[Duo lecture] Toutes les histoires d’amour du monde, Baptiste Beaulieu

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Baptiste Beaulieu, je le suis beaucoup sur les réseaux sociaux. J’aime sa plume, son ton, sa générosité, ses combats. Je vous conseille d’ailleurs d’écouter les podcasts de sa chronique sur France Inter. C’est en toute logique que j’ai voulu lire ce roman.

(MadameOurse) J’avais déjà lu Baptiste Beaulieu et, comme Lunatic, j’ai du respect avant tout pour l’homme qu’il est, les combats qu’il mène. On a parlé de la sortie de ce nouveau roman avec Lunatic et mon intérêt pour l’auteur m’a donné envie de le relire.

La couverture :

 

(MadameOurse) C’est une couverture qui me parle parce qu’il y a des livres dessus et de la couleur. Et puis ce titre évidemment !!

(Lunatic) Une couverture très sobre, classe tout en étant colorée. J’aime bien!

La quatrième de couverture :

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie.
Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue  : Anne-Lise Schmidt.
Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse  ? Comment quelqu’un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ?
Naviguant entre les grands drames du xxe siècle et des histoires d’amour d’aujourd’hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

Après lecture :

(Lunatic) L’auteur avait brièvement parlé de son voyage en Allemagne, de ses recherches, de quoi attiser ma curiosité. Et quand on visionne la bande annonce du roman (au passage, j’adore ce procédé…) comment ne pas vouloir se plonger dans le livre.

Effectivement, la vie de Moïse est un vrai roman. On va traverser tout le 20ème siècle au travers de ses lettres, de son récit qu’il écrit à sa petite Lisette. Son enfance, une mère distante, un père qui ne revient pas, des amitiés, des drames, des passions, les guerres, la violence et beaucoup d’amour surtout. On devinera vite qui est Lisette, s’attachant à cette petite fille qu’on ne connait pas vraiment au final.

Mais ce roman ce n’est pas juste l’histoire de Moïse, c’est aussi l’histoire de Denis son fils, et de son petit fils Jean. C’est lui qui mènera les recherches, qui retournera sur les traces de son grand-père et tentera de retrouver Anne Lise Schmidt. Même si les parties du roman se déroulant « aujourd’hui » étaient moins passionnantes, j’ai quand même apprécié cette relation père-fils si compliquée, pleine de non-dits, manquant de tendresse et pourtant si riche d’amour. Mais c’est aussi l’histoire de personnages croisés rapidement dans le roman. Des histoires d’amours différentes, fortes et dégageant beaucoup d’émotions.

A travers Jean, on reconnait bien l’entendu l’auteur, toute sa générosité et il en profitera dans son récit pour évoquer certains combats qui lui tiennent à cœur. Ce roman, c’est la vrai histoire de l’auteur et de sa famille. Je me demande alors s’il a été facile pour lui de livrer ainsi l’histoire des siens. Mais on ne peut que le remercier de nous avoir permis de connaître Moïse, de nous parler de cet amour si sincère et si touchant qu’il a connu dans sa vie. Une bien jolie rencontre et des personnages qui risquent d’accompagner les lecteurs pendant un long moment.

(MadameOurse) Je me suis immergée dans l’histoire de Moïse tout au long du WE et ai dévoré ce roman ! C’est souvent le signe d’une histoire captivante et c’est en effet le cas. On va traverser le siècle avec Moïse à travers les lettres qu’il écrit à Anne-Lise. Ces lettres viennent d’être retrouvées par Jean et Denis, petit-fils et fils de Moïse. Elles vont tellement les chambouler que la lecture de ces lettres va déclencher une quête autour d’un pan de la vie de leur ancêtre qu’ils ne connaissaient pas. En effet, qui est donc cette Anne-Lise a qui les lettres sont destinées ?

