Archives du mot-clé 2nde guerre mondiale

La secrétaire d’Himmler, Catherine Hokin

004-LAPTOP-7PUAI2CI

Quatrième de couverture :

La vie de Magda, une jeune secrétaire allemande, bascule le jour où elle entre au service de Himmler, le chef des SS. Les journées s’enchaînent : envoyer des invitations pour des réceptions, demander des devis pour la construction de camps de concentration et obéir à un homme qu’elle méprise. Mais en secret, Magda mène une double vie. Le soir, elle entre dans la clandestinité et travaille pour la Résistance. Un jeu dangereux où la jeune femme risque la mort à chaque instant. Mais c’est le prix à payer pour protéger l’homme qu’elle aime, un résistant qui combat le nazisme… Quarante ans plus tard, sa petite-fille Nina découvre des documents troublants datant de la Seconde Guerre mondiale. Dans les ruines d’un passé que sa grand-mère a tenté d’oublier, elle lève peu à peu le voile sur les mystères de l’histoire familiale. Des secrets qui vont bouleverser sa vie à tout jamais…

L’avis de Laure :

Si vous me connaissez un peu à force, vous savez que je ne peux pas résister à ce genre de titre. Repéré en juin, acheté en juillet, lu en aout.  Quand on aime… ça va vite !

Ce roman est raconté en 2 parties dont l’une d’elle m’a d’abord décontenancée et moins plu. Entre deux héroïnes, la grand-mère Maga, la fameuse secrétaire d’Himmler du titre et sa petite fille Nina, qui vit en RDA en 1989. Comme on peut facilement s’en douter, Magda n’est pas à la botte d’Himmler bien qu’elle travaille pour lui. Résistante de la première heure, elle a beaucoup investi à tenter de sauver un maximum de juifs. En parallèle néanmoins, aux côtés d’Himmler, elle met au point les détails du plan global du génocide perpétré par les nazis. Un double rôle bien dangereux tant pour ne pas se faire prendre pendant la guerre que pour ne pas être arrêtée comme une nazie à la fin de celle-ci…

« Il doit y avoir un meilleur moyen de faire front qu’avec des bouts de ficelle. »

Nina, comme sa famille avant elle, se rebelle contre la vie de l’Allemagne de l’après guerre et se retrouve aux prises avec la stasi et emprisonnée pendant de longs mois. Je vous avoue n’avoir pas compris l’intégration de ce moment historique dans le roman et avoir eu du mal à le comprendre. C’est assez obscur pour moi française, je ne connais pas cette page de l’histoire et je ne voyais pas ce qu’elle allait apporter au roman. Pourtant, Nina veut aussi comprendre sa grand-mère et ses secrets. Et c’est lorsqu’elle part mener l’enquête sur Magda, qui n’a jamais rien voulu lui raconter, que j’ai commencé à apprécier le « présent » du roman.

Et ensuite, tout monte petit à petit vers un final très fort, que je n’avais pas vu venir. Une vengeance 40 ans plus tard entre deux vieilles dames, les preuves à apporter pour être cru sur ce qui s’est passé pendant la guerre mais aussi, pour les jeunes de l’époque, la découverte horrifique de ce que leurs aînés ont commis. A travers ce roman, Catherine Hokin illustre bien le ressenti que peuvent avoir les allemands sur la dure histoire de leur pays.

Ma notation :

Une belle lecture !

Les fiancées du Pacifique, Jojo Moyes

003

Quatrième de couverture :

Sydney, 1946. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Margaret, Avice, Jean et Frances embarquent sur le HSM Victoria en compagnie de six cent cinquante épouses de guerre qui s’apprêtent à rejoindre leurs maris en Angleterre.
En dépit des règles strictes qui régissent le quotidien à bord et du destin tout tracé des passagères, jeunes femmes et officiers ne tardent pas à se côtoyer, entremêlant leurs existences à jamais.
Et pour Frances MacKenzie, infirmière mystérieuse hantée par son passé, le voyage marque le début d’une aventure qui changera sa vie au-delà de tout ce qu’elle aurait pu imaginer…

L’avis de Laure :

Ce roman n’est pas resté longtemps dans ma PAL car j’ai eu la chance d’en partager la lecture avec Atouchofbluemarine. J’avais déjà lu et apprécié les romans de Jojo Moyes donc je ne me faisais pas de souci concernant celui-ci.

