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La messagère de l’ombre, Mandy Robotham

Quatrième de couverture :

En 1943, le monde est ravagé par la guerre. À Venise, la jeune Stella brûle de prendre part à la lutte contre les nazis et elle est recrutée par la Résistance italienne et jetée dans la gueule du loup. Durant la journée, la jeune femme travaille comme traductrice pour des officiers allemands et intercepte des informations stratégiques. La nuit, elle risque également sa vie en faisant passer des messages pour la résistance et en rédigeant un journal clandestin. C’est à la Kommandantur qu’elle tombe amoureuse d’un homme qui collabore avec les Allemands. Mais dans l’enfer de la guerre, comment croire en un quelconque avenir ensemble ? Au fur et à mesure que l’étau se resserre autour de Stella, elle découvre la part d’ombre que dissimule l’homme qu’elle aime. Leur histoire, déchirante, va faire basculer le destin de Stella dans le plus terrible des combats…

L’avis de Laure :

Lorsque ce roman est sorti en septembre dernier, ce n’était pas la première fois que ces parutions chez City me faisaient de l’œil alors cette fois j’ai sauté dessus pour le découvrir à mon tour.

Finalement, c’était une lecture à l’aveugle car je n’ai jamais lu le résumé ni d’avis sur ce titre et cela a donc commencé par une agréable surprise quand j’ai découvert que la ville où se situait ce roman est Venise. Ca change et j’aime bien, je n’avais jamais lu de roman mettant en avant le vécu italien de la seconde guerre mondiale. C’est à travers Stella, jeune italienne qui a de suite été déterminée à s’investir dans le double combat mené contre les nazis et les fascistes, qu’on est immergés dans cette page de l’Histoire. Elle occupe une place délicate en tant que traductrice pour les allemands et a accès à ce titre à des informations sensibles. Elle va donc transmettre le maximum de détails à la résistance et sera une messagère de choix dans ce combat.

Si j’ai aimé ce roman, très agréable à lire, j’en avais de plus grandes attentes. Ou bien ai-je tellement lu de romans sur ce sujet que je suis moins enthousiaste pour un titre qui ne m’apporte pas grand chose de nouveau ? Je tempère quand je vous dis cela car c’est vraiment une histoire plaisante à lire mais c’est celle d’autres résistants où qu’ils soient dans le monde que j’ai déjà lues. Et en soi le roman n’avait rien de nouveau pour moi.

J’ai aimé être transportée à Venise le temps de cette histoire, j’ai apprécié Stella, son combat et sa destinée émouvante, j’ai été fort surprise de la fin que je n’avais pas du tout vue venir mais ce n’est pas un roman qui s’inscrira parmi mes lectures les plus poignantes sur cette période de l’histoire.

Ma notation :

Un joli roman même si j’en attendais plus.

Les lueurs du lendemain, Jennifer Cody Epstein

Quatrième de couverture :

Deux générations. Trois femmes. Une trahison impardonnable.

Berlin, 1933. Amies depuis leur plus tendre enfance, Ilse et Renate, deux adolescentes, sont confrontées aux bouleversements provoqués par la montée du nazisme. Séduite par l’esprit de corps et l’idéal prônés par les Jeunesses hitlériennes, Ilse incite Renate à s’enrôler, mais celle-ci, juive, est cruellement rejetée. Lorsque les lois de Nuremberg sont promulguées, les jeunes filles se retrouvent alors ennemies malgré elles… New York, 1989. Ava, la fille d’Ilse, hérite des lettres écrites par cette dernière à Renate. En les lisant, elle plonge avec stupeur dans l’histoire de cette femme qui n’a jamais su l’aimer. Fresque haletante et poignante, Les Lueurs du lendemain se penche sur les retombées intimes et invisibles du nazisme, et sur les conséquences dévastatrices des choix faits durant les heures les plus sombres de l’Allemagne.

L’avis de Laure :

J’avais repéré cette parution lorsque Les escales ont présenté leur programme de parution 2021 et j’ai eu la chance d’avoir l’occasion de le lire via la Masse critique Babélio.

