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Les roses du Montfort, Gilles Laporte

Quatrième de couverture :

De 1899 à 1918, dans le décor des Vosges et de leurs vignes, le destin de Louise, fille de vigneron, qui gagne sa liberté et l’amour après sa rencontre avec trois hommes.
Au premier jour des vendanges de 1899, Louise fête ses dix-huit ans sur les pentes du Montfort. Son père, Charles Vinot, viticulteur sur ces coteaux des Vosges, veille sur elle comme sur sa vigne : sans relâche. Quitte à sacrifier son bonheur, il est prêt à la marier à un vieux garçon dont la parcelle avoisine la sienne.
Mais le phylloxéra, ce fléau, ruine les vignobles. Grâce aux conseils d’un pépiniériste réputé du pays et d’un spécialiste alsacien, la vigne de Vinot sera reconstituée. Le temps d’une passion avec un ingénieur venu du Nord, le bonheur de Louise sera épargné, jusqu’à ce que cet homme révèle sa nature profonde…
Le travail patient de la terre et du vin, la paix retrouvée avec son père suffiront-ils pour que Louise, jeune rose à peine éclose, emportée par le tourbillon de l’Histoire, s’ouvre enfin au bonheur et à la liberté ?

L’avis de MadameOurse : 

J’ai eu la surprise de recevoir ce joli roman à mon retour de vacances. En découvrant le résumé, j’ai eu le sentiment que j’allais replonger avec cette lecture dans les romans que ma mère acceptait que je sorte de sa bibliothèque quand j’étais ado (j’ai pu lire toute sa bibliothèque mais elle contrôlait chaque lecture en fonction de mon âge). J’avais notamment lu Henri Troyat qui nous offre aussi des romans historiques plongés au cœur d’une région de France.

Ici, c’est en Lorraine et plus précisément dans les Vosges que nous emmène Gilles Laporte. J’y ai découvert une jolie famille : lui vigneron, elle dentellière et leur fille unique et chérie, Louise. A 20 ans, il est vite question du mariage de Louise, et les alliances de la vigne poussent son père à vouloir la marier au fils du vigneron voisin. J’ai été émue alors par la réaction de la mère qui, ayant pu épouser celui qu’elle aime, s’opposera fermement à la décision de son mari. Le lien familial est alors toujours évoqué au cours du roman de manière très simple, pas de grandes effusions mais de petites choses qui montrent à quel point l’amour est là.

Le roman va se dérouler d’année en année, nous faisant suivre le quotidien des personnages et les grands événements historiques de la région : l’arrivée du phylloxéra en sera un élément-clé, mettant en péril le devenir des Vinot. Puis, c’est la première guerre mondiale qui viendra toucher nos personnages. Entre temps, Louise partira vivre à la ville, chez son oncle et sa tante, y fera la rencontre d’Henri avec qui les choses ne se passeront pas si bien que prévu et reprendra alors la vie sous le foyer familial.

C’est un roman doux à lire, il décrit la vie de l’époque, les joies, les peines, j’ai aimé être plongée dans la Lorraine de mon amie Lunatic, ai pensé plusieurs fois à elle au cours de ma lecture. Et puis les personnages feront face au qu’en dira-t-on, choisissant des chemins de vie très décriés à l’époque, pourtant, ces choix, ici, n’empêcheront pas nos personnages d’être heureux. Le jugement qui peut être porté sur la vie de Louise transparaît peu dans le récit de l’auteur et j’ai trouvé ça chouette, ça nous amène en tant que lecteur à un regard positif sur les choses.

La fin du roman amènera une belle rencontre dans la vie de Louise, un joli moment de la lecture, simple, fort, évident, j’ai beaucoup aimé le personnage d’André, sa simplicité et le regard qu’il a sur la vie qu’il attend de vivre.

Ma notation :

Un agréable roman qui offre une jolie découverte de l’Histoire de la Lorraine au sein d’une famille forte et unie.

Merci à Laetitia des éditions Presses de la Cité pour cette lecture.

