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Les quatre grâces, Patricia Gaffney

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Quatrième de couverture :

Emma, Rudy, Lee et Isabel ont peu en commun, si ce n’est leur amitié, indéfectible. Depuis dix ans, elles se réunissent une fois par semaine et forment le Club des Grâces. Avec esprit, humour et compassion, elles partagent les bons moments et surmontent les coups durs : le divorce d’Isabel et son cancer ; la déprime de Rudy ; les doutes d’Emma quant à sa vocation d’écrivain… Face aux aléas de la vie, elles sont plus fortes à quatre.

Jusqu’au jour où survient une épreuve à laquelle elles n’étaient pas préparées. Comment les Grâces surmonteront-elles, chacune à leur façon, cette crise sans précédent ?

L’avis de Laure :

Un roman choral sur l’amitié, c’est comme une promesse à laquelle on ne peut résister. Et en même temps, sans surprise avec moi, je vous le répète toujours, qu’est ce que je galère quand il y a plusieurs personnages qui se racontent en parallèle. 

Et bien cette lecture n’a pas fait exception et il m’a fallu un temps fou pour me remettre en tête à chaque début de chapitre qui est Emma, Rudy, Lee et Isabel. Laquelle est dans un couple chelou, laquelle est divorcée avec un enfant, laquelle galère professionnellement, laquelle a craqué pour un homme marié, etc… Je n’ai pas forcément adhéré au club qu’elles ont créé et qui les réunit régulièrement, ce temps de confidence entre amies c’est ce dont les femmes rêvent toutes mais ici je n’étais pas spécialement dans l’ambiance.

Je vous avoue même que j’ai hésité à poursuivre ma lecture, d’autant plus qu’il s’agit d’un roman de plus de 500 pages. Ce qui m’a convaincue c’est que j’en ai vu des avis fort élogieux, je me suis donc dit que ça allait démarrer, que c’était juste un peu long dans mon cas. Mais en fait, non, je le referme en étant toujours mitigée. Bien sûr la suite du roman évolue vers des événements plus forts que vont vivre des héroïnes. Mais malgré l’importance de ceux-ci, la mayonnaise ne prenait toujours pas,  je n’ai pas été transportée par les émotions que le récit souhaite pourtant véhiculer.

C’est comme ça parfois avec certaines lectures, on s’attache très très vite ou pas du tout. Malheureusement, Les quatre grâces n’ont pas bénéficié de ma grâce à moi. Mais peut-être que pour vous, cela fonctionnera ?

Ma notation :

Je n’ai pas été transportée par ce roman.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

Hystériques, Sophie Adriansen

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Quatrième de couverture :

Il y a Noémie, qui désespère de tomber enceinte et se découvre malade de cet organe dont elle attend tout. Clémentine, qui renoue avec un souvenir dont seul son utérus a gardé la mémoire et qui va chambouler sa vie. Et Diane, qui se démène pour créer à tout prix le nid dont elle rêve pour ses enfants, après s’être débattue avec les suites d’un premier accouchement difficile. Elles sont sœurs, dans une famille où on ne parle pas d’utérus. Ni de sexe, de règles ou d’accouchement. Leur mère leur a transmis cette philosophie du silence. Face à un tel tabou, comment devenir femme, puis mère ?

Dans ce roman choral, Sophie Adriansen donne la parole aux femmes pour questionner la maternité, la transmission et l’héritage. Un récit sincère, puissant, dérangeant et formidablement libérateur.

L’avis de Laure :

Je découvre Sophie Adriansen avec ce roman choral dans lequel, à travers l’histoire de 3 sœurs, elle va évoquer tous les grands et petits sujets de la maternité. Une lecture tellement d’actualité qui ne peut que toucher les femmes que nous sommes, déjà mères ou mères en devenir.

Il m’a fallu un peu de temps pour situer chaque personnage, comme toujours lorsqu’on me plonge dans une tribu assez nombreuse. Il y a Diane l’aînée, mère de deux enfants, prête à déménager. Elle avance dans sa vie de mère malgré un premier accouchement violent et traumatique. Il y a Clémentine la cadette, mère d’une petite fille, elle s’apprête à accueillir son 2ème enfant. Tout va très bien jusqu’au jour où elle se rappelle des événements soigneusement enfouis au fond de sa mémoire. Quant à Noémie, la petite dernière de la fratrie, elle rêve de devenir mère à son tour mais apprend qu’elle est atteinte d’un cancer et doit se faire retirer l’utérus. D’abord anéantie, elle et son conjoint vont vite se lancer dans un parcours du combattant : devenir parents en bénéficiant d’une greffe d’utérus.