En plusieurs temporalités,  l’auteure évoque la montée du nazisme et l’impact que celui-ci va avoir jusqu’à bien des années après sur une famille juive. Pourtant, Renate, jeune adolescente en 1933, ne savait même pas que sa famille avait des ascendances juives. Ca va alors être un coup de massue pour elle qui va la priver peu à peu de toutes ses libertés, bien avant même que la guerre ne vienne perturber la vie des allemands.

Finalement, ce roman n’était pas du tout ce que je m’attendais à lire mais il offre une page de l’Histoire qui est aussi intéressante à découvrir pourtant. Cette privation de libertés, ce rejet puissant des nazis, cette toute puissance aryenne, fait froid dans le dos. Et, pour les allemands, cela a marqué profondément le pays dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Pour Renate et Ilse, adolescentes et amies, rien ne laissait présager qu’un jour leur amitié puisse se déliter. Mais c’est ici la force du récit de l’auteure, en lisant Les lueurs du lendemain, on perçoit à quel point tout le peuple était entrainé dans cette cohésion, de gré ou de force. L’endoctrinement est puissant ! Comment alors une jeune adolescente pourrait se battre contre cela, refuser l’étiquette juive qui va marquer son amie et lui rester fidèle ?

J’ai bien ressenti cette progression dans le récit, c’est poignant, révoltant et pourtant, je comprends. En lisant ce livre, il me semble évident que la plupart des allemands n’aient pas eu les armes pour refuser d’entrer dans le combat nazi mené par Hitler.

Comme je vous le disais le roman fait écho bien après dans la vie de nos personnages et notamment dans la destinée d’Ava, la fille d’Ilse. Une enfant qui va toute sa vie chercher à faire parler sa mère sur l’identité de son père. J’ai trouvé cette partie du roman plus brouillon, j’y ai moins adhéré. Sans doute parce qu’en fait je ne voyais pas le lien. Et c’est dommage parce que le lien est là et avec lui cette révélation finale si forte et touchante qui vient clore le roman. Une bien jolie fin dont j’ai regretté que l’auteure ne nous laisse pas transparaitre ce secret, ce mystère, bien avant dans le récit. J’aurais alors été plus intriguée et captivée.

Ma notation :

Un roman qui m’a instruite sur la montée du nazisme en Allemagne mais qui me laisse un avis mitigé parce que l’auteure n’a pas su totalement me captiver.

(Livre lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

La promesse de l’apiculteur, Fiona Valpy

Quatrième de couverture :

Le cœur brisé après la mort brutale de son mari, Abi prend un emploi d’été au château de Bellevue. La propriété campagnarde résonne des voix du passé et Abi se retrouve happée par l’histoire et les secrets d’Eliane, une femme qui a vécu là autrefois. En 1938, Eliane s’occupait des ruches de la propriété. Elle y est tombée amoureuse et croyait en un avenir radieux. Mais l’Histoire avait d’autres projets pour la jeune apicultrice qui a rejoint la Résistance… au risque de tout perdre. 70 ans plus tard, grâce à cette histoire étrangement similaire à la sienne, Abi marche dans les pas d’Eliane et retrouve goût à la vie. Même dans les pires moments, il y a toujours de l’espoir. Surtout quand, telles les abeilles, on fait partie d’une communauté où l’amitié permet de surmonter toutes les tragédies.

L’avis de Laure :

Audrey vient juste de m’offrir ce roman qui n’a pas trainé dans ma PAL (je ne promets pas la même chose pour les autres cadeaux malheureusement). C’est un titre que je ne connaissais absolument pas mais la couverture m’a beaucoup plu et l’histoire… c’était parfait ! Pile ce que j’aime lire.

Je me souviendrai de ce roman pour les lieux : un château et son moulin, au bord de la rivière. Un très très joli coin où j’ai eu grand plaisir à suivre les personnages que Fiona Valpy y met en scène. En 2017, c’est Aby, une jeune anglaise qui y trouve refuge après avoir vécu bien des traumatismes qu’elle nous confiera peu à peu. Le couple qui gère le château et y organise des mariages la prend sous son aile, lui offre un emploi et une chambre fraichement rénovée dans le vieux moulin.

