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#infirmière, Caroline Estremo

Quatrième de couverture :

Bienvenue aux urgences. Une vie à cent à l’heure, sous pression permanente, les nuits sans fin, les jours jamais fériés… Les patients impatients, râleurs, égoïstes. Ceux qui vous touchent au cœur…
Dans cette course effrénée il y a des hauts, des bas, mais Caroline peut compter sur son humour et sur sa vocation, chevillée au corps, d’aider les autres.
Elle nous donne à voir sa propre réalité, révèle les difficultés, les joies et parfois la drôlerie du métier d’infirmier.

L’avis de MadameOurse :

J’ai découvert ce roman dans une box Collibris. Ça a été une agréable surprise parce que je ne connaissais pas du tout ce titre donc c’était l’occasion d’une découverte et la thématique traitée m’intéressait beaucoup.

C’est un court témoignage (168 pages) où Caroline Estremo, l’auteure, nous livre des anecdotes de sa vie d’infirmière aux urgences. Les chapitres sont très courts donc le format est vraiment agréable à lire, ça va vite et l’essentiel y est. Pour moi qui ne suis pas du métier c’était intéressant de découvrir cette vision du métier à travers le témoignage d’une soignante qui y passe ses journées. On sait que c’est un métier dur et éreintant, que les patients sont loin d’être bienveillants avec les soignants, on sait que les urgences de l’hôpital sont un des services les plus durs; ici, tout cela est parfaitement illustré.

C’est aussi une piqûre de rappel pour nous humains du vrai rôle des urgences, quand il y a tant d’abus, tant de personnes qui y passent parce que leur médecin généraliste n’est pas disponible. J’espère ne pas oublier cela, l’humain qui est derrière la blouse et qui se consacre à nous, avec les moyens qu’on lui donne et qui sont parfois insuffisants, avec la fatigue d’un rythme de travail jour / nuit qui détruit toute ambition de vie sociale et avec des salaires qui sont loin d’être mirobolants.

Caroline témoigne aussi de l’humanité profonde de ce métier, des dures situations auxquelles elle a du faire face et pour lesquelles elle n’était pas forcément armée. Elle a un humour à toute épreuve qui rend la lecture de son témoignage très sympathique. Et d’ailleurs, vous connaissez peut être déjà Caroline Estremo car elle est humoriste à Toulouse dans un spectacle aussi complètement dédié à son métier : Infirmière sa mère !

Ma notation :

Une courte lecture au double effet : humour et humanité.

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La fille au sourire de perles, Clemantine Wamariya

Quatrième de couverture :

Un témoignage nécessaire qui nous incite à regarder au-delà du statut de victime. Clemantine Wamariya livre une histoire poignante et inspirante qui révèle l’importance de chaque existence et la puissance du récit.

Rwanda, 1994. Clemantine a six ans lorsqu’elle doit fuir les massacres avec sa grande soeur Claire. Sans nouvelles de leur famille, déplacées de camps de réfugiés en camps de réfugiés, elles affrontent la faim, la soif, la misère et la cruauté pendant six ans avant d’arriver aux États-Unis.
À Chicago, Clemantine est recueillie par un couple aisé et découvre soudain une toute autre réalité. Projetée dans un véritable rêve américain, l’adolescente est pourtant plus perdue que jamais. Une question s’impose alors : comment se reconstruire et donner un sens à son histoire après avoir vécu l’enfer ?

L’avis de Madameourse :

J’ai reçu ce livre que je voyais déjà passer un peu sur les réseaux sociaux, via les Masse Critique Babélio, tout comme ma copine Ellemlire. Il était donc évident pour nous que nous lirions ce titre en duo et ça a ajouté un grand intérêt à notre lecture de pouvoir partager nos sentiments au fur et à mesure. On a décrypté ainsi, après lecture, une partie de non dits.

Lorsqu’on ouvre ce livre, il commence par une carte de l’Afrique qui dessine les trajets de Clemantine et sa sœur Claire. Et déjà là, le choc, elles ont été accueillies dans tous ces pays ? Quel parcours les a conduites toutes deux à un tel exil ? Je n’avais pas commencé ma lecture que déjà je l’appréhendais, la carte ne pouvait qu’être le reflet d’une vie terriblement dure.

En fait, les chapitres du livre s’alternent entre le parcours qui les a menées à être séparées de leur famille rwandaise et l’arrivée finale, aux Etats-Unis, où elles pourront enfin se reconstruire. Et je crois que c’est ce qui m’a le plus émue dans l’histoire de Clemantine justement, la reconstruction. Elle est sans filtre avec nous, lecteurs. Elle écrit ce livre à un moment de sa vie où elle est déjà très engagée, devenue conférencière, active sur plusieurs plans pour faire progresser les choses, alerter les gens, et tout cela via le récit bien sûr de sa propre destinée. Elle nous dit comme les réactions naturelles des gens lui déplaisent, elle n’aime pas le regard, l’analyse que nous portons nous, de l’extérieur, sur son histoire, sur l’histoire du génocide rwandais.

