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On peut se remettre de tout, Catherine Gildiner

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Quatrième de couverture :

Le portrait de cinq patients mémorables, devenus de véritables héros, relaté dans un récit émouvant qui vous habitera longtemps.
Dans ce récit poignant et inspirant, Catherine Gildiner brosse le portrait émouvant de cinq de ses patients les plus mémorables. De Peter le musicien brillant souffrant de troubles sexuels, à Laura la jeune femme abandonnée par son père dans une cabane isolée pendant son enfance, en passant par Danny l’Autochtone qui a énormément souffert dans un pensionnat, ou encore par Alana la jeune femme torturée par son père dès son plus jeune âge, et Madeline, véritable bourreau de travail dont la mère négligente lui disait chaque matin « Bonjour le monstre »… Ils sont tous parvenus à surmonter un immense traumatisme et à résoudre leurs problèmes personnels. Chacun est l’expression même de l’introspection, de la persévérance et du pardon dans sa lutte pour affronter la vérité aux côtés d’une professionnelle pétrie d’humanité. Et si, en plus de vous attacher profondément à ces personnes, vous vous surpreniez à travailler sur vous ? Un ouvrage d’exception qui vous habitera longtemps.

L’avis de Laure :

On peut se remettre de tout : vous y croyez ou vous faites partie des sceptiques ? J’avoue que le titre m’a rendue curieuse et j’attendais de le lire pour m’en faire mon idée.

A travers 5 portraits, la thérapeute Catherine Gildiner nous présente 5 patients, 5 héros au parcours particulièrement dur qui s’en sont néanmoins sortis. A travers eux, elle évoque aussi les difficultés de son métier et tout ce qu’elle a appris après plusieurs dizaines d’années. Je vous avoue qu’il y a une chose qui me perturbe dans la psychothérapie c’est le fait que tout trouverait réponse dans l’enfance. Et même après cette lecture, je reste sceptique sur ce point. Car oui, la psychothérapie explique finalement que c’est lorsque la personne se construit dans son enfance qui va induire tout le reste des comportements de sa vie.

Et effectivement, à travers les portraits rencontrés, cela se justifie. Ames sensibles s’abstenir, nos 5 héros ont vécu tout ce qu’il est possible d’imaginer de malveillance, maltraitance, violence, désintérêt, sévices psychologiques ou sexuels. Et ils sont inévitablement devenus des adultes boiteux. Impossible pour eux de se comporter normalement, de vivre normalement, d’être heureux comme n’importe qui d’autres. Et on le comprend bien.

Pour chacun d’eux, c’est environ 5 ans de thérapie régulière, un parcours du combattant pour qu’ils baissent les armes, comprennent et se reconstruisent. Un parcours vraiment difficile qui n’est pas linéaire. On pourrait imaginer que dès qu’ils vont mettre des mots sur leurs maux cela va les apaiser. Pourtant non, seulement peut parfois engendrer dépression, tendances suicidaires ou autre.

Ce n’est pas là une lecture joyeuse mais elle est instructive. Alors bien sûr, on peut s’en sortir. Mais plus le drame est lourd, plus le chemin est difficile. Et personne ne s’en sort seul, en témoignent ici les longues heures de thérapie et les difficultés rencontrées sur le chemin de la guérison.

Ma notation :

Une lecture instructive.

(Livre lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

Et j’ai cessé de t’appeler Papa, Caroline Darian

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Quatrième de couverture :

Le 2 novembre 2020, Caroline Darian reçoit un appel de la police de Carpentras. Son père est en garde à vue. La saisie de son matériel informatique révèle l’impensable : depuis 2013, il drogue sa femme avant de la livrer, inconsciente, à des hommes, de tous les horizons et sans contrepartie.

Caroline Darian, femme debout, raconte cette déflagration, le périlleux vertige de découvrir qu’une personne aimée, son père, est capable du pire.
Elle alerte aussi sur la soumission chimique, quand l’armoire à pharmacie du foyer se transforme en arme préférée des violeurs…

Une voix forte, exceptionnellement courageuse, qui révèle une autre facette des violences faites aux femmes.

L’avis de Laure :

C’est toujours difficile de parler d’un témoignage. Ici, en effet, il ne s’agit pas de juger d’une histoire racontée mais de se plonger dans une histoire vraie et bien souvent dramatique. Je ne connaissais pas du tout l’histoire de Caroline Darian et de sa mère avant de découvrir ce témoignage édité par les éditions Lattès.

