[Duo lecture] Chère Mrs Bird, AJ Pearce

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) La 4ème de couverture de ce roman est très tentante. Il n’a pas fallu parlementer longtemps avec MadameOurse pour se faire un duo.

(MadameOurse) Comme on fait partie d’un groupe de lecture Le cercle Belfond, Lunatic et moi regardons chaque nouvelle parution. Tous les mois il y a un book club autour de l’une des lectures et, lorsque le livre nous fait envie, on aime bien y participer. Et ce mois-ci c’est une lecture qui nous tentait toutes les 2.

La couverture :

(MadameOurse) Toutes les couvertures de cette collection sont faites autour d’un rond, j’aime bien !

(Lunatic) je n’avais même pas prêté attention au rond sur la couverture, Logique en même temps pour une collection qui s’appelle le cercle. Moi j’ai juste retenu cette vieille enveloppe jaunie qui me plaît bien.

La quatrième de couverture :

Dans la droite lignée du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, un premier roman plein de charme et d’humour british, véritable ode à l’amitié, à la générosité et au courage des femmes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Londres, 1941.
À vingt-quatre ans, Emmy n’a qu’un rêve : devenir reporter de guerre. Un rêve qui semble sur le point de se réaliser lorsque la jeune femme décroche un poste au London Evening Chronicles. Enfin, Emmy va pouvoir entrer dans le vif du sujet, partir sur le front, se faire un nom au fil de la plume ! Las, c’est un poste d’assistante à la rédaction du magazine féminin Women’s Day qui lui est offert.
La mission d’Emmy : répondre aux courriers des lectrices adressés à Mrs Bird, la rédactrice en chef du journal. Mais attention, la terrifiante Mrs Bird est très stricte, et seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse expéditive dans le poussiéreux journal. Un cas de conscience pour la jeune journaliste qui refuse de laisser ses concitoyennes en mal d’amour et de soutien amical, errer dans les limbes en raison du diktat imposé par une vieille conservatrice bon teint. Et Emmy a un plan pour outrepasser l’autorité de Mrs Bird…
Alors que la ville sombre peu à peu sous les bombes, Emmy va mettre sa carrière en jeu pour venir en aide aux femmes restées seules à l’arrière. L’heure de la résistance féminine a sonné !

Après lecture :

(MadameOurse) Un roman qui traite de la seconde guerre mondiale c’est presque le type de livre que je serai capable d’ouvrir sans même regarder la couverture ou le résumé. J’ai dit presque hein ! en réalité je suis bien trop control freak et curieuse pour ça. Ici, tout le roman se passe à Londres avec Emmy une jeune femme qui vit avec sa meilleure amie. Elles partagent leur temps entre petit boulot et participation à l’effort de guerre. Emmy a une grande ambition dans la vie : devenir journaliste. Elle va alors découvrir une petite annonce fort prometteuse qui lui semblera la chance de sa vie.

Un quiproquo bien amusant plus tard, Emmy a un job dans un journal. Sauf que ce n’est pas tout à fait ce qu’elle avait imaginé. Qu’à cela ne tienne, elle fera contre mauvaise fortune bon cœur et s’attachera à la satisfaction des lectrices. Son travail amène une partie sympathique dans le roman car elle nous permet de découvrir quelles étaient les mœurs et problématiques de vie des femmes de l’époque. C’est un thème qui m’a bien plu, on se questionne un peu, j’ai été surprise quand même de constater que les façons de vivre étaient si ouvertes dans ces années 40.

Je dois avouer que je m’attendais néanmoins à un roman un peu plus élaboré. En fait, les événements que traversent les personnages sont au final assez simples ou alors je suis devenue plutôt exigeante sur ces romans historiques.

Au delà du travail d’Emmy, on suit de jeunes adultes qui ont à cœur de pouvoir vivre leur jeunesse malgré la guerre. Sont ainsi évoquées les premières amours, les sorties de la jeunesse, l’amitié, etc. J’ai aimé les personnages de Bunty, Bill, Charles. Emmy est un personnage comme je les aime, forte de ses convictions, elle ira jusqu’au bout de ce qui lui semble juste, c’est une jeune femme qui s’affirme, qui ne laissera pas les choses injustes avoir lieu et j’aime ça. Sans doute parce qu’elle me ressemble.