Le livre m’a ouvert les yeux sur l’histoire de l’Afrique puisque les faits relatés ici sont quand même plutôt récents. Je n’avais pas connaissance de tout ça, je crois que ça prouve aussi à quel point la situation du continent africain ne soucie pas les grandes puissances mondiales dans lesquelles nous vivons. Et pourtant, ces populations qui s’entretuent, c’est affreux ! Et ce n’est pas que la situation du Rwanda puisque, dans leur fuite, Claire et Clemantine retrouveront ces mêmes conflits ailleurs. Clemantine n’a que 6 ans quand commence son errance, on le ressent un petit peu je trouve dans le récit. Et encore, je suis vraiment surprise de tout ce dont elle a pu se souvenir.

Leur quotidien cela va être la fuite, la misère, la faim, la débrouillardise et la ruse pour survivre, en permanence. Claire, la grande sœur de Clemantine m’a sidérée, elle met à profit, dans chaque nouvelle ville, dans chaque camp de réfugiés, son intelligence pour gagner de l’argent et de quoi survenir à leurs moyens un minimum. Et puis, bien des fois, dans l’urgence, elles vont perdre le peu qu’elles auront construit, contraintes à fuir au plus vite.

Lorsque les deux sœurs arrivent aux Etats-Unis, on pourrait croire que leur calvaire s’achève. Mais l’après est important, comme souvent dans ces histoires de peuples martyrisés puisqu’on rapproche beaucoup l’histoire de Clemantine et de son peuple au génocide juif de la seconde guerre mondiale. Et cela, Clemantine l’évoque bien ici. L’après c’est l’adaptation à un continent inconnu, apprendre sa langue, ses usages, reprendre le chemin de l’école aussi alors que Clemantine n’a reçu aucune instruction au cours de ses  7 années d’errance. Ce qui m’a frappée dans le parcours de reconstruction de Clemantine c’est la capacité qu’elle a eu d’analyser son vécu. Et en même temps, une immense colère que j’ai ressentie très fortement. C’est une jeune fille en colère, qui a perdu ses parents, son enfance, son âme et qui doit tout reconstruire. Ses parents, elle va les retrouver mais après toutes ces années, recréer le lien comme avant, c’est impossible ! Comment aller de l’avant ? Elle le dit, elle ne peut pas pardonner, elle ne peut pas oublier ni passer à autre chose.

Je ne voudrais pas vous donner une image trop dure de ce livre, il m’a surtout été instructif et enrichissant. On ne peut pas se mettre dans la peau de ces gens et imaginer leur vécu en écoutant leur histoire. Pour autant, je trouve ça important personnellement de savoir. Je souhaite à Clemantine une vie aussi apaisée que l’est le chapitre final du livre que j’ai trouvé doux et fort.

Ma notation :

Une lecture marquante sur laquelle il y a plein de choses à dire, ce récit m’a beaucoup apporté. Clemantine Wamariya cite à plusieurs reprises le livre d’Elie Wiesel, La nuit. Elle m’a donné envie de le lire.

(Roman lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

Une araignée dans le ventre, Anne Steiger

Quatrième de couverture :

Une araignée vivait en moi, un petit parasite, hargneux et pathétique. Je devais l’empêcher de nuire, trouver le moyen de l’expulser. Anne Steiger a longtemps souffert sans pouvoir mettre de mots sur sa douleur. Il aura fallu dix ans pour qu’un médecin pose enfin un diagnostic : elle souffre d’endométriose. Fin de l’histoire ? Pas vraiment. C’est un véritable parcours du combattant qui commence alors : de médecins en hôpitaux, de prescriptions médicamenteuses en actes chirurgicaux, elle va être confrontée à toutes sortes de traitements, plus ou moins efficaces, et à leurs effets secondaires souvent d’une violence extrême. Jusqu’au jour où elle décide de reprendre son corps en main, d’enquêter sur la maladie et le business qui l’entoure, et de ne plus subir.

L’avis de MadameOurse :

Il est rare que je lise des témoignages mais j’aime bien ça, je trouve souvent cela enrichissant et intéressant. J’ai eu l’opportunité de lire le témoignage d’Anne Steiger via une masse critique Babélio. Anne témoigne de son vécu sur une maladie dont je connais bien le nom : l’endométriose. Je suis une PMette et sans être confrontée moi même à cette maladie je sais quelles douleurs elle engendre. Je serai peut être touchée par l’adénomyose (cousine de l’endométriose) à l’avenir, (mes mère et grand-mère y ayant été confrontées) et c’est précieux d’en savoir plus.

