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Un goût de cannelle et d’espoir, Sarah McCoy

Quatrième de couverture :

Allemagne, 1944. Malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l’armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d’insouciance. Jusqu’à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps…
Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams passe devant la vitrine d’une pâtisserie allemande, celle d’Elsie… Et le reportage qu’elle prépare n’est rien en comparaison de la leçon de vie qu’elle s’apprête à recevoir.

L’avis de MadameOurse :

Il y a quelques semaines, j’ai fait la connaissance d’une nouvelle blogueuse avec qui j’ai vite sympathisé à travers les points communs qui nous unissent. Ellemlire a pas mal de goûts communs avec moi en terme de lectures et, en regardant sa PAL, j’y ai donc forcément retrouvé des titres de la mienne. Un goût de cannelle et d’espoir était un livre que nous avions très envie de découvrir toutes les deux, alors on a décidé de partager la lecture en duo.

C’est Kaymet qui m’a offert ce livre lors du dernier swap que nous avions organisé. Et clairement, elle avait très bien choisi : un beau roman historique qui a pas mal fait parler autour de lui et qui cible cette période de l’histoire qui me passionne. En commençant ma lecture, je n’avais pas de doute sur le fait que ce livre me plairait. Et, en effet, les 500 pages sont passées bien vite tant l’histoire est prenante.

Comme de nombreux autres romans historiques, on retrouve ici une histoire du passé et une du présent. Et, comme souvent, c’est surtout l’histoire du passé qui m’a charmée. J’ai pourtant été surprise par le début lorsque l’auteure nous présente la famille Schmidt, boulangers allemands. Ce sont des patriotes, leurs filles ont été intégrées à la jeunesse hitlérienne, ce n’est pas ce que je m’attendais à lire. Elsie, la cadette, a à peine 17 ans lorsque le roman commence. Elle travaille à la boulangerie familiale et regrette sa sœur aînée, partie au Lebensborn où elle a mis au monde des jumeaux, futurs petits nazis (sic!). Je me suis demandée ce que cette histoire allait nous amener en partant de là. Et bien déjà, personnellement une réflexion sur l’endoctrinement du peuple allemand. Et, après tout, c’est assez logique. Ils ont cette vie sous les yeux, ce sont leurs dirigeants, ils les soutiennent. Finalement, on pourrait retrouver ça dans toutes les nations du monde et quel que soit le gouvernement en place…

Mais Elsie va nous apporter bien plus que ça. Petit à petit du haut de son jeune âge, elle va en effet être amenée à poser un autre regard sur les choses. Son histoire est plutôt simple finalement mais elle n’en reste pas moins touchante, celle d’une toute jeune femme qui va mûrir et prendre des décisions pour son avenir. Des décisions qui sont importantes au cœur du régime nazi qui l’entoure.

Entre ces chapitres du passé, nous allons suivre Reba, une journaliste américaine et Riki son compagnon, engagé dans la police des frontières et qui refoule les mexicains tentant d’entrer aux USA. A l’occasion d’un reportage, Reba fait la connaissance de Jane et de sa mère Elsie qui tiennent une boulangerie de spécialités allemandes. Au delà du reportage qu’elle doit livrer, Reba va très vite s’attacher à ces deux femmes et tissera une belle amitié qui sera l’occasion pour elle de faire le point sur sa vie et de repartir plus forte, plus à l’écoute de ses désirs et envies.

Je dois vous avouer que je n’ai pas trouvé l’équilibre du roman parfait. J’ai été déroutée en effet, quel rapport finalement entre l’histoire du passé et celle de Reba et Riki ? Même la construction du roman était un peu déséquilibrée, dans la première partie c’est surtout l’histoire de la jeune Elsie qui est le cœur du roman puis, cela bascule et c’est alors l’histoire de Reba qui devient importante. Malgré ces bémols, je vous le disais c’est un roman que j’ai dévoré, que j’ai trouvé prenant, avec une belle histoire, des personnages émouvants. J’ai particulièrement aimé être immergée au cœur de cette boulangerie allemande, tant celle moderne aux USA que celle qui a tenté de continuer à vendre ses produits malgré les restrictions de la guerre.

Ma notation :

Au final, ce roman est une belle lecture pour moi que je recommande totalement même si j’ai pu lui trouver quelques petites failles.

