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[Duo lecture] Les silences, Amélie Antoine

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) L’auteure avait eu la gentillesse de m’envoyer une version numérique de ce roman qui patientait dans ma liseuse depuis trop longtemps.

(MadameOurse) Amélie Antoine est une auteure que Lunatic aime beaucoup et j’avais envie de la découvrir. Quoi de mieux alors que de le faire en duo ?

La couverture :

(MadameOurse) Elle est assez sobre, on y voit l’image du père fuyant et du fils plein d’espoir, c’est caractéristique du roman mais ce n’est pas l’image que je me suis faite des personnages d’Arthur et Edouard.

(Lunatic) Une couverture simple. Pour sa sortie en poche, le roman s’offre un second titre, puisque qu’il était publié chez Michel Lafon sous le titre: Quand on n’a que l’humour. J’avoue ne pas comprendre ce changement de titre…

La quatrième de couverture :

Édouard Bresson est l’humoriste préféré des Français. Le moindre de ses spectacles se joue à guichets fermés. Mais, à chaque tournée, au premier rang, une place reste désespérément vide. Et, à chaque fois, son cœur se déchire un peu plus.
La France entière l’adule et l’envie.
La France entière, sauf son fils, qui ne vient jamais l’applaudir, parce qu’il le déteste de l’avoir négligé toute son enfance.
Que faire quand on réalise qu’il est peut-être désormais trop tard pour rattraper ses erreurs ?
Imaginez un homme qui a tout, absolument tout pour être heureux.
Sauf l’essentiel.

Après lecture :

(MadameOurse) Le roman débute par le récit de la vie d’Edouard, un jeune garçon qui sera fortement marqué par la culpabilité suite à un drame arrivé à son frère, un fils qui grandira au sein d’un couple parental compliqué, un père très dur, une mère peu présente pour son aîné. Puis Edouard devient un humoriste très talentueux, il a quantité de fans, voyage dans toute la France pour ses spectacles. La gloire… mais l’homme est-il heureux pour autant ? D’autant qu’il finit par divorcer de Magda, lassée de ne jamais voir son époux. Et leur fils Arthur grandira sans la présence de son père. Je dois vous dire que j’ai eu beaucoup de mal avec cette partie du roman : pas d’attachement pour Edouard, une histoire dont je ne voyais pas quel était le but et qui me gênait un peu dans les parallèles qu’on peut faire avec la vie des plus grandes stars : la gloire mais dans l’anonymat, sont-ils épanouis ?

Et puis on bascule dans la seconde partie du roman où l’on suit Arthur, ce jeune homme qui en veut terriblement à son père pour toutes les absences aux moments cruciaux de sa vie, il lui en veut d’avoir choisi ses fans, sa carrière, la scène au lieu de lui et sa mère. Mais un drame arrive et le jeune homme va faire un jeu de piste, orchestré par son père et va découvrir une autre facette de l’homme qui lui a donné la vie. Et c’est alors que j’ai trouvé le roman émouvant et touchant. J’ai eu beaucoup de compassion pour Arthur qui est terriblement bousculé par ses sentiments. Il m’a rappelée à ma propre histoire, moi qui ait aussi tant de haine pour un père qui n’en a jamais été un… Cette seconde partie du roman est celle de la réconciliation, de la compréhension. Et même si elle ne résout pas le passé, elle permet d’apaiser les tensions par un autre regard sur les événements. Et j’ai bien aimé !

(Lunatic) La première partie, comme l’explique MadameOurse, nous dévoile la vie d’Edouard Bresson, humoriste célèbre. Derrière son apparence superficielle, son antipathie, son aigreur se cache un homme sensible, torturé et nous dévoilant une vie dans laquelle le rire a finalement peu sa place. Une enfance difficile, un drame, des parents absents, un mariage qu’il sacrifie pour la gloire, un fils qu’il oublie et délaisse pour la scène. Amélie Antoine nous décrit en profondeur cet homme que, malgré tout, j’avais envie de prendre dans mes bras.