C’est une plongée dans l’enfer et l’insoupçonnable que la famille a fait un jour de 2020. Le père est interpellé et sa femme et leurs 3 enfants adultes, dont Caroline qui relate l’histoire, sont mis au courant des faits commis : le père a drogué sa femme pendant une dizaine d’années pour la violer et la livrer à divers violeurs. Pour preuve, photographies et vidéos de tous ces viols seront facilement retrouvés par les enquêteurs.

Pour la famille c’est le ciel qui leur tombe sur la tête. Cela vient expliquer un petit peu les absences que leur mère pouvait avoir. Mais c’est aussi le début d’un parcours du combattant, un parcours juridique qui ne prendra fin qu’avec le procès, prévu en 2024. Caroline est elle même également victime puisque des photos d’elle sont aussi retrouvées, ainsi que de ses belles sœurs, les épouses de ses frères. Victimes de voyeurisme ou plus, on ne le sait pas. Caroline s’écroule bien évidemment, elle remet en lumière toutes les années passées à la lumière de cette nouvelle facette de son père, celle de l’horreur. Sa mère ne réagit pas de la même manière et c’est aussi source de tensions avec Caroline.

Si ce témoignage éclaire de l’intérieur comment une famille peut vivre un tel drame, comment on peut se reconstruire et tenter de continuer à avancer, c’est aussi un choc considérable que de se rendre compte que la drogue du violeur qui fait beaucoup parler n’est pas que celle qui peut être utilisée en boite de nuit ou autre lieu public. Imaginer qu’un proche puisse sciemment droguer son épouse, à domicile, pendant des années, c’est choquant ! Les médecins consultés n’ont rien vu, jamais aucune analyse de sang n’a été prescrite, le père parvenait visiblement facilement à obtenir tous les médicaments nécessaires pour droguer sa femme.

Et le cas de cette famille ne serait pas isolé, il éclaire alors un pan très méconnu des crimes familiaux. Je trouve ça important d’en entendre parler, de savoir que cela existe. Et j’espère que le traitement judiciaire réservé à cette affaire où sont inculqués, outre le père, des dizaines d’hommes concernés, sera à la hauteur.

Ma notation :

Un crime choquant mais une lecture nécessaire.

Merci à Marion des éditions JC Lattès pour cette lecture

J’étais si jolie, Katie Piper

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Quatrième de couverture :

Katie Piper était belle, jeune et insouciante jusqu’à ce qu’un homme l’asperge d’acide.

Défigurée après avoir connu le pire de la violence dans sa relation amoureuse, Katie a toute une vie à reconstruire. Un chemin d’épreuves fait de découragement mais aussi d’espoir, qu’elle nous dévoile dans ce récit puissant.

Sincère et émouvante, Katie répond à l’horreur avec une incroyable force de vie.

L’avis de Laure :

Je lis de temps à autre des témoignages comme celui-ci, les sujets durs ne me font pas peur, je trouve ça important d’avoir conscience des horreurs qui peuvent avoir lieu dans le monde. Et l’histoire de Katie Piper ne fait pas défaut. 

Cette jeune femme avait tout, sa beauté lui avait ouvert les portes du mannequinat et elle commençait à se faire connaitre comme présentatrice TV. Il lui manquait l’amour pour se sentir pleinement heureuse. Le jour où elle rencontre Danny, parfait en toutes apparences, elle se dit qu’elle va enfin pouvoir construire un avenir. Mais jamais elle n’aurait imaginé à quel point cet homme abject allait finalement la détruire.

Tout m’a mis la puce à l’oreille très vite et c’est dommage qu’il n’en ait pas été de même  pour Katie, j’ai été navrée de l’enchainement d’évènements que va subir Katie dont la pire partie aurait pu, je pense, être évitée. C’est d’abord un homme qui va peu à peu emprisonner Katie moralement. Ainsi, elle n’ose pas dire non quand il lui propose une nuit à l’hôtel. Quand elle dit non, il est alors trop tard, elle va vivre une nuit d’horreur. Le lendemain, à force de mots, elle parvient à le convaincre de la libérer. Mais elle est sous son joug moralement et n’osera pas porter plainte, seule solution qui aurait pu permettre à ce qu’il cesse à lui nuire. Elle est sous son emprise et même si elle parle à ses amis, convaincue qu’elle pourra fuir sous peu, partir à l’étranger et ne jamais le revoir, aucun d’entre eux ne lui dit « non Katie, on porte plainte, tout de suite ». C’est tristement révélateur malheureusement du fait qu’être victime ne suffit pas à mettre en marche la justice.

