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Tous les fleuves vont à la mer, Belva Plain

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Quatrième de couverture :

Arrachée à sa Pologne natale, Anna a seize ans lorsqu’elle débarque à New-York. Comme tant d’autres immigrants, cette orpheline est venue chercher fortune dans cet eldorado que représente l’Amérique en ce début du XXe siècle.

Femme de tête animée par une volonté farouche, elle est résolue à tout faire pour dépasser sa condition, et enfin réaliser ses rêves.

L’avis d’Audrey :

Sacré pavé que cette réédition d’un roman de 1978, mais qui, dès les premiers chapitres se dévore en un clin d’œil. Comment ne pas apprécier Anna, comment ne pas avoir envie de suivre sa destinée, de l’accompagner dans sa vie de femme, qui commence de façon bien tourmentée.

On rencontre Anna, alors qu’elle n’a que 12 ans. Elle vit en Pologne avec sa famille, mais quand il ne reste plus qu’elle et ses jeunes frères, elle prend la décision de partir vers les USA, comme l’envisageait son père. On va ainsi suivre son parcours jusque dans les années 70. A ses cotés, c’est tout un siècle que l’on va traverser, chahuté par les coups du destin et de l’Histoire.

A travers ce roman, c’est de nombreux thèmes qui vont être traités : les liens familiaux, l’amour, l’exil, l’antisémitisme, l’infidélité, le pouvoir et l’argent. En avançant avec Anna dans les années, on observe le quotidien qui change et les bouleversements sociologiques.

Je craignais un peu que le roman me paraisse vieillot, mais l’histoire d’Anna et des siens est racontée avec tant de finesse, de détails et de passion, que vous tournerez les pages avidement, sans voir défiler les années.

Ma notation:

Une saga familiale qu’on devrait tous lire, et je me réjouis de cette réédition chez Archipoche, pour que les jeunes lectrices puissent à leur tour découvrir ce roman.

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(Merci à Mylène des éditions Archipel pour cette lecture)

Les ravissantes, Romain Puértolas

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Quatrième de couverture :

Que s’est-il réellement passé en mars 1976 dans la petite ville de Saint Sauveur, en Arizona ?
C’est la question à laquelle tente de répondre le journaliste Neil Sheehan, confronté à une énigme qui divise la population : la disparition, sans mobile apparent, de plusieurs adolescents. Tandis que le shérif Liam Golden met tout en œuvre pour résoudre l’affaire, les mères des disparus accusent une communauté de marginaux qui s’est installée un an plus tôt dans les parages. Et pendant ce temps, d’étranges lumières apparaissent les nuits sans lune et la tension continue de monter entre les deux camps…

L’avis d’Audrey :

Arizona, au cœur des seventies : 3 disparitions d’adolescents affolent la ville de St Sauveur. Fugues, enlèvements, meurtres sauvages ? On ne sait rien et surtout il n’y a aucune piste pour expliquer cela, ni aucun lien entre ces 3 jeunes. Et si la secte présente pas loin de la ville n’y était pas pour rien ? C’est sur tout cela que va devoir enquêter le shérif Liam Golden et son équipe.

L’auteur nous a habitué depuis plusieurs romans à se moquer de nous, à nous tromper pour notre plus grand plaisir. Ainsi, j’ai commencé cette lecture en voulant décortiquer chaque scène, chaque phrase. J’ai essayé de ne me fier à aucun personnage, imaginant que tout n’était que faux semblant. Et cela a peut-être un peu gâché mon plaisir de lecture.

On avance dans l’intrigue, par des chapitres donnant voix à plusieurs personnages. On admire la force de ces mères, prêtes à tout pour retrouver leurs enfants. Le récit peut vite devenir addictif, mais j’avoue que j’ai eu du mal avec de trop nombreux détails qui frisent la caricature. Un roman à lire comme on regarderait un bon film très USA, mais malheureusement ça n’a pas accroché avec moi. Je n’ai jamais réussi à voyager jusqu’en Arizona.

J’attendais un final détonnant comme il nous avait habitué, et ici, tout est retombé comme un soufflé. Tout ça pour juste cela. Mouais….

Ma notation:

J’ai refermé ce roman déçue. Un titre pas fait pour moi, mais nul doute que le prochain saura me reconquérir. J’espère!

