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Une vie et des poussières, Valérie Clo

Quatrième de couverture :

Mathilde n’est plus toute jeune et sa fille a décidé qu’elle serait bien mieux dans un Ephad que chez elle, où elle commence à oublier trop de choses. Le roman est le journal de Mathilde tenu pendant les mois passés dans ce nouveau monde.

Il y a les souvenirs anciens : l’enfance pendant la guerre, la disparition du père, la fuite dans la zone libre, la disparition de la mère, la planque chez des paysans. Puis le retour à la vie, alors que tout est dévasté…

Et il y a la vie au quotidien dans cet univers étrange qu’est l’Ephad. Sa voisine de chambre qui a perdu la boule. Les voisins de table, hauts en couleurs et passablement amochés. Les aides-soignantes, et en particulier Maryline qui est un rayon de soleil… Les jours passent. Il y en a des bons, il y en a des mauvais. C’est l’heure des bilans, l’apprentissage de la solitude radicale.

L’avis de Laure :

Avant de vous parler de ce livre, je tiens à préciser que je l’ai malheureusement lu au pire moment qui soit : celui des premiers jours de confinement. Ces jours où nous étions (et sommes encore) tellement perturbés que notre capacité de concentration en devenait limitée. Ce livre a clairement pâti de la période à laquelle je l’ai lu.

C’est un court roman, un rythme rapide avec de très courts chapitres aussi. C’est Mathilde, qui vit en EHPAD qui va nous raconter sa vie. Son présent à l’EHPAD mais aussi des bribes de son passé. C’est son journal intime, certains jours elle nous raconte ce qui se passe dans son quotidien et d’autres jours elle dévie vers son passé, ses souvenirs. Il n’y a donc pas d’agencement de temps particulier et cela se comprend par la forme souhaitée du récit.

Malheureusement, j’ai trouvé qu’il y avait un manque de cohérence de l’ensemble, j’ai eu l’impression de lire une succession de souvenirs mais il m’a manqué un lien global entre tous. J’aurais aimé en savoir plus sur le passé de Mathilde, cette enfant cachée lors de la seconde guerre mondiale, qui perdit ses parents, déportés juifs. Son traumatisme est évoqué mais j’aurais vraiment voulu en savoir plus.

Dans l’entourage du présent de Mathilde, il a ses 2 enfants, une fille trop aux petits soins qui couve sa mère comme si le moindre coup de vent pouvait la tuer. Un personnage assez pénible donc ! Il y a aussi les autres résidents de l’EHPAD qui offrent parfois des situations cocasses, c’est amusant mais là encore j’aurais aimé plus, que ça aille plus loin, que ce soit plus développé. Et il y a une aide soignante qui est très proche de Mathilde, une jolie relation à lire, un vrai partage entre ces deux femmes.

En bref, j’ai aimé l’idée de ce roman mais j’en attendais tellement plus, ce sujet des personnages âgées est récurrent ces dernières années dans la littérature et j’ai trouvé, ici, qu’il n’y avait pas de vrai plus à la lecture malheureusement.

Ma notation :

Avis mitigé pour ce court roman.

(Livre lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

D’ici la porte toi-bien, Carène Ponte

– Roman à paraître le 06/06/19 aux éditions Michel Lafon – 

Quatrième de couverture:

Le meilleur moyen d’alléger ses peines, c’est encore de les partager.

Avec son sable fin et son ciel azur, l’Avenue du Parc Resort and Spa est l’endroit idéal pour se remettre d’un coup dur. À condition de donner sa chance à la chance.
Alors que Samya tente de pardonner l’adultère de son mari, Alison aimerait oublier qu’elle s’est fait plaquer au pied de l’autel. Jessie s’est excusée mille fois pour le chat et le lave-linge, mais Jérémy est à bout : une pause s’impose. Apolline rêve d’un enfant qui ne vient pas. Quant à Mia, dix-neuf ans et déjà maman, elle se voit rejetée par sa famille. Geneviève, elle, perd peu à peu la mémoire.
Ensemble, elles vont libérer leurs émotions et s’apporter un soutien inattendu.
Avec au bout du chemin, un gain inestimable : l’espoir.

L’avis de Lunatic :

Si vous suivez ce blog, vous savez à quel point j’aime Carène Ponte!!! C’est en sautillant comme une gamine que j’ai sorti le livre de son enveloppe (en arrachant cette dernière au passage) pour découvrir l’exemplaire dédicacé de ce nouveau roman (Merci Carène). La couverture toute douce est super jolie vous ne trouvez pas?

J’aurai tellement de choses à dire sur ce roman, sur ces personnages, sur les situations que vivent nos héroïnes. Mais trop parler de ce roman, ça serait vous gâcher la rencontre avec ces 6 femmes. Une rencontre qui s’annonce chargée en émotions. Vous passerez par une multitude de sentiments différents. Vous allez rire, vous offusquer,  puis être attendri, rire à nouveau, être ému, être en colère, rire encore, pleurer, sautiller, rire toujours et aimer. Vous allez aimer ces 6 personnages et ceux qui les entourent. Vous allez peut-être comme moi détester un personnage et avoir envie de le noyer dans la piscine de L’avenue du Parc.

