La fille dans le brouillard, Donato Carrisi

Quatrième de couverture :

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

L’avis de MadameOurse :

Donato Carrisi est devenu un de ces auteurs dont j’ai envie de lire tous les titres. La fille dans le brouillard est sorti il y a déjà quelques mois et paraîtra d’ailleurs en version poche au mois d’octobre en même temps qu’un nouveau titre de l’auteur : Tenebra Roma.

C’est sans attente particulière que je me suis plongée dans ma lecture et en fait, Carrisi m’a surprise parce que ce thriller n’est pas comme les précédents. Heureusement vous me direz, sinon on s’ennuierait mais en fait, par comparaison du coup j’ai moins adhéré. Ici, pas d’enquête ultra rythmée, pas de suspense haletant. La lecture est plus « fade » comparée aux précédents titres, il s’y passe moins de choses.

Au cœur du roman cette fois, le battage médiatique qui accompagne de nos jours toutes les enquêtes criminelles les plus importantes. Ainsi, Carrisi a créé Vogel, un commissaire sans scrupule qui met au premier plan son envie de célébrité. Et alors, quand l’enquête est trop compliquée, qu’il ne trouve pas de réponses, il va les créer. Au détriment de la personne qui se retrouvera le coupable idéal. Je n’ai pas vraiment adhéré au roman ni par le traitement du thème des médias ni par le fait que, du coup, la réalité de ce qui est arrivé à la jeune fille en devient secondaire.

Et pourtant, Carrisi nous avait fait entrer dans son roman par un chapitre particulier où il met Vogel à terre : il nous apparaît comme fou, pris au piège de sa propre enquête. Le dénouement vient alors nous expliquer jusqu’où cette enquête est allée et vous verrez que cette simple disparition n’en est finalement pas une !

Ma notation :

J’ai moins aimé ce dernier titre de l’auteur.

Le rideau déchiré, Jodi Picoult

Quatrième de couverture :

Élevée par Andrew, son père, Delia Hopkins a connu une enfance heureuse dans le New Hampshire. C’est alors que, sur le point de se marier, elle découvre que son père est recherché depuis vingt-huit ans pour l’enlèvement d’une certaine petite Bethany… qui n’est autre qu’elle-même. Sous le choc, la jeune femme cherche la vérité, au risque de bouleverser sa vie et celle de ses proches. Un subtil roman choral sur les pièges de la mémoire, la subjectivité des souvenirs, et la douloureuse profondeur des conflits familiaux.

L’avis de MadameOurse :

Après avoir découvert l’an dernier un premier roman de Jodi Picoult que j’avais adoré, j’ai eu envie de découvrir un peu plus les romans de cette auteure. Parmi les titres qu’elle a écrit et qui ont été traduits en français, Le rideau déchiré avait retenu mon attention pour son côté secrets de famille.

C’est une lecture qui m’a beaucoup surprise dans le sens où elle ne m’a pas menée là où je m’attendais. Et malheureusement, quand on a des attentes bien particulières et qu’on tombe à côté, parfois on en ressort déçus. Dans cette histoire, nous faisons la connaissance de Delia, une jeune mère de famille prête à épouser le père de sa fille. Sa vie va être chamboulée du jour au lendemain lorsque son père va se retrouver en prison pour un enlèvement commis 28 ans auparavant. Et il ne s’agit pas de n’importe quel enlèvement mais de celui de Delia elle même, la fille d’Andrew. Elle avait 4 ans lors des faits. Ses parents étaient divorcés et son père l’a enlevée à sa mère. Il a changé d’identité, lui a fait croire au décès de sa mère et … 28 ans se sont écoulés ainsi avec un secret bien gardé.

Je m’attendais dans cette lecture à découvrir une histoire énorme qui irait expliquer pourquoi Delia a été enlevée par son père, de quoi celui-ci a voulu la protéger. En fait, on va découvrir assez vite les grandes lignes de l’histoire et ce n’est pas l’explication colossale à laquelle je m’attendais. Le cœur du roman nous raconte plutôt comment les vies des personnages vont être chamboulées par cette révélation et comment chacun va passer ce cap et construire la suite de sa vie après un tel tsunami. On suit donc le procès qui va juger les faits commis par Andrew. Le roman est raconté tour à tour par Delia, par Eric son fiancé et avocat d’Andrew, par Fitz leur meilleur ami et par Andrew lui-même. Il y a, du coup, un certains nombres de passages où Andrew relate sa vie en prison. C’est relativement dur et je pense que c’est malheureusement tristement réaliste. Je n’ai pas trop apprécié ces passages.

