Swap : dernier jour

Bonjour à toutes !

Attention, dernier rappel pour les inscriptions au swap, nous sommes le dernier jour. Celles d’entre vous qui ne nous avaient pas encore retourné leur fiche ont reçu un mail de rappel. Câline et Chloé, j’ai un souci avec vos boîtes mails, mes messages ne passent pas…

Nous sommes à ce jour déjà 9 inscrites pour le swap mini et 11 pour le swap colis. Celles qui n’ont pas de mail sont donc bien inscrites, j’ai hâte de vous révéler votre binôme !

En attendant la suite de cette nouvelle aventure de swap, nous vous souhaitons un très beau jour férié !

La Lectrice de La Semaine Part En Vacances #6

Bonjour tout le monde, nous voici à la première moitié d’aout (et à la veille d’un jour férié qui sera fort apprécié des non vacanciers). Nouvelle excursion livresque ce lundi aux côtés de la célébrissime Simone, dite Momone pour les intimes !

Quelle est la lecture qui t’a le plus marqué parmi celles lues au cours de tes derniers étés ?

Comme pour beaucoup de lecteurs, les vacances sont un moment privilégié pour moi car j’ai enfin ce qui me manque dans l’année : du temps ! Je suis capable de passer des nuits entières à lire sans aucune arrière-pensée car je sais que je pourrai faire la sieste toute la journée si je veux.
Je lis aussi bien des polars, des essais, des classiques, que des romans récents. Seulement, j’ai remarqué que ma première lecture de vacances est particulière car elle sert de « transition » entre les derniers jours de boulot denses (puisqu’il faut tout boucler avant de partir) et les premiers jours de repos où je me sens un peu ivre face à tout ce temps libre. Bref, il s’agit d’une lecture récréative, joyeuse qui me met en appétit pour la suite. Les San-Antonio sont parfaits pour cela : l’intrigue n’est pas bien compliquée à comprendre et le langage particulier de Frédéric Dard est un régal.

Deux livres m’ont profondément marquée l’été dernier :
1/ Pour qui sonne le glas, d’Ernest Hemingway
Un roman bouleversant dont l’histoire se passe durant la guerre d’Espagne et qui interroge sur le sens de l’engagement et ce que chaque individu peut faire de sa vie.

2/ Le fils, de Philippe Meyer
Ce roman est une fresque sur l’histoire d’une famille du Texas de 1850 à nos jours dont les péripéties se mêlent à l’histoire de cet Etat. Une lecture prenante qui m’a emmenée jusque tard/tôt au petit matin.

Quel est le roman que tu veux absolument lire cet été (un seul) ?

Un seul, le choix est difficile… Puisqu’il faut bien en déterminer un, je choisis Vernon Subutex de Virginie Despentes. Ce roman se décompose en 3 tomes et dresse le portrait d’un disquaire contraint par la crise du disque de fermer boutique et qui se retrouve à la rue. On le suit dans ses errances et ses rencontres avec en fond la violence de notre société contemporaine et ses petits miracles aussi. Pour l’instant, j’ai lu les 2 premiers tomes et je ressors de cette lecture complètement estomaquée, il y a de quoi surligner des paragraphes à toutes les pages ou presque. La force du récit et la qualité littéraire mettent pour moi ce roman au même niveau que Bonjour tristesse de Sagan ou encore La vie devant soi d’Emile Ajar.

Qui est Vernon Subutex ? Une légende urbaine. Un ange déchu. Un disparu qui ne cesse de ressurgir. Le détenteur d’un secret. Le dernier témoin d’un monde disparu. L’ultime visage de notre comédie inhumaine. Notre fantôme à tous.

Quelle couverture de roman évoque le plus l’été pour toi ?

Les couvertures de San-Antonio, justement pour ce côté régal et récréatif des histoires que l’on lit volontiers un verre de rosé à la main. Ici, celui que j’ai lu le 1er jour des mes vacances, il est sorti en 1959 et on se croirait vraiment dans un film d’Audiard.

Demain, dès l’aube, l’affaire Coras connaîtra son fatal dénouement. L’affaire Coras, vous remettez ? Ce diamantaire ratatiné à coups de tisonnier… Le coupable, Gilbert Messonier, confondu, confessé, n’a plus qu’une nuit à vivre avant le grand raccourci du Père Guillotin. Une nuit ! Et voilà qu’un alibi miraculeux – un alibi tout en gambettes – frappe au bureau de San-Antonio. Quel alibi, d’ailleurs ! La veuve elle-même, qui batifolait avec l’accusé à l’heure du crime… La peur du scandale, vous comprenez, commissaire. Il comprend, enfin presque… Car, dans ce cas, pourquoi Messonier a-t-il avoué ? Et puis, une seule nuit pour éviter l’erreur judiciaire, admettez que c’est un peu ric-rac.

