Archives pour la catégorie Duo lecture

[Duo lecture] Les possibles, Virginie Grimaldi

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Parce que malgré la déception de l’an dernier, Virginie Grimaldi fait partie des auteurs que j’aime lire chaque année.

(Laure)  Pareil,  j’aime suivre Virginie Grimaldi, tout simplement.

La couverture :

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(Laure) Un total coup de cœur, je suis fan !

(Audrey) Une couverture très douce et très reposante. J’aime beaucoup.

La quatrième de couverture :

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé  connaît quelques turbulences.
Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute  du hard rock à fond, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin.
Juliane veut croire que l’originalité de son père s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence  : il déraille.
Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves.
Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

Après lecture :

(Audrey) Un père et une fille. Deux personnalités bien différentes mais liées par un amour sans faille. Lorsque Juliane s’aperçoit que son père, Jean, semble « dérailler » par moment, elle décide de prendre les choses en main. Elle l’accueille chez elle, pour le plus grand plaisir de Charlie, son fils, qui trouve un sacré compagnon de jeu. Juliane a alors tout le loisir d’observer Jean, de se souvenir des moments heureux, mais surtout d’en créer de nouveaux.

Un duo père / fille plein de tendresse et d’émotion. Même si pour moi le récit était par moment un peu répétitif et frôlait le caricatural, je me suis surprise à le refermer avec la larme à l’œil. On retrouve dans ce texte tout l’humour, la sensibilité et la bienveillance qui caractérisent tant l’univers de Virginie Grimaldi.

(Laure) Une nouvelle fois, Virginie Grimaldi nous plonge au cœur d’une famille et de ses bouleversements. Une fois de plus, elle met en avant nos anciens, un sujet qui devient très fréquent dans les romans contemporains. C’est famille c’est celle de Juliane, mariée et mère d’un petit Charlie. Un jour, un incident détruit la maison de son père. Accident ou négligence ? Très vite, il semblerait que Jean ne soit pas toujours bien conscient de ce qu’il fait. 

En l’hébergeant chez elle, Juliane va prendre la mesure du problème, de ce père dont la tête ne fonctionne plus comme avant. Alors, il y a le diagnostic, les médecins, les pistes pour l’aider sont malheureusement maigres. Mais il y a aussi et surtout le quotidien, les moments qui restent de la vie, les souvenirs et la possibilité de profiter jusqu’au bout de ces proches qui s’affaiblissent. J’ai aimé cette vision douce de la vie, qui peu à peu nous fait comprendre, que, certes, ces événements sont douloureux pour nous mais qu’on peut les apprivoiser pour en tirer du beau. Une belle leçon de vie, à relire sans doute le jour où l’on y est confrontés.

[Duo lecture] Celle qu’il attendait, Baptiste Beaulieu

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Parce que Baptiste Beaulieu. Tout simplement.

(Laure) Oui pour l’auteur ! Et parce que je garde un souvenir inoubliable de son précédent roman.

La couverture :

Ebook pour IG (15)

(Laure) Poétique, lumineuse, colorée, elle correspond très bien à cette histoire.

(Audrey) Douce et sensible, à l’image de l’auteur et du roman.

La quatrième de couverture :

Eugénie D déborde d’imagination et de projets farfelus pour s’isoler d’un monde qui l’effraie. Elle sait les hommes prompts à arracher les ailes des femmes.
Joséphin, chauffeur de taxi mutique, est né dans un pays en guerre. Il charrie sa maigreur et sa méfiance des hommes. Pour oublier sa mélancolie, il tourne la terre sous ses mains à l’infini.
Leurs vies basculent quand ces deux empotés magnifiques se croisent sur un quai de gare.
Une rencontre improbable, une histoire d’amour hors du temps.

Après lecture :

(Audrey) Prêt à lire une histoire d’amour totalement différente de tout ce que vous connaissez ? Prêt pour partir à la rencontre de deux personnages originaux, singuliers et à fleur de peau ? Alors arrêtez tout, et laissez vous portez par les talents de conteur de Baptiste Beaulieu.

