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Les lendemains, Mélissa Da Costa

Quatrième de couverture:

Ce que la vie prend, elle le redonne aussi.
Amande ne pensait pas que l’on pouvait avoir si mal. En se réfugiant dans une maison isolée en Auvergne pour vivre pleinement son chagrin, elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l’ancienne propriétaire des lieux. Guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, Amande s’attelle à redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force de renaître et de s’ouvrir à des rencontres uniques. Et chaque lendemain redevient une promesse d’avenir.

L’avis d’Audrey :

Une petite maison en Auvergne, loin de Lyon. C’est là qu’Amande a choisi de s’installer, ou plutôt de s’isoler, de fuir. Cette jeune femme se préparait à vivre sûrement le plus été de sa vie. Il sera mémorable effectivement, mais pour des raisons bien différentes que celles attendues. Le soir du 21 juin, la musique a laissé place au choc, aux pleurs et au sang.

S’éloigner des autres, de son appartement, de cette réalité pour mieux vivre son malheur et s’y noyer peut-être. Amande s’enferme dans cette maison, et ça lui va bien. Ne plus laisser passer le soleil, astre de malheur. Ne plus laisser passer la lumière, la chaleur. Attendre que l’été disparaisse, cet été meurtrier.

Arrive l’automne, l’été s’éloigne mais n’efface pas pour autant le pire, les souvenirs, la peine. Puis elle devient attentive aux lieux, et surtout aux jardins. Un intérêt suscité par la lecture des calendriers de l’ancienne propriétaire des lieux. Madame Hugues y notait , entre autres, ses pensées, conseils de jardinage ou recettes de cuisine. Amande décide alors de redonner au jardin et au potager une allure agréable. S’abrutir à la tache, ne plus réfléchir, ne plus penser. Oublier le malheur pour un instant. Passer les jours, les semaines, les mois.

Doucement, Amande apprend à vivre avec cette douleur, à supporter, et au fil des jours, on la voit reprendre goût à la vie, et aux autres. Malgré ce besoin de solitude, elle sait aussi s’entourer et se soucier des autres. Elle apprend à laisser entrer… Chaque herbe, fleur, de son jardin la ramène à la vie. Cette nature si sereine, l’apaise et la fait grandir. On assiste à une éclosion bien particulière, la transformation d’une femme meurtrie et fragile en une femme plus apaisée.

Ce roman est bouleversant. Je l’ai lu quasi d’une traite, un nœud au ventre. Les premiers chapitres mettent à terre, j’étais tétanisée par ce que vit Amande et je me demande encore comment on peut supporter un tel drame. Dès les premières lignes on ne peut qu’aimer cette femme, et souhaiter l’accompagner dans son chemin. A ses cotés, on déambulera au cœur de thème traités avec beaucoup de force : la résilience et la reconstruction, le rapport à la famille, l’amour, la maternité…

J’avais tellement aimé son premier roman, que j’avais une petite appréhension, allais-je être transportée dans cette nouvelle histoire, allais-je retrouver des personnages aussi forts et inoubliables qu’Emile et Johanna que l’on rencontre dans Tout le bleu du ciel. Et je peux dire que oui. Mélissa Da Costa a su une fois encore me saisir, susciter une palette d’émotions et m’éblouir de son écriture si douce, si tendre. Je découvre grâce à elle que dans mon jardin se dresse un magnifique Amelanchier. Cet arbuste commence sa floraison au moment où je découvre Amande et son histoire. Nul doute qu’en le regardant dorénavant j’aurai à chaque fois une pensée pour Amande, Manon et Ben. Et que ses fleurs étoilées me feront penser à mes étoiles.

Ma notation :

Éblouissant et bouleversant. Quand la nature apaise et répare l’âme.

 

Tout le bleu du ciel, Melissa Da Costa

Quatrième de couverture :

Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.

