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L’impossible pardon, Martine Delomme

Quatrième de couverture:

Il y a huit ans, Fabien a disparu sans un mot, laissant derrière lui Marion, son grand amour. Quand le hasard la remet sur sa route à Montauban, il comprend vite que Lucas, son fils de 7 ans, est aussi le sien.

Mais Marion a tourné la page : devenue journaliste, elle est mariée à Romain, qui a adopté le petit garçon.

Alors que ces retrouvailles viennent troubler son bonheur tranquille, la jeune femme se retrouve face à un scandale lié à la communauté vinicole locale.

Une affaire plus dangereuse qu’il n’y paraît

L’avis d’Audrey :

Fabien est installé en Italie depuis plusieurs années où il a repris une exploitation de vin. Il a quitté précipitamment la France et Paris il y a 8 ans pour des raisons mystérieuses. Lors d’un déplacement professionnel en France, il est amené à s’arrêter à Montauban. Il a accepté la proposition d’un collaborateur, Romain, à aller dîner chez lui. En arrivant c’est le choc, il y retrouve Marion, la femme qu’il a aimé.

Pour elle la surprise est aussi grande, d’autant plus qu’elle le pensait mort. Il avait disparu du jour au lendemain laissant croire à un possible suicide. Marion avait alors quitté Paris pour la province où elle occupe un poste de journaliste. Elle s’était mariée avec Romain, viticulteur. Fabien l’ignorait, mais elle était enceinte lorsqu’il l’a quitté. Quand il fait la connaissance de Lucas, le fils de Marion, il sait instantanément que c’est son fils. 

Marion et Fabien feignent de ne pas se connaître et rapidement elle lui fait savoir qu’elle ne veut plus de lui dans sa vie. Elle le cache à tous, même au patron du journal qui est aussi son ami. En parallèle, le président de la coopérative viticole est retrouvé mort. Accident ou homicide ? Des questions se posent ! Marion enquête pour son journal. Elle se sent rapidement en danger puisqu’elle semble avoir mis le nez dans une affaire d’escroquerie.

Ce qui m’a plu dans ce roman c’est surtout ses personnages. Le coté très mystérieux de Fabien est intriguant dès les premières lignes. On ne sait pas pourquoi il a quitté la France, on imagine tout un tas de choses, pas forcément très positives. Pourtant il apparaît clairement comme un homme doux et bon. J’ai trouvé que l’auteure a vraiment su nous livrer des personnages réussis, avec des descriptions psychologiques complètes. Les personnages livrent vraiment tout leurs sentiments et toutes leurs interrogations. Le personnage de Marion pleine de résilience et de courage m’a plu, même si j’ai trouvé que son comportement manquait de crédibilité par moments.

L’auteure amène dans son histoire plusieurs thèmes : le travail de journaliste, le travail  viticole que je connais peu, les descriptions géographiques du terroir local. Il y un petit coté romance avec l’histoire d’amour de nos deux personnages, les sentiments qui se ravivent. Le coté filiation avec Lucas qui considère Romain comme son père puis Fabien qui souhaite garder un lien avec ce fils est très bien mis en avant. L’auteure ajoute ensuite un soupçon de mystère avec l’histoire familiale de Fabien qui se mêle à la grande Histoire. La façon dont des erreurs et secrets de famille peuvent avoir des répercussions sur les générations suivantes. Et enfin j’ai aimé ce petit côté thriller avec l’enquête sur l’escroquerie de vins et les morts supposés liés à cette affaire. Un mélange de genre plutôt réussi.

Le rythme du récit est fluide, ça se lit facilement. J’ai surtout été bluffée par le final. L’auteure dans le dernier tiers du roman met le lecteur sur une fausse piste. Je pensais avoir trouvé la vérité et le coupable, et paf, elle nous propose un twist final impossible à imaginer. En ce sens ce roman est réussi à mes yeux.

