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La belle mère, Sally Hepworth

Quatrième de couverture:

Avocate appréciée pour son dévouement, Diana se bat pour améliorer le sort des réfugiés, mais elle se montre froide et distante, sinon blessante, envers les siens. Ce dont souffre Lucy, sa belle-fille, qui rêvait de trouver en elle une mère de substitution.
Dix années ont passé, et Diana vient de mourir. Elle se serait suicidée. Mais, à l’autopsie, nulle trace d’un cancer… Qu’est-il donc arrivé à Diana, dont le testament a été modifié peu de temps avant sa mort ?
Avec ce suspense psychologique, dans la lignée des succès de Liane Moriarty, Phoebe Morgan ou B.A. Paris, Sally Hepworth livre le portrait glaçant d’une famille en apparence harmonieuse. En apparence seulement…

L’avis d’Audrey :

Une famille et plusieurs points de vue entre passé et présent pour nous parler de Diana, qui vient d’être retrouvée morte chez elle, de son défunt mari Tom, de son fils Ollie, de Lucy sa belle fille, ou encore de Nettie sa fille et Patrick son époux. Une famille comme tant d’autres, entre moments de bonheur, réunions familiales, tensions, secrets et colères. Et si la mort de Diana n’était pas un suicide comme le laisse supposer la police? Que cachent les membres de cette famille et qui auraient pu en vouloir à Diana pour la tuer ? Lucy n’a jamais porté sa belle-mère dans son cœur et elle semble bien troublée par les événements.

Ici on a entre les mains un pur thriller psychologique comme je les aime. Pas d’enquête minutieuse, pas d’équipe de flics, pas de meurtres qui s’enchaînent. On entre au cœur d’une famille, dans l’intimité de chaque personnage, au plus près de leurs doutes, de leurs pensées et témoins, de leurs erreurs et agissements. J’ai aimé l’alternance de voix et de temps, qui nous font avancer minutieusement dans l’histoire. Grace aux retours dans le passé, on apprend à mieux cerner nos personnages. Comment et pourquoi Diana est devenue cette femme si droite et rigide, qui semble peu prompte à aider ses enfants ?Pourquoi Nettie est si fragile ? Que cachent vraiment les activités professionnelles d’Ollie ?

Le duo bru et belle-mère colle à l’image que l’on s’en fait bien souvent. Une jeune femme jamais assez parfaite pour la mère de son époux, une belle-mère qui sans l’exprimer véritablement émet jugements ou commentaires et qui se mêle de l’éducation que l’on donne aux enfants. Une continuelle rivalité entre deux femmes que tout oppose et qui place pour le lecteur Lucy en suspect numéro 1, mais ce serait trop simple. Et si l’auteure nous trompait dès les début, c’est ce qu’on se dit dès les premiers chapitres.

J’ai dévoré ce roman, trouvant facilement ma place au sein de cette famille. Même si le final n’est pas si surprenant que cela, la façon dont l’auteure nous y amène fait oublier cette petite faiblesse. Un roman très réussi sur la maternité, sur la famille, sur la valeur des choses et la construction personnelle.

Ma notation :

Un thriller à suspens au sein d’une cellule familiale, convaincant et brillant.

 

(Merci à Mylène de L’Archipel pour cette lecture)

N’oublie pas de laisser la place à l’inconnu(e), Sophie Villers


Quatrième de couverture:

Des destins qui se croisent sans se voir, des âmes sœurs en quête de l’autre – et la magie de la vie qui reprend le dessus…  Sarah vit à Bruxelles. Lorenz aussi. Elle a perdu l’homme de sa vie. Il pense qu’il ne connaîtra jamais le grand amour. Elle essaye de surmonter le deuil. Il évite tout sentiment. Ils ne se connaissent pas. Mais ils s’écrivent bientôt tous les jours et partagent leurs secrets les plus intimes. La vie leur a joué de nombreux tours. Vont-ils pouvoir faire le chemin vers d’autres lendemains en laissant la place à l’inconnu(e) ?

