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… Et avec votre esprit, Alexis Laipsker

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Quatrième de couverture :

Les esprits les plus brillants de la planète sont kidnappés. Machination, complot ou expérience scientifique ?

 » Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène ! « 
C’est sur ces mots de son assassin que, en pleine fac de Strasbourg, un Prix Nobel de chimie se voit férocement massacré et dépouillé – littéralement – de son cerveau. Quatre jours plus tard, dans la région lyonnaise, un célèbre physicien disparaît des radars.
Pour le lieutenant Vairne, pro du poker et obsédé de mathématiques, la probabilité qu’il s’agisse d’une coïncidence n’excède pas 15 %.
Probabilité que le carnage continue ? Sang pour sang…

L’avis de Laure :

En débutant ce polar, je savais par les autres lecteurs jurés du Prix Nouvelles voix du polar, qu’il avait un côté scientifique, qui peut donc ne pas plaire. Et en même temps, les retours étaient plutôt positifs. Nulle surprise donc d’avoir moi aussi bien adhéré à ce polar réussi.

Il y a d’abord 2 enquêtes dans ce polar : celle d’un éminent scientifique tué dans des conditions absolument épouvantables et dont le cerveau a été volé. Et les disparitions successives bien millimétrées d’autres scientifiques français. Le lien semble évident et pourtant, le lieutenant Vairne aura beau faire, il ne parviendra pas à trouver une explication qui permette de justifier aussi bien des disparitions pour certains qu’un meurtre d’une cruauté sans pareil. Aucun des scientifiques ne connaissait vraiment les autres, leurs domaines d’étude n’ont rien à voir et l’enquête n’apporte que peu d’éléments pour permettre de remonter la piste.

La thèse scientifique qui est le fond du roman est très plaisant et reste abordable pour tous, rien de trop tiré par les cheveux, on peut tous comprendre de quoi il est question. J’ai bien aimé le lieutenant Vairne, l’enquêteur principal accro des statistiques et le duo qu’il mènera plus tard dans le roman avec une autre enquêtrice rend le rythme de l’enquête très agréable. Au final, on tient là un bon polar, plutôt original qui a parfaitement sa place parmi les autres élus du Prix Nouvelles voix du polar. Sera-t-il l’élu des jurés ? Verdict en septembre !

Ma notation :

Un polar réussi qui m’a totalement convaincue.

Rouge tango/Vert samba, Charles Aubert

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Quatrième de couverture :

Niels a quitté la ville pour s’établir dans le Sud sauvage. Autour de lui, le calme des grands espaces, et un petit nombre d’amis très proches: une bulle à l’écart de tout. Il a pêché le saumon en Alaska, le brochet dans les lacs du Connemara. De sa passion, Niels a fait son métier.

L’avis d’Audrey :

L’an dernier, dans le cadre du prix Nouvelles voix du polar je faisais connaissance avec Niels, avec Bleu Calypso. J’avais aimé ce personnage solitaire et mystérieux. Je l’ai retrouvé avec grand plaisir dans les deux romans où l’on continue de suivre ses aventures.

Dans Rouge Tango, on le trouve dans sa cabane de pécheur, avec son voisin Bob, et Lizzie, devenue contre toute attente, sa compagne. Tout pourrait aller pour le mieux, mais Malik, une jeune recrue de la police disparait. Spécialiste de l’informatique, impossible de mettre la main sur ses données, PC et clé USB. On comprend vite que sa disparition est liée à une enquête sur laquelle il travaillait. Niels est donc aux abois pour retrouver Malik, et voilà que son père (qu’il n’a plus vu depuis trop longtemps) débarque dans sa vie. Une enquête et une quête personnelle, brillamment racontées. J’ai aimé retrouver ses personnages et j’ai passé un bon moment avec ce thriller.

J’ai laissé décanter cette histoire quelques semaines, avant de découvrir le 3ème volet: Vert Samba. On ne change pas une équipe qui gagne, et on déambule dans ces lieux que l’on connait au coeur du pays de Thau et l’on se passionnerait presque pour les leurres que vend Niels. Cette fois ci, deux hommes sont retrouvés morts. Seul point commun: un tatouage sur le bras. Comme dans les précédents romans, les déboires personnels de nos personnages sont mis en lumière. Passé douloureux, remise en question, relations amoureuses. On assiste à l’évolution de nos personnages. On commence à mieux connaitre Niels, à mieux le comprendre même s’il ne baisse pas la garde et garde sa part de mystère.