Ma notation :

Un roman enivrant que vous allez lire sans vouloir le reposer. L’auteure a su brillamment mêler enquête journalistique, passion d’un terroir viticole, romance et secret familial.

Les veuves de Malabar Hill, Sujata Massey

Quatrième de couverture :

Bombay, 1921.
Perveen Mistry travaille dans le cabinet d’avocats de son père, devenant la toute première femme avocate en Inde. Un statut qui ne manque pas de faire débat, alors que seuls les hommes sont autorisés à plaider au tribunal… Mais quand un meurtre est commis dans une riche maison musulmane pratiquant la purdah (séparation stricte des femmes et des hommes), elle est la seule à pouvoir mener l’enquête.
Faisal Mukri a été retrouvé poignardé à Malabar Hill, chez son ancien employeur, Omar Farid, un riche marchand, lui-même décédé quelques semaines auparavant. Les potentielles témoins du crime sont ses trois veuves, vivant recluses dans une partie de la maison interdite aux hommes. Perveen arrivera-t-elle à comprendre ce qui s’est réellement passé ?
Une enquête passionnante, qui nous plonge au coeur de la société indienne du début du XXe siècle et de la place qu y occupent les femmes.

L’avis de Laure :

C’est complètement à l’aveugle que je me suis plongée dans cette première lecture de l’aventure de Lectrice Charleston. Je ne connaissais pas l’auteure et ne savais rien de ce dont il allait être question. J’avais bien sûr le résumé au dos du livre mais j’aime bien ne pas les lire pour me laisser surprendre justement.

Et ce bouquin est, je trouve, un drôle de roman, à cheval entre roman historique féminin et roman policier. Pendant la majeure partie de la lecture, les chapitres alternent entre 2 périodes de la vie de Perveen. En 1916, 1917, on suit la jeune femme dans ses études et le début d’une histoire d’amour puis d’épouse. Et en 1921, on la retrouve avocate aux côtés de son père et assistant les 3 veuves de Malabar Hill. C’est une lecture que j’ai trouvé un peu étonnante par cette construction qui m’a donné l’impression de lire 2 histoires n’ayant que peu à voir au lieu d’une. Et pour autant, j’ai aimé les 2 facettes du roman. Je me suis d’abord attachée à Perveen, à la jeune femme et à ses rêves avant d’être intriguée par l’enquête à laquelle elle va être mêlée.

C’est un roman extrêmement dépaysant qui m’a menée dans l’Inde du début du siècle, dans ce pays dont je ne connais rien, un pays multiculturel assez complexe vu de nos yeux d’européens. C’est l’Inde des castes, l’Inde qui mélange des gens de confession musulmane et hindou mais aussi l’Inde d’un autre temps en lequel les femmes n’avaient que très peu de libertés. Tout ça on le voit à travers Perveen, première avocate à pouvoir exercer cette profession en Inde (et encore elle ne plaide pas !) et on le voit aussi via les 3 veuves d’un même homme qui vivent isolées du monde, ne rencontrant aucun autre homme que leurs fils et époux. Au début de la lecture, j’étais un peu perdue car il y a tout un vocabulaire très précis et complètement méconnu qui vient nous expliquer la société indienne. Et puis plus j’avançais dans ma lecture et moins ça m’a posé problème.

La destinée de Perveen m’a surprise, je ne m’attendais pas à ce coup du sort qu’elle va vivre. Comment ne pas être outrée par ce traitement réservé aux femmes, par les injustices dont elle va être victime ? J’ai appris ici quelque chose de si aberrant, révoltant sur la façon dont les femmes sont traitées.

L’enquête policière est plaisante, Perveen va y être mêlée de près car elle est l’avocate des 3 veuves dans la maison desquelles sera retrouvé mort l’homme chargé de veiller sur elles.  En tant que femme, elle est la seule à pouvoir échanger directement avec les veuves et va donc collaborer avec la police. Je n’avais pas du tout deviné ce qui se cachait derrière ce meurtre. Tout se tient, tout est logique une fois qu’on a connaissance des derniers détails.