J’ai retrouvé ici l’écriture pleine d’humour de Carène Ponte que j’aime tant. Des chapitres fluides, courts, qui s’enchaînent et qui donnent un joli rythme au roman. Chaque chapitre est consacré à l’une des 6 héroïnes. Chacune est à un moment clé dans sa vie, les liens qui se créent, l’amitié qui naît leur permettra d’avancer dans leurs histoires loin d’être évidentes à supporter.  J’ai adoré retrouver Samya, que l’on avait rencontré dans son précédent roman (ainsi que Maxime et Audrey). Je pensais au début de ma lecture que l’une des héroïnes allait se démarquer dans mon cœur de lectrice, mais non! Chacune à leur manière ont su me toucher, me conquérir et je pense que l’on peut s’identifier un peu à chacune d’entre elles.

Je ne vois qu’un seul défaut à ce roman : les vacances sont passées trop vite. J’aurai bien rempilé pour encore quelques jours à l’avenue du parc en compagnie de Mya, Geneviève, Apolline, Samya, Alison et Jessie. Entre rires, cocktails, piscine, complicité et amitié.

Je me réjouis en me disant que cet automne, on va pouvoir lire un nouveau roman de Carène Ponte sur le thème de Noël. J’ai hâte.

(Merci à Camille des éditions Michel Lafon pour cette lecture)

Barracuda For Ever, Pascal Sutter

Quatrième de couverture :

À l’âge de quatre-vingt-cinq ans, mon grand-père Napoléon décida qu’il lui fallait se  renouveler. Il traîna ma grand-mère Joséphine devant les tribunaux. Comme elle n’avait jamais rien su lui refuser, elle se laissa faire.
Ils divorcèrent le premier jour de l’automne.
— Je veux refaire ma vie, avait-il dit au juge chargé de l’affaire.
— C’est votre droit, avait répondu ce dernier.  »

Voici l’histoire d’un duo irrésistible : un petit-fils et son grand-père, prêts à toutes les fantaisies pour conjurer les tourments de l’existence.

Les gratitudes, Delphine de Vigan

 

Quatrième de couverture :

« Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences.
Et la peur de mourir.
Cela fait partie de mon métier.
Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas. »

Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elles, deux personnes se retrouvent : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé de la suivre.

Un court texte, mais si riche. Lisez-le et vous pourrez remercier Delphine de Vigan pour cette furtive mais néanmoins douce rencontre avec Michka.

 

La femme qui ne vieillissait pas, Grégoire Delacourt

Quatrième de couverture :

« À quarante-sept ans, je n’avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d’oie ni ride du sillon nasogénien, d’amertume ou du décolleté; aucun cheveu blanc, aucune cerne; j’avais trente ans, désespérément. »

Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt.

Celle qui prend de l’âge sans s’en soucier, parce qu’elle a d’autres problèmes.

Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre.

Et puis, il y a Betty.

L’avis de MadameOurse :

J’avais déjà lu Grégoire Delacourt il y a 3 ans et j’avais dit que je le relirai. Il y a 3 ans quoi et j’en ai jamais reparlé depuis… Mais là j’avais une certaine curiosité face à ce titre et à son titre justement. Alors c’était l’occasion.

Le roman est découpé en paragraphes assez courts qui chacun évoquent une année de la vie de Betty. J’ai retrouvé très vite le style de l’auteur, un style particulier, poétique, envoûtant, on a l’impression qu’il évoque son histoire de loin, avec légèreté et pourtant il fait passer une émotion forte. Ce doit vraiment être ça le style Delacourt et d’ailleurs je me rends compte en préparant cette chronique que Lunatic nous a décrit de la même façon le style de l’auteur il y a deux mois quand elle a lu Danser au bord de l’abîme.

Dans ce roman, on va suivre Betty, de sa vie de petite fille à sa vie de femme de 60 ans. Une petite fille qui perdra sa maman assez tôt et qui sera marquée pour ce deuil puis une jeune femme des années 60 qui vivra la passion amoureuse, la maternité, etc. En somme un récit de ce qu’est la vie de toute femme. Sauf que. A l’âge de 30 ans, Betty ne vieillira plus. Et les 30 années qui suivront elle aura alors ce même visage lisse, celui de ses 30 ans. Le rêve de toutes les femmes, n’est ce pas ? Sauf que vous arrivez alors à 45 ans, avec un visage de 30 ans et un mari qui lui fait 45 ans. Le poids des regards à subir alors sur ce couple avec écart d’âge. Et puis un jour vous avez 60 ans, votre fils en a 30. De nouveau le poids des regards sur ce si joli couple qu’on prend pour des amoureux…

Vous avez compris, je pense, qu’il va donc vite être très douloureux pour Betty de continuer à faire 30 ans… Comment continuer à vivre normalement ? Comment expliquer aux gens, jour après jour que oui elle a ce visage lisse mais non elle n’a pas 30 ans ? Et je ne vous explique pas les quiproquos administratifs…

Ce roman est très intéressant de par le thème traité mais je n’ai pas pu me sortir de la tête qu’il s’agissait d’un homme qui écrivait sur l’apparence et la vieillesse des femmes. Et oui, ça m’a gênée et je sais très bien que c’est uniquement dû a des a priori ridicules. Par ailleurs, je ne sais pas encore ce que c’est finalement de vieillir, d’arriver à 40 / 50 ans et sentir son corps diminué. Du coup j’avais un regard neutre sur les pages qui évoquent cela, je ne suis pas en mesure de juger de la véracité des propos.

Au delà de ça, Grégoire Delacourt, signe ici un récit raconté avec douceur et comme un voile sur les sentiments, tout y est dit mais avec une petite distance, une légèreté. C’est un style bien particulier qui personnellement m’a beaucoup plu.

Ma notation :

Un joli roman même si des a priori m’ont empêchée d’en savourer encore plus la lecture.