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Aux douceurs du temps, Véronique Chauvy

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Quatrième de couverture :

Clermont-Ferrand, 1892. Quand Juliette apprend qu’elle est l’héritière d’une confiserie léguée par un oncle dont elle n’a jamais entendu parler, elle comprend que cette nouvelle va changer son destin. Happée par la curiosité, elle accepte de visiter cette boutique si bien nommée Aux douceurs du temps… Saura-t-elle égaler les plus grands artisans de la ville ? Malgré l’opposition de son père et les manigances de ceux pour qui elle représente une future concurrente – une femme qui plus est ! -, sa décision est prise : elle sera « confiseuse », envers et contre tous !

L’avis de Laure :

Sous cette couverture colorée et d’une telle douceur se cache un roman historique qui va nous faire découvrir le métier de confiseur tel qu’il était pratiqué à la fin du 19ème. On plonge dans l’Auvergne de l’époque, à la suite d’une jolie héroïne, Juliette. 

Elle est d’abord employée par un confiseur avant d’apprendre soudainement que son oncle lui a légué sa propre confiserie. Très vite, la jeune fille décide de remonter ses manches et de reprendre la boutique de son oncle, malgré les mises en garde qu’elle peut avoir. Pensez-y, en 1892, une femme à la tête d’un atelier et sa boutique de confiserie ?! Impensable ! Et pourtant Juliette va le faire, recruter un employé, retravailler les recettes héritées de sa mère et surtout se faire sa place dans ce milieu macho.

On est évidemment admiratifs avant tout de la détermination de Juliette. C’est forcément un roman qui porte avec lui un message féministe, c’est encore plus fort quand on sait à quel point ces parcours n’existaient pas à l’époque. Le roman évoque aussi la vie de Juliette, qui va se marier, avoir une petite fille. J’ai bien ressenti que là aussi, rien ne serait facile, qu’elle n’aurait pas un bonheur tout rose et évident. Je ne m’y suis pas trompée.

On va dérouler ainsi toute la vie de Juliette, ses embûches, les divers événements auxquels elle devra courageusement faire face. Et tout cela avec toujours la même trame de fond historique : la ville de Clermont, le développement du métier de confiseur qui a bien évidemment évolué avec le temps. Et en même temps, pour être totalement honnête, j’ai ressenti le côté terroir de ce roman très vite. Pour moi un roman terroir c’est un cadre historique local et cela va avec un rythme plus lent, moins dynamique que dans d’autres lectures. Alors ici, même si j’ai aimé l’héroïne et la découverte de son métier, j’ai aussi parfois trouvé le temps un peu long. Ce n’est pas un texte suffisamment dynamique et animé pour moi même si cela fait du bien également d’avoir de temps à autre des lectures plus simples.

Ma notation :

Un roman intéressant même s’il a manqué de rythme pour me convaincre totalement.


(Merci aux éditions J’ai lu pour cette lecture)

Un avion sans elle, Duval et Pinheiro

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Quatrième de couverture :

Crédule Grand-Duc veut mourir. L’enquête de sa vie a échoué… Depuis dix-huit ans, il cherche l’identité de Lylie, la miraculée du mont Terrible, une petite fille rescapée du crash du vol Istanbul-Paris survenu le 23 décembre 1980. Car deux bébés étaient à bord ! Les Carville et les Vitral, deux familles que tout oppose — les Carville, issus de la haute bourgeoisie industrielle française, et les Vitral, vendeurs de frites sur la côte normande — se disputent celle que la presse ne tarde pas à surnommer « Libellule ». La justice finit par confier l’éducation de Lylie aux modestes Vitral. Engagé par les Carville, le détective s’est lancé dans un périple de dix-huit ans d’interrogations, d’hypothèses, de coups tordus et d’échecs… Et puis… alors qu’il va presser la détente, Crédule observe une dernière fois la une du journal de l’époque… Soudain, tout est clair…

