Archives pour la catégorie Duo lecture

[Duo lecture] Un enfant à tout prix, Pascale Rault Delmas

Pourquoi ce livre :

(Audrey) L’auteure a proposé de m’envoyer le livre. J’avais repéré ce titre et je savais que Laure allait le lire donc c’était une lecture duo inévitable. J’ai accepté sa proposition, surtout que le thème me parlait forcément après un long combat pour devenir mère.

(Laure) En tant que Lectrice Charleston, je savais que j’aurais l’opportunité de lire ce titre et pourtant je vous avoue que c’est une lecture que je redoutais. Quand c’est un thème auquel on est sensible on peut encore plus appréhender que le traitement fait par l’auteure ne nous plaise pas. J’étais d’autant plus contente de le lire avec Audrey que cela nous permettrait de partager nos ressentis.

La couverture :

(Audrey) Cette main d’enfant devant ce ciel laisse présager un roman plein d’espoir.

(Laure) Elle est toute simple, lumineuse, l’avion est un élément de l’histoire donc elle est cohérente.

La quatrième de couverture :

Hôtesse sur le Concorde, Isabelle est libre comme l’air, volant de pays exotiques en amants de passage. Lorsqu’elle rencontre le bel Andrew sur un Paris-New York, elle pense avoir enfin trouvé l’homme de sa vie. Au point d’essayer de lui faire un enfant, puisqu’il en rêve. Mais alors que le désir de maternité s’éveille peu à peu en elle, sa relation avec Andrew se dégrade. Si seulement elle arrivait à tomber enceinte, cela résoudrait tout, mais son corps s’y refuse.
Il lui faudrait un enfant. Un enfant à tout prix… Dans ce roman au rythme entêtant, Pascale Rault-Delmas explore, loin des clichés, les espoirs et blessures du désir d’enfant… jusqu’à l’obsession.

Après lecture :

(Audrey) Isabelle est hôtesse de l’air quand elle tombe sous le charme d’Andrew à bord d’un vol. L’attirance est réciproque, et bien vite le couple s’installe ensemble. Andrew est un homme tendre, attentionné et évoque la possibilité d’avoir un bébé. La jeune femme n’y pensait pas vraiment. Est-elle vraiment prête? En a-t-elle seulement envie? Mais faire un enfant n’est pas si simple qu’il n’y parait. Nous voila embarqués alors dans un roman fou où l’on suit Isabelle dans ses premiers pas au sein d’un centre de PMA. On découvre la façon dont Andrew vit la chose, avec distance, ne se remettant pas en cause dans les difficultés qu’éprouve Isabelle à être enceinte.

Rapidement, tout s’enchaîne. On assiste à des déceptions, des cris, des rencontres, des coups de théâtre. On y parle maternité, place du père, deuil périnatal et adoption. Le roman prend des virages inattendus, seule façon pour les personnages du roman de trouver une place de parents ou au contraire de savoir tirer un trait sur ce désir d’enfant.

J’avais quelques appréhensions avant ma lecture. Est-ce que lire un roman traitant du désir d’enfant, des difficultés à être mère, de la PMA n’allait pas réveiller de mauvais souvenirs. Je craignais d’être un peu chamboulée en partant à la rencontre d’Isabelle, et ce ne fut pas le cas. Je n’ai pas réussi à comparer son parcours au mien, je n’ai pas réussi à me prendre d’affection pour elle. Et je l’avoue ni pour aucun autre personnage. Il m’a manqué un soupçon de crédibilité pour être entièrement convaincue par leur histoire. Mais l’auteure le dit elle-même: « A travers une histoire aux rebondissements parfois peut-être un peu rocambolesques, j’ai voulu montrer que les humains ne sont pas maîtres de leur procréation. Traiter des difficultés rencontrées pour avoir un enfant est un sujet douloureux, c’est pourquoi, pour contrebalancer, j’ai voulu édulcorer mon récit en le saupoudrant d’un peu de romanesque. » 

J’ai refermé ce roman avec des sentiments ambivalents. L’impression d’avoir rencontré des personnages singuliers, qui ont su faire de cette histoire un message d’espoir et d’amour unique mais en même temps le manque de crédibilité m’a perturbée.

