La mariée de Ceylan, Dinah Jefferies

Quatrième de couverture :

« Le moment était venu. Elle leva la main pour essuyer ses larmes. Elle interrompit son geste, ouvrit la bouche pour parler, mais hésita. En cet instant, en cette fraction de seconde qui allait à jamais changer sa vie, elle en était tout simplement incapable. »

À dix-neuf ans, Gwendolyn Hooper débarque à Ceylan pleine d’espoir et impatiente de retrouver son nouvel époux, un riche planteur de thé. Mais l’homme qui l’accueille se révèle rapidement très différent de celui dont elle est tombée amoureuse à Londres.

Sombre et distant, Laurence se consacre à son travail, laissant sa jeune épouse découvrir seule la plantation. Folle de joie lorsqu’elle tombe enceinte, Gwen sombre pourtant vite dans un cauchemar. Lors de l’accouchement, la jeune mère est confrontée à un terrible dilemme et doit faire un choix… Si un jour la vérité éclate, Laurence parviendra-t-il à comprendre et à lui pardonner ?

L’avis de MadameOurse :

Ce roman historique m’a amenée à la découverte de Ceylan, actuel Sri Lanka. Un cadre dépaysant bien agréable ! Gwen y retrouve son époux Laurence. Tout justes mariés, ils s’installent dans la plantation de thé de celui-ci. Alors que son voyage de noce avait commencé de la plus belle des manières, Gwen ne retrouve pas l’homme qu’elle a cru épouser.

Elle va alors apprendre, par bribes, le passé de son époux. Plus âgé, celui-ci a en effet déjà été marié et son mariage a tragiquement terminé. J’ai aimé une chose chez Gwen, elle n’est pas la jeune femme docile qui se laisse porter par les événements, elle n’aura de cesse de comprendre les choses et d’agir pour avoir la vie heureuse à laquelle elle aspire. Elle posera donc les questions, enquêtera et finira par savoir, comprendre.

Puis, elle tombe enceinte, un événement heureux et fort attendu du couple. Sauf que, le jour de la naissance, tout ne se passe pas comme prévu. Gwen fera alors un choix qui la plongera dans la culpabilité et les secrets. Toutes les années qui suivront, elle sera torturée par ce jour crucial de sa vie et toujours tiraillée entre le secret et l’aveu. Le roman est prenant car on se demande chaque jour de la vie de Gwen, quel retournement de situation elle vivra et qu’est ce qui sera amené dans l’histoire par les personnages secondaires. En effet, autour du couple gravitent Verity, la sœur plutôt bizarre de Laurence, Christina, une riche veuve qui semble être en permanence en train de séduire Laurence, Savi, un riche peintre cinghalais dont beaucoup de blancs se méfient, Fran l’adorable cousine de Gwen, Saveena, une domestique de la maison qui sera un soutien de poids pour Gwen.

Entre l’histoire, ses secrets, les personnages, le cadre géographique de Ceylan, le cadre historique et la crise des années 30, on ne s’ennuie pas une minute dans ce roman dont j’ai beaucoup apprécié la fin.

Ma notation :

Un roman très réussi !

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

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Hope ou le secret des Harvey, Lesley Pearse

Quatrième de couverture :

Dans le château de Briargate, Lady Anne Harvey accouche en secret d’une fille, fruit de ses amours adultères avec le trop séduisant Capitaine Pettigrew. Ne pouvant se résoudre à ce que l’enfant soit condamnée à la misère et désireuse de sauver l’honneur de sa maîtresse, la servante, Nell Renton, la confie à sa mère. Celle qu’ils ont baptisée Hope grandit ainsi dans une famille aimante, au milieu de dix frères et soeurs, dans l’ignorance du secret de ses origines.

Mais à la mort des parents Renton, Nell choisit de la faire entrer au service de la famille Harvey. C’en est fini de l’enfance, et Hope va être rapidement confrontée à la violence d’Albert, le jardinier, nouveau mari de Nell. Malheureusement, la vie lui réserve encore bien des surprises…

Dans l’Angleterre victorienne du XIXe siècle, un roman bouleversant sur le destin chaotique d’une jeune femme qui, toute sa vie, puisera au fond de son coeur l’espoir de trouver un jour le bonheur qu’elle mérite tant.