Là, Aby va apprendre la vie qu’a mené en ces mêmes lieux, Eliane, au cours de la seconde guerre mondiale. J’ai tellement adoré cette héroïne ! C’est une jeune apicultrice, dévouée, très aimante de sa famille dont elle est proche, amoureuse de la nature et de l’endroit où elle vit. Très vite, son petit monde va être profondément perturbé par l’arrivée en France des allemands. Et son village va justement se trouver à la limite de la zone occupée puisque, c’est de l’autre côté de la rivière qui borde le moulin où elle vit que commence la zone libre. On entre alors dans une période où la solidarité va unir tous nos personnages, fermement décidés à contrer l’ennemi le plus possible. Ce ne sera pourtant pas chose aisée puisque les allemands installeront leur camp au sein même du château. Eliane aura donc à faire à eux chaque jour.

J’ai vécu plein de jolis moments dans ce roman, j’ai été émue par les 2 héroïnes, par la force, l’amour et le courage d’Eliane, par les traumatismes, la femme blessée qu’est Aby et ce petit cocon où elle pourra se reconstruire. La promesse de l’apiculteur est un très joli roman, n’hésitez pas à le lire !

Ma notation :

Une bien belle surprise, je n’hésiterai pas à relire l’auteure !

La parade des enfants perdus, Pam Jenoff

Quatrième de couverture :

1944, Allemagne nazie, Noa, 16 ans, découvre un wagon contenant des dizaines de bébés juifs, en partance pour les camps, la plupart morts de froid. Bouleversée, elle enlève l’un des survivants et trouve refuge dans un cirque itinérant. Son directeur, Herr Neuhoff, s’engage à l’accueillir ainsi que son soi-disant petit frère à une condition : qu’elle maîtrise le trapèze volant en équipe avec Astrid, trapéziste juive.
Dans cette guerre où chaque faux pas peut s’avérer fatal, Noa et Astrid doivent apprendre à se faire confiance en dépit de leurs terribles secrets.

L’avis de Laure :

Ce livre me tente depuis sa sortie il y a un peu plus d’un an. Comme je suis dans une phase de lecture où j’ai envie de découvrir de nouveaux titres traitant de la seconde guerre mondiale, j’ai enfin programmé la lecture de celui-ci.

Pourtant, le contenu est finalement bien différent de ce que je m’attendais à lire. Je crois que je me suis trop attachée à la couverture et au titre et que l’histoire n’a donc rien à voir avec ce que j’imaginais. Noa, une jeune hollandaise, dont les parents l’ont mise dehors suite à la découverte de sa grossesse, va devoir abandonner son bébé, fils d’un soldat allemand, au Lebensborn, cette institution qui promeut la naissance de bébés aryens. Après cet abandon, la jeune femme trouve un emploi dans une gare. Et un beau jour, elle tombe sur un convoi dans lequel ne se trouvent que des bébés. Certains déjà morts de froid. Elle sauve un petit garçon et s’enfuit.

C’est dans un cirque qu’elle va trouver refuge avec Theo qu’elle fera passer pour son petit frère. Elle est acceptée parmi la communauté du cirque à la seule condition de devenir trapéziste et c’est auprès d’Astrid qu’elle va devoir apprendre ce métier. Dans un premier temps, celle-ci ne l’apprécie pas du tout mais peu à peu les deux femmes vont se rapprocher, se confier et se soutenir dans les épreuves qu’elles auront à traverser.

Je n’ai pas retrouvé dans ce roman ce que j’aime tant dans les romans sur la seconde guerre mondiale. Ici, on est immergé dans le milieu du cirque principalement et si l’histoire est émouvante, je m’attendais à autre chose. C’était finalement sans doute trop simple pour moi par rapport à mes attentes et c’est pour cela que j’en ressors déçue parce que les thèmes traités ne sont pas assez marquants à mes yeux. Pourtant on a tout : des juifs qui se cachent, la présence de la police française alliée au régime nazie, les secrets de gens qui doivent se cacher, la vie du cirque en cette période troublée où il est difficile de continuer à faire vivre le spectacle.