C’est évidemment la première fois que je lisais un témoignage sur cette maladie. Et pourtant, sans comparaison possible, j’ai envie de vous dire que ce témoignage a tout, il est complet, il est dur (car la maladie l’est, car la science et l’état de la médecine de nous jours font que cela est encore dur), il est vrai, il est documenté, il est réaliste.

Anne est une journaliste de profession et elle a fait ici un VRAI travail de recherche en tant que patiente pour comprendre cette maladie et savoir où son médecin l’amenait mais aussi en tant que journaliste où il y a un travail de documentation énorme avec des sources réelles à aller lire pour approfondir le sujet si l’on le souhaite. Le récit va donc naviguer entre le témoignage personnel d’Anne, son vécu, son histoire médicale ainsi que les témoignages d’autres femmes qu’elle a pu rencontrer et des parties plus scientifiques qui expliquent la maladie de façon claire et compréhensible pour le lecteur. L’équilibre entre ces deux éléments du récit est bon, c’est une lecture fluide et c’est très important car ça rend possible la lecture pour un très large public.

Maintenant j’ai envie de vous dire à quel point j’ai été horrifiée par ce que j’ai lu. Je savais déjà que cette maladie est très mal, épouvantablement mal diagnostiquée, que ce sont des années de douleurs pour les femmes et de nombreux médecins avant de parvenir à mettre un mot sur leurs maux. Mais ma lecture m’a amenée bien plus loin dans l’horreur : il y a une source historique très ancienne qui est liée à la condition des femmes en général, à leur statut d’infériorité, à la volonté de les maintenir en dessous de l’homme. On est en 2018 et ces siècles d’histoire ont un poids énorme. La mixité on en est tellement tellement loin. La considération des femmes est un point important de la reconnaissance de cette maladie principalement féminine (et oui quelques hommes peuvent l’avoir). Ben oui quoi on s’en fout, c’est les femmes…. Navrant !

Et au delà de ça, les médecins, les spécialistes de l’endométriose ou ceux qui se présentent comme tels. Et toutes ces façons de soigner qui font plus de mal que de bien. A la limite de la boucherie… Il y a tout encore à découvrir pour SOIGNER vraiment les femmes de ce « cancer qui ne tue pas » et Anne met en lumière les traitements actuellement utilisés et leurs limites. Et encore, limites, le mot est faible. Atterrant !

C’est aussi plus de 20 ans de la vie d’Anne que l’on va suivre. J’espère fort qu’Anne va bien aujourd’hui, ou du mieux qu’il soit possible après cette épouvantable descente aux enfers qu’elle a vécue. Je me suis demandé à plusieurs reprises en la lisant comment j’aurais pu m’accrocher moi même dans une telle vie. Il faut garder en tête que toutes les femmes atteintes n’ont pas forcément de douleurs aussi profondes, pour certaines la maladie peut même être asymptomatique. Mais pour Anne, c’est la traversée du désert, c’est perdre sa vie sociale, intime, professionnelle, c’est la dépression, c’est des semaines entières passées au lit, c’est des maltraitances médicales en nombre, c’est le renoncement à la maternité, c’est encore tant d’autres choses. Oui franchement j’espère qu’Anne va bien aujourd’hui, c’est la seule chose que je peux souhaiter après l’avoir lue.

Ma notation :

Un témoignage important et précieux. A lire sans hésitation si vous voulez en savoir plus sur l’endométriose. Soyez juste prêts, je pense, si vous êtes vous mêmes concernée par la maladie à une lecture très dure.

(Roman lu dans le cadre des Masse Critique Babelio

Duo lecture : Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée…

Pourquoi ce livre ?

(Zapette) En discutant dans mon petit groupe de lecture, plusieurs personnes ont parlé de ce livre qui les avait beaucoup marqué. Alors hop.

(PtBichon) En discutant avec des copines (😉), je me suis rendue compte que je n’avais jamais lu ce « classique » et que ça manquait sûrement à ma culture. Du coup quand on me l’a envoyé en e-book je me suis dis que c’était un signe.

 La couverture :

(Zapette) le titre comme la photo annoncent tout. Une jeune fille qui paraît comme tout le monde. Et pourtant.

