[Duo lecture] Toutes les histoires d’amour du monde, Baptiste Beaulieu

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Baptiste Beaulieu, je le suis beaucoup sur les réseaux sociaux. J’aime sa plume, son ton, sa générosité, ses combats. Je vous conseille d’ailleurs d’écouter les podcasts de sa chronique sur France Inter. C’est en toute logique que j’ai voulu lire ce roman.

(MadameOurse) J’avais déjà lu Baptiste Beaulieu et, comme Lunatic, j’ai du respect avant tout pour l’homme qu’il est, les combats qu’il mène. On a parlé de la sortie de ce nouveau roman avec Lunatic et mon intérêt pour l’auteur m’a donné envie de le relire.

La couverture :

 

(MadameOurse) C’est une couverture qui me parle parce qu’il y a des livres dessus et de la couleur. Et puis ce titre évidemment !!

(Lunatic) Une couverture très sobre, classe tout en étant colorée. J’aime bien!

La quatrième de couverture :

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie.
Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue  : Anne-Lise Schmidt.
Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse  ? Comment quelqu’un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ?
Naviguant entre les grands drames du xxe siècle et des histoires d’amour d’aujourd’hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

Après lecture :

(Lunatic) L’auteur avait brièvement parlé de son voyage en Allemagne, de ses recherches, de quoi attiser ma curiosité. Et quand on visionne la bande annonce du roman (au passage, j’adore ce procédé…) comment ne pas vouloir se plonger dans le livre.

Effectivement, la vie de Moïse est un vrai roman. On va traverser tout le 20ème siècle au travers de ses lettres, de son récit qu’il écrit à sa petite Lisette. Son enfance, une mère distante, un père qui ne revient pas, des amitiés, des drames, des passions, les guerres, la violence et beaucoup d’amour surtout. On devinera vite qui est Lisette, s’attachant à cette petite fille qu’on ne connait pas vraiment au final.

Mais ce roman ce n’est pas juste l’histoire de Moïse, c’est aussi l’histoire de Denis son fils, et de son petit fils Jean. C’est lui qui mènera les recherches, qui retournera sur les traces de son grand-père et tentera de retrouver Anne Lise Schmidt. Même si les parties du roman se déroulant « aujourd’hui » étaient moins passionnantes, j’ai quand même apprécié cette relation père-fils si compliquée, pleine de non-dits, manquant de tendresse et pourtant si riche d’amour. Mais c’est aussi l’histoire de personnages croisés rapidement dans le roman. Des histoires d’amours différentes, fortes et dégageant beaucoup d’émotions.

A travers Jean, on reconnait bien l’entendu l’auteur, toute sa générosité et il en profitera dans son récit pour évoquer certains combats qui lui tiennent à cœur. Ce roman, c’est la vrai histoire de l’auteur et de sa famille. Je me demande alors s’il a été facile pour lui de livrer ainsi l’histoire des siens. Mais on ne peut que le remercier de nous avoir permis de connaître Moïse, de nous parler de cet amour si sincère et si touchant qu’il a connu dans sa vie. Une bien jolie rencontre et des personnages qui risquent d’accompagner les lecteurs pendant un long moment.

(MadameOurse) Je me suis immergée dans l’histoire de Moïse tout au long du WE et ai dévoré ce roman ! C’est souvent le signe d’une histoire captivante et c’est en effet le cas. On va traverser le siècle avec Moïse à travers les lettres qu’il écrit à Anne-Lise. Ces lettres viennent d’être retrouvées par Jean et Denis, petit-fils et fils de Moïse. Elles vont tellement les chambouler que la lecture de ces lettres va déclencher une quête autour d’un pan de la vie de leur ancêtre qu’ils ne connaissaient pas. En effet, qui est donc cette Anne-Lise a qui les lettres sont destinées ?