L’avis d’Audrey :

Une alternance de chapitres, pour nous conter l’histoire de Sarah et Lorentz. Elle est mère de trois enfants, et avec eux, elle a vécu le pire drame qu’une famille peut vivre : il y a deux ans, Marc son tendre époux est mort dans un accident de la route. Deux années d’absence, de souvenirs, mais de questions aussi. Des enfants qui grandissent, qui deviennent presque adultes et la vie qui doit continuer. Mais sa vie de femme peut-elle vraiment continuer ? Comment imaginer passer à autre chose ou « trouver un mec » comme lui dit une de ses filles ? Juste impensable pour Sarah.

Lorentz, tout juste 40 ans, a une vie amoureuse instable, preuve en est avec sa récente rupture. Ses parents désespèrent de ne pas le voir enfin heureux et qu’il n’ait pas trouvé la femme de sa vie. Lorentz derrière son air sûr de lui, macho et libre est en fait un homme sensible et réfléchi. Il réfléchit d’ailleurs beaucoup au livre offert par ses parents pour son anniversaire et à la dédicace que sa mère a laissé: « N’oublie pas de la laisser place à l’inconnu(e) ».

Le destin va justement le mettre sur la route de Sarah, ou plutôt sur le téléphone de la jeune femme. Une application de rencontre va les faire prendre contact. Discussion ou jeu de séduction ? Quoiqu’il en soit, une certaine intimité et confiance va se mettre en place. La jeune femme pourrait bien tomber amoureuse, mais Lorentz, lui, semble perturbé par une inconnue qu’il a croisé à plusieurs reprises.

J’ai vraiment adoré ce roman. J’ai été conquise par l’écriture fraîche, moderne et pleine de douceur de l’auteure. J’ai été happée par son style et par la façon dont elle nous fait entrer dans l’intimité de nos personnages. Le thème du deuil, la façon dont elle parle de la perte de l’être aimé m’a chamboulée. J’étais tellement peinée pour Sarah, et j’ai vécu tragiquement les moments flash back de cette épreuve. Comment ne pas être admirative de cette famille qui dans le pire a su s’épauler et se soutenir. Les personnages secondaires même si plus discrets, ont tous une place très importante dans cette histoire : Olivier l’ami fidèle ou Zelie la mère de Sarah… J’ai lu le dernier quart du roman en trépignant d’impatience, j’avais tellement hâte de savoir si Sarah et Lorentz allaient pouvoir se trouver ou pas ! Si Sarah allait laisser le bonheur et l’amour reprendre une petite place dans sa vie… Alors pour le savoir, lisez ce magnifique roman.

Ma notation :

Une très belle découverte. Je comprends pourquoi Sophie Villers a remporté le Mazarine Book Day 2019 avec ce roman. Vite vite le prochain!

 

Pièces détachées, Phoebe Morgan

Quatrième de couverture:

Corinne, Londonienne de 34 ans, a déjà eu recours à trois FIV. Mais cette fois, elle en est sûre, c’est la bonne. Elle va tomber enceinte. Cette cheminée miniature en terre cuite, qu’elle découvre un matin sur le pas de sa porte, n’est-elle pas un signe du destin ?

Cette cheminée coiffait le toit de la maison de poupée que son père adoré – célèbre architecte décédé il y a bientôt un an – avait construite pour elle et sa sœur Ashley quand elles étaient enfants.

Bientôt, d’autres éléments de cette maison de poupée font leur apparition : une petite porte bleue sur le clavier de son ordinateur, un minuscule cheval à bascule sur son oreiller…

Corinne prend peur. Qui s’introduit chez elle ? Qui l’espionne ? La même personne qui passe des coups de téléphone anonymes à Ashley ? Y a-t-il encore quelqu’un en qui la jeune femme puisse avoir confiance ?

L’avis d’Audrey :

2 sœurs, Corinne et Ashley. La première est en attente de grossesse après des FIV et des inséminations sans succès. La seconde est mère de famille et son couple semble fragile. La première trouve plusieurs éléments de sa maison de poupée laissés devant sa porte, sur son oreiller… tandis que la seconde est harcelée par des appels anonymes et silencieux. Les deux faits sont-ils liés?  Qui peut bien être derrière tout ça et surtout pour quelle raison ?

Personne ne prend vraiment au sérieux les interrogations de Corinne. La jeune femme est fragile, mais elle sait que cela n’est pas normal. Surtout que la maison de poupée offerte par leur père, maintenant décédé, a disparu du grenier de la maison familiale. Puis l’angoisse prend place, car quelqu’un est forcément entré chez elle pour déposer ces petits jouets.