L’étoile de la liberté, Oriane Lapouge

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Quatrième de couverture :

« Pour nous, ce sera le bulletin de vote ou le fusil. » Lorsqu’elle entend ces mots à la radio, un soir d’avril 1964, Mary en est convaincue : elle a enfin trouvé le sujet qu’elle attendait. Après presque un an passé au Columbus, à écrire des articles qui ne l’intéressaient pas vraiment, elle va enfin pouvoir s’impliquer dans une grande cause. Bien décidée à être la porte-parole de ce moment historique, elle prend la route pour le Mississippi, aux côtés de centaines de militants, pour aider les citoyens noirs à s’inscrire sur les listes électorales.

Bien loin de son Ohio natal, elle est confrontée à un Sud encore profondément marqué par le racisme et la ségrégation. Quand elle sauve des décombres d’une église des carnets datés de 1848 à 1860, elle découvre le parcours bouleversant de femmes et d’hommes qui ont fui l’esclavage, et de ceux qui les ont aidés, au péril de leur vie.

Un premier roman à la fois captivant et déchirant, porté par des personnages inoubliables qui, chacun à leur manière et en leur temps, sont en quête de liberté.

L’avis de Laure :

Le prix du livre romantique Charleston est rarement un livre historique, ça a donc été une surprise pour moi de découvrir L’étoile de la liberté. Il y a de nombreux romans qui traitent de la condition des noirs aux Etats Unis, celui-ci le fait via une double temporalité, à 100 ans d’écart.

Il y a d’une part Ed et Batsy, en 1850. Tous deux esclaves, ils vont du jour au lendemain vivre la fuite via le chemin de fer clandestin. Alors que le Nord du pays souhaite l’abolition de l’esclavage, les blancs du Sud, eux, sont bien heureux de pouvoir encore compter sur leurs esclaves pour réaliser le travail aux champs. Cette partie du roman, bien que peu surprenante pour moi car elle est assez similaire à ce qu’on peut trouver dans d’autres romans, est toujours poignante, marquée de violentes scènes, où les maitres tout permis, maltraitent leurs esclaves. Heureusement, via le chemin de fer clandestin, on rencontre d’autres personnages, profondément convaincus de l’égalité des noirs vis à vis des blancs et déterminés à leur apporter la liberté, au péril de leur vie parfois.

Cent ans plus tard, on pourrait croire que les Etats Unis ont fait du chemin. Pourtant, il n’en est rien et c’est cette partie du roman qui a été très surprenante pour moi. Mary, journaliste dans le Nord du pays, va s’en rendre compte en couvrant les faits de l’été de la liberté. Le Mississipi mène alors une campagne pour convaincre les noirs de l’état de s’inscrire sur les listes électorales. Mais sur fonds de menaces permanentes du Ku Klux Klan, les noirs, bien que libres à présent sur le papier, préfèrent bien souvent se protéger et ne pas prendre de risque plutôt que de s’engager dans une vie citoyenne.

C’est cette partie du roman qui m’a le plus marquée car j’y ai appris beaucoup de choses que j’ignorais. En un siècle, la cause des noirs a si peu avancé, c’en est désolant et ça en éclaire d’autant plus le racisme qui perdure. Ce roman est très intéressant à lire pour illustrer ce pan de l’histoire des USA, les combats permanents qui se mènent et rencontrer des personnages humanistes qui se battent pour l’égalité de tous.

Ma notation :

Un roman très intéressant.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

Le maître du haut chateau, Philip K. Dick

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Quatrième de couverture :

En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l’axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l’est des Etats-Unis, l’ouest avait été attribué aux japonais.

Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l’usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945…

L’avis d’Audrey :

S’il y a bien un genre dont on ne vous parle quasiment jamais avec Laure, c’est la Science-fiction. Pourtant, j’ai un petit faible pour les récits d’uchronie. Vous savez, les histoires qui partent d’un point historique réel, mais qui en modifient les événements, et bien souvent avec des conséquences négatives.

Avec ce roman écrit dans les années 60 par le grand génie de la SF, Philip K.Dick, la fin de la seconde guerre mondiale est complétement différente de ce que l’on connait. Les allemand et les japonais en sont les grands vainqueurs. Les USA ont tout perdu de leur splendeur, et le pays est coupé en deux. C’est dans ce nouvel ordre mondial que l’on va rencontrer plusieurs personnages: japonais, américains, juifs… La plupart des gens se sont accomodés de ce nouveau quotidien, jusqu’à la lecture d’un livre: « The Grasshopper lies heavy ». Un livre écrit par un mystérieux auteur, et dans leque il affirme que les Allemands n’ont pas gagné la guerre comme tous semblent le croire.