Nous lecteur, découvrons alors lesdites lettres et plongeons dans la vie bien mouvementée de Moïse. Né en 1910, celui-ci traversa les 2 guerres mondiales : la première lui fera perdre son père et la deuxième l’éloignera de sa famille puisqu’il sera captif de longues années en Allemagne comme prisonnier de guerre. Mais l’histoire de Moïse est bien plus que ça, c’est l’histoire d’un homme qui se confie sans voile sur les gens qu’il a aimés, les relations qu’il a eues aussi bien amicales qu’amoureuses. C’est l’histoire de drames qui ne peuvent que nous émouvoir. C’est une très belle histoire dont je ne souhaite rien dévoiler ici mais c’est une histoire qui m’a touchée et émue.

Je dois avouer que, comme souvent dans ces procédés d’écriture, passer d’une époque à l’autre est risqué. Là en l’occurrence, les retours au présent dans la vie de Jean m’ont tellement coupée de Moïse que les passages en question me plaisaient moins. A travers Jean, j’ai beaucoup retrouvé Baptiste Beaulieu lui-même. Et je crois que l’auteur a mis beaucoup de lui même dans son personnage du présent. On y retrouve alors ses combats, ses révoltes, on le retrouve vraiment lui. Ce n’est pas négatif mais j’ai trouvé que cela apportait trop de thèmes aux romans dont certains ne peuvent pas être approfondis car le roman a déjà un autre sujet. J’aurais préféré parfois que ces parenthèses ne figurent pas dans le roman plutôt qu’elles soient juste survolées.

Mais la finalité de ce roman, la révélation finale donne vraiment sens au fait que le roman soit alternance du passé et du présent et justifie complètement que l’auteur n’ait pas juste raconté la destinée de Moïse. Et j’avoue que le roman prend tout son poids dans ces derniers chapitres et alors, on se sent, nous lecteurs, témoins d’une très jolie page de vie en train de s’écrire. Une page dont je souhaite fort une issue positive.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley, à paraître ce jour aux éditions Mazarine)

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Le monde de Christina, Christina Baker Kline

Quatrième de couverture :

Du monde, Christina Olson n’a rien vu. Paralysée depuis l’enfance, elle vit recluse dans la ferme familiale, perchée sur une falaise du Maine. Sa seule ouverture sur l’extérieur : une pièce remplie de coquillages et de trésors rapportés des mers du Sud par ses ancêtres, farouches marins épris d’aventures, et dont les histoires nourrissent ses rêves d’ailleurs.
L’arrivée de nouveaux voisins, la pétillante Betsy et son fiancé, le jeune peintre Andrew Wyeth, va bouleverser le quotidien de cette femme solitaire. Alors qu’une amitié naît entre elle et le couple, Christina s’interroge : pourra-t-elle jamais accéder à la demande d’Andrew de devenir son modèle ? Comment accepter de voir son corps brisé devenir l’objet d’étude d’un artiste, d’un homme ?
L’art est le reflet de l’âme. Et sur la toile, Christina redoute de voir apparaître ses failles, et celle qu’elle aurait tant désiré être…

L’avis de MadameOurse :

J’avais déjà lu Christina Baker Kline en 2016. Son nouveau roman m’a tentée parce qu’il va faire l’objet d’un book club Belfond et puis parce qu’il s’agit d’une Christina qui écrit sur une Christina. Et autour de la vraie histoire d’une femme qui a été peinte par Andrew Wyeth. Voici le tableau que j’ai recherché avant même ma lecture et qui est à l’origine de l’histoire. Il porte le même titre que le roman.

J’ai eu cette image en tête au cours du roman et j’avoue que c’est plutôt agréable d’imaginer ainsi l’histoire autour d’un tableau qui a réellement été peint. En cela déjà, je salue le travail de recherche de l’auteure.

Le roman va nous plonger dans la vie de Christina, à différentes époques. Son enfance assez rapidement évoquée avec une gros point autour de sa vie de toute jeune femme. Puis on la retrouve plus âgée, à l’époque où elle rencontre Andrew et où le tableau sera peint.

