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Le craquant de la nougatine, Laure Manel

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Quatrième de couverture :

 » Voilà, je me présente : Romain Piveteau, 42 ans, Niçois d’origine qui-a-gardé-des-O-un-peu-ouverts, restaurateur sympa, père solo qui-fait-ce-qu’il-peut, ex drôle. Ça tient en peu de mots. Il n’y a pas de quoi charmer une comédienne aux allures de déesse romaine.
Quand j’y pense… Alba, déesse romaine… ça aurait pu être un signe pour un Romain comme moi… Il paraît que les couples se fondent toujours sur une espèce de légende originelle… « 

Le cœur a ses raisons qu’on aimerait parfois ignorer

Dans un bus, Romain rencontre Alba. Transporté par le charme éclatant de cette inconnue, il ne résiste pas à l’irrépressible envie de la revoir. Mais osera-t-il faire le premier pas ? Et surtout : a-t-il seulement droit à cette histoire ?

L’avis de Laure :

Un nouveau roman de Laure Manel, c’est toujours une tentation pour moi et cette année, la tentation est gourmande et portée par une couverture sublime. Et comme cette couverture incarne bien le visage d’Alba, l’héroïne du roman !

S’il y a bien une héroïne, c’est de Romain dont nous allons d’abord faire la connaissance. Romain et son coup de foudre pour Alba. Romain qui n’osera pas la draguer, ne voulant pas passer pour un gros lourd. Romain qui va réfléchir, rechercher sa belle inconnue puis oser enfin. Et ainsi, dès les premiers chapitres, courts, tout s’enchaine pour notre plus grand plaisir, une belle rencontre, deux personnages qui ont envie d’y croire même si rien n’est jamais facile. Puis les débuts d’une histoire tout en beauté.

On en apprend plus sur eux deux : Romain, restaurateur et père de 2 enfants. Alba, comédienne de théâtre et comédienne voix, un métier mis à l’honneur dans le roman et qui m’a beaucoup plu. Tous deux sont totalement sincères dans l’histoire dans laquelle ils se lancent et pourtant, Alba va peu à peu ressentir que quelque chose cloche. Romain l’aime, elle n’en doute pas un instant, mais… il y a un mais. Un mais que pour ma part j’ai très vite deviné. Je ne me suis pas trompée sur ce que nous a réservé la suite du roman. C’est par cet élément que Laure Manel apporte à son roman un caractère qui va plus loin que la romance du début. Je ne vais pas vous en dire plus, ce serait dommage de spoiler. Mais j’ai aimé cette thématique, j’ai aimé cet élément perturbateur dans l’histoire et toutes les interrogations qu’il amène. C’est un beau sujet et j’ai vraiment pris plaisir à suivre la deuxième partie de l’histoire, avec l’espoir que cette si belle histoire, allait pouvoir rebondir.

Pour en savoir plus sur ce mystère, il vous faudra bien évidemment lire à votre tour Le craquant de la nougatine. Sachez que les personnages, principaux comme secondaires, sont toujours aussi attachants, que les lieux et thèmes mis en avant dans le roman en font une belle lecture contemporaine. Et s’il manquait quelque chose pour vous convaincre : vous avez là 350 pages que vous ne verrez pas défiler. Il ne m’a fallu qu’un jour et demi pour déjà tourner la dernière page. Alors tentés ?

Ma notation :

Une très belle lecture.

(Merci à Marion des éditions Michel Lafon pour cette lecture)

Le sourire des fées, Laure Manel

Quatrième de couverture :

 » Rose l’a dit à Lou : il faut croire encore au bonheur. Elle a toujours eu le don pour apporter de la joie à partir de presque rien. Un joli paysage, une belle lumière, le parfum d’une pivoine, le goût du chocolat noir attrapé avec la langue sur le fouet à pâtisserie, un bon repas, un fou rire qui tire les larmes, respirer à pleins poumons, danser, jouer… Ce sont ces petites doses de bonheur à pratiquer au quotidien. C’est à cela qu’il faut s’accrocher. « 

Jamais il n’y a eu plus d’urgence à aimer.

L’avis de Laure :

J’avais beaucoup aimé il y a 2 ans La mélancolie du kangourou. Le sourire des fées étant une promesse à retrouver les personnages du roman j’étais bien évidemment impatiente de m’y plonger.

