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Le bruit de l’absence, Caroline de Surany

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Quatrième de couverture :

L’inoubliable voyage initiatique d’une jeune femme en quête d’elle-même.
Si après sa fausse couche, Hortense a poussé la porte d’une chamane énergéticienne, c’est un peu par hasard et beaucoup par désespoir : rien dans son esprit cartésien ne la prédispose à accepter ce genre d’explication farfelue. Et pourtant, les paroles de la chamane ne l’étonne pas autant qu’elles le devraient. Un problème de lignée maternelle, dans la famille, c’est sûr qu’il y en a un. Alors malgré elle, Hortense se surprend à pratiquer avec de plus…

L’avis d’Audrey :

Ca y est, après 7 mois d’essai, Hortense est enceinte. Alors quand le premier examen montre que tout va bien, elle exulte et l’annonce à la terre entière. Plus concrètement, à ses amies, sa boss et ses parents. Et les réactions ne sont pas toujours ce qu’elle attendait. Mais peu importe, elle et Charles sont sur un nuage, ils vont être parents.

Mais tout s’écroule bien vite. Quelques gouttes de sang, puis d’autres, la visite aux urgences et un simple « C’est terminé ». La culpabilité, les questions, les angoisses, les peurs, la déception. Un tsunami d’émotions frappe Hortense, couplé à la douleur physique de l’évacuation. Les phrases assassines des proches, non réconfortantes et le fameux, c’est normal, une grossesse sur 4 termine en fausse couche. Mais quand on est la femme, la 1 sur 4, on ne veut pas entendre cela. Surtout quand on doit vivre cette épreuve à deux reprises.

Tout s’écroule je disais pour Hortense, tout est remis en question, et elle va essayer de trouver des réponses dans une quête de soi intime.  La rencontre avec une chamade énergéticienne va lui permettre de se recentrer sur elle. Poser des mots sur ses angoisses, trouver des réponses dans son passé, mieux gérer ses failles et ses douleurs pourrait lui permettre de mieux appréhender une future grossesse. En parallèle, Charles se perd dans ce couple où il ne trouve plus vraiment sa place.

Un roman qui m’a chamboulée et bouleversée. J’ai été cette femme, j’ai connu cette souffrance, j’ai été Hortense il y a plusieurs années. J’ai trouvé intéressant le chemin qu’elle prend pour combler les doutes qu’elle ressent. Néanmoins, cette approche « ésotérique » de l’accompagnement à la conception et à la maternité pourrait presque paraitre culpabilisante pour certaines femmes. Je dis presque, car la bienveillance et la générosité qui se détachent de l’écriture de Caroline Surany montrent bien que c’est loin d’être le but.

Ma notation:

Un roman sensible et intelligent, sur le désir de maternité et les épreuves que nous imposent notre corps et notre esprit.

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Un loup quelque part, Amélie Cordonnier

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Quatrième de couverture :

Paupières closes coupées au canif, lèvres parfaitement dessinées, l’air imperturbable. Royal même. Au début, elle a cru qu’il lui plaisait, ce petit. Seulement voilà, cinq mois plus tard, elle a changé d’avis. Ça arrive à tout le monde, non ? Elle voudrait le rapporter à la maternité. Qui n’a pas un jour rendu ou renvoyé la chemise, le pantalon, le pull, la ceinture ou les chaussures qu’il venait d’acheter ? »
Que fait cette tache, noire, dans le cou de son bébé ? On dirait qu’elle s’étend, pieds, mains, bras, visage. Mais pourquoi sa peau se met-elle à foncer ? Ce deuxième enfant ne ressemble pas du tout à celui qu’elle attendait. Aucun doute, il y a un loup quelque part.

