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La lionne, Katherine Scholes

Quatrième de couverture :

Trois destins qui se croisent pour mieux se rencontrer et se laisser happer par la magie de l’Afrique.

Emma Lindberg, brillante biologiste, quitte son laboratoire australien pour une mission en Tanzanie. À peine est-elle arrivée que la station est frappée par un drame : les chameaux de Laura, une infirmière itinérante qui sillonne la brousse avec sa fille Angel, sont revenus seuls. Avec l’aide de Daniel, un médecin massaï, Emma se lance alors à la recherche des disparues, au cœur des étendues sauvages et dangereuses de la savane. Lorsqu’elle découvre des traces de pas au milieu des empreintes d’une lionne et de ses petits, elle comprend que cette aventure va la mener bien plus loin qu’elle ne le pensait…

L’avis de Laure :

L’année dernière, j’ai eu un énorme coup de cœur pour La reine des pluies qui m’a donné une volonté évidente de relire Katherine Scholes. Si j’avais été moins convaincue par Les fleurs sauvages des bougainvilliers, je retrouve ici les éléments qui ont déjà cueilli mon cœur la première fois que j’ai lu l’auteure.

Nouveau départ pour la Tanzanie chère à Katherine Scholes où une petite fille blanche, Angel, perd sa maman dans des conditions terribles alors qu’elles sont isolées en plein désert. Cette petite fille est stupéfiante et, dans son drame et ses réactions, on ne peut que tomber en empathie profonde pour ce personnage. Alors qu’elle tente de donner une sépulture décente à sa mère, Angel est surprise par une lionne. On pourrait penser que le pire est alors arrivé pour la petite fille mais il n’en sera rien.

Par ailleurs, Emma, jeune femme marquée par le deuil de sa maman alors qu’elle avait l’âge d’Angel, est sur les traces des lieux où elle a trouvé la mort. Elle est accueillie par Daniel, vétérinaire massaï. Ce duo m’a profondément émue dans le tact, la douceur, les confidences qu’ils vont se faire. La psychologie des personnages est juste magnifique.

Très vite, tous deux vont voir arriver les chameaux qui voyageaient avec Angel et sa maman. Soupçonnant un drame, ils partent sur les traces de la mère et sa fille. L’histoire de cette quête à travers l’Afrique est magnifique, j’ai retrouvé les paysages si fascinants que j’avais tant aimés dans La reine des pluies. Et il y a cette lionne et ses 3 petits, personnages à part entière du roman. A travers eux, on découvre la beauté et l’intelligence de cette animal.

Tout le récit est profondément beau et émouvant entre Emma et Angel toutes deux meurtries par la perte d’une mère, Daniel également profondément blessé par la vie, on va peu à peu assister au dessin d’un possible avenir. Mais comment réunir ces personnalités que tout oppose ? Katherine Scholes m’a une fois de plus emportée avec elle. Il n’y a rien à dire de plus, les ingrédients sont identiques et la beauté fait le reste. Lisez cette auteure, partez en Tanzanie avec elle, je vous assure que vous ne serez pas déçus.

Ma notation :

Un autre magnifique voyage en Tanzanie. Il me reste encore un roman de Katherine Scholes dans ma PAL que je vais garder précieusement pour 2021.

[Duo lecture] Les fleurs sauvages des bougainvilliers, Katherine Scholes

Pourquoi ce livre :

(Audrey) J’ai plusieurs titres de cette auteure dans ma bibliothèque, les retours de mes abonnées sont souvent très positifs. Laure a eu un coup de cœur récemment pour un titre de Katherine Scholes, un duo s’imposait entre nous alors !

(Laure) Après avoir eu un énorme coup de cœur en juillet pour La reine des pluies, je n’avais qu’une hâte c’est de pouvoir relire Katherine Scholes. J’ai eu la chance de pouvoir recevoir 3 autres de ses romans parus aux éditions Pocket et Lunatic souhaitait qu’on lise celui-ci en duo.

La couverture :

(Audrey) Douce avec ses tons rosés. Rien d’exceptionnel, mais on y retrouve des éléments clés du roman.

(Laure) Une très belle couverture comme il y en a tant aux éditions Pocket. Elle a un côté très apaisant tout en étant mystérieuse.

La quatrième de couverture :

(Nous vous mettons volontairement la quatrième du roman tel qu’Audrey l’avait car celle des éditions Pocket en dit beaucoup sur des éléments qui n’arrivent qu’à la fin du roman).