J’appréhende toujours les suites du fait de mon cerveau passoire qui retient difficilement les détails des lectures passées. Mais j’avais souvenir des émotions de ce roman et j’ai eu plaisir à redécouvrir Rose, Antoine et Lou dans leur jeune vie de famille apaisée. L’auteure prend le temps de restituer le début de l’histoire d’amour d’Antoine et Rose ce qui m’a vite permis de rattacher les wagons.

On retrouve la petite famille en Haute Savoie où elle s’est installée dans le chalet de la grand mère d’Antoine. Ils y coulent des jours plaisirs, tout va si bien pour eux dans la vie. Dans toute la première partie du roman, on passe les années à leurs côtés jusqu’à l’adolescence de Lou. Une dizaine d’années contée de façon assez linéaire, la vie rêvée sans contrainte, aux côtés des gens qu’ils aiment, à faire ce qu’ils aiment. J’avançais dans ma lecture un peu sceptique car c’était trop linéaire pour moi. Agréable à lire mais il me manquait le petit plus et je ne voyais pas où l’auteure allait en venir.

Et puis dans la seconde moitié, un événement intervient dans la vie de nos personnages. Ça débute comme un petit changement anodin, quelque chose auquel on pourrait ne pas faire attention si c’était un événement isolé. Mais ce n’était que le début d’une longue et dure succession d’événements qui amènent Laure Manel à traiter un sujet fort, un sujet qui n’est pas facile à évoquer et une thématique qu’il faut pouvoir évoquer avec partialité pour ne pas heurter le lecteur. Ce changement notable dans le récit est venu réhausser mon intérêt pour l’histoire et j’ai été convaincue par le traitement que Laure apporte à son sujet. Je me suis forcément prise d’empathie pour nos personnages, n’ayant aucune envie d’avoir à vivre ce que la vie leur réserve. Et ce n’est pas sans retenir mes larmes que j’ai parcouru les tous derniers chapitres.

Ma notation :

Une belle surprise passé la première moitié du roman, trop linéaire pour m’avoir complètement charmée. Je vous invite à découvrir ce livre si le sujet que l’auteure a traité vous intrigue. J’assume cette chronique mystère parce qu’il serait vraiment dommage de vous révéler de quoi il est question.

L’embarras du choix, Laure Manel

Quatrième de couverture :

Vous êtes-vous déjà retrouvé confronté à des choix qui peuvent déterminer votre vie ? Une demande en mariage, par exemple. Prenons Emma. La pétillante Emma est devant l’autel, sur le point de dire  » oui  » à Julien. À cet instant fatidique où toute l’assemblée est suspendue à ses lèvres dans l’attente du précieux sésame, pour le meilleur et pour le pire. Mais il suffit d’un microscopique contretemps pour que l’hésitation s’engouffre dans l’esprit de la future mariée et la projette soudain dans une vie parallèle, entre oui et non. Ce film intérieur dont elle est l’héroïne lui apportera-t-il la réponse à la question que le prêtre vient de poser ?

TROIS LETTRES SUFFISENT À FAIRE BASCULER UNE VIE

L’avis de Laure :

L’embarras du choix est une réédition d’un roman que Laure Manel avait déjà sorti en auto édition et que Michel Lafon reprend ici avec cette très belle couverture. Comme dans L’ivresse des libellules, le couple est au cœur du roman. Si j’avais moins aimé le titre sorti en avril, cette fois, je n’ai pas boudé mon plaisir.

J’ai d’abord été charmée par l’originalité de l’histoire et sa construction. En prologue, nous assistons au mariage d’Emma et Julien. Emma est prise de doute, est-ce bien l’homme de toute sa vie ? Dire oui ? Dire non ? Et puis on va retrouver Emma à divers stades de cette vie maritale, de plus en plus âgée. Trois hypothèses de ce qui va pouvoir se produire dans la vie d’Emma avec un dénominateur commun : la tentation. Et parsemés entre les chapitres, ce sont tous les témoins du mariage qui, en attendant le oui, pensent à un choix auquel eux mêmes ont eu à faire face. J’ai beaucoup aimé ces chapitres parsemés tout au long de la lecture qui amènent du peps et en même temps passent bien le message de la difficulté que cela peut être parfois de faire un choix. Il y en a un aussi qui m’a aussi beaucoup amusée sur le terrible choix entre slip et caleçon !

