Archives du mot-clé Femmes

Loin à l’ouest, Delphine Coulin

016

Quatrième de couverture :

C’est l’histoire de quatre mauvaises filles : Georges, prénommée ainsi pour qu’elle ait « une vie d’homme », l’une des premières à porter des pantalons ; Lucie, sa belle-fille, Résistante au cours de la Seconde Guerre mondiale ; Solange, sa petite-fille à la beauté singulière, qui vit l’époque de la libération sexuelle ; et son arrière-petite-fille, Octavie, qui enquête aujourd’hui sur les femmes de sa famille, leurs secrets et leurs  mensonges.
C’est l’histoire de garçons manqués qui sont des femmes réussies, des héroïnes du quotidien qui ont su  réinventer leurs vies. De la Commune à nos jours en passant par la période des yéyés, ces pionnières, à la fois ordinaires et exceptionnellement indépendantes, se débattent avec leurs rêves de liberté corsetés à chaque époque…
Un récit haletant, une saga passionnante autour de femmes aussi puissantes qu’attachantes, qui tiennent  ce premier rôle qui leur a toujours été refusé.

L’avis de Laure :

J’ai toujours beaucoup aimé les histoires de générations de femmes. Ici, pendant un siècle, nous allons suivre Georges et les sien(ne)s. Oui, Georges, un prénom d’homme pour une femme peu banale. Déjà toute petite, elle se démarque par son caractère, sa façon d’être et sa liberté. Le genre de personnage que j’adore par sa volonté de se moquer du quand dira-t-on, on sait qu’elle aura une vie à sa façon avec ses choix assumés, peu importe ce que la bonne société peut en penser.

A travers ce siècle, on traverse plein de sujets grandement liés au féminisme et à l’émancipation des femmes. A leur rôle nécessaire à l’arrière pendant la seconde guerre mondiale. A leur volonté de maitriser leurs grossesses. Au débat pour obtenir le droit de voter, de travailler. Bref, tout ce siècle d’histoire fort pour la cause des femmes est incarné ici à travers la vie de Georges.

Et en même temps, c’est touchant à quel point la vie de Georges s’est quand même faite par / à travers les hommes. Ils ont été importants dans sa vie, indispensables même. Différents conjoints successifs, un fils. On a beau être une femme libre et indépendante, impossible de vivre sans homme et j’ai aimé ce petit paradoxe si représentatif de la vie réelle.

Si je me suis un peu essoufflée dans la suite du roman, lorsque Georges vieillit et qu’elle n’est plus le personnage principal du récit, j’ai apprécié le regard porté sur les femmes à travers ce roman. Et je garderai de ma lecture, comme un clin d’œil,  un vocabulaire qui a beaucoup de sens pour moi : celui de dire qu’un garçon manqué est une fille réussie !

Ma notation :

Une jolie lecture.

Juré Litté

Les falaises, Virginie Dechamplain

007

Quatrième de couverture :

V. vient d’apprendre que l’on a retrouvé le corps sans vie de sa mère, rejeté par le fleuve Saint-Laurent sur une plage de la Gaspésie. Elle regagne brusquement sa maison natale et se confectionne une «  île  » au milieu du salon venteux. Un lieu où elle découvre, pour mieux l’effacer – ou la ramener –, l’histoire des femmes de sa lignée à travers les journaux manuscrits de sa grand-mère. Prise dans sa lecture, V. est incapable de s’en détacher. Sa seule échappatoire réside derrière le comptoir d’un bar du village, en la personne d’une rousse à la chevelure aérienne prénommée Chloé.
Les Falaises fait le récit d’un chaos à dompter, d’un grand voyage onirique, historique et féminin, qui, de la Gaspésie à l’Islande, réunit ces survivantes de mère en fille. De celles qui admettent difficilement être de quelque part, préférant se savoir ailleurs et se déraciner à volonté…

L’avis de Laure :

Première lecture pour le Prix HarperCollins Poche, un roman aux chapitres très court et qui se lit comme une parenthèse. On suit V. (que j’imagine être l’auteure elle même) au Canada, où elle vient d’apprendre le décès de sa mère. Elle va vider la maison de celle-ci et plonger à cette occasion dans des souvenirs, ceux qui ont amené sa mère et grand mère depuis l’Irlande.

J’ai toujours du mal à parler des romans courts parce qu’il y a inévitablement moins à en dire. Ce  roman se lit facilement si l’on excepte le vocabulaire du Canada que l’on ne connait parfois pas (autant on sait ou on comprend avec le contexte qu’un char est une voiture, autant d’autres mots de vocabulaires étaient plus obscurs pour moi).

J’ai ressenti peu d’émotions à la lecture de ce texte parce qu’elles sont présentes mais tout en pudeur, je crois que ça correspond aux personnages et à leur vécu, leur façon d’être, ils vivent les choses simplement, sans forcément chercher à mettre des mots dessus. Mais on le ressent, cette quête que V. va faire vers ses origines est importante pour elle, pour avancer pour faire son deuil.