L’avis d’Audrey :

Peut-on ne pas aimer son enfant ? C’est cette question que pose le roman, à travers le regard de la maman de cette histoire. Elle pourrait être une femme comblée, une maman épanouie avec sa petite fille et son nourrisson. Mais pourtant c’est une femme épuisée que l’on découvre, une mère qui frôle la dépression post-partum et tout se bouscule davantage en elle quand elle découvre une tache sur la peau d’Alban, son bébé. Elle consulte, craignant une maladie mais il n’en est rien. Ces taches se développent normalement chez un enfant métis.

Métis ?! Ce mot sonne comme une bombe. Comment peut-elle avoir un enfant noir ? Vient alors le temps des questions, des incompréhensions et des recherches. Interroger ses proches pourrait bien remettre en cause tout ce qu’elle savait d’elle et de son histoire.

Cette histoire est très perturbante, et l’écriture de l’auteure accentue cet aspect de malaise que j’ai ressenti tout au long de ma lecture. Une écriture franche, nette et qui claque. Le désespoir et la folie dans laquelle sombre cette mère est tragiquement retranscrite. J’avoue ne pas avoir eu beaucoup de sympathie pour elle, même si l’on peut comprendre l’état dans lequel elle se plonge. Imaginez qu’elle en vienne à comparer les couleurs sur la peau de son fils à l’aide d’un nuancier de peinture de chez Leroy Merlin. Vous la connaissiez vous la couleur marron blet ? Qu’on utilise pour un fruit trop mûr, un fruit pourri, comme son fils pense-t-elle.

Entre honte, dégout, culpabilité, détresse et angoisse, cette mère nous fait passer par toute une suite de sentiments et de situations hyper malaisantes à lire, pour glisser lentement vers un final qui apporte un peu de lumière et de réconfort à ce texte.

Ma notation:

La jaquette du livre nous promettait une claque, et je confirme que le lecteur ne peut pas sortir indemne de cette lecture.

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(Merci aux éditions J’ai lu pour cette lecture)

Hystériques, Sophie Adriansen

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Quatrième de couverture :

Il y a Noémie, qui désespère de tomber enceinte et se découvre malade de cet organe dont elle attend tout. Clémentine, qui renoue avec un souvenir dont seul son utérus a gardé la mémoire et qui va chambouler sa vie. Et Diane, qui se démène pour créer à tout prix le nid dont elle rêve pour ses enfants, après s’être débattue avec les suites d’un premier accouchement difficile. Elles sont sœurs, dans une famille où on ne parle pas d’utérus. Ni de sexe, de règles ou d’accouchement. Leur mère leur a transmis cette philosophie du silence. Face à un tel tabou, comment devenir femme, puis mère ?

Dans ce roman choral, Sophie Adriansen donne la parole aux femmes pour questionner la maternité, la transmission et l’héritage. Un récit sincère, puissant, dérangeant et formidablement libérateur.

L’avis de Laure :

Je découvre Sophie Adriansen avec ce roman choral dans lequel, à travers l’histoire de 3 sœurs, elle va évoquer tous les grands et petits sujets de la maternité. Une lecture tellement d’actualité qui ne peut que toucher les femmes que nous sommes, déjà mères ou mères en devenir.

Il m’a fallu un peu de temps pour situer chaque personnage, comme toujours lorsqu’on me plonge dans une tribu assez nombreuse. Il y a Diane l’aînée, mère de deux enfants, prête à déménager. Elle avance dans sa vie de mère malgré un premier accouchement violent et traumatique. Il y a Clémentine la cadette, mère d’une petite fille, elle s’apprête à accueillir son 2ème enfant. Tout va très bien jusqu’au jour où elle se rappelle des événements soigneusement enfouis au fond de sa mémoire. Quant à Noémie, la petite dernière de la fratrie, elle rêve de devenir mère à son tour mais apprend qu’elle est atteinte d’un cancer et doit se faire retirer l’utérus. D’abord anéantie, elle et son conjoint vont vite se lancer dans un parcours du combattant : devenir parents en bénéficiant d’une greffe d’utérus.

