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Le petit chat est mort, Xavier de Moulins

Quatrième de couverture:

« Le petit chat est mort. Les mots sont une détonation. Les choisir pour l’annoncer aux enfants n’a pas été chose facile, alors je me suis résigné à faire simple, cinq mots et un point final. Court, cruel, monstrueux. »

Des petites choses et des plus grandes pour mieux vivre sous les orages à la saison des hécatombes.

L’avis d’Audrey :

Il m’est difficile de parler de ce livre, et mon billet à son sujet va être très court : parce qu’avant tout il faut lire ce texte, s’en imprégner et savourer ses mots.

« Le petit chat est mort » c’est la première phrase du livre, dans lequel le narrateur (est ce l’auteur lui même ou un personnage fantasmé?) va nous parler de son chat pendant 122 pages. L’annonce de sa mort prématurée, le choc, le séisme que cela provoque. Il nous parle de ce chat, pas voulu au départ, la façon dont il a cédé, pour le sourire de ses filles. Il s’est habitué à ce « colocataire » intrusif puis s’y est attaché.

Parler d’un petit chat pendant 122 pages! Oui . Parce que ce n’est pas qu’un chat.

J’avoue que les premières pages m’ont un peu déstabilisée. Je ne comprenais pas ce que j’avais entre les mains. J’attendais tellement autre chose, je cherchais le moment où le texte allait prendre un autre tournant.

Puis je me suis laissée bercer par ses mots. Je me suis laissé attendrir par ce petit chat qui est bien plus qu’un chat ! Parce que parler de ce petit chat, c’est le moyen de parler de la vie, de la famille, de l’amour. Parler de soi et des autres. Parler de ce qui est important, de ce qui ne devrait pas l’être aussi. Parler de tendresse, d’amour, de déception ou regrets. Parce qu’en parlant de ce chat, le narrateur se confie, se livre.

Après ce bref moment de lecture, je l’ai reposé un peu sceptique. Puis je me suis laissée surprendre à y repenser les jours suivants. La preuve que quelque chose ne m’a pas laissée indifférente dans ce livre sans pouvoir l’expliquer pour autant. Mais comme je le disais plus haut, lisez-le et vous comprendrez !

« J’ai  tant appris en ta compagnie » dit le narrateur et je crois bien que chaque lecteur en apprendra beaucoup également en lisant ce texte.

Ma notation :

Un roman qui saura vous surprendre et vous saisir !

Les hautes lumières, Xavier de Moulins

Quatrième de couverture :

C’est une histoire d’amour entre ombre et lumières, celle qui unit Nina, la coiffeuse de Bondy, à son mari Tahar, le chauffeur de taxi marocain.
C’est l’histoire d’un combat : Nina ne parvient pas à tomber enceinte, mais est prête à tout pour devenir mère. Ayant adopté avec Tahar un petit garçon au Maroc, elle se heurte à l’administration, qui refuse qu il soit ramené en France.
C’est l’histoire de désirs qui s’entrechoquent : pendant que la jeune femme, à El Jadida, se bat pour aller au bout de l’adoption, Tahar, resté à Paris, s’éprend d’une photographe qui lui propose son aide afin de rapatrier l’enfant clandestinement…
Une terrible course contre la montre s’engage alors ; dans cette course, certains s’effondreront juste avant la ligne d’arrivée, d autres parviendront à leurs fins mais à quel prix ?
Tous, du moins, auront couru un risque : le risque d’aimer.

L’avis de Lunatic :

Les premiers chapitres de ce roman m’ont mis une véritable claque. Dès les premières lignes, les premiers paragraphes j’ai été saisie par la façon dont Xavier de Moulins a su retranscrire avec perfection ce qu’une femme peut ressentir lorsque l’enfant ne vient pas. L’attente, les doutes, la honte, le désarroi, la souffrance physique et psychique. Quand il nous parle de Nina, de ses FIV, de ses examens, de son dégout d’elle-même, du vide, de toutes ses déchirures, j’ai cru qu’il parlait de moi. Tout ce que ressent Nina, je l’ai ressenti, je tournais fébrilement les pages, les larmes aux yeux croyant revivre mon calvaire. On suit Nina ensuite dans son combat pour faire rentrer en France un petit garçon qu’ils vont adopter au Maroc, un combat difficile et dans lequel elle va se plonger avec ténacité. En parallèle, son époux va se rapprocher d’une belle photographe. On se demande alors si Nina et Tahar vont enfin pouvoir gouter au bonheur.

Il est évident que ce roman m’a tellement touchée car il traitait d’un thème dont je me sens si proche, qui me parait si familier, mais au-delà de ce thème, l’écriture est juste sublime. Xavier de Moulins ne tombe pas dans le pathos, dans le mièvre. Les chapitres sont courts, brefs mais intenses. La psychologie des personnages est bien travaillée, les rendant très réalistes. Le rythme est haletant, avec un langage vif et percutant. Je n’ai pas pu lâcher ce roman, lu d’une traite, et j’en suis sortie totalement chamboulée. Nina et Tahar ont veillé avec moi quelques heures, m’accompagnant dans mes rêves et 48h après ma lecture, une partie d’eux est encore avec moi. Puis ce titre, qui bien avant de lire la 4e de couverture m’a fait penser à un titre de Fauve, que j’ai si souvent écouté pendant mon parcours PMA, ce même titre qu’il cite en exergue de son livre, comme un énième écho à mon parcours. Bref, vous aurez compris que c’est un réel coup de cœur, et une réelle surprise pour ce roman que je lisais au départ sans grande conviction.

Ma notation :

Une lecture touchante qui va me marquer longtemps.

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)