La jeune Christina est une jeune fille volontaire, déterminée, qui a un vrai désir de construire sa vie, de vivre sa jeunesse, d’apprendre, etc. Elle est malheureusement atteinte d’une infirmité qui va la freiner et l’empêcher d’avoir une vie normale. Tout au long du roman, j’étais en attente d’en savoir plus sur sa maladie. Et je suis restée sur ma faim car cela n’est pas évoqué. Et certes, malheureusement, à l’époque où a vécu Christina, l’avancée de la médecine était insuffisante pour qu’on en sache plus. Mais j’avoue que je m’étais tellement imaginé que le sujet serait présent que cela a créé un manque

Ceci dit j’ai aimé l’évocation de la famille de Christina, qui étaient ses ancêtres, comment leur vie s’est construite. J’ai adoré le passage où Christina va développer des sentiments amoureux (et je n’en dis pas plus!), j’ai apprécié aussi les relations avec Betsy et Andie. Le monde de Christina est un roman doux, qui nous plonge dans une page de l’histoire assez agréable et intéressante. La famille y est très présente. Il faut avoir en tête qu’il s’agit de la vie dans une petite ville des USA, il y a plusieurs dizaines d’années, avant les grands progrès du monde moderne. C’est donc une vie assez calme et paisible et cela se ressent dans le roman.

J’ai regretté bien évidemment pour Christina à qui je me suis attachée que sa vie n’ait pas été plus heureuse. Mais le roman est fidèle à la vraie vie de Christina Olson et c’est forcément mieux ainsi.

Ma notation :

Une lecture agréable.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Les roses du Montfort, Gilles Laporte

Quatrième de couverture :

De 1899 à 1918, dans le décor des Vosges et de leurs vignes, le destin de Louise, fille de vigneron, qui gagne sa liberté et l’amour après sa rencontre avec trois hommes.
Au premier jour des vendanges de 1899, Louise fête ses dix-huit ans sur les pentes du Montfort. Son père, Charles Vinot, viticulteur sur ces coteaux des Vosges, veille sur elle comme sur sa vigne : sans relâche. Quitte à sacrifier son bonheur, il est prêt à la marier à un vieux garçon dont la parcelle avoisine la sienne.
Mais le phylloxéra, ce fléau, ruine les vignobles. Grâce aux conseils d’un pépiniériste réputé du pays et d’un spécialiste alsacien, la vigne de Vinot sera reconstituée. Le temps d’une passion avec un ingénieur venu du Nord, le bonheur de Louise sera épargné, jusqu’à ce que cet homme révèle sa nature profonde…
Le travail patient de la terre et du vin, la paix retrouvée avec son père suffiront-ils pour que Louise, jeune rose à peine éclose, emportée par le tourbillon de l’Histoire, s’ouvre enfin au bonheur et à la liberté ?

L’avis de MadameOurse : 

J’ai eu la surprise de recevoir ce joli roman à mon retour de vacances. En découvrant le résumé, j’ai eu le sentiment que j’allais replonger avec cette lecture dans les romans que ma mère acceptait que je sorte de sa bibliothèque quand j’étais ado (j’ai pu lire toute sa bibliothèque mais elle contrôlait chaque lecture en fonction de mon âge). J’avais notamment lu Henri Troyat qui nous offre aussi des romans historiques plongés au cœur d’une région de France.

Ici, c’est en Lorraine et plus précisément dans les Vosges que nous emmène Gilles Laporte. J’y ai découvert une jolie famille : lui vigneron, elle dentellière et leur fille unique et chérie, Louise. A 20 ans, il est vite question du mariage de Louise, et les alliances de la vigne poussent son père à vouloir la marier au fils du vigneron voisin. J’ai été émue alors par la réaction de la mère qui, ayant pu épouser celui qu’elle aime, s’opposera fermement à la décision de son mari. Le lien familial est alors toujours évoqué au cours du roman de manière très simple, pas de grandes effusions mais de petites choses qui montrent à quel point l’amour est là.

Le roman va se dérouler d’année en année, nous faisant suivre le quotidien des personnages et les grands événements historiques de la région : l’arrivée du phylloxéra en sera un élément-clé, mettant en péril le devenir des Vinot. Puis, c’est la première guerre mondiale qui viendra toucher nos personnages. Entre temps, Louise partira vivre à la ville, chez son oncle et sa tante, y fera la rencontre d’Henri avec qui les choses ne se passeront pas si bien que prévu et reprendra alors la vie sous le foyer familial.