Alors, c’est un roman à lire comme celui qui décrit un temps de vie chamboulé, celui que V. traverse à la suite du décès de sa mère.

Ma notation :

Une lecture particulière, je ne saurai vous dire si j’ai aimé.

Juré Litté

Mille soleils splendides, Khaled Hosseini

003

Quatrième de couverture :

Forcée d’épouser un homme de trente ans son aîné, exécrable islamiste aux allures de Barbe Bleue, Mariam subit la colère de son époux devant son incapacité à lui donner un fils. Après dix-huit ans de soumissions à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l’arrivée de Laila sous son propre foyer une petite voisine de 14 ans, que Rachid décide d’épouser en secondes noces.  Les années passent, longues comme des veillées funèbres. Massoud assassiné. Les Talibans installés. De rivales, Mariam et Laila deviennent alliées, sœurs de malheur face au despotisme des pères, des maris et de leur cortège de lois inhumaines. Dans la prison de leur exil intérieur, elles unissent leur courage pour tenter de fuir l’Afghanistan et sa folie meurtrière, et partir au Pakistan. Mais parviendront-elles jamais à quitter cette terre dévastée, et leur ville, Kaboul, où « les soleils splendides » du passé sont aujourd’hui noyés dans des bains de sang ?

L’avis de Laure :

J’ai trouvé ce livre par hasard dans une bourse aux livres et je l’ai pris sans hésiter, en sachant que j’allais découvrir une histoire culte. S’il m’a fallu du temps pour comprendre où le roman allait en venir, j’ai pu une fois entrée dans l’histoire être émue et choquée par le destin de 2 afghanes.

Le roman débute par la présentation tour à tour de 2 femmes qui n’ont rien en commun et c’est un point qui m’a décontenancée avant que le lien entre elles ne se fasse. Mariam sera d’abord toute son enfance une enfant cachée, vivant isolée avec sa mère qui a eu un enfant hors mariage d’un homme ayant déjà 3 épouses. La petite fille n’est rien jusqu’au jour où les femmes de son père la forcent à épouser Rachid. Une vie qui devient alors normale mais guère plus heureuse avec cet homme violent qui lui reprochera toujours de ne pas avoir d’enfant.

De son côté, la vie de Laila, bien plus jeune, sera largement plus heureuse. Pourtant son sort va aussi la mener dans la vie de Rachid qu’elle acceptera d’épouser pour obtenir la protection d’un homme. Laila, la jeune épouse et Mariam, la plus âgée ne seront d’abord pas amies, tout les oppose, elles ne se connaissent pas et n’ont rien en commun. Pourtant, c’est ensemble qu’elles vont vivre les tristes évolutions de leur pays, un régime qui deviendra de plus en plus persécuteur pour les femmes.

J’ai beaucoup aimé l’éclairage que l’auteur amène sur l’histoire de l’Aghanistan, on apprend beaucoup de choses à travers cette lecture qui couvre plusieurs dizaines d’années. Le dosage est parfaitement ajusté entre l’histoire des personnages et celle du pays qui est nécessaire car elle explique aussi beaucoup de choses sur la vie des femmes. Et bien sûr, de notre point de vue européen, il y a bien des choses révoltantes ! Alors comment ne pas comprendre le besoin de fuite de ces femmes ? C’est soudées qu’elles vont envisager leur avenir, se dire que leur quotidien doit cesser, qu’elles ont le droit au bonheur. Et en même temps, le roman reste juste réaliste, crédible et montre à quel point rien ne peut être facile dans ce pays où les femmes sont sous tutelle permanente et ne peuvent rien faire seules.

Je vous conseille vivement de lire ce roman, il est important.

Ma notation :

Une très belle découverte, qui marquera car elle illustre la triste destinée de toutes les femmes afghanes.

Huit battements d’ailes, Laura Trompette

003

Quatrième de couverture :

Elles sont huit. Parmi elles, une conductrice de poids lourd sur les routes de France, la porte-parole de la Maison Blanche, une prisonnière en Chine ou encore une orpheline en Inde. A priori, tout les sépare. Et pourtant, en l’espace de 24 heures, ce 24 avril 2020 où le monde semble s’être mis à l’arrêt, leurs destins vont se rejoindre et leurs vies irrémédiablement se lier.

Un hymne à la sororité qui traverse les âges et les frontières.

L’avis de Laure :

Le nouveau roman de Laura Trompette donne le ton dès sa couverture : c’est une histoire de femmes de tous univers, classes sociales, âges et localisation. Quelque chose que j’aime beaucoup lire et qui m’a charmée encore plus quand j’ai découvert dans quel contexte particulier l’auteure présentait son histoire.