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Le crocus jaune, Laila Ibrahim

Quatrième de couverture :

À sa naissance, Lisbeth est enlevée à sa mère pour être confiée à Mattie, une esclave, qui se voit contrainte de se séparer de son propre bébé pour devenir la nourrice de l’enfant. Une relation intense, qui va influencer leurs vies pendant des décennies, se développe entre elles et Lisbeth trouve auprès de Mattie et des siens sa famille de cœur. Mais un tel lien entre deux personnes que tout sépare est-il vraiment sans conséquence ?

L’avis de MadameOurse :

Lorsque j’ai vu passer cette couverture sur Netgalley, j’ai beaucoup aimé le fond clair et ces deux mains unies, l’une blanche, l’autre noire. Le thème de l’esclavage est un thème sur lequel j’aime lire et j’ai donc beaucoup apprécié de pouvoir découvrir ce titre qui est le premier de l’auteure.

Le roman s’ouvre aux côtés de Mattie et son fils de 3 mois, Samuel. Cette mère noire très aimante, sait que ce sont ses derniers jours à profiter de son fils. Et en effet, elle est appelée à « la grande maison » auprès d’Ann qui accouche de son premier enfant. La jeune maîtresse, comme toute femme blanche de son époque, confie le nouveau-né à une nourrice. Et c’est donc auprès de Mattie qu’Elisabeth dite Lisbeth va grandir. La petite fille développera très vite un attachement très fort, trop fort même à sa nourrice.

Mattie est très émouvante, en manque de son fils qu’elle voit grandir de loin et avec qui elle ne peut partager que quelques heures par semaine, jamais elle n’en voudra à Lisbeth de l’avoir retirée aux siens. Elle encouragera la petite fille à grandir, lui transmettra les anecdotes de sa vie passé et notamment celle des crocus jaunes, première fleur à éclore au printemps. Mattie prendra aussi garde à ce que l’une et l’autre restent à leurs places respectives car il n’est pas question d’élever la petite blanche autrement que comme une future maîtresse de maison.

Le roman se déroule au moment où le nord et le sud du pays s’affrontent autour de la condition des esclaves et nombreux d’entre eux tentent la fuite pour pouvoir vivre libre. Même si les maîtres de Mattie sont plutôt bons, la jeune femme n’en est pas moins angoissée dans sa vie de famille. En effet, les maîtres ne tiennent absolument pas compte des familles constituées lorsqu’ils se séparent de certains esclaves et ainsi, chaque année, des familles sont séparées. Mattie le sait bien puisque c’est ainsi que sa propre mère lui a été arrachée alors qu’elle n’avait que 8 ans.

Et un jour, cette menace vient encore toucher la famille de Mattie. Alors celle-ci n’aura d’autre solution que d’envisager la fuite. Lisbeth se verra ainsi séparée de sa chère nourrice et la jeune adolescente va grandir avec le manque de la femme qui lui a tout transmis. A ce moment-là du récit, c’est alors la vie de Lisbeth qui va nous occuper et j’en étais plutôt déçue, je ne voyais pas trop ce que la jeune fille allait pouvoir nous apporter. Et je me suis bien trompée. De sa place de riche jeune fille appelée à faire un beau mariage, Lisbeth va pourtant ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure et se rendre compte des pratiques liées à l’esclavage qui l’entourent. Et cette découverte lui sera tellement intolérable qu’elle ne pourra se résoudre à continuer sa vie comme si de rien n’était.

J’ai été très surprise du revirement amené dans le roman par la réaction profonde de Lisbeth à tout cela. Et en fait c’est très beau, Lisbeth est une vraie héroïne, une femme forte et intelligente qui parviendra à construire une vie dans laquelle elle se sentira bien. La fin du roman conclut magnifiquement la destinée des deux femmes, unies par la petite enfance de Lisbeth mais séparée à jamais par leur classe sociale et leur couleur de peau.

Ma notation :

Un très beau roman.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

[Duo lecture] Toutes les histoires d’amour du monde, Baptiste Beaulieu

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Baptiste Beaulieu, je le suis beaucoup sur les réseaux sociaux. J’aime sa plume, son ton, sa générosité, ses combats. Je vous conseille d’ailleurs d’écouter les podcasts de sa chronique sur France Inter. C’est en toute logique que j’ai voulu lire ce roman.