L’avis de Lunatic :

Émile, pas encore trentenaire, est atteint d’une maladie rare dont le symptôme majeur est un Alzheimer précoce. Il refuse l’essai clinique qui lui est imposé et décide de prendre la fuite, refusant d’être un poids pour ses proches. Il part , sans prévenir ses parents, sa sœur Marjorie, ayant juste mis vaguement dans la confidence son ami Renaud. Le voila parti en camping-car récupérant au passage, Joanne, une jeune femme ayant répondu à sa petite annonce, dans laquelle il disait rechercher une compagne pour son ultime voyage. Joanne est une femme mystérieuse, renfermée, quasi mutique. On comprend vite qu’un mal-être la ronge, et qu’à l’instar d’Émile, elle fuit également une situation, une personne ou un passé difficile.

Doucement, lentement, ces deux êtres perdus, en souffrance, vont apprendre à se connaître, vont s’apprivoiser. Après un petit temps de méfiance, tout devient léger entre eux, comme une évidence. Ils vont chacun devenir indispensables à l’autre. Au fil des routes, des villages, des montagnes et autres chemins de randonnée, les souvenirs d’Émile lui revienne en flashback. On découvre alors sa vie d’avant, l’échec de sa relation avec Laura, son amitié avec Renaud, ses moments de famille. Avec plus de difficulté, et bien plus tard dans le récit, Joanne se dévoile à son tour. Et j’ai été très ébranlée par ce petit bout de femme, que la vie n’a pas épargnée. Elle est dotée d’une telle force, d’une telle résilience !

Même si l’on espère une issue favorable pour Emile, tristement les symptômes prennent de l’ampleur. Les oublis sont fréquents, les absences. Et l’on ne peut qu’être admirative de Joanne, qui veille sur lui, le protège et lui a fait la promesse d’être là jusqu’au bout, la promesse de ne surtout pas le ramener auprès des siens. Comme un pied de nez à la mort qui rode, notre duo profite de la vie, de la nature, des autres, sont joyeux et heureux malgré une mélancolie ambiante. J’ai été totalement saisie par le final du roman. L’auteure m’a embarqué, j’ai lu les 35 dernières pages, en larmes, dévastée par un dénouement à la fois triste et pourtant synonyme de tellement d’espoir.

Lire ce roman, c’est aller à la rencontre de plusieurs personnages sincères et humains. Lire ce roman, c’est surtout aller à la rencontre d’Emile et de Joanne, deux personnages que vous ne serez pas prêt d’oublier. Lire ce roman, c’est se faire une petite place dans leur camping-car le temps d’un voyage inoubliable et marquant. C’est regarder les étoiles avec eux, frissonner, rire, pleurer, avoir peur, souffrir, désirer. Lire ce roman, c’est se prendre une bouffée d’espoir, d’amour. Une véritable ode à la vie, à la vie qui continue malgré tout, à la vie qui grandit.

L’écriture de Mélissa Da Costa est pleine de sensibilité, de maturité. Un récit tout en langueur. Mais pas de celle qui assomme ou qui ennuie. Non! Une langueur nécessaire pour s’imprégner de l’histoire, pour mieux comprendre nos deux héros. On a besoin comme eux, de prendre son temps durant la lecture, de savourer chaque passage, chaque chapitre. Être avec eux dans cette nature ressourçante.

Ma notation :

J’ai eu l’impression de retrouver la même sensation de lecture déjà éprouvée il y a 15 ans, avec le roman Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda. Et comme le roman d’Anna Gavalda, ce premier roman de Mélissa Da Costa restera en moi pour longtemps. Je ne peux que vous conseiller de le lire!

Je finis cet avis en allant écouter ce titre de Nina Simone, histoire de me replonger pour quelques minutes dans l’ambiance du roman. Merci Mélissa Da Costa pour ce joli roman et pour tout ce que vous avez bousculé en moi.

 

(Merci à Laure de l’agence Gilles Paris de m’avoir permis de découvrir ce roman en avant-première)