Nous lecteur, découvrons alors lesdites lettres et plongeons dans la vie bien mouvementée de Moïse. Né en 1910, celui-ci traversa les 2 guerres mondiales : la première lui fera perdre son père et la deuxième l’éloignera de sa famille puisqu’il sera captif de longues années en Allemagne comme prisonnier de guerre. Mais l’histoire de Moïse est bien plus que ça, c’est l’histoire d’un homme qui se confie sans voile sur les gens qu’il a aimés, les relations qu’il a eues aussi bien amicales qu’amoureuses. C’est l’histoire de drames qui ne peuvent que nous émouvoir. C’est une très belle histoire dont je ne souhaite rien dévoiler ici mais c’est une histoire qui m’a touchée et émue.

Je dois avouer que, comme souvent dans ces procédés d’écriture, passer d’une époque à l’autre est risqué. Là en l’occurrence, les retours au présent dans la vie de Jean m’ont tellement coupée de Moïse que les passages en question me plaisaient moins. A travers Jean, j’ai beaucoup retrouvé Baptiste Beaulieu lui-même. Et je crois que l’auteur a mis beaucoup de lui même dans son personnage du présent. On y retrouve alors ses combats, ses révoltes, on le retrouve vraiment lui. Ce n’est pas négatif mais j’ai trouvé que cela apportait trop de thèmes aux romans dont certains ne peuvent pas être approfondis car le roman a déjà un autre sujet. J’aurais préféré parfois que ces parenthèses ne figurent pas dans le roman plutôt qu’elles soient juste survolées.

Mais la finalité de ce roman, la révélation finale donne vraiment sens au fait que le roman soit alternance du passé et du présent et justifie complètement que l’auteur n’ait pas juste raconté la destinée de Moïse. Et j’avoue que le roman prend tout son poids dans ces derniers chapitres et alors, on se sent, nous lecteurs, témoins d’une très jolie page de vie en train de s’écrire. Une page dont je souhaite fort une issue positive.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley, à paraître ce jour aux éditions Mazarine)

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[Duo lecture] L’aile des vierges, Laurence Peyrin

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) J’ai lu les précédents romans de l’auteure, mais j’avoue que le « pitch » de ce roman me tentait moins. Puis les retours étaient largement positif. Madame Ourse m’annonce l’avoir acheté, alors le duo s’imposait.

(MadameOurse) Je n’ai pas trop fait attention à ce livre lorsqu’il est sorti en mars mais petit à petit à force de le voir sur les blogs il m’a beaucoup tentée et je me le suis donc offert.

La couverture :

(MadameOurse) Une très belle couverture, j’aime beaucoup la palette de coloris et le côté ancien que cette image laisse supposer.

(Lunatic) Ce coloris rose poudré rend la couverture très douce, très joli. J’aime beaucoup.

La quatrième de couverture :

Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée  de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le cœur lourd.Car aujourd’hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s’installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n’est pas chose aisée pour cette jeune femme cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu’elle n’est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d’un long chemin passionnel vers la liberté.

Après lecture :

(MadameOurse) Lorsque j’ai acheté le livre, j’ai mis une photo de mon achat sur Twitter. Et l’auteure souhaitait que j’aime Maggie autant qu’elle même. (J’adore ces interactions avec les auteurs).

Et bien, ce souhait que l’auteure me confiait s’est réalisé très très vite puisque j’ai adoré Maggie dès que le personnage et son caractère ont été dessinés au début du roman. Maggie, c’est la vraie héroïne, celle qui nous touche, qu’on admire, qu’on a envie de soutenir et de protéger. On rencontre Maggie en 1946, veuve depuis peu, elle est engagée comme domestique à Sheperd House. Fille et petite fille de suffragette, Maggie est très critique envers ces métiers de domesticité et ce les tâches qu’elle soit accomplir pour sa maîtresse « Pippa-ma-chère ». Maggie est complètement en avance sur son époque, j’ai adoré cette éducation qui l’amène à se tenir au courant de l’actualité, à apprendre et en même temps elle est très féministe, elle a largement admis qu’elle ne vaut pas moins qu’un homme, qu’elle a le droit elle aussi à une vie de plaisir.