Une aventure exaltante au coeur de l’Afrique, voici ce qu’espère vivre Kitty lorsqu’elle rejoint son mari Théo au Tanganika. Son couple ayant été frappé par un terrible scandale en Angleterre, la jeune femme veut croire à un nouveau départ. Mais Théo est distant avec elle, et sa vie d’épouse est vide et ennuyeuse. Bientôt, ses bonnes résolutions d’être une femme modèle volent en éclats et les vieilles cicatrices se rouvrent : que s’est-il passé en Angleterre ? Pourquoi la jeune femme se sent-elle toujours coupable ? Passions et déchirements embrasent le couple, dans le Tanganika fascinant et brûlant des années 1940.

Après lecture :

(Audrey) Je ne suis pas fan en général des romans « d’évasion », nous amenant dans des pays lointains ou autres continents, si en plus l’intrigue se passe dans une époque éloigné de la notre j’ai tendance à ne pas les lire. Mais dernièrement, plusieurs romans m’ont démontré que j’avais tort et que bien souvent ils sont même plutôt passionnant.

Ici, direction le  Tanganyika avec Kitty, qui vient de quitter l’Angleterre pour rejoindre son époux Théo. On sait que ce départ fait suite notamment à un scandale qu’elle a provoqué, et que l’on découvrira bien plus tard dans le roman. L’auteure nous décrit les paysages, les coutumes locales, a su nous dépeindre parfaitement l’atmosphère qui régnait dans cette colonie. Kitty s’accommode doucement à sa nouvelle vie. On ressent rapidement que Kitty est une femme forte et libre. Ses origines modestes tranchent avec celle de Théo et des gens qu’elle doit côtoyer. J’ai aimé les divers thèmes abordés dans le roman : la vie de couple, l’amour et le désir. Les traumatismes que la guerre a laissé sur les hommes. La vie et les règles de l’aristocratie anglaise. Les coutumes et traditions du peuple Tanganyika.

Ce roman avait tout pour me séduire. Néanmoins, j’ai trouvé l’ensemble un peu lent. L’intrigue a tardé à me captiver, les personnages n’ont pas su m’enchanter. J’attendais une romance qui est apparue bien trop tard dans le récit. Heureusement, le dernier quart du roman a su rattraper ma déception du début et je le referme avec satisfaction et l’envie de découvrir un autre roman de l’auteure.

(Laure) C’est difficile de relire une auteure après un coup de cœur car nos attentes sont très élevées. Est-ce qu’il était possible que l’auteure m’entraîne à nouveau en Afrique avec la même force dans les émotions, avec le même dépaysement ? Si on y réfléchit ça parait peu probable parce que je suis devenue une lectrice bien exigeante.

On va retrouver les thèmes chers à Katherine Scholes, qui nous plonge une nouvelle fois en Afrique. J’ai été moins dépaysée parce qu’ici le roman se passe dans une ville, et que la plupart des personnages que l’on suit sont des blancs. Ce n’est donc pas du tout le même cadre. Une nouvelle fois, c’est un très long roman (plus de 500 pages au format poche) dans lequel l’auteure prend le temps : elle pose son cadre, elle nous décrit les lieux, les personnages, elle revient en arrière sur le passé des uns et des autres, elles parsème de quelques mystères concernant la vie de Kitty qui nous intriguent. J’ai vite voulu savoir ce qui était arrivé dans sa vie, pourquoi ce revirement nécessaire qui les a amenés son mari et elle à fuir ainsi loin de l’Angleterre ? Il fallait repartir d’un nouveau pied, oublier la mauvaise réputation qu’elle traînait derrière elle.

Le début du roman, comme pour La reine des pluies, était longuet. J’attendais que ça décolle et je suis restée un peu sur ma faim. Je n’ai pas été prise de passion pour Kitty qui va subir la vie d’épouse, devoir se conformer aux exigences du statut de son époux et qui n’aura guère d’occupation, de passion pour meubler ses journées. On sent que ça bouillonne en elle, qu’elle en veut à son mari d’avoir du abandonner la peinture, côtoyer les autres épouses ne la passionne pas, on sait qu’à un moment ou un autre elle va faire quelque chose pour que sa vie change.

Elle va finir par se libérer un petit peu et son quotidien devient plus intéressant à lire mais il me manquait toujours quelque chose. Et si le final du roman amène un dynamisme et un souffle nouveau qui m’ont bien plu, c’est arrivé un peu trop tard pour réhausser mon impression générale de l’ensemble du roman.

