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Le vol de l’autruche, Crysten Sullivan

Quatrième de couverture :

Maggie est une jeune américaine de vingt-trois ans installée à Paris. À cause d’un grave problème de surpoids, elle se heurte au regard des autres, à la difficulté de trouver du travail, d’avoir des amis, de rencontrer l’amour.

Un jour, lors d’un entretien d’embauche dans une multinationale, on lui fait une proposition totalement inattendue. Si Maggie l’accepte, elle risque de voir le cours de sa vie changer du tout au tout. Mais pour cela, il va falloir quitter l’ombre et affronter la lumière. Maggie, « l’autruche » complexée et mal dans sa peau, va-t-elle réussir à prendre son envol ? Quelles épreuves et quelles joies l’attendent ? Comment se dévoiler lorsqu’on a passé toute sa vie à se cacher ?

L’avis de Lunatic :

Le vol de l’autruche, ou comment une jeune femme mal dans sa peau, va s’assumer, apprendre à s’aimer et prendre son envol pour enfin être heureuse! Maggie, américaine de 23 ans installée à Paris trouve  un job inespéré dans une multinationale. Un proposition de travail qui va l’obliger à sortir de sa coquille, s’ouvrir aux autres et enfin s’assumer. Maggie est ronde, est obèse, en obésité morbide. Quand en plus c’est Louis-Valentin, un charmant médecin qui insiste lourdement sur le sujet, la pilule passe encore moins bien pour cette jeune femme complexée.

J’aurai pu me reconnaître en Maggie, on partage ensemble nos nombreux kilos en trop. Et pourtant j’ai trouvé qu’elle était très caricaturale. Parce qu’elle est ronde notre héroïne est obligée de manger du camembert tout au long du roman? Parce qu’elle est grosse elle n’a pas de vie amoureuse ou sexuelle? J’ai trouvé la description de Maggie assez fausse et limite culpabilisante : tu es grosse car tu manges et ne bouge pas ! Malgré cela, elle reste un personnage attachant et j’ai aimé la façon dont elle s’adresse aux lecteurs, les prenant à partie. Toutes ces interpellations nous font rentrer dans son intimité, spectateurs complices de sa transformation, de son évolution. On rentre dans sa tête, partageant ses milles idées mais aussi dans son cœur.

On retrouve dans ce roman les codes d’une bonne comédie romantique, on a l’impression de lire du Bridget Jones ou Le diable s’habille en Prada. Les personnages secondaires sont assez originaux et apportent tous aide et conseils pour aider notre héroïne à s’accepter et à aller de l’avant. Le personnage de Bouddha, un ami proche de Maggie est vraiment original, donnant une petite touche de sagesse et de poésie au récit.  On a tous les éléments nous permettant de passer un bon moment : amitié, folle soirée, une « adversaire mesquine », rencontre amoureuse…  J’aime les messages que le roman veut transmettre sur la tolérance, les différences, l’amour de soi, la confiance.

Ma notation :

Un premier roman plein de qualités malgré quelques petits défauts sur le traitement du personnage à mes yeux (de nombreuses autres lectrices s’y identifieront surement). Un roman divertissant pour un moment de lecture sans prise de tête!

 

(roman lu en partenariat avec Gilles Paris Éditions)

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De joie coulent les larmes, Lena Walker

 

Quatrième de couverture :

Juriste sans entrain dans un cabinet d’avocats, Romy Bavarois rêve depuis sa plus tendre enfance de présenter le journal télévisé de la plus grande chaîne de France. Au décès de son grand-père, elle décide sans regret de tout quitter et de s’installer chez sa grand-mère à Saint-Tropez. Acceptant un emploi saisonnier de vendeuse de soufflés tropéziens, Romy se laisse vivre jusqu’au jour où elle rencontre Jean-Luc, le médium des stars. Lui fera-t-il des révélations décisives sur son avenir ? Aura-t-elle enfin l’électrochoc qu’il lui fallait pour sortir de sa douce léthargie et prendre son destin en main ?

 Ma notation :

Un roman très divertissant, une héroïne sympathique. J’ai pris plaisir à lire ce roman.

(Merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture)

 

 

Khalil, Yasmina Khadra

 

Quatrième de couverture :

Vendredi 13 novembre 2015. L’air est encore doux pour un soir d’hiver. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d’explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l’acte. Il fait partie du commando qui s’apprête à ensanglanter la capitale.
Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?
Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d’un réalisme et d’une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l’esprit d’un kamikaze qu’il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l’insoutenable brutalité de la folie.

 

L’avis de Lunatic :

Pour être franche, je n’avais pas vraiment envie de lire ce titre. Je n’avais pas envie de lire un roman qui donne la parole à un jeune terroriste, même s’il s’agit d’une fiction. Je me demandais comment on pouvait traiter de ce sujet si douloureux et encore si frais dans la mémoire collective.

Puis je l’ai feuilleté, lu quelques mots, puis quelques phrases et finalement je n’ai pas réussi à le laisser de coté. L’écriture de l’auteur m’a embarqué : sa sensibilité, son réalisme, sa pudeur, sa justesse. En même temps, tout au long de ma lecture j’étais dérangée et gênée par le thème du roman. Sans jamais justifier les choix de Khalil, le récit nous explique comment il en est arrivé là. L’enfance, la banlieue de Bruxelles, l’éducation, la religion, la famille, tant de raisons qui ont tout fait basculer.

Sans éprouver aucune sympathie pour le personnage, l’auteur donne à Khalil un semblant d’humanité. Ce qui peut paraitre très dérangeant. C’est difficile de parler de ce roman. On ne prend pas plaisir à le lire, et pourtant je l’ai refermé en étant satisfaite de ma lecture. Un roman utile.