Puis la seconde partie c’est celle d’Arthur, son fils qui ne veut plus voir son père, il en est arrivé à changer de nom pour prendre ses distances avec Bresson l’humoriste. Mais voilà qu’Édouard l’embarque dans une chasse au trésor, qui l’amènera à découvrir qui est vraiment son père, et à voir peut-être d’un autre œil le passé. Secrets, découvertes, rencontres et révélations ponctueront ces quelques mois de chasse au trésor. J’ai trouvé très touchante cette mise en scène d’Édouard pour se rapprocher de son fils et enfin briser les silences. Mais n’est ce pas trop tard?

On retrouve dans ce roman la plume d’Amélie Antoine que j’apprécie tant. Elle décortique les sentiments de nos personnages. Elle n’essaie pas d’en faire des héros, des personnages « bons » et n’hésite pas à mettre en avant les défauts et imperfections. Petit bonus avec quelques détails dans les titres de chapitres que je vous invite à décoder si vous le lisez et qui vous dévoilera un bien joli message.

Et puisque dans ce roman, on parle des clowns à l’hôpital, j’en profite pour vous glisser le lien d’une association que je soutiens depuis quelques années. Si vous êtes en Lorraine ou même ailleurs, pensez à eux (vous pouvez cliquer sur l’image pour plus d’infos.)

 

 

Nous remercions Amélie Antoine pour cette lecture et on vous reparlera de ce roman dès la fin du mois.

La mélancolie du kangourou, Laure Manel

Quatrième de couverture :

Alors qu’il s’apprête à vivre le plus beau moment de sa vie avec la naissance de sa fille, Antoine est confronté au plus horrible des drames : la mort de sa femme durant l’accouchement. Anéanti par la perte de celle qu’il aimait plus que tout, Antoine a du mal à créer du lien avec son bébé jusqu’à ce qu’il embauche Rose, une pétillante jeune femme à l’irrépressible joie de vivre, pour s’occuper du nourrisson. Parviendra-t-elle à aider Antoine à se révéler comme père et à se reconstruire ?

L’avis de MadameOurse :

J’avais découvert Laure Manel l’an dernier avec son précédent roman, La délicatesse du homard qui m’avait offert une jolie lecture. J’avais donc bien envie de découvrir le nouveau roman de l’auteure.

Par la quatrième de couverture, on s’attend à un début de roman bien triste. C’est évidemment le cas, l’histoire d’Antoine est douloureuse. Pour autant, je n’ai pas trouvé le récit triste, c’est conté avec une grand pudeur et un certain respect qui font que je n’ai pas eu à laisser couler de larmes. Le deuil est un des thèmes central du roman. Antoine va perdre celle qu’il aimait plus que tout et en voudra à sa fille de lui avoir pris sa femme. C’est dur mais c’est une réaction très humaine. On va suivre Antoine pendant plusieurs années parce que le deuil est un processus long et compliqué. Le jeune papa fera parfois un pas en avant puis deux pas en arrière. J’ai trouvé tout cela très juste, le choix de l’auteure de prendre le temps dans son récit est bon, sans cela je n’aurai pas trouvé l’histoire crédible.

C’est avec l’arrivée de Rose qu’Antoine va trouver une béquille pour survivre. D’abord parce que c’est la jeune femme qui s’occupera pleinement de la petite Lou jusqu’à ce que le papa soit à son tour capable de lui consacrer son énergie. C’est avec beaucoup de douceur et avec un grand respect de son statut d’employée que Rose amènera au papa et à sa fille de jolis moments. C’est un personnage touchant, elle s’efface beaucoup pour donner à chacun ce dont il a besoin. Il m’a manqué dans le récit un peu plus de détails sur ce que la jeune femme a elle même vécu dans sa jeunesse et qui vient expliquer la façon dont elle s’est construite.

On lit tout le roman en se disant « oui bon on sait déjà comment tout ça va finir ». Il y a des évidences… Mais l’auteure encore une fois ne cède pas à la facilité, elle a bien des choses à nous raconter avant de dévoiler sa fin. J’ai vraiment aimé le cheminement doux des années que l’on vit aux côtés d’Antoine. Rien n’est tout tracé, l’auteure laisse le doute s’insinuer dans nos esprits.

Ma notation :

Un joli roman qui traite très bien du thème du deuil et de la paternité. Douceur et pudeur au RDV.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)