A Sheperd House, une rencontre va bouleverser sa vie. Une rencontre qu’elle va assumer, sans arrière pensée, sans crainte du quand dira-t-on, elle va se laisser mener par ses émotions et par le bien être que cet homme lui apporte. Et c’est vraiment génial de lire ça, encore plus à l’époque à laquelle Maggie vit. Cette histoire d’amour est sublime, j’ai adoré l’amoureux de Maggie (je ne citerai pas son nom pour vous laisser le plaisir de la découverte). C’est un homme dont on tomberait facilement amoureuse, attentionné, doux, drôle, respectueux, intelligent, oui allez j’avoue, je me serai bien blottie dans ses bras moi aussi.

A la moitié de ma lecture, je craignais énormément le revirement, je me disais que la jolie petite histoire n’allait pas durer, que Maggie allait se prendre une tuile…. Bon … bien vu… Et quelle tristesse alors ! Ce drame donne une autre direction au roman et on aborde une seconde partie de la lecture de l’autre côté de l’Atlantique, à New York. La vie de Maggie est alors plus posée mais toujours animée par le besoin de grandir, d’apporter quelque chose autour d’elle.

J’ai tellement dévoré le roman de Laurence Peyrin que je craignais de voir la fin arriver. Jusqu’au bout, elle nous laisse le doute : Maggie va-t-elle conclure sa vie menée par l’amour ou par le souci de donner le bien autour d’elle ? Ce n’est qu’au tout dernier chapitre qu’on le saura. Et ce dernier chapitre est en même temps une magnifique conclusion à l’histoire de chacun des personnages secondaires du roman. J’ai quitté Maggie en achevant la dernière ligne avec tristesse mais je remercie l’auteure pour ce final doux et complet qui me permet d’achever sur un vrai coup de cœur.

(Lunatic) Quel roman, quelle femme, quelle vie ! Bon, j’avoue il m’a fallu un certain nombres de pages pour me laisser emporter par ce roman, pour que je trouve en Maggie de quoi m’attacher à elle. Difficile de parler d’elle, du roman sans vous gâcher la lecture. Notez qu’au début du roman elle est engagée en tant que bonne dans une maison du Kent, un poste loin de ses aspirations et envies. Sachez juste qu’il est question ici de force, de courage, d’amour, de détermination, de choix, de risque, de liberté. De nombreuses personnes accompagneront Maggie dans ce roman. Des personnages secondaires tout aussi passionnants qu’elle, je trouve, vivant eux aussi leur drame ou leur bonheur. J’ai fini par aimer Maggie, et pourtant je n’ai pas accepté les choix qu’elle fait. Je ne la comprend pas.

J’ai vraiment été enchantée par ce roman. J’ai pris plaisir à retrouver la plume de Laurence Peyrin, que je trouve ici bien différente que dans ses autres romans. J’ai aimé le coté historique du roman, elle a su retranscrire l’ambiance de l’époque, les règles de la bonne société, la place des femmes etc, etc… J’ai aimé l’histoire d’amour qui est si sensuelle, passionnée. Un vrai roman d’amour sans tomber dans le cliché, dans le niais et le pur roman à l’eau de rose.

Merci pour cette lecture agréable et enivrante.

 

[Duo lecture] La compagnie des livres, Pascale Rault-Delmas

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Un roman qui parle de,l’amour des livres, comment passer à coté?

(MadameOurse) J’ai été intriguée par cette petite fille des années 60 et par la librairie en fond et ce titre prometteur.

La couverture :

(MadameOurse) J’aime le fait que cette couverture illustre l’époque du roman mais je regrette qu’elle soit si sombre.

(Lunatic) Une photo qui veut sans doute représenter Annie et son grand-père! Mais pendant la lecture je ne les imaginais pas du tout comme ça. Sur le coup je préfère la couverture de la première publication chez Librinova.