Malgré tout, j’ai été déçue par la fin qui, à mon sens, ne vient clore qu’une petite partie du roman. Il y a alors des sujets qui ne sont plus évoqués, on n’entend pas reparler de Charles par exemple et ça m’a franchement manqué ! C’est donc un roman qui m’aura laissée sur ma faim.

(Lunatic) L’éditrice compare cette parution au roman Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, une comparaison pas forcément positive pour moi. Je ne garde pas un super souvenir de ce roman. Heureusement, j’ai préféré ce titre. A noter que j’étais certaines de lire un échange de correspondance, ce qui n’est pas du tout le cas. Je ne sais pas pourquoi je m’étais mis cela en tête, mais passons ce détail inutile.

J’ai aimé la façon dont le thème de la seconde guerre mondiale est traité, avec beaucoup de distance tout en en étant quand même présent dans le quotidien de nos personnages. J’ai particulièrement été touchée par une scène de bombardements à Londres, qu’Emy tente d’éviter. J’ai trouvé intéressante la description qui est faite des femmes à cette époque, pas vraiment celles que l’on pourrait croire. J’ai néanmoins été un peu déçue par le personnage d’Emy, loin des femmes fortes et intelligentes que la collection Le cercle Belfond a l’habitude de nous montrer. Je l’ai presque trouvé niaise à imaginer que ses petites manigances au journal passeraient inaperçues. Les autres personnages m’ont paru assez fades aussi, seul Mr Collins, le directeur adjoint du journal a trouvé grâce à mes yeux. Un homme bon, prévenant et doux.

Une esquisse d’histoire d’amour se dessine pour Emy avec l’un des hommes du roman, mais cette partie de l’histoire devient secondaire, voire inexistante, dommage. Chère Mrs Bird est un roman plaisant, mais qui laisse un goût d’inachevé, dommage.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Publicités

La vieille dame qui avait vécu dans les nuages, Maggie Leffler

Quatrième de couverture :

Un roman sur le courage de ces femmes oubliées de l’Histoire qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont participé à l’effort de guerre.

A 87 ans, Mary Browning sent que le temps est venu pour elle de raconter son histoire et les secrets qu’elle garde enfouis depuis de si longues années. En fait, depuis le jour où un parachutiste est tombé dans le jardin de ses parents, faisant éclore son rêve : devenir aviatrice. Cette passion, Mary l’a vécue intensément, à chaque seconde de sa vie. Mais, en retour, elle a payé le prix fort, allant jusqu’à renier ses origines juives et sa famille pour suivre son destin.
A qui confier et transmettre le récit de ce qui fut à la fois son feu sacré et sa grande faute ? La réponse arrive en la personne d’une très jeune fille. En elle, Mary croit retrouver les traits de Sarah, sa sœur adorée qu’elle a dû abandonner. Un signe du destin qui marque le début d’une amitié aussi belle qu’improbable, faite de confidences et de récits extraordinaires jusqu’à l’émouvante révélation finale…

L’avis de Zapette :

Une jolie histoire de femmes. Surtout d’une d’ailleurs, un vrai caractère, une volonté de se battre pour réaliser ses rêves, malgré tous les nombreux obstacles qui jalonnent son chemin. Pas facile de vouloir être une pilote d’avion juive en pleine seconde guerre mondiale, contre l’avis de ta famille, alors que les pilotes femmes sont complètement rejetées/éliminées, qui plus est.

Tu mêles à ça des histoires d’amour, de famille, de pertes et de découvertes, d’amitiés, d’écritures, de guerre, de morts, de rencontres, d’écriture…

Ma notation :

C’est doux, intéressant, on passe un bon moment avec Mary. On aurait aimé la connaître en vrai. À lire !

Le cheval de Troie, Colleen McCullough

Quatrième de couverture :

Priam, roi de Troie, refuse de donner à Hercule la récompense promise pour avoir tué le lion qui dévorait ses chevaux. Pâris, son fils, enlève la belle Hélène, l’épouse du roi Ménélas. Ces deux affronts, que seul le sang peut laver, sonnent le début d’une guerre entre Grecs et Troyens qui durera dix ans. Mais c’est compter sans « Ulysse aux Mille Ruses » qui imagine le stratagème du cheval de bois permettant d’introduire toute une armée dans la Cité…
Avec la rigueur d’une historienne et la passion d’une romancière, Colleen McCullough dépeint les tourments des humains manipulés par les dieux, les combats et les amours contrariées des héros de L’Iliade. Soldat et roi, princesse et servante, demi-dieu et monstre mythique, tous prennent la parole tour à tour pour raconter leur guerre de Troie – ce qui confère à ce récit une vivacité et une modernité saisissantes.

