Archives du mot-clé jeunesse

Léon et Gustave au cœur de la mine, Sophie de Mullenheim

006

Quatrième de couverture :

Nord de la France, juin 1888. Léon va bientôt avoir douze ans. Il est fils et petit-fils de mineur. Pour lui, l’avenir est tout tracé : il sera mineur également. Mais Léon va à l’école et, contrairement à ses parents, il sait lire et écrire. Il lit beaucoup d’ailleurs : surtout le journal dans lequel il suit avec passion l’avancée des travaux de la Tour Eiffel. A mesure que l’immense tour s’élève, le rêve de Léon grandit : il veut devenir apprenti dans les ateliers du grand Gustave Eiffel ! La famille de Léon, pourtant, est loin de partager son enthousiasme. Plus vite le garçon travaillera à la mine et plus vite il rapportera des sous à la maison. Un jour, son père lui lance un ultimatum : soit il descend à la mine avec lui, soit il vend sa jument Cachou pour qu’elle aille travailler à sa place…

L’avis de Laure :

J’avais déjà lu l’an dernier Pierrot et Miette, autre roman de Sophie de Mullenheim pour la jeunesse. On retrouve ici également un cadre historique intéressant et un duo enfant / animal très touchant.

La vie des familles de mineur en France est un thème récurrent de la littérature que j’ai apprécié de relire ici adapté à la jeunesse. Léon a 12 ans, c’est un élève prometteur mais aussi l’aîné d’une famille qui peine à joindre les 2 bouts. Il est passionné par Gustave Eiffel et la construction en cours de la fameuse tour, sur le Champ de Mars. Mais ses parents ont besoin d’un salaire supplémentaire et n’ont d’autre choix que de le faire entrer à son tour à la mine, sitôt son diplôme passé. 

C’est la désillusion pour le jeune garçon et ses rêves d’un autre avenir. Ses parents lui proposent une autre solution : vendre sa jument Cachou, ce qui permettra à la famille de tenir quelques années et le laisser partir réaliser un apprentissage à Paris. Impensable pour le jeune garçon si fidèle que de destiner sa meilleure amie à un tel sort. Alors, il se résout et part à la mine. 

J’ai aimé ce thème présent dans le roman, on y apprend beaucoup de choses et j’ai apprécié que Léon s’y fasse une amie, ça a de l’importance pour moi que de mettre ainsi sur un pied d’égalité un jeune garçon et une jeune fille. C’est ce que je souhaite que les enfants d’aujourd’hui puissent lire, qu’ils aient ainsi accès à une ouverture anti sexiste des choses.

Je ne vous dirai rien de plus sur la fin du roman mais elle est pleine de belles surprises pour le jeune Léon rêveur, passionné par le travail de Gustave Eiffel. On achève alors le roman sur une note positive et pleine d’espoir pour lui et sa famille.

Ma notation :

Un bien joli roman à ne pas hésiter à présenter à vos enfants dès qu’ils en auront l’âge.

Merci aux éditions Fleurus pour cette lecture

Une pour toutes, toutes pour toi !, Lucy Castner

Quatrième de couverture :

Dans la vie de Bonnie, 12 ans, il manque quatre choses : un téléphone portable, un cheval, une chambre à elle toute seule et une sœur pour tout partager. Comme la situation n’est pas près de changer, Bonnie décide de prendre les choses en mains : elle décide, avec sa meilleure amie Smilla, de créer une alliance entre filles : les « sœurs de cœur ». Leur but : se montrer solidaires entre filles face aux « Amigos », une bande de garçons qui embêtent les filles en enduisant la selle de leur vélo avec du slime par exemple. Bonnie fait donc passer une annonce sur un bout de papier : qui veut appartenir au groupe « les sœurs de cœur »?

L’avis de Laure :

Cette histoire de sœurs m’a directement donné envie. Parce que j’ai deux filles qui ont ce lien si particulier et fort, cette complicité qui m’émeut chaque jour. J’avais envie de lire ce ressenti qu’en ont les adolescentes.

Le roman de Lucy Castner est destiné à être lu par des adolescentes, je ne suis donc pas la cible hein, avouons-le j’ai quand même 20 ans de trop. Et j’ai ressenti le poids de ces décennies dans ma lecture. La narration est voulue avec un style destiné aux ados, un style rigolo à coups de mots barrés pour faire ressentir le poids des phrases pensées par nos personnages par rapport au politiquement correct de ce que l’on peut dire pour ne pas s’attirer d’ennuis. Ce style m’a amusée au début mais très vite je l’ai trouvé un peu trop lourd à mon goût. Mais j’imagine bien que c’est tout à fait ce qui plairait aux ados justement.