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Des vies derrière soi, Maxine Altiero

Quatrième de couverture :

En juillet 1915, le navire-hôpital Mahona emmène vers les champs de bataille 70 infirmières néo-zélandaises. Parmi elles se trouvent Meg et Addie, qui n’ont rien en commun : Meg, dont le père est alcoolique et la mère dépressive, a été recueillie par son oncle et sa tante. Elle est coquette et aime s’amuser. Addie, issue d’une famille unie et aimante, est très réservée et n’aime rien autant que la littérature. Entre ces deux jeunes femmes va pourtant se nouer une amitié solide, qui résistera à toutes les épreuves. Stationnées d’abord en Égypte, elles y feront la connaissance, entre autres, de Wallace, chirurgien, et d’Edward, anesthésiste. Meg et Wallace tomberont amoureux tout de suite. Mais Wallace est marié, et rongé par une angoisse dont il ne s’ouvre à personne. En Égypte puis en France, les deux infirmières et leurs collègues découvriront les horreurs endurées par les combattants, membres à amputer, visages défigurés, et les maladies qui accompagnent les temps de guerre, la dysenterie et surtout la grippe espagnole, qui n’épargnera même pas les membres du personnel soignant, ni d’ailleurs leur famille pourtant si loin. À la fin de la Première Guerre Mondiale, Addie et Edward, sont prêts à rentrer ensemble dans leur pays. Meg, dont l’oncle et la tante sont morts de la grippe, seule depuis la mort de Wallace, décide de rester en France pour continuer à aider les populations. Un roman délicat et attachant par son intensité dramatique, un hommage à toutes ces femmes qui ont lutté pour sauver des vies humaines.

L’avis de MadameOurse :

J’ai eu quelques difficultés livresques ces derniers jours. En débutant ce roman, je venais de refermer le précédent qui ne m’avait pas du tout captivée après 75 pages. Problème, j’ai eu du mal à démarrer celui-ci également et craignait de ne pas pouvoir m’y accrocher non plus. Mais bon, 2 abandons consécutifs, ça me plaisait pas alors je me suis accrochée.

Ce roman est intéressant car il nous plonge au cœur de la première guerre mondiale, celle des « Gueules Cassées ». Il y a énormément de romans qui sortent sur la seconde guerre mondiale et nettement moins sur la première qui n’en est pas moins intéressante. Ici on va suivre un groupe d’infirmières et plus particulièrement deux qui deviendront amies : Meg et Addie. De leur Nouvelle Zélande natale, elles vont être amenées à servir en Egypte puis en France. Leur quotidien est vraiment très dur et en cette période où tant de choses restaient à découvrir en médecine, il était bien difficile de faire face aux terribles mutilations amenées par les armes explosives utilisées lors de cette guerre. Il y a donc au cœur du roman une période historique vraiment intéressante et très bien présentée. De nombreux hommes blessés arriveront au cours du roman et on comprend bien ce qu’ils ont vécu et comment certain survivront à cette guerre et le besoin par la suite de prothèses, de masques pour continuer de vivre tant bien que mal.

Cependant j’ai eu du mal avec la narration. D’abord parce qu’on a deux héroïnes principales quant dans tant d’autres romans il y a vraiment un personnage qui prend le dessus. Et on passe de paragraphes où il est question de la vie d’Addie à d’autres où c’est Meg qui est le sujet. Et cela, du coq à l’âne, sans transition bien claire. Je m’y suis perdue plus d’une fois. Autre fait original, chaque fin de chapitre s’achève par un paragraphe où c’est un homme du roman qui prend la parole : un médecin qui travaille avec les infirmières, un blessé, un homme qui convoite Meg ou Addie, le curé…. J’ai pas pigé cela dès le premier chapitre donc ces paragraphes m’ont déroutée car, les premières fois, je me demandais qui parlait. Une fois familiarisée avec le principe, j’ai trouvé cela sympathique mais il faut arriver à comprendre les choses, et ce n’est pas évident en début de lecture.