Je suis passée surement à coté du roman, lisez le pour vous vous faire votre propre opinion.

(Laure) Finalement, ce roman ne contenait pas ce que je m’attendais à y trouver. Je ne trouve pas tant que le roman soit centré sur le désir d’enfant, du moins moi je ne l’ai pas ressenti comme ça. Le personnage principal, Isabelle, n’a pas de désir de maternité lorsqu’elle rencontre Andrew. Mais lui oui. Il va parvenir à la convaincre mais la jeune femme, personnel navigant sur le Concorde, n’a plus de cycles depuis des années. L’irrégularité de sa vie a pu chambouler son corps. Elle va faire le sacrifice de ce métier qu’elle aime tant pour se donner une chance d’avoir un enfant. Ça ne suffira pas et elle découvrira donc la PMA dont on a un aperçu très bref et qui ne n’a pas spécialement fait écho en moi puisque le roman se passe dans les années 80.

A l’hôpital Béclère, Isabelle rencontre Agnès, qui est enceinte enfin après un parcours interminable. Si Isabelle ne m’émouvait pas spécialement, j’aurais pu m’attacher à Agnès mais elle ne sera présente dans l’histoire que comme un personnage secondaire. La suite du roman est rocambolesque, comme le présente l’auteure elle-même. Il va se passer une succession d’événements qui vont toucher tour à tour Isabelle, Andrew, Agnès. On ne s’ennuie pas et le rythme est là, rendant la lecture vraiment fluide et agréable. J’ai néanmoins été très surprise par cette lecture. Je ne sais pas ce que l’auteure voulait nous raconter. Comme je vous le disais, personnellement, je n’ai pas ressenti le désir d’enfant des personnages du roman donc je n’ai pas forcément cerné le but de cette succession d’événements qui nous amènent bien loin de ce que j’aurais pu imaginer. Le chemin vers la parentalité est multiple et on le sent bien ici mais en même temps, le roman n’est pas à prendre comme une illustration du monde réel tellement il est déconnecté de la réalité, les événements relatés ici sont vraiment amusants à lire mais pas spécialement crédibles. Je pense qu’il faut le lire plus comme une lecture distrayante et cocasse que comme une réflexion de fond sur la parentalité. Du moins, c’est ainsi que je l’ai lu. Et je l’ai apprécié ainsi.

[Duo lecture] Ces petits riens qui nous animent, Claire Norton

Pourquoi ce livre :

(Audrey) J’avais beaucoup aimé les deux précédents romans de l’auteure, impossible de ne pas lire celui-ci.

(Laure) J’ai les deux premiers romans dans ma PAL et je n’ai pas encore pris le temps de les lire. Ici, le résumé m’a tentée alors j’ai suivi Audrey.

La couverture :

(Audrey) Une très belle couverture, mais pourtant en refermant le livre, une tout autre image s’imposait à moi. La scène de fin, illustrée ou photographiée aurait été si parfaite.

(Laure) J’aime beaucoup. Coloris, image, c’est doux et apaisant.

La quatrième de couverture :

Ce matin-là, Aude est venue trouver refuge au parc des Buttes-Chaumont après avoir découvert l’infidélité de son mari.
Alexandre, lui, est contraint de faire un choix entre son grand amour et sa famille.
Quant à Nicolas, il s’inquiète des motifs qui ont poussé son frère à annuler le rendez-vous qu’ils avaient ensemble dans ce même parc.
Chacun plongé dans ses propres tourments, Aude, Alexandre et Nicolas débouchent en même temps sur le pont qui mène à l’île du Belvédère. Face à eux, une adolescente suspendue dans le vide menace de sauter. Portés par un même élan, sans réfléchir, ils se précipitent tous les trois pour la retenir.
Aucun d’eux n’imagine alors combien ce geste va profondément transformer leur vie.
Car ce sauvetage a un prix : celui de la promesse qui les lie désormais…
Ensemble, on est plus forts !
Une grande histoire d’amour et d’amitié comme on rêve tous d’en vivre.