Mais où sont ces enfants perdus évoqués dans le titre ? Alors que l’histoire s’ouvrait sur un wagon de bébés appelés à mourir, nous n’allons en suivre qu’un. J’avoue n’avoir donc pas compris le titre.

Ma notation :

Cette lecture était agréable mais bien loin de ce que je m’attendais à y trouver. Dommage.

Le chant du rossignol, Kristin Hannah

Quatrième de couverture :

France, 1939. Dans un village de la Loire, Vianne Mauriac fait ses adieux à son mari, qui part au front, et se retrouve seule avec sa fille. Très vite, elle est forcée d’accueillir un officier allemand sous son toit. Elle choisit de protéger sa fille avant tout, quel qu’en soit le prix…
Sa sœur cadette, Isabelle, dix-huit ans, s’installe à Paris le jour de l’entrée des Allemands dans la ville. Impétueuse et pleine d’idéaux, elle s’engage dans la Résistance sous le nom de code «  Le Rossignol  ».
Deux sœurs, deux destins, chacune jouant sa propre survie dans la France occupée par les nazis.

L’avis de Laure :

Voici la lecture mystère de mon calendrier de l’Avent 2020, si bien choisie par ma jumelle Les lectures de Knut. Roman historique, seconde guerre mondiale, destinées féminines, elle ne pouvait pas mieux viser ! Et en plus, bien que la couverture de ce livre me soit connue, je ne m’étais pas intéressée aux diverses chroniques le concernant et je ne savais donc pas de quoi il était question !

C’est donc à l’aveugle que je me suis plongée dans cette lecture mais pas longtemps malheureusement. J’ai eu besoin de rechercher la localisation de la ville où se situe le roman, Carriveau, car je n’arrivais pas bien à visualiser son emplacement entre France libre et occupée. Et bing, il s’agit d’une ville fictive donc la recherche Google m’a, malgré moi, dévoilé le titre du roman au bout de seulement 7 jours.

Mais titre dévoilé ou non, quel plaisir et que d’émotions pour cette lecture. Cela commence avec 2 sœurs, si différentes, l’aînée, Vianne, mère de famille, jeune femme censée et respectueuse des règles et la cadette, Isabelle, tête brûlée, jeune femme en colère par la jeunesse sans amour qu’elle a connu. Alors, lorsque les allemands arrivent dans leur village, chacune va réagir à sa façon, l’une acceptant docilement leur nouvelle situation et s’adaptant à l’occupant nazi qui va venir cantonner chez elles et la seconde toujours pleine de colère et bien déterminée à ne pas cacher ce qu’elle pense des allemands.

Et puis, on part dans une grande histoire, le périple exceptionnel de chacune d’elle, la façon dont la guerre va les façonner. Elles changeront, elles s’affirmeront, elles s’engageront, elles se battront et elles aimeront. Ce sont des héroïnes exceptionnelles, elles sont fortes, elles vont traverser les pires horreurs, on a le cœur serré à les lire. Le chant du rossignol est un grand roman. Avec un éclair de lumière et de beauté en son sein qui m’a profondément touchée, celui de l’amour qu’Isabelle va vivre malgré la guerre avec ce jeune garçon qui ne veut surtout pas s’ouvrir à l’amour, trop conscient de la guerre, du fait que l’amour à cette période ne ferait que le rendre plus vulnérable. J’ai été immensément touchée par le discours de ces deux jeunes gens et leurs regards qui disent l’amour fou alors qu’il y a la raison qui les freine. C’est terrible de devoir se refreiner à cause de la guerre. Et en même temps, ce passage du roman était si beau que je sais que je vais m’en souvenir un moment.

Seul petit bémol de cette lecture c’est la volonté si fréquente des auteurs de faire revivre leurs personnages des dizaines d’années plus tard pour que l’on sache ce qu’ils sont devenus. L’intention est louable mais ici, les quelques chapitres du présent sont trop rares, ça a créé un déséquilibre au roman. Il aurait fallu amener un vrai présent ou ne pas le faire du tout. Mais je chipote, ce roman est à classer parmi les très beaux romans sur la seconde guerre mondiale.

Ma notation :

Un roman poignant sur deux sœurs si fortes. Comment ne pas s’émouvoir de leur destinée ?