Archives du mot-clé historique

Les fiancées du Pacifique, Jojo Moyes

003

Quatrième de couverture :

Sydney, 1946. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Margaret, Avice, Jean et Frances embarquent sur le HSM Victoria en compagnie de six cent cinquante épouses de guerre qui s’apprêtent à rejoindre leurs maris en Angleterre.
En dépit des règles strictes qui régissent le quotidien à bord et du destin tout tracé des passagères, jeunes femmes et officiers ne tardent pas à se côtoyer, entremêlant leurs existences à jamais.
Et pour Frances MacKenzie, infirmière mystérieuse hantée par son passé, le voyage marque le début d’une aventure qui changera sa vie au-delà de tout ce qu’elle aurait pu imaginer…

L’avis de Laure :

Ce roman n’est pas resté longtemps dans ma PAL car j’ai eu la chance d’en partager la lecture avec Atouchofbluemarine. J’avais déjà lu et apprécié les romans de Jojo Moyes donc je ne me faisais pas de souci concernant celui-ci.

Il éclaire un fait de l’Histoire que je ne connaissais pas. Ce que j’ai trouvé dommage c’est que tout ne nous soit pas expliqué. En effet, il est question de transfert de jeunes épouses australiennes vers l’Angleterre. J’aurais aimé comprendre comment autant de couples se sont créés à travers la guerre et pourquoi il a été décidé de déplacer les épouses ainsi, par centaines. Je n’ai pas eu mes réponses à ces questions car Jojo Moyes accentue son récit uniquement sur le trajet en lui-même.

Et déjà ça c’est assez colossal ! Imaginez un porte avions qui se transforme en transfert de troupes pour plus de 600 épouses ! 600 femmes sur ce bateau qui n’a jamais compté que des hommes… de quoi attiser bien des angoisses pour le capitaine qui imagine mal la cohabitation pendant plusieurs semaines avec son équipage… J’ai beaucoup apprécié ce traitement du sujet avec tous les petits détails de l’organisation de la vie à bord.

On va suivre précisément 4 épouses, que Jojo Moyes prend d’abord le temps de nous présenter une à une. Elles sont très différentes et ont chacune leurs attentes et appréhensions sur la finalité de ce voyage. Dans ce pavé de près de 600 pages, vous allez voir que les semaines à bord sont source de bien des événements. Là où Jojo Moyes m’a vraiment bluffée c’est par les révélations sur ses personnages. D’un coup, au détour d’une phrase, elle pose là gentiment et comme si de rien n’était une bombe ! Sur le coup je me disais, non mais elle nous a vraiment dit ça ? Avec ce ton gentillet ça me mettait le doute ! Mais en fait oui et c’est assez talentueux, ça nous captive directement et nous donne vite envie d’en savoir plus sur le personnage.

Je ne vous parle pas beaucoup de ces héroïnes, vous verrez que ce sont des jeunes femmes de leur temps, qui espèrent s’amuser et construire une vie heureuse, qui appréhendent aussi la vie dans le nouveau pays. La finalité du roman est très belle pour un personnage en particulier et on referme donc cette lecture avec une douce sensation, celle d’avoir vécu quelques semaines nous aussi avec ces épouses de guerre.

Ma notation :

Un bien joli roman.

L’ile aux papillons, Corina Bomann

005

Quatrième de couverture :

2008, Berlin.
Diana Wachenbach, brillante avocate, est appelée à Londres au chevet de sa grand-tante bien-aimée. Cette dernière la charge d’une étrange mission : percer le lourd secret, resté entier, qui pèse sur leur famille.

Alors que son couple bat de l’aile, la jeune femme décide de s’envoler pour le Sri Lanka, terre de ses ancêtres, colons à Ceylan.
Sur cette « île aux papillons », elle va découvrir une prophétie qui semble avoir changé le destin de sa famille et l’histoire d’un amour interdit plus fort que la mort…

L’avis de Laure :

Quelle beauté que ce roman ! Je me suis totalement régalée avec cette lecture qui m’a bien fait penser d’ailleurs à La maison de l’orchidée. Comparer Corina Bomann à Lucinda Riley peut paraitre un peu fort mais j’ai vraiment eu le même ressenti de lectures, des secrets, une double temporalité, du dépaysement, bref tout ce que j’adore dans les romans historiques.