(MadameOurse) J’avais déjà lu Baptiste Beaulieu et, comme Lunatic, j’ai du respect avant tout pour l’homme qu’il est, les combats qu’il mène. On a parlé de la sortie de ce nouveau roman avec Lunatic et mon intérêt pour l’auteur m’a donné envie de le relire.

La couverture :

 

(MadameOurse) C’est une couverture qui me parle parce qu’il y a des livres dessus et de la couleur. Et puis ce titre évidemment !!

(Lunatic) Une couverture très sobre, classe tout en étant colorée. J’aime bien!

La quatrième de couverture :

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie.
Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue  : Anne-Lise Schmidt.
Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse  ? Comment quelqu’un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ?
Naviguant entre les grands drames du xxe siècle et des histoires d’amour d’aujourd’hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

Après lecture :

(Lunatic) L’auteur avait brièvement parlé de son voyage en Allemagne, de ses recherches, de quoi attiser ma curiosité. Et quand on visionne la bande annonce du roman (au passage, j’adore ce procédé…) comment ne pas vouloir se plonger dans le livre.

Effectivement, la vie de Moïse est un vrai roman. On va traverser tout le 20ème siècle au travers de ses lettres, de son récit qu’il écrit à sa petite Lisette. Son enfance, une mère distante, un père qui ne revient pas, des amitiés, des drames, des passions, les guerres, la violence et beaucoup d’amour surtout. On devinera vite qui est Lisette, s’attachant à cette petite fille qu’on ne connait pas vraiment au final.

Mais ce roman ce n’est pas juste l’histoire de Moïse, c’est aussi l’histoire de Denis son fils, et de son petit fils Jean. C’est lui qui mènera les recherches, qui retournera sur les traces de son grand-père et tentera de retrouver Anne Lise Schmidt. Même si les parties du roman se déroulant « aujourd’hui » étaient moins passionnantes, j’ai quand même apprécié cette relation père-fils si compliquée, pleine de non-dits, manquant de tendresse et pourtant si riche d’amour. Mais c’est aussi l’histoire de personnages croisés rapidement dans le roman. Des histoires d’amours différentes, fortes et dégageant beaucoup d’émotions.

A travers Jean, on reconnait bien l’entendu l’auteur, toute sa générosité et il en profitera dans son récit pour évoquer certains combats qui lui tiennent à cœur. Ce roman, c’est la vrai histoire de l’auteur et de sa famille. Je me demande alors s’il a été facile pour lui de livrer ainsi l’histoire des siens. Mais on ne peut que le remercier de nous avoir permis de connaître Moïse, de nous parler de cet amour si sincère et si touchant qu’il a connu dans sa vie. Une bien jolie rencontre et des personnages qui risquent d’accompagner les lecteurs pendant un long moment.

(MadameOurse) Je me suis immergée dans l’histoire de Moïse tout au long du WE et ai dévoré ce roman ! C’est souvent le signe d’une histoire captivante et c’est en effet le cas. On va traverser le siècle avec Moïse à travers les lettres qu’il écrit à Anne-Lise. Ces lettres viennent d’être retrouvées par Jean et Denis, petit-fils et fils de Moïse. Elles vont tellement les chambouler que la lecture de ces lettres va déclencher une quête autour d’un pan de la vie de leur ancêtre qu’ils ne connaissaient pas. En effet, qui est donc cette Anne-Lise a qui les lettres sont destinées ?

Nous lecteur, découvrons alors lesdites lettres et plongeons dans la vie bien mouvementée de Moïse. Né en 1910, celui-ci traversa les 2 guerres mondiales : la première lui fera perdre son père et la deuxième l’éloignera de sa famille puisqu’il sera captif de longues années en Allemagne comme prisonnier de guerre. Mais l’histoire de Moïse est bien plus que ça, c’est l’histoire d’un homme qui se confie sans voile sur les gens qu’il a aimés, les relations qu’il a eues aussi bien amicales qu’amoureuses. C’est l’histoire de drames qui ne peuvent que nous émouvoir. C’est une très belle histoire dont je ne souhaite rien dévoiler ici mais c’est une histoire qui m’a touchée et émue.

