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Les carnets d’Esther, Florence Roche

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Quatrième de couverture :

En juillet 1942, elles étaient deux petites filles… L’une des deux sera déportée. Vingt ans plus tard, Esther remonte le cours du temps et le fil de son histoire. Une quête bouleversante des origines.

Août 1962 : les lendemains sont pleins de promesses pour Esther Lescure, séduisante créatrice de mode, choyée par son père Bertrand. Mais son monde s’effondre quand celui-ci meurt dans un incendie criminel. L’assassinat de Bertrand serait-il lié aux zones d’ombre de sa jeunesse durant la guerre ? La jeune femme part sur les traces d’un mystérieux Elzear, qui avait confié à son père les rênes de son entreprise de confection avant la rafle du Vel’ d’Hiv en 1942… Pour quelles raisons ? Esther ira jusqu’à New York pour connaître toute la vérité.

Quitte à perdre ses dernières certitudes ?
Une quête bouleversante des origines.

L’avis de Laure :

J’ai bien conscience avant même de publier cet avis que ce n’est pas trop un livre qui va vous attirer. Peut être parce que l’écrin n’est pas à la hauteur du contenu. Et il faut dire que même après lecture je ne comprends pas le choix de cette image de couverture. Pourtant, il m’a fallu très peu de pages pour être totalement charmée par cette lecture. Il y a une nouvelle fois tout ce que j’aime : une histoire de secrets de famille mêlée au contexte historique de la seconde guerre mondiale.

Ce qui m’a de suite charmée c’est le lien qui unit 2 personnages et qui est évoqué dans les toutes premières pages du roman. Un lien entre le père Bertrand, et sa fille Esther. Une adoration mutuelle, une reconnaissance des compétences professionnelles puisque très vite tous 2 vont travailler pour l’entreprise familiale de confection. Lorsque Bertrand décède brutalement dans un mystérieux incendie, le monde d’Esther et anéanti. D’autant que très vite, le doute arrive sur le fait que ce décès soit un accident.

Alors, Esther est bien décidée à faire son enquête, elle refuse d’accepter le décès de ce père adoré. Et bien vite, les secrets du passé vont venir semer des doutes dans l’esprit d’Esther. La période de la seconde guerre mondiale et de ce mystérieux don de l’entreprise d’Elzear à Bertrand questionne. Pourquoi Bertrand n’a-t-il jamais parlé de celui qui fut avant tout un ami si cher ? Que s’est-il donc passé pendant la seconde guerre mondiale ? Et pourquoi ces événements ont encore un écho dans le présent d’Esther ?

La jeune femme va alors être amenée à découvrir les carnets qu’Elzear a écrits pendant sa déportation, carnets qui vont la mener à vouloir retrouver cet homme à tout prix, pour enfin avoir réponse à ses questions. Je ne vous en dis pas plus mais vraiment, j’ai été totalement prise dans le rythme du roman, d’abord bien évidemment comme toujours, j’ai aimé la partie historique qui traite de la seconde guerre mondiale. Par la suite, lors de l’enquête d’Esther, il n’y a aucun temps mort, on rencontre des personnages très attachants et les secrets m’ont vraiment tenue en haleine. Je n’avais rien vu venir de la révélation finale. En plus, c’est un roman qui interroge sur le pardon, sur ce qu’il est possible d’accepter ou non. Vous le verrez si vous le lisez, Esther n’a pas un chemin de vie standard et j’ai beaucoup aimé les questionnements auxquels elle va devoir faire face. Une héroïne très attachante qui dessert superbement ce roman très réussi.

Ma notation :

Laissez-vous tenter, passez outre la couverture qui n’a guère de rapport avec le contenu car je vous assure que cette lecture est belle !

