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Ce n’était pas de l’amour, Betty Mannechez

Ebook pour IG (19)

Quatrième de couverture :

Aux yeux de tout le monde, la famille de Betty est dévouée et aimante. Dans son village de la région parisienne, elle donne l’impression d’une famille parfaite avec un père qui travaille dans l’informatique et une mère au foyer modèle. Mais, derrière les portes closes de la maison, les parents se révèlent être de véritables bourreaux.

Les enfants subissent sans arrêt coups et insultes. Pire  : le père de Betty commence à abuser d’elle, un calvaire qui durera des années. Virginie, sa sœur, subit le même sort, jusqu’au jour où un enfant naît de ces abus répétés.

Épuisée, écœurée, Betty trouve la force de dénoncer son père à la justice française. Mais, là encore, la jeune femme se retrouve seule face à un système insensible, incapable d’agir. Et, pendant dix années, les abus vont continuer. Jusqu’à l’impensable…

L’avis de Laure :

Ces dernières semaines, j’ai regardé sur Internet plusieurs interventions TV ou dans les médias de Betty Mannechez et d’une autre jeune femme ayant subi l’inceste d’un beau père. J’ai voulu en savoir plus en lisant le témoignage de Betty Mannechez. 

Et, fiou ! Bien évidemment, il est question d’une famille incestueuse et violente alors ce n’est pas une lecture gaie, ce n’est pas ce que je recherchais en le lisant. Mais je le referme admirative du parcours de reconstruction de Betty, la lire aujourd’hui, faire l’analyse de son vécu, savoir ce qu’elle en a tiré dans sa vie personnelle me stupéfie. Je n’ose imaginer la force qu’il faut pouvoir puiser en soi pour avoir cet aboutissement.

Dans la famille de Betty, tout était anormal, 2 fils, 2 filles (avant une 3ème née plus tardivement), aucun amour, une vie de violence, de brimades, de rejet. Pire, les parents ont construit un cadre familial dans lequel les enfants entre eux n’avaient aucun lien, histoire de bien les asservir au maximum. En les coupant les uns des autres, ils évitaient tout risque d’alliance contre leurs bourreaux. Avec cette lecture, on comprend comment peu à peu l’emprise se construit. Betty, sa sœur aînée et leurs deux frères n’ont rien connu d’autre. Et surtout, quelle horreur de voir à quel point l’entourage plus ou moins proche a été aveugle. Lorsque le père a commencé à violer ses filles, Betty est tombée enceinte. Elle a avorté par 3 fois à 13, 15 et 17 ans. Et ces avortements si jeune, n’ont pas questionné. Pas plus que tant d’autres éléments de l’histoire qui sont pourtant choquants quand on les lit.

A travers cette lecture, j’ai pris conscience du rôle que la société a à jouer contre les parents incestueux. Il y a tant d’enfants concernés et tant d’adultes de leur entourage qui ferment les yeux. C’est épouvantable de penser à toutes ces vies qui vont se construire dans la violence et la destruction. Comment se relever ensuite ? On le voit bien avec Betty ici, impossible de s’en sortir indemne.

Car Betty a quand même fini par prendre la fuite et dénoncer ses bourreaux (car la mère était tout aussi coupable). Il y a eu un procès. Biaisé parce que les enfants avaient toujours des contacts avec leurs parents, qui ont su faire pression sur eux, qui ont aussi su se défendre à grand renfort d’avocats payés à prix d’or. Ce simulacre de justice est lui aussi épouvantable. Quand on lit des mots comme « il peut y avoir des incestes heureux » cela sous entend qu’on ne punira pas systématiquement l’inceste et c’est inimaginable.

Je pourrai vous dire encore bien des choses sur l’histoire de Betty qui va aller jusqu’au bout dans le drame car, à aucun moment, aucun des enfants de cette famille ne sera protégé contre leurs bourreaux. Lisez-le ! Nous avons tous besoin de savoir ce qu’il se passe dans ces familles pour ouvrir les yeux. Nous serons peut-être demain le soutien d’un enfant qui en a besoin.

Ma notation :

Un témoignage glaçant mais nécessaire.

Journal de mes oreilles, Zoé Besmond de Senneville

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Quatrième de couverture :

« En ce moment, c’est calme dans mes oreilles. Le silence du confinement leur sied bien. Pas de sollicitation ou sursollicitation. Pas de tentative d’attraper des mots au milieu d’un groupe ici et là. Pas de constant brouhaha de la rue, de la circulation, pas de peur de ne pas entendre la prochaine phrase. Pas de lecture labiale non plus. Et pas d’appareils. » Le jour de ses vingt-cinq ans, les oreilles de Zoé font leur première crise, que la jeune comédienne assimile à une otite. Très vite, les maux s’accentuent, les acouphènes arrivent. Et le diagnostic tombe : otospongiose bilatérale cochléaire. Comme Beethoven. C’est le début d’une bataille et d’une acceptation. Avec grâce, joie, lyrisme, Zoé raconte, cherche à guérir, et s’interroge.