C’est un roman doux à lire, il décrit la vie de l’époque, les joies, les peines, j’ai aimé être plongée dans la Lorraine de mon amie Lunatic, ai pensé plusieurs fois à elle au cours de ma lecture. Et puis les personnages feront face au qu’en dira-t-on, choisissant des chemins de vie très décriés à l’époque, pourtant, ces choix, ici, n’empêcheront pas nos personnages d’être heureux. Le jugement qui peut être porté sur la vie de Louise transparaît peu dans le récit de l’auteur et j’ai trouvé ça chouette, ça nous amène en tant que lecteur à un regard positif sur les choses.

La fin du roman amènera une belle rencontre dans la vie de Louise, un joli moment de la lecture, simple, fort, évident, j’ai beaucoup aimé le personnage d’André, sa simplicité et le regard qu’il a sur la vie qu’il attend de vivre.

Ma notation :

Un agréable roman qui offre une jolie découverte de l’Histoire de la Lorraine au sein d’une famille forte et unie.

Merci à Laetitia des éditions Presses de la Cité pour cette lecture.

[Duo lecture] L’aile des vierges, Laurence Peyrin

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) J’ai lu les précédents romans de l’auteure, mais j’avoue que le « pitch » de ce roman me tentait moins. Puis les retours étaient largement positif. Madame Ourse m’annonce l’avoir acheté, alors le duo s’imposait.

(MadameOurse) Je n’ai pas trop fait attention à ce livre lorsqu’il est sorti en mars mais petit à petit à force de le voir sur les blogs il m’a beaucoup tentée et je me le suis donc offert.

La couverture :

(MadameOurse) Une très belle couverture, j’aime beaucoup la palette de coloris et le côté ancien que cette image laisse supposer.

(Lunatic) Ce coloris rose poudré rend la couverture très douce, très joli. J’aime beaucoup.

La quatrième de couverture :

Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée  de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le cœur lourd.Car aujourd’hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s’installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n’est pas chose aisée pour cette jeune femme cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu’elle n’est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d’un long chemin passionnel vers la liberté.

Après lecture :

(MadameOurse) Lorsque j’ai acheté le livre, j’ai mis une photo de mon achat sur Twitter. Et l’auteure souhaitait que j’aime Maggie autant qu’elle même. (J’adore ces interactions avec les auteurs).

Et bien, ce souhait que l’auteure me confiait s’est réalisé très très vite puisque j’ai adoré Maggie dès que le personnage et son caractère ont été dessinés au début du roman. Maggie, c’est la vraie héroïne, celle qui nous touche, qu’on admire, qu’on a envie de soutenir et de protéger. On rencontre Maggie en 1946, veuve depuis peu, elle est engagée comme domestique à Sheperd House. Fille et petite fille de suffragette, Maggie est très critique envers ces métiers de domesticité et ce les tâches qu’elle soit accomplir pour sa maîtresse « Pippa-ma-chère ». Maggie est complètement en avance sur son époque, j’ai adoré cette éducation qui l’amène à se tenir au courant de l’actualité, à apprendre et en même temps elle est très féministe, elle a largement admis qu’elle ne vaut pas moins qu’un homme, qu’elle a le droit elle aussi à une vie de plaisir.

A Sheperd House, une rencontre va bouleverser sa vie. Une rencontre qu’elle va assumer, sans arrière pensée, sans crainte du quand dira-t-on, elle va se laisser mener par ses émotions et par le bien être que cet homme lui apporte. Et c’est vraiment génial de lire ça, encore plus à l’époque à laquelle Maggie vit. Cette histoire d’amour est sublime, j’ai adoré l’amoureux de Maggie (je ne citerai pas son nom pour vous laisser le plaisir de la découverte). C’est un homme dont on tomberait facilement amoureuse, attentionné, doux, drôle, respectueux, intelligent, oui allez j’avoue, je me serai bien blottie dans ses bras moi aussi.