Une histoire assez folle, avec une multitudes de personnages, de point de vue et d’actions. L’écriture amène beaucoup de recul avec l’histoire. Le récit peut paraitre assez froid dans l’ensemble et le lecteur prendra pas mal de distance avec les personnages je pense. On ne s’y attache pas et surtout on ne peut pas s’y identifier, tant ils vivent dans un monde noir et terrifiant, dans lequel on ne voudrait jamais se retrouver.

J’ai beaucoup accroché à cette histoire, avec ce double procédé, une uchronie dans un roman uchronique. On pourrait presque s’y perdre, c’est par moment un peu lent, mais l’ensemble est néanmoins très bien expliqué et mis en scène. Surtout, ne vous arrêtez pas aux premiers chapitres qui pourraient vous donner envie de stopper votre lecture. Insistez un peu, car lire ce roman est vraiment une expérience de lecture à ne pas rater, rien que pour faire connaissance avec le style de l’auteur.

Ma notation:

La réédition chez J’ai lu d’un classique à découvrir.

Le disparu de Nantucket, Laure Rollier

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Quatrième de couverture :

Sur l’île de Nantucket au large de la côte Est américaine, la vie d’un restaurant français bascule dans l’angoisse le jour où le mari de la gérante Alix disparaît mystérieusement… Le passé de cette dernière va refaire surface mystérieusement tandis qu’une enquête de police traque impitiyablement son passé…

Alix, restauratrice franco-américaine installée avec sa famille sur l’île de Nantucket, voit sa vie bouleversée le jour où son mari, David, se volatilise dans la nature. Maxime, flic bordelais à la dérive, peine à se remettre de la mort brutale de son frère. Lorsque la police américaine retrouve le véhicule abandonné de David, elle découvre également à l’intérieur de celui-ci des traces d’ADN appartenant au frère de Maxime. Débute alors la course effrénée de Maxime et Alix, en quête de vérité, entre mensonges et révélations.

L’avis d’Audrey :

Besoin d’un roman qui vous fait tout lacher le temps de quelques heures ? Alors arrêtez vous sur ce thriller de Laure Rollier. J’aime quand un auteur nous surprend, et c’est le cas ici avec ce roman. Je n’attendais pas forcément cette auteure dans le genre du thriller : oui, mes préjugés et jugements à la noix sont toujours présents. J’étais alors bien curieuse de découvrir cela.

Direction donc Nantucket, une île de la côte Est des Etats-Unis, bordée par l’Atlantique. Je ne connaissais pas du tout, je me suis même demandé si c’était un lieu fictif, mais non, l’île existe bien. Et pour mieux vous imprégner des lieux, je vous invite à faire comme moi, et à regarder quelques vues de Nantucket sur Google Image pour vous rendre compte à quel point Alix a la chance d’y vivre.

Alix est la fille d’un français, qui est tombé fou amoureux du pays dans les années 1970, et surtout fou amoureux d’une américaine. Il n’est jamais rentré en France et a ouvert un restaurant, Chez Trevor. C’est Alix qui a pris la suite de l’affaire, pendant que son mari David, gère son cabinet d’architecte. Une vie à l’apparence heureuse et sereine avec leurs deux enfants. Pourtant, un soir David disparait. Sa voiture est retrouvée abandonnée, mais aucune trace de l’homme. Aucun indice ne permet de comprendre ce qu’il s’est passé. Pourtant, un petit détail va mêler à cette disparition, Maxime, un policier français. Un infime information qui va l’amener à traverser l’Atlantique pour partir à la rencontre d’Alix.

Au fil des discussions et confidences, une ébauche d’explication semble poindre. Ensemble ils vont enquêter et essayer de répondre à de trop nombreuses questions restées sans réponses.

Quel roman terriblement addictif. Il n’y a rien de trop dans ce récit, pas de temps morts. L’auteure enchaîne les révélations et les rebondissements, qui m’ont fait douter tout au long de l’histoire sur les personnages. Je crois que tous, à un moment donné, m’ont paru suspects. Laure Rollier, sait maintenir l’intrigue, nous livrant un final particulièrement réussi.

Ma notation:

Une bien belle découvert que ce thriller addictif et passionnant.