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Le bonheur n’a pas de rides, Anne-Gaëlle Huon

Quatrième de couverture :

Paulette a 85 ans, un caractère bien trempé, et pas toute sa tête. Enfin, à ce qu’elle prétend. Lorsqu’elle se retrouve bien malgré elle la nouvelle pensionnaire de l’Auberge de Monsieur Yvon, elle n’a qu’une obsession : en partir ! Mais c’est sans compter sur l’étrange fascination que les autres habitants et leurs secrets vont bientôt exercer sur elle. Que contiennent ces lettres mystérieuses trouvées dans la chambre de Monsieur Georges ? Qui est l’auteur de cet étrange carnet découvert dans la bibliothèque ? Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

L’avis de MadameOurse :

Je suis Anne Gaëlle Huon sur Instagram depuis la sortie de son second roman (Même les méchants rêvent d’amour) que j’ai eu la chance de gagner à un concours. C’est une auteure qui a un petit grain de folie, une belle énergie, qui semble si positive et attachante que rien que ça me donnait envie de découvrir ses romans. Lorsque je me suis rendue compte que son premier roman ferait partie de la sélection du Prix des Lecteurs, j’en étais ravie et ai donc préféré lire ses romans dans l’ordre.

Le bonheur n’a pas de rides c’est l’histoire de Paulette, une octogénaire bien décidée à convaincre son fils de la placer dans une maison de retraite de luxe. Mais c’est sans compter sur la vénéneuse Corinne, sa belle fille, qui convainc son mari d’installer Paulette à l’Auberge de M. Yvon. Paulette déchante dans ce cadre bien loin du luxe qu’elle espérait pour ses vieux jours! Mais au fond, c’est plus fort qu’elle, elle ne peut s’empêcher de vite s’intéresser à la vie des habitants de l’Auberge.

Il y passe une drôle de bande, assez originale entre jeunes et moins jeunes et tous les personnages sont assez originaux, amusants et cachent des secrets. J’ai beaucoup aimé Nour la cuisinière au lourd passé, Juliette la jeune serveuse qui a devant elle une lourde décision à prendre, jeune femme bien fleur bleue qui va nous faire vivre un joli moment à travers un drôle de carnet qu’elle découvrira à la bibliothèque. Ce mystérieux carnet la mettra sur la piste de son propriétaire à travers une quête aux accents d’Amélie Poulain. J’ai beaucoup aimé ce passage et n’ai pas été surprise de la référence que l’auteure mentionne dans ses remerciements tant j’avais déjà fait le parallèle moi même.

Il y a aussi M. Yvon qui cache un cœur d’or sous une façade dure et M. Georges de qui Paulette se rapprochera assez vite. Ce roman n’a rien d’exceptionnel sinon d’unir des personnalités dans un joyeux maelstrom d’émotions. C’est simple et on passe un bon moment !

Ma notation :

J’ai aimé cette découverte de la plume d’Anne Gaëlle Huon. J’avoue que je m’attendais à plus avec cette lecture. J’ai hâte à présent de me plonger dans son second roman qui a des avis si prometteurs.

 

[Duo lecture] Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi

Pourquoi ce livre :

(MadameOurse) Après de nombreux avis depuis la parution du nouveau roman de Virginie Grimaldi, j’ai eu envie de me laisser tenter à mon tour. Bien évidemment, je l’ai proposé à Lunatic car je me doutais qu’elle voudrait le lire aussi.

(Lunatic) Une évidence tout simplement. Mon rdv lecture de mai depuis quelques années…

La couverture :

(Lunatic) Les couvertures de Virginie Grimaldi sont toujours colorées, vives. Celui ci ne déroge pas à la règle et j’adore.

(MadameOurse)  Après lecture on sait à quel point ce couple en couverture est représentatif du roman. J’aime la typographie d’écriture du titre, je suis moins fan des coloris.