Il restait seulement quelques heures à Katie avant de pouvoir se mettre en sécurité. Quelques heures qui ont suffit à faire tourner sa vie au cauchemar. Un verre d’acide, une souffrance épouvantable et un parcours du combattant pour se relever, se battre pour sa survie et pour la condamnation des deux hommes à l’origine de cet horrible crime. On suit un parcours médical semé d’embûches, de douleurs, de dizaines d’opérations. La reconstruction et l’acceptation nécessaire d’un nouveau visage. Le nouveau sens à imaginer à sa vie. Cette partie médicale est fort bien décrite et Katie Piper nous montre vraiment quel parcours du combattant cela représente.

Plus tard, la jeune femme se relève enfin et décide de vivre. En aidant les autres, victimes eux aussi de brûlures graves. La jeune femme est héroïque sur ce plan et je ne peux que saluer l’énergie et l’investissement notable qu’elle a mis en œuvre une fois le pire passé. 

Ma notation :

Une lecture nécessaire et instructive.

(Livre lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

La promesse de Lily, Lily Ebert

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Quatrième de couverture :

En 1945, lorsque le camp d’Auschwitz est libéré, Lily est maigre, sale et à peine vivante. Ému, un soldat américain lui donne un petit mot : « Bonne chance et sois heureuse ». Soixante-quinze ans plus tard, l’arrière petit-fils de Lily décide de retrouver la famille de soldat grâce aux réseaux sociaux. Un formidable élan de solidarité se met en place partout dans le monde. Grâce à cette médiatisation inattendue, à 96 ans, Lily va enfin pouvoir tenir la promesse qu’elle s’était faite à Auschwitz : dire la vérité sur l’horreur des camps. Dans ce livre, elle raconte la faim, le froid, la violence, les cris des kapos, la déshumanisation absolue. Et partout, la mort. Mais elle raconte aussi comment, malgré cette souffrance, elle a réussi à survivre puis à se reconstruire. Et même à être heureuse, en dépit de cette infinie douleur qui l’a accompagnée toute sa vie. Un témoignage unique qui donne enfin une voix à des millions de victimes silencieuses.

L’avis de Laure :

Vous connaissez déjà ma passion pour les romans sur la seconde guerre mondiale mais il ne faut pas oublier les témoignages de personnes ayant réellement vécu les atrocités de cette guerre. Ils apportent un autre regard parce qu’ils se concentrent sur le ressenti quotidien, la survie et beaucoup moins sur les grandes histoires des personnages.

De Lily nous allons tout savoir, on découvre avant la guerre cette grande famille hongroise si soudée où règne l’amour. La Hongrie n’est pas le pays dont nous entendons le plus parler concernant son histoire dans le conflit mondial pourtant elle a une histoire particulière puisque le pays s’est allié à l’Allemagne. Cela a permis aux juifs dont la famille de Lily a fait partie d’être préservés presque jusqu’à la fin de la guerre. C’est donc à la toute fin de la guerre seulement que la famille sera déportée et je crois que ça a joué en faveur de Lily et de ses sœurs qui ont ainsi passé moins de temps à Auschwitz.

Ce qui m’a marquée dans le récit du camp c’est vraiment le détail de la survie au quotidien, la faim, cette horrible et épouvantable faim et la peur permanente. A la libération, c’est un nouveau périple qui commence pour Lily, la reconstruction pour une famille brisée qui n’a plus de pays. Elles refusent de retourner en Hongrie et c’est donc en Israël qu’elles tenteront de se reconstruire. L’après guerre n’est pas très courant dans les romans et c’est pour cela qu’il est important de le lire dans ce genre de témoignage tant tout le vécu des survivants a été nié, des dizaines d’années durant. Comment vivre, comment guérir, comment avancer quand il ne fallait pas parler du passé ? Je trouve qu’on a rajouté de la souffrance à des survivants avec cette façon de faire.

A plus de 95 ans, la vie de Lily est celle d’une résiliente, d’une femme forte qu’on ne peut qu’admirer pour tout ce qu’elle a enduré. Le témoignage m’a parfois surprise, notamment lorsque la libération des camps arrive si vite dans la lecture (parce que je ne me doutais pas de l’importance de ce qu’il y avait à raconter dans l’après) et j’ai trouvé quelques longueurs, propres au témoignage, sur des détails qui nous paraissent manquer d’intérêt. Néanmoins, je vous conseille vivement la lecture de La promesse de Lily pour avoir une vie d’ensemble de comment la déportation a impacté la vie de tant de familles et leurs descendants jusqu’à encore aujourd’hui.

Ma notation :

Une lecture importante pour le devoir de mémoire.

