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La scène des souvenirs, Kate Morton

Quatrième de couverture :

Suffolk, 2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend au chevet de sa mère mourante. Alors qu’elles parcourent ensemble un album de famille, une photo s’en échappe – un instantané que Laurel n’a jamais vu. L’une des deux jeunes femmes est bien sa mère, Dorothy, mais l’autre ? Sans s’en douter, Laurel vient d’ouvrir la boîte de Pandore, libérant les secrets, et les souvenirs. Ceux de Dorothy, qui dorment sous les décombres des bombardements londoniens de 1941, mais aussi les siens – ce terrible et brûlant été de son enfance…

L’avis de MadameOurse :

Cela fait très longtemps que ce roman attendait dans ma PAL, je l’avais acheté suite à d’autres lectures de l’auteure qui m’avaient tant plu. Vérification faite, je vous avais parlé de Les heures lointaines en 2014, cela fait donc 5 ans que je ne m’étais pas immergée dans le bel univers de l’auteure.

Une fois de plus, c’est une histoire dense, alternant passé et présent, un joli pavé dont pourtant les pages défilent avec une grande facilité. Qui dit pavé dit aussi une multitude d’événements qu’il n’est pas possible de vous expliquer sans spoiler une partie du roman. C’est Laurel qui va, petit à petit, remonter l’enquête du passé de sa mère, des événements qui ont eu lieu bien avant qu’elle ne naisse et qui pourtant se sont prolongés par un triste événement ayant lieu dans sa jeunesse. Il faut qu’elle comprenne où ce drame a pris sa source et, à travers cette enquête, elle saura définir qui était vraiment sa mère.

« Laurel repris l’histoire à ses débuts : une adolescente dans une cabane dans un arbre, un jour de l’été 1961, un inconnu qui remonte l’allée, un tout petit garçon dans les bras de sa mère. (…) Puis l’homme au chapeau noir entrait en scène : c’était sur lui à présent qu’étaient tournés les projecteurs. Il franchissait le portillon du jardin. Le chien le premier avait deviné l’approche des ténèbres : son jappement alertait leur mère, qui réapparaissait sur le seuil et apercevait l’homme. La crainte s’emparait d’elle. Sa fille, dans la cabane, l’avait vu. »

J’ai aimé cette plongée dans le Londres des années 40, en plein dans le conflit mondial où l’on va suivre la jeunesse de Dorothy, alias Dolly. Une jeune femme pleine de projets qui tente comme beaucoup de londoniens de vivre les petits bonheurs de la jeunesse malgré la guerre mondiale qui fait rage et les bombardements qui les mettent en danger à chaque minute.

Et puis j’ai aussi aimé la progression de l’enquête de Lauren, la fille de Dolly, et tous les mystères que l’on démêle page après page. Lauren a toujours été troublée par cet événement de son enfance qui lui a donné une image de sa mère totalement à l’opposé de ce que Dolly a toujours été en tant que mère. Alors que s’est- il passé ce jour là ? Et s’il y avait une explication plausible à ce sombre drame ? Je me disais, c’est pas possible, je ne comprends pas cette femme, elle est étrange et puis lorsque sa jeunesse était évoquée j’avais une impression de malaise, j’étais gênée par le personnage et ses agissements. Pourtant on est pris dans le fil du récit, le quotidien de la guerre, le travail, la survie, les relations sociales, l’amour, les sorties auxquelles la jeunesse se rattachait à l’époque.

Jusqu’à l’ultime rebondissement. Kate Morton m’a surprise, je n’avais rien vu venir. La dernière pièce du puzzle qui donne alors tout son sens à l’histoire. Les dernières bribes qui se dévoilent alors nous laissant avec l’image d’une si belle histoire.

Ma notation :

J’ai été une fois de plus charmée par l’univers de Kate Morton. Ce pavé saura vous surprendre et vous prendrez plaisir à dénouer les filles de cette dure mais si belle destinée.

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Deux femmes dans la tourmente, Teresa Messineo

Quatrième de couverture :

Dans le brasier de la Seconde Guerre mondiale, deux amies infirmières, deux destins, une vocation : soulager, soigner. Après des années de recherches historiques minutieuses, Teresa Messineo signe un premier roman passionnant, poignant de réalisme, et un formidable hommage à toutes ces héroïnes de l’ombre.