Joséphin et Eugénie n’ont rien en commun, ils auraient pu ne jamais se croiser, et pourtant, c’est sur un quai de gare que tout commence entre eux. Ils s’observent, se fuient, se manquent afin de mieux se trouver. Ces deux là s’attirent, ils sont complémentaires. Et c’est le début d’une folle aventure amoureuse, pleine de poésie, de douce passion et de découverte.

Eugénie est une femme fragile, qui craint les hommes, qui craint les gens en général. Elle déborde d’idées fantaisistes. Joséphin m’a semblé plus terre à terre, marqué par une trajectoire trouble dans un pays en guerre, même s’il ne manque pas de magie dans son quotidien. Ils ont tout les deux une vision de la vie qui ne ressemble en rien à celle des gens lambda. Et c’est surement pour cela qu’ils étaient fait pour s’aimer.

Baptiste Beaulieu m’a pas mal surprise avec ce roman. Il nous livre un texte atypique, nous dressant le portrait de deux personnages extraordinaires. J’ai été désarçonnée par la narration du roman, qui a un peu haché ma lecture. Rapidement j’avais l’impression de lire du Boris Vian. L’originalité des personnages, l’excentricité de certaines scènes, les inventions d’Eugénie et les listes folles de nos personnages m’ont vraiment plongée dans un univers à part. Les métaphores, la poésie, les symboliques utilisées donnent vraiment un coté merveilleux au roman.

J’ai d’abord été agacée pendant ma lecture. Je ne comprenais pas ce qu’il nous décrivait. J’ai trouvé dans un premier temps les personnages un peu niais, sans saveur. Puis ils ont su me saisir finalement. J’ai mis du temps à entrer dans son univers, à me laisser charmer par ces personnages. J’aurai du lâcher prise plus tôt, ne pas résister à l’appel poétique et fabuleux de cette histoire. J’ai lu le dernier quart du roman avec une boule au fond de la gorge. Je l’ai refermé les larmes aux yeux avant d’aller me coucher. Et je me suis surprise à rêver de Josephin et d’Eugénie. A mon réveil je ne pensais plus qu’à eux, avec l’impression d’avoir raté quelque chose et avec la ferme intention de relire ce roman, en me laissant planer dès les premières lignes pour cette fois ci ne pas rater un seul instant de leur histoire.

Vous l’aurez compris. Un sentiment très particulier avec cette lecture. Ce roman, à l’image de ces personnages, ne ressemble à rien à ce que l’on a l’habitude de lire. Une expérience de lecture originale que je vous conseille fortement. Partez à la rencontre de Josephin et Eugénie pour être bouleversés à votre tour!

(Laure) Baptiste Beaulieu va vous surprendre avec ce nouveau roman ! On sort des codes du roman traditionnel et on part vers un univers poétique, fantaisiste, magique. Eugénie m’a fortement fait penser à Amélie Poulain et le texte m’a donné l’impression de lire Mathias Malzieu. Cette histoire est originale et atypique. 

C’est l’histoire d’un amour mais racontée si différemment. J’ai été charmée par cette plongée dans un univers bien particulier, charmée par cette rencontre avec des personnages originaux. On retrouve ce qui fait l’univers de Baptiste Beaulieu et les combats qui l’animent. Ainsi, il va ici transmettre un message contre la grossophobie, un message d’amour pour son corps quel qu’il soit et il encourage en ce sens à se défaire du regard de la société.

– De quelle couleur c’est, un baiser? dit-il.

– Bleu comme une framboise, répondit-elle sans réfléchir.

Dans cette histoire fabuleuse, pleine de mystère, je me suis laissée porter, me disant que je comprendrai les détails par la suite. Si j’ai aimé cet univers et su m’y transporter, j’ai moins adhéré au message féministe qui arrive à la fin du roman. Mais c’est la difficulté des romans qui ont une part engagée, on ne partage pas toujours pleinement la vision sur une thématique précise. Néanmoins, si vous connaissez Baptiste Beaulieu, l’homme, ses combats, vous le retrouverez pleinement ici et vous ne serez donc pas surpris des contenus qu’il nous livre. Je l’ai beaucoup retrouvé dans ce roman où il est sincère, il est lui et il nous livre une histoire d’amour unique, atypique et originale.