Ici c’est Diane qui va être confrontée aux secrets de sa famille le jour où sa tante décède. Peu à peu, elle est immergée dans une enquête sur les traces de deux sœurs qui sont ses ancêtres, deux anglaises ayant émigré au Sri Lanka avec leurs parents. Dans ce passé, on est d’abord sous le charme de la découverte des lieux, à travers le regard des deux sœurs, conquises par cette nouvelle vie. Leur père a hérité une plantation de thé où Grace va découvrir des conditions de travail qui vont la révolter. C’est un très beau personnage que j’ai adoré découvrir et suivre dans ces décisions toujours personnelles et si fortes. Je n’ai pas du tout été surprise par la décision qu’elle fera pour sa vie, même si celle-ci est totalement à contre courant des vies habituelles des femmes de l’époque.

Le roman a un très bel équilibre entre le passé de Grace et Victoria et l’enquête de Diane, qui va suivre les traces de ses 2 ancêtres et découvrir elle aussi le Sri Lanka. De la même manière, elle va rencontrer de beaux personnages qui l’aideront dans son enquête mais lui apporteront beaucoup également dans sa vie personnelle. Il y a de petites facilités dans l’enquête, les éléments s’enchainent un peu trop facilement parfois et j’ai trouvé que ça manquait donc un peu de crédibilité. Mais j’ai trouvé la lecture tellement plaisante malgré ça que je pardonne volontiers ce point à l’auteure.

L’ile aux papillons est une lecture tellement addictive qu’on tient à tout prix à savoir tout ce qu’a vécu Grace pour être ainsi déshéritée par son père. Et c’est sans surprise que j’ai refermé ma lecture conquise par la destinée de cette héroïne qui aura tout donné par amour. Je vous conseille vivement cette lecture qui mêle admirablement secrets de famille et dépaysement.

Ma notation :

Un très beau roman. Un autre titre de l’auteure est dans ma PAL et vous vous doutez bien qu’il m’attire encore plus à présent !

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

Aux douceurs du temps, Véronique Chauvy

005

Quatrième de couverture :

Clermont-Ferrand, 1892. Quand Juliette apprend qu’elle est l’héritière d’une confiserie léguée par un oncle dont elle n’a jamais entendu parler, elle comprend que cette nouvelle va changer son destin. Happée par la curiosité, elle accepte de visiter cette boutique si bien nommée Aux douceurs du temps… Saura-t-elle égaler les plus grands artisans de la ville ? Malgré l’opposition de son père et les manigances de ceux pour qui elle représente une future concurrente – une femme qui plus est ! -, sa décision est prise : elle sera « confiseuse », envers et contre tous !

L’avis de Laure :

Sous cette couverture colorée et d’une telle douceur se cache un roman historique qui va nous faire découvrir le métier de confiseur tel qu’il était pratiqué à la fin du 19ème. On plonge dans l’Auvergne de l’époque, à la suite d’une jolie héroïne, Juliette. 

Elle est d’abord employée par un confiseur avant d’apprendre soudainement que son oncle lui a légué sa propre confiserie. Très vite, la jeune fille décide de remonter ses manches et de reprendre la boutique de son oncle, malgré les mises en garde qu’elle peut avoir. Pensez-y, en 1892, une femme à la tête d’un atelier et sa boutique de confiserie ?! Impensable ! Et pourtant Juliette va le faire, recruter un employé, retravailler les recettes héritées de sa mère et surtout se faire sa place dans ce milieu macho.