La petite fille au manteau bleu, Didier Lecomte

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Quatrième de couverture :

Une traversée du temps hors du commun pour sauver une petite fille pourchassée par les nazis. Quelle étrange rencontre que celle de Dan, un ancien commando qui vit au bord de la Méditerranée en 2010, et Rosa une petite fille de 10 ans habitant à Berlin, en 1943. Dan va voyager à travers le temps et les époques pour répondre à l’appel au secours de cette enfant et sauver, au péril de sa vie, une famille juive de la traque nazie.
Une histoire émouvante portée par l’amour, le courage et l’espoir…

L’avis de Laure :

Comment vous expliquer que ce livre, acheté en 2017, qui est dans ma thématique de prédilection (la seconde guerre mondiale) et était donc une valeur sûre de ma PAL a pu rester aussi longtemps en attente ? Il est épais… très épais, genre 650 pages…

Et pourtant, sans aucune surprise, je l’ai adoré ! J’ai eu un petit moment d’inquiétude en le débutant, lorsque je me suis retrouvée à lire l’histoire d’un plongeur, ancien membre des forces spéciales, qui a survécu de peu à une opération très éprouvante en Afghanistan. Je me demandais si je lisais le bon livre…  Pas du tout ce que je m’attendais à lire en débutant un roman historique et pourtant, Dan, cet homme, va très vite avoir des mystérieuses apparitions d’une petite fille qu’il est le seul à voir. Rosa arrive de Berlin, en 1943 où elle et sa famille juive se cachent.

C’est Dan à son tour qui va mystérieusement se transporter dans le temps, pour porter assistance à la famille. Ce coté paranormal est à mes yeux la faiblesse du roman, le fait que Rosa puis Dan se transportent dans le temps manque de crédibilité et le sujet n’est pas assez creusé pour que j’en comprenne le fonctionnement. Néanmoins ce qui nous intéresse finalement, ça va être la fuite de la famille à travers l’Allemagne. Bien souvent, dans les romans sur la seconde guerre mondiale, on suit des héros en camp de concentration et leur survie jour après jour. Ici, on suit la fuite d’une famille, d’abord cachée, ils vont réussir de peu à échapper à la déportation. Ils n’auront alors qu’une échappatoire : la fuite.

J’ai été complètement absorbée par les différentes aventures qu’ils vont être amenés à vivre, des péripéties dignes d’un roman d’aventure avec une épée de Damoclès terrible au dessus de la têt : les nazis qui les chassent et veulent leur mort. J’admire l’imagination de l’auteur qui est arrivé à nous servir un périple aux multiples rebondissements et à en faire un roman de plus de 600 pages dans lequel je ne me suis jamais ennuyée. Bien évidemment, cela reste un roman dur, parfois violent, parce que le seul but est la survie. Mais il est égayé par des rencontres, des belles personnes que nos personnages auront sur leur route et qui vont les aider, preuve que l’humanité est encore possible même à cette terrible époque.

Ma notation :

Ce roman est peu connu et pourtant je l’ai vraiment adoré, il mériterait de paraitre en poche pour connaitre une seconde vie.

L’enfant du train, Ruth Druart

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Quatrième de couverture :

Au cœur de l’Occupation, à Paris, Sarah vient d’être arrêtée. Parce qu’elle est Juive. Juste avant de monter dans le train pour Auschwitz et les camps de la mort, la jeune femme prend une terrible décision  : elle donne Samuel, son bébé, à un inconnu..

L’homme n’hésite pas une seconde et décide de tout faire pour sauver et prendre soin de cet enfant. Avec sa fiancée et le petit Samuel, ils fuient Paris pour les États-Unis, pays où l’on peut encore être libre et en sécurité. Ensemble, ils vont former une belle famille.

Au fil du temps, ils oublient les traumatismes de la guerre. Jusqu’à ce que, neuf ans plus tard, une femme frappe à leur porte. Une femme qui a survécu à l’enfer par amour pour son fils. Mais ce retour va déclencher une tempête dont personne ne pourra sortir indemne…

L’avis de Laure :

Avec cette couverture, vous le savez, on est dans ma thématique de prédilection et ce roman ne pouvait que me plaire. Pourtant, surprise, il débute en 1953. Je n’avais pas relu la quatrième de couverture avant de débuter ma lecture et j’ai bien fait parce que le résumé dévoile tout le début du roman et c’est dommage, moi je l’ai lu en laissant les choses venir et j’ai ainsi pu savourer la lecture.

