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Les cinq parfums de notre histoire, Laure Margerand

Quatrième de couverture:

Il y a cinq ans, Charlotte est devenue anosmique après avoir perdu Nathan, son bébé de huit mois. Le couple qu’elle formait avec Julien n’a pas résisté, et elle n’a plus le goût de rien. Sa souffrance, seule sa meilleure amie, Axelle, la comprend. Quand Pierre-Emmanuel Franc, célèbre écrivain, la contacte, elle refuse tout échange avec ce type imbu de lui-même et ivre de sa propre notoriété.
Coach littéraire réputée, Charlotte est pourtant la seule capable d’aider PEF dans son nouveau projet : un roman pour reconquérir la femme de sa vie, une oeuvre insolite qui sera accompagnée de marque-pages parfumés, aux fragrances élaborées par Gabriella, un talentueux nez grassois.
Embarquée contre son gré dans cette aventure olfactive, Charlotte parviendra-t-elle à se réconcilier avec son passé ?

L’avis d’Audrey :

3 personnages réunis autour d’un projet un peu fou et voilà la trame d’un roman bien original qui prend forme. Charlotte est anosmique. Depuis la mort brutale de son bébé il y a plusieurs années, elle a perdu l’odorat. Plus rien : ni d’odeur, ni de saveur. Un mal qui bouleverse sa vie, qui l’obsède presque autant que la perte de son fils et que la rupture avec Julien son compagnon.

Les odeurs ou plutôt le manque d’odeur prend toute la place dans sa vie. Alors imaginez l’ironie de la situation quand PEF (ou Pierre Emmanuel Franc), un auteur à succès lui demande de l’accompagner dans son nouveau projet de roman, avec pour but de reconquérir Agathe, la mère de son fils. Il veut réécrire l’histoire de leur relation et accompagner le livre d’un marque-pages odorant.  Charlotte rejette d’abord le projet en bloc, puis se laisse convaincre. Travailler avec PEF est peut-être le moyen pour elle de remettre le pied à l’étrier au niveau professionnel après des mois d’errance. PEF prend appui aussi sur Gabriella, une artiste des odeurs, une des meilleures « nez » de Grasse, la ville des parfums.

J’ai de suite été charmée par ces personnages et ces histoires. Comment ne pas être émue par la détresse de Charlotte? On ne peut qu’espérer qu’elle trouve enfin un peu d’apaisement après des mois terribles, de colère, de tristesse, de rage et de pleurs. On la sent à la fois perdue mais aussi si combative, car il en faut du courage pour se relever d’une telle épreuve qu’est la perte d’un enfant. L’arrivée de PEF dans son quotidien va lui donner l’étincelle nécessaire pour se relever. Même si elle se lance à reculons dans ce projet et qu’à aucun moment elle n’exprime vraiment son engouement, on la sent curieuse et intéressée. J’ai un peu moins aimé le personnage de Gabriella de prime abord, même si son rôle, qu’on présage facilement, me l’a rendue plus sympathique. PEF semble être une belle caricature de l’écrivain à succès, qui plait et qui le sait un peu trop. Tout s’écroule pour lui quand l’être aimé le quitte. Mais écrire un roman pour crier son amour et ses regrets est-il suffisant ?

J’ai aimé les divers thèmes qui jalonnent le récit et la diversité de sentiments et d’émotions qui s’en dégagent. C’est empreint de nostalgie et de mélancolie, sans jamais tomber dans le dépressif ou le trop larmoyant. On assiste à la façon dont ses 3 êtres vont s’aider malgré eux, à leur renaissance en quelque sorte.

L’originalité de cette publication est de proposer aux lecteurs le fameux marque page olfactif, afin de sentir à des moments précis du roman ce que sentent nos personnages. Malheureusement, ce marque page était absent de mon exemplaire. Je n’ai donc pas pu vivre cette expérience et m’imprégner des fragrances et effluves si bien décrites par Gabriella.

Ma notation :

Un roman enivrant, aux douces saveurs. J’ai vraiment apprécié la plume de cette auteure.

