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Mon garçon, Xavier de Moulins

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Quatrième de couverture :

« Mon garçon, je dois te parler de Carla. De l’année de mes quinze ans, quand avant toi je me suis retrouvé à l’arrière de la voiture de mon père, avec cette sensation de coeur en lambeaux et cette envie folle d’en finir. Au cours de sa vie, on croit souvent mourir à cause des autres. Et un jour on prend conscience que les autres n’ont rien à voir avec ça. Tu verras. »

L’avis d’Audrey :

J’ai attendu un peu pour lire ce roman. Je ne me suis pas jetée dessus dès sa sortie en début d’année. J’avais tellement aimé ses anciens titres, notamment La vie sans toi, que j’ai attendu précieusement mon moment idéal pour retrouver l’écriture de cet auteur.

Un court roman, un duo père/fils le temps d’un voyage en voiture. Vincent, un père absent, éloigné au Canada depuis un divorce difficile. Marcus, un adolescent de 16 ans, plus souvent le portable en main et les écouteurs vissés aux oreilles que prêt à échanger avec son père. Un appel, un accident, un avion et le père arrive.

Le moment des souvenirs, des questions, des introspections. Vincent repense à son adolescence, à ses amours, à Carla. La fille qui l’a perturbé et changé. Une jeunesse peut-être pas si éloignée de celle que vit son fils en ce moment. Un trajet pour faire le point, sur ses choix, ses fuites, ses responsabilités.

Un roman comme un long dialogue intime, personnel dans lequel on retrouve la plume sensible de l’auteur. Une écriture franche et nette. Une histoire qui touche, qui impose à son lecteur de plonger dans ses propres souvenirs, de revoir en quelques flashs son premier amour.

Ma notation: 

Je retrouve ici le talent de Xavier de Moulins dont j’apprécie tant la plume. Un style unique qui m’embarque à chaque fois.

L’anomalie, Hervé Le Tellier

Quatrième de couverture:

En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris – New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.
Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.

L’avis d’Audrey :

Été 2021, un avion arrive à l’aéroport JFK de New-York après un vol assez turbulent. Rien de bien anormal lors d’une traversée de l’atlantique. Mais 3 mois plus tôt, le même avion avec les mêmes passagers avaient déjà débarqué à New-York de la même façon. Est-ce la fameuse anomalie du titre? Va-t-on faire face à un récit de science fiction comme pourrait l’être celui de la série Le Manifeste à laquelle j’ai de suite pensé en lisant la quatrième de couverture.

Bien entendu, on ne va pas laisser tranquille les passagers du vol, tentant de comprendre ce qui a pu se passer. Armée, FBI, scientifique et politique vont les interroger, comparer les ressentis et les témoignages. Les passagers vont se retrouver en face d’eux même, avec 3 mois de plus (ou de moins selon le vol qu’ils ont pris…) L’auteur nous dresse le portrait de 8 personnages (avocate, chanteur, jeune mère de famille, tueur à gages,…), et on essaie de comprendre, de trouver une explication à cet événement étrange. Puis surtout comment vit-on quand on sait qu’il y a un double de nous même dans notre réalité?  L’anomalie c’est aussi le titre du roman d’un des personnages, l’écrivain Victor Miesel. Ce roman a-t-il un lien avec ce vol d’ailleurs? Une interrogation plus que légitime quand on apprend qu’il envisageait un autre titre pour son roman, assez révélateur sur l’affaire justement.

D’abord un peu décontenancée par le roman, je me suis laissé vite séduire par cet OLNI (Objet littéraire non identifié) totalement fou et jubilatoire. C’est addictif et au fil des chapitres, on ne sait plus trop bien quel genre on a entre les mains. Un roman qui mêle l’humour et la réflexion philosophique, avec un soupçon de thriller, décortiquant la psychologie des personnages. L’auteur parle lui même de pastiche pour décrire le travail fait sur ce projet, et c’est fait brillamment.

Ma notation :

Le roman aurait pu me perdre, mais sa construction est si bien réussie que sa lecture en est presque jubilatoire.

Yoga, Emmanuel Carrère



Quatrième de couverture:

C’est l’histoire d’un livre sur le yoga et la dépression. La méditation et le terrorisme. L’aspiration à l’unité et le trouble bipolaire. Des choses qui n’ont pas l’air d’aller ensemble, et pourtant : elles vont ensemble.