Ma notation : 

Un roman étonnant par sa construction qui donne la sensation de lire 2 romans en 1 entre roman policier et roman féminin. Une plongée forte au cœur de l’Inde des années 20 et de sa culture si opposée à notre vécu d’européens.

Le journal de Claire Cassidy, Elly Griffiths

 

Quatrième de couverture:

Dans le collège anglais où elle enseigne, Claire Cassidy donne chaque année un cours sur
un classique de la littérature gothique,  » L’Inconnu « , de R.M. Holland. Cet écrivain a vécu et enseigné dans le même collège que Claire, qui, fascinée par ce personnage qui hante encore les murs de l’établissement, travaille à l’écriture de sa biographie. Mais un jour, Ella, sa collègue et amie est retrouvée morte. À côté de son corps, une citation de  » L’Inconnu « …

L’avis d’Audrey :

Claire Cassidy enseignante, mère célibataire d’une jeune ado de 15 ans et héroïne de ce roman apprend, avec fracas, la mort de sa collègue et amie Ella. Fait étrange, on retrouve près du corps de la victime des éléments faisant référence à un écrivain R.M Holland. Cet écrivain est le sujet d’étude de Claire et le manoir où il habitait abrite maintenant une partie du collège.

Bouleversée par ce meurtre, Claire est d’autant plus inquiète lorsqu’elle trouve dans son journal intime, un mot écrit par un main étrangère, et qu’un autre meurtre a lieu. Claire est-elle en danger? L’enquête sur ces meurtres est alors menée par un duo de flics dont Harbinder Kaur, une femme à la personnalité originale, qui connait très bien les lieux pour avoir étudié dans le collège.

Le récit alterne entre chapitres mettant à l’honneur Claire, sa fille, Harbinder ou même des extraits du roman de R.M Holland, « The stranger« , un roman à l’ambiance terrifiante. J’ai aimé cette alternance qui donne un bon rythme à l’intrigue et ce mélange entre réalité et fiction. On plane dans le mystère, entre fantômes et légendes, école hantée. On ressent vraiment l’angoisse de Claire qui craint pour sa fille et sa propre sécurité. Difficile de se positionner sur un suspect ou d’imaginer la suite que prendra le récit, l’auteure a su amener quelques rebondissements .

Je ne m’attendais vraiment pas à ce genre de roman, frôlant entre le fantastique et un univers gothique. C’est vraiment très bien amené, l’écriture est agréable à lire. C’est une intrigue d’un autre temps tout en étant très moderne et facile à lire. Le final est efficace et je n’avais pas rien présagé. Un thriller réussi à mes yeux !

Ma notation :

Un thriller à l’ambiance fantastique et mystérieuse. Il vous envoûtera.

Mortelle tentation, Christophe Ferré

 

Quatrième de couverture :

Quand l’homme que vous aimez est accusé du pire, la confiance et la passion vacillent… Connaît-on vraiment la personne qui partage notre vie ? Dans un coin sauvage des Pyrénées, le cadavre d’une jeune femme est retrouvé entièrement nu. Peter, le mari d’Alexia, randonne en solitaire à cet endroit mais il est injoignable depuis le jour du meurtre. D’abord inquiète qu’il ait croisé la route de l’assassin, Alexia découvre avec effroi qu’il connaissait la victime. Et s’il était en réalité le meurtrier ? Déchirée entre l’amour et le doute, Alexia doit faire éclater la vérité.

 Ma notation :

Un thriller addictif et réussi.