Avec les romans de Charles Aubert, on est loin du tumulte des grandes villes. Pas de poursuite en voiture dans les rues parisiennes, pas d’interrogatoire musclé (quoique…). Tout est plus doux, plus lent, au contact de la nature et de l’humain. Et pourtant on ne s’ennuie pas avec ces lectures. Il sait maitriser le suspense et nous livre de jolis rebondissements.

Ma notation:

Passionnée par le personnage de Niels. Un homme taiseux et qui a tant de choses à dévoiler encore. Vite la suite!

Le curieux Noël de Mrs Ellison, Anne Perry

Quatrième de couverture :

Dans l’Angleterre victorienne, l’épais manteau de neige qui recouvre les petits villages à Noël ne parvient pas toujours à étouffer les échos de scandales et de meurtres passés…

La grand-mère de Charlotte Pitt, Mariah Ellison, se retrouve à enquêter sur un crime du passé : l’esprit d’investigation est un don de famille !

Quand Mariah Ellison reçoit un sinistre cadeau de Noël, un boulet de canon, sur le pas de sa porte, elle se rappelle un meurtre, il y a vingt ans, qui a brisé l’une de ses plus fortes amitiés. Comprenant que cette vieille affaire semble refaire surface, elle se rend dans le Surrey, dans l’espoir de se réconcilier avec son amie, et de résoudre enfin le meurtre qui les a séparées.
Mais les collines pittoresques du Surrey cachent bien des secrets, et des révélations choquantes pourraient rendre le Noël de Mrs Ellison tout à fait surprenant.

L’avis de Laure :

J’ai ce titre dans ma PAL depuis un an mais je voulais vraiment attendre la période de Noël pour le lire. Au final, ça n’a guère eu d’importance, si l’histoire se passe au moment de Noël on ne le ressent pas et ce livre peut donc être lu à n’importe quel moment de l’année.

Je n’ai jamais lu Anne Perry et ne connait pas du tout son univers, c’était donc l’occasion de la découvrir. On est ici dans ce que j’appellerai le polar anglais à l’ancienne, ça me fait penser aussi à la série Agatha Raisin dont j’avais lu le premier tome il y a 3 ans et … que je n’avais pas du tout aimé !

Malheureusement, je n’ai pas plus accroché avec Mrs Ellison. Le roman est court donc je suis allée au bout de ma lecture mais je vais vite l’oublier. J’ai peiné un peu sur les premiers chapitres, l’entrée en matière de l’auteure m’a semblé bien laborieuse et je ne voyais pas quel allait être le sujet du roman. Mrs Ellison va se retrouver à enquêter de nouveau sur une histoire qu’elle a vécue aux côtés d’un couple d’amis, 20 ans auparavant. Cet homme était l’avocat d’un médecin qui s’est vu accusé du crime d’une jeune fille. A la dernière minute, il a refusé de défendre l’accusé et est mort peu de temps après.

Bien des années plus tard, lorsque le médecin revient vivre sur les lieux du crime, Mrs Ellison est de retour sur place à la demande de son amie et va alors déterrer de nouvelles informations au sujet du crime. Je n’ai pas été prise par le suspense du roman, je l’ai trouvé assez linéaire et l’enquête en soi est plutôt banale. Moi qui ne suis pas une grande habituée des polars, je pense qu’il m’en aurait fallu plus pour être conquise par ce titre. Mais je sais que les personnages d’Anne Perry, tout comme Agatha Raisin, ont beaucoup de succès alors sans doute ne suis-je juste pas le public cible pour ces lectures ?

Ma notation :

Un titre qui sera vite oublié.

Les monstres, Maud Mayeras

Quatrième de couverture :

Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière du jour qu’ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l’amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l’immense, le père, qui les ravitaille, les éduquent et les préparent patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que dehors, il y a des humains. Parce qu‘eux sont des monstres, et que tant qu’ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n’ont aucune chance.
Mais un jour Aleph ne revient pas, un jour les humais prédateurs viennent cogner à leur porte. Alors, prêts ou pas, il va falloir faire front, sortir, survivre.
Pendant ce temps, dans une chambre d’hôpital, un homme reprend conscience. Une catastrophe naturelle sème la panique dans la région. La police, tous les secours sont sur les dents. Dans ce chaos, l’homme ne connait qu’une urgence : regagner au plus vite la maison où on l’attend.