Après lecture :

(Audrey) Parc des Buttes Chaumont, au petit matin : Alexandre, Aude et Nicolas ne se connaissent pas. Leurs regards se croisent, ils auraient pu rester de simples inconnus mais le cri d’une jeune fille va les réunir. Charlène s’apprête à sauter d’un pont. Ils lui viennent en aide, tentent de la convaincre et finissent par faire venir son père qui parle d’un simple caprice.

Elle accepte de lâcher la rambarde à condition que les 3 passants lui fassent la promesse de l’aider. Une promesse qu’ils approuvent sans savoir qu’il s’agit pour elle de retrouver la trace de sa mère, qu’elle n’a jamais connu. Notre trio aurait pu se contenter de filer une fois la jeune fille sur la terre ferme, mais non. Ensemble, ils vont essayer d’accompagner Charlène dans sa quête, au grand dam de son père. Il faut dire aussi que chacun traverse des épisodes personnels chaotiques et que s’occuper de Charlène, est peut-être le moyen de prendre du recul sur leurs propres situations.

Ensemble, ils vont vivre une folle aventure, pleine de surprises, de rebondissements qui va tous les faire grandir, évoluer et leur permettre de donner un nouvel élan à leurs vies.

Je lisais une blogueuse qui reprochait que ce roman accumule les clichés et que rien ne soit vraiment crédible. Mais pour ma part, je n’attends pas forcément d’un roman qu’il reflète ma réalité ou mon quotidien et j’accepte que les personnages soit différents de moi ou de mes idées. Je me suis beaucoup attachée à cette petite bande, touchée par ces moments ou parcours de vie pas évidents. J’ai aimé passer du temps en leur compagnie, assister à leur transformation et je n’avais aucune envie de les quitter. Si j’ai tant aimé ces personnages, c’est surement car Claire Norton use comme dans ses précédents romans d’une plume délicate et sensible, qui ne me laisse pas indifférente. Parce que j’ai aussi besoin de cela en lisant un roman : d’une histoire positive, belle et même si dès les premières lignes on peut présager que tout finira bien pour chacun d’entre eux, on prend plaisir à se laisser surprendre. La vie est par moments si terne, alors laissons nous illuminer par la magie que la littérature nous offre.

(Laure) Que j’ai aimé la scène d’ouverture de ce livre ! Ce parc, cette rencontre de 4 inconnus à un moment clé de leurs vies, la promesse faite des 3 plus âgés à cette jeune fille qui menace de se suicider. Et plus loin, l’union qui va naître entre eux, qui ne les unira pas seulement pour aider Charlène.

Alexandre, Aude, Charlène, Nicolas, Jérôme, ils sont tous émouvants, tous blessés par la vie. Le roman va prendre le temps de nous expliquer ce que chacun a vécu et traiter ainsi de nombreux sujets. J’ai tout particulièrement été touchée par l’histoire familiale de Jérôme et sa fille Charlène. Pourquoi cette mère a-t-elle abandonné sa fille, la laissant aux soins de son père alors qu’elle venait de naître ? Pourquoi cet homme n’a-t-il jamais refait sa vie ? Je n’imaginais rien du si lourd secret qu’il cache.

C’est un roman prenant parce que l’auteure nous donne vite envie de savoir ce que chacun cache et surtout comment, à eux tous, unis, ils vont savoir donner une nouvelle impulsion à leurs vies. On n’a pas envie de poser le livre, on veut poursuivre, savoir et les accompagner nous aussi.