(Merci à Mylène des éditions Archipel pour cette lecture)

Et pour le pire, Amanda Prowse

Quatrième de couverture :

« Je vais rassembler tous les petits morceaux que tu as cassés, cachés dans les tiroirs, balayés sous le tapis, et je me reconstruirai. Je deviendrai ce que j’ai toujours voulu être. Je ne renoncerai pas aux rêves que tu t’es acharné à briser.  »

Kathryn Brooker, respectable épouse et mère de famille, vient d’assassiner son mari. Derrière la brutalité de ce meurtre, il y a le poids du silence. Pendant quinze ans, elle a subi des sévices physiques et psychologiques sans rien laisser paraître. Kathryn va payer cher cette dangereuse imposture  : personne ne comprend son crime, car personne ne pouvait se douter du calvaire que son mari lui faisait vivre derrière les portes closes. Entre les explications qu’elle doit à ses enfants et son désir de venir en aide à d’autres femmes en détresse, Kathryn sait que le chemin vers la reconstruction sera long. Mais au bout de ce chemin, pour la première fois depuis bien longtemps, elle aura peut-être le droit d’être qui elle veut.

Un roman poignant sur la violence conjugale et la reconstruction de soi.

L’avis de Laure :

Voici l’une des 3 lectures que j’ai eu le malheur d’enchaîner sur le thème des violences conjugales. Je ne le dis pas comme ça parce que je n’ai pas aimé mais parce que c’est un thème lourd et que lire 3 romans d’affilée où on retrouve ces situations est assez difficile.

Ici, l’horreur est immédiate, dès les premières pages, lorsque Kathryn va appeler la police pour les informer qu’elle vient de tuer son époux. Elle est très calme, son époux est réputé et apprécié en tant que proviseur d’une école qui réunit les élèves des meilleures familles de la ville (aka ceux qui ont les moyens d’en financer la scolarité). Pour les gens, c’est le choc et personne ne mesure alors qu’elle est bien loin d’être la criminelle de sang froid qu’ils ont l’impression d’avoir face à eux.

Et oui, en apparence, sa vie était si douce à n’avoir qu’à s’occuper de ses enfants, de son foyer, de son mari. Le dit mari si gentil, bien éduqué, bel homme qui charme toutes les femmes de la ville. Tant de femmes voudraient être à la place de Kathryn. Et c’est choquant mais la communauté va prendre la défense de l’horrible époux qui est en fait le pire des tyrans. Sa femme est son esclave, elle a un nombre fou de tâches complètement stupides à réaliser chaque jour, n’a droit à aucun moment de détente, est traitée verbalement comme une moins que rien et a une notation à chaque fin de journée qui entraîne chaque soir viol et violence physique.

Kathryn va endurer cela pendant 18 ans. Pour ses 2 enfants elle ne veut pas fuir. Jusqu’au jour où c’est trop et où elle se libère par le crime. Comment ne pas comprendre son geste ? Son enfer peut alors sembler terminé mais ce ne sera pas le cas. Il va y avoir la prison et la séparation d’avec ses 2 enfants. Ils lui en voudront, ne viendront pas la voir, ne garderont pas le lien avec elle. Double punition.

Passé la prison, Kathryn Brooker redevient la Kate Gavier qu’elle était avant son mariage et va tenter de se reconstruire. C’est un joli personnage qu’on suit alors, une femme qui renaît avec la possibilité de faire ce qu’elle veut de sa vie et qui va consacrer son temps aux autres, pour aider les jeunes filles et femmes au parcours difficile. Elle va également tenter le tout pour le tout en vue de renouer avec ses enfants.

Amanda Prowse ne nous épargne rien dans ce roman, on n’est pas dans une histoire de bisounours où le pardon sera donné facilement. On est dans l’horreur d’un couple parmi les plus sombres. On est dans la renaissance oh combien difficile, heureusement aidée par la présence de bien jolis personnages aux côtés de Kate. C’est un roman bien dramatique tout du long, un récit qu’évidemment je ne recommande pas à tous les lecteurs. Mais personnellement, j’aime aussi beaucoup lire des choses comme ça. Dures, cruelles, sombres, violentes mais réalistes.

Ma notation :

Le ton est donné avec le titre Et pour le pire ne vous donnera pas une belle image du mariage.