La quatrième de couverture :

Sceaux, 1966. Annie a des livres plein la tête et des rêves qui se bousculent. Dans la librairie de son grand-père, chaque bruissement de page l’éloigne de la sévérité de son éducation bourgeoise et lui fait oublier sa solitude : la Compagnie des livres est son refuge.
Auvergne, 1966. Michel a perdu brutalement un être cher et son innocence d’enfant avec. Des parties de cache-cache dans les bois aux secrets confiés sur le chemin de l’école, rien ne sera plus comme avant. Seuls les romans, qu’il lit caché dans le grenier, apaisent son chagrin.
Lorsque les hasards de la vie poussent Annie et Michel à se rencontrer, il suffit d’un regard pour que ces deux passionnés de lecture se reconnaissent. Mais le monde dans lequel ils grandissent a établi des barrières sociales difficiles à franchir. Et Mai 68 a beau souffler un vent de révolte sur la France, les préjugés ont la vie dure.
Pourtant, ce printemps gorgé d’espoir, de liberté et de promesses leur appartient. Annie et Michel en sont convaincus : c’est maintenant ou jamais que doit s’écrire leur propre histoire.

Après lecture :

(MadameOurse) Au début de ce roman, on découvre la petite Annie, jeune enfant parisienne, fille d’un pédiatre et d’une infirmière qui devra arrêter de travailler pour s’occuper de ses enfants. Ils déménagent alors en banlieue dans un immeuble où Annie sera bien seule. En effet, son statut social lui interdit de fréquenter les autres enfants de la résidence… Heureusement, elle se réfugie souvent auprès de son grand père, libraire qui lui transmettra le goût pour la lecture. Et puis on fait la connaissance en parallèle de Michel, fils d’agriculteurs en Auvergne. La famille de celui-ci est moins instruite et il est assez inhabituel pour le jeune garçon d’aimer lire. Sa famille va traverser un certain nombre de difficultés et ils se résoudront à quitter l’Auvergne pour la capitale. Le couple trouve alors un emploi de concierge… dans l’immeuble où vit Annie.

Les deux jeunes enfants auront vite un intérêt l’un pour l’autre mais interdit par le sacro saint statut social qu’impose le père d’Annie. C’est sans compter sur un grand père rusé qui attirera les enfants au sein de sa librairie et en fera de très bons amis. On lit alors leurs échanges à tous trois pour l’amour des livres qu’ils découvrent. A plusieurs reprises dans le récit, j’ai pensé à mes propres échanges avec Lunatic sur nos lectures. Malgré les dizaines d’années qui séparent les époques, certaines choses restent et c’est émouvant de le constater.

Et puis la force de ce roman c’est l’évocation de cette période historique : la modernisation de la vie mais aussi les premières révoltes de la société, le féminisme, l’avortement, Mai 68, etc. J’ai pensé au dernier roman d’Aurélie Valognes au cours de ma lecture, ce sont deux romans qui partagent cette même page de l’histoire même s’ils la racontent différemment. Et puis j’ai aussi pensé à ma mère, qui est née seulement un an après Annie alors certaines choses dans le récit de la vie d’Annie ont fait le parallèle en moi avec les récits de la jeunesse de ma mère…

C’est une lecture que j’ai appréciée pour ce qu’elle a suscité de liens personnels en moi et qui m’a appris par le caractère historique du roman.

(Lunatic) Ce roman se lit très bien, la plume de l’auteure est belle, les années de nos personnages s’enchaînent sans qu’on s’en rende vraiment compte. J’ai quand même trouvé que tout se succédait trop facilement, presque de façon trop abrupte. Dans ce roman, on fait la rencontre de deux familles bien différentes. Celle d’Annie, fille de médecin. Sa mère Hélène a du abandonner son métier d’infirmière à Paris pour suivre son époux en banlieue. Puis il y a la famille de Michel, qui a quitté la campagne et leur ferme après avoir vécu un drame. C’est l’amour des livres, de la lecture qui va réunir Michel et Annie.