L’avis de Laure :

Ceux d’entre vous qui me connaissent depuis un moment savent que je lis régulièrement des romans et témoignages sur le thème de la malentendance ou surdité. Alors, lorsque j’ai découvert la parution récente du Journal de mes oreilles, je voulais absolument le découvrir. Acheté le samedi du début de mes vacances, je l’ai lu au cours de la semaine.

Ce témoignage est assez court, il retrace le parcours de Zoé Besmond de Senneville, qui a commencé à perdre de l’audition à l’âge adulte. Le diagnostic a suivi : otospongiose. Une maladie dont je ne connais rien, qui vient atteindre les os de l’oreille et entraine une perte d’audition. En revanche, ce parcours que Zoé évoque, lui, je le connais. C’est celui de la colère, de la découverte d’un monde nouveau, celui où ne sommes plus entendants, où nous nous sentons en marge de la société, en galère lors de tant de situations de notre vie quotidienne. Alors, il faut s’adapter, accepter et surtout faire le deuil de notre audition correcte. Un chemin bien difficile dans lequel les soignants sur notre route n’ont pas forcément le soutien où la bienveillance que l’on attend.

Zoé est combative, déterminée, la maladie ne gagnera pas, la maladie ne la définira pas. Un pas  essentiel dans l’acceptation de la différence, du handicap. Elle va découvrir le monde de l’appareillage auditif. Et déchanter. Car on ne revient pas à ce qu’on a connu avant, l’appareillage est une béquille, pas un miracle. Et trouver le bon appareillage, le bon réglage est là aussi un parcours du combattant. On ressent bien en lisant Zoé, l’énergie qu’elle a investie dans son combat : des RDV avec tous les professionnels de santé imaginables, la détermination à poursuivre sa vie professionnelle malgré les difficultés et tout cela malgré la fatigabilité plus forte qui est celle des malentendants. Elle met en lumière ce handicap invisible et tout ce poids qui pèse sur les épaules des millions de sourds et malentendants de France pour pouvoir vivre « normalement » au maximum.

Et toujours, Zoé reste positive, elle va « guérir ». Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris cette partie de son témoignage. On ne guérit pas de la surdité au sens médical pur, on ne récupère pas une audition perdue. Je pense qu’elle a parlé plutôt de guérison intérieure que je rapprocherai d’acceptation. Quoi qu’il en soit ce témoignage dépeint bien les difficultés rencontrées par toutes les personnes qui perdent ou ont perdu de l’audition. Ainsi que le parcours du combattant qui est le leur, pour se faire accepter et intégrer à la société, malgré la différence.

Ma notation :

Un témoignage enrichissant, à lire si vous voulez en savoir plus sur le sujet.

Où es-tu maman?, Cathy Glass

Quatrième de couverture :

Élevée par une mère droguée et alcoolique, la petite Melody, 8 ans, vit dans un sous-sol froid et humide, ne mange pas à sa faim et ne va pas à l’école. Mais, derrière ce cas de maltraitance ordinaire, se cache une réalité plus complexe… et plus douloureuse. À Cathy Glass, mère d’accueil, de lui redonner le sourire. Ses récits ont déjà touché 3 millions de lecteurs.

Élevée par une mère droguée et alcoolique, la petite Melody, 8 ans, vit dans un sous-sol froid et humide, ne mange que rarement à sa faim, ne se lave pas et ne va plus à l’école.

Lorsqu’elle est confi ée à Cathy Glass, son histoire apparaît tristement banale à cette maman d’accueil habituée à recevoir chez elle des enfants en grande détresse.

Mais, derrière ce cas de maltraitance, se cache une réalité plus complexe… et douloureuse. Avec douceur, Cathy va tenter de redonner confiance à la fillette.

L’avis de Laure :

Lorsque ce témoignage a attiré mon attention dans le catalogue Archipoche, Mylène des éditions L’archipel m’a dit « oh tu es sûre? prépare les mouchoirs. » Je m’étais donc préparée et finalement cette histoire est très positive et m’a donné un bel aperçu de ce que peut être un parcours d’enfant placé en Angleterre.

Lorsque Melody arrive chez Cathy, c’est une petite fille totalement désappointée de laisser sa mère. A plusieurs reprises, elle évoque le fait que sa mère va être perdue, qu’elle ne saura pas faire ceci ou cela etc. Cela interpelle Cathy, le fait que la petite fille ne se dise pas elle en manque de sa maman mais qu’elle évoque plutôt la nécessité d’être présente pour l’accompagner. Et on va comprendre très vite pourquoi, quel rôle avait la petite fille dans sa vie auprès de sa mère. Une vie de misère, le froid, la faim, bien peu de temps de scolarisation, pas de cadre de vie stable, doux, serein.

