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Le curieux Noël de Mrs Ellison, Anne Perry

Quatrième de couverture :

Dans l’Angleterre victorienne, l’épais manteau de neige qui recouvre les petits villages à Noël ne parvient pas toujours à étouffer les échos de scandales et de meurtres passés…

La grand-mère de Charlotte Pitt, Mariah Ellison, se retrouve à enquêter sur un crime du passé : l’esprit d’investigation est un don de famille !

Quand Mariah Ellison reçoit un sinistre cadeau de Noël, un boulet de canon, sur le pas de sa porte, elle se rappelle un meurtre, il y a vingt ans, qui a brisé l’une de ses plus fortes amitiés. Comprenant que cette vieille affaire semble refaire surface, elle se rend dans le Surrey, dans l’espoir de se réconcilier avec son amie, et de résoudre enfin le meurtre qui les a séparées.
Mais les collines pittoresques du Surrey cachent bien des secrets, et des révélations choquantes pourraient rendre le Noël de Mrs Ellison tout à fait surprenant.

L’avis de Laure :

J’ai ce titre dans ma PAL depuis un an mais je voulais vraiment attendre la période de Noël pour le lire. Au final, ça n’a guère eu d’importance, si l’histoire se passe au moment de Noël on ne le ressent pas et ce livre peut donc être lu à n’importe quel moment de l’année.

Je n’ai jamais lu Anne Perry et ne connait pas du tout son univers, c’était donc l’occasion de la découvrir. On est ici dans ce que j’appellerai le polar anglais à l’ancienne, ça me fait penser aussi à la série Agatha Raisin dont j’avais lu le premier tome il y a 3 ans et … que je n’avais pas du tout aimé !

Malheureusement, je n’ai pas plus accroché avec Mrs Ellison. Le roman est court donc je suis allée au bout de ma lecture mais je vais vite l’oublier. J’ai peiné un peu sur les premiers chapitres, l’entrée en matière de l’auteure m’a semblé bien laborieuse et je ne voyais pas quel allait être le sujet du roman. Mrs Ellison va se retrouver à enquêter de nouveau sur une histoire qu’elle a vécue aux côtés d’un couple d’amis, 20 ans auparavant. Cet homme était l’avocat d’un médecin qui s’est vu accusé du crime d’une jeune fille. A la dernière minute, il a refusé de défendre l’accusé et est mort peu de temps après.

Bien des années plus tard, lorsque le médecin revient vivre sur les lieux du crime, Mrs Ellison est de retour sur place à la demande de son amie et va alors déterrer de nouvelles informations au sujet du crime. Je n’ai pas été prise par le suspense du roman, je l’ai trouvé assez linéaire et l’enquête en soi est plutôt banale. Moi qui ne suis pas une grande habituée des polars, je pense qu’il m’en aurait fallu plus pour être conquise par ce titre. Mais je sais que les personnages d’Anne Perry, tout comme Agatha Raisin, ont beaucoup de succès alors sans doute ne suis-je juste pas le public cible pour ces lectures ?

Ma notation :

Un titre qui sera vite oublié.

Les monstres, Maud Mayeras

Quatrième de couverture :

Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière du jour qu’ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l’amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l’immense, le père, qui les ravitaille, les éduquent et les préparent patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que dehors, il y a des humains. Parce qu‘eux sont des monstres, et que tant qu’ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n’ont aucune chance.
Mais un jour Aleph ne revient pas, un jour les humais prédateurs viennent cogner à leur porte. Alors, prêts ou pas, il va falloir faire front, sortir, survivre.
Pendant ce temps, dans une chambre d’hôpital, un homme reprend conscience. Une catastrophe naturelle sème la panique dans la région. La police, tous les secours sont sur les dents. Dans ce chaos, l’homme ne connait qu’une urgence : regagner au plus vite la maison où on l’attend.

L’avis de Laure :

Si je lis peu de thrillers depuis l’an dernier, j’ai toujours plaisir à me laisser embarquer par quelques auteurs à qui je suis fidèle. Maud Mayeras en fait partie et c’est donc en toute logique que j’ai voulu découvrir son nouveau roman.

Qui sont ces monstres que le titre nous annonce d’emblée ? J’ai mis un peu de temps à le comprendre moi même tant ils nous sont d’abord présentés de l’intérieur. Ils sont deux, un garçon et une fille et vivent avec leur mère, en marge du monde. C’est Aleph qui est leur lien avec ce monde qu’ils ne connaissent pas et dont il les protège à force de bourrage de crâne sur sa dangerosité. C’est par bribes de détails tout d’abord qu’on va commencer à cerner la différence de ces 2 monstres. Pourtant, il nous manque encore toute leur histoire pour les comprendre.

