Archives du mot-clé USA

Jenny, Fabrice Colin

Quatrième de couverture:

Exceptionnellement, je ne vous mettrai la 4ème de couverture. Tout simplement car elle en dit trop, en dévoile trop.

L’avis de Lunatic :

Ce roman c’est l’histoire de Bradley. Tout commence avec un récit de vie assez classique. Souvenirs d’enfance, de sa famille, son boulot, ses soucis personnels puis la rencontre avec April et leur mariage. Mais lors d’un voyage à Las Vegas, elle disparaît. Elle reste introuvable. Fuite délibérée? Enlèvement? Accident? Bradley finira par tenter de combler ce manque en faisant des rencontres. C’est là qu’entre en scène Jenny qui l’amène dans une aventure un peu folle.

Le roman enchaîne sur un semblant d’enquête policière puis l’auteur nous emmène vite dans un récit loin de ce qu’on pouvait imaginer avec les premiers chapitres. Jenny est bien originale, dérangeante même. L’auteur nous plonge dans un sérieux brouillard. J’ai eu beaucoup de mal à cerner la vérité, le vrai parmi la folie, le flou ambiant. C’est un livre qui triture le cerveau, qui rend fou ! L’ambiance générale du roman est assez folle, mêlée à un style que je n’ai pas l’habitude de lire. On rentre dans la tête de Bradley, avec un récit à la première personne. On prend conscience des son questionnement, de ses doutes, de sa peur… C’est fou, c’est noir, c’est violent, c’est surprenant. Un moment de lecture assez inédit pour moi.

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La disparition de Stéphanie Mailer, Joël Dicker

Quatrième de couverture :

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaître à son tour dans des conditions mystérieuses.

L’avis de Lunatic :

Je l’attendais ce nouveau roman de Joël Dicker. J’avais lu La vérité sur l’affaire Harry Quebert avec passion. Je trouve que Joel Dicker écrit comme aucun autre auteur francophone. Il a un style bien à lui, ses récits sont dignes d’une très bonne série, avec des portaits de personnages singuliers, de nombreux dialogues et des révélations égrainées au fil de l’intrigue qui donnnte un super rythme au texte.

Ici on retrouve encore une fois un récit qui alterne entre deux périodes. 2014 et 1994. Ville d’Orphéa, en 2014, Stéphanie Mailer, journaliste interpelle un policier qui s’apprête à prendre sa retraite, Jesse Rosenberg pour lui dire que malgré ce qu’il pense il n’a pas résolu 100% de ses affaires. En effet, en 1994 lui et son coéquipier se sont trompés lors d’un quadruple meurtre. La vérité était sous ses yeux depuis le début lui dit-elle. Voila que Stéphanie Mailer disparait, Jesse décide de mener l’enquête et se rend vite compte qu’il s’est trompé il y a 20 ans. Il est accompagné de Dereck son binôme en 1994 et d’Anna, chef adjoint de la police d’Orphéa.

Ce roman va alors mettre en scène une multitude de personnages (plus d’une vingtaine), qui, je l’avoue, peuvent vite nous perdre. Chaque personnage a pourtant un rôle à jouer, une clé à livrer pour résoudre l’enquête. Ils sont tous les différentes pièces d’un puzzle bien difficile à former. Chaque chapitre donne sa voix à divers personnages, nous donnant alors une vue d’ensemble sur l’intrigue, et apportant sans cesse de nouvelles révélations. On assiste à de nombreux  flash-back sur les faits de 1994, permettant de refaire l’enquête et à d’autres « souvenirs » qui permettent d’en savoir plus sur la vie des personnages. L’auteur nous impose pleins de questions dont la plupart ne trouveront réponses que dans les 100 dernières pages. Par contre, je n’ai pas compris l’intérêt de parler de certains personnages qui au final n’apportent rien à l’intrigue principale.

Impossible de découvrir l’identité du coupable avant la fin, Joël Dicker multipliant les pistes, les soupçons. Quand on pense savoir, il pointe bien vite nos erreurs. Puis le final arrive, et on se rend compte qu’effectivement, tout était sous nos yeux depuis le début. J’avoue avoir été un poil déçue par ce dénouement un peu simple à mon goût (mais pas si simple finalement puisque je ne l’avais pas vu venir…)

J’ai aimé ce roman, j’ai aimé retrouver cet auteur. On ne voit pas passer les 635 pages. Lisez-le, vous ne pourrez que passer un bon moment.

Ma notation :

Une super turn-over. Addictif et passionnant.

 

Underground railroad, Colson Whitehead

Quatrième de couverture :

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le  » misérable coeur palpitant  » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté.

L’avis de MadameOurse :

J’aime beaucoup lors de mes lectures me confronter à des faits réels de l’Histoire, anciens ou moins. C’est une occasion abordable de se détendre en apprenant. Et dans ce roman j’ai appris sur des choses qui m’étaient inconnues. En effet, l’Underground railroad ou chemin de fer clandestin en français a réellement existé (suivre le lien Wikipédia pour en savoir plus).

Colson Whitehead romance donc ici sur des faits peu glorieux de l’histoire des USA. Et même si l’on sait tous que l’esclavagisme a existé et à quel point les Noirs étaient maltraités lors de cette traite négrière, une piqûre de rappel ne fait jamais de mal. Et ici clairement, les éléments choquants qui vous feront réagir y sont. La plupart des blancs vivant sur le continent américain à cette époque traitait les esclaves noirs comme des objets et même pire que ça. C’est absolument abominable. Et même ceux qui croiseront un propriétaire humain qui leur rendra leur liberté craindront toute leur vie d’être repris (l’affranchissement n’était pas franchement respecté).