J’ai beaucoup aimé les thèmes traités dans ce roman. Les bouleversements des habitudes sociales des années 70, les combats pour l’émancipation des femmes (Hélène est assez marquante à ce niveau même si elle aurait pu aller plus loin, mais la vie lui a imposé un autre combat…), le sujet de la contraception, de l’avortement. A quelques jours des hommages à Simone Weil, ce roman lui rend un peu hommage à sa manière je trouve. J’ai aimé également voir évoluer nos personnages, les voir grandir, s’affirmer, faire les bons ou mauvais choix de vie. J’avoue que par moments je me suis un peu emmêlée dans les personnages, mais rapidement j’ai su me recentrer. L’opposition des deux familles, issues de deux milieu distincts permet d’avoir une vision totale sur cette période marquante. Enfin, j’ai apprécié toutes les références des lectures de nos deux personnages, et l’on constate que le niveau de lecture des enfants des années 70 est bien plus évolué et mature que celui d’aujourd’hui. Imaginez Annie, toute jeune adolescente qui lit du Zola. Quasi impensable aujourd’hui.

Bref, un roman sympathique, agréable à lire. Je regrette presque que l’auteur ne nous ait pas parlé davantage d’Annie et Michel à l’age adulte.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

[Duo lecture] Chère Mrs Bird, AJ Pearce

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) La 4ème de couverture de ce roman est très tentante. Il n’a pas fallu parlementer longtemps avec MadameOurse pour se faire un duo.

(MadameOurse) Comme on fait partie d’un groupe de lecture Le cercle Belfond, Lunatic et moi regardons chaque nouvelle parution. Tous les mois il y a un book club autour de l’une des lectures et, lorsque le livre nous fait envie, on aime bien y participer. Et ce mois-ci c’est une lecture qui nous tentait toutes les 2.

La couverture :

(MadameOurse) Toutes les couvertures de cette collection sont faites autour d’un rond, j’aime bien !

(Lunatic) je n’avais même pas prêté attention au rond sur la couverture, Logique en même temps pour une collection qui s’appelle le cercle. Moi j’ai juste retenu cette vieille enveloppe jaunie qui me plaît bien.

La quatrième de couverture :

Dans la droite lignée du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, un premier roman plein de charme et d’humour british, véritable ode à l’amitié, à la générosité et au courage des femmes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Londres, 1941.
À vingt-quatre ans, Emmy n’a qu’un rêve : devenir reporter de guerre. Un rêve qui semble sur le point de se réaliser lorsque la jeune femme décroche un poste au London Evening Chronicles. Enfin, Emmy va pouvoir entrer dans le vif du sujet, partir sur le front, se faire un nom au fil de la plume ! Las, c’est un poste d’assistante à la rédaction du magazine féminin Women’s Day qui lui est offert.
La mission d’Emmy : répondre aux courriers des lectrices adressés à Mrs Bird, la rédactrice en chef du journal. Mais attention, la terrifiante Mrs Bird est très stricte, et seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse expéditive dans le poussiéreux journal. Un cas de conscience pour la jeune journaliste qui refuse de laisser ses concitoyennes en mal d’amour et de soutien amical, errer dans les limbes en raison du diktat imposé par une vieille conservatrice bon teint. Et Emmy a un plan pour outrepasser l’autorité de Mrs Bird…
Alors que la ville sombre peu à peu sous les bombes, Emmy va mettre sa carrière en jeu pour venir en aide aux femmes restées seules à l’arrière. L’heure de la résistance féminine a sonné !