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(Merci à Eric Poupet pour cette lecture)

Tout le monde savait, Valérie Bacot

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Quatrième de couverture :

Tout le monde savait. Tout le monde se doutait. Beaucoup de gens avaient leur petite idée de ce qui pouvait m’arriver dans l’intimité du foyer. Les coups, la violence banalisée, les humiliations quotidiennes… Tous les invariables de cette vie qui n’en est pas vraiment une. Un jour, pour qu’il ne nous tue pas, je l’ai tué.

Depuis cette nuit-là, celle du 13 mars 2016, le sommeil ne m’a plus jamais trouvée.

Je pense à mon procès. Ces cinq jours devant la cour d’assises de Chalon-sur-Saône, au cours desquels la société va me demander de raconter mon histoire. C’est encore un combat entre lui et moi.

Est-il possible qu’on me comprenne ? Vais-je être écoutée, ou entendue ? Est-il encore capable de me faire du mal, de m’envoyer finir ma vie en prison ?

Dès l’âge de douze ans, Valérie Bacot connaît la peur et l’emprise auprès de Daniel, son beau-père, son violeur, puis son mari et proxénète. Elle raconte ici sa vérité, celle de la tyrannie quotidienne et de l’abandon.

L’avis de Laure :

Je voulais lire ce témoignage comme j’ai lu celui de Betty Mannechez, Ce n’était pas de l’amour. Et une fois de plus, j’ai plongé dans l’enfer de l’histoire de Valérie Bacot. Avec toujours en arrière pensée : comment de telles choses peuvent encore avoir lieu aujourd’hui ? aux yeux de tous ?

Valérie Bacot a subi un beau père violeur, violent, maltraitant. Devant une mère qui savait mais n’a jamais rien fait pour protéger sa fille. Il y a eu dans son parcours, une dénonciation, qui vaudra à Daniel quelques années derrière les barreaux. Et qui permettra à Valérie de vivre quelques années d’adolescence paisible. Ca aurait pu bien tourner, un homme derrière les barreaux, la justice présente, qui met fin aux viols et violences subis par une adolescence. 

Oui mais, un jour il sort. Et tout recommence. Pire même puisque c’est toute la vie d’adulte de Valérie qui va se trouver à présent anéantie. Car cet homme, dont la justice a pourtant reconnu qu’il n’avait pas à avoir de relations avec sa belle fille, va non seulement se remettre en couple avec elle (sans qu’elle l’ait choisi bien sûr), mais va ensuite devenir le père de 4 enfants qu’ils auront ensemble et le mari de Valérie. On entre dans le détail d’une vie de famille où rien, absolument rien n’est normal, heureux, serein, apaisé, dès lors que Daniel est présent au foyer. Violences psychologiques, physiques, viols, maltraitance en tout genre, contrôle de chaque instant de sa vie, interdits en pagaille…. Ce sera ça la vie d’adulte de Valérie.

Pire, car il va l’empêcher de travailler en lui reprochant de ne rien rapporter au foyer (sic), il va alors décider de la prostituer. En lui amenant des clients violents et en gardant un oeil pervers sur tout ce qu’il se passera. Et c’est 2 décennies que Valérie va tenir ainsi. Cela me parait inimaginable. Même si, comme elle nous l’explique, elle l’a fait pour ses enfants. Jusqu’au jour de trop, au moment où elle va prendre conscience qu’il lui faut protéger sa fille à présent également. Alors, elle va mettre fin à ses tortures, de la pire des manières qu’on puisse imaginer ou bien de la seule qui lui semblait possible : le tuer lui avant qu’il ne la tue elle ainsi que leurs enfants.

Et c’est là que s’ouvre la médiatisation d’une histoire familiale affreuse. Là aussi que Valérie va apprendre ce qui se cachait aussi dans le passé de Daniel. Un être qui a été malfaisant dès son plus jeune âge, envers tous. Tout le monde savait, c’est ce titre qui fait froid dans le dos, tout le monde avait peur de cet homme, tout le monde le savait capable du pire. Pourtant, une peine derrière les barreaux n’a pas mis fin au triste destin de Valérie. Et on lit son témoignage avec la rage de tous ces silences, celui d’un juge, d’une famille, d’une mère, de voisins, etc. Inadmissible et épouvantable. J’aimerais espérer que la médiatisation de ces drames familiaux soit enfin l’électrochoc qui va changer les choses de manière définitive et durable. Car la loi française se doit de mettre à l’abri tous ces mineurs maltraités. Et tous, nous sommes concernés, pour sortir du silence, sitôt que l’on aurait connaissance d’une personne de notre entourage qui subirait elle aussi des faits aussi dramatiques. Changeons ! et vite.

Ma notation :

Un témoignage court, qui peut sembler incomplet par moment mais qui bouleverse et glace.