Le jardin des étoiles mortes, Laure Margerand

Quatrième de couverture :

Vingt-huit mots pour une rupture : voilà tout ce qu’aura laissé Raphaëlle à Bertrand. Abattu, dévitalisé, il n’a plus qu’une idée en tête : l’effacer de sa mémoire… Mais comment faire lorsque chaque clic sur Internet lui rappelle douloureusement celle qu’il a perdue ? La solution s’appellerait-elle Obseq-Net, un site de gestion du devenir digital des défunts ? À la tête de sa start-up, Bertrand va alors faire une rencontre qui chamboulera radicalement son existence : elle s’appelle Inès, et elle vient de rejoindre le cimetière virtuel du « Jardin des étoiles mortes»…

L’avis de MadameOurse :

Ce titre m’a tenté dès sa sortie grâce à sa couverture superbe et j’étais intéressée également par le sujet traité à savoir la fin de la vie digitale. C’est vrai qu’on laisse tellement de traces derrière nous, certaines dont on ne se souvient même pas d’ailleurs et les propos et échanges qu’on peut avoir sur le net peuvent être si facilement détournés, réutilisés par des personnes malintentionnées que je trouve ça intéressant de penser à l’effacement.

Bertrand va avoir l’idée de créer Obseq-Net, une société qui prendra en charge l’effacement de la vie digitale, après une rupture malheureuse. Bertrand est un personnage auquel je ne me suis pas vraiment attachée, il est très obsessionnel, je n’ai pas eu beaucoup d’affection pour lui. Mais j’ai aimé le thème abordé par sa société et le traitement qui en est fait par l’auteure. S’agissant d’un roman assez court globalement, j’aurais bien aimé en savoir plus sur le sujet mais ce ne fut pas le cas car Laure Margerand a autre chose à raconter ici.

C’est la vie d’Inès qui va finalement être le cœur du roman. Inès sera l’une des clientes de Bertrand, une jeune femme décédée dont il faudra effacer la vie numérique. Mais alors qu’il découvre son histoire, Bertrand a un coup de cœur pour la jeune femme qui le poussera à vouloir tout savoir de qui elle était. En toute illégalité, il va donc fouiner dans les pièces numériques de sa vie passée, ses profils sur les réseaux sociaux, ses achats, ses photos, etc.

On va en particulier suivre Inès directement lors de sa rencontre avec Luc-Edgard. Une histoire qui deviendra vite passionnée entre les deux jeunes gens et pourtant, personnellement, le premier échange entre eux deux m’a fait froid dans le dos. J’ai tiqué dès la première phrase qu’il va lui adresser, dès les premières pages, j’étais méfiante. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Inès, jeune femme qui vit tous les succès, elle est belle, talentueuse, intelligente, il n’est pas difficile de se projeter dans sa vie. Néanmoins, si son avenir s’annonçait rose et ensoleillé, les choses vont évoluer et elle va se rendre compte au cours des années, qu’elle se retrouve engluée dans une situation impossible.

Bertrand, par pure jalousie, va détester celui qu’il renommera Cul-Ed et on avance aussi un peu « à charge » dans la lecture, via la haine farouche de Bertrand. Luc-Edgard est trop beau, trop lisse, trop parfait, ce n’est pas normal qu’il ait volé le cœur d’Inès. C’est un peu déroutant de lire ça car je me disais par rapport à Bertrand « mais enfin à quoi ça va le mener tout ça, quel intérêt d’aller fouiner ainsi dans la vie d’une morte? »…

Je n’ai pas été surprise par le chemin que prend l’histoire, mes sens m’avaient alertée je crois et je suis assez fière d’avoir su décrypter cela, de ne pas avoir fait confiance à des personnages qui ne le méritaient pas. Partant de cette thématique de la fin de la vie digitale, Laure Margerand nous mène à un tout autre sujet. Que j’ai aimé lire également car c’est un sujet sur lequel il faut être informé pour savoir s’en méfier. Et elle nous montre, via Inès, qu’il est assez difficile de se défaire de ces liens toxiques.Evidemment, je laisse planer le mystère ici et ne vous en dit pas plus pour ne pas gâcher votre lecture.

Ma notation :

Une bonne surprise.