Je dois avouer que, comme souvent dans ces procédés d’écriture, passer d’une époque à l’autre est risqué. Là en l’occurrence, les retours au présent dans la vie de Jean m’ont tellement coupée de Moïse que les passages en question me plaisaient moins. A travers Jean, j’ai beaucoup retrouvé Baptiste Beaulieu lui-même. Et je crois que l’auteur a mis beaucoup de lui même dans son personnage du présent. On y retrouve alors ses combats, ses révoltes, on le retrouve vraiment lui. Ce n’est pas négatif mais j’ai trouvé que cela apportait trop de thèmes aux romans dont certains ne peuvent pas être approfondis car le roman a déjà un autre sujet. J’aurais préféré parfois que ces parenthèses ne figurent pas dans le roman plutôt qu’elles soient juste survolées.

Mais la finalité de ce roman, la révélation finale donne vraiment sens au fait que le roman soit alternance du passé et du présent et justifie complètement que l’auteur n’ait pas juste raconté la destinée de Moïse. Et j’avoue que le roman prend tout son poids dans ces derniers chapitres et alors, on se sent, nous lecteurs, témoins d’une très jolie page de vie en train de s’écrire. Une page dont je souhaite fort une issue positive.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley, à paraître ce jour aux éditions Mazarine)

Le monde de Christina, Christina Baker Kline

Quatrième de couverture :

Du monde, Christina Olson n’a rien vu. Paralysée depuis l’enfance, elle vit recluse dans la ferme familiale, perchée sur une falaise du Maine. Sa seule ouverture sur l’extérieur : une pièce remplie de coquillages et de trésors rapportés des mers du Sud par ses ancêtres, farouches marins épris d’aventures, et dont les histoires nourrissent ses rêves d’ailleurs.
L’arrivée de nouveaux voisins, la pétillante Betsy et son fiancé, le jeune peintre Andrew Wyeth, va bouleverser le quotidien de cette femme solitaire. Alors qu’une amitié naît entre elle et le couple, Christina s’interroge : pourra-t-elle jamais accéder à la demande d’Andrew de devenir son modèle ? Comment accepter de voir son corps brisé devenir l’objet d’étude d’un artiste, d’un homme ?
L’art est le reflet de l’âme. Et sur la toile, Christina redoute de voir apparaître ses failles, et celle qu’elle aurait tant désiré être…

L’avis de MadameOurse :

J’avais déjà lu Christina Baker Kline en 2016. Son nouveau roman m’a tentée parce qu’il va faire l’objet d’un book club Belfond et puis parce qu’il s’agit d’une Christina qui écrit sur une Christina. Et autour de la vraie histoire d’une femme qui a été peinte par Andrew Wyeth. Voici le tableau que j’ai recherché avant même ma lecture et qui est à l’origine de l’histoire. Il porte le même titre que le roman.

J’ai eu cette image en tête au cours du roman et j’avoue que c’est plutôt agréable d’imaginer ainsi l’histoire autour d’un tableau qui a réellement été peint. En cela déjà, je salue le travail de recherche de l’auteure.

Le roman va nous plonger dans la vie de Christina, à différentes époques. Son enfance assez rapidement évoquée avec une gros point autour de sa vie de toute jeune femme. Puis on la retrouve plus âgée, à l’époque où elle rencontre Andrew et où le tableau sera peint.

La jeune Christina est une jeune fille volontaire, déterminée, qui a un vrai désir de construire sa vie, de vivre sa jeunesse, d’apprendre, etc. Elle est malheureusement atteinte d’une infirmité qui va la freiner et l’empêcher d’avoir une vie normale. Tout au long du roman, j’étais en attente d’en savoir plus sur sa maladie. Et je suis restée sur ma faim car cela n’est pas évoqué. Et certes, malheureusement, à l’époque où a vécu Christina, l’avancée de la médecine était insuffisante pour qu’on en sache plus. Mais j’avoue que je m’étais tellement imaginé que le sujet serait présent que cela a créé un manque

Ceci dit j’ai aimé l’évocation de la famille de Christina, qui étaient ses ancêtres, comment leur vie s’est construite. J’ai adoré le passage où Christina va développer des sentiments amoureux (et je n’en dis pas plus!), j’ai apprécié aussi les relations avec Betsy et Andie. Le monde de Christina est un roman doux, qui nous plonge dans une page de l’histoire assez agréable et intéressante. La famille y est très présente. Il faut avoir en tête qu’il s’agit de la vie dans une petite ville des USA, il y a plusieurs dizaines d’années, avant les grands progrès du monde moderne. C’est donc une vie assez calme et paisible et cela se ressent dans le roman.

