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L’affaire Creutzwald, Thierry Berlanda

Quatrième de couverture :

En 2019, une journaliste et une brigadière de la gendarmerie tentent de découvrir la vérité sur une affaire de disparitions entourées d’un voile de surnaturel, survenues en 2014. En reprenant l’enquête, qui avait d’ailleurs mené à l’arrestation d’un présumé coupable, elles vont retrouver la trace du véritable meurtrier et tenter de démêler cette étrange énigme.

L’avis de Lunatic :

En feuilletant une revue professionnelle pour mes acquisitions de romans au sein de la bibliothèque, j’ai été interpellée par cette couverture : un chevalement de mine ! Mon paysage quotidien. J’étais curieuse de lire ce thriller dont l’action se passe entre autres dans ma ville. Je ne connaissais pas du tout l’auteur, qui a écrit plusieurs romans avant celui-ci.

Céline une journaliste qui sort à peine d’une période personnelle un peu difficile est contactée par Aurélie, une flic du commissariat de Saint-Avold, au cœur du bassin houiller en Moselle. Elle a besoin d’elle pour rouvrir une vieille enquête, l’affaire Creutzwald. C’est dans la forêt de cette ville et dans ses alentours que plusieurs faits ont eu lieu. La lecture du rapport de police nous rapporte des évènements assez mystérieux datant de 2004, ce qui nous plonge alors dans un thriller à la limite du fantastique. Imaginez des disparitions soudaines précédées d’un halo de lumière vive.

Les deux femmes vont s’unir pour découvrir la vérité et démêler cette affaire. Au risque de se mettre en danger et de dévoiler une vérité qu’on aurait préféré garder enfouie. J’ai eu un peu de mal avec le personnage de Céline qui m’a bien agacée par moment, sans pouvoir trop vous expliquer pourquoi. Le style de l’auteur est fluide, il a réussi à m’embarquer dans cette affaire. A aucun moment on ne peut présager du final. Ce qui pour moi est le gage d’un roman policier réussi.

A titre personnel, j’ai aimé lire ce roman qui se passe chez moi. C’est déstabilisant de voir les personnages emprunter les rues dans lesquelles on vit, décrire des paysages ou des endroits qu’on connait bien.  Ma lecture en a été différente du coup, car je cherchais les incohérences, et certaines descriptions un peu biaisées m’ont fait tiquer. Mais j’ai gardé en tête qu’il s’agit d’un roman, et que l’auteur pouvait bien prendre toutes les libertés qu’il voulait.

Ma notation :

Un thriller sympa qui me donne envie de relire cet auteur

 

 

Le jour d’avant, Sorj Chalandon

Quatrième de couverture :

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

L’avis de Lunatic :

Décembre 1974, un coup de grisou dans une mine de Saint-Amé à Liévin dans le Pas-de-Calais fait 42 morts. 43 morts si l’on compte Jojo, le frère de notre narrateur Michel Flavent. Jojo n’est pas mort au fond, mais est décédé quelques jours après des suites de ses blessures. La famille sombre, et le père des deux frères, avant son suicide écrit à Michel « Venge nous de la mine ».

2014, Michel, devenu chauffeur routier, exilé à Paris, veille sa femme qui décède. Il est alors l’heure pour lui de se venger, de retourner dans ses terres et retrouver celui qu’il juge comme responsable de la mort de Jojo, le contremaitre Lucien Dravelle.

Dès le début de ma lecture j’ai été surprise avec quelle précision et réalisme l’auteur a su dépeindre le quotidien des mineurs, la vie dans un bassin houiller et tant de détails se rapportant au milieu des mineurs. Jojo, Dravelle, leur compagnon de travail, j’en côtoie quotidiennement, et leur souvenir est tel que Sorj Chalandon le décrit dans son roman. Je suis native d’un bassin houiller, j’y ai grandi, j’y travaille alors l’univers du roman me parlait, et j’étais très curieuse de le lire. J’avais peur que l’auteur tombe dans des clichés comme on en lit souvent, mais non, j’imagine qu’il a dû beaucoup se documenter pour son livre (je lisais qu’il était journaliste et couvrait les événements en 1974).

Au-delà de la mine, ce roman est le portrait d’un homme qui vit une tragédie, qui doit avancer malgré la perte de son frère. J’étais assez mal à l’aise avec cette idée de vengeance, je ne comprenais pas trop pourquoi faire porter à Lucien Dravelle toute la responsabilité du drame, Michel Flavent devenait alors à mes yeux un personnage très sombre, loin d’être sympathique. On assiste rapidement à sa vengeance et Michel est incarcéré et on est spectateur de son procès. A partir de ce moment, je pensais m’ennuyer, mais lors d’une audience au tribunal, on nous révèle un élément essentiel qui donne au roman un nouveau sens (et je comprenais enfin le choix de ce titre : Le jour d’avant). Le récit en devient alors encore plus captivant, touchant et on voit Michel et ses actes sous un œil nouveau.

Ma notation :

J’ai été totalement charmée par l’écriture de Sorj Chalandon. Une belle découverte que je vais partager autour de moi.

Roman lu dans le cadre de Matchs de la rentrée littéraire Priceminister