Drame familial, polar parfaitement huilé et quête d’identité, l’adaptation au cordeau du roman de Michel Bussi orchestrée par Fred Duval se voit sublimée par la patte graphique et la narration de Nicolaï Pinheiro. Véritable page-turner, ce récit dense aux personnages complexes et attachants promène le lecteur dans les mystères de l’enquête autant que dans les décors des quartiers parisiens, les chemins de grande randonnée du Jura ou du front de mer dieppois. À la manière d’un subtil tour de magie, Un avion sans elle dévoile progressivement ses secrets pour mieux cacher le tour qu’il est en train de nous jouer.

L’avis de Laure :

J’ai découvert il y a peu l’adaptation BD du thriller Gravé dans le sable de Michel Bussi. J’ai vraiment aimé cette adaptation même sans avoir lu le roman avant. Avec Un avion sans elle, je fais une autre expérience de lecture : découvrir l’adaptation d’un roman que j’ai déjà lu et dont je me souviens parfaitement du twist final. Et croyez-moi, pour un roman lu en 2014, c’est assez exceptionnel que je me souvienne de la fin. Mais je crois que c’est le propre des romans de Michel Bussi avec leurs twists marquants qui fait qu’on ne peut pas les oublier.

J’ai donc plongé une nouvelle fois dans l’enquête qui mêle deux familles : les riches Carville et les Vitral, petite famille normande. Ils n’ont aucun point commun jusqu’au jour où leurs enfants respectifs décèdent dans le crash d’un avion. Un seul bébé rescapé, de qui est-elle la petite fille ? La guerre des clans commence à cette époque où les tests ADN n’existaient pas.

Bien des années plus tard, c’est Marc, le frère de Lylie qui va se dénouer l’enquête, reprenant le journal du détective privé qui a passé sa vie à tenter de démêler les indices. L’adaptation BD est vraiment fidèle à la réalité, j’ai beaucoup aimé les visages donnés ici aux personnages et j’ai retrouvé avec plaisir les très nombreuses péripéties de l’enquête, preuve en est que même dans un format BD, donc plus court, on peut de nouveau reproduire une enquête riche de rebondissements.

C’est tellement fidèle que je conseillerai sans hésiter cette BD à ceux qui n’ont encore jamais osé se pencher sur l’œuvre bien particulière de Michel Bussi, croyez-moi, il y a de fortes chances que vous ayez envie de lire les romans ensuite !

Ma notation :

Une adaptation très réussie, à lire et relire sans se lasser.

La petite fille au manteau bleu, Didier Lecomte

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Quatrième de couverture :

Une traversée du temps hors du commun pour sauver une petite fille pourchassée par les nazis. Quelle étrange rencontre que celle de Dan, un ancien commando qui vit au bord de la Méditerranée en 2010, et Rosa une petite fille de 10 ans habitant à Berlin, en 1943. Dan va voyager à travers le temps et les époques pour répondre à l’appel au secours de cette enfant et sauver, au péril de sa vie, une famille juive de la traque nazie.
Une histoire émouvante portée par l’amour, le courage et l’espoir…

L’avis de Laure :

Comment vous expliquer que ce livre, acheté en 2017, qui est dans ma thématique de prédilection (la seconde guerre mondiale) et était donc une valeur sûre de ma PAL a pu rester aussi longtemps en attente ? Il est épais… très épais, genre 650 pages…

Et pourtant, sans aucune surprise, je l’ai adoré ! J’ai eu un petit moment d’inquiétude en le débutant, lorsque je me suis retrouvée à lire l’histoire d’un plongeur, ancien membre des forces spéciales, qui a survécu de peu à une opération très éprouvante en Afghanistan. Je me demandais si je lisais le bon livre…  Pas du tout ce que je m’attendais à lire en débutant un roman historique et pourtant, Dan, cet homme, va très vite avoir des mystérieuses apparitions d’une petite fille qu’il est le seul à voir. Rosa arrive de Berlin, en 1943 où elle et sa famille juive se cachent.

