[Duo lecture] Les victorieuses, Laetitia Colombani

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) Je n’avais pas aimé le premier roman de l’auteure. Mais j’avais envie de lui laisser une seconde chance.

(MadameOurse) Contrairement à Lunatic j’avais vraiment beaucoup aimé La tresse et je voulais relire Laetitia Colombani.

La couverture :

(Lunatic) Cette superposition de visages anonymes et ces couleurs criardes fait de cette couverture un objet bien voyant, qu’on ne peut louper dans les rayonnages, à l’image de son précédent roman.

(MadameOurse) Pour ceux qui ne le savent pas encore je n’aime pas le rose. Du coup les coloris de cette couverture ne m’attirent pas du tout. Mais elle est moderne.

La quatrième de couverture :

A 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d’avocate : ses rêves, ses amis, ses amours. Un jour, elle craque, s’effondre. C’est la dépression, le burn-out. Tandis qu’elle cherche à remonter la pente, son psychiatre l’oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce :  » association cherche volontaire pour mission d’écrivain public « .  [Quatrième de couverture volontairement tronquée]

Après lecture :

(Lunatic) J’avais trouvé La tresse ennuyeux, fade et sans saveur. Je me suis donc lancée dans ce nouveau roman avec un peu d’appréhension. Le chapitre d’ouverture commence fort, et on comprend que le moment de lecture qu’on s’apprête à passer aux cotés de Solène ne va pas être très facile. Avocate brillante, une vie personnelle qui l’est moins, un procès perdu et c’est le burn out. Solène plonge, son moral vacille, ses envies, ses espoirs disparaissent.

Elle s’embarque dans une mission qui s’annonce difficile en postulant pour être écrivain public au sein d’un foyer de femmes. Elle y va à reculons, redoutant la rencontre avec ces femmes et pensant n’avoir rien à apporter à ces résidentes. Doucement les liens se tissent, les méfiances se tassent et Solène a l’impression de servir à quelque chose.

En parallèle à ce récit, on rencontre une autre jeune femme, Blanche Garcin. On est au début du 20ème siècle, entre les deux guerres et l’auteure nous dresse le portrait d’une femme exceptionnelle. Forte, libre, moderne et résolument tournée vers les autres.  je n’avais pas lu la 4ème de couverture, je pensais lire un roman, et j’ai vite compris que tout ne pouvait pas être que fiction. Le palais de la femme existe vraiment.

Le récit a alors pris un autre sens à mes yeux. Ce roman n’est pas juste l’histoire de ces deux femmes, c’est l’histoire de plusieurs femmes, de ces résidentes que l’on rencontre, de celles dont l’auteure ne parle pas, mais qui ont vécu dans ce foyer ou y vivent toujours. Je l’ai trouvé dur à lire, j’étais mal à l’aise au cours de ma lecture. Un peu l’impression d’être une lectrice voyeuriste : venez lire la misère des autres, la souffrance de ces femmes à qui la vie ne sourit pas vraiment…  Je suis surement passée à coté du message que souhaite délivrer l’auteure. Un roman que j’ai préféré au précédent, mais qui malheureusement ne me laissera pas un souvenir terrible. Et je pense bien que je m’abstiendrai de lire le prochain.

(MadameOurse) Voici un duo lecture qui va être assez riche en terme d’avis car je ne partage pas le ressenti de Lunatic. Moi j’ai aimé ce roman, les personnages qui nous sont présentés, je me suis prise d’empathie pour ces femmes; car si le titre, Les victorieuses, est bien au féminin c’est parce que ce ne sont que des femmes dont nous allons lire l’histoire.

J’ai particulièrement aimé l’agencement du roman qui va astucieusement venir nous conter diverses histoires et destinées par le biais de Solène, cette avocate qui va se retrouver bénévole au Palais de la femme.

C’est à cet endroit, que va se dérouler la majeure partie du roman. Le lieu est aussi un des personnages du roman, son histoire va nous être contée par la voix de Blanche, la femme qui a eu l’idée de donner à ce lieu l’utilisation de foyer uniquement destiné aux femmes. Un projet colossal qui nous replongera au cœur des années 20. A cette époque déjà, les femmes seules avaient besoin de pouvoir trouver un tel lieu d’accueil.

Et de nos jours, via la voix de Solène, ce sont Binta, Sumeya, Cynthia, Iris, Salma, Viviane, La Renée qui vont raconter leur histoire à cette avocate qui se propose bénévolement de les aider à écrire leurs courriers. Ça m’a touchée car ces destinées si différentes mènent toutes à la misère. C’est terriblement triste de voir à quel point une vie peut chavirer. Migrante, jeune fille qui fuit sa famille, femme divorcée sans ressources, SDF, tant de parcours de vie qui les mènent là et sans possibilité de remonter la pente. Comme Solène qui va réaliser la dureté de la vie, j’ai été touchée par ce roman. Pour cette avocate d’ailleurs, c’est un gros passage à vide de sa vie, après son burn out professionnel, elle est en quête de sens à sa vie et ces rencontres vont la chambouler et la faire vaciller de nouveau. Au final, j’ai beaucoup aimé le ton du roman, rien de larmoyant mais un récit doux, simple et plein d’acceptation. Moi je vous le conseille !

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