C’est un roman qui se lit bien, le récit alterné entre les divers personnages rend la lecture fluide. Je l’ai trouvé assez juste. La finalité de l’histoire est crédible, les événements font que chaque personnage va forcément sortir de là changé et j’ai aimé les développements finaux du roman.

Ma notation :

Ce roman n’est, à mes yeux, pas aussi bon que le précédent titre que j’avais lu de l’auteure. Il confirme cependant son talent à évoquer des grands faits de société et j’ai bien l’intention de continuer à découvrir cette auteure dont j’ai déjà repéré 2 autres titres qui se trouvent dans ma wish list.

Petit bémol final : je suis incapable de vous expliquer d’où vient le titre du roman…

Duo Lecture : Hortense, Jacques Expert

Pourquoi ce livre ?

(MadameOurse) J’ai eu la chance de recevoir ce livre dans le cadre des Masse Critique Babélio et Lunatic a souhaité me suivre dans ma lecture quand je lui ai dit que j’allais le recevoir.

(Lunatic) Déçue par ma lecture du roman La théorie des six, n’ayant que de bons retours de ce titre, j’étais curieuse de le lire.

 La couverture:

(MadameOurse) C’est une couverture simple mais qui m’avait attirée ainsi que son titre lorsque j’en voyais des avis sur des blogs.

(Lunatic) Pas de réelle accroche avec cette couverture. Une peluche abandonnée dans un escalier, symbole du kidnapping d’Hortense.

La quatrième de couverture :

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Après lecture :

(Lunatic) Ce roman c’est l’histoire du drame que vit Sophie. Il y a plus de 20 ans, Le père de sa fille Hortense la kidnappe alors qu’elle n’a pas encore 3 ans et lui dit qu’elle ne la reverra plus jamais. Mais voilà qu’un jour, elle croise dans la rue une jeune femme. Elle le sait, c’est Hortense, elle est en sûre. Elle décide d’en savoir davantage sur cette jeune femme, Emmanuelle, sans lui dévoiler la vérité tout de suite. Sophie se questionne, découvre cette jeune femme tout en nous en dévoilant plus sur elle-même. Le drame de vivre sans sa fille, la colère, la solitude, l’éloignement d’avec ses proches. On pourrait presque être pris d’empathie pour elle, mais sa personnalité m’a dérangée, le malheur l’a rendu aigrie, méchante.

Les récits d’Emmanuelle (ou Hortense ?) et ceux de Sophie sont coupées par des rapports de Police retranscrivant les dépositions de témoins ou proches de l’enlèvement. J’ai bien aimé ce procédé. J’ai lu très vite ce roman, l’écriture est fluide, je ne me suis pas ennuyée pendant ma lecture, même si tout tourne uniquement autour de ces deux personnages. J’ai eu du mal par contre avec quelques détails, comme l’attitude ou le langage d’une fillette de 2 ans et 10 mois qui me semblent peu crédibles. Le final m’a légèrement surpris, manquant de crédibilité également, mais après tout, c’est un roman ! Ce roman a le mérite de m’avoir « réconciliée » avec l’auteur que je lirai du coup à nouveau, par curiosité, plus que par réelle envie.

(MadameOurse) Dans cette lecture, comme le dit déjà Lunatic, dès les premiers chapitres, le récit de Sophie est entrecoupé de paragraphes retranscrivant des dépositions de gendarmerie faites en 2015. On comprend donc de suite que le drame de 1993 à savoir l’enlèvement de la petite Hortense par son père, va avoir des répercussions nécessitant une nouvelle enquête en 2015. J’ai bien aimé cette alternance de chapitres, j’ai de suite été intriguée par ce qui se passe en 2015 et qui nécessite de nouvelles auditions policières.

Le début du roman était entraînant, en plus de cette alternance de chapitres, on replonge dans les événements du passé et on découvre ce qui a conduit à l’enlèvement d’Hortense et comment cette mère s’est accrochée désespérément dans l’espoir de retrouver sa fille. Et puis un jour, elle croise une jeune femme de 25 ans et ça y est, elle a retrouvé sa fille, elle en est convaincue ! Elle va alors s’immiscer de manière un peu glauque dans la vie de cette jeune femme, s’en rapprocher sans rien lui dire.