J’ai aimé ce roman parce qu’il est au cœur d’une actualité forte, parce qu’il traite des femmes, de leur droit à faire ce qu’elles veulent de leur corps, de la façon dont les suivis gynécologiques peuvent être violents, cruels et dénués d’humanité. On en parle de plus en plus, nous qui ne sommes que des femmes, nous que l’on n’entend pas (ne veut pas entendre ?) depuis des siècles parce que nos douleurs sont sous estimées, et la psychologie de tout ce qui tourne autour de la maternité encore plus. Sophie Adriansen parvient, en mettant en lumière 3 sœurs et des vies variées, à évoquer le panel complet des sujets de la maternité. Du désir d’enfant et de la difficulté pour certains couples à concevoir, au baby blues post accouchement, à la difficulté d’élever un enfant, en passant par la grossesse, les violences obstétricales (et cette épouvantable pratique du point du mari), l’accouchement sous X, le déni de grossesse, le cancer, le don d’utérus. Je ne m’attendais pas à un roman aussi complet !

C’est un roman que je recommanderai à toutes les femmes, mères, à toutes celles qui espèrent un enfant, à celles qui sont enceinte. C’est aussi en lisant ce genre de livres qu’on fait progresser la cause féministe, parce qu’on s’instruit sur ce que les femmes subissent et qu’on s’arme alors pour que les choses changent. Le seul profil qu’il aurait manqué dans le roman, c’est celui de la femme qui ne veut pas d’enfant et subit elle aussi le point des injonctions sociétales. Mais il y a déjà tellement de choses dans ce roman qu’il aurait été difficile d’en ajouter encore.

Ma notation :

Un roman à lire, à partager entre femmes, mères ou non.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

La part des anges, Bruno Combes

Quatrième de couverture :

Lisa a perdu le goût de vivre depuis la mort accidentelle de son fils. Avec son mari et sa fille, elle quitte Paris pour s’installer dans une ferme isolée au fin fond du Périgord, La Part des Anges, dans l’espoir de se reconstruire. En vain…
Jusqu’au jour où Lisa découvre, niché dans le grenier de la vieille bâtisse, le journal d’Alice qui a vécu à La Part des Anges quatre-vingts ans auparavant. Page après page, Alice y raconte toutes les épreuves que la Seconde Guerre mondiale lui a fait traverser, de son mari déporté en Allemagne aux pires souffrances qu’elle a dû endurer pour assurer la sauvegarde de sa famille.
Deux âmes égarées vont ainsi se rencontrer à l’abri des murs de ce lieu mystérieux. Devant le courage d’Alice, Lisa trouvera-t-elle la force de se reconstruire ?

L’avis de Laure :

J’ai été ravie de découvrir cette lecture avec ma copine Aurélie (Monjardinlittéraire), cela faisait longtemps que nous n’avions pas fait de lecture duo. Je n’ai jamais lu Bruno Combes mais me suis vite laissée tenter par le résumé de cette histoire contemporaine dans laquelle intervient un journal intime, qui nous replonge dans la seconde guerre mondiale. Secrets potentiels et seconde guerre mondiale, il n’en fallait pas plus pour me convaincre.

C’est une lecture qui défile sans aucun souci, c’est extrêmement facile à lire et prenant, on s’attache de suite à Lisa, comment ne pas faire autrement quand on apprend le drame que cette mère a vécu ? On la lit dévastée et on sait qu’elle va avoir besoin de temps pour reprendre pied. J’ai adoré l’installation de Lisa, Hugo et leur fille Emilie dans ce petit village de Dordogne et j’ai été complètement charmée par leur achat de cette maison au passé si précieux : La part des anges. C’est là que Lisa va peu à peu reprendre pied, aidée par sa découverte dans l’un des greniers : le journal intime d’Alice et sa correspondance avec son mari Gabriel.