L’avis de MadameOurse :

J’ai découvert la parution de ce roman par hasard dans mon fil Twitter. Et sans même en lire le résumé, juste par le nom de l’auteure, l’ai précommandé directement. Parce que j’ai déjà lu Lesley Pearse il y a quelques années, parce que c’est par un de ses romans que j’ai tenu à débuter le blog, parce que j’avais dans ma wish list depuis un moment le titre L’espoir au cœur. Je n’avais jamais pu acheter ce roman car il n’est plus édité et se vend donc d’occasion, plus cher qu’au prix neuf. Et il se trouve en fait que Hope ou le secret des Harvey est la version poche de L’espoir au cœur (dont le titre original était simplement Hope).

Ce pavé de 660 pages aux longs chapitres est terriblement addictif. Au cours de ma lecture, je me fixais des étapes,  « allez à la page 280 j’arrête » pour me rendre compte quelques minutes plus tard que je cloturais le chapitre après avoir bien dépassé la page 280. J’ai retrouvé ici tout ce que j’ai aimé chez Lesley Pearse dont j’ai déjà lu les autres romans traduits en français : des personnages touchants, des vies dures pleines d’embûches, des secrets, un cadre historique riche.

Ici c’est au cœur de la famille Renton que nous allons être plongés dès lors que Nell sauvera le bébé de Lady Anne en le confiant aux bons soins de sa mère qui l’élèvera comme sa fille. La petite Hope va grandir avec ses nombreux frères et soeurs dans une famille modeste mais très liée. Elle ne saura jamais qui sont ses véritables parents. C’est un personnage fascinant, une femme forte qui vivra des choses terriblement dures mais qui ne perdra jamais de vue son but : s’en sortir dans la vie tout en restant bonne. Elle deviendra infirmière, dévouée à des patients contagieux que tant d’autres ignoreront.

On suit également Nell qui fera un mariage malheureux et qui restera toujours dévouée à Lady Anne dont elle devient la femme de chambre. Les 2 sœurs, très différentes auront chacune leur lot d’événements malheureux. Je ne peux pas synthétiser un roman si long sans vous révéler une partie du roman. C’est une histoire prenante, tout y est : l’amour, la famille, l’amitié, les liens sociaux, la culture, l’Histoire…

Que vous dire à part de lire ce livre ? de découvrir cette auteure que je regrette si méconnue en France ? La fin du roman est sublime, les secrets tombent, sans aucun mystère pour nous puisque nous savons tout au fur et à mesure mais lorsque les choses se révèlent pour certains des personnages qui n’en savaient rien c’est toutes les interactions qui les concernent qui peuvent changer. On passe la dernière page avec la vision d’une famille unie, forte. Et on regrette profondément de quitter les Renton.

Ma notation :

Un coup de cœur évidemment. Et aucune lassitude de lire Lesley Pearse. J’espère fort que les Editions Charleston prévoiront de traduire et publier d’autres des titres qu’elle a écrit. Si vous m’entendez… Je sais qu’il y a plusieurs autres titres parus sur lesquels je sauterai sans hésiter s’ils venaient à être traduits en français.

Une femme blessée, Marina Carrère d’Encausse

Quatrième de couverture :

Admise à l’hôpital de Souleymaneh, dans le Kurdistan irakien, Fatimah préfère taire les circonstances qui l’ont vu brûler vive. Accident domestique ? Chacun au village, à commencer par son mari et sa famille, feint de le croire… Sur l’horreur, sur les blessures, le silence s’est abattu. Jusqu’à ce que Fatimah, poussée par l’inextinguible désir de vivre, recouvre la parole, les mots pour raconter son histoire, et retrouve, enfin, sa dignité de femme…

L’avis de MadameOurse :

J’ai acheté ce roman par curiosité pour son auteure. Et aussi bien sûr parce que le sujet traité m’intéressait. Et je dois dire que c’est clairement un roman qui fait pleurer.

Dans les premiers chapitres, on découvre Fatimah qui vient d’arriver à l’hôpital suite à des brûlures. Elle est dans un état critique. Sa survie est en jeu. Le contexte des femmes brûlées et de leur histoire dans ce pays nous est vite dessiné, c’est effroyable et dramatique, on est au bord des larmes.