J’ai aimé ce roman parce qu’il est au cœur d’une actualité forte, parce qu’il traite des femmes, de leur droit à faire ce qu’elles veulent de leur corps, de la façon dont les suivis gynécologiques peuvent être violents, cruels et dénués d’humanité. On en parle de plus en plus, nous qui ne sommes que des femmes, nous que l’on n’entend pas (ne veut pas entendre ?) depuis des siècles parce que nos douleurs sont sous estimées, et la psychologie de tout ce qui tourne autour de la maternité encore plus. Sophie Adriansen parvient, en mettant en lumière 3 sœurs et des vies variées, à évoquer le panel complet des sujets de la maternité. Du désir d’enfant et de la difficulté pour certains couples à concevoir, au baby blues post accouchement, à la difficulté d’élever un enfant, en passant par la grossesse, les violences obstétricales (et cette épouvantable pratique du point du mari), l’accouchement sous X, le déni de grossesse, le cancer, le don d’utérus. Je ne m’attendais pas à un roman aussi complet !

C’est un roman que je recommanderai à toutes les femmes, mères, à toutes celles qui espèrent un enfant, à celles qui sont enceinte. C’est aussi en lisant ce genre de livres qu’on fait progresser la cause féministe, parce qu’on s’instruit sur ce que les femmes subissent et qu’on s’arme alors pour que les choses changent. Le seul profil qu’il aurait manqué dans le roman, c’est celui de la femme qui ne veut pas d’enfant et subit elle aussi le point des injonctions sociétales. Mais il y a déjà tellement de choses dans ce roman qu’il aurait été difficile d’en ajouter encore.

Ma notation :

Un roman à lire, à partager entre femmes, mères ou non.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

Ainsi gèlent les bulles de savon, Marie Vareille

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Quatrième de couverture :

« Certains choix nous définissent à tout jamais, celui-ci en fait partie. À partir d’aujourd’hui, je peux bien écrire la neuvième symphonie, sauver le monde d’une troisième guerre mondiale ou inventer le vaccin contre le sida, on ne retiendra de moi que cet acte innommable : j’ai abandonné mon bébé, toi, mon minuscule amour aux joues si douces.

Puisses-tu un jour me pardonner. »

Trois pays, de vibrants portraits de femmes aux destins entrecroisés. Quel est le lien qui les unit ? Quelle est leur véritable histoire ?

De sa plume lumineuse et addictive, Marie Vareille nous offre une merveilleuse histoire d’amour, d’espoir et de résilience.

L’avis de Laure :

Trois femmes, trois générations, trois histoires qui s’entremêlent, trois récits autour de la maternité, c’est ce que nous propose Marie Vareille dans ce nouveau roman.

Il y a Claire, jeune parisienne, en couple, elle est enceinte de son premier enfant. Une grossesse désirée, bien vécue, puis, le tsunami à l’arrivée de sa fille.  Il y a Océane, jeune étudiante américaine qui commence des études de médecine mais avoue également un gros penchant pour la littérature, que son père enseigne. Et puis il y a une autre femme, qui vient de fuir à l’autre bout du monde, abandonnant sa fille tellement elle était à bout.

Avec ce roman, dès le début de la lecture, on cherche les pistes, qui sont ces femmes, qu’est-ce qui les unit ? Se connaissent-elles ? Vont-elles être amenées à se rencontrer, s’aider ? Partagent-elles des douleurs particulières ? J’étais tellement dans l’hypothèse finalement que je ne me suis pas assez concentrée sur les émotions amenées par le récit. Mais peu à peu, bien sûr, on s’attache. Je voyais Claire perdre pied, empathique parce que je suis mère, parce que je sais combien les débuts de la maternité sont loin d’être aussi idylliques qu’on ne voudrait les dépeindre. Je voyais Océane chanceler, perdue entre les visions des uns et des autres parmi son entourage sur la façon dont elle devrait construire son avenir, j’avais envie de lui dire de n’écouter personne d’autre qu’elle. Et puis, cette troisième femme qui est celle sur laquelle je me suis posé le plus de questions. Elle reprend pied, en solitaire, on sait très peu de choses d’elle.