On est évidemment admiratifs avant tout de la détermination de Juliette. C’est forcément un roman qui porte avec lui un message féministe, c’est encore plus fort quand on sait à quel point ces parcours n’existaient pas à l’époque. Le roman évoque aussi la vie de Juliette, qui va se marier, avoir une petite fille. J’ai bien ressenti que là aussi, rien ne serait facile, qu’elle n’aurait pas un bonheur tout rose et évident. Je ne m’y suis pas trompée.

On va dérouler ainsi toute la vie de Juliette, ses embûches, les divers événements auxquels elle devra courageusement faire face. Et tout cela avec toujours la même trame de fond historique : la ville de Clermont, le développement du métier de confiseur qui a bien évidemment évolué avec le temps. Et en même temps, pour être totalement honnête, j’ai ressenti le côté terroir de ce roman très vite. Pour moi un roman terroir c’est un cadre historique local et cela va avec un rythme plus lent, moins dynamique que dans d’autres lectures. Alors ici, même si j’ai aimé l’héroïne et la découverte de son métier, j’ai aussi parfois trouvé le temps un peu long. Ce n’est pas un texte suffisamment dynamique et animé pour moi même si cela fait du bien également d’avoir de temps à autre des lectures plus simples.

Ma notation :

Un roman intéressant même s’il a manqué de rythme pour me convaincre totalement.


(Merci aux éditions J’ai lu pour cette lecture)

Un avion sans elle, Duval et Pinheiro

008

Quatrième de couverture :

Crédule Grand-Duc veut mourir. L’enquête de sa vie a échoué… Depuis dix-huit ans, il cherche l’identité de Lylie, la miraculée du mont Terrible, une petite fille rescapée du crash du vol Istanbul-Paris survenu le 23 décembre 1980. Car deux bébés étaient à bord ! Les Carville et les Vitral, deux familles que tout oppose — les Carville, issus de la haute bourgeoisie industrielle française, et les Vitral, vendeurs de frites sur la côte normande — se disputent celle que la presse ne tarde pas à surnommer « Libellule ». La justice finit par confier l’éducation de Lylie aux modestes Vitral. Engagé par les Carville, le détective s’est lancé dans un périple de dix-huit ans d’interrogations, d’hypothèses, de coups tordus et d’échecs… Et puis… alors qu’il va presser la détente, Crédule observe une dernière fois la une du journal de l’époque… Soudain, tout est clair…

Drame familial, polar parfaitement huilé et quête d’identité, l’adaptation au cordeau du roman de Michel Bussi orchestrée par Fred Duval se voit sublimée par la patte graphique et la narration de Nicolaï Pinheiro. Véritable page-turner, ce récit dense aux personnages complexes et attachants promène le lecteur dans les mystères de l’enquête autant que dans les décors des quartiers parisiens, les chemins de grande randonnée du Jura ou du front de mer dieppois. À la manière d’un subtil tour de magie, Un avion sans elle dévoile progressivement ses secrets pour mieux cacher le tour qu’il est en train de nous jouer.

L’avis de Laure :

J’ai découvert il y a peu l’adaptation BD du thriller Gravé dans le sable de Michel Bussi. J’ai vraiment aimé cette adaptation même sans avoir lu le roman avant. Avec Un avion sans elle, je fais une autre expérience de lecture : découvrir l’adaptation d’un roman que j’ai déjà lu et dont je me souviens parfaitement du twist final. Et croyez-moi, pour un roman lu en 2014, c’est assez exceptionnel que je me souvienne de la fin. Mais je crois que c’est le propre des romans de Michel Bussi avec leurs twists marquants qui fait qu’on ne peut pas les oublier.

J’ai donc plongé une nouvelle fois dans l’enquête qui mêle deux familles : les riches Carville et les Vitral, petite famille normande. Ils n’ont aucun point commun jusqu’au jour où leurs enfants respectifs décèdent dans le crash d’un avion. Un seul bébé rescapé, de qui est-elle la petite fille ? La guerre des clans commence à cette époque où les tests ADN n’existaient pas.