C’est l’histoire  de Jean-Luc et Charlotte qui se sont installés aux USA après la guerre avec leur fils. Et qui, un beau jour, vont voir revenir le passé et la peur avec. C’est l’histoire du parcours de 4 adultes lors de la seconde guerre mondiale et d’un bébé qui sera pris dans l’enfer des déportations au départ de Drancy. C’est surtout un roman sur l’après guerre, un sujet tout aussi important quand on sait l’impact que la guerre a pu avoir en anéantissant certaines familles. Des familles séparées qui mettront des années d’enquête pour savoir ce que leurs proches sont devenus.

C’est l’histoire d’un petit garçon, L’enfant du train, pris en étau entre deux pays, deux cultures, deux familles et qui n’aura pas son mot à dire sur ce que les adultes ont décidé qu’il était bon pour lui. C’est poignant parce qu’on comprend tellement la vision de chacun, deux pères, deux mères, qui ont tous leur légitimité. C’est aussi une époque où la psychologie de l’enfant n’était pas encore un argument de poids dans les décisions prises pour un mineur. J’ai été partagée tout au long de ma lecture car dans cette histoire on sait bien qu’il n’existe pas de solution juste qui puisse permettre à tous d’être heureux.

J’ai fini la lecture en larmes et c’est quelque chose qui m’arrive peu, lorsque l’apaisement arrive enfin dans ce roman. L’enfant du train est une lecture poignante, qui évoque l’injustice du vécu post guerre. Impossible de ne pas être pris de compassion pour les personnages, vous voudrez qu’ils puissent tous trouver leur bonheur, vous serez pris d’empathie par le mal être et les moments si durs qu’ils vont tous traverser. Une lecture qu’on ne peut pas oublier.

Ma notation :

Une très belle lecture qui a su me toucher aux larmes.

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(Merci à Eric Poupet et City Editions pour cette lecture))

 

Rue du rendez-vous, Solène Bakowski

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Quatrième de couverture :

Rien ne prédestinait Alice Beausoleil et Marcel Dambre à se rencontrer. Pour que le vieil homme ouvre sa porte à la jeune femme trempée, il aura fallu une grève des transports, un GPS capricieux et un terrible orage.
De leur tête-à-tête inattendu va naître ce qui ressemble à une seconde chance. Un nouveau rendez-vous avec l’existence, peu importe le temps qui reste…
Marcel, quatre-vingt-sept ans, vit rue du Rendez-Vous, reclus dans son atelier de bottier menacé par les bulldozers. Vendeuse en boulangerie, Alice offre son sourire à tous ceux qu’elle croise. En réalité, depuis deux ans, trois mois et quatre jours, en proie à une profonde tristesse, elle s’empêche de vivre.

L’avis d’Audrey :

Deux personnages, deux vies, deux solitudes et des multitudes de remords ou regrets. Rien ne prédestinait Alice et Marcel à se rencontrer. C’est un soir d’orage, alors que la jeune femme est trempée qu’elle entre dans la boutique de Marcel. Entre la jeune femme de 25 ans et le vieil homme de 87 ans, c’est comme une évidence. Il semble ému par cette jeune femme paumée et qui semble si soucieuse. Elle se sent rapidement à l’aise avec Marcel, qui sous ces airs de bougon cache une bonté et une bienveillance folle.

Ils vont discuter, s’apprivoiser et se livrer. Enfin surtout Marcel. Il va conter sa vie à Alice. Tout commence par un bal en 1929, sa naissance, son enfance, la guerre qui arrive, les drames, les rencontres, la famille. Marcel va tout raconter. Sans fards, sans rien cacher. Le pire comme le meilleur. J’étais en Champagne avec Marcel, j’étais avec lui dans le train qui l’a mené à Paris. J’ai vécu avec lui et Denise, sa mère, dans leur appartement parisien. J’ai dansé, vibré et vécu avec eux. Quelle histoire, quelle vie !

D’Alice on n’en sait que trop peu. Pourtant Marcel va lentement percer la jeune femme et l’inviter à se libérer de ses démons et tracas.