L’avis d’Audrey :

Je n’avais pas prévu de lire ce roman. Je connais l’auteur sans jamais l’avoir lu. La 4ème de couverture, très brève et si concise m’a attirée. L’auteur nous annonce y parler de choses qui ne vont pas ensemble mais qui pourtant vont ensemble. J’ai commencé la première page, puis la seconde, et je me suis retrouvée totalement happée par ce texte.

Il va être difficile de parler de ce texte. Je crois qu’il faut avant tout le lire, pour le comprendre, pour le saisir complètement et pour s’imprégner au mieux de tout ce qu’il dégage. Au début, on pense que l’auteur va nous parler du Yoga, qu’il pratique assidûment depuis de longues années. Puis doucement, on comprend que c’est pour lui une façon de nous parler de lui-même, de sa dépression, de ce qui l’entoure, de son mal-être, de ses doutes…

On est en plein récit autobiographique. Il ne cache rien, il dit tout, se livre, se met à nu face à son lecteur. Et pourtant, il le fait avec pudeur et douceur.  Et on souffre avec lui en lisant ses pensées, en découvrant ces années d’enfer et de de dépression.

Je ne connaissais pas l’auteur, et je découvre une plume sublime, poétique, grinçante par moments, musicale, émouvante et intelligente. Je me suis laissée porter par ces mots, me faisant une toute petite place dans son intimité. Tout est sincère et vrai. C’est un récit dur et beau à la fois, plein d’espoir.

Ma notation :

Une découverte inattendue pour moi avec un auteur que je découvre tardivement. Une petite claque littéraire.

Toutes les femmes de ma psy, Maximin Gourcy

 

Quatrième de couverture:

Selon Arthur, tout le monde devrait consulter. Sauf lui.Pourtant, entre sa compagne qui ne le voit plus, sa mère qui le harcèle après l’avoir abandonné, une amitié qui s’étiole, son insatiable ennui au bureau, son aversion pour les hommes, le bug de l’an 2000, et son premier amour qui n’a jamais cicatrisé, il ne manque pas de problèmes à régler.Lorsque son amie, Sarah, dont le couple est au bord de l’implosion, lui ordonne de montrer l’exemple et de se lancer dans une analyse, Arthur cède. Sa rencontre avec une étonnante psychologue lui apprendra comment se connecter à ses émotions, et bouleversera les rapports qu’il entretient avec toutes les femmes de sa vie.

L’avis d’Audrey:

Arthur est une jeune homme qui semble pas à l’aise dans sa peau, dans sa vie et qui semble traîner quelques blessures du passé. Lorsque son amie Sarah lui annonce que plus rien ne va dans son couple et qu’elle souhaite divorcer il lui conseille de faire une thérapie. Une idée loin de plaire à Sarah, qui lui renvoie la balle en lui disant qu’il n’a qu’à voir quelqu’un lui aussi.

Arthur la prend au mot, et se lance à la recherche d’un psy afin de convaincre son amie. Le voilà alors à la recherche du psy parfait, mâle de préférence, car entre hommes on se comprend mieux. Mais c’est un échec cuisant. Notre jeune homme, doté d’une sensibilité féminine et vivant entourée de femmes, finit par tenter l’expérience avec une femme et bingo. Il tombe sur Ana avec qui il entreprend un travail de thérapie.

C’est alors le moment de se dévoiler, de parler de lui et des femmes de sa vie : de Laure, sa compagne pour qui il semble invisible. Hyperactive sportivement et professionnellement, ces deux là sont davantage colocataires qu’amoureux. D’Isabelle, sa collègue et confidente. De sa mère, avec qui les relations sont compliquées. De son premier amour, qui a eu une importance folle dans sa vision de l’amour. Bref, Arthur se voile la face ! Ce n’est pas pour convaincre Sarah qu’il se livre ainsi, c’est pour lui. Et ce travail d’introspection et de confidences va en quelque sorte le libérer !

J’ai tout de suite adhéré au style d’écriture de l’auteur. Ça se lit bien, les personnages sont dépeints avec beaucoup de justesse et de réalisme. Comment ne pas s’attacher à Arthur, ce gars un peu paumé et en détresse ! J’ai aimé le coté initiatique du récit et toutes les questions qui s’imposent aux lecteurs également. Car impossible de finir ce roman sans faire un travail sur nous même. Un texte réussi et soigné, agréable à lire. Que demander de plus ?

Ma notation :

Une jolie découverte et j’ai aimé suivre l’évolution d’Arthur. Un roman que je verrai parfaitement rejoindre une maison d’édition que j’affectionne beaucoup, Eyrolles, tant les thèmes traités collent à l’image de leur collection.