Bien des années plus tard, c’est Marc, le frère de Lylie qui va se dénouer l’enquête, reprenant le journal du détective privé qui a passé sa vie à tenter de démêler les indices. L’adaptation BD est vraiment fidèle à la réalité, j’ai beaucoup aimé les visages donnés ici aux personnages et j’ai retrouvé avec plaisir les très nombreuses péripéties de l’enquête, preuve en est que même dans un format BD, donc plus court, on peut de nouveau reproduire une enquête riche de rebondissements.

C’est tellement fidèle que je conseillerai sans hésiter cette BD à ceux qui n’ont encore jamais osé se pencher sur l’œuvre bien particulière de Michel Bussi, croyez-moi, il y a de fortes chances que vous ayez envie de lire les romans ensuite !

Ma notation :

Une adaptation très réussie, à lire et relire sans se lasser.

La petite fille au manteau bleu, Didier Lecomte

004

Quatrième de couverture :

Une traversée du temps hors du commun pour sauver une petite fille pourchassée par les nazis. Quelle étrange rencontre que celle de Dan, un ancien commando qui vit au bord de la Méditerranée en 2010, et Rosa une petite fille de 10 ans habitant à Berlin, en 1943. Dan va voyager à travers le temps et les époques pour répondre à l’appel au secours de cette enfant et sauver, au péril de sa vie, une famille juive de la traque nazie.
Une histoire émouvante portée par l’amour, le courage et l’espoir…

L’avis de Laure :

Comment vous expliquer que ce livre, acheté en 2017, qui est dans ma thématique de prédilection (la seconde guerre mondiale) et était donc une valeur sûre de ma PAL a pu rester aussi longtemps en attente ? Il est épais… très épais, genre 650 pages…

Et pourtant, sans aucune surprise, je l’ai adoré ! J’ai eu un petit moment d’inquiétude en le débutant, lorsque je me suis retrouvée à lire l’histoire d’un plongeur, ancien membre des forces spéciales, qui a survécu de peu à une opération très éprouvante en Afghanistan. Je me demandais si je lisais le bon livre…  Pas du tout ce que je m’attendais à lire en débutant un roman historique et pourtant, Dan, cet homme, va très vite avoir des mystérieuses apparitions d’une petite fille qu’il est le seul à voir. Rosa arrive de Berlin, en 1943 où elle et sa famille juive se cachent.

C’est Dan à son tour qui va mystérieusement se transporter dans le temps, pour porter assistance à la famille. Ce coté paranormal est à mes yeux la faiblesse du roman, le fait que Rosa puis Dan se transportent dans le temps manque de crédibilité et le sujet n’est pas assez creusé pour que j’en comprenne le fonctionnement. Néanmoins ce qui nous intéresse finalement, ça va être la fuite de la famille à travers l’Allemagne. Bien souvent, dans les romans sur la seconde guerre mondiale, on suit des héros en camp de concentration et leur survie jour après jour. Ici, on suit la fuite d’une famille, d’abord cachée, ils vont réussir de peu à échapper à la déportation. Ils n’auront alors qu’une échappatoire : la fuite.

J’ai été complètement absorbée par les différentes aventures qu’ils vont être amenés à vivre, des péripéties dignes d’un roman d’aventure avec une épée de Damoclès terrible au dessus de la têt : les nazis qui les chassent et veulent leur mort. J’admire l’imagination de l’auteur qui est arrivé à nous servir un périple aux multiples rebondissements et à en faire un roman de plus de 600 pages dans lequel je ne me suis jamais ennuyée. Bien évidemment, cela reste un roman dur, parfois violent, parce que le seul but est la survie. Mais il est égayé par des rencontres, des belles personnes que nos personnages auront sur leur route et qui vont les aider, preuve que l’humanité est encore possible même à cette terrible époque.

Ma notation :

Ce roman est peu connu et pourtant je l’ai vraiment adoré, il mériterait de paraitre en poche pour connaitre une seconde vie.