La quatrième de couverture :

Lorsque nous avons emménagé impasse des Colibris, nous avions vingt ans, ça sentait la peinture fraîche et les projets, nous nous prêtions main-forte entre voisins en traversant les jardins non clôturés.
Soixante-trois ans plus tard, les haies ont poussé, nos souvenirs sont accrochés aux murs et nous ne nous adressons la parole qu’en cas de nécessité absolue. Nous ne sommes plus que six : Anatole, Joséphine, Marius, Rosalie, Gustave et moi, Marceline.
Quand le maire annonce qu’il va raser l’impasse – nos maisons, nos mémoires, nos vies –, nous oublions le passé pour nous allier et nous battre. Tous les coups sont permis : nous n’avons plus rien à perdre, et c’est plus excitant qu’une sieste devant Motus. »
À travers le récit de leur combat et une plongée dans ses souvenirs, Marceline raconte une magnifique histoire d’amour, les secrets de toute une famille et la force des liens qui tissent une amitié.

Après lecture :

(Lunatic) Bienvenue à l’impasse des colibris, où un groupe de d’octogénaires y a passé une grande partie de leurs vies. La vie a éloigné ce groupe de voisins, les haies séparent les jardins, les rideaux se ferment. Mais l’annonce de la prochaine destruction de l’impasse pour y installer une école rapproche nos personnages et c’est le moment pour Marceline de nous conter l’histoire de cette rue, de sa famille, de ses voisins. Une histoire de vie, de rencontre, d’amour, de naissance, de mort. Les moment joyeux qui laissent place aux malheurs, aux colères, aux espoirs, puis aux sourires à nouveau. En parallèle, ils vont s’unir pour tenter de barrer les projets du maire. Ce dernier, on le comprend très vite a grandi aux colibris, alors comment peut-il détruire l’endroit où il a grandi? Et si un drame s’y était déroulé?

J’ai dévoré ce roman : il est doux, tendre, touchant, marrant et épatant. On y retrouve toute la sensibilité de l’auteure, à travers des personnages émouvants, des scènes de vie pleines de générosité et de tendresse. On vit avec eux les moments de joie et les coups durs qui jalonnent leurs vies. On aime avec Marceline, on rigole avec Rosalie, on souffre avec Gustave, on rit, on pleure, on frissonne. Virginie Grimaldi a vraiment su nous dépeindre une galerie de personnages originale et pourtant si proches de nous. On retrouve également sa touche d’humour bien à elle, avec ses jeux de mots que j’affectionne tant. De quoi dédramatiser un peu le cœur du roman.

J’ai refermé ce livre un brin pensive, dérangée et soucieuse. Avec MadameOurse nous n’avons pas du tout eu le même regard sur le final du roman. Je n’en dirais pas plus, mais ça interroge forcément le lecteur.

Ce qui est sûr, c’est que dans 40 ans je veux moi aussi rejoindre le clan des « Octogéniaux » et continuer de regarder mon « Anatole » avec autant de bienveillance et d’amour que Marceline.

(MadameOurse) Je dois avouer que j’avais moyennement aimé le roman que Virginie Grimaldi nous avait offert l’an dernier. Et pourtant, cette nouvelle histoire me faisait envie. J’aime la femme qui se cache derrière l’auteure, son empathie, sa sensibilité et je suis ravie d’avoir plongé à ses côtés dans l’histoire d’Anatole et Marceline.

Dans ce roman, tout va si vite, les chapitres sont courts, vous serez vite immergés dans l’impasse des Colibris. Vous allez vous dire, encore un chapitre et j’arrête et vous ne le ferez pas. Il y a une bonne dynamique de lecture ponctuée entre le présent de la bande d’octogénaires et les souvenirs de Marceline, depuis 1955, année de son mariage avec Anatole et leur installation dans cette maison qui sera le réceptacle de tous leurs souvenirs.

Menacés d’expulsion, le couple et leurs voisins, devenus des amis depuis bien longtemps, vont se battre contre le maire qui souhaite implanter une nouvelle école à la place de leurs maisons. Ledit maire est justement un enfant ayant grandi dans cette impasse alors pourquoi cette décision ? Leur en veut-il ? On est intrigués, on se doute qu’un événement a eu lieu et on hâte de dérouler le fil des souvenirs pour savoir ce qu’il en est.

Les actions que vont entreprendre le groupe des Octogéniaux, comme ils s’appelleront eux mêmes, sont de vraies bouffées d’air pur, on rigole tant de leurs idées que des dialogues désopilants entre eux. Virginie Grimaldi a ce talent de conteuse, elle sait nous faire rire et elle évoque si bien les réalités de la vie, tout y est, c’est sensible et ça nous touche forcément. C’est la vie de tout un chacun mise en valeur par les plus jolis mots.