Il éclaire un fait de l’Histoire que je ne connaissais pas. Ce que j’ai trouvé dommage c’est que tout ne nous soit pas expliqué. En effet, il est question de transfert de jeunes épouses australiennes vers l’Angleterre. J’aurais aimé comprendre comment autant de couples se sont créés à travers la guerre et pourquoi il a été décidé de déplacer les épouses ainsi, par centaines. Je n’ai pas eu mes réponses à ces questions car Jojo Moyes accentue son récit uniquement sur le trajet en lui-même.

Et déjà ça c’est assez colossal ! Imaginez un porte avions qui se transforme en transfert de troupes pour plus de 600 épouses ! 600 femmes sur ce bateau qui n’a jamais compté que des hommes… de quoi attiser bien des angoisses pour le capitaine qui imagine mal la cohabitation pendant plusieurs semaines avec son équipage… J’ai beaucoup apprécié ce traitement du sujet avec tous les petits détails de l’organisation de la vie à bord.

On va suivre précisément 4 épouses, que Jojo Moyes prend d’abord le temps de nous présenter une à une. Elles sont très différentes et ont chacune leurs attentes et appréhensions sur la finalité de ce voyage. Dans ce pavé de près de 600 pages, vous allez voir que les semaines à bord sont source de bien des événements. Là où Jojo Moyes m’a vraiment bluffée c’est par les révélations sur ses personnages. D’un coup, au détour d’une phrase, elle pose là gentiment et comme si de rien n’était une bombe ! Sur le coup je me disais, non mais elle nous a vraiment dit ça ? Avec ce ton gentillet ça me mettait le doute ! Mais en fait oui et c’est assez talentueux, ça nous captive directement et nous donne vite envie d’en savoir plus sur le personnage.

Je ne vous parle pas beaucoup de ces héroïnes, vous verrez que ce sont des jeunes femmes de leur temps, qui espèrent s’amuser et construire une vie heureuse, qui appréhendent aussi la vie dans le nouveau pays. La finalité du roman est très belle pour un personnage en particulier et on referme donc cette lecture avec une douce sensation, celle d’avoir vécu quelques semaines nous aussi avec ces épouses de guerre.

Ma notation :

Un bien joli roman.

Les dernières heures, Ruth Druart

004

Quatrième de couverture :

À l’aube de la Libération, Paris vit ses heures les plus sombres. Mais la jeune Élise n’hésite pas à braver les dangers et à partager le peu qu’elle possède avec un orphelinat juif. Affamée de justice, elle va encore plus loin, exfiltrant les enfants avant qu’ils ne soient envoyés au camp de Drancy. Un jour, elle fait la rencontre de Sebastian, un jeune soldat allemand. Chaque jour, pour le Reich, il traduit les lettres de dénonciation. Mais sa rencontre avec Élise va le confronter à l’horreur de ses actes et à un terrible dilemme : trahir son pays ou renoncer à l’amour de la belle Française. Dix-neuf ans plus tard, une jeune femme, Jospéhine, découvre dans une vieille valise, une lettre qui remonte à la guerre. Un mot d’amour destiné à sa mère mais écrit par un autre homme que son père. Peu à peu, elle remonte le fil d’une histoire d’amour interdite. L’histoire d’une trahison et d’une vérité indicible qui va changer sa vie à tout jamais.