Alice et Gabriel ont vécu à la part des anges pendant la seconde guerre mondiale. Ils ont été séparés pendant 6 longues années, que Gabriel a passé comme prisonnier de guerre. Lisa va découvrir le dur destin d’Alice, cette femme qui va vivre de bien tristes événements mais qui devra faire face parce que c’est la guerre, parce qu’elle est seule à porter la ferme aux côtés de ses parents, parce que le travail n’attend pas, parce qu’elle doit rester présente pour son fils. Tant de raisons qui vont toucher et émouvoir Lisa, elle qui est au fond du trou et a tant de mal à se résoudre à aller de l’avant.

Entre passé et présent, la lecture défile avec facilité, j’ai été emportée par ce cadre, par les personnages, par les événements de leur vie qui s’enchaînent. Mais il m’a manqué un petit je ne sais quoi pour être vraiment conquise, j’ai trouvé l’histoire chouette et j’en attendais je pense un peu plus notamment dans la partie du passé et la présence qu’Alice allait apporter au récit. Au final, c’est une lecture plus simple que je ne m’y attendais, vraiment agréable mais pour laquelle il m’a manqué un petit chouia d’émotion.

Ma notation :

Une lecture fort agréable même s’il m’a manqué un petit quelque chose.

(Merci à Camille des éditions Michel Lafon pour cette lecture)

Une joie féroce, Sorj Chalandon

Quatrième de couverture:

Jeanne est une femme formidable. Tout le monde l’aime, Jeanne.
Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d’eux. A l’image de Matt, son mari, dont elle connaît chaque regard sans qu’il ne se soit jamais préoccupé du sien.
Jeanne bien élevée, polie par l’épreuve, qui demande pardon à tous et salue jusqu’aux réverbères. Jeanne, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. «  Il y a quelque chose  », lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant. En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. Jeanne ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas.
Avec Brigitte la flamboyante, Assia l’écorchée et l’étrange Mélody, trois amies d’affliction, Jeanne la rebelle va détruire le pavillon des cancéreux et élever une joyeuse citadelle.

L’avis de Lunatic :

Tout commence avec un chapitre d’ouverture dans lequel on assiste à un braquage. Qu’est ce qui a bien pu amener 4 femmes à commettre ce crime? Revenons alors un an en arrière.
Jeanne, la quarantaine vit avec son époux. La vie semble bien fade depuis un événement tragique qui a brisé leurs vies. Voilà qu’elle se découvre un cancer et doit commencer un long protocole de soin. C’est à l’hôpital qu’elle fera la rencontre de Brigitte, malade elle aussi. Rapidement, Jeanne va se lier d’amitié avec elle et rejoindre son groupe d’amies. 4 femmes à qui la vie n’a rien épargné. Souffrance, deuil, absence, perte : autant de choses qui relient ces 4 femmes. Lorsque l’une d’entre elles a besoin d’aide, elles n’hésitent pas à imaginer le pire des scénario pour la soutenir.

J’ai lu ce roman d’une traite, happée par le drame que vivait Jeanne. L’annonce de la maladie, les soins, la perte de ses cheveux, le regard des autres. Autant d’éléments glaçants, mettant en lumière la difficulté de la maladie. En tant que femme, il est facile de pouvoir comprendre ses angoisses et le récit est même assez anxiogène je trouve.  Là où j’ai été plus sceptique, c’est sur les raisons qui l’ont amenée à se lier d’amitié avec Brigitte, Assia et Mélody. En tant que lectrice, je savais pertinemment qu’elle allait s’embarquer dans une folle aventure, et ce fut le cas. J’ai par moment trouvé l’ensemble peu crédible, tout semble trop facile. Si on était dans un thriller nos héroïnes auraient depuis longtemps été stoppées dans leur course. Mais ce n’est pas l’essentiel à retenir. On retiendra ici surtout l’entraide, la complicité et l’amour qui lient ces femmes.

Sous certains aspects, ce roman m’a fait penser au Club des Feignasses de Gavin’s Clemente Ruiz, mais façon ganster.

Les femmes qui achètent des fleurs, Vanessa Montfort

Quatrième de couverture :

CHANGEZ, RÊVEZ, AIMEZ.
CAR IL EST URGENT DE VIVRE.