On découvre aussi sa fille Farah, 8 ans, restée dans le village où la famille vit. On lui dit que sa mère est à l’hôpital, on lui interdit de poser des questions. Elle ne sait rien de ce qui est arrivé à sa mère, elle n’a personne avec qui parler, personne pour la consoler. Elle est seule et pourtant si forte, elle prend ses 2 petites sœurs sous son aile. J’avais de nouveau envie de pleurer, de hurler de rage pour cette petite dont personne ne s’occupe, cette petite qui aime sa mère si fort et qui se la voit retirer du jour au lendemain, sans explication, sans même le droit de montrer sa douleur.

Je n’ai pas pleuré mais il s’en est fallu de peu. J’étais prise au cœur de cette histoire avec la farouche volonté de savoir ce qui est arrivé à Fatimah. Elle va se battre pour s’en sortir, pour ses filles. C’est avec l’espoir de reprendre sa vie d’avant qu’elle s’acharne jour après jour. Je trouvais cela bizarre car, soupçonnant qu’il s’était passé quelque chose de louche, je me demandais ce qui la motivait à vouloir néanmoins reprendre la vie d’avant.

Marina Carrère d’Encausse déroule alors le fil des événements qui sont survenus et qui ont conduit à l’accident de Fatimah. C’est un noyau de non dits et de secrets qui seront mis à jour, page après page. Et c’est triste, terrible, épouvantable. Mais, au cœur de ces révélations, l’auteure fait naître l’espoir. Il y aura l’amie que Fatimah se fera à l’hôpital et à qui elle se confiera, il y aura ce membre de la famille qui prendra conscience des choses et qui changera et il y aura cette petite vie qui naîtra du chaos. J’ai adoré comme les révélations du triste passé sont mêlées au présent plein d’espoir. Marina Carrère d’Encausse a un vrai talent pour raconter. Ce livre est sublime.

Ma notation :

Aussi poignant et émouvant que le bandeau l’indique.

La ballade de l’enfant gris, Baptiste Beaulieu

Quatrième de couverture :

Jo’, étudiant en médecine de 24 ans, se rend ce dimanche dans la chambre de Noah, un petit garçon de 7 ans qui se demande pourquoi sa mère ne vient jamais le voir. Ce jour-là, une déchirure se produit, qui poussera Jo’ à partir en voyage jusqu’au bout du monde, accompagné d’un petit fantôme. Il part sur les traces d’une femme mystérieuse.

L’avis de MadameOurse :

Mais qu’est ce que je vous ai bassinées avec ce livre hein ! Et ben ça y est, un an après sa sortie je l’ai enfin lu. Pour info d’ailleurs, si cela vous intéresse, le format poche est à paraître le 21 février 2018 aux éditions Le livre de poche.

Dernièrement, j’ai vu le roman dans la bibliothèque de ma ville au rayon ados. J’étais surprise car il ne me semblait pas que le roman soit orienté jeunesse et après lecture j’avoue qu’il y a des passages qui me semblent pas très appropriés aux jeunes mais bon… Si vous l’avez lu vous en pensez quoi ?

Le roman raconte de façon un peu décalée comment Jo se retrouve avec le fantôme d’un enfant qui le suit partout. Cet enfant est l’un de ses patients atteint de leucémie et on va découvrir son histoire alternant des chapitres avant et après le décès de l’enfant. Très vite, Jo va se retrouver en quête de la mère de l’enfant pour apaiser l’âme de No et le laisser partir en paix.

On se retrouve donc dans un roman qui nous fait voyager en Italie d’abord et en Israël ensuite, un roman plein de secrets et de ficelles que Jo va délier les unes après les autres. J’ai trouvé le début du roman assez lent, je n’ai pas été captivée de suite. Puis, les révélations tombent et bon, moi qui adore ces histoires de secrets en général, je voulais tout savoir ! Et l’histoire est jolie, c’est assez bizarre car on suit au début un enfant délaissé à l’hôpital et ne voyant que très peu sa mère et puis on découvre une jeune femme extrêmement empathique et on ne comprend pas pourquoi elle a ce rôle de « mauvaise » mère.