L’avis de Laure :

Si je lis peu de thrillers depuis l’an dernier, j’ai toujours plaisir à me laisser embarquer par quelques auteurs à qui je suis fidèle. Maud Mayeras en fait partie et c’est donc en toute logique que j’ai voulu découvrir son nouveau roman.

Qui sont ces monstres que le titre nous annonce d’emblée ? J’ai mis un peu de temps à le comprendre moi même tant ils nous sont d’abord présentés de l’intérieur. Ils sont deux, un garçon et une fille et vivent avec leur mère, en marge du monde. C’est Aleph qui est leur lien avec ce monde qu’ils ne connaissent pas et dont il les protège à force de bourrage de crâne sur sa dangerosité. C’est par bribes de détails tout d’abord qu’on va commencer à cerner la différence de ces 2 monstres. Pourtant, il nous manque encore toute leur histoire pour les comprendre.

Leur monde va brutalement changer lorsqu’Aleph ne revient pas. Or, sans lui, ils ne peuvent se nourrir. Avec la disparition de celui-ci, ils vont alors se retrouver à devoir explorer le monde. L’histoire va peu à peu basculer dans l’enquête de police, quand Rosemarie, leur mère, est retrouvée et emmenée à l’hôpital. Elle va finir par révéler son histoire, histoire qui a débuté 20 ans auparavant et qui l’a détruite. Elle alerte alors la police sur la disparition des monstres, ses 2 enfants.

J’ai encore été conquise par la plume de Maud Mayeras. L’accent est mis sur la psychologie des personnages. Révélation après révélation, on sombre dans un fait divers horrible. Et pourtant je n’ai pas vécu ma lecture ainsi. C’est raconté avec beaucoup de simplicité à tel point que la plume de Maud Mayeras ne m’a pas donné l’impression de lire la pire des horreurs. Même avec ce final absolument traumatisant qui nous est livré comme la boucle évidente d’une histoire qui s’était construite depuis toujours sur des bases monstrueuses. Je ne vous en dis pas beaucoup car c’est une lecture qu’il faut vivre, sans savoir ce dont il va être question.

Ma notation :

Un nouveau thriller redoutable qui confirme mon attrait pour les romans de Maud Mayeras.

(Livre lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

Fantazmë, Niko Tackian



Quatrième de couverture:

Une nouvelle enquête du commandant Tomar Khan.
Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ?
Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.
Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.

L’avis d’Audrey :

J’ai lu ce roman sans avoir lu la première enquête de Thomar Khan: Toxique que Laure avait lu il y a deux ans. On m’a souvent déconseillé de lire dans le désordre les différents romans mettant en scène un même enquêteur, afin de mieux cerner le personnage, comprendre ses réactions et ses choix. Ici, même si dans les premières pages je ne comprenais pas forcément les événements passés qui étaient cités, cet effet de manque s’est vite dissipé et j’ai réussi à entrer au cœur de l’histoire.

Thomar Khan est loin du flic exemplaire et lisse. On saisit vite qu’il est loin d’être parfait, avec ses failles et ses défauts. Alors que les locaux du 36 quai des orfèvres sont en plein déménagement, Thomar est embarqué dans une affaire de meurtre de migrant. Une affaire qui aurait pu être trop vite classée.

Un court roman rudement efficace. C’est du polar noir, violent, à l’ambiance pesante et qui captive son lecteur. J’ai été un peu décontenancée au départ par les sortes d’hallucinations qui touchent notre flic, mais j’ai aimé la tournure que prenait le roman.

Sans surprise, on retrouve un rythme très rapide, qui colle à l’expérience de scénariste de télévision de l’auteur. Tout est réaliste, utile et efficace. Les chapitres s’enchaînent et l’on arrive à la fin du roman sans s’en rendre compte et en demandant encore.

Ma notation :

Un polar comme j’aime et je vais pouvoir me jeter sur Celle qui pleurait sous l’eau bien vite pour retrouver Thomar Khan.