L’avis de Laure :

J’avais beaucoup aimé l’an dernier le précédent roman de Ruth Druart, L’enfant du train. Cette année, elle confirme son talent avec toujours le même angle de traitement des faits historiques : les retombées de la seconde guerre mondiale. J’aime beaucoup ce regard, on va plus loin que les années 39 à 45 et on vit à travers ses personnages ce que les drames de la guerre entrainent comme bouleversements dans les années qui suivent.

Ces bouleversements, c’est Josephine qui va les découvrir, dans les années 60 lorsqu’elle se rend compte que l’homme mentionné sur son acte de naissance, ce père qu’elle n’a jamais rencontré, n’est pas celui dont on lui a donné le nom. Alors Josephine va enquêter, contre le choix de sa mère, et se faire raconter ce qu’Elise a vécu, à Paris, pendant la guerre.

C’est une jolie histoire que celle de ce couple, une histoire d’amour qui dépasse les nationalités, celle d’un Allemand qui tombe amoureux d’une française. On pourrait se dire que ce thème est déjà vu mais Ruth Druart y apporte sa propre petite touche par le devenir de ses personnages après la guerre. Et là, comment ne pas s’émouvoir par le destin qui a éloigné chacun ? Lorsque qu’on comprend ce que chaque personnage a vécu de son côté, on se demande quel sera l’avenir possible, sachant que l’amour est toujours là.

Pourtant, l’histoire est complexe et j’ai trouvé cela très bien ainsi, on aurait pu reprocher sinon à l’auteure de céder à la facilité. Et puis finalement, ce qui est beau et qui occulte tout le reste, c’est la force de l’amour que chacun a pour l’autre. Cette force est telle qu’elle va apporter à Josephine ce père qu’elle n’aurait jamais connu sans doute…  Ce sentiment d’amour est le plus précieux, il absorbe tous les tracas, toutes les embûches et porte juste chacun à être heureux. On referme le roman avec la satisfaction de savoir chaque personnage apaisé, guéri du passé et prêt à laisser le présent lui apporter de nouvelles joies.

Ma notation :

Un bien joli roman.

logo_city_general_jpeg

(Merci à Eric Poupet et City Editions pour cette lecture))

Enfant de salaud, Sorj Chalandon

xZNmbmz8SKWBcLdJjdhaZg

Quatrième de couverture :

Un jour, grand-père m’a dit que j’étais un enfant de salaud.
Oui, je suis un enfant de salaud. Mais pas à cause de tes guerres en désordre papa, de tes bottes allemandes, de ton orgueil, de cette folie qui t’a accompagné partout. Ce n’est pas ça, un salaud. Ni à cause des rôles que tu as endossés : SS de pacotille, patriote d’occasion, résistant de composition, qui a sauvé des Français pour recueillir leurs applaudissements. La saloperie n’a aucun rapport avec la lâcheté ou la bravoure.

L’avis d’Audrey :

Ceux qui connaissent l’auteur, n’ignorent pas la relation compliquée qu’il a eue avec son père. Une histoire qu’il avait déjà évoquée dans son roman Profession du père, où il nous décrivait la mythomanie de ce père violent et fantasque. Dans ce roman, c’est toujours l’histoire d’un fils et d’un père. Un petit qui idolâtre son père, qu’il voit comme un héros, un homme fort et droit. Mais une phrase lâchée par son grand-père va tout remettre en cause :

« Il faut que tu saches »

Et si ce père s’était inventé une vie, ou plutôt avait embelli les souvenirs? Telle une bombe, il apprend que son père avait pactisé avec l’ennemi pendant la seconde guerre mondiale. Mais bien vite, on se tait, on n’en parle pas et on ne va plus voir le grand-père trop bavard.

Alors quand adulte, devenu journaliste, le fils couvre le procès du criminel nazi Klaus Barbie, c’est comme s’il ouvrait une nouvelle fois la boite à secrets de son père. Il va alors enquêter sur son père, lire des dossiers d’archives et découvrir ses activités pendant le conflit. Alors que se déroule le procès si médiatique d’un monstre, en parallèle un fils juge un père.