Jo et Kay se sont rencontrées à New York au cours de leurs études d’infirmière à la fin des années 1930. Désireuses de partir à l’aventure, les deux jeunes femmes s’engagent aux côtés des Alliés. C’est là que leurs chemins se séparent.

Jo est envoyée sur le front de l’Ouest, en France, où elle doit superviser un hôpital de fortune comptant six blessés : des vies fragiles pour lesquelles elle représente le seul espoir et qu’elle entend protéger jusqu’au bout.

Kay est envoyée à Hawaï. Après une parenthèse enchantée sur les plages de sable blanc, l’attaque de Pearl Harbour signe pour elle le début du cauchemar : prisonnière des Japonais, elle est déportée dans un camp à Manille.

Dans l’horreur des corps mutilés, de la maladie et de la famine, chacune s’accroche à sa vocation, mais aussi à l’amour et à l’amitié, pour trouver le courage de supporter l’insupportable. L’espoir sera-t-il plus fort que la mort ? Que restera-t-il de leur précieux lien après ces années de séparation et de souffrance ?

L’avis de MadameOurse :

Lorsque le programme des parutions de la collection Le Cercle Belfond nous a été dévoilé, j’étais ravie qu’il y ait un roman sur la seconde guerre mondiale, période que j’aime beaucoup lire comme vous le savez sûrement. J’ai l’impression qu’on n’en finira jamais sur ce sujet, que chaque nouveau roman est une façon de s’instruire sur cette période si dure. Je referme souvent ces lectures en ayant appris des choses.

Ici, on ne va pas parler de camps de concentrations, de déportation, du régime nazi ou autre. C’est une nouvelle facette de la guerre, que je n’avais jamais lue jusque là, celle des combats et du rôle joué par les infirmières militaires, présentes au cœur du conflit. L’an dernier, j’avais lu un roman sur des infirmières qui se passait pendant la première guerre mondiale, c’était intéressant mais le roman était assez pénible à comprendre. Ici, on a le même point de départ, mais pendant une autre période de l’histoire.

Nous allons suivre Jo en Europe et Kay à Hawaï. Et toutes deux sont des personnages qui forcent le respect. Leur dévouement aux blessés dont elles ont la charge est énorme, leur vie entière n’est vouée qu’à soigner, aider, assister ces hommes qui se sont engagés pour la patrie. Et elles aussi, infirmières sont engagées dans ce conflit, peu reconnues mais leur rôle n’est pas moins important. La plupart du temps, elles doivent soigner sans moyens médicaux, dans des conditions bien dures, en tentant elles aussi d’échapper aux nombreux bombardements. Le quotidien de nos deux amies est bien dur, leur volonté vacillera à plusieurs reprises et je le comprends. J’ai été outrée des obligations qui sont les leurs parce qu’elles sont des femmes, leur uniforme féminin, les bas, toutes ces contraintes ridicules à des moments où elles ont à peine de quoi s’habiller !

En parallèle, c’est assez effarant mais bien qu’elles soient au cœur du conflit, elles ne savent rien de ce qui se passe autour d’elles, de l’avancée de la guerre, des populations entières déportées, du sort de leurs proches aussi bien évidemment.

Des deux héroïnes, j’ai été plus touchée par Jo, elle m’a semblé plus présente dans le roman et j’ai aimé la suivre jusqu’à la fin de la guerre, à travers les retrouvailles qu’elle espère si fort. Cette phase plus personnelle du récit qui la concerne m’a aidée à créer un attachement à son personnage, ce que j’ai moins vécu avec Kay.

Ma notation : 

Deux femmes dans la tourmente est un agréable roman historique qui réussit son pari de nous présenter une facette précise de la seconde guerre mondiale. Ces femmes infirmières sont touchantes et leur rôle important est bien mis en avant ici.

Merci à Carine des éditions Belfond pour cette lecture.

L’amour impossible de Katie Mulholland, Catherine Cookson

Quatrième de couverture :

Fille de mineur, Katie Mulholland connaît la dure vie des plus déshérités dans une ville industrielle de l’Angleterre victorienne. Employée par une riche famille, sa beauté attire le fils du maître, qui la viole et la laisse enceinte. La famille de la jeune femme la force alors à épouser un homme qu’elle n’aime pas. Mais le destin de Katie pourrait changer lorsqu’une rencontre lui permet de prendre sa vie en main…

Des années 1860 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, un récit ensorcelant sous la plume de l’une des auteurs les plus reconnues en Angleterre.