Je ne m’attendais pas du tout au contenu des révélations qui sont faites et puis en fait je me suis dit mais bien sûr, c’est Baptiste Beaulieu, je le suis sur les réseaux sociaux donc j’en sais un peu sur le personnage public qu’il est et ce roman est complètement en adéquation avec l’humain qu’il est. Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler l’histoire mais je crois que si vous appréciez l’auteur et les combats qu’il mène, l’histoire devrait vous toucher.

Ma notation :

Un joli roman et le plaisir d’avoir découvert un auteur qui sait raconter une histoire pleine d’humanité, de combats et de sens. Je trouve aussi que c’est un auteur qui écrit de manière moderne et décalée.

Le rideau déchiré, Jodi Picoult

Quatrième de couverture :

Élevée par Andrew, son père, Delia Hopkins a connu une enfance heureuse dans le New Hampshire. C’est alors que, sur le point de se marier, elle découvre que son père est recherché depuis vingt-huit ans pour l’enlèvement d’une certaine petite Bethany… qui n’est autre qu’elle-même. Sous le choc, la jeune femme cherche la vérité, au risque de bouleverser sa vie et celle de ses proches. Un subtil roman choral sur les pièges de la mémoire, la subjectivité des souvenirs, et la douloureuse profondeur des conflits familiaux.

L’avis de MadameOurse :

Après avoir découvert l’an dernier un premier roman de Jodi Picoult que j’avais adoré, j’ai eu envie de découvrir un peu plus les romans de cette auteure. Parmi les titres qu’elle a écrit et qui ont été traduits en français, Le rideau déchiré avait retenu mon attention pour son côté secrets de famille.

C’est une lecture qui m’a beaucoup surprise dans le sens où elle ne m’a pas menée là où je m’attendais. Et malheureusement, quand on a des attentes bien particulières et qu’on tombe à côté, parfois on en ressort déçus. Dans cette histoire, nous faisons la connaissance de Delia, une jeune mère de famille prête à épouser le père de sa fille. Sa vie va être chamboulée du jour au lendemain lorsque son père va se retrouver en prison pour un enlèvement commis 28 ans auparavant. Et il ne s’agit pas de n’importe quel enlèvement mais de celui de Delia elle même, la fille d’Andrew. Elle avait 4 ans lors des faits. Ses parents étaient divorcés et son père l’a enlevée à sa mère. Il a changé d’identité, lui a fait croire au décès de sa mère et … 28 ans se sont écoulés ainsi avec un secret bien gardé.

Je m’attendais dans cette lecture à découvrir une histoire énorme qui irait expliquer pourquoi Delia a été enlevée par son père, de quoi celui-ci a voulu la protéger. En fait, on va découvrir assez vite les grandes lignes de l’histoire et ce n’est pas l’explication colossale à laquelle je m’attendais. Le cœur du roman nous raconte plutôt comment les vies des personnages vont être chamboulées par cette révélation et comment chacun va passer ce cap et construire la suite de sa vie après un tel tsunami. On suit donc le procès qui va juger les faits commis par Andrew. Le roman est raconté tour à tour par Delia, par Eric son fiancé et avocat d’Andrew, par Fitz leur meilleur ami et par Andrew lui-même. Il y a, du coup, un certains nombres de passages où Andrew relate sa vie en prison. C’est relativement dur et je pense que c’est malheureusement tristement réaliste. Je n’ai pas trop apprécié ces passages.

C’est un roman qui se lit bien, le récit alterné entre les divers personnages rend la lecture fluide. Je l’ai trouvé assez juste. La finalité de l’histoire est crédible, les événements font que chaque personnage va forcément sortir de là changé et j’ai aimé les développements finaux du roman.

Ma notation :

Ce roman n’est, à mes yeux, pas aussi bon que le précédent titre que j’avais lu de l’auteure. Il confirme cependant son talent à évoquer des grands faits de société et j’ai bien l’intention de continuer à découvrir cette auteure dont j’ai déjà repéré 2 autres titres qui se trouvent dans ma wish list.

Petit bémol final : je suis incapable de vous expliquer d’où vient le titre du roman…