A la moitié de ma lecture, je craignais énormément le revirement, je me disais que la jolie petite histoire n’allait pas durer, que Maggie allait se prendre une tuile…. Bon … bien vu… Et quelle tristesse alors ! Ce drame donne une autre direction au roman et on aborde une seconde partie de la lecture de l’autre côté de l’Atlantique, à New York. La vie de Maggie est alors plus posée mais toujours animée par le besoin de grandir, d’apporter quelque chose autour d’elle.

J’ai tellement dévoré le roman de Laurence Peyrin que je craignais de voir la fin arriver. Jusqu’au bout, elle nous laisse le doute : Maggie va-t-elle conclure sa vie menée par l’amour ou par le souci de donner le bien autour d’elle ? Ce n’est qu’au tout dernier chapitre qu’on le saura. Et ce dernier chapitre est en même temps une magnifique conclusion à l’histoire de chacun des personnages secondaires du roman. J’ai quitté Maggie en achevant la dernière ligne avec tristesse mais je remercie l’auteure pour ce final doux et complet qui me permet d’achever sur un vrai coup de cœur.

(Lunatic) Quel roman, quelle femme, quelle vie ! Bon, j’avoue il m’a fallu un certain nombres de pages pour me laisser emporter par ce roman, pour que je trouve en Maggie de quoi m’attacher à elle. Difficile de parler d’elle, du roman sans vous gâcher la lecture. Notez qu’au début du roman elle est engagée en tant que bonne dans une maison du Kent, un poste loin de ses aspirations et envies. Sachez juste qu’il est question ici de force, de courage, d’amour, de détermination, de choix, de risque, de liberté. De nombreuses personnes accompagneront Maggie dans ce roman. Des personnages secondaires tout aussi passionnants qu’elle, je trouve, vivant eux aussi leur drame ou leur bonheur. J’ai fini par aimer Maggie, et pourtant je n’ai pas accepté les choix qu’elle fait. Je ne la comprend pas.

J’ai vraiment été enchantée par ce roman. J’ai pris plaisir à retrouver la plume de Laurence Peyrin, que je trouve ici bien différente que dans ses autres romans. J’ai aimé le coté historique du roman, elle a su retranscrire l’ambiance de l’époque, les règles de la bonne société, la place des femmes etc, etc… J’ai aimé l’histoire d’amour qui est si sensuelle, passionnée. Un vrai roman d’amour sans tomber dans le cliché, dans le niais et le pur roman à l’eau de rose.

Merci pour cette lecture agréable et enivrante.

 

[Duo lecture] La compagnie des livres, Pascale Rault-Delmas

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Un roman qui parle de,l’amour des livres, comment passer à coté?

(MadameOurse) J’ai été intriguée par cette petite fille des années 60 et par la librairie en fond et ce titre prometteur.

La couverture :

(MadameOurse) J’aime le fait que cette couverture illustre l’époque du roman mais je regrette qu’elle soit si sombre.

(Lunatic) Une photo qui veut sans doute représenter Annie et son grand-père! Mais pendant la lecture je ne les imaginais pas du tout comme ça. Sur le coup je préfère la couverture de la première publication chez Librinova.

La quatrième de couverture :

Sceaux, 1966. Annie a des livres plein la tête et des rêves qui se bousculent. Dans la librairie de son grand-père, chaque bruissement de page l’éloigne de la sévérité de son éducation bourgeoise et lui fait oublier sa solitude : la Compagnie des livres est son refuge.
Auvergne, 1966. Michel a perdu brutalement un être cher et son innocence d’enfant avec. Des parties de cache-cache dans les bois aux secrets confiés sur le chemin de l’école, rien ne sera plus comme avant. Seuls les romans, qu’il lit caché dans le grenier, apaisent son chagrin.
Lorsque les hasards de la vie poussent Annie et Michel à se rencontrer, il suffit d’un regard pour que ces deux passionnés de lecture se reconnaissent. Mais le monde dans lequel ils grandissent a établi des barrières sociales difficiles à franchir. Et Mai 68 a beau souffler un vent de révolte sur la France, les préjugés ont la vie dure.
Pourtant, ce printemps gorgé d’espoir, de liberté et de promesses leur appartient. Annie et Michel en sont convaincus : c’est maintenant ou jamais que doit s’écrire leur propre histoire.

