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La fille du maître de chai, Kristen Harnisch

 

Quatrième de couverture:

1895. Sarah Thibault, 17 ans, vit avec ses parents et sa sœur Lydie dans le Val de Loire, où la famille exploite un vignoble.
À la suite du décès de son époux, la mère de Sarah est contrainte de vendre le domaine à une famille de négociants, les Lemieux, dont le fils aîné épouse Lydie.
Mais une nouvelle tragédie oblige les deux sœurs à quitter la France. Sarah, qui n’a pas abandonné son rêve de devenir viticultrice, gagne la Napa Valley, en Californie.
Sur place, elle fait la connaissance d’un certain… Philippe Lemieux, qui s’est lui aussi lancé dans l’aventure viticole.
Les deux Français décident d’associer leurs talents. Mais les affaires et l’amour peuvent-elles faire bon ménage ? D’autant que Sarah cache un indicible secret…

L’avis de Lunatic :

Ce roman je l’ai depuis presque une année à la bibliothèque où je travaille, et je n’en ai que des bons retours. Il était donc temps que je m’y plonge à mon tour. Le premier chapitre m’a laissé croire que j’allais m’ennuyer et vite refermer ce roman. On fait connaissance avec Sarah, avec sa famille et avec le domaine viticole où ils vivent. Un premier chapitre très descriptif qui aurait pu me perdre mais rapidement, le récit devient vraiment prenant et captivant.

Sarah apparaît vite comme une femme forte et déterminée. Elle ne comprend pas sa sœur qui s’apprête à épouser le fils d’une famille concurrente, Lydie lui semble si docile. Un premier drame survient : leur père meurt. Avec leur mère, elles sont contraintes de céder le domaine. Un véritable déchirement pour Sarah. D’autres événements malheureux obligent les deux sœurs à quitter la France et à rejoindre les Etats-Unis. Elles y trouveront de précieuses alliées, et osent croire à une nouvelle vie plus paisible. Les malheurs s’enchaînent pourtant pour Sarah, mais elle saura toujours rebondir.

Contre toute attente, j’ai vraiment apprécié toutes les explications sur le milieu viticole. Voir la façon dont un domaine doit être rentable, le temps passé dans les vignes, les techniques pour conserver ou embouteiller le vin. Mais c’est surtout la vie de Sarah qui m’a passionnée, l’amour naissant avec l’un des personnages qu’elle tente d’enfouir en elle. Elle se refuse au bonheur, pensant qu’elle ne le mérite pas. Le dépaysement est total, entre la vallée de la Loire, New-York et la Californie. L’issue du roman est telle que je l’attendais, mais j’ai comme l’impression que pour la suite de cette saga à paraître cet automne, l’auteure risque bien de chahuter à nouveau notre héroïne.

La femme qui ne vieillissait pas, Grégoire Delacourt

Quatrième de couverture :

« À quarante-sept ans, je n’avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d’oie ni ride du sillon nasogénien, d’amertume ou du décolleté; aucun cheveu blanc, aucune cerne; j’avais trente ans, désespérément. »

Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt.

Celle qui prend de l’âge sans s’en soucier, parce qu’elle a d’autres problèmes.

Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre.

Et puis, il y a Betty.

L’avis de MadameOurse :

J’avais déjà lu Grégoire Delacourt il y a 3 ans et j’avais dit que je le relirai. Il y a 3 ans quoi et j’en ai jamais reparlé depuis… Mais là j’avais une certaine curiosité face à ce titre et à son titre justement. Alors c’était l’occasion.

Le roman est découpé en paragraphes assez courts qui chacun évoquent une année de la vie de Betty. J’ai retrouvé très vite le style de l’auteur, un style particulier, poétique, envoûtant, on a l’impression qu’il évoque son histoire de loin, avec légèreté et pourtant il fait passer une émotion forte. Ce doit vraiment être ça le style Delacourt et d’ailleurs je me rends compte en préparant cette chronique que Lunatic nous a décrit de la même façon le style de l’auteur il y a deux mois quand elle a lu Danser au bord de l’abîme.

Dans ce roman, on va suivre Betty, de sa vie de petite fille à sa vie de femme de 60 ans. Une petite fille qui perdra sa maman assez tôt et qui sera marquée pour ce deuil puis une jeune femme des années 60 qui vivra la passion amoureuse, la maternité, etc. En somme un récit de ce qu’est la vie de toute femme. Sauf que. A l’âge de 30 ans, Betty ne vieillira plus. Et les 30 années qui suivront elle aura alors ce même visage lisse, celui de ses 30 ans. Le rêve de toutes les femmes, n’est ce pas ? Sauf que vous arrivez alors à 45 ans, avec un visage de 30 ans et un mari qui lui fait 45 ans. Le poids des regards à subir alors sur ce couple avec écart d’âge. Et puis un jour vous avez 60 ans, votre fils en a 30. De nouveau le poids des regards sur ce si joli couple qu’on prend pour des amoureux…