La construction du roman est réussie. La narration est donnée successivement à plusieurs personnages, avec quelques touches du passé disséminées dans l’intrigue dans lesquelles j’ai cherché des indices pour comprendre où l’auteure allait nous embarquer. Mais sans succès. Le premier tiers du roman pourrait paraître un peu lent, mais il s’agit surtout d’installer nos personnages, de nous les décrire au mieux pour les comprendre et rentrer au cœur de l’intrigue.

L’ambiance du roman est assez noire. C’est étrange, étouffant et un certain malaise s’installe. Le premier tiers passé, l’intrigue s’accélère jusqu’à un final réussi, ne laissant aucun repos aux personnages. Autant dire qu’en lisant ce roman, vous vérifierez à deux fois si vos fenêtres et portes sont bien fermées, tant Corinne aura partagé ses peurs et angoisses avec vous.

Ma notation :

Un thriller psychologique angoissant, à l’ambiance noire que vous ne lâcherez pas.

(Merci à Mylène de L’Archipel pour cette lecture)

La vie est un roman, Guillaume Musso


Quatrième de couverture:

« Un jour d’avril, ma fille de trois ans, Carrie, a disparu alors que nous jouions toutes les deux à cache-cache dans mon appartement de Brooklyn. »

Ainsi débute le récit de Flora Conway, romancière renommée à la discrétion légendaire. La disparition de Carrie n’a aucune explication. La porte et les fenêtres de l’appartement étaient closes, les caméras de ce vieil immeuble new-yorkais ne montrent pas d’intrusion. L’enquête de police n’a rien donné.

Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, un écrivain au cœur broyé se terre dans une maison délabrée.
Lui seul détient la clé du mystère. Et Flora va le débusquer.

L’avis d’Audrey :

Au grand dam de beaucoup, acheter et lire le dernier Musso, Dicker ou Lévy, c’est se contenter d’une mauvaise littérature, ne pas résister aux sirènes commerciales et s’abrutir d’un récit sans intérêt. Je ne comprendrai jamais l’intérêt de descendre ces auteurs, de les snober et de dénigrer les lecteurs qui aiment retrouver chaque printemps leurs romans. Alors en bon mouton-lecteur sans jugeote, je me suis jetée sur le dernier Musso. J’avais prévu de le lire un peu plus tard en juin, mais j’ai lu la dernière ligne (mon vilain défaut), l’incipit puis j’ai enchaîné les pages. Je n’ai pas pu me résoudre à le laisser de coté et me suis laissée embarquer dans l’aventure de Flora et Romain.

Le roman commence comme un thriller : Flora Conway, est une jeune auteure qui connait un joli succès, mais se mettre en lumière ne l’importe que très peu. Alors à la manière de Bansky ou des Daft Punk, personne ne sait rien d’elle, elle ne fait pas de promotion. On se contente d’une seule photo en noir et blanc pour illustrer les articles à son sujet. Elle vit à New-York et est maman d’une petite fille de trois ans . Alors qu’elles jouent à une partie de cache cache, la petite fille disparaît. Une disparition complètement invraisemblable quand on sait que l’appartement était fermé de l’intérieur, et que les caméras de surveillance ne montrent rien. La jeune femme ne se relève pas de ce drame, plongeant dans un état dépressif.

A Paris, l’auteur Romain Ozorski erre à la recherche d’idée et d’inspiration. Sa vie sentimentale et familiale est une catastrophe. Son ex femme l’a éloigné de leur fils Théo. Et si Romain et Flora étaient liés sans le savoir. Si ensemble, ils allaient pouvoir s’aider, et retrouver espoir ? C’est parti pour une folle aventure !

Impossible d’en dire plus sur l’histoire sans vous gâcher le plaisir de lecture. Mais sachez juste que Guillaume Musso va se jouer de vous lecteurs, en enchaînant les rebondissements et surprises. Ce roman, c’est l’occasion pour lui de parler de ce qu’il fait de mieux : écrire. Il y parle d’écriture, d’imagination, de personnages, de vie, de frontière entre réalité et fiction. On pourrait se dire après avoir lu tout ses romans qu’on sait où il va nous emmener, et pourtant il a réussi à me surprendre. On pense frôler le fantastique par moment, mais à nous lecteurs, de déjouer le vrai du du faux.