Ma notation :

Un roman contradictoire. Dérangeant et plaisant à la fois.

 

Au premier chant du merle, Linda Olsson

 

Quatrième de couverture :

Élisabeth s’est retirée du monde. Sitôt installée dans sa résidence de Stockholm, elle a débranché la sonnette et fermé sa porte à double tour. Elias, artiste dyslexique, rêve sa vie en peinture. Otto, libraire à la retraite, vit par procuration au milieu de ses livres. Tous trois habitent le même immeuble. Ils ne se connaissent pas, mais ont en commun leur solitude et leur immense sensibilité.
Jusqu’au jour où Elias se décide à frapper à la porte d’Élisabeth pour lui remettre son courrier. Cet incident sortira-t-il cette femme aux ailes brisées de sa pénombre ? Ou faudra-t-il attendre un drame, et l’intervention inattendue d’Otto, pour faire entrer la lumière dans son appartement ?
Au seuil de l’été nordique, le chant du merle annonce les beaux jours. Ces trois solitudes sauront-elles réapprendre à sourire, à aimer et prendre le risque de tout perdre à nouveau ?

L’avis de Lunatic :

Ce roman est un cadeau de MadameOurse, et je comprends qu’elle se soit arrêtée sur ce livre tant la couverture est belle. Ce dos de femme, cette nuque fine et pleine de grâce qui attise le mystère. Une couverture sobre et pleine de douceur. A l’image du roman finalement, un récit tendre, rempli de poésie, en toute langueur. La 4ème de couverture laisse présager que l’on va lire un joli feel good et pourtant ce n’est pas vraiment cela.

Ce roman c’est un roman sur la solitude, la solitude dans laquelle sont plongés 3 personnages : Otto, un vieil homme veuf qui vit avec le souvenir de son épouse, entourée de ses livres et qui s’est pris d’amitié pour  son voisin Elias, un jeune homme plein de talent avec ses pinceaux ou feutres mais qui a quelques difficultés à lire causés par une dyslexie. Puis il y a Elisabeth, le personnage central du roman, fraîchement arrivée dans l’immeuble, vivant comme une recluse, enfermée dans son appartement, n’ouvrant pas ses cartons, ne possédant aucun meuble et ne souhaitant pas se mêler aux autres. Quel secret, quel drame, quel passé cache-t-elle? Et c’est une simple erreur du facteur qui va réunir ces 3 personnages. Ils vont se dévoiler, s’apprivoiser et s’aider à reprendre goût à la vie, à l’amour, en eux.

C’est vraiment un joli roman. Les personnages sont décrits avec beaucoup de pudeur, d’émotion. La musique, la littérature et le cinéma ont un rôle important dans ce roman, car ils permettent à nos personnages de s’évader, d’y enfouir peurs, émotions et espoirs. Une écriture pleine de sensibilité, de poésie et un livre qu’on referme avec le sourire et apaisée.

Ma notation :

Un roman à déguster lentement pour apprécier chaque mot, chaque phrase parfaitement choisi. J’ai beaucoup aimé.

 

Le lambeau, Philippe Lançon

 

Quatrième de couverture :

Lambeau, subst. masc. 1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie. 2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55). 3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338). (Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).

 

L’avis de Lunatic :

Ce livre n’est pas un roman. Ce n’est pas un témoignage ou un récit comme on pourrait s’attendre à lire. Il est difficile d’en parler, de transmettre tout ce qui se dégage de ce texte. L’auteur est journaliste. Le matin du 7 janvier 2015, il assiste à la conférence dans les bureaux de Charlie Hebdo. Discussion autour de la sortie du roman controversé de Houellebecq, s’apprêtant à partir, il s’arrête pour montrer un livre photo de jazz à Cabu. C’est à ce moment que les tueurs entrent dans l’immeuble.

Dans ce livre, l’auteur nous parle de l’avant attentat, mais aussi de l’après. Un chapitre est consacré à l’attaque elle même. La façon dont il se souvient des choses. Le bruit, les gestes, les odeurs. Les morceaux de cerveau de Bernard Maris, le sang, les jambes des tueurs, le regard affolée de Sigolène qui vient lui porter secours. Philippe Lançon est gravement blessée, le bas du visage explosée. J’ai lu ce chapitre le souffle coupée, totalement happée par la terreur et la peur. Pourtant, l’auteur ne tombe pas dans le sensationnel ou le récit spectacle.

Ce livre c’est aussi le long parcours médical qui l’attends: Les Urgences, puis de la Salpêtrière aux invalides. Un récit de reconstruction physique mais aussi mental. Comprendre qu’il ne sera plus jamais celui d’avant le 7 janvier. Opérations, cicatrice, douleurs, rééducation. Ce récit c’est aussi celui des gens qui l’entourent. Sa compagne (alors qu’il pensait qu’elle partirai, qu’elle ne serai pas assez forte pour vivre ce drame), ses amis et famille, Chloé (la chirurgienne devenue amis ), les soignants. Le texte est ponctué de références à son passé, à des lectures, des musiques, des films qui font écho à l’homme d’après le 7 janvier.

Alors on ne prends pas plaisir à lire ce livre, tant il est dur, difficile mais pourtant il faut le lire. Il est précieux dans ce qu’il raconte sur l’homme qu’est Philippe Lançon mais aussi sur ce qu’il dit de la mort et de la vie. Ce livre malgré son sujet dramatique est doux et tendre. Pas de violence, pas de vengeance.

Ma notation :

Sublime!