C’est alors Cathy qui va construire cela pour Melody, l’accueillant comme elle l’a fait pour bien des enfants avant elle. Auprès de ses 3 enfants, elle va apporter la normalité dont a besoin la vie de Melody. Et la petite fille va se révéler, s’apaiser, se passionner pour ce qu’elle apprend à l’école. Une vraie renaissance mais toujours marquée par le parcours de sa mère, à présent hospitalisée. Au fur et à mesure que l’état d’Amanda se dégrade, confirmant que Melody ne pourra jamais retourner vivre auprès d’elle, les visites entre la mère et la fille se compliquent, le lien se perd, perturbé par la maladie.

Ce témoignage m’a beaucoup apporté et, s’il apporte une vision positive du parcours que peut avoir un enfant placé, il n’en reste pas moins réaliste : la complexité de ce parcours, sa lourdeur avec le nombre d’intervenants différents qui interviennent dans le dossier de chaque enfant, la transmission des informations qui se perd parfois, etc. Etre assistant familial pour les enfants placés, c’est une vraie vocation. Le temps que Cathy va investir ici pour Melody m’a impressionnée, parfois au détriment de ses propres enfants. Je n’en salue que plus le courage de ceux qui choisissent de s’engager dans cette voie. 

Ma notation :

En bref, un témoignage qui m’a beaucoup plu.

archipel

(Merci à Mylène de l’Archipel pour cette lecture)

Certains coeurs lâchent pour trois fois rien, Gilles Paris


Quatrième de couverture :

Les cliniques spécialisées, je connais. Je m’y suis frotté comme on s’arrache la peau, à vif. Les hôpitaux psychiatriques sont pleins de gens qui ont baissé les bras, qui fument une cigarette sur un banc, le regard vide, les épaules tombantes. J’ai été un parmi eux. » Une dépression ne ressemble pas à une autre. Gilles Paris est tombé huit fois et, huit fois, s’est relevé. Dans ce récit où il ne s’épargne pas, l’auteur tente de comprendre l’origine de cette mélancolie qui l’a tenaillé pendant plus de trente ans. Une histoire de famille, un divorce, la violence du père. Il y a l’écriture aussi, qui soigne autant qu’elle appelle le vide après la publication de chacun de ses romans. Peut-être fallait-il cesser de se cacher derrière les personnages de fiction pour, enfin, connaître la délivrance. «Ce ne sont pas les épreuves qui comptent mais ce qu’on en fait », écrit-il. Avec ce témoignage tout en clair-obscur, en posant des mots sur sa souffrance, l’écrivain nous offre un récit à l’issue lumineuse. Parce qu’il n’existe pas d’ombre sans lumière. Il suffit de la trouver.

L’avis d’Audrey :

Gilles Paris : un auteur pour qui j’ai une affection particulière. N’allez pas me demander de vous expliquer pourquoi, c’est comme ça, je ne sais pas moi même. Il y a 20 ans je le découvrais avec Autobiographie d’une courgette, quelques années plus tard je le contactais pour un projet scolaire dans un lycée où je travaillais et il était le seul auteur a avoir répondu positivement à ma demande. Depuis quelques temps, je le suis sur les réseaux sociaux et je suis devenu en 2020, une lectrice assidue de son journal de confinement, devenu en début d’année un journal de couvre feu. C’est mon petit rituel de mi journée, comme si l’on prenait un café ensemble, je prends quelques minutes pour le lire, pour avoir des nouvelles de Kikou la souris, noter les titres de musique ou films qu’il conseille, savoir quel temps il fait à Paris.

Certains cœurs lâchent pour trois fois rien : ce n’est pas un roman que nous livre ici l’auteur, mais un récit autobiographique. Ce titre si doux, qui sonne comme un extrait de poésie c’est une phrase qu’un médecin va lui souffler, alors que Gilles Paris se relève d’une nouvelle dépression. C’est de ce délicat sujet dont il va être question dans ce livre.

Il m’est difficile de vous parler de ce livre, je crois qu’il faut avant tout le lire, pour comprendre l’homme qu’il est, ou du moins pour découvrir par vous même ce que Gilles Paris nous confie dans ce témoignage. Il commence avec une lettre au père qui saisit comme un coup de poing, comme ces coups portés par un père distant, qui va faire mal et détruire par les gestes mais surtout par la parole:  « Tu ne vaux rien… Tu es une merde ». Une relation père-fils qui hante les pages de ce livre.