Si tu devais acheter un livre qui sort cet été, quel serait-il ? (parution entre le 01/07 et le 31/08)?

Très certainement Le jour d’avant de Sorj Chalendon dont j’aime beaucoup les livres qui mêlent des histoires à hauteur d’hommes (inspirées de son histoire personnelle parfois) et l’histoire politique et sociale contemporaine.

Suite au décès de son frère Joseph, mineur, à cause d’un coup de grisou survenu à la fosse Saint-Amé à Liévin le 27 décembre 1974, Michel Flavent quitte le nord de la France pour Paris dans l’attente du moment propice pour venger cette mort. Quarante ans après la catastrophe, veuf et sans attache, il rentre au pays pour punir le dernier survivant, un vieux contremaître, et enfin tourner la page.

 

Nos lectrices sont absolument magiques de diversité, je découvre plein de choses dans vos univers livresques alors merci à toutes de participer et …. à la semaine prochaine !

Nos années sauvages, Karen Joy Fowler

Quatrième de couverture :

Petite, Rosemary Cooke était si bavarde que ses parents lui intimaient de commencer au milieu lorsqu’elle racontait une histoire. Puis sa soeur disparut. Puis son frère. Alors elle cessa de parler. Jusqu’à aujourd’hui. C’est le récit de cette famille américaine hors normes que Rosemary va vous conter : son histoire, recomposée tel un puzzle, et celle de Fern, son incroyable jumelle… Intrigant, déroutant, bouleversant : ce roman magnifique soulève des questions et des sentiments inattendus ― sur la psychologie, l’amour, notre humanité. Extraordinaire.

L’avis de MadameOurse :

J’ai couru acheter ce livre après en avoir lu un avis qui m’a terriblement donné envie. Comme il venait de sortir en poche sous une jolie couverture, je n’ai pas trop résisté. Et puis…. la chute !

C’est un livre que j’ai eu bien du mal à lire au final et je n’ai pas adhéré à grand chose de son contenu. C’est l’histoire de Rosemary, son frère Lowell et sa sœur Fern. Fern est une sœur bien particulière et c’est sa particularité qui donne lieu au roman. Du coup, je ne peux pas trop vous expliquer ce qu’il en est sans rien révéler mais sa singularité est bien plus recherchée que ce à quoi vous pourriez vous attendre. Il n’est pas question de handicap du tout dans ce livre, ce que vous imagineriez probablement comme singularité. C’est tout autre chose.

Un jour, Fern « disparaît ». Rosemary a alors 5 ans et n’aura pas beaucoup d’explications. C’est une fois adulte qu’elle va retracer les choses et reconstituer son histoire d’autant plus que la disparition de Fern a entraîné également celle de Lowell.

Je dois dire que le sujet au cœur du roman, lié à la particularité de Fern, n’est pas un thème qui m’a charmée plus que ça. C’est un thème qui ne m’aurait pas attirée si le roman était présenté en révélant ce détail. Par ailleurs, j’ai eu bien du mal dans ma lecture du fait que Rosemary raconte son histoire du moment (aka ses années étudiantes à la fac) tout en y mêlant le passé plus ou moins récent et en y ajoutant les choses qu’elle comprend seulement aujourd’hui de ce qu’il s’est passé alors qu’elle n’était qu’une enfant. Bref, pour moi, un joyeux tohu bohu temporel !

Ma notation :

Un livre qui peut être un coup de cœur monumental pour certains ou une grosse déception. Pas de juste milieu on dirait. Pour moi, c’est loupé ! Mais j’ai trouvé la fin émouvante.

Crimes au musée, Collectif

Quatrième de couverture :

Dix-huit nouvelles de grandes dames du noir, européennes et québécoises.

Elles écrivent des polars. De ceux que l’on dévore. Et à la demande d’un lecteur passionné, elles se sont réunies autour d’un thème séduisant : le musée comme lieu de tous les crimes.

L’avis de Lunatic :

Un recueil de nouvelles qui regroupe 18 textes de femmes, avec comme point commun un lieu : le musée. Deux précédents recueils ont déjà été publiés, crimes à la librairie et crimes à la bibliothèque. On pourrait se dire que la lecture de 18 nouvelles dans un même lieu pourrait être lassante, mais pas du tout, car chaque auteure a utilisé ce prétexte de lieu pour nous écrire des textes différents, et tous plus ou moins glaçants à leur manière. J’avais envie de lire ce livre pour retrouver certaines auteures comme Barbara Abel, Karin Giebel ou Ingrid Desjours mais surtout pour me familiariser avec la plume d’autres écrivains, que je ne connaissais pas du tout.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé que chaque nouvelle était de qualité, avec des personnages, des faits et des chutes agréables à lire. J’ai vraiment aimé picorer ces nouvelles. Petite préférence pour celle de Barbara Abel, avec un final tragique  prenant le lecteur comme seul témoin. J’ai apprécié à la fin de chaque nouvelle le petit texte biographique de l’auteure que nous fait Richard Migneault (la personne à l’origine du recueil) qui ne se contente pas d’une bio de presse, mais donne son propre ressenti sur les auteures ! Un petit plus pour avoir envie de les découvrir davantage.