La reine des pluies, Katherine Scholes

Quatrième de couverture :

De son enfance en Tanzanie, Kate Carrington a essayé d’effacer tous ses souvenirs. Âgée de douze ans lors de l’assassinat de ses parents missionnaires, près de la frontière rwandaise, la jeune femme a fait table rase de ses racines africaines pour se reconstruire en Australie. Bien des années plus tard, alors qu’elle tente de mener une vie normale, Kate fait la connaissance d’une vieille femme mystérieuse, qui l’intrigue autant qu’elle la fascine.

Il faut dire que le destin d’Annah Mason a tout du roman d’aventures. Infirmière dans un hôpital de brousse, faiseuse de pluie dans le bush tanzanien : l’Afrique a révélé à cette Occidentale intrépide un monde d’une magie infinie. Et lui a offert sa plus grande histoire d’amour. Cette vie de passion ne s’est pourtant pas faite sans douleur ni drames. Désormais âgée et malade, celle qui fut la reine des pluies veut soulager sa conscience. Mais ses secrets pourraient bien mettre à mal l’univers fragile de Kate…

L’avis de MadameOurse :

Cette nouvelle parution du Cercle Belfond est une réédition. Paru pour la première fois en France en 2002, il avait déjà été édité chez Belfond en 2003. Et puis, cette année, il est de nouveau mis à l’honneur dans la collection du Cercle. Peut être que vous vous demanderez pourquoi ? Et bien j’avoue que si je ne connais pas les arguments de l’éditeur, j’ai compris en l’ayant refermé à quel point ce choix était judicieux. C’est une lecture qui va me marquer.

Le roman débute en Australie, dans la vie de Kate Carrington, infirmière, orpheline, vivant seule, son quotidien est assez routinier et rien de passionnant n’anime ses journées. Jusqu’à l’installation d’une vieille voisine un peu fantasque, une femme qui sort complètement de l’ordinaire et avec qui Kate va suffisamment se lier pour se confier à elle.

En effet, c’est en Tanzanie, bien loin de toute civilisation, que Kate est née et a grandi aux côtés de ses parents, missionnaires. Marquée par un deuil précoce, elle semble vouloir écrire sa vie sans se replonger dans les souvenirs. Mais sa vieille voisine cache un secret qui la forcera à repenser au drame qui l’a rendue orpheline.

Cette première partie du roman, comme une introduction, peut sembler un peu longue, je ne me suis pas attachée aux personnages à ce stade. Puis commence la deuxième partie, aux côtés d’Annah, en Afrique. Annah arrive d’Australie, décidée à suivre les traces d’une tante qu’elle n’a pas connue, à  se consacrer à sa vocation d’infirmière, au cœur de ce vaste pays encore sauvage où la médecine moderne n’est pas encore installée. J’ai alors été complètement passionnée par le cadre tissé par l’auteure, par les thèmes qu’elle met en avant à travers sa Reine des pluies. C’est extrêmement instructif sur le plan médical, l’arrivée des missionnaires dans ses zones reculées du pays, les soins aux malades, l’apprentissage des règles d’hygiène de base, la confrontation avec les sorciers, mages, guérisseurs ou tout autre nom qu’ils aient, qui possédaient jusque là le pouvoir de guérir.

Et plus que tout, c’est la destinée d’Annah à travers les années qui est absolument captivante. Elle se liera d’amitié avec le couple Carrington, lui médecin, elle son épouse qui l’assiste. Puis la vie et ses aléas la mènera vers d’autres chapitres, souvent contrainte mais elle saura toujours si bien se retourner. J’étais chaque fois suspendue aux pages, prises dans le cours du récit, admirative de cette femme, de sa vocation. Annah est forte, déterminée, courageuse, audacieuse (et ça amène beaucoup d’originalité à sa vie!) et puis elle va aimer ! L’histoire d’amour au cœur du récit est sublime, une histoire comme il n’y a qu’une dans une vie, une histoire qui questionne par sa différence. Au-delà de ça, Annah a toujours donné son cœur de manière définitive, les liens qu’elle noue avec tous, qu’ils travaillent à ses côtés, soient des patients ou bien des amis, chaque fois elle se donne entièrement et les relations sociales dans le roman ont donc une force particulière.

Vous l’aurez compris, je ne ferai pas plus long pour ne pas spoiler, mais je vous conseille infiniment cette superbe épopée africaine. Puissiez-vous aimer Annah autant que je l’ai aimée. C’est un personnage qui va me manquer.

Ma notation :

Si tous les romans étaient aussi beaux, ma vie de lectrice serait indéfinissable ! Je ne m’attendais à rien de spécial en commençant ce livre et j’ai chaviré.

Merci à Carine des éditions Belfond pour cette lecture.