Après lecture :

(MadameOurse) Un roman qui traite de la seconde guerre mondiale c’est presque le type de livre que je serai capable d’ouvrir sans même regarder la couverture ou le résumé. J’ai dit presque hein ! en réalité je suis bien trop control freak et curieuse pour ça. Ici, tout le roman se passe à Londres avec Emmy une jeune femme qui vit avec sa meilleure amie. Elles partagent leur temps entre petit boulot et participation à l’effort de guerre. Emmy a une grande ambition dans la vie : devenir journaliste. Elle va alors découvrir une petite annonce fort prometteuse qui lui semblera la chance de sa vie.

Un quiproquo bien amusant plus tard, Emmy a un job dans un journal. Sauf que ce n’est pas tout à fait ce qu’elle avait imaginé. Qu’à cela ne tienne, elle fera contre mauvaise fortune bon cœur et s’attachera à la satisfaction des lectrices. Son travail amène une partie sympathique dans le roman car elle nous permet de découvrir quelles étaient les mœurs et problématiques de vie des femmes de l’époque. C’est un thème qui m’a bien plu, on se questionne un peu, j’ai été surprise quand même de constater que les façons de vivre étaient si ouvertes dans ces années 40.

Je dois avouer que je m’attendais néanmoins à un roman un peu plus élaboré. En fait, les événements que traversent les personnages sont au final assez simples ou alors je suis devenue plutôt exigeante sur ces romans historiques.

Au delà du travail d’Emmy, on suit de jeunes adultes qui ont à cœur de pouvoir vivre leur jeunesse malgré la guerre. Sont ainsi évoquées les premières amours, les sorties de la jeunesse, l’amitié, etc. J’ai aimé les personnages de Bunty, Bill, Charles. Emmy est un personnage comme je les aime, forte de ses convictions, elle ira jusqu’au bout de ce qui lui semble juste, c’est une jeune femme qui s’affirme, qui ne laissera pas les choses injustes avoir lieu et j’aime ça. Sans doute parce qu’elle me ressemble.

Malgré tout, j’ai été déçue par la fin qui, à mon sens, ne vient clore qu’une petite partie du roman. Il y a alors des sujets qui ne sont plus évoqués, on n’entend pas reparler de Charles par exemple et ça m’a franchement manqué ! C’est donc un roman qui m’aura laissée sur ma faim.

(Lunatic) L’éditrice compare cette parution au roman Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, une comparaison pas forcément positive pour moi. Je ne garde pas un super souvenir de ce roman. Heureusement, j’ai préféré ce titre. A noter que j’étais certaines de lire un échange de correspondance, ce qui n’est pas du tout le cas. Je ne sais pas pourquoi je m’étais mis cela en tête, mais passons ce détail inutile.

J’ai aimé la façon dont le thème de la seconde guerre mondiale est traité, avec beaucoup de distance tout en en étant quand même présent dans le quotidien de nos personnages. J’ai particulièrement été touchée par une scène de bombardements à Londres, qu’Emy tente d’éviter. J’ai trouvé intéressante la description qui est faite des femmes à cette époque, pas vraiment celles que l’on pourrait croire. J’ai néanmoins été un peu déçue par le personnage d’Emy, loin des femmes fortes et intelligentes que la collection Le cercle Belfond a l’habitude de nous montrer. Je l’ai presque trouvé niaise à imaginer que ses petites manigances au journal passeraient inaperçues. Les autres personnages m’ont paru assez fades aussi, seul Mr Collins, le directeur adjoint du journal a trouvé grâce à mes yeux. Un homme bon, prévenant et doux.

Une esquisse d’histoire d’amour se dessine pour Emy avec l’un des hommes du roman, mais cette partie de l’histoire devient secondaire, voire inexistante, dommage. Chère Mrs Bird est un roman plaisant, mais qui laisse un goût d’inachevé, dommage.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

28 jours, David Safier

Quatrième de couverture :

Ghetto de Varsovie, 1942 : quand les jeunes prirent les armes.
Mira, seize ans, passe de la nourriture en fraude pour survivre dans le ghetto. Lorsqu’elle apprend que toute la population juive est condamnée, elle décide de rejoindre les combattants de la Résistance. Aux côtés de Daniel, Ben, Amos, et tous ces jeunes gens assoiffés de vivre, elle tiendra longtemps tête aux SS, bien plus longtemps que quiconque aurait pu l’imaginer. En tout, 28 jours. 28 jours pendant lesquels Mira connaîtra des moments de trahison, de détresse et de bonheur. 28 jours pendant lesquels elle devra décider à qui appartient son coeur. 28 jours pour vivre toute une vie. 28 jours pour écrire son histoire.

