qu’elles vont envisager leur avenir, se dire que leur quotidien doit cesser, qu’elles ont le droit au bonheur. Et en même temps, le roman reste juste réaliste, crédible et montre à quel point rien ne peut être facile dans ce pays où les femmes sont sous tutelle permanente et ne peuvent rien faire seules.

Je vous conseille vivement de lire ce roman, il est important.

Ma notation :

Une très belle découverte, qui marquera car elle illustre la triste destinée de toutes les femmes afghanes.