J’ai regretté bien évidemment pour Christina à qui je me suis attachée que sa vie n’ait pas été plus heureuse. Mais le roman est fidèle à la vraie vie de Christina Olson et c’est forcément mieux ainsi.

Ma notation :

Une lecture agréable.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Les roses du Montfort, Gilles Laporte

Quatrième de couverture :

De 1899 à 1918, dans le décor des Vosges et de leurs vignes, le destin de Louise, fille de vigneron, qui gagne sa liberté et l’amour après sa rencontre avec trois hommes.
Au premier jour des vendanges de 1899, Louise fête ses dix-huit ans sur les pentes du Montfort. Son père, Charles Vinot, viticulteur sur ces coteaux des Vosges, veille sur elle comme sur sa vigne : sans relâche. Quitte à sacrifier son bonheur, il est prêt à la marier à un vieux garçon dont la parcelle avoisine la sienne.
Mais le phylloxéra, ce fléau, ruine les vignobles. Grâce aux conseils d’un pépiniériste réputé du pays et d’un spécialiste alsacien, la vigne de Vinot sera reconstituée. Le temps d’une passion avec un ingénieur venu du Nord, le bonheur de Louise sera épargné, jusqu’à ce que cet homme révèle sa nature profonde…
Le travail patient de la terre et du vin, la paix retrouvée avec son père suffiront-ils pour que Louise, jeune rose à peine éclose, emportée par le tourbillon de l’Histoire, s’ouvre enfin au bonheur et à la liberté ?

L’avis de MadameOurse : 

J’ai eu la surprise de recevoir ce joli roman à mon retour de vacances. En découvrant le résumé, j’ai eu le sentiment que j’allais replonger avec cette lecture dans les romans que ma mère acceptait que je sorte de sa bibliothèque quand j’étais ado (j’ai pu lire toute sa bibliothèque mais elle contrôlait chaque lecture en fonction de mon âge). J’avais notamment lu Henri Troyat qui nous offre aussi des romans historiques plongés au cœur d’une région de France.

Ici, c’est en Lorraine et plus précisément dans les Vosges que nous emmène Gilles Laporte. J’y ai découvert une jolie famille : lui vigneron, elle dentellière et leur fille unique et chérie, Louise. A 20 ans, il est vite question du mariage de Louise, et les alliances de la vigne poussent son père à vouloir la marier au fils du vigneron voisin. J’ai été émue alors par la réaction de la mère qui, ayant pu épouser celui qu’elle aime, s’opposera fermement à la décision de son mari. Le lien familial est alors toujours évoqué au cours du roman de manière très simple, pas de grandes effusions mais de petites choses qui montrent à quel point l’amour est là.

Le roman va se dérouler d’année en année, nous faisant suivre le quotidien des personnages et les grands événements historiques de la région : l’arrivée du phylloxéra en sera un élément-clé, mettant en péril le devenir des Vinot. Puis, c’est la première guerre mondiale qui viendra toucher nos personnages. Entre temps, Louise partira vivre à la ville, chez son oncle et sa tante, y fera la rencontre d’Henri avec qui les choses ne se passeront pas si bien que prévu et reprendra alors la vie sous le foyer familial.

C’est un roman doux à lire, il décrit la vie de l’époque, les joies, les peines, j’ai aimé être plongée dans la Lorraine de mon amie Lunatic, ai pensé plusieurs fois à elle au cours de ma lecture. Et puis les personnages feront face au qu’en dira-t-on, choisissant des chemins de vie très décriés à l’époque, pourtant, ces choix, ici, n’empêcheront pas nos personnages d’être heureux. Le jugement qui peut être porté sur la vie de Louise transparaît peu dans le récit de l’auteur et j’ai trouvé ça chouette, ça nous amène en tant que lecteur à un regard positif sur les choses.

La fin du roman amènera une belle rencontre dans la vie de Louise, un joli moment de la lecture, simple, fort, évident, j’ai beaucoup aimé le personnage d’André, sa simplicité et le regard qu’il a sur la vie qu’il attend de vivre.

Ma notation :

Un agréable roman qui offre une jolie découverte de l’Histoire de la Lorraine au sein d’une famille forte et unie.

Merci à Laetitia des éditions Presses de la Cité pour cette lecture.