[Duo lecture] Vers le soleil, Julien Sandrel

Pourquoi ce livre :

(Audrey) C’est devenu notre rituel de printemps, on lit en duo les parutions de Julien Sandrel sans même s’intéresser au « pitch » du roman.

(Laure) J’ai toujours envie de savoir ce que nous réserve Julien Sandrel d’une année à l’autre et puis c’est toujours chouette de partager nos ressentis avec Audrey.

La couverture :

Ebook pour IG

(Laure) Rien d’exceptionnel ou très peu d’indices en lien avec l’histoire dans cette couverture mais des couleurs attractives.

(Audrey) A l’image de toutes ses couvertures. Colorée et moderne !

La quatrième de couverture :

14 août 2018. Tess part vers la Toscane, où elle doit rejoindre pour les vacances sa fille Sienna et l’oncle de celle-ci, Sacha. Mais alors qu’elle fait étape chez sa meilleure amie à Gênes, un effroyable grondement ébranle la maison, et tout s’écroule au-dessus d’elle. Une longue portion du pont de Gênes vient de s’effondrer, enfouissant toute la zone. Tess est portée disparue.

Après lecture :

(Audrey) Petite nouveauté avec l’auteur, cette fois ci, il met en avant un homme pour personnage principal. Une nouvelle perspective intéressante, lui qui nous avait habitué à des femmes au cœur de ses romans. C’est donc Sacha qu’on découvre dans ce roman. Comédien sans succès, il tombe sous le charme de Tess dans un café. La jeune femme le recontacte rapidement, non pas pour un RDV de séduction, mais pour une mission. Laquelle ? haha, je vous laisse découvrir.

On retrouve Sacha quelques années plus tard, en 2018. Il est en Italie avec Sienna, la fille de Tess qui doit les rejoindre. Un drame (que chaque lecteur doit encore avoir en tête) survient,  le pont Morandi de Gène s’écroule. Tess est portée disparue ! Sacha est incapable d’annoncer à Sienna la nouvelle. Les voilà partis pour plusieurs jours sur les routes d’Italie. Le temps pour Sacha d’appréhender les évènements et de préparer un plan. Car même s’il n’a aucun lien de sang avec la jeune enfant, il n’est pas envisageable qu’on les sépare.

De beaux personnages, touchants et humains. J’ai beaucoup aimé Sienna, son espièglerie, son innocence et la façon dont Sacha veille sur elle, comme sur sa propre fille. Sacha est une homme bienveillant et bon. Julien Sandrel nous livre un roman lumineux et plein d’émotions, avec certaines scènes qui m’ont serré le ventre. Une histoire qui se dévore, avec toujours chez cet auteur, ce petit goût de trop peu. J’aurai voulu en lire davantage.

(Laure) Une lecture dévorée en seulement 2 jours, une narration fluide, entrainante et forcément addictive sinon on ne le lirait pas si vite. J’ai de suite aimé les personnages de ce nouveau roman. Comment ne pas s’attacher à ce que ce drôle de trio a construit ? Cette petite fille si touchante, sa mère qui a  construit sa vie après un passé bien difficile et Sacha qui s’est peu à peu tellement attaché aux 2 femmes.

Lorsque le drame survient, c’est un quotidien qui vacille, venant anéantir le lien entre Sacha et Sienna. Il n’est plus rien pour la petite fille en l’absence de sa mère. Mais il ne veut pas rompre le lien. Alors, il fuit. Il y a plein de choses déroutantes dans ce roman, dans les choix des personnages, dans la vitesse à laquelle Julien Sandrel nous dévoile ses secrets les uns après les autres. C’est le reproche que je lui fais facilement. Ce roman me convaincrait plus avec 100 pages supplémentaires. 100 pages pour amener du suspense, pour nous laisser faire quelques hypothèses, pour répondre à des questions que l’on se pose.

Et pourtant, malgré l’absence de ces 100 pages qui auraient fait monter ma notation sur ce roman, je l’ai aimé ! Et je remercie Julien Sandrel de m’avoir emmené avec lui en Italie, malgré le drame que l’on traverse aux côtés des personnages, je me suis sentie bien dans ces doux instants de vie que Sacha et Sienna vont partager sous le beau soleil de l’Italie.