Gilles Paris se raconte, se met à nu face à ses lecteurs. J’avais peur de me sentir gênée face à des confidences si intimes et personnelles, mais il se livre avec beaucoup de délicatesse, en dit beaucoup sans pour autant en dire trop. Il parle sans retenue de ses passages difficiles, ses dépressions, ses tentatives de suicides et démontre avec quelle force et envie de vivre il a su remonter à chaque fois. Il nous parle de sa jeunesse, de son homosexualité, de ses activités professionnelles dans le domaine littéraire, des rencontres de sa vie, les nuits et les excès dans lesquels il se cherche. Les amants, les amies, et la famille, les deux femmes de sa vie, Geneviève sa sœur et sa maman, avec qui les relations sont loin d’être idylliques. Puis il y a Laurent, rencontré à 41 ans, qui est depuis l’homme de sa vie, malgré les hauts et les bas que connaissent tous les couples. Laurent qui l’accompagne dans ses dépressions, présent dans les épreuves.

J’ai été touchée à de nombreux moments du récit. La plume de Gilles Paris fait ressortir tant d’émotions. Un texte qui m’a chamboulée, qui a véritablement remué des choses en moi (pas forcément de manière positive malheureusement). Au fil du récit et des années qui défilent, on le voit plus serein, presque apaisé. On le sent renaitre à la vie, être heureux maintenant, comme il le dit lui même. J’ai fini ma lecture en larmes, touchée en plein cœur par ce témoignage et par l’homme qu’il est. Un homme plein d’empathie, de douceur, d’amour pour les autres et pour la vie. Un homme brillant, intelligent et sincère.

Le dernier chapitre permet de refermer ce livre avec douceur. Une longue liste des choses qu’il aime, les choses qui le sauvent en quelque sorte, qui font du bien et permettent de trouver la vie plus douce j’imagine.

Ma notation:

Un témoignage bouleversant.

L’oreille d’or, Elisabeth Barillé

Quatrième de couverture :

Entendre, mais d’une seule oreille. Ne pas entendre comme il faudrait, donc, à l’école, en société, chez soi, mais entendre autre chose, souvent, entendre mieux, parfois. Dans ce récit intime, Elisabeth Barillé évoque son handicap invisible, malédiction et trésor, qui l’isole mais lui accorde aussi le droit d’être absente, le droit à la rêverie, au retrait, à la rétention, voire au refus. « Merci mon oreille morte. En me poussant à fuir tout ce qui fait groupe, la surdité m’a condamnée à l’aventure de la profondeur… » Elle revient sur ce parcours du silence : sa vie d’enfant un peu à part, les refuges inventés, les accidents et les rencontres… De l’imperfection subie au « filon d’or pur », Elisabeth Barillé traverse l’histoire littéraire et musicale, dans une réflexion presque spirituelle.

L’avis de Laure :

Depuis quelques années, je recherche et découvre des témoignages de personnes sourdes ou malentendantes. J’en ai déjà lu quelques uns comme ça et parfois j’aime ce que ces lectures m’apportent quand d’autres sont très décevantes. Manque de bol, avec ce titre on atterrit du mauvais côté…

L’oreille d’or est tellement court qu’il y en a finalement peu à dire. Plus qu’un vrai témoignage, j’ai eu l’impression de lire des scènes décousues. J’aurais aimé avoir un parcours plus complet de l’auteure. Son message est quand même assez stupéfiant : sa semi surdité (puisqu’elle a une oreille sourde et une oreille qui entend) est une chance qui lui permet de prétexter son handicap pour, quelque part, fuir la vie sociale. C’est très particulier et je n’adhère pas à ce message.

Qu’apprend-t-on dans ce livre ? Que, dans le cas particulier de l’auteure, elle vit très bien son handicap si la personne qui s’adresse à elle est du côté de sa bonne oreille. On est alors dans un témoignage très particulier qui ne reflète pas le handicap auditif de manière générale. J’ai du mal avec ces témoignages qui disent « oh je suis sourd mais tout va très bien! ». Ou comment desservir le message pour ce handicap qui est le handicap majoritaire en France (et oui contrairement à ce qu’on pourrait penser !) et qui, pour la majorité des gens est si difficile à vivre !

Alors à quand des témoignages vrais sur ces surdités mal diagnostiquées, sur ces parcours du combattant pour vivre avec la malentendance et sur cette société qui ne fait rien pour faire bouger les choses pour ces millions de personnes dont les oreilles ne fonctionnent pas bien ? (4 millions de personnes soit 6 à 8% de la population française).

Ma notation :

Si vous cherchez un témoignage sur la surdité, ce n’est pas celui-ci que je vais recommander, vous l’aurez compris !