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Anatomie d’un scandale, Sarah Vaughan

Quatrième de couverture :

Kate vient de se voir confier l’affaire de sa vie, celle qui accuse l’un des hommes les plus proches du pouvoir d’un terrible crime. Kate doit faire condamner James Whitehouse. Sophie adore son mari, James. Elle est prête à tout pour l’aider et préserver sa famille. Sophie doit trouver la force de continuer comme avant.
Comme avant, vraiment ? Quels sombres secrets dissimule le scandale, et à quel jeu se livrent réellement ces deux femmes et cet homme ?

ELLE VEUT LE DÉTRUIRE. ELLE VEUT LE SAUVER. LA VÉRITÉ EST UNE CHOSE DANGEREUSE.

L’avis de MadameOurse :

J’avais lu Sarah Vaughan en 2017 et j’étais très surprise de la découvrir sous ce nouveau titre. Passer de l’historique au thriller c’est plutôt inhabituel, encore plus quand on est une jeune auteure. Et ça a bien attisé ma curiosité !

Tout ce thriller tourne autour d’un crime : le viol dont Olivia accuse James Whitehouse, politicien. Elle est son assistante parlementaire, ils ont eu une liaison avant ce viol. Il est marié, a deux enfants, n’a jamais avoué à sa femme cette liaison qui a duré 5 mois et ce passage devant les tribunaux va être un épisode bien pénible pour sa carrière politique.

Et c’est Kate qui va devoir défendre Olivia face à James. Elle a conscience de la difficulté de l’affaire, comment faire accuser cet homme beau et charismatique, comment faire admettre aux jurés qu’Olivia n’était pas consentante alors même qu’elle avait eu une liaison avec celui-ci ? Le roman permet d’aborder la difficulté de la notion de consentement et la façon surtout dont les hommes prennent la chose, leur irrespect de la parole des femmes sur ce point. En cela, cette lecture est très actuelle, ça m’a beaucoup intéressée, on touche à des thématiques précises qu’il est difficile de défendre : le viol conjugal, la notion de consentement.

Et surtout, ce roman va plus loin, ce n’est pas que l’histoire d’un jugement. On va remonter dans la jeunesse de nos personnages et y découvrir bien des secrets ! J’étais plutôt surprise d’ailleurs de l’écheveau d’événements qui se sont passés avant le viol qui a mené James devant le tribunal. Même si, honnêtement, l’auteure ne cache pas ce qu’elle va nous révéler, ça vient tout doucement mais on fait assez facilement le lien, les évidences sont là. Ce n’est pas un thriller redoutable mais c’est un roman d’ambiance, qui fait réfléchir sur des thématiques intéressantes.

Ma notation :

J’ai aimé. L’auteure a aussi su me convaincre dans ce genre bien différent de celui de son précédent roman.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)

Le malheur du bas, Inès Bayard

Quatrième de couverture :

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

L’avis de MadameOurse :

Pour ce roman, je vous propose volontairement une photo noir et blanc. Parce que la couverture est déjà en noir et blanc à la base mais aussi parce que la couleur n’a pas vraiment sa place dans cette lecture. Et le rayon de soleil en arrière plan est trompeur.

Surtout, n’achetez pas ce roman sans savoir de quoi il traite. C’est un livre qu’il faut être prêt à lire, il n’est pas à placer entre toutes les mains et il faut pouvoir le lire à un moment adéquat. C’est un premier roman de l’auteure et il ne vous laissera pas indemnes. Il commence avec un énorme parallèle, que l’on ne peut pas s’empêcher de faire avec le roman ayant obtenu le Goncourt 2016. Ici, comme dans Chanson douce, le roman s’ouvre sur un chapitre dramatique, celui de la fin. Débuter la lecture par la fin de l’histoire, lorsque l’histoire en question est un drame, c’est percutant. On sait déjà que l’histoire va très mal finir.

Et on ne va pas tarder à savoir pourquoi. C’est Marie qui va vivre ici le drame d’une vie. Marie, parisienne, mariée, adorant son job, dynamique et prête à avoir des enfants. Marie qui va croiser la route d’un responsable hiérarchique paraissant bien sous tous rapports. Il lui propose de la raccompagner chez elle un soir où elle retrouve son vélo en miettes là où elle l’avait attaché. Et cet homme va effectivement la ramener chez elle mais non sans la violer, sauvagement, dans sa voiture, à 2 pas de chez la jeune femme.