Je ne vais pas rentrer dans les détails des 3 hypothèses de vie évoquées pour vous en laisser la surprise. Elles m’ont toutes plu, il y a vraiment un équilibre dans le roman. Laure Manel montre à quel point elle a une bonne connaissance des relations de couple car elle dépeint un couple qui au fil du temps tombe dans la routine et les risques que cela amène. Est-ce qu’on cède au risque et pourquoi ? Qu’est ce qui fait que parfois, on peut regarder un autre homme alors qu’on est mariée ? Comment on résiste à la tentation quand un homme nous drague en nous sachant mariée ? C’est toutes ces questions qui sont abordées ici via 3 moments de la vie d’Emma qui tous 3 mettent en péril le mariage.

N’allez pas croire que le roman n’est qu’une histoire de tentation et d’infidélité, c’est bien plus profond que ça. C’est vraiment une histoire du couple et du temps qui passe, des choses toutes naturelles qui sont, je crois, le quotidien de la majeure partie des couples. C’est un challenge de faire face à la routine, de se renouveler et de garder la passion. Je me suis beaucoup attachée à Emma qui est émouvante dans sa relation de couple devenue bancale et je l’ai comprise tout du long dans les différents choix qu’elle peut faire.

Le roman s’achève sur la cérémonie de mariage d’Emma et Julien. Lui dira-t-elle oui en sachant ce que peuvent être les longues années de mariage qui les attendent ?

Ma notation :

J’ai adoré. Un beau moment de lecture tout en finesse et sensibilité.

(Merci à Camille des éditions Michel Lafon pour cette lecture)

L’ivresses des libellules, Laure Manel

Quatrième de couverture :

Quatre couples d’amis dans la quarantaine décident de s’octroyer des vacances sans enfants dans une villa de rêve.
Mais l’ambiance qui se voulait insouciante et idyllique ne tarde pas à se charger d’électricité. La faute aux caractères (et petites névroses) de chacun, aux modes de vie différents, à l’usure et la routine qui guettent les amoureux quand s’invite le quotidien, et à des parents qui ont oublié ce qu’était leur vie lorsqu’ils ne l’étaient pas encore…
Quand débarque une jeune et jolie célibataire, le groupe est plus que jamais au bord de l’implosion.

L’avis de MadameOurse :

Troisième roman de Laure Manel (hors parutions auto éditées), L’ivresse des libellules est aussi le troisième que je lis. Chacun de ses romans aborde un sujet, des thématiques différentes et je ne savais pas trop à quoi m’attendre ici.

C’est l’histoire de 4 couples, amis depuis plusieurs années, qui ont l’habitude de partir en vacances ensemble. Et cette année, ils partent sans leurs enfants. Tous ne sont pas ravis de ce choix et certains ont du mal à laisser leurs enfants derrière eux mais quoi qu’il en soit, cette nouvelle structure va amener du neuf dans leurs vacances. Il faut un temps pour se plonger dans la lecture parce qu’on va avoir 8 personnages de présentés en même temps et, il faut bien retenir qui est en couple avec qui ! Personnellement je suis un peu lente à mémoriser les choses.

Pour ces vacances, les 8 amis ont loué une splendide maison, je me suis bien immergée dans les descriptions des lieux que Laure Manel nous offre et j’avoue que ça m’a donné envie de partir avec la troupe ! (mais j’ai pas vraiment le budget !). Des 8 personnages, on va s’attacher à certains et s’énerver un peu après d’autres, je crois qu’on a là toutes les personnalités qui font que la vie en groupe est faite de concessions ! Il va inévitablement y avoir des tensions entre ceux qui ne sont pas d’accord avec le programme proposé / imposé et une guerre des sexes lorsque les femmes vont se rebeller face aux hommes en mode pachas ! Et puis, il y a les histoires de couples… Tous dans la quarantaine, les amis ne vivent pas forcément sur la même longueur d’ondes. Il y a les « vieux couples » ensemble depuis plus de 20 ans et usés par le quotidien et les jeunes couples, récemment séparés et qui ont retrouvé l’amour. Et puis va arriver Valentine, célibataire… Bien malgré elle, sa présence va attiser les tensions.