C’est Dan à son tour qui va mystérieusement se transporter dans le temps, pour porter assistance à la famille. Ce coté paranormal est à mes yeux la faiblesse du roman, le fait que Rosa puis Dan se transportent dans le temps manque de crédibilité et le sujet n’est pas assez creusé pour que j’en comprenne le fonctionnement. Néanmoins ce qui nous intéresse finalement, ça va être la fuite de la famille à travers l’Allemagne. Bien souvent, dans les romans sur la seconde guerre mondiale, on suit des héros en camp de concentration et leur survie jour après jour. Ici, on suit la fuite d’une famille, d’abord cachée, ils vont réussir de peu à échapper à la déportation. Ils n’auront alors qu’une échappatoire : la fuite.

J’ai été complètement absorbée par les différentes aventures qu’ils vont être amenés à vivre, des péripéties dignes d’un roman d’aventure avec une épée de Damoclès terrible au dessus de la têt : les nazis qui les chassent et veulent leur mort. J’admire l’imagination de l’auteur qui est arrivé à nous servir un périple aux multiples rebondissements et à en faire un roman de plus de 600 pages dans lequel je ne me suis jamais ennuyée. Bien évidemment, cela reste un roman dur, parfois violent, parce que le seul but est la survie. Mais il est égayé par des rencontres, des belles personnes que nos personnages auront sur leur route et qui vont les aider, preuve que l’humanité est encore possible même à cette terrible époque.

Ma notation :

Ce roman est peu connu et pourtant je l’ai vraiment adoré, il mériterait de paraitre en poche pour connaitre une seconde vie.

Etoiles dans le ciel du Sud, Elizabeth Haran

005

Quatrième de couverture :

1954. Une jeune Londonienne, que son mari ruiné trompe, part refaire sa vie en Australie. Elle ignore un détail : elle est enceinte…

Londres, 1954. Estella mène une vie des plus confortables… jusqu’à ce qu’elle découvre que son mari, en plus d’avoir fermé son cabinet d’avocat et dilapidé leur fortune, la trompe. Le cœur brisé, Estella décide de refaire sa vie en Australie, où un poste de vétérinaire l’attend. Mais la jeune femme n’est pas seule à effectuer la traversée : elle est enceinte. Arrivée à Kangaroo Crossing, Estella déchante. Peuplé d’une poignée d’habitants, le hameau est infesté de mouches et la chaleur y est suffocante. Et tous observent la nouvelle venue d’un œil suspicieux. Parviendra-t-elle à gagner le respect et la confiance des habitants du village, plutôt rustres ? Un pari d’autant plus difficile à relever qu’elle leur a caché plusieurs pans de son passé. Et que ce dernier pourrait bien la rattraper…Dans un décor aussi magnifique que âpre, tous les éléments qui ont fait le succès des sagas de Tamara McKinley et de Sarah Lark se trouvent ici réunis.

L’avis de Laure :

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas été captivée ainsi par la destinée d’une héroïne. Mais Estella m’a immédiatement attachée dès qu’on la rencontre à Londres. Elle vient d’apprendre sa grossesse et découvre juste après son RDV chez le médecin que son mari a une aventure avec sa propre cousine. De quoi en anéantir plus d’une mais Estella va de suite faire preuve de détermination : elle quitte son mari et s’embarque pour l’Australie où elle va pouvoir tenir son premier poste de vétérinaire.

C’est sur les traces de son père qu’elle n’a jamais connu, et d’un oncle qui vit toujours sur place qu’Estella arrive à Kangaroo Crossing. Une station perdue dans le désert australien et où vivent quelques blancs, entourés de tribus aborigène. J’ai adoré l’ambiance de ce roman, cette plongée en Australie, dans un mode de vie à mille lieux de nos habitudes m’a tellement dépaysée ! Là bas, le moindre déplacement se fait en avion tant les distances à parcourir sont énormes. L’avion se déplace donc quotidiennement pour mener tour à tour le médecin et le vétérinaire aider la population alentour.