Inès Bayard nous livre une scène très dure à lire, qui ne sera pas la seule du roman. A partir de ce crime que subit Marie, sa vie ne sera jamais plus la même. D’autant qu’elle se réfugie dans le silence, seule échappatoire qu’elle imagine possible. J’étais déjà remuée par l’horreur qu’elle avait subie mais j’étais en plus témoin de son silence. Horrifiée, j’avais envie de lui hurler : « parle ! ». D’autant qu’elle a, il me semble, un entourage à qui elle pouvait se confier. Mais bien sûr, son violeur l’a menacée et, bien sûr, cela a fonctionné. Ce livre est dramatique car il nous montre aussi le poids du silence. Lire ce roman, alors que #MeToo est encore si frais dans nos esprits, c’est un électrochoc de plus.

Je suis mère de deux petites filles et j’aimerais que TOUTES les femmes du monde soient armées pour faire face à ces crimes. Et je ne parle pas là d’une vraie arme mais de la possibilité de se défendre, après coup certes, en parlant. En allant consulter pour soigner le corps et l’âme. En portant plainte et en obtenant réparation de la justice. Sans être roulée dans la boue à travers un procès où il sera possible d’entendre des choses atroces, venant soutenir le viol. Que le silence n’ait plus sa place, jamais, nulle part, qui que soit le criminel, qui que soit la femme agressée. Et c’est désolant parce que ce « choix » du silence (comprenons le bien, ce n’est pas vraiment un choix ou alors par défaut) va transformer Marie en un véritable monstre…

Car Marie va se rendre compte, rapidement après ce viol, qu’elle est enceinte. Et son esprit va se dire que forcément, l’enfant est celui de son violeur (alors qu’en réalité son mari peut tout aussi bien l’être). Forcément, elle ne veut pas de cet enfant, elle va essayer sans succès de s’en débarrasser. C’est ainsi que la vie de Marie se poursuit dans l’horreur. Elle est une mauvaise mère car elle ne veut pas de ce rôle de mère. Son couple n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été, sa vie sexuelle est un désastre. Marie va réagir très bizarrement sur ce point, tentant de sauver les apparences en continuant à avoir des rapports dont elle ne veut pas. L’auteure ne nous épargne pas sur ce plan et le livre nous amène plusieurs autres pages difficiles à lire. Je faisais des pauses dans ma lecture par moments, me demandant si j’avais vraiment envie de poursuivre, de lire cet insoutenable…

Et la lecture va aller croissant dans la douleur, dans l’effroi, dans le traumatisme de ce viol dont on comprend bien qu’il ne sera pas possible de sortir guéri. Nous ramenant alors à ce premier chapitre dramatique…

Ma notation :

Je ne peux pas « noter » ce livre, je ne peux pas le qualifier de coup de cœur, son thème en est bien trop dur pour ça. Mais je peux remercier son auteure de nous avoir livré ce récit électrochoc. Et souhaiter très fort que d’autres auteurs continuent à écrire ce genre de livres. Certes, ils dérangent, ils sont durs à lire. Mais ils sont nécessaires si l’on ne veut pas avancer dans l’ignorance. Et je sais qu’il y a malheureusement beaucoup de sujets sur lesquels il y a des choses à dire.

A vous de voir si vous souhaitez lire ce livre, si vous avez les ressources pour faire face à ce qui y est dit. Je ne veux pas juger, c’est un livre dur et il est compréhensible que certaines personnes ne puissent pas, ne veuillent le lire. Je souhaite juste que ceux d’entre vous qui le liront le fassent en étant avertis.

(Roman lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire Rakuten)

Un matin ordinaire, Marjorie Tixier

 

Quatrième de couverture :

Laurence rêve d’un grand voyage mais son mari manque de confiance en lui pour l’emmener à l’autre bout du monde. Et puis surtout, elle a deux petites filles et un père gravement malade. Alors, pour s’évader et se ressourcer, elle court chaque vendredi à heure fixe, selon un rituel immuable.