L’avis de MadameOurse :

Lorsque j’étais plus jeune, j’adorais les cours de latin pour la partie mythologique (moins pour le reste). J’ai eu la chance de faire un voyage scolaire en Grèce et je garde, aujourd’hui encore, un vrai plaisir pour les histoires liées à la mythologie. Alors lire en détail ce roman qui dévoile toute l’histoire de cette longue guerre m’attirait beaucoup. Et c’est un vrai pavé de 500 pages donc autant dire qu’aucun des détails de l’histoire ne manque.

Colleen McCullough a un vrai talent de conteuse pour nous embarquer avec elle dans cette histoire aux très nombreux personnages. Il faut que chacun soit bien raconté tour à tour sinon on s’y perdrait totalement. Elle utilise pour cela une méthode simple et bien sympathique, à chaque nouveau chapitre un autre personnage raconte.

Le roman commence bien avant la guerre de Troie, en Grèce principalement, on va visiter tour à tour les nombreux rois de la région et vont se dessiner les liens entre les uns et les autres. Dans la mythologie grecque, les dieux sont très présents et actifs dans la vie des humains, ils prennent bien souvent part aux événements qui leur arrivent. Autre point important dans la vie des hommes de l’époque, les histoires d’amour, de conquêtes féminines ont une grand place également dans leurs vies et vont les mener à bien des conflits.

Ici on va retrouver tout ça lorsqu’Agamemnon prendra le prétexte de l’enlèvement d’Hélène la femme de son frère Ménélas comme prétexte à une importante guerre contre la citadelle de Troie. Au delà d’Hélène, les grecs ont bien des raisons de vouloir la perte de Troie évidemment mais le prétexte est tout trouvé.

J’ai craint à un moment donné que la lecture ne devienne difficile, qu’on s’enlise dans les pages du roman comme les grecs se sont enlisés dans cette guerre qui a duré dix ans alors qu’ils n’étaient partis que pour quelques jours…. Effectivement, les récits des combats à proprement parler ne sont pas ce qui me passionne le plus. Les combats et stratégies de guerre sont bien présents dans l’histoire et peuvent paraître longs mais le récit reste agréablement dosé entre les histoires des uns et des autres, leur vie personnelle, leurs affinités. Un personnage notamment est très important dans l’histoire c’est Ulysse qui est LE cerveau de cette guerre et c’est vraiment intéressant de lire toutes les ruses qu’il a déployé pour enfin gagner la guerre contre Troie. Et puis il y a aussi toute une partie mythes qui reste présente à travers les oracles qui venaient rapporter les paroles des dieux et les humains qui se mettaient alors en 4 pour réaliser tout ce qui leur était demandé.

A travers ce roman, il y a une part de connaissance qui est passionnante à acquérir quand on s’intéresse au sujet. L’auteure du roman a du faire un travail de recherche colossal et signe une oeuvre vraiment réussie.

Ma notation :

Un roman absorbant lorsqu’on aime l’histoire de la mythologie.

archipel

Je remercie les éditions l’Archipel pour ce partenariat

La mariée de Ceylan, Dinah Jefferies

Quatrième de couverture :

« Le moment était venu. Elle leva la main pour essuyer ses larmes. Elle interrompit son geste, ouvrit la bouche pour parler, mais hésita. En cet instant, en cette fraction de seconde qui allait à jamais changer sa vie, elle en était tout simplement incapable. »

À dix-neuf ans, Gwendolyn Hooper débarque à Ceylan pleine d’espoir et impatiente de retrouver son nouvel époux, un riche planteur de thé. Mais l’homme qui l’accueille se révèle rapidement très différent de celui dont elle est tombée amoureuse à Londres.

Sombre et distant, Laurence se consacre à son travail, laissant sa jeune épouse découvrir seule la plantation. Folle de joie lorsqu’elle tombe enceinte, Gwen sombre pourtant vite dans un cauchemar. Lors de l’accouchement, la jeune mère est confrontée à un terrible dilemme et doit faire un choix… Si un jour la vérité éclate, Laurence parviendra-t-il à comprendre et à lui pardonner ?