[Duo lecture] Doucement renait le jour, Delphine Giraud

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Les romans autour d’un secret de famille m’attirent beaucoup en général, donc j’avais très envie de lire cette histoire.

(Laure) J’avais beaucoup entendu parler du premier roman de Delphine Giraud mais n’ai pas eu l’occasion de le découvrir. Cette fois, je me suis laissée tenter.

La couverture :

(Laure) Cette couverture est magnifique et très attractive !

(Audrey) J’aime beaucoup. Puis ce bouquet, clin d’œil évident au métier de Connie.

La quatrième de couverture :

Connie, jeune femme au caractère bien trempé, a réalisé son rêve de devenir fleuriste et gère sa boutique d’une main de maître. Mais le jour où elle découvre une ancienne photo d’elle à côté d’un petit garçon, toutes ses certitudes s’effondrent. Qui est cet enfant ? Acculé, son père lui avoue qu’il s’agit de Mat, son petit frère. Victime d’un accident à l’âge de deux ans, il est resté tétraplégique et communique peu avec le monde extérieur. Connie l’a effacé de sa mémoire. Emportée par son désir de connaître son frère et de rattraper le temps perdu, elle oublie alors une question essentielle: pourquoi ses parents ont-ils préféré lui cacher l’existence de Mat pendant si longtemps ? Elle ignore encore ce qu’il en coûte de remuer le passé…

Après lecture :

(Audrey) Connie est une jeune femme célibataire et solitaire, qui se sent très bien dans sa boutique de fleurs. Son histoire familiale semble compliquée, mais elle n’imaginait pas qu’en cherchant une photo de son enfance, elle allait trouver un frère, dont elle avait complètement oublié l’existence. Suite à de troubles circonstances, ses parents n’avaient rien fait pour préserver sa mémoire à ce sujet. C’est un choc pour Connie, un véritable coup de massue qui remet tout en question dans sa vie.

Quel est son vrai passé ? Pourquoi a-t-elle zappé son frère ainsi, et comment ce dernier, Mat, est-il devenu handicapé à l’âge de 2 ans ? Doucement, les souvenirs remontent et des vérités sont dévoilées.

J’ai des sentiments assez ambivalents avec ce roman. J’ai beaucoup apprécie ma lecture, j’ai aimé le suspense et cette quête de réponses qui amènent pas mal de surprises, mais j’ai eu un peu plus de mal avec le style de l’auteure. Par moments, j’y ai trouvé quelques maladresses, et j’ai eu le sentiment que à d’autres moments, certaines scènes en disaient trop, dévoilant quelques indices nous permettant de comprendre trop facilement quelques éléments clés du passé de Connie et de ses proches.

Mais dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture en duo avec Laure, où nous avons pu discuter des personnages et du déroulement de l’intrigue.

(Laure) Ce joli roman contemporain m’a fait passer un bon moment. Je me suis vite attachée à Connie dont j’ai aimé l’univers. C’est une jeune femme qui a ouvert sa boutique de fleurs, un cadre qui va égayer une partie du roman et où je me suis sentie bien. Un jour lors d’une balade en forêt, elle tombe nez à nez avec un cycliste, une frayeur qui va la marquer soudainement. C’est assez paradoxal car la scène n’avait rien de dangereux mais cela suscite chez Connie une drôle de réaction.

Très vite, elle va partir sur le chemin des souvenirs de son enfance et se rendre compte qu’elle avait enfoui un pan de sa vie pourtant important. En effet, elle n’a jamais été fille unique, elle a un frère Mat, qui a passé toute sa vie depuis ses 2 ans dans un institut pour personnes handicapées. Choquée, Connie va vite renouer le lien avec ce frère caché qui ne peut plus parler depuis l’accident qui l’a rendu handicapé. J’ai beaucoup aimé la naissance de ce lien entre ce frère et cette sœur. Connie va s’impliquer au côté de ce frère avec une belle énergie et lui fera vivre des moments exceptionnels pour ce jeune homme qui n’est jamais sorti de l’institut où il vit.