L’avis de MadameOurse :

Depuis le début de l’année, Monjardinlittéraire et moi programmons des duo lecture spéciale Charleston. Ce mois-ci, nous nous sommes donc plongées dans L’impossible amour de Katie Mulholland que j’avais acheté en bourse aux livres fin mars.

Katie a 15 ans et est laveuse de vaisselle lorsque nous faisons sa connaissance. Issue d’une famille pauvre qui peine toujours à joindre les deux bouts, un père à la mine, un grand père âgé et une sœur trisomique à la maison, leurs fins de mois sont dures. Katie a donc eu la chance d’obtenir ce travail dans la maison de la famille Rosier, bien plus aisée. Elle baigne dans ce milieu plus luxueux toutes les semaines et rentre voir sa famille le dimanche.

Un soir, le fils de la famille Rosier, profitant de son statut de maître, viole la jeune fille. Katie est bien évidemment sommée de se taire mais ne pourra pas vraiment cacher ce qui s’en suit : une grossesse. Alors mariée par arrangement avec un homme contre une belle somme d’argent, elle subit une fois de plus le destin que les hommes lui imposent. Son mari a les moyens mais ne sera pas un homme bon et tiendra à ce que Katie rompe tous liens avec sa famille.

Katie met au monde le bonheur de sa vie, sa fille, Sarah. Malheureusement, les événements malheureux sont alors loin d’être terminés pour elle et la jeune femme devra prendre son destin en main, ce qu’elle réussit plutôt superbement. J’ai été émue de l’amour qu’elle porte à sa famille et de sa volonté farouche de s’en sortir unis. La destinée de Katie est impressionnante tant elle subira de rebondissements, jamais elle ne pourra se reposer dans une routine où elle se dira : là ma vie est bien et mes jours s’annoncent doux.

Plus tard dans sa vie, elle va rencontrer un suédois, Andy, enfin une figure masculine qui lui apportera de belles choses, qui ne sera pas un homme destructeur comme tous ceux qu’elle avait eu sur sa route jusque là. J’avoue n’avoir pas compris le titre du roman, à l’évocation de l’histoire d’amour de Katie. Je ne trouve pas qu’il s’agisse d’une histoire impossible mais ce n’est qu’un détail.

Le tiers restant du roman s’accélère beaucoup dans le temps et m’a un peu moins plu, il va y avoir de plus en plus de personnages, la famille de Katie s’agrandissant : neveux, nièces, puis petites nièces. La destinée de Katie va être un peu moins au centre du roman et l’auteure se concentrera plus sur ces nouveaux personnages. J’ai moins aimé parce que ça va très vite dans le temps et qu’on manque de temps, nous lecteurs, pour s’attacher à ces nouveaux personnages. Et puis il y a quelques évidences qui m’ont fait grincer des dents, des destinées similaires qui se reproduisent trop facilement.

Néanmoins, on va suivre Katie sur toute sa longue vie avec toujours ce soin qu’elle prend à s’occuper de ses proches, à faire en sorte de leur éviter les horreurs qu’elle a du subir. Katie est une très belle héroïne que j’ai adoré suivre.

Ma notation :

L’histoire d’une grande Héroïne qui ne pourra que vous charmer. Si j’ai moins aimé le tiers final du roman, un peu trop rapide à mes yeux, j’ai néanmoins beaucoup aimé ce roman. Je ne m’attendais pas du tout à une histoire aussi riche et à une destinée si dure pour Katie.

[Duo lecture] Ma chérie, Laurence Peyrin

Pourquoi ce livre :

(MadameOurse) Laurence Peyrin a publié l’an dernier L’aile des vierges que j’ai acheté sur un coup de tête, lu en duo avec Lunatic et qui restera ma lecture N°1 de 2018. Alors, acheter son nouveau roman était comme une évidence. Et j’ai eu hâte de m’y plonger lorsque j’ai découvert le superbe trailer imaginé par les éditions Calmann Lévy pour le mettre en avant (voir plus bas).

(Lunatic) Laurence Peyrin fait partie de mes auteures favorites depuis quelques années. Donc pas besoin d’expliquer pourquoi je voulais lire ce livre.