Cette bande hétéroclite me laissera un bien agréable souvenir, leurs échanges sont mêlés d’humour, de petites piques par moments ou même de vrais coups bas mais ils nous montrent aussi et surtout au final que parfois, des inconnus peuvent nous apporter bien plus que les gens qui partagent notre vie depuis toujours.

(roman lu en partenariat avec Netgalley)

[Duo lecture] L’infini des possibles, Lori Nelson Spielman

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Des semaines que l’on attend ce nouveau titre de Lori Nelson Spielman, alors autant dire que l’on a sauté dessus pour le lire en duo.

(Laure) Comme pour le précédent titre sorti en 2018, c’était un achat inévitable. Et un duo qui restera un moment mémorable partagé avec Audrey.

La couverture :

(Audrey) Pas fan de la couverture. Mais peu importe le flacon …

(Laure) Ce n’est pas le coup de cœur pour moi avec cette couv, mais ce livre ne peut pas tout avoir pour lui non plus !

La quatrième de couverture :

Paulina Fontana, vieille dame pleine de fantaisie et de créativité en rupture de ban avec sa famille américaine, invite ses petites-nièces, Emilia et Lucy, à visiter son pays natal, l’Italie. Elle leur fait une déclaration fracassante : le jour de son quatre-vingtième anniversaire, elle rencontrera l’amour de sa vie et mettra fin une fois pour toutes à la  » malédiction de la deuxième fille de la famille Fontana « .

Cette  » malédiction  » n’est probablement rien d’autre qu’une coïncidence, un vieux mythe. Pourtant, personne ne peut nier que pendant des siècles, pas une seule deuxième née de la famille Fontana n’a trouvé l’amour.

Que se passerait-il si ce supposé sort était brisé ? Emilia, qui, à 29 ans, semble accepter cette malédiction, trouverait-elle à son tour le grand amour ?

Au cœur de la campagne Toscane, Paulina va finalement révéler des secrets de famille autrement plus troublants qu’une malédiction vieille de plusieurs siècles…

Après lecture :

(Laure) Je suis sûre que vous êtes prêts à rencontrer Poppy, cette vieille dame fantasque, généreuse, audacieuse, positive. Elle va vous offrir son infini des possibles, elle va vous encourager à porter un autre regard sur la vie car « oui c’est possible ». Elle va merveilleusement réussir à le faire comprendre à Emilia et Lucia alors je ne doute pas que vous serez contaminés aussi.

Tu sais, j’adore les fous. Ceux qui explorent, qui rient, qui créent comme des fous. Ceux qui n’ont pas peur des os cassés ni des cœurs brisés, qui prennent des risques et se réjouissent des surprises.

Avant d’être une vieille dame de 80 ans qui prépare son dernier voyage pour l’Italie, Poppy a été une jeune femme qui a vécu la plus belle des histoires d’amour. Une histoire qu’elle va confier peu à peu à ses deux petites nièces, qui l’ont suivie dans un périple sur les lieux de sa jeunesse, l’Italie. Comment vous dire à quel point je me suis immergée moi même dans ce voyage ? A quel point j’ai lu des scènes du livre comme si je les avais vécues ? en ayant encore l’image si précise en tête en écrivant cet article.

J’ai été transportée comme y parviennent quelques rares livres, ceux qui seront nos inoubliables. L’histoire des Fontana, la malédiction qui semble peser sur les sœurs cadettes est captivante. Les 2 cousines Lucia et Emilia ont grandi avec ce poids sur les épaules, elles ont été convaincues par la pression familiale qu’il ne leur serait pas possible d’avoir un avenir heureux, un amour, une famille. Ce sont deux jeunes femmes qui ne sont donc ni libres ni accomplies lorsqu’on fait leur connaissance. Et le voyage en Italie aux côtés de leur grand-tante va leur apporter un renouveau, un nouvel œil sur la vie, une nouvelle foi en elles-mêmes. Et si le bonheur n’était définitivement pas là où on l’attend ?