Leur monde va brutalement changer lorsqu’Aleph ne revient pas. Or, sans lui, ils ne peuvent se nourrir. Avec la disparition de celui-ci, ils vont alors se retrouver à devoir explorer le monde. L’histoire va peu à peu basculer dans l’enquête de police, quand Rosemarie, leur mère, est retrouvée et emmenée à l’hôpital. Elle va finir par révéler son histoire, histoire qui a débuté 20 ans auparavant et qui l’a détruite. Elle alerte alors la police sur la disparition des monstres, ses 2 enfants.

J’ai encore été conquise par la plume de Maud Mayeras. L’accent est mis sur la psychologie des personnages. Révélation après révélation, on sombre dans un fait divers horrible. Et pourtant je n’ai pas vécu ma lecture ainsi. C’est raconté avec beaucoup de simplicité à tel point que la plume de Maud Mayeras ne m’a pas donné l’impression de lire la pire des horreurs. Même avec ce final absolument traumatisant qui nous est livré comme la boucle évidente d’une histoire qui s’était construite depuis toujours sur des bases monstrueuses. Je ne vous en dis pas beaucoup car c’est une lecture qu’il faut vivre, sans savoir ce dont il va être question.

Ma notation :

Un nouveau thriller redoutable qui confirme mon attrait pour les romans de Maud Mayeras.

(Livre lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

Fantazmë, Niko Tackian



Quatrième de couverture:

Une nouvelle enquête du commandant Tomar Khan.
Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ?
Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.
Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.

L’avis d’Audrey :

J’ai lu ce roman sans avoir lu la première enquête de Thomar Khan: Toxique que Laure avait lu il y a deux ans. On m’a souvent déconseillé de lire dans le désordre les différents romans mettant en scène un même enquêteur, afin de mieux cerner le personnage, comprendre ses réactions et ses choix. Ici, même si dans les premières pages je ne comprenais pas forcément les événements passés qui étaient cités, cet effet de manque s’est vite dissipé et j’ai réussi à entrer au cœur de l’histoire.

Thomar Khan est loin du flic exemplaire et lisse. On saisit vite qu’il est loin d’être parfait, avec ses failles et ses défauts. Alors que les locaux du 36 quai des orfèvres sont en plein déménagement, Thomar est embarqué dans une affaire de meurtre de migrant. Une affaire qui aurait pu être trop vite classée.

Un court roman rudement efficace. C’est du polar noir, violent, à l’ambiance pesante et qui captive son lecteur. J’ai été un peu décontenancée au départ par les sortes d’hallucinations qui touchent notre flic, mais j’ai aimé la tournure que prenait le roman.

Sans surprise, on retrouve un rythme très rapide, qui colle à l’expérience de scénariste de télévision de l’auteur. Tout est réaliste, utile et efficace. Les chapitres s’enchaînent et l’on arrive à la fin du roman sans s’en rendre compte et en demandant encore.

Ma notation :

Un polar comme j’aime et je vais pouvoir me jeter sur Celle qui pleurait sous l’eau bien vite pour retrouver Thomar Khan.

Face à face, collectif



Quatrième de couverture:

Un projet unique dans le monde du noir et un concept simple : 2 auteurs, parmi les plus grandes voix actuelles du genre, font se rencontrer leurs héros respectifs en dehors de leurs romans et de leur cadre habituel.

L’avis d’Audrey :

23 auteurs de thriller réunis pour un recueil de nouvelles. 11 textes écrit à 4 mains, dans lesquels les héros récurrents de deux auteurs se rencontrent. L’occasion de changer de lieu, de juridiction, de façon d’enquêter. Vous le savez à force de le dire, j’adore le genre des nouvelles, donc ce livre est fait pour moi. Je connaissais seulement 9 auteurs, c’était l’occasion de goûter à la plume et au style des autres écrivains.

J’ai aimé piocher dans le désordre du recueil pour retrouver certains personnages et faire la rencontre de beaucoup d’autres. Le genre impose un dénouement rapide et concis, et l’on peut alors être vitre frustré que l’intrigue et l’histoire ne soient pas plus développés. On n’entre pas suffisamment dans l’ambiance de chaque texte, les personnages manquent de psychologie et si l’on ne connait pas les héros connus, on peut facilement passer à coté de quelques subtilités, j’imagine.