Nous sommes en plein dans ces jours sombres de 2020 qui ont bouleversé le sort de toute la planète. Et on voit ici l’impact fou que ce confinement a pu avoir sur la vie des femmes où qu’elles soient. Heureusement, elles sont unies. A travers le monde, un lien va se créer entre les unes et les autres. On oublie le chacun pour soi et on ouvre le regard sur les sœurs en galère. Ce message est fort, forcément la lecture ne peut que nous toucher. Violences conjugales, prostitution, enfant orphelin, les thématiques sont variées, elles illustrent les difficultés rencontrées par les femmes à travers le monde.

J’aime énormément ces romans qui interpellent, qui créent le lien, qui prouvent aussi la beauté de l’humanité. Et vous trouverez tout cela dans ce roman qui se dévore en un court moment. On passe d’un personnage à l’autre avec facilité et on s’attache à chacune. J’ai juste eu un goût de trop peu parce que, quand on plonge dans roman humain et fort comme celui-ci, on a envie qu’il nous accompagne un moment pour en ressortir avec une très grande dose d’optimisme pour la vie réelle !

Ma notation :

Merci Laura Trompette pour ce roman nécessaire !

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

[Duo lecture] Hadley & Grace, Suzanne Redfearn

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Un duo d’héroïnes, l’excuse parfaite pour lire ce roman en duo 😉

(Laure) Quand on a la chance d’être partenaire Faubourg Marigny c’est l’opportunité de se laisser transporter par des histoires pleines de surprises et ce road trip s’annonçait évidemment prometteur.

La couverture :

013

(Laure) Une couverture aux accents très américains et qui laisse bien imaginer le road trip que l’histoire nous réserve.

(Audrey) Ce roman nous emmène sur les routes, fidèle à l’image de cette couverture.

La quatrième de couverture :

Décidée à fuir un mari violent et abusif, Hadley décide de prendre ses deux enfants sous les bras et de tout quitter.
La jeune quarantenaire n’est pourtant pas des plus aventureuses… Mais elle sait que c’est son unique chance de protéger sa famille.

Grace est la toute jeune maman de Miles. Elle aussi est bien décidée à quitter son mari, qui dépense leurs rares économies dans les jeux d’argent.

Mais quand le chemin des deux femmes se croisent, leur quête commune pour un nouveau départ risque de prendre une autre tournure…

Comprenant qu’elles sont plus fortes à deux, elles décident de s’enfuir ensemble, chacune devant décider ce qu’elle est prête à risquer pour l’autre.

Une histoire forte de découverte de soi, deux héroïnes qui puisent dans leurs dernières ressources pour offrir la meilleure vie possible à leurs enfants, tout en découvrant de nouvelles formes d’amour et de famille tout au long de leur aventure.

Après lecture :

(Audrey) Prêts à vivre une folle et rocambolesque aventure ? Croyez-moi, ces deux femmes vont vous en faire voir de toutes les couleurs.

J’ai aimé ce duo féminin dès les premiers instants de leur rencontre. Tout leur échappe, et pourtant elles vont savoir rebondir. Mais surtout, un lien intense de confiance et d’amitié va se créer entre elles. Ensemble, elles sont plus fortes et puisent le courage nécessaire pour s’en sortir. J’avoue que j’ai bien souvent craint pour elles, mais elles ont su me surprendre à chaque fois par tant d’audace.

L’auteure enchaine les situations cocasses pour notre plus grand plaisir. Un roman très divertissant, à l’intrigue très cinématographique. On en redemande.

(Laure) A chaque nouvelle parution Faubourg Marigny, je salue l’originalité du roman, j’ai l’impression de lire quelque chose que je n’ai jamais lu ailleurs et quand on lit autant que moi c’est vraiment agréable. Hadley & Grace nous offrent ce renouveau à travers un road trip rocambolesque à souhait, une histoire très visuelle qu’on imaginerait parfaitement adaptée au cinéma.

Derrière Hadley et Grace se cachent deux mères de famille : un bébé, un jeune garçon et une adolescente qui vont se retrouver eux aussi embarqués malgré eux, dans le road trip que leurs mères n’avaient pas imaginé une seconde devoir vivre. Ce qui est génial avec cette histoire c’est combien ces 2 femmes n’aspirent juste à la base qu’à la normalité, à retirer de leurs vies ces irritants qui ne les rendent pas heureuses. Et puis c’est l’escalade, un événement après l’autre qui vont les emmener très loin et les mettre en danger face à la justice.

Plus on avance dans l’histoire, plus ça se complexifie et moins on imagine la possibilité d’une fin heureuse pour nos héroïnes attachantes. Mais Suzanne Redfearn nous surprend jusqu’au bout avec ce roman haletant !

(Merci aux éditions Faubourg Marigny pour cette lecture)