Je dois avouer que je ne me suis pas attachée ni à Addie, ni à Meg. Et cela, sans doute parce qu’elles sont deux justement. Meg est une jeune femme qui veut vivre, aimer, s’amuser et ce, malgré la guerre. Elle a de l’énergie à revendre pour donner suite à ses projets et se donnera toute entière dans sa relation amoureuse avec Wallace. Addie est plus effacée, on ne sait pas trop bien ce qu’elle attend de la vie, ne semble pas rechercher une rencontre masculine, elle est plus déroutante et je l’ai moins comprise. Toutes deux sont si différentes, si opposées, ce duo improbable a sûrement joué dans mon non attachement parce qu’on passait de l’une à l’autre et que je ne me suis pas posée plus sur la destinée de l’une que de l’autre.

Ma notation :

Une idée de roman très intéressante sur une période de l’histoire qui fait moins l’objets de récits mais qui m’a déçue de par une narration incohérente et bancale.

Les saisons du bonheur, Belva Plain

belva plain

Quatrième de couverture :

Bien décidé à être acteur de son destin, Adam Arnring quitte son New York natal, son père immigré juif allemand et ses deux frères pour tenter l’aventure vers l’Ouest. Direction la Californie et le bleu infini du Pacifique.

Son voyage n’ira pourtant pas plus loin que Chattahoochee, petite bourgade à la frontière texane. Adam a croisé le regard d’Emma, c’est donc là que son cœur a choisi de poser ses bagages. Héritière d’un grand magasin, couvée par une tante acariâtre, la belle jeune femme est totalement inaccessible à un homme sans le sou tel que lui. Mais, dans l’Amérique de 1900, l’audace est la clé de tous les succès, et le fougueux New-Yorkais n’en manque pas…

Une famille unie, des affaires florissantes, la vie pourrait être parfaite. Pourtant Adam sent parfois monter en lui des vagues d’amertume : comment protéger les siens des aléas de l’Histoire et de la vie ? Comment préserver son couple quand la tentation se présente sous les traits de Blanche, sa belle-sœur ? Et que vaut sa réussite sociale quand son propre frère a juré sa perte ?

L’avis de Lunatic :

J’ai souvent eu des livres de Belva Plain dans les mains sans prendre la peine d’en ouvrir. Quand j’ai vu ce roman réédité dans la collection Le cercle chez Belfond  je me suis dit que c’était le moment de découvrir cette auteure. Avec ce roman, on traverse le 20e siècle au coté d’Adam Arnring. Comme me le faisait remarquer quelqu’un qui a lu le roman avant moi, l’originalité réside dans le fait que le personnage central soit un homme, et au début j’ai eu un peu mal à m’attacher à l’histoire, peut-être pour cette raison.

On fait connaissance avec Adam au début des années 1900, on le voit adolescent, orphelin de mère, élevé par un père doux et qui ne doute pas de la réussite future de son fils,  accompagné de ses frères avec qui les relations ne sont pas toujours faciles). Adam nous fait partager ses envies, son ambition, son besoin d’ailleurs, de conquête. Il traverse le pays et s’arrêtera dans une petite ville. Cette ville qui ne devait être qu’une simple halte dans son voyage le gardera et il y passera sa vie. En parallèle de son histoire personnelle (activité professionnelle, vie amoureuse, vie de famille, relations amicales) on assiste aux grands bouleversements du 20ème siècle avec les 2 guerres mondiales, les crises économiques qui toucheront de différentes manières nos personnages.

Adam est attachant, mais j’ai trouvé un peu dommage qu’il soit au centre de tout. Les personnages secondaires sont réussis, mais pas assez présents à mon goût. Je trouve que si les chapitres avaient donné la possibilité de mettre en lumière d’autres personnages, comme son frère Léo ou Emma son épouse le roman m’aurait davantage plu. L’équilibre chronologique du roman m’a un peu dérangée aussi.. Les 40 dernières années sont trop condensées, tout s’enchaîne pour un final que j’ai eu l’impression de lire en avance rapide. Dommage. Néanmoins, ce roman est intéressant, et j’ai aimé cette description d’un homme simple, plein de courage, d’affection pour les siens, et qui a réussi sans écraser les autres, dans le respect et le travail.

Ma notation :

Une jolie rencontre avec cette auteure.