La couverture :

(Lunatic) J’aime le mystère de cette photo. Une femme, une valise à la main. Ou va-t-elle? Fuit-elle quelque chose? Puis le fait de ne pas voir son visage nous laisse en tant que lecteur le soin d’imaginer son apparence.

(MadameOurse) Je ne suis pas totalement conquise par cette couverture qui a pourtant des coloris originaux et dont l’image est complètement en accord avec le roman. Je ne saurai pas vous dire ce qui fait que j’ai un avis plutôt neutre sur cette couverture…

La quatrième de couverture :

 

Après lecture :

(MadameOurse) Ma Chérie, c’est cette jeune femme qui a quitté sa petite ville de province où elle n’était rien pour Miami où sa beauté lui a valu le titre de Miss Floride puis un riche amant. Elle se sent bienheureuse de cette vie là même si G.G. ne quitte pas sa femme pour elle. Elle a tout ce que l’existence peut lui apporter : l’aisance financière à travers une belle maison, des bijoux, des tenues luxueuses, des amies et assiste à quantité de fêtes. Oui mais tout ça n’est que feu de paille lorsque G.G chute, il entraîne également la chute de Ma Chérie avec lui. Et du jour au lendemain, à 30 ans, la jeune femme n’a plus rien.

Alors que faire à part retourner chez ses parents ? Sur le chemin du retour, en bus parce que ses finances ne lui permettent pas autre chose, elle se retrouve assise à côté de Marcus, jeune homme noir. Une rencontre suivie d’un bref échange qui vont pourtant marquer un tournant. Chez ses parents, Ma Chérie redevient Gloria et doit chercher un sens à son existence. Va-t-elle renouer avec ses anciens amis ? Suivra-t-elle les attentes de ses parents qui semblent lui avoir trouvé l’époux parfait ?

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est l’ambiance des années 60, des années Kennedy, les débuts de la libération de la femme et aussi une époque où les choses changeaient sur le plan de la ségrégation. Et Gloria incarne bien ce personnage, on va assister à un changement profond chez elle, elle va regarder le monde différemment et laisser derrière elle la vie futile qui fut la sienne. Si ce roman est plus simple que L’aile des vierges et que j’ai trouvé qu’il s’y passait moins de choses pour nos personnages, j’ai néanmoins aimé une fois de plus la plongée historique que Laurence Peyrin nous offre. Et il y a toujours ces personnages touchants, attendrissants, tous nous offrent quelque chose ! Et j’ai achevé ma lecture sur une fin belle, douce, et infiniment porteuse d’espoir.

(Lunatic) On retrouve au cœur de ce roman, une femme. L’auteure a toujours ce don de mettre en avant une femme, son courage, sa force, sa liberté. Ici il s’agit de Gloria Mercy Hope qui pensait avoir trouvé en Floride une nouvelle vie. Entre repas mondains, soirée et moment en tête à tête avec G.G, riche agent immobilier, son amant qui d’une certaine façon la maintient dans une bulle de mensonge. Alors quand il est arrêté pour arnaques financières, tout s’effondre pour Gloria. Abandonnée de tous, sans un sou, sans travail, elle est contrainte de retourner chez elle. Un retour qui dès le début s’annonce difficile : un père renfermé et qui semble lui reprocher son absence, une mère limite étouffante qui souhaite avant tout protéger l’honneur de sa fille. De retour au village, elle retrouve également Benjamin, un ancien camarade mais en parallèle a du mal à oublier Marcus, un jeune homme rencontré dans le bus du retour.

Le contexte historique du roman est passionnant. On est dans les années 60 et l’auteure aborde des sujets sensibles comme la ségrégation, la guerre de Corée, et montre une Amérique qui souhaite se libérer un peu malgré un conservatisme encore bien marqué. Concernant notre héroïne, on assiste vraiment à son évolution. Elle gagne en maturité, en raison, en intelligence et en sensibilité. Elle prend conscience de sa personne, de ce qu’elle souhaite. J’ai aimé le franc parler de Gloria, la trouvant quand même un peu « vulgaire » par moments.  Ce roman se lit très vite. Tout est fluide, les chapitres s’enchaînent et on prend plaisir à les lire. Il m’a néanmoins manqué un petit quelque chose pour en ressortir totalement conquise. Je n’ai pas l’étincelle pour Gloria comme j’ai pu l’avoir pour Maggie par exemple. Mais ça reste un roman plaisant et que je vous conseille fortement.