Il y a une grande force dans ce roman, on rentre dans l’intime d’une famille, tout en assistant à la Grande Histoire. C’est souvent dérangeant, trop intrusif peut-être mais si humain comme récit.

J’ai particulièrement apprécié la narration de Féodor Atkine dont on m’avait vanté les talents. Et c’est une réussite effectivement, il permet vraiment de rentrer dans le roman complètement. (Petite anecdote d’écoute, on m’avait averti que je connaissais la voix de cet acteur, et il m’a fallu plus de la moitié de l’écoute pour enfin percuter et me rendre compte qu’il est le doubleur d’un de mes médecins préférés de séries TV).

Capture d’écran 2022-02-07 à 16.24.47

Le cercle de la rose blanche, VS Alexander

014

Quatrième de couverture :

À l’été 1942, la guerre fait rage en Europe. À Munich, dans le plus grand secret, quelques étudiants allemands rédigent et distribuent des tracts appelant à la résistance contre le nazisme. Natalya, une étudiante qui a été témoin des horreurs de la guerre, s’est engagée à leurs côtés. À chaque instant, les membres du « Cercle de la Rose Blanche », comme ils se font appeler, risquent leur vie, car la Gestapo met tout en œuvre pour démanteler ce groupe de résistants. La moindre contestation, le moindre petit acte de dissidence, sont passibles de la peine de mort. Alors, lorsque Natalya croise la route d’un homme dont elle tombe amoureuse, comment être certaine qu’il ne va pas la trahir ? Poussée par une exceptionnelle rage de survivre, la jeune femme est prête à tout risquer pour l’espoir immense, un jour, de vivre avec ceux qu’elle aime dans un monde en paix…

L’avis de Laure :

Après A la table d’Hitler découvert et adoré l’an dernier, c’est sans hésitation que j’ai suivi de nouveau VS Alexander dans ce nouveau roman où il romance une fois de plus, une partie réelle de l’histoire de l’Allemagne pendant la seconde guerre mondiale.

J’ai mis du temps à me laisser absorber dans l’histoire de Natalya, cette étudiante qui va faire la connaissance d’Hans et Sophie Scholl, deux jeunes allemands dont je n’avais jamais entendu parler. Pourtant, dans les traces d’Hans et Sophie, Natalya intègre le cercle de la rose blanche, un groupe d’étudiants allemands qui dénonce le régime national-socialisme via des tracts diffusés dans les villes du pays. J’ai appris beaucoup avec cette lecture car je ne savais pas qu’il y avait eu des mouvements de résistance au sein même de l’Allemagne et en même temps je ne comprenais pas trop cette action, en quoi ces tracts allaient changer la situation politique allemande ?

Mais après un début de roman un peu déroutant, je me suis laissée emporter par la plume de VS Alexander qui malmène plus d’une fois son héroïne qui n’aura jamais une destinée facile. Inévitablement, chaque nouvel événement dur nous noue le ventre, chaque brin d’espoir nous fait espérer un dénouement heureux. J’ai beaucoup aimé les différents rebondissements auxquels Natalya est confrontée, c’est réaliste de montrer ainsi que cette jeune étudiante qui a osé trahir le régime d’Hitler n’allait pas être épargnée par les nazis !

Si vous ne connaissez pas VS Alexander, n’hésitez pas à aller le découvrir, je trouve qu’il a ce talent unique de mêler à la perfection le romanesque avec des personnages fictifs mais le tout profondément noué à une intrigue étayée de nombreux faits réels. C’est très enrichissant à découvrir !

Ma notation :

Une belle lecture même si j’avais encore mieux aimé A la table d’Hitler.

logo_city_general_jpeg

(Merci à Eric Poupet pour cette lecture)