Après lecture :

(MadameOurse) Au début de ce roman, on découvre la petite Annie, jeune enfant parisienne, fille d’un pédiatre et d’une infirmière qui devra arrêter de travailler pour s’occuper de ses enfants. Ils déménagent alors en banlieue dans un immeuble où Annie sera bien seule. En effet, son statut social lui interdit de fréquenter les autres enfants de la résidence… Heureusement, elle se réfugie souvent auprès de son grand père, libraire qui lui transmettra le goût pour la lecture. Et puis on fait la connaissance en parallèle de Michel, fils d’agriculteurs en Auvergne. La famille de celui-ci est moins instruite et il est assez inhabituel pour le jeune garçon d’aimer lire. Sa famille va traverser un certain nombre de difficultés et ils se résoudront à quitter l’Auvergne pour la capitale. Le couple trouve alors un emploi de concierge… dans l’immeuble où vit Annie.

Les deux jeunes enfants auront vite un intérêt l’un pour l’autre mais interdit par le sacro saint statut social qu’impose le père d’Annie. C’est sans compter sur un grand père rusé qui attirera les enfants au sein de sa librairie et en fera de très bons amis. On lit alors leurs échanges à tous trois pour l’amour des livres qu’ils découvrent. A plusieurs reprises dans le récit, j’ai pensé à mes propres échanges avec Lunatic sur nos lectures. Malgré les dizaines d’années qui séparent les époques, certaines choses restent et c’est émouvant de le constater.

Et puis la force de ce roman c’est l’évocation de cette période historique : la modernisation de la vie mais aussi les premières révoltes de la société, le féminisme, l’avortement, Mai 68, etc. J’ai pensé au dernier roman d’Aurélie Valognes au cours de ma lecture, ce sont deux romans qui partagent cette même page de l’histoire même s’ils la racontent différemment. Et puis j’ai aussi pensé à ma mère, qui est née seulement un an après Annie alors certaines choses dans le récit de la vie d’Annie ont fait le parallèle en moi avec les récits de la jeunesse de ma mère…

C’est une lecture que j’ai appréciée pour ce qu’elle a suscité de liens personnels en moi et qui m’a appris par le caractère historique du roman.

(Lunatic) Ce roman se lit très bien, la plume de l’auteure est belle, les années de nos personnages s’enchaînent sans qu’on s’en rende vraiment compte. J’ai quand même trouvé que tout se succédait trop facilement, presque de façon trop abrupte. Dans ce roman, on fait la rencontre de deux familles bien différentes. Celle d’Annie, fille de médecin. Sa mère Hélène a du abandonner son métier d’infirmière à Paris pour suivre son époux en banlieue. Puis il y a la famille de Michel, qui a quitté la campagne et leur ferme après avoir vécu un drame. C’est l’amour des livres, de la lecture qui va réunir Michel et Annie.

J’ai beaucoup aimé les thèmes traités dans ce roman. Les bouleversements des habitudes sociales des années 70, les combats pour l’émancipation des femmes (Hélène est assez marquante à ce niveau même si elle aurait pu aller plus loin, mais la vie lui a imposé un autre combat…), le sujet de la contraception, de l’avortement. A quelques jours des hommages à Simone Weil, ce roman lui rend un peu hommage à sa manière je trouve. J’ai aimé également voir évoluer nos personnages, les voir grandir, s’affirmer, faire les bons ou mauvais choix de vie. J’avoue que par moments je me suis un peu emmêlée dans les personnages, mais rapidement j’ai su me recentrer. L’opposition des deux familles, issues de deux milieu distincts permet d’avoir une vision totale sur cette période marquante. Enfin, j’ai apprécié toutes les références des lectures de nos deux personnages, et l’on constate que le niveau de lecture des enfants des années 70 est bien plus évolué et mature que celui d’aujourd’hui. Imaginez Annie, toute jeune adolescente qui lit du Zola. Quasi impensable aujourd’hui.

Bref, un roman sympathique, agréable à lire. Je regrette presque que l’auteur ne nous ait pas parlé davantage d’Annie et Michel à l’age adulte.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)