L’avis de MadameOurse :

Ce roman historique m’a amenée à la découverte de Ceylan, actuel Sri Lanka. Un cadre dépaysant bien agréable ! Gwen y retrouve son époux Laurence. Tout justes mariés, ils s’installent dans la plantation de thé de celui-ci. Alors que son voyage de noce avait commencé de la plus belle des manières, Gwen ne retrouve pas l’homme qu’elle a cru épouser.

Elle va alors apprendre, par bribes, le passé de son époux. Plus âgé, celui-ci a en effet déjà été marié et son mariage a tragiquement terminé. J’ai aimé une chose chez Gwen, elle n’est pas la jeune femme docile qui se laisse porter par les événements, elle n’aura de cesse de comprendre les choses et d’agir pour avoir la vie heureuse à laquelle elle aspire. Elle posera donc les questions, enquêtera et finira par savoir, comprendre.

Puis, elle tombe enceinte, un événement heureux et fort attendu du couple. Sauf que, le jour de la naissance, tout ne se passe pas comme prévu. Gwen fera alors un choix qui la plongera dans la culpabilité et les secrets. Toutes les années qui suivront, elle sera torturée par ce jour crucial de sa vie et toujours tiraillée entre le secret et l’aveu. Le roman est prenant car on se demande chaque jour de la vie de Gwen, quel retournement de situation elle vivra et qu’est ce qui sera amené dans l’histoire par les personnages secondaires. En effet, autour du couple gravitent Verity, la sœur plutôt bizarre de Laurence, Christina, une riche veuve qui semble être en permanence en train de séduire Laurence, Savi, un riche peintre cinghalais dont beaucoup de blancs se méfient, Fran l’adorable cousine de Gwen, Saveena, une domestique de la maison qui sera un soutien de poids pour Gwen.

Entre l’histoire, ses secrets, les personnages, le cadre géographique de Ceylan, le cadre historique et la crise des années 30, on ne s’ennuie pas une minute dans ce roman dont j’ai beaucoup apprécié la fin.

Ma notation :

Un roman très réussi !

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Les fiancés du Rhin, Marie-Bernadette Dupuy

Quatrième de couverture :

Alsace, années 1930. Noëlle, fille adoptive d’un viticulteur de Ribeauvillé, s’éprend d’un jeune étudiant allemand, Hans, venu participer aux vendanges le temps d’une saison. Leur passion n’est pas vue d’un bon œil. L’hostilité à l’égard du couple grandit à mesure que la paix entre la France et l’Allemagne est menacée. Bientôt, la guerre sépare les fiancés : le jeune homme est contraint de retourner dans son pays. Avec pour seules armes leur amour et leur foi en la justice, Noëlle et Hans vont s’acharner à survivre et ne jamais renoncer à se retrouver. L’amour se moque des frontières…

L’avis de Tittounett :

Le résumé est super simpliste et j’ai été heureusement surprise par la richesse de l’histoire et la découverte d’un livre qui tient plus de la saga familiale que de l’histoire d’un personnage unique.

1928 Clémence et sa très jeune fille Noëlle arrivent dans un nouvel endroit. Clémence a répondu a une annonce d’emploi de secrétaire chez un riche viticulteur. Elles emménagent au domaine, rencontrent les autres employés notamment le couple Charles et Marguerite qui devient la meilleure amie de Clémence et Liesele qui devient la meilleure amie de Noëlle.

Mais réside aussi la mère du viticulteur, Martha, haineuse et amère, prête à tout pour séparer Clémence de son fils qui se rapprochent et souhaitent se marier.

Les années passent au travers des manigances de Martha, de l’amour entre Clémence et le si gentil Johann (le viticulteur), de l’amitié indéfectible entre Liesele et Noëlle.

Puis Noëlle rencontre Hans, la guerre se rapproche, nous sommes en Alsace, territoire annexé puis libéré puis à nouveau annexé. La haine des allemands même en temps de paix était tangible, la guerre arrivant la situation devient très violente.

Entre la haine et la violence de Martha soutenue par un ou deux méchants personnages, la guerre, la nationalité allemande de Hans, forcé de s’engager dans l’armée d’Hitler, les camps de concentration, le caractère de Noëlle, l’occupation, l’exode, ce livre est une superbe découverte.

Ma notation :

Je l’ai dévoré et adoré. J’ai hâte d’essayer un autre bouquin de l’auteur que je ne connaissais pas.