Vous avez compris, je pense, qu’il va donc vite être très douloureux pour Betty de continuer à faire 30 ans… Comment continuer à vivre normalement ? Comment expliquer aux gens, jour après jour que oui elle a ce visage lisse mais non elle n’a pas 30 ans ? Et je ne vous explique pas les quiproquos administratifs…

Ce roman est très intéressant de par le thème traité mais je n’ai pas pu me sortir de la tête qu’il s’agissait d’un homme qui écrivait sur l’apparence et la vieillesse des femmes. Et oui, ça m’a gênée et je sais très bien que c’est uniquement dû a des a priori ridicules. Par ailleurs, je ne sais pas encore ce que c’est finalement de vieillir, d’arriver à 40 / 50 ans et sentir son corps diminué. Du coup j’avais un regard neutre sur les pages qui évoquent cela, je ne suis pas en mesure de juger de la véracité des propos.

Au delà de ça, Grégoire Delacourt, signe ici un récit raconté avec douceur et comme un voile sur les sentiments, tout y est dit mais avec une petite distance, une légèreté. C’est un style bien particulier qui personnellement m’a beaucoup plu.

Ma notation :

Un joli roman même si des a priori m’ont empêchée d’en savourer encore plus la lecture.

Le pouvoir, Naomi Alderman

Quatrième de couverture :

ET SI LES FEMMES PRENAIENT ENFIN LE POUVOIR DANS LE MONDE ENTIER ?
Aux quatre coins du monde, les femmes découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ». Du bout des doigts, elles peuvent infliger une douleur fulgurante – et même la mort.
Soudain, les hommes comprennent  qu’ils deviennent le « sexe faible ». Mais jusqu’où iront les femmes pour imposer ce nouvel ordre ?

L’avis de Lunatic :

Madame Ourse me faisait remarquer que cette couverture était bien moche, et je suis un peu d’accord avec elle. Même si ce rouge vif doit bien attirer l’œil  dans les rayons en librairie. Je préfère cette couverture américaine que je trouve moins laide. Mais pour le coup c’est plutôt la 4ème de couverture qui m’a intriguée et plusieurs articles que j’ai vu passer, annonçant ce roman comme le phénomène littéraire de cette rentrée de janvier 2018.

Imaginez que du jour au lendemain, les femmes, et plus précisément les adolescentes se retrouvent avec un étrange pouvoir. Celui de créer des pulsions électriques passant par leurs mains, plus ou moins contrôlées, permettant alors de se défendre face aux hommes et renversant alors les habitudes. C’est le moment de prendre une revanche sur des siècles de harcèlement, d’avilissement, de domination masculine. A noter que ces adolescentes peuvent faire resurgir ce pouvoir auprès de leurs aînés. C’est le point de départ de cette dystopie. Cet étrange bouleversement physique et  social nous est raconté à travers 5 personnages: Roxy, issu d’une famille de mafieux, qui va utiliser son pouvoir pour faire prospérer les affaires. Allie, une jeune fille paumée qui va devenir Mère-Ève et se transforme ainsi en nouvelle gourou ou déesse guidant les femmes qui détiennent le pouvoir. Tunde, une journaliste africain, qui va surfer sur le phénomène et couvrir à travers le monde tout les faits-divers et drames qu’entraînent ce pouvoir. Et enfin Margot, femme politique dont la fille détient ce pouvoir. Margot va créer des camps d’entraînements pour permettre aux filles de maîtriser le pouvoir afin de l’utiliser intelligemment. Cette implication va lui permettre d’assurer son avenir politique. On assiste à des révoltes dans divers pays, des soulèvements de femmes renversant les régimes en place et créant de nouveaux pays, les hommes sont tués, violés, persécutés. Bref, une sorte de guerre mondiale assez effrayante. Le roman évoque aussi des fait physiques ou scientifiques pouvant expliquer l’arrivée de ce pouvoir (et si on le détenait toutes depuis des siècles sans le savoir?).

C’est un roman très différent de ce que je lis d’ordinaire. Je l’ai trouvé assez dur, l’idée de pouvoir, des rôles qui s’inversent. Ces femmes qui deviennent pire que les hommes, cette idée de vengeance est assez dérangeante. Je ne suis pas féministe pour un sou, ça explique peut-être que je n’étais pas totalement conquise pendant ma lecture. C’est intéressant de voir comment l’auteur a voulu montrer que le pouvoir nouveau crée des armées, des envies de nouvelles religions. Les personnages sont intéressant, mais je n’ai pas réussi à me les approprier. On saute de l’un à l’autre trop vite, le déroulé chronologique est assez flou et trop rapide à mon sens. Arrivant vers la fin, je pensais qu’il ne s’agissait que d’un premier tome tant pour moi il y avait encore plein de choses à développer, à dire. Néanmoins ce roman se lit très bien,j’aurai tendance à le ranger en Young Adult par contre. J’ai vu qu’il allait être adapté en série télé, il ne pouvait en être autrement! Il est fait pour cela.

Ma notation :

Une lecture qui sort de mes habitudes et qui m’a plu! Pari réussi.

 

 

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)