Madrid, quartier des Lettres.
Le Jardin de l’Ange est une boutique tout à fait extraordinaire.
On y trouve des arbres, des fleurs, des grillons et surtout des femmes singulières.
Olivia : Maîtresse des lieux, mystérieuse et fascinante, connaît le langage des cœurs aussi bien que celui des fleurs.
Marina : Souffre du syndrome du copilote. Dépendante de son compagnon, elle n’a pas le contrôle de sa vie. Sa fleur est la violette, symbole de l’humilité et de la timidité, mais aussi de la confiance en soi, si difficile à acquérir.
Casandra : Frappée du syndrome de la superwoman : plutôt mourir que de dépendre de quelqu’un ! Sa réussite professionnelle passe avant sa vie personnelle… Sa fleur est l’orchidée bleue, symbole de la sérénité qui lui manque.
Gala : Atteinte du syndrome de Galatée : elle croit fermement que les femmes d’aujourd’hui ont tous les droits… sauf celui de vieillir ! Sa fleur est le lys blanc, symbole d’une coquetterie éternelle.
Aurora : Victime du syndrome de la belle au cœur souffrant : plus elle souffre, plus elle est amoureuse. Sa fleur est le calendula, symbole de la tristesse, mais aussi de la cruauté qu’elle utilise parfois pour se défendre.
Victoria : En proie au syndrome de la toute-puissance : elle a décidé qu’elle serait la meilleure dans tous les domaines. Sa fleur est celle du cognassier, symbole de la tentation, tentation d’oser, de se libérer…

L’avis de MadameOurse :

Il est toujours facile d’expliquer ce qui nous a plu dans un roman. L’inverse est moins aisé et je sais qu’il ne me sera pas évident de vous dire pourquoi ce roman ne m’a pas émue, touchée. Je l’ai traversé sans fol intérêt, il m’a clairement manqué quelque chose. Mais quoi ?

Au cœur de ce roman de femmes, c’est Marina qui va prendre la parole. Jeune veuve sans enfant, sa vie est bien triste depuis le décès de son mari. Puis elle rencontre Olivia qui l’embauche dans sa boutique de fleurs. Olivia c’est cette aînée toujours présente, qui voit en ses comparses leur mal être et fera tout pour les aider. Autour d’elle gravitent ainsi d’autres femmes, toutes ayant en commun une certaine insatisfaction de leur vie personnelle. Les portraits des unes et des autres sont assez cliché je trouve, ce n’est pas très nuancé, je ne suis pas convaincue que ces femmes existent « pour de vrai ». Entre celle qui arrive à 35 ans et est encore vierge, celle qui enchaîne les hommes, celle dont le mari est un goujeat avec qui les choses ne vont plus, celle qui s’est destinée à sa carrière, etc, on est loin de Madame tout le monde je trouve.

J’ai apprécié une partie du roman qui questionne sur la place des femmes dans la société, il y est bien sûr question de féminisme, d’équilibre homme/femme et de tous ces sujets dont on entend énormément parler actuellement.  Personnellement, j’aime échanger, lire, apprendre, me questionner sur ces thématiques importantes. Mais ici finalement, j’ai trouvé cela un peu décousu du roman, comme si on avait un aparté philosophique. C’est dommage parce que c’était vraiment intéressant de fondre ces sujets d’actualité dans l’histoire du roman.

« Avoir des enfants était devenu un luxe (…), il fallait morfler d’une façon ou d’une autre. »

Marina va reprendre pied grâce aux amies qu’elle va se faire et aux discussions qu’elles auront sur leurs attentes dans la vie. Elle sera également encouragée à partir en mer, sur le Peter Pan, bateau acheté avec son mari. Elle lui a promis d’aller répandre ses cendres en mer. Mais elle ne naviguait jamais sans lui. On a donc une alternance dans le récit entre son voyage et les mois précédents où elle s’est reconstruite au Jardin de l’Ange. Je dois avouer que ces chapitres sur la navigation et l’adieu à son mari m’ont encore plus ennuyée que le reste du roman et que je mettais chaque fois du temps à les traverser.

Au final, il y a eu beaucoup d’éléments qui font que j’ai malheureusement eu du mal avec le roman. Et puis l’attachement aux personnages ne s’est jamais fait et je crois que c’est la base qui fait que l’on aime ou non. Pour ma part, les histoires de ces femmes ne m’ont pas émue.

Ma notation :

Dommage, je n’ai pas accroché et les histoires de ces femmes ne m’ont pas convaincue. J’espère néanmoins qu’elles sauront émouvoir d’autres lectrices.

(Merci à Camille des éditions Michel Lafon pour cette lecture)