Ma notation :

Des petits textes sympas.

Forbidden, Tabitha Suzuma

Quatrième de couverture :

« Je refuse de laisser le monde extérieur nous condamner et détruire le plus beau jour de ma vie. Celui où j’ai embrassé le garçon qui hantait mes rêves depuis toujours. Sommes-nous condamnés à nous dissimuler derrière des portes closes et des rideaux tirés ? »

Il ne reste plus grand-chose de la famille Whiteley. Le père a refait sa vie à l’autre bout du monde, la mère essaie d’en faire autant. Elle dépense plus d’argent chaque mois en alcool et en fringues qu’en pension alimentaire pour ses cinq enfants. Dans la débâcle, les deux aînés, Maya et Lochan, seize et dix-sept ans, décident de prendre les choses en main. En effet, si les services sociaux s’en mêlent, ils seront séparés, placés dans des foyers aux quatre coins du pays. Luttant ensemble pour maintenir leur famille unie, ils partagent les mêmes joies et les mêmes peines. Mais peuvent-ils vraiment s’avouer ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre ?

L’avis de MadameOurse :

Ce livre n’est pas un titre qui m’aurait habituellement attirée. Mais je n’ai pas arrêté d’en lire de bonnes critiques et la quatrième de couverture avec cette histoire d’inceste consenti m’intriguait vraiment.

J’aime que les romans évoquent des thèmes forts et nous apprennent des choses, c’est un côté enrichissant de la lecture qui me plait beaucoup. Ce roman est classifié young adult, peut être parce que les personnages principaux sont des adolescents mais je dois dire que je n’ai pas ressenti ça. L’écriture de l’auteure est très complète et l’histoire, tellement forte, est aussi complètement destinée aux vieux adultes comme moi.

J’étais très curieuse de savoir comment serait amené et traité le thème de l’inceste. Je me disais que ce serait quitte ou double, soit j’adhérerai au parti pris, ou non ! Le roman nous plonge dans la vie de Lochan, sa sœur Maya et leurs 3 autres frères et sœurs tout en douceur. On découvre d’abord une famille dysfonctionnelle, père parti, mère alcoolique vivant sa vie de jeune fille en laissant ses 5 enfants livrés à eux mêmes. Les 2 aînés portent toute la vie de famille sur leur dos et on s’attache très très vite à eux. Bien avant l’histoire d’amour qui va les lier, il y a cette adolescence si dure à porter pour eux. Un enfant n’est pas fait pour éduquer ses frères et sœurs, couvrir sa mère pour ne pas voir débarquer les services sociaux…

Ce n’est finalement que peu avant la moitié du roman que les choses basculent pour Maya et Lochan. Ce duo qui a toujours été très proche, discute beaucoup et c’est un point que j’ai énormément apprécié dans ma lecture. Ils se disent les choses. Souvent dans la douleur et les cris mais ils se parlent. Les non dits dans les dialogues amoureux qu’on trouve beaucoup dans la romance (« je t’aime mais je te le dis pas ») n’ont pas leur place ici et ça a été un point fort de ma lecture.

Ils finissent ainsi par s’avouer leur amour, leur désir et ils échangent énormément sur la moralité de ce qu’ils vivent. Ils ont parfaitement conscience que la morale interdit leur amour, que ce qu’ils ressentent est jugé anormal et illégal par la société. Ils deviennent alors 2 adolescents horriblement tiraillés entre leur amour si fort et la conscience du Mal. Le roman comprend ainsi beaucoup de scènes amoureuses dont les descriptions sont très bien écrites, j’ai beaucoup aimé cette partie.

Au final, j’ai complètement adhéré au thème de l’inceste consenti traité par Tabitha Suzuma. Pour moi tout y est dit et si bien dit. Vous ressortirez de votre lecture avec un enrichissement personnel sur ce thème. L’auteure n’amène pas de réponse « doit-on autoriser ces amours incestueuses ou continuer à les interdire? » mais elle nous fait nous rendre compte de la complexité du sujet via l’histoire de Lochan et Maya.

Ma notation :

Un roman coup de poing, dramatique et juste. Une vraie pépite à lire absolument. Préparez les mouchoirs.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)