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Pour l’honneur de tous les miens, Amanda Skenandore

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Quatrième de couverture :

Philadelphie, 1906. Alma Mitchell est brutalement rappelée à son enfance par un article de journal : un agent fédéral a été assassiné et le suspect est un ami d’enfance de la jeune femme, Harry Muskrat. Harry – ou Asku, ainsi qu’Alma l’a toujours appelé – était l’élève le plus prometteur de l’école dirigée par le père d’Alma, la Stover School, créée à la suite des guerres indiennes, et qui avait pour vocation d’aider à l’assimilation des enfants indiens des réserves voisins (« d’apprivoiser les sauvages », en somme). Alma y était la seule élève blanche. Mais sans aucune bienveillance, les enfants étaient privés de toutes leurs racines : leur langue, leurs us et coutumes, et même leur nom, laissant ainsi leur héritage sur le bord de la route. Le brillant et courageux petit garçon qu’Alma avait bien connu ne peut pas avoir tué quelqu’un de sang-froid.

L’avis d’Audrey :

Alma a une vie comblée auprès de son mari, un quotidien bien rangé, et pourtant, un matin de 1906, en lisant le journal son cœur vacille. Un homme est accusé d’avoir tué un agent fédéral, et ce n’est pas un inconnu pour elle. Il s’agit d’Harry, un garçon qu’elle a connu dans sa jeunesse. Elle connait si bien cet homme qu’elle ne peut pas croire à ce geste, il est juste incapable de donner la mort. Alma convainc alors son mari, avocat, de partir défendre son ancienne connaissance.

En flash back, on revient  en 1881, alors que le père d’Alma a fondé une école pour accueillir les enfants indiens, dont Asku, vite rebaptisé Harry. Avec Alma, il est au cœur de cette école mission, censée faire de ces « sauvages » des petits américains.

Je ne vais pas vous dire que j’ai tout de suite adhéré avec le personnage d’Alma. Je la sentais un peu trop taiseuse, mystérieuse et on comprend vite que son intérêt pour son ancienne connaissance n’est pas anodin. Mais j’ai particulièrement aimé la force qu’elle dégage, et la ténacité avec laquelle elle va se battre pour défendre Harry. Elle n’hésite pas à affronter les siens et à remuer le passé. Un passé secoué par des drames et de sombres événements.

Ce roman montre avec beaucoup de réalisme la façon dont les amérindiens sont traités par les américains à la fin du 19e siècle. Une espèce d’assimilation forcée, et d’avilissement constant.

Plusieurs lectrices ont été bouleversées par ce roman. Si j’y ai trouvé une belle sensibilité et un récit intense, il m’a manqué un petit quelque chose de plus pour être pleinement conquise.

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(Merci à Laury Anne des éditions Faubourg Marigny pour cette lecture)

Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka

Quatrième de couverture :

Ces Japonaises ont tout abandonné au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis, sur la foi d’un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Chœur vibrant, leurs voix s’élèvent pour raconter l’exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l’humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l’oubli.

D’une écriture incantatoire, Julie Otsuka redonne chair à ces héroïnes anonymes dans une mosaïque de la mémoire éblouissante. Un roman bouleversant.

L’avis de Laure :

J’ai pioché ce titre au hasard dans ma PAL, parmi les quelques romans courts que j’ai. Il m’a été offert par Gaelle Ausserré qui l’avait aimé et je le vois régulièrement passer en avis ici ou là depuis sa sortie il y a  10 ans.

C’est un livre particulier, sans héroïne réelle. Il n’y a pas ici une femme en particulier mais DES femmes. Une infinité de femmes qui a quitté le Japon pour les Etats-Unis, pour un mari et une vie si différente de ce qu’elles ont connu jusque là. Des femmes, des parcours, tous différents mais qui racontent tous les mêmes thèmes, les mêmes faits. Le voyage à travers l’Océan, les premières fois avec un homme, l’immigration et le racisme des américains envers le peuple japonais, la culture différente, la langue, les enfants qui vont naitre et grandir. Et puis la guerre, celle qui a vu s’affronter les américains et les japonais, et qui a donc rendu tous les émigrés japonais coupables…

Je vous conseille vraiment de vous pencher sur ce court roman, dont j’ai beaucoup aimé cette narration si particulière qui n’enlève rien à la force des faits racontés. Ce sont de longues énumérations qui mettent en avant mille façons de vivre chaque fois un même fait. La somme des individualités tisse la force d’un parcours de vie collectif. Et retrace alors une page très forte de la vie des migrantes japonaises, une vie bien difficile pour ces femmes courageuses.

Ma notation :

Un roman à découvrir !

L’enfant du sud, Amélie Grégoire

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Quatrième de couverture :

Au cœur de l’Amérique des années 1950, Joyce est au chevet de sa grand-mère. Avant de rendre son dernier souffle, la vieille dame lui révèle qu’elle l’a adoptée à sa naissance. Un secret de famille bouleversant pour la jeune femme qui décide de retrouver ses vrais parents.
Un seul indice la guide : une simple carte postale de la Nouvelle-Orléans que sa grand-mère lui a léguée.

L’avis d’Audrey :

Vous avez aimé La couleur des sentiments ou Alabama 1963? Ce roman risque surement de vous plaire aussi. On y retrouve des thèmes communs : la ségrégation, les Etats-Unis de la première moitié du 20ème siècle, les différences sociales entre blancs et noirs.