J’ai beaucoup aimé le final du roman, quand les liens se font jour, qu’on comprend ce que chacune a vécu et surtout les échanges qu’elles vont avoir entre elles qui vont leur permettre de tirer un trait sur le passé, sur les événements durs qu’elles ont eu chacune à traverser. Ce roman m’aurait encore plus touchée il y a quelques années, lorsque j’étais moi aussi dans mes premières années de maternité. J’ai aimé le fait que Marie Vareille mette en avant ainsi que la maternité n’est pas que bonheur, magie et émerveillement à chaque instant. Rien n’est jamais totalement et 100% beau dans la vie alors il faut le dire aussi, ça permettra à bien des femmes d’être mieux préparée à ce rôle si chamboulant.

Ma notation :

Un joli roman dont on appréciera le point de vue plus réaliste de la maternité ainsi que la sororité mise en avant.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

Et que ne durent que les moments doux, Virginie Grimaldi

Quatrième de couverture :

L’une vient de donner naissance à une petite fille arrivée trop tôt. Elle est minuscule, pourtant elle prend déjà tellement de place.
L’autre vient de voir ses grands enfants quitter le nid. Son fils laisse un vide immense, mais aussi son chien farfelu.
L’une doit apprendre à être mère à temps plein, l’autre doit apprendre à être mère à la retraite.

C’est l’histoire universelle de ces moments qui font basculer la vie, de ces vagues d’émotions qui balaient tout sur leur passage, et de ces rencontres indélébiles qui changent un destin.

Avec une infinie justesse et beaucoup d’humour, Virginie Grimaldi déroule le fil de leur existence et nous invite à partager leurs joies et leurs angoisses, mais aussi les souvenirs, les rêves et les espoirs.

L’avis de Laure :

Ce livre… il est prévu dans ma whish list depuis des mois, depuis que Virginie Grimaldi nous annonçait cette sortie, ce livre qu’elle n’avait pourtant pas prévu d’écrire. Je l’ai acheté le lendemain de sa sortie, les avis unanimes, élogieux, évoquaient tous un tsunami d’émotion qu’il me tardait de découvrir à mon tour.

J’étais convaincue que j’allais être transportée et émue à mon tour. Mais non. Je vais être totalement à contre courant dans mes mots sur ce titre. Et parce que mon avis n’est pas celui de la majorité, je veux être concise. C’est un roman qui marche très bien et j’en suis vraiment heureuse pour l’auteure, pour la personne si généreuse et drôle que je lis chaque jour sur les réseaux sociaux. Si ce roman vous tente, j’ai envie de vous dire de le lire, de vous faire votre avis.

Pourquoi ça n’a pas marché avec moi ? C’est une question à laquelle il est très difficile de répondre quand on a lu un livre qui ne nous a pas touchée. Pourquoi ? Je n’en sais strictement rien ! L’histoire d’Elise et Lili est une histoire de mères, une histoire d’amour filial, une histoire de moments pas toujours faciles à traverser. Toutes deux traversent une page de leur vie qui va amener du renouveau, les événements du moment nécessitent qu’elles donnent un nouveau tournant à leur vie. Il leur faut se préparer à écrire une nouvelle page. Et on va les suivre dans cette transition.

J’ai attendu l’émotion, le moment-clé qui allait faire chavirer mon cœur, j’étais convaincue qu’il serait là. Mais il n’est jamais venu et j’ai le regret de dire que j’ai refermé ce livre sans avoir ressenti ce que tous les lecteurs évoquent. Et comme c’est un roman dont la clé est l’émotion, si l’émotion ne prend pas, la lecture est mitigée. Ça n’enlève rien à l’affection que j’ai pour l’auteure et au fait que j’aurai certainement envie de lire son prochain roman. Parfois, certaines lectures ne fonctionnent pas et c’est comme ça.

Ma notation :

Une lecture très mitigée, qui n’a pas suscité les émotions attendues chez moi