Coup de cœur pour ce sublime roman qui a absolument tout pour lui : une belle tribu, une histoire de famille riche et captivante, des personnages qui sont tous oh combien attachants (jusqu’au moindre personnage secondaire !), des héroïnes comme on les aime tant dans les livres, une histoire d’amour qui traverse le temps et qui est si pleine d’émotion, un cadre géographique enchanteur.

Au bout du compte, la vie est une équation très simple. A chaque fois que tu aimes, que ce soit un homme ou un enfant, un chat ou un cheval, tu ajoutes de la couleur à ce monde. Quand tu ne réussis pas à aimer, tu le ternis.

Vous ne savez pas quoi lire cet été ? Vous avez là 525 pages de bonheur servies par la belle plume de Lori Nelson Spielman !

(Audrey) Je crois que Laure a tout dit, et qu’il faut vous ruer en librairie pour acheter ce roman. Sachez juste, que vous n’arriverez pas à le reposer. Vous allez faire connaissance avec Poppy, Emilia et Lucia, ainsi que d’autres personnages dont vous aurez du mal à vous séparer. Vous allez être émerveillés par ce récit, par les histoires d’amour heureuses ou malheureuses des femmes Fontana.

Vous allez espérer, croire, attendre et vivre avec elles. Vous voyagerez en Italie, vous aurez le goût des plats italiens sous la langue, vous naviguerez à bord d’une gondole à Venise ou à Vespa le long de la côte Amalfitaine.

En lisant ce roman, vous allez vibrer, frissonner et peut-être même pleurer. Mais vous allez surtout sourire et aimer. Vous allez comprendre que finalement tout est possible, il suffit de se lancer, d’y croire et de laisser la porte ouverte au bonheur.

Un sacré coup de cœur que ce roman.

[Duo lecture] Les jours brûlants, Laurence Peyrin

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Laurence Peyrin est une auteure que j’aime beaucoup lire. Un plaisir partagé avec Laure, une lecture duo s’imposait donc.

(Laure) Depuis mon coup de cœur pour L’aile des vierges, j’aime relire Laurence Peyrin.

La couverture :

(Audrey) Une couverture qui manque un peu de couleur à mon goût, mais qui reste très sympa.

(Laure) Une couverture très seventies que j’ai comprise après lecture mais dont les tons noir et blanc ne me charment pas.

La quatrième de couverture :

À 37 ans, Joanne mène une vie sereine à Modesto, jolie ville de Californie, en cette fin des années 1970. Elle a deux enfants, un mari attentionné, et veille sur eux avec affection.
Et puis… alors qu’elle rentre de la bibliothèque, Joanne est agressée. Un homme surgit, la fait tomber, l’insulte, la frappe pour lui voler son sac. Joanne s’en tire avec des contusions, mais à l’intérieur d’elle-même, tout a volé en éclats. Elle n’arrive pas à reprendre le cours de sa vie. Son mari, ses enfants, ne la reconnaissent plus. Du fond de son désarroi, Joanne comprend qu’elle leur fait peur.
Alors elle s’en va. Laissant tout derrière elle, elle monte dans sa Ford Pinto beige et prend la Golden State Highway. Direction Las Vegas.
C’est là, dans la Cité du Péché, qu’une main va se tendre vers elle. Et lui offrir un refuge inattendu. Cela suffira-t-il à lui redonner le goût de l’innocence heureuse ?

Après lecture :

(Laure) Les jours brûlants est un roman qui tourne vraiment autour de son héroïne, Joanne. A la base, la vie de Joanne ne me fait pas rêver, tombée enceinte très tôt, trop tôt, elle se marie et devient la parfaite femme de maison. Épouse de médecin, elle élève ses 2 enfants. Le genre de destin que je n’envie pas du tout. Et pourtant, Joanne m’a touchée lorsqu’elle explique à sa fille qui lui reproche ce mode de vie à quel point elle a été satisfaite et heureuse dans sa vie. On sent également tout l’amour qu’elle porte à son époux et le beau duo qu’ils forment encore bien des années après.