Ce jour-là, pourtant, une rencontre inattendue l’attend…

C’est donc par un matin ordinaire que le destin de Laurence va basculer et redistribuer les cartes d’une vie de famille jusque-là bien réglée.

L’avis de Lunatic :

Ce roman m’a intriguée car je me demandais bien quelle rencontre Laurence avait pu faire lors de son jogging hebdomadaire pour faire basculer sa vie. J’avoue que si j’avais connu le thème du roman avant de le lire, je ne l’aurai peut-être justement pas lu. Sans être violent ou trop difficile, je n’avais pas envie de lire cela. Je m’imaginais une rencontre bien différente de celle décrite par l’auteure.

La construction du roman m’a par contre bien plu, c’est ce qui a fait pencher la balance pour que je continue ma lecture. L’auteure donne la parole à de nombreux personnages de l’entourage de Laurence : enfant, époux, voisine… Ainsi on aperçoit comment un même événement est vécu différemment par chacun des personnages. On est témoins d’une multitude de sentiments, d’émotions et de réactions. J’ai beaucoup aimé l’utilisation de ces divers points de vue. Les personnages sont décrits avec minutie, avec beaucoup de réalisme et pour ma part j’ai été particulièrement touchée par la fille cadette de Laurence. Je parlais de minutie, un peu trop peut-être. La multitude de détails peut vite lasser les lecteurs.

Sans être une lecture qui me marquera, ce roman est très plaisant et la plume de l’auteure est vraiment agréable à lire. Je la relirai avec curiosité.

Ma notation :

Un roman plaisant mais pas inoubliable.

 

(Merci à Librinova pour cette lecture)

 

Pour que justice soit faite, Jodi Picoult

Quatrième de couverture :

Peut-on venger le pire des crimes ? Et, si la justice est faillible, a-t-on le droit de se faire justice soi-même ?

Quand, du jour au lendemain, le petit Nathaniel perd l’usage de la parole, Nina, sa mère, substitut du procureur, commence à s’inquiéter. Et, lorsque le comportement de l’enfant devient perturbé à l’extrême, elle s’affole et tente d’en découvrir la cause. A l’issue d’une brève enquête, impossible d’en douter : son fils a été victime de sévices sexuels… Dès lors, la jeune femme n’a plus qu’une idée en tête : retrouver l’agresseur. Et lui faire payer son crime.

L’avis de MadameOurse :

Je poursuis ma découverte des romans de Jodi Picoult avec ce quatrième roman d’elle. Il y en avait 2 en attente dans ma PAL et j’ai préféré lire d’abord le plus ancien et plus court. L’autre est son tout dernier roman, Mille petits riens et c’est un pavé. Je le lirai bientôt car il me fait très envie.

Dans ce roman, on va suivre Nina Frost, mère de Nathaniel, épouse de Caleb et procureure. Parmi les affaires qu’elle a à gérer, elle connait bien les affaires concernant des viols commis sur des mineurs. Et c’est donc avec toute sa connaissance de comment ces affaires sont jugées qu’elle va être plus personnellement mêlée à ce crime.

Du jour au lendemain en effet, son fils Nathaniel ne parle plus. Très vite, aidé d’une psychothérapeute, les parents vont comprendre que Nathaniel a été violé. Par qui ? Quand ? Nina se moque de qui est la personne responsable mais elle veut le faire payer. Et elle sait justement qu’il est très difficile de condamner les responsables, qui écopent souvent de peines courtes. Et c’est tout un parcours du combattant pour le mineur qui doit absolument témoigner. Nina refuse que son fils vive cette double peine : en plus du viol, devoir revivre une nouvelle fois tout ça en le racontant devant un tribunal ? Mais comment alors faire justice ?

Nina va « choisir » la pire des justices, celle qui fait parler la mère en elle et non la procureure. Celle qui va chambouler sa vie bien au delà de ce qu’elle aurait dû être. Et nous allons suivre Nina et sa famille au cœur de ce roman, au cœur également des tribunaux qui vont juger l’affaire. Comment vont-ils tous s’en sortir ? C’est ce que l’on découvre dans ce roman. C’est intéressant à travers ce double point de vue de mère et procureure. C’est aussi révoltant de lire que ces crimes sont si rarement punis…

Ma notation :

Une lecture intéressante même si elle ne m’a pas passionnée.