L’avis de MadameOurse :

C’est le nom de David Safier en couverture de ce roman qui m’a attirée. C’est un auteur que j’avais déjà lu et ça a été une surprise de découvrir que ce dernier roman aborde un thème à l’opposé total de ses comédies habituelles. Il est en effet ici question des juifs du ghetto de Varsovie et de la lutte qu’ils menèrent contre les nazis. La seconde guerre mondiale étant un thème que j’affectionne particulièrement de lire, j’étais ravie de pouvoir découvrir David Safier sous une autre facette.

Je me suis très vite attachée à Mira l’héroïne du roman. A 17 ans, cette jeune juive est recluse avec sa mère et sa sœur dans le ghetto. Elle a quand même un stratagème pour en sortir afin de ramener des vivres du marché noir. Toutefois, les conditions de vie pour les juifs se durcissent très vite et Mira est obligée de renoncer à ces escapades qui deviennent trop dangereuses. A partir de là, leur survie commence. Elle va vivre un tas d’événements tous plus durs les uns que les autres, va assister à la déportation des 400 000 juifs du ghetto vers les camps de concentration. L’objectif des allemands est en effet très vite de liquider complètement le ghetto. Alors, chaque jour, chaque juif tente une parade pour ne pas être de ceux qui vont partir vers une mort annoncée. Et, chaque fois, Mira sent sa fin venue.

« Les allemands avaient sans cesse de nouvelles idées, toujours plus perverses. »

La jeune fille survit de jour en jour et va, petit à petit, se tourner vers la Résistance aux côté d’Amos. Et c’est ainsi que, pendant 28 jours, les juifs prennent les armes et résistent face aux nazis. David Safier retrace avec réalisme cette dure page de l’Histoire, encore un événement sur lequel j’ai appris. Les conditions de vie dans le ghetto, les idées folles des nazis face à ce peuple qu’ils détestent, l’élan d’espoir fou des juifs face à l’oppresseur, tout est extrêmement bien raconté. J’ai été marquée par ce récit, nous savons nous en le lisant à quelle date la guerre prend fin mais pour chacun des personnages du roman, cette survie est absolument folle. L’espoir est leur seule arme et, bien souvent, de très nombreux juifs ont baissé les bras, convaincus que leur fin était là. On le ressent d’ailleurs très bien dans le récit de Mira. Elle est tant de fois à deux doigts de lâcher prise, d’espérer la mort avec soulagement. C’est terrible ! Et chaque fois, un regain d’espoir, de motivation, de force chez une si jeune femme. Le récit garde néanmoins une touche douce et plaisante dans cette folie à travers la joie d’une adolescente qui découvre l’amour. Ça peut paraître incongru mais ce sont sûrement ces sentiments qui aident aussi à garder la force d’endurer, jour après jour. Et l’auteur dessine ainsi autour de Mira une jolie petite bulle de douceur.

David Safier nous montre aussi à quel point les choix que chacun devait faire étaient cruciaux. Tuer l’ennemi ou le laisser sauf, sauver sa peau ou tout tenter pour la personne qui est à nos côtés… Quel humain veux-je être ? Quel humain puis-je être dans ce contexte terrible à vivre ? Ces questions nous accompagnent tout du long de la lecture.

Ma notation :

Un roman fort. Une lecture instructive mais dure. David Safier a réussi avec brio ce roman bien éloigné des habituelles comédies qui font son succès.

 

(roman lu en partenariat avec Netgalley)