Pourtant, peu à peu, alors que la vie de Connie pourrait paraitre douce et équilibrée, des souvenirs lui viennent, il faut qu’elle comprenne ce qu’il s’est passé quand elle était enfant, qu’elle retrouve le chemin vers ses souvenirs. On la suit alors dans une quête à travers laquelle l’auteure évoque quelques sujets forts, celui de l’amnésie traumatique, de la dépression et des secrets.

J’ai aimé l’ambiance de ce roman, ses personnages attachants (comme l’atypique Firmin), j’ai aimé cette héroïne blessée qui va enfin pouvoir se construire et je n’ai rien deviné de ce passé mystérieux. Si au final, la révélation du secret n’a pas été inoubliable pour moi, c’est la belle ambiance de ce roman que je vais surtout garder en tête.

(Merci à Estelle de Fleuve Editions pour cette lecture)

[Duo lecture] Le cœur cousu, Carole Martinez

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Le dernier roman de l’auteure attisait ma curiosité, mais je voulais d’abord lire ce roman paru en 2007. Alors quand Laure en a parlé dans son planning lecture, je me suis joint à elle.

(Laure) Ce livre m’a été offert en 2016 à l’occasion d’un swap organisé sur le blog et ce n’est que maintenant que je le sors enfin de ma PAL…

La couverture :

(Laure) Après lecture, cette couverture colle bien aux personnages du roman.

(Audrey) Une femme très intrigante, ce rouge vif: j’aime assez.

La quatrième de couverture :

Dans un village du sud de l’Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse… Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s’initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d’un combat de coqs, elle est condamnée à l’errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d’enfants, eux aussi pourvus – ou accablés – de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d’imaginer. Le merveilleux ici n’est jamais forcé: il s’inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

Après lecture :

(Laure) Quelle drôle de lecture ! Ce n’est pas évident de vous en parler. On se le disait avec Audrey, le style de ce roman ne colle pas avec ce que l’on a l’habitude de lire. C’est un roman plein de poésie et de mystère, avec des événements qui sont parfois à la limite du fantastique. Ou du fantasque ? je ne sais pas.

Le rythme est particulier, j’avais l’impression par moments de défiler la vie de personnages tous simples, une famille espagnole, plutôt pauvre, qui vit pas mal de déboires. Une histoire simple d’un premier abord mais étayée de ci de là par de drôles d’évènements qui sont le côté fantastique de l’histoire et qui ont attiré mon attention. Je me suis attachée à Frasquita, au pouvoir qui va lui naitre pour la couture, à la beauté des œuvres qu’elle va créer et comment celles-ci vont influer dans sa vie. Et puis il y a les très nombreux enfants que Frasquita aura, leur périple à travers l’Espagne en pleine guerre civile, leur nouvelle vie dans un autre pays puis, plus tard, les histoires de chacune de ses filles, leurs mariages, leurs nouvelles familles.

Ce livre est un conte, il faut le lire sans trop se poser de questions, se laisser emporter sous la plume de Carole Martinez, se laisser charmer par ses personnages uniques et atypiques. C’est plein de poésie, c’est attachant et j’ai passé un doux moment avec ce roman bien qu’il ait été une lecture déroutante pour moi de par son originalité aussi.

(Audrey) Une lecture qui me laisse une sensation bizarre. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais je n’ai pas refermé ce livre avec enthousiasme non plus. C’est d’abord l’écriture et un ton très particulier qui m’a surprise. Très éloigné de ce que j’aime lire d’ordinaire, une langueur présente, et pourtant je n’ai pas abandonné. J’aurai pu, plusieurs fois, mais finalement je me suis laissé ensorceler par ce roman, ces histoires, ces personnages et ces lieux.

On va suivre les femmes d’une même famille. 3 générations qui se transmettent une mystérieuse boite à couture. On voyage alors dans un univers original, magique, quasi mystique. Une ambiance qui tranche avec le quotidien strict et religieux de l’Espagne. Les différentes scènes évoquent prières, pensées et étranges pouvoirs.

Laure parlait de conte, et j’ai le même ressenti. Un conte qui laisse place à la sorcellerie, à la magie et à toute la force des femmes. J’avoue que je ne relirai pas forcément de sitôt un roman de cette auteure, même si son dernier roman, Les roses fauves, qui semble reprendre un thème proche du Cœur cousu m’intrigue pas mal.