On retrouve ici le style et la patte Musso, que beaucoup critiquent, osant même parler de « soupe ». Moi j’aime son style, avec lui je m’évade, je passe à un bon moment, je pars à la rencontre de personnages singuliers et ça me suffit pour ma poignée d’heures de lecture. J’ai aimé les clins d’œil qu’il fait à ses anciens personnages lorsqu’on retrouve dans le roman des allusions à Nathan Fawles ou Sean Lorentz.

Ma notation :

C’est un roman réussi, addictif et surprenant. Lisez le, et promis vous allez adorer découvrir ce qui lie Flora à Romain.

J’ai failli te manquer, Lorraine Fouchet





Quatrième de couverture:

Lise et Cerise n’ont en commun que la rime. Tout oppose la mère et la fille. D’ailleurs c’est simple, Lise voulait un garçon. À la mort d’Axel, mari et père adoré, les deux femmes se retrouvent en tête à tête, et se repoussent comme des aimants réfractaires. Mais une inconnue s’invite dans l’équation. Elle efface tout, même les ressentiments, et apporte d’inespérées retrouvailles. Car il n’est jamais trop tard pour s’aimer… Dans la famille Venoge, on se déchire avec panache. Pourtant, la tendresse est bien là, en embuscade, et lorsqu’elle s’engouffre enfin dans la brèche, elle transforme les années perdues en heures gagnées. Lorraine Fouchet nous l’affirme,
le bonheur est réservé à tout le monde

L’avis d’Audrey :

Axel et Lise se rencontrent après la seconde guerre mondiale. Même si leur histoire ne semble pas être une évidence, ils se marient. Axel rêve d’une grande famille quand Lise rêve juste d’avoir un fils. C’est à une fille qu’elle donnera naissance : Cerise, avec qui elle aura bien du mal à créer un véritable lien d’amour maternel. Puis comment rivaliser face à ce qui lie Cerise à son père ?

A quelques mois des 18 ans de Cerise, Axel est terrassé par un infarctus. Ne reste alors que le souvenir d’un père doux et aimant et l’œuvre littéraire qu’il laisse derrière lui mais aussi quelques interrogations. Lors d’un voyage en train le jour même du décès, une discussion avec des amis de la famille lui dévoile qu’elle aurait été adoptée.

Les deux femmes vont devoir apprendre à vivre sans ce pilier. Mais pour autant les liens restent tendus: « – J’aurais préféré que tu meures, toi, plutôt qu’Axel. » formule Lise. Et si derrière ces distances, ces manques se cachaient finalement des forces et des attentions particulières ?

Les mois et les années passent. Cerise aurait pu simplement s’éloigner de Lise, mais malgré les reproches et les incompréhensions, elles sont présentes l’une pour l’autre. Alors que Lise se complaît dans son rôle de veuve, Cerise devient écrivain à son tour, voyage et rencontre un homme. Un homme qui bien évidement ne plaira pas à Lise. Puis sournoisement, la maladie prend place. Les souvenirs et la mémoire de Lise lui font défaut. Cerise sera toujours là, malgré tout…

Ce roman m’a laissé une sensation étrange après ma lecture. J’y ai retrouvé la force des personnages que j’aime tant retrouver dans les romans de Lorraine Fouchet. Des personnages justes, avec leurs défauts, leurs faiblesses. Des liens, des rencontres et des échanges forts. Mais j’ai aussi trouvé que ce texte était moins joyeux que d’ordinaire. Plus mélancolique, moins lumineux peut-être, presque tragique finalement. J’ai aimé voyager avec les personnages du roman. Entre Paris et la Namibie, et j’ai toujours hâte de retourner sur l’île de Groix avec Lorraine Fouchet.

Empreint de thèmes forts et complexes, ce roman reste très positif, porté par la douce écriture de l’auteure. L’histoire de ces deux femmes est totalement bouleversante. On assiste avec émotion à cette vie aux sentiments chaotiques que l’auteure nous conte. On s’attache à chaque personnage et on ne peut qu’espérer qu’enfin tout aille mieux pour eux.

Ma notation :

Encore une fois, un superbe moment de lecture. Lire un roman de Lorraine Fouchet est toujours un réel bonheur pour mon cœur de lectrice. Merci.