Bonnie est l’une de ces ados qui rage de son quotidien familial avec 3 frères. Des garçons qui s’opposent à elle qui n’a aucune sœur à se confier de toutes les misères de sa vie. Alors, c’est décidé, à défaut de sœur biologique, elle va se trouver des sœurs de cœur.  C’est comme ça qu’elle va se créer une petite bande assez loufoque avec sa meilleure amie et d’autres copines de classe qui n’ont pas forcément envie d’être là au début. Avec la petite bande, on va vivre un certain nombre d’événements loufoques à souhait contre la bande de garçons qui harcèlent Bonnie et ses copines. Vous l’aurez compris avec cette lecture, on part assez loin du monde habituel pour un monde jeunesse très amusant !

Je ne vais pas vous dire que j’ai adoré cette lecture car elle ne m’est pas destinée mais je comprends bien en quoi elle pourra plaire aux jeunes. Et avec Une pour toutes, toutes pour toi !, le dépaysement est garanti !

Ma notation :

Une lecture à réserver au public concerné qui s’amusera beaucoup des péripéties de la vie de Bonnie.

Merci à Alice des éditions Fleurus pour cette lecture

7 histoires de licornes, Emmanuelle Lepetit et Manola Caprini

Comme vous pouvez le voir, nous n’avons absolument aucune addiction aux licornes à la maison, non vraiment pas du tout !

Quatrième de couverture :

Sept histoires à lire chaque soir, du lundi au dimanche, pour s’amuser et découvrir le monde magique des licornes : la forêt interdite, la maison invisible, l’institut de beauté, la licorne écolo, l’hôpital, le jardin secret, l’école.

Qu’en a pensé MissC. ?

Le livre était chouette, j’ai adoré la licorne avec des étoiles dans les cheveux (aka une licornette trop coquette). Les dessins m’ont plu et mon histoire préférée est celle de la chasse à la licorne où des enfants partent à la recherche des licornes accompagnés de leurs parents. Mais si les enfants trouvent bien les licornes, les parents eux vont arriver trop tard et ne croiront donc toujours pas en leur existence !

Qu’en a pensé maman ?

J’ai pris un grand plaisir à lire les 7 histoires de l’album le soir à MissC et à sa petite sœur qui a tout autant apprécié. Chaque histoire est suffisamment courte pour la lire en une fois suivant notre rituel du coucher habituel. Les dessins sur chaque double page illustrent parfaitement l’histoire avec un grand nombre de détails que les enfants vont prendre plaisir à découvrir pendant que les parents lisent le texte.

Les 7 histoires ont toutes une dimension très moderne et j’ai beaucoup apprécié le message que chacune fait passer. Il y a une histoire à portée écologique sur l’importance de garder notre planète propre, une autre où un petit garçon va se déguiser en princesse pour se faire passer pour une fille et pouvoir jouer lui aussi avec les licornes alors que les licornes ne sont en rien réservées aux filles. Et la dernière histoire met en scène une petite licorne malheureuse car dénigrée pour ses mauvais résultats scolaires et son absence de talent avant de finir héroïne pour avoir su réconforter une petite fille.

En bref, je recommande vivement ce bel album tant pour ses dessins que pour ses histoires d’aujourd’hui qui permettent de faire passer des messages positifs aux enfants qui les écouteront.

Merci à Claire des éditions Fleurus pour cette lecture

La bibliothèque des citrons, Jo Cotterill

Quatrième de couverture :

À dix ans, Calypso n’a pas d’ami et trouve refuge dans les livres de sa bibliothèque, qu’elle dévore. Sa solitude prend fin le jour où arrive dans sa classe une nouvelle, Mae, qui bouscule ses habitudes de lectrice solitaire et lui ouvre les horizons insoupçonnés de l’amitié. Cette amitié tombe à pic, car à la maison les choses tournent de moins en moins rond. Le père de Calypso, veuf depuis cinq ans, vit muré dans son travail et son silence. Il s’est atteléà l’écriture d’une histoire encyclopédique du citron. Par une froide soirée d’automne, ces maudits agrumes vont brusquement déverser sur la vie de Calypso une amertume parfaitement inattendue… Il faudra toute l’amitié de Mae et la générosité de sa famille pour que cette découverte acide devienne le point de départ d’un chemin de guérison où l’amour, enfin, pourra ressurgir !

L’avis de Laure :

C’est le deuxième titre des éditions Fleurus que je lis en quelques semaines et je suis vraiment charmée ! Je vais m’intéresser plus sérieusement à leurs publications et à ces lectures plus dédiées à la jeunesse car c’est vraiment très sympathique.

Que de belles émotions j’ai eu avec cette lecture. Calypso m’a profondément émue et elle nous ressemble tellement, cette petite lectrice déjà accro aux livres. Elle a perdu sa maman d’un cancer et se retrouve seule avec son papa. Lui écrit un livre, un grand essai sur la vie du citron. Il y passe tellement de temps qu’il ne se consacre pas à sa fille, il est totalement absent et Calyspo en est contrainte à se gérer toute seule, se faire à manger avec le peu qu’il y a dans le frigo. On a immédiatement de la peine pour elle, elle prend sur elle, elle se contente du peu que son papa lui donne et garde le sourire. Mais au fond, elle est bien triste.