Emmanuelle / Hortense entre alors dans le récit et va raconter de son point de vue, sa relation naissante avec Sophie. Et là on a une nouvelle alternance de chapitres entre les 2 femmes qui est une partie qui m’a peu plu dans le roman. Les rapports sont faux, elles vont vite se monter la tête l’une contre l’autre à force de suppositions et de méfiance. Sophie tarde à révéler à Emmanuelle qu’elle est Hortense, la petite fille qui lui a été enlevée.

Le final du roman est assez choquant mais malheureusement je ne l’ai pas savouré, on a la révélation, 3 autres lignes et hop le roman est fini nous laissant sur toutes nos interrogations. Et un élément majeur de la fin est très bizarre, laissé en l’état sans explication, la crédibilité des choses est nulle.

En bref, ce roman est pour moi un bon thriller, les idées sont là mais le cœur de l’histoire était long et lassant et la fin trop courte, il aurait fallu rééquilibrer les choses à mon goût.

 Si vous avez envie de faire une lecture en duo, n’hésitez pas, nous en ferons régulièrement en tenant compte de vos envies de lectures et les duos évolueront d’une fois sur l’autre. Faites nous un petit mail en nous disant ce qui vous tenterait.

La cave, Nathasha Preston

Quatrième de couverture :

Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d’un homme : Trèfle.
Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle. Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lilas. Mais contrairement aux autres filles, elle n’est pas prête à accepter son sort jusqu’à faner et dépérir…

L’avis de MadameOurse :

Voici un très bon thriller que j’ai eu du mal à lâcher. Summer se fait enlever un soir par un homme qui la séquestre dans sa cave. Elle va y découvrir trois autres jeunes femmes, séquestrées comme elle dans ce lieu qui leur a été aménagé comme une maison. Elles sont censées former la famille idéale de Trèfle qui les séquestre ici pour les protéger du monde extérieur.

Une fois kidnappée, Summer devient Lilas et doit passer ses journées dans la cave d’un fou aux côtés de Rose, Iris et Violette. Elles n’ont que très peu d’occupations et sont complètement terrorisées par leur ravisseur. Tout est fait pour qu’elles ne puissent pas s’échapper de leur prison. Summer va tenter de rallier les autres jeunes femmes à sa cause, pour qu’à 4 elles puissent se liguer contre Trèfle. Et elle va malheureusement se rendre compte que pour Rose, notamment, qui est ici depuis longtemps, l’idée de fuir est enterrée. Celle-ci s’est résolue à vivre ainsi, dans cette cave…

Leur ravisseur fait vraiment peur, il est bien dépeint comme un homme malade à vouloir constituer ainsi sa famille parfaite, à tuer également d’autres femmes. C’est un maniaque de la propreté, il est très organisé dans son crime mais c’est un vrai fou quoi !

Le roman est très prenant et le début assez sombre. Heureusement que très vite, Summer nous relate sa vie « d’avant », elle nous parle de sa famille, des débuts de son histoire d’amour avec Lewis, de sa vie normale quoi et ça fait du bien d’avoir ces pauses dans le récit.

A sa disparition, on suit l’enquête menée pour la retrouver et vous allez voir que Trèfle a bien pensé les choses pour ne rien risquer avec tous les enlèvements et crimes successifs qu’il commet. J’ai beaucoup aimé suivre Lewis le petit ami de Summer. Ce sont tous les deux des adolescents mais la force de l’amour qui les lie est épatante. Et celui-ci ne lâchera rien pour la retrouver.

Je ne veux encore une fois rien dévoiler mais le livre va nous mener à l’après enlèvement et séquestration. J’ai trouvé que la piste faite pour identifier Trèfle était un peu grosse, pas hyper crédible mais ce n’est qu’un détail. Par contre j’ai énormément apprécié les chapitres de l’après, ces chapitres qui n’existent pas habituellement dans les thrillers. C’est vraiment intéressant de savoir ce que les protagonistes deviennent, comment ils vivent un tel après, comment on peut retourner à la « vraie » vie, que devient le criminel, etc. J’en aurais voulu plus encore dans cet après !

Ma notation :

Un très bon thriller sur un thème que j’ai trouvé très intéressant tant il colle malheureusement à de nombreux crimes réels.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)