Le roman nous amène alors des sujets très profonds, bien plus que je m’y attendais pour un cadre estival. Crise de la quarantaine ? Crise du couple ? Je vous avoue que ces thématiques m’ont perturbée. Et toutes ces tensions infusées au milieu d’un groupe, aie aie aie ! Tout ce qui est dit ici est très réaliste j’en suis sûre, c’est révélateur de ce qui se passe dans la vraie vie. Toutefois, c’est pas très réjouissant comme sujet, ça m’a un peu renvoyée à des questionnements personnels.

J’ai néanmoins aimé le cadre des vacances, l’Ardèche et les loisirs qui s’offrent aux personnages et les beaux liens amicaux qu’il peut y avoir dans le groupe, les confidences des uns et des autres, les échanges où chacun vanne l’autre, bref le propre de la bande d’amis !

Ma notation :

Ce roman m’a moins émue que les précédents de l’auteure mais je trouve que Laure Manel excelle à se renouveler et c’est vraiment appréciable, d’un roman à l’autre, de pouvoir partir avec elle  dans des directions totalement opposées.

Merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture

La mélancolie du kangourou, Laure Manel

Quatrième de couverture :

Alors qu’il s’apprête à vivre le plus beau moment de sa vie avec la naissance de sa fille, Antoine est confronté au plus horrible des drames : la mort de sa femme durant l’accouchement. Anéanti par la perte de celle qu’il aimait plus que tout, Antoine a du mal à créer du lien avec son bébé jusqu’à ce qu’il embauche Rose, une pétillante jeune femme à l’irrépressible joie de vivre, pour s’occuper du nourrisson. Parviendra-t-elle à aider Antoine à se révéler comme père et à se reconstruire ?

L’avis de MadameOurse :

J’avais découvert Laure Manel l’an dernier avec son précédent roman, La délicatesse du homard qui m’avait offert une jolie lecture. J’avais donc bien envie de découvrir le nouveau roman de l’auteure.

Par la quatrième de couverture, on s’attend à un début de roman bien triste. C’est évidemment le cas, l’histoire d’Antoine est douloureuse. Pour autant, je n’ai pas trouvé le récit triste, c’est conté avec une grand pudeur et un certain respect qui font que je n’ai pas eu à laisser couler de larmes. Le deuil est un des thèmes central du roman. Antoine va perdre celle qu’il aimait plus que tout et en voudra à sa fille de lui avoir pris sa femme. C’est dur mais c’est une réaction très humaine. On va suivre Antoine pendant plusieurs années parce que le deuil est un processus long et compliqué. Le jeune papa fera parfois un pas en avant puis deux pas en arrière. J’ai trouvé tout cela très juste, le choix de l’auteure de prendre le temps dans son récit est bon, sans cela je n’aurai pas trouvé l’histoire crédible.

C’est avec l’arrivée de Rose qu’Antoine va trouver une béquille pour survivre. D’abord parce que c’est la jeune femme qui s’occupera pleinement de la petite Lou jusqu’à ce que le papa soit à son tour capable de lui consacrer son énergie. C’est avec beaucoup de douceur et avec un grand respect de son statut d’employée que Rose amènera au papa et à sa fille de jolis moments. C’est un personnage touchant, elle s’efface beaucoup pour donner à chacun ce dont il a besoin. Il m’a manqué dans le récit un peu plus de détails sur ce que la jeune femme a elle même vécu dans sa jeunesse et qui vient expliquer la façon dont elle s’est construite.

On lit tout le roman en se disant « oui bon on sait déjà comment tout ça va finir ». Il y a des évidences… Mais l’auteure encore une fois ne cède pas à la facilité, elle a bien des choses à nous raconter avant de dévoiler sa fin. J’ai vraiment aimé le cheminement doux des années que l’on vit aux côtés d’Antoine. Rien n’est tout tracé, l’auteure laisse le doute s’insinuer dans nos esprits.

Ma notation :

Un joli roman qui traite très bien du thème du deuil et de la paternité. Douceur et pudeur au RDV.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)