Les yeux de Sophie, Jojo Moyes

Quatrième de couverture :

Paris, 1916. Sophie Lefèvre doit prendre soin de sa famille alors que son mari part pour le front. Quand la ville tombe entre les mains de l’armée allemande, au milieu de la Première Guerre mondiale, Sophie est contrainte de faire le service tous les soirs à l’hôtel où réside la Wehrmacht. À l’instant où le nouveau commandant découvre le portrait qu’Édouard a fait de sa femme, cette image l’obsède. Une dangereuse obsession qui menace la réputation, la famille et la vie de Sophie, et va la conduire à prendre une terrible décision.

Un siècle plus tard, à Londres, Liv Halston reçoit ce portrait en cadeau de la part de son mari avant de recueillir son dernier soupir. Sa vie est bouleversée de plus belle lorsqu’une rencontre de hasard lui permet de découvrir la véritable histoire de ce tableau.

L’avis de MadameOurse :

J’ai commencé à lire Jojo Moyes seulement cette année, à force d’en entendre parler. J’ai débuté par son roman phare à succès Avant toi et sa suite Après toi. Et puis, lorsque j’ai vu sur Netgalley que le nouveau roman de l’auteure était proposé en avant première, j’ai de suite cliqué pour le solliciter après un rapide coup d’oeil à la quatrième de couverture.

Lorsque j’ai débuté ma lecture, je ne me souvenais pas trop de l’histoire que j’allais découvrir et ça m’allait bien pour me lancer en me laissant surprendre. J’avais seulement retenu que le roman se passait lors de la 1ère guerre mondiale. On suit en effet Sophie et sa soeur Hélène en 1917, dans un petit village de la Somme sous l’occupation allemande. Toutes deux sont mariées et vivent seules dans l’hôtel restaurant de la famille qu’elles tiennent au mieux malgré les restrictions alimentaires en attendant le retour de leurs époux du front. J’ai de suite beaucoup aimé le personnage de Sophie, femme de caractère, passionnée, aimante, altruiste. Très vite, les 2 soeurs vont se retrouver contraintes de fournir chaque soir les repas de la garnison allemande qui occupe leur village sous la direction du Kommandant.

Cet homme va repérer le tableau qui donne son titre au roman : Les yeux de Sophie, portrait de Sophie peint par son époux Edouard, un jeune artiste. Sophie et le Kommandant auront alors des conversations sur l’art en général, avec toujours une certaine dose de méfiance de la part de Sophie, contrainte de subir la présence de l’ennemi chez elle. Je n’en dis pas plus sur la destinée de Sophie mais, évidemment, il va y avoir quelque chose qui ne va pas se passer comme prévu, et la destinée de la jeune femme va devenir bien sombre.

J’étais tellement prise dans le roman, dans la vie de Sophie, que j’ai été un peu surprise lorsque, à un quart du roman, on change d’époque et de personnage. Ben oui mais on le savait avec la quatrième de couverture, sauf que moi j’en avais tout oublié.

C’est donc à ce stade qu’on découvre Liv, jeune femme ayant perdu son mari. Elle est la propriétaire du tableau Les yeux de Sophie. A travers Liv, Jojo Moyes nous raconte une belle histoire d’amour que j’ai trouvé très jolie à lire. Mais aussi, il va y avoir tout un combat autour du tableau car Liv se verra accusée d’être détentrice d’une œuvre d’art volée par les allemands. On entre alors dans toute une enquête car Liv va se battre pour conserver son tableau. Et la suite du destin de Sophie nous est également racontée en alternance avec les chapitres modernes.

C’est une lecture qui m’a beaucoup plu, Jojo Moyes a un talent pour nous embarquer dans son histoire, j’ai aimé la façon dont elle alterne les époques qui change de l’habituel un chapitre / une époque. A travers un siècle, elle lie ainsi autour du tableau 2 femmes qui n’ont rien à voir et elle en tire une très belle histoire. Il m’a toutefois manqué quelques points de détails que j’aurais aimé voir évoqués dans le roman comme un explicatif de ce qui est arrivé au mari de Liv, décédé très jeune.

 

Ma notation :

J’ai adoré ! Un très beau roman que je vous recommande vivement.

(roman lu en partenariat avec Netgalley)