Le pouvoir, Naomi Alderman

Quatrième de couverture :

ET SI LES FEMMES PRENAIENT ENFIN LE POUVOIR DANS LE MONDE ENTIER ?
Aux quatre coins du monde, les femmes découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ». Du bout des doigts, elles peuvent infliger une douleur fulgurante – et même la mort.
Soudain, les hommes comprennent  qu’ils deviennent le « sexe faible ». Mais jusqu’où iront les femmes pour imposer ce nouvel ordre ?

L’avis de Lunatic :

Madame Ourse me faisait remarquer que cette couverture était bien moche, et je suis un peu d’accord avec elle. Même si ce rouge vif doit bien attirer l’œil  dans les rayons en librairie. Je préfère cette couverture américaine que je trouve moins laide. Mais pour le coup c’est plutôt la 4ème de couverture qui m’a intriguée et plusieurs articles que j’ai vu passer, annonçant ce roman comme le phénomène littéraire de cette rentrée de janvier 2018.

Imaginez que du jour au lendemain, les femmes, et plus précisément les adolescentes se retrouvent avec un étrange pouvoir. Celui de créer des pulsions électriques passant par leurs mains, plus ou moins contrôlées, permettant alors de se défendre face aux hommes et renversant alors les habitudes. C’est le moment de prendre une revanche sur des siècles de harcèlement, d’avilissement, de domination masculine. A noter que ces adolescentes peuvent faire resurgir ce pouvoir auprès de leurs aînés. C’est le point de départ de cette dystopie. Cet étrange bouleversement physique et  social nous est raconté à travers 5 personnages: Roxy, issu d’une famille de mafieux, qui va utiliser son pouvoir pour faire prospérer les affaires. Allie, une jeune fille paumée qui va devenir Mère-Ève et se transforme ainsi en nouvelle gourou ou déesse guidant les femmes qui détiennent le pouvoir. Tunde, une journaliste africain, qui va surfer sur le phénomène et couvrir à travers le monde tout les faits-divers et drames qu’entraînent ce pouvoir. Et enfin Margot, femme politique dont la fille détient ce pouvoir. Margot va créer des camps d’entraînements pour permettre aux filles de maîtriser le pouvoir afin de l’utiliser intelligemment. Cette implication va lui permettre d’assurer son avenir politique. On assiste à des révoltes dans divers pays, des soulèvements de femmes renversant les régimes en place et créant de nouveaux pays, les hommes sont tués, violés, persécutés. Bref, une sorte de guerre mondiale assez effrayante. Le roman évoque aussi des fait physiques ou scientifiques pouvant expliquer l’arrivée de ce pouvoir (et si on le détenait toutes depuis des siècles sans le savoir?).

C’est un roman très différent de ce que je lis d’ordinaire. Je l’ai trouvé assez dur, l’idée de pouvoir, des rôles qui s’inversent. Ces femmes qui deviennent pire que les hommes, cette idée de vengeance est assez dérangeante. Je ne suis pas féministe pour un sou, ça explique peut-être que je n’étais pas totalement conquise pendant ma lecture. C’est intéressant de voir comment l’auteur a voulu montrer que le pouvoir nouveau crée des armées, des envies de nouvelles religions. Les personnages sont intéressant, mais je n’ai pas réussi à me les approprier. On saute de l’un à l’autre trop vite, le déroulé chronologique est assez flou et trop rapide à mon sens. Arrivant vers la fin, je pensais qu’il ne s’agissait que d’un premier tome tant pour moi il y avait encore plein de choses à développer, à dire. Néanmoins ce roman se lit très bien,j’aurai tendance à le ranger en Young Adult par contre. J’ai vu qu’il allait être adapté en série télé, il ne pouvait en être autrement! Il est fait pour cela.

Ma notation :

Une lecture qui sort de mes habitudes et qui m’a plu! Pari réussi.

 

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)