Et puis un jour, un drame survient. Ce n’est pas quelque chose de si terrible en soi, c’est malheureusement tristement courant mais Joanne tombe de haut parce qu’elle vit dans sa petite bulle dorée, de bourgeoise préservée.  A partir de là, Joanne déraille, elle fait n’importe quoi, ses proches ne la reconnaissent plus. Au début, on découvre une nouvelle Joanne qui me faisait plutôt rigoler, je me disais après tout cet événement va peut être la libérer un peu de son carcan et donner un nouvel élan à sa vie.

Mais j’étais loin d’imaginer l’épopée à Las Vegas dans laquelle nous amène Laurence Peyrin. Une épopée qui m’a moyennement convaincue parce que j’ai vite trouvé que cela tournait en rond, cette partie du récit m’a moins charmée. J’étais assez surprise du revirement dans le personnage de Joanne et, sans critiquer ses réactions, je ne voyais pas du tout en quoi cette décision allait pouvoir aider Joanne, j’avais plutôt le sentiment de la voir s’enfoncer. La fin m’a ramenée au sentiment agréable du début, c’était une jolie conclusion qui a bouclé la boucle d’un pétage de plomb comme il peut nous arriver à tous. Mais je regrette ces longs moments à Vegas qui ne m’ont pas charmée.

(Audrey) J’attends toujours beaucoup des héroïnes que nous présente Laurence Peyrin. Je crois que c’est une des choses que j’aime chez elle, ce don de nous dresser à chaque texte le portrait de femmes particulières. Des femmes  tantôt fortes, audacieuses, libres, inventives… Autant dire que j’attendais avec impatience de faire le connaissance avec la femme de ce roman. Joanne est ce que l’on pourrait appeler une mère et une épouse parfaite comme on peut l’attendre dans les années 1970. Aimante, douce, elle cuisine, tient sa maison propre. Elle a élevé deux enfants, Christopher et Brianna (qui reproche à sa mère son manque de liberté) et fait le bonheur des soirées à la maison en confectionant des cocktails parfaits. Une vie bien réglée, mais un événement va venir enrayer cette routine parfaite. Joanne est agressée par un homme qui lui vole son sac. Elle se relève de cette agression et semble presque vouloir ignorer ce qu’il s’est passé. Puis au delà des blessures physiques, ce sont les répercussions psychologiques qui vont tout bouleverser. Joanne se perd, et elle ne voit qu’une solution, fuir. Elle gare sa voiture et pose son sac à Las Vegas. Elle va y faire des connaissances qui l’aideront et l’empêcheront de sombrer au cœur de la cité des péchés.

Joanne ! J’ai essayé de la comprendre, de l’apprécier, de justifier ses choix mais je n’ai pas réussi. Je dois être sans cœur, mais malgré ce qu’elle a vécu, je l’ai trouvée si faible. En tournant les pages, j’avais envie d’aller vers elle pour la gifler, lui faire reprendre ses esprits et qu’elle retourne rapidement chez elle retrouver famille et amis. Je n’ai pas eu plus de sympathie pour ses acolytes. A l’inverse, j’ai trouvé les quelques personnages masculins presque plus intéressants. Je referme ce livre sans le même enthousiasme qu’avec les précédents romans de l’auteure. Mais cette sensation m’est propre, et je suis sûre que Joanne saura faire chavirer d’autres lecteurs et lectrices.

(roman lu en partenariat avec Netgalley)

[Duo lecture] Emmenez-moi, Collectif

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Des nouvelles, quelques auteurs que j’affectionne, il m’en fallait pas davantage pour avoir envie de me plonger dans recueil.