La quatrième de couverture :

Ce livre terrible a connu un retentissement considérable en France et dans toute l’Europe. Ce que raconte cette jeune fille sensible et intelligente, qui, moins de deux ans après avoir fumé son premier « oint », se prostitue à la sortie de l’école pour gagner de quoi payer sa dose quotidienne d’héroïne, et la confession douloureuse de la mère font de Christiane F. un livre sans exemple. Il nous apprend beaucoup de choses, non seulement sur la drogue et le désespoir, mais aussi sur la détérioration du monde aujourd’hui. (roman paru en France en 1983)

Après lecture :

(Zapette) Un livre à faire lire à tous nos ados! Une histoire vraie qui paraît pourtant tellement impossible à imaginer se produire vraiment dans nos petites vies bien rangées. Et pourtant c’est si facile de dévier dans la drogue. Ça commence tout doucement, pour faire comme tout le monde, et puis peu à peu, sans qu’on s’en aperçoive, la vie devient un enfer, une jungle. C’est intéressant d’avoir les avis de sa mère aussi, qui ne voit rien ou ne veut rien voir parce que sa fille essaye de tout cacher et pourtant voudrait tout dévoiler.

Bref, un livre simple, qui se lit vite car on veut savoir ce qui arrive à cette enfant, et à la fois un livre vraiment très dur!! Clairement il fait flipper et j’avais limite l’impression de ressentir le manque, la solitude, la peur.. il file pas le moral avouons le. Mais il n’est pas là pour ça. Un super livre que je recommande à fond ! Et je le répète: faites le lire aux ados!!

(Ptbichon) Je ne regrette pas de l’avoir lu. Il se lit vite et l’écriture est fluide. Ça fait un peu flipper par contre, ça a l’air si « simple » de glisser dans la drogue… Du coup ça m’inquiète un peu pour Framboise (son fils, NDLR)… Si ça lui arrivait (oui je sais il vient à peine d’avoir 18 mois… On a le temps de voir venir…)
J’ai trouvé le témoignage sincère, sans faux semblant, Christiane ne se cherche pas d’excuse, elle relate simplement les faits. D’ailleurs il n’y a pas vraiment de « fin » et la curiosité m’a poussée, après ma lecture, à interroger Google sur ce qu’elle est devenue (j’ai vu qu’un autre livre était sorti, a l’occasion je le lirai sûrement).

Bref un livre que je recommande mais à ne pas lire dans une période où on est un peu morose (et peut-être aussi un livre à faire lire à nos enfants plus tard…).

Si vous avez envie de faire une lecture en duo, n’hésitez pas, nous en ferons régulièrement en tenant compte de vos envies de lectures et les duos évolueront d’une fois sur l’autre. Faites nous un petit mail en nous disant ce qui vous tenterait.

J’étais sa petite prisonnière, Jane Elliott

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Quatrième de couverture :

Jane n’a que 4 ans quand son cauchemar débute. Son beau-père, un homme violent et terrifiant, commence à abuser d’elle. Viols, coups et sadisme psychologique deviennent le quotidien de la fillette.
Elle grandit en restant prisonnière d’une véritable maison des horreurs. Dans le voisinage, tout le monde sait ce qui se passe, mais personne ne dit rien, par lâcheté et par peur. Pour Jane, le cauchemar va durer… 17 ans !
Jusqu’au jour où elle trouve le courage de s’enfuir. Et de se rendre à la police pour dénoncer son bourreau. C’est alors seulement que, pour Jane, la vie va vraiment commencer.

Une enfance volée, une vie brisée : un témoignage qui a bouleversé le monde entier.

L’avis de MadameOurse :

J’aime lire des témoignages. Je saurai pas expliquer pourquoi mais ça me plait de me plonger dans des histoires vraies de même que j’adore regarder à la TV les diverses émissions du type Enquêtes criminelles.

Ici, l’histoire vécue par Jane est vraiment dure. Sale Con comme elle l’appelle, mérite bien son nom. Cet homme est horrible. Et le pire c’est qu’on ne saura rien de ce qui l’a rendu si cruel. Jane va tout cumuler : violence verbale, psychologique, physique, sexuelle. TOUT. Et dès l’âge de 4 ans. Avec une mère consciente des choses à côté et victime elle même qui ne fera rien pour l’aider. Je ne sais pas comment on peut vivre 17 années comme ça, à subir le pire chaque jour, sans aucun moyen de défense. Et je ne sais pas non plus comment on sort de là, comment on se reconstruit.

J’ai été choquée plus d’une fois lors de ma lecture. Cet homme est un bourreau et il prend plaisir à taper, insulter, violenter quiconque. Car tout le monde y passe, son entourage connu, sa famille, ses voisins. Tout le monde. Et il n’a guère besoin d’excuses pour frapper… Je ne comprends pas comment cet homme a pu, dès la fin de son adolescence, créer autour de lui un règne de la terreur et prendre emprise sur tous. Car jamais personne avant Jane qui était au cœur des violences n’a pu le faire condamner. Et c’est pas faute de plaintes déposées contre lui.

Ma notation :

C’est une lecture dure, il faut y être préparé. J’ai dévoré les pages, je ne pouvais guère songer à laisser Jane à son malheur, je voulais connaître la suite. En refermant le livre, il me manque un semblant d’explications. Comment cela a-t-il pu être possible ?