En bref, lisez ce livre pour ses personnages (la répartie de Marceline, voir extrait), pour l’humour permanent des situations contées (le mariage de Dylon et pupute, inoubliable), pour sa sensibilité, pour la réalité de la vie qui court entre chaque page et pour l’Amour avec ce grand A qui est aussi bien l’amour d’une vie, l’amour d’un couple que l’amour filial ou l’amour amical. Et j’espère que vous passerez alors un bien joli moment d’émotions.

Les sales gosses, Charlye Ménétrier McGrath

Quatrième de couverture :

Jeanne a été placée en maison de retraite par ses enfants. Et le pire, c’est que chacun se renvoie la balle pour déterminer qui a été à l’initiative de cette mascarade.
Elle a beau avoir 81 ans, une ribambelle de petits-enfants et des tonnes de carnets noircis au fil du temps, preuves de son (très) long passage sur Terre, elle n’a pas dit son dernier mot. Son plan : simuler la démence et les rendre tous dingues.
Sauf que, ce lieu dans lequel elle ne voyait qu’hostilité va lui révéler bien des surprises…
En prenant part, d’abord sur la pointe des pieds, puis avec une ardeur qu’on ne lui connaissait pas, aux rendez-vous mensuels d’une clique de pensionnaires plus agités qu’une colonie de vacances, Jeanne va réveiller des pans de sa personnalité qu’elle pensait à jamais enfouis : la curiosité, l’espoir… et surtout : l’audace. Qu’on se le dise : au  » jeu des regrets  » de l’avant-dernier vendredi du mois, rien n’est jamais perdu.

L’avis de MadameOurse :

Je vous propose de venir faire la connaissance de Mamie Jeanne, octogénaire qui vient d’être placée en maison de retraite. Elle en veut à ses 5 enfants pour cette décision et est bien décidé à leur pourrir la vie. Le ton est donné dès le début : pas de langue de bois, personnages hauts en couleur et humour à gogo pour fermer le bec de ces sales gosses !

Jeanne simule la démence pour punir ses enfants. Et bien évidemment, ça marche. Elle prend un plaisir fou à les voir perdus des incohérences qu’elle débite. Et puis un jour, elle va faire connaissance d’autres pensionnaires de la maison de retraite et être intégrée à leur bande d’amis. Ils ont deviné qu’elle simulait et ces octogénaires plein d’entrain veulent absolument faire sa connaissance. Nous allons alors faire la connaissance de Loulou, Léon, Lucienne,  Paddy, Jo, une joyeuse bande avec un mot d’ordre : ne rien regretter. C’est ainsi que, chaque mois, l’un d’eux dévoile un de ses regrets à ses amis qui vont alors tenter d’arranger les choses pour que le regret s’efface. Ainsi, Loulou qui a abandonné sa carrière de chanteur aura l’opportunité de chanter à nouveau.

De mois en mois, les personnages se dévoilent, on découvre leur passé, ils ont tous leurs blessures et l’auteure me les a tous rendus très attachants. Et ils vont partir dans de jolies aventures, en bande, pour apaiser ces regrets. Ce que j’ai aimé dans ce roman qui met les octogénaires au premier plan c’est le message que l’auteure fait passer à travers Jeanne qui va être forcée d’ouvrir les yeux de ses enfants : ce n’est pas parce qu’elle a 80 ans que sa vie est finie, qu’elle doit restée assise bien sagement à attendre son dernier jour. Au contraire, les octogénaires ont encore des envies, des projets, des désirs ! Même si la plus grosse partie de leur vie est derrière eux, il ne faut pas qu’ils abandonnent, qu’ils baissent les bras sans continuer à rechercher le bonheur. Et ça, c’est un super joli message que j’ai beaucoup aimé.

Les sales gosses, c’est léger et en même temps très profond par moments, les dialogues sont truffés d’humour, les personnages hauts en couleur et toutes les péripéties du roman font qu’on ne s’ennuie pas une minute et qu’on referme presque le roman avec un goût de trop peu.

Ma notation :

J’ai adoré et complètement dévoré ce roman ! Un premier roman réussi qui offre un vent de fraîcheur et beaucoup d’humour.

(Merci à Estelle de Fleuve Editions pour cette lecture)