Dans ce roman, l’alternance des chapitres donne voix à deux jeunes femmes. La première, Joyce, qui en 1952 apprend qu’elle a été adoptée. Une révélation qui va la bouleverser, et surtout l’amener à trouver la vérité sur ses origines. Pour cela, elle entreprend un périple. Une quête initiatique, une recherche de vérité essentielle pour elle.

L’autre partie du roman se concentre sur Joséphine, au début des années 30. Une jeune femme intelligente, courageuse et passionnée qui n’hésite pas à s’élever contre les injustices. Elle ne comprend pas pourquoi et comment peut-on imposer une différence de traitement entre blancs et noirs.

Un roman passionnant, une histoire d’amour troublante et interdite. La musique a une place très importante, et vous transporte au fil des pages dans un univers jazzy, au son d’un saxophone si symbolique à l’histoire. Les personnages sont attachants, et on ne peut qu’admirer la force de certains d’entre eux, comme on peut en détester d’autres. J’ai trouvé par moments qu’il y avait quelques longueurs dans l’action et des descriptions trop nombreuses. Mais ce dernier point peut au contraire rendre ce roman encore plus éblouissant pour de nombreux lecteurs. Et l’émotion ressentie à la fin de ma lecture m’a totalement fait oublier ce détail.

Je ne vous en dirai pas davantage sur l’intrigue pour ne rien gâcher, mais sachez que ce roman, empli de secrets, d’amour, de passions, de drames et de déceptions est très agréable à lire.

Ma notation:

Un premier roman réussi, une auteure à suivre sans hésiter.

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(Merci à Eric Poupet et City Editions pour cette lecture))

Toute la ville en parle, Fannie Flagg

 

Quatrième de couverture :

L’auteur de Beignets de tomates vertes nous conte, dans ce roman choral, l’histoire d’un petit village du Missouri, Elmwood Springs, depuis sa fondation en 1889 jusqu’à nos jours. Les années passent, les bonheurs et les drames se succèdent, la société et le monde se transforment, mais les humains, avec leurs plaisirs, leurs peurs, leurs croyances, leurs amours, ne changent guère. Et c’est la même chose au cimetière puisque, loin de jouir d’un repos éternel, les défunts y continuent leurs existences, sous une forme particulière. Au fil des décès, ils voient ainsi arriver avec plaisir leurs proches et leurs descendants, qui leur donnent des nouvelles fraîches du village. Tout irait ainsi pour le mieux dans ce monde, et dans l’autre, si d’inexplicables disparitions ne venaient bouleverser la vie, et la mort, de cette paisible petite communauté.

 Ma notation :

Un joli roman, aux multiples personnages. On ne peut que plonger avec plaisir dans ce roman choral. J’ai beaucoup aimé.

(Merci aux éditions Cherche Midi pour cette lecture. A paraître aujourd’hui)

54 minutes, Marieke Nijkamp

Quatrième de couverture :

10  h  08 – KEVIN
Mec, il se passe quoi ? Réponds-moi  !

10  h  09 – SYLVIA
Tyler est revenu.

10  h  11 – MATT.
Claire j’ai trop peur. Il tire sur les gens. Qu’est-ce que je fais  ? CLAIRE DÉCROCHE S’IL TE PLAÎT  !

10  h  27 – AUTUMN
Ça ne peut pas être vrai. Ça ne peut pas être Ty. Ça ne peut pas être mon frère.

10  h  30 – TYLER
Aujourd’hui vous m’appartenez tous.
Aujourd’hui vous allez m’écouter.

L’avis de Lunatic :

Lycée d’Opportunity dans l’Alabama. Alors que le proviseur finit son discours qui ouvre le début d’un nouveau semestre, un ancien élève entre dans l’auditorium et tire dans la foule d’étudiants et de professeurs. Ils sont piégés dans cette salle durant 54 longues minutes. Ce drame est raconté par la voix de 4 personnages, qui ont tous un lien avec le tireur, dont on connait rapidement l’identité.  Parmi nos quatre personnages, deux sont à l’extérieur de l’auditorium: l’un va prévenir les secours et devenir spectateur du drame qui se joue dans le lycée et l’autre va essayer de sauver du monde en ouvrant les portes de cette prison. Les chapitres qui se succèdent donnent également la parole à la sœur du tireur et à une amie de celle-ci qui, elles, sont piégées dans l’auditorium.  En plus du récit de ces 54 longues minutes, on a le droit à des flash-back, qui tentent d’expliquer la raison de ce drame, comment ces lycéens en sont arrivés là.

J’ai beaucoup aimé ce roman, le rythme est haletant tout en donnant l’impression que ces 54 minutes durent une éternité. On a peur pour les élèves, on n’éprouve aucune empathie pour le tireur, et on se demande jusqu’où il va aller dans l’horreur. L’histoire est très réaliste, et ne tombe pas dans le sensationnel l’auteur reste sobre et ne tombe pas dans les clichés. J’étais à cran durant toute ma lecture, l’auteur a su vraiment instaurer un climat de suspense et d’angoisse qui donne tout son charme à ce roman.  Un récit que je verrai vraiment adapté pour un téléfilm ou une série télé, un récit qui n’est pas sans rappeler le film Elephant de Gus Van Sant.

Ma notation :

Un roman Young adult glaçant. A lire!

(roman lu en partenariat avec netgalley)