Et puis, Mae arrive dans la classe de Calypso et c’est la naissance immédiate d’une très belle amitié, unie par les livres que les deux jeunes filles vont partager. Calypso va être accueillie avec une immense bienveillance par la famille de Mae. Elle va trouver là comme un second foyer, un lieu protégé où elle pourra vivre sa vie de petite fille normale et être choyée. C’est extrêmement touchant de lire Calypso à ce stade, quand elle renoue finalement avec la normalité de la vie qu’elle a perdue avec le décès de sa maman.

Ce roman évoque un sujet que je ne connaissais pas, du moins par son nom, celui des enfants veilleurs. Ce sont ces enfants qui ont perdu leur rôle d’enfant le jour où ils ont dû prendre en charge les tâches qui sont normalement celles de leurs parents. Calypso va être aidée par une assistance sociale qui va lui faire intégrer un groupe d’autres enfants veilleurs où elle pourra parler de ce qu’elle traverse et renouer avec l’insouciance qu’elle ne devrait pas avoir perdue.

Au cours de ce roman, on traverse plein d’émotions et de sacrés montagnes russes. J’ai été profondément touchée par la seconde phase du roman qui amène, un pas à la fois, la possibilité pour Calypso et son père de faire enfin leur deuil et pouvoir repartir vers une vie plus sereine et douce pour eux.

Ma notation :

Un bien joli roman riche de grands thèmes qui peuvent émouvoir aussi bien les petits que les grands.

Pierrot et Miette, Sophie de Mullenheim

Quatrième de couverture :

– Tu as mal? s’angoisse le garçon en se penchant vers Petit Père. Quelqu’un t’a fait mal? […]
Le vieil homme tend la main et la pose sur l’épaule de son petit-fils avec tendresse.
– C’est Miette… dit-il d’une voix éteinte.
Pierrot pâlit.
– Ils l’ont emmenée… Les soldats. […] Ils m’ont dit qu’ils avaient besoin des chiens, de tous les chiens… Sur le front. Dans les tranchées. Pour passer des messages. Je n’ai rien pu faire, mon Pierrot. Rien…
Pierrot ferme les yeux, incapable d’articuler le moindre mot. Puis, tout à coup, il s’arrache à l’étreinte de son grand-père et sort de la maison en hurlant.
– Miiiieeeetttttte !
La guerre vient de lui prendre sa meilleure amie.

L’avis de Laure :

Avec ce petit roman jeunesse, j’ai eu des airs de déjà vu, ça m’a replongée dans mes lectures d’ado, déjà fascinée par les récits pendant la guerre. C’est une lecture que je recommande sans hésiter aux jeunes à qui il est destiné, c’est un roman instructif avec des personnages attachants.

Pierrot est un jeune garçon devenu orphelin depuis peu, il est élevé par son grand père, un homme plein d’amour pour lui. Ils vivent tous deux avec Miette, la chienne du jeune garçon et sa meilleure amie. Un jour, Miette est réquisitionnée par des soldats pour les aider à transmettre des messages sur le front. Pierrot est anéanti et refuse qu’on lui vole son amie.

Je n’avais pas du tout connaissance du fait que des chiens étaient utilisés pendant la guerre pour cela et encore moins qu’ils réquisitionnaient les animaux des civils ! Pourtant, en lisant ce roman on comprend quelle aide précieuse les animaux pouvaient apporter pour cela. Et Miette se révélera notamment une vraie héroïne. On va la suivre aux côtés d’un jeune soldat qui aura la charge de la dresser et de la faire travailler, un jeune homme à peine plus âgé que Pierrot et qui va lui aussi s’attacher très vite à l’animal.

Pierrot est décidé à tout pour retrouver sa chienne et va quitter la maison de son grand-père, sans le prévenir pour partir sur les traces de celle-ci. C’est à ce moment là que notre jeune garçon sera confronté aux moments si pénibles de la guerre, auxquels il avait jusque là échappé. Dans cette guerre des tranchées, où il n’a pas sa place, il va pourtant faire de jolies rencontres à la recherche de Miette. De notre regard d’adulte, cela s’enchaîne drôlement facilement pour Pierrot mais il ne faut pas oublier que c’est une lecture destinée à la jeunesse. Et je trouve que c’est un livre très réussi pour ce public, sur fond historique plein de jolis moments sont vécus par les personnages et mettent en avant de bien belles valeurs. Tout à fait le genre de livre que je verrai bien entre les mains de mes filles dans quelques années.

Ma notation :

Une lecture jeunesse très agréable.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)