Pourtant, l’accueil réservé à Estella est glacial, même si la présence d’un vétérinaire sur place est une aide précieuse pour tous. Mais personne ne pensait voir arriver une femme aussi jeune alors il va lui falloir gagner la confiance des habitants. J’ai tout adoré de ce roman, ce métier de vétérinaire pratiqué dans des conditions atypiques, les relations entre les personnages qui n’ont que peu de personnes sur qui compter, le mode de vie par le troc tant l’argent est rare pour tous. La vie d’Estella m’a conquise, la jeune femme est déterminée, elle ne va pas se laisser faire et osera dire la vérité à plus d’un, ça a été un régal de la suivre dans son installation à Kangaroo Crossing, de la voir se faire peu à peu des amis. Elle va rencontrer des embûches sur son chemin et j’en ai eu le cœur noué à chaque fois. Et bien sûr, il y a ce happy end que j’avais deviné depuis longtemps mais qui va tarder à venir tant le passé d’Estella l’a rendue méfiante… En bref, une lecture à savourer dont je vais garder un très beau souvenir !

Ma notation :

On n’est pas loin du coup de cœur avec ce très beau roman.

Une famille presque normale, M.T. Edvardsson

007

Quatrième de couverture :

Une famille suédoise tout ce qu’il y a de normal, ces Sandell…
Le père, pasteur. La mère, avocate. Une fille de 19 ans, bosseuse, qui rêve de voyages au long cours.
Le samedi, on file au cinéma. Le dimanche, en forêt. Ils trient leurs déchets, n’oublient jamais leur clignotant, rendent toujours à temps leurs livres à la bibliothèque.
Normale en apparence, du moins, comme toutes les familles qu’un meurtre sordide s’apprête à faire basculer dans l’horreur…

L’avis de Laure :

Nouvelle lecture dans le cadre du prix Nouvelles voix du polar, un pavé de 600 pages qui m’a donc occupée un bon moment. C’est l’histoire de la famille Sandell qui vit en Suède, une famille tout ce qu’il y a de plus classique jusqu’à ce que la justice s’invite à la fête.

Le roman débute sous la voix du père, Adam, pasteur, le jour où sa fille de 19 ans, Stella, est arrêtée par la police pour meurtre. C’est le ciel qui lui tombe sur la tête et pourtant il est déterminé à tout faire pour que sa fille soit libérée. Quitte à mentir… Il commence tout d’abord sa propre enquête, pour comprendre ce qui a pu se passer et surtout trouver une autre personne à faire accuser. Avec Adam, on replonge dans le passé de la famille, la façon dont le couple s’est connu, les premières années de parents et les premières difficultés avec une fille adolescente.

Puis c’est Stella qui prend la parole, de prison avant de laisser la mère, avocate, achever l’histoire au moment du procès. J’ai aimé cette lecture où tout se construit peu à peu, je n’ai réussi à faire aucune hypothèse autre que celle de la culpabilité de Stella qui apparait dès le début comme assez évidente. Mais il faut savoir ce qui s’est passé pour les personnages qui ait pu entrainer ce meurtre et comprendre ainsi le mobile que le meurtrier a pu avoir. Et ces éléments arrivent tardivement dans le roman ce qui explique sûrement mon absence d’hypothèse.

Ceci dit, j’ai trouvé ce roman assez long, 600 pages juste sur cette famille c’est beaucoup et quelques pages de moins ne m’auraient pas déplu. Et surtout, la fin, bof, bof, je l’ai trouvée plutôt décevante même si j’ai vraiment apprécié l’ambiance dans laquelle j’ai été plongée tout au long du roman.

Ma notation :

Un lecture un peu mitigée, des longueurs et une fin qui ne m’a pas convaincue.