Un roman extrêmement touchant. Comment ne pas vivre intensément l’histoire de Marcel. Comment ne pas avoir envie de prendre Alice dans ses bras pour lui dire que tout ira bien. Deux personnages inoubliables qui vont me hanter quelques temps je crois bien. Je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce roman, dont je n’avais lu aucun retour et à peine survolé la 4ème de couverture. L’auteure a vraiment su me surprendre. Un roman différent de ce qu’elle a l’habitude de nous présenter. C’est moins noir, moins sombre qu’à l’ordinaire, et même si les thèmes de cette histoire sont assez complexes et mêmes durs, elle a su y laisser beaucoup d’espoir et de lumière.

Ma notation:

Un grand roman, deux grands personnages. Arrêtez-vous quelques instants Rue du rendez-vous, ne le regretterez pas.

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(Merci à Stéphane de chez 20 minutes pour la lecture)

L’étrange garçon qui vivait sous les toits, Charlotte Bousquet, Christine Feret-Fleury, Fabien Fernandez

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Quatrième de couverture :

Un jeune garçon caché par sa famille en 1942, une ado confinée en 2020 : le récit poignant d’une rencontre qui défie le temps.

Lorsque son père médecin l’envoie chez Arlette, une ancienne infirmière de 93 ans à l’internet vacillant, Nina est persuadée qu’elle va vivre le pire des confinements. Mais bientôt, alors qu’elle fouille dans la cave pour tromper son ennui, la jeune fille découvre dans une malle la photo jaunie d’un garçon… qu’elle a déjà croisé dans l’escalier.
Ce portrait replonge Arlette dans un douloureux passé, celui de la guerre, d’un amour interdit et d’une blessure jamais refermée. Nina a-t-elle vraiment pu rencontrer Natan, cet adolescent juif qui a vécu caché dans l’immeuble pendant la Seconde Guerre mondiale ? Sauront-ils tous les deux dénouer les fils des sombres événements qui se sont déroulés 78 ans plus tôt ?

L’avis de Laure :

Sous cette couverture graphique bien travaillée, on retrouve l’illustration précise de la maison du roman où vont se croiser 2 adolescents : Nina va venir y vivre, hébergée par Arlette une amie de son père. Nous sommes en mars 2020, son père, médecin urgentiste, se prépare à l’afflux de patients qui menace les hôpitaux et sait qu’il ne pourra pas s’occuper correctement de sa fille qui sera confinée comme tous les français. Sous les toits, c’est là qu’a vécu Natan, en 1942. 

Très vite, Nina va croiser Natan. Avant de se rendre compte qu’elle est la seule à le voir.  Et c’est avec les moyens de bord d’un pays confiné qu’elle va tenter de comprendre qui il est et ce qui lui est arrivé, aidée par la suite par Arlette, qui l’héberge et qui vivait déjà dans cette maison du temps de la guerre. Arlette et Natan se connaissent et ont un passé commun.

Dans ce roman co écrit par 3 auteurs, il y a plein de choses très réussies : l’évocation du confinement de 2020 et de la vision bien dure des privations qu’il a amené dans nos vies est mis en parallèle avec les privations successives qu’a vécu le peuple juif. C’est un roman facile à lire, drôle par moments, fort émouvant à d’autres et qui évoque le lien intergénérationnel, l’homosexualité, l’amour en général également. De bien jolis sujets et des pages qui ont tourné avec facilité sous mes yeux. Et je n’ai pas du tout ressenti les 3 auteurs derrière l’histoire, preuve qu’ils ont su construire le récit en se partageant le travail sans que le lecteur ne le ressente. Et à ce titre je vous avoue que je suis bien curieuse du processus d’écriture !

Le final du roman m’a beaucoup plu, il fait le parallèle avec ce qu’on voit beaucoup dans les histoires de fantôme : le besoin de finir sa vie sur terre, de s’apaiser, régler ses problème pour pouvoir partir réellement.

Ma notation :

Un très beau roman jeunesse qui aborde des sujets forts et importants, à découvrir sans hésiter.

Merci aux éditions Slalom pour cette lecture