(Laure) J’ai beaucoup aimé que les éditions Charleston proposent elles aussi leur recueil solidaire en faveur des soignants, je l’ai donc acheté sans hésiter.

La couverture :

(Audrey) Une couverture fleurie qui laisse présager des textes empreints de fraîcheur. J’aime beaucoup.

(Laure) Des coloris très Charleston, j’aime !

La quatrième de couverture :

Alors que le monde fait face à une crise sanitaire sans précédent, les auteurs et l’équipe Charleston souhaitent s’associer aux démarches solidaires spontanées qui se sont développées dans tout le pays et soutenir le personnel soignant. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un recueil de nouvelles en partenariat avec le collectif #ProtègeTonSoignant.

Puisque les mots resteront toujours le meilleur moyen de s’évader, dix des auteurs et autrices Charleston vous invitent au voyage, à laisser derrière vous un quotidien qui comporte nécessairement de petites baisses de moral, pour suivre leurs héros dans leur quête d’évasion. Depuis un banc ensoleillé, en partance pour des destinations exotiques, ou au cœur d’une gare où se croisent les voyageurs, un moment de divertissement et d’évasion !

Après lecture :

(Audrey) J’ai lu beaucoup de nouvelles ces dernières semaines, et j’avais envie de continuer avec ce recueil réunissant quelques auteure()s que j’affectionne beaucoup, et c’était le moment de découvrir d’autres plumes, notamment Julien Rampin.

10 textes, avec comme point commun cette envie ou ce besoin d’évasion, de voyage, d’autres choses. 10 textes, présentant des personnages différents : j’ai aimé certains d’entre eux, j’ai eu plus de mal à accrocher avec d’autres d’autres. J’ai beaucoup aimé l’histoire de Robyn qui trouve refuge chez une vieille dame. Clarisse Sabard nous livre une nouvelle qui nous rappelle qu’il faut écouter son cœur pour trouver l’endroit où l’on se sentira bien. Je retiendrai aussi la plume tendre et poétique de Julien Rampin, avec lui on prend place sur un banc aux cotés de Ginette, qui regarde droit devant elle, sereine et attendant un miracle. Très touchée également par la petite Mistinguett, petite fille espiègle et curieuse dans la nouvelle de Marie Vareille.

10 textes frais et agréables à lire. Nul doute que chaque lecteur ou lectrice trouvera dans ce recueil le texte qui le fera voyager, qui l’emmènera le temps d’une lecture pour un moment où les mots font oublier le reste.

(Laure) Je ne suis pas férue de nouvelles vous le savez, je laisse volontiers cette « casquette » à Audrey mais j’ai su moi aussi me laisser charmer par certaines nouvelles du recueil. Clairement, je partage la préférence d’Audrey et ne suis pas surprise que ce soit celle de Clarisse Sabard qui nous ait fait vibrer. C’est toute la plume et le talent de Clarisse qu’on retrouve une fois de plus dans sa nouvelle, avec le soupçon de magie habituel et toujours une histoire à cheval entre 2 époques. Et oui, elle arrive à faire cela en seulement quelques pages !

En second lieu, je citerai également Julien Rampin dont je découvre la jeune plume. Il évoque les souvenirs de toute une vie et c’est très très joliment fait. J’aime souvent beaucoup la façon dont il parle de ce qu’il a aimé dans les livres qu’il lit, je ne suis pas surprise qu’il sache aussi nous charmer en inventant des histoires.

Et puis, pour le côté vraiment décalé, original et loufoque, je retiens également la nouvelle de Laura Trompette qui brouille les pistes dans une nouvelle bien mystérieuse. On la lit en faisant des hypothèses : de qui nous parle-t-elle ainsi ? J’avais une idée et je ne me suis pas trompée, le procédé est vraiment amusant à lire.

 

Si vous avez lu le recueil, n’hésitez pas à partager avec nous vos textes préférés en commentaire.