Alors les noirs avaient 2 options dans leur vie : se résoudre à une vie misérable et malheureuse ou bien tenter de fuir. Avec tous les risques que cela représentait. Les moyens mis en oeuvre pour rattraper un fugueur sont absolument démesurés et la sanction est inévitablement la mort mais après des tortures abominables.

Cora va prendre le risque, entraînée par Caesar. Et on la suit ici dans un périple extrêmement risqué. Elle va rencontrer pas mal de gens qui prendront à leur tour le risque de la couvrir. Des blancs pro abolition de l’esclave il y en a mais, eux aussi, font ça au péril de leur vie. Jamais Cora ne pourra vraiment se sentir en sécurité, sachant les chasseurs à ses trousses, à peine pourra-t-elle savourer une vie libre.

J’ai parfois trouvé des longueurs dans le récit ou bien des passages plus techniques que j’ai moins bien appréhendé de par ma connaissance médiocre du sujet. Quoi qu’il en soit, c’est une lecture que je suis contente d’avoir pu faire, pour ne pas rester ignorante des cruautés que les humains sont capables d’infliger aux leurs. Et parce que de nos jours, il y a encore tant à faire sur le sujet de l’acceptation de la différence et du racisme…

Ma notation :

Une lecture dure et instructive mais dont je m’attendais à plus. Or, elle ne m’a pas pris aux tripes comme je le pensais.

Merci aux Matchs de la Rentrée Littéraire 2017 pour cette lecture.

Les lumières de Cape Cod, Beatriz Williams

Quatrième de couverture :

1966, Cape Cod.
 » Tiny  » c’est Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c’est d’abord les courriers menaçants d’un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c’est tout le passé de Tiny qui ressurgit. Un passé bien moins lisse qu’il n’y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l’écho, s’il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle…
Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

L’avis de MadameOurse :

Voici encore une lecture que j’ai découverte sur Netgalley et que les éditions Belfond m’ont permis de lire. Ce n’est qu’en commençant ma lecture que je me suis rendu compte que le roman faisait partie d’une saga sur les sœurs Schuyler dont le premier tome est La vie secrète de Violet Grant. (Le 3ème tome n’est pas encore traduit en français). En fait, je me suis lancée quand même dans ma lecture sans avoir lu le premier roman car chaque livre conte l’histoire d’une des 3 sœurs de la famille et peut donc se lire indépendamment. Moi je n’ai pas du tout été perturbée par la catégorisation saga en tout cas.

Lorsque j’ai débuté ma lecture dans le Cape Code des années 66, j’ai eu un peu peur. L’auteure dépeignait Tiny, jeune épouse d’un homme qui se destine à une carrière politique. Très vite, on ressent le côté potiche que la famille de son époux lui attribue, des histoires d’infidélité émergent et je me suis dit « bof ». Ben oui, bof quoi ce genre de personnage mou et qui vit en dépendance des autres non hein.

Sauf que ! Entre les chapitres des années 66, on revient 2 ans en arrière. A cette époque, Tiny n’était encore que fiancée à Frank et venait de rencontrer le major Caspian Harrison. C’est une très belle rencontre dont on ressent tout de suite à quel point elle est forte, on se doute vite qu’il y a eu une idylle entre ces deux là. Et on se demande alors pourquoi elle a quand même épousé celui avec qui elle était fiancée.

Le roman se déroule alors en alternance, 1964 puis 1966. En 64, on rentre tout doucement dans la très belle histoire d’amour qu’ont vécue Capian et Tiny. C’est une partie du roman chargée d’émotions, je l’ai vraiment adorée c’est magique et beau. Pendant ma lecture je m’imaginais moi aussi me blottir dans les bras de Caspian (un beau gosse vous imaginez bien !). Et en même temps, on est sur le fil à se demander pourquoi cette histoire n’a pas perduré.

De l’autre côté en 66, on suit une Tiny à la vie bien plus triste. Elle a fait plusieurs fausses couches, sa relation avec son mari n’est pas parfaite et puis elle est la potiche qui est censée faire de lui une superbe image pour faire avancer sa carrière politique ! Au delà, le roman aborde très bien ce qu’était la vie d’épouse dans les années 60 entre le poids encore très marqué des convenances (surtout dans les grandes familles riches comme celle des Hardcastle) et un début de libéralisation de la vie des femmes à travers les premiers divorces.

J’ai beaucoup aimé comment les événements nous sont amenés par l’auteure et jusqu’où elle va dans son histoire. C’est loin d’être plat, je ne m’attendais pas à une intrigue aussi approfondie, à des événements aussi durs à traverser pour Tiny. Et j’ai vraiment adoré cette surprise ! Pour moi tout y est, le personnage de Tiny est beau et j’ai trouvé la fin du roman la concernant très intelligente dans les choix qu’elle fait.

Ma notation : 

Une très belle surprise. Je recommande sans souci ! Avec mention pour le côté historique intégré dans le roman qui m’a fait voyager dans une période de l’histoire sur laquelle il est toujours plaisant d’apprendre des choses.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)