Les filles d’Ennismore, Patricia Falvey

Quatrième de couverture :

Amitié, jalousie, lutte des classes, émancipation féminine, drame amoureux… À l’aube du XXe siècle, au cœur d’une Irlande en ébullition, une saga inoubliable dans la droite ligne de Downton Abbey.

Rosie a huit ans, elle est fille de métayer ; quand elle sera grande, elle servira la famille Ennis, comme sa mère et sa sœur avant elle. Victoria a sept ans, elle est la fille de lord et lady Ennis ; quand elle sera grande, elle quittera le domaine d’Ennismore pour faire un beau mariage.
En attendant, Victoria se sent seule et rêve de partager ses secrets avec la fille du métayer qu’elle a rencontrée dans le parc de la propriété. Et pourquoi pas ? C’est décidé, dès septembre, la petite paysanne partagera les leçons de la demoiselle du château.
Mais, dans une société écrasée sous le poids des conventions et des hiérarchies, est-il bien raisonnable de semer des aspirations égalitaires dans le cœur des jeunes filles ? Car un vent de révolte souffle sur l’Irlande et cette amitié qui éclôt pourrait bien bouleverser leur vie ainsi que celle de leur entourage… Rosie et Victoria trouveront-elles la force de lutter contre la marche de l’Histoire qui menace de les déchirer ?

L’avis de MadameOurse :

Lorsque j’ai reçu ce roman en tant que lectrice VIP de la collection Le Cercle Belfond, l’éditrice de la collection nous le présentait comme son coup de cœur de l’année. Alors, au moment de m’y plonger, j’étais plus que ravie de découvrir Les filles d’Ennismore.

J’aime ces romans historiques qui nous font revivre la vie de nos ancêtres à travers des personnages attachants à la forte volonté de vivre. Rosie est clairement de celles-ci. Née fille de métayer, elle va être propulsée dans la vie de château par le caprice de la petite Victoria qui ne veut pas être scolarisée seule avec sa tante comme professeur. Elle veut une amie et ce sera Rosie, qu’elle vient de rencontrer. Son père cède à sa demande d’enfant gâtée et va alors naître une très forte amitié entre les deux jeunes filles à la vie diamétralement opposée par leur niveau social.

Mais une fois l’âge adulte venu, la destinée des deux jeunes filles n’est pas la même : la saison des bals et la recherche d’un bon parti pour Victoria tandis que, pour Rosie, malgré l’éducation reçue, elle ne peut espérer mieux qu’être servante au château, comme sa sœur.  Et l’amitié des deux jeunes femmes est mise à mal. J’ai adoré ce thème fort que traite Patricia Falvey à savoir le milieu social de naissance et le poids qui y est lié. Il est impossible de combler le fossé entre les deux femmes, même avec toute la bonne volonté du monde. Et la belle éducation reçue par Rosie aux côtés de la fille du château se révèle alors un cadeau empoisonné.

Si Rosie est le personnage principal du roman, on va dès lors suivre aussi la vie de Victoria. Je me suis infiniment attachée à la première mais vous verrez que la seconde saura aussi gagner votre cœur, son évolution sera plus longue et moins évidente mais elle a fini elle aussi par me charmer. C’est à Dublin que la vie des deux jeunes femmes changera, l’une et autre auront alors, au cœur de la première guerre mondiale et des tensions d’une Irlande qui se veut indépendante, l’occasion de se construire la vie dont elles rêvent. Non sans mal. Les nombreux rebondissements dans la vie de chacune sont passionnants, les personnages rencontrés m’ont tous beaucoup plu (la tante de Victoria, Brendan, Cathal, Valentin…), c’est une lecture qui captive et dont les pages défilent bien vite.

La fin du roman amène, en douceur, le retour de tous nos personnages sur les terres d’Ennismore où rien ne pourra plus être comme avant… Une vraie fin de roman, avec du bonheur et une belle vie qui s’ouvre pour tous.

Ma notation :

Un roman historique comme je les aime tant. De beaux personnages, des réflexions autour de la vie de l’époque, je vous le recommande sans hésiter.

Merci à Carine et Irène des éditions Belfond pour cette lecture.