Pourtant, j’ai vraiment aimé ces textes, certains plus que d’autres. J’ai adoré la confrontation entre l’inspecteur Pendergast de Preston et Child et Slappy, issu d’un des romans fétiches de mon enfance : La nuit du pantin de R.L Stine. Jamais je n’aurai pu imaginer qu’une telle rencontre ait lieu un jour.

Ce recueil ravira sans nul doute les amateurs de thriller. On y retrouve tous les ingrédients pour un moment de lecture agréable et sympathique. Cette lecture m’aura ainsi permis de noter quelques noms d’auteurs, pour mes prochains choix de romans.

Ma notation :

Un recueil efficace grâce à la plume de grands noms du thriller.

Surface, Olivier Norek

Quatrième de couverture :

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête.

L’avis de MadameOurse :

Lorsque j’ai eu ce petit bijou entre mes mains, j’ai admiré sa couverture ainsi que la précieuse dédicace que les pages renferment. Puis je l’ai tourné et ai découvert la quatrième de couverture. Sourire alors… deux lignes… bref et concis mais tout y est déjà dit. Clin d’œil à la quatrième d’Entre deux mondes que je trouvais déjà si parfaite en 2017. C’est tout le style Norek qu’on retrouve là, direct, percutant.

Direct et percutant, le roman l’est aussi. Et il commence fort, nous plongeant au cœur de la vie de la Capitaine de police Noémie Chastain. Une héroïne malmenée par l’auteur dès les premières pages. Blessée au visage par arme à feu lors d’une intervention, c’est surtout à l’hôpital que nous allons faire sa connaissance. On est plongés dans ce qu’elle peut avoir de plus intime à nous offrir, ses blessures. Physiquement et psychologiquement, elle ne sera plus jamais la même. Défigurée, elle va devoir se reconstruire, aidée par le psy de l’hôpital, Melchior.

J’avais lu 40 pages et je reprenais mon souffle. Ces mots… comment vous dire à quel point cela m’a intimement et personnellement touchée ? Ce parallèle que les mots peuvent faire entre deux situations qui n’ont rien à voir. Les mots que Melchior adresse alors à Noémie, francs et honnêtes sur ce qu’elle va devoir vivre m’ont chamboulée. C’est là aussi le talent d’Olivier Norek, l’analyse si précise et juste de la psychologie humaine.

Mais ce roman n’est pas l’histoire du drame de Noémie, il est bien un polar avec une enquête qui est aussi réussie que la personnalité de l’héroïne. A sa sortie de l’hôpital, Noémie est injustement punie par sa hiérarchie, qui l’envoie au vert, en Aveyron. Une façade pour ne pas dire qu’ils ne veulent plus d’elle à Paris.

Là bas, elle va découvrir la police de proximité, dans un village où tout le monde connait tout le monde. Et c’est autour du vieux village englouti d’Avalone, comme la cité perdue d’Indiana Jones, que No se retrouvera à devoir résoudre un cold case vieux de 25 ans. Trois enfants alors disparus et un fût qui émerge du lac, contenant le corps de l’un d’entre eux. Où sont les deux autres et que leur est-il arrivé ?

L’enquête est vraiment plaisante à lire, fluide, bien menée, on sent la progression, on met le doigt sur certaines choses anormales, on soupçonne des personnages et pourtant j’étais incapable de deviner quoi que ce soit de la révélation finale. J’ai apprécié tout le côté humain de l’enquête, les liens que No va lier avec sa brigade, la douceur d’Hugo envers No et son intelligence pour percer sa carapace, détournant son attention du regard qu’elle porte sur elle même. Là encore, ce personnage m’a personnellement émue, il a de la force pour deux et en même temps il sait si bien respecter la force et l’indépendance de No.

Ma notation :

Le pur plaisir de relire Olivier Norek, le chamboulement d’une héroïne hors normes et une enquête bien ficelée. On dit de lui qu’il est un des grands noms du polar français et ce n’est pas moi qui vous dirait le contraire.

J’ai déjà hâte de retrouver Noémie Chastain … et Hugo !! Car oui, dites-moi, ce n’est quand même pas possible de s’en arrêter là après avoir imaginé une si belle héroïne ?!

Merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture

 

* La photo d’illustration est prise dans un coin de ma nouvelle bibliothèque, je vous en montrerai plus très vite.