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C’est auprès d’elle, Dorothée Catoune

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Quatrième de couverture :

NE JAMAIS JUGER SON PROCHAIN SANS LE CONNAÎTRE

Une voiture stationnée sur un parking est percutée sous les yeux d’une boulangère. Un pompier arrivé sur les lieux explique que la principale victime est un bébé de neuf mois, resté seul dans le véhicule pendant que sa mère achetait du pain. L’infirmier qui soigne l’enfant décrit la longue convalescence de ce dernier. Se succèdent ainsi plusieurs personnes dont le seul point commun est d’avoir croisé la route de Marie, la mère de cet enfant. Chacun y va de son impression et de son jugement.
Mais qui est réellement Marie ?
Mêlant humour et gravité, ce roman montre que la vie est faite de chutes, de virages, de remontées et d’amour. Mais aussi de belles surprises, lorsque l’on sait s’affranchir des regards accusateurs.

L’avis de Laure :

Je sais qu’il va m’être difficile de parler de ce roman. Il m’a intrigué comme tous les romans où un personnage subit le jugement de la société. Dorothée Catoune illustre bien cette société par une narration choisie : un roman qui débute par plusieurs courts chapitres où chaque personnage va être amené à parler d’Elle, Marie. En la jugeant puisque chacun a un avis sur tout.

Ce n’est qu’ensuite que Marie pourra prendre la parole, nous racontant sa vie à travers les gens qu’elle a côtoyés au fil des années.  Cette vie qui aboutit à un bébé mis en danger. Pourquoi, comment ?

Malheureusement, je n’ai pas réussi avec ce roman. A me laisser emporter, à m’immerger assez pour que le récit me touche. D’abord avec ces récits des autres, cela va trop vite. Je n’ai pas été dans le jugement de Marie à ce stade là parce qu’on ne sait rien d’elle alors pourquoi juger ? Qu’importe ce qu’en disent les autres.

Et puis, quand c’est à Marie de prendre la parole, je ne sais pas, l’attachement ne s’est pas fait avec ce personnage et je crois que ça a conditionné la suite de ma lecture, ne m’emportant pas dans les émotions pourtant attendues avec ce roman. Alors, si je salue l’originalité du procédé, je regrette néanmoins de ne pas avoir été emportée. Mais je compte sur vous pour me raconter si, de votre côté, les émotions ont été au RDV.

Ma notation :

Une déception.

(Merci à Mylène de L’Archipel pour cette lecture)

La véritable histoire de Gaya Sharpe, Anne Steiger

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Quatrième de couverture :

Tous les ans, à date fixe, la nuit de son anniversaire, la petite Gaya Sharpe meurt pour renaître. Tout se passe en 71 minutes exactement, une année entière pour elle. Louis, son père, veuf inconsolable et oisif alcoolique, tente d’apprivoiser cette fillette aux pouvoirs stupéfiants et de l’élever comme une enfant  » normale « … qu’elle ne peut pas devenir.
Anniversaire après anniversaire, jusqu’à l’âge de sept ans, il parvient tant bien que mal à réguler la puissance de Gaya, à comprendre ses chants miraculeux, sa troublante communication avec les plantes et les petits animaux, son lien céleste avec sa mère, morte en couches.
Louis découvre en réalité que les merveilleux talents de sa fille servent un projet élaboré en haut lieu : mener l’espèce humaine vers une prise de conscience que les tragédies accumulées rendent désormais impérieuse.

L’avis de Laure :

Chère Gaya, j’avais hâte de te rencontrer, lorsque ta maman m’a parlé de ton livre, je me suis dit que ta vie était bien mystérieuse. J’étais loin de m’imaginer à quel point. Je ne peux imaginer le drame que ton papa a vécu le jour de ta naissance, te voir déclarée morte au bout de quelques minutes puis perdre sa femme. Et soudain, un miracle, te revoilà en vie après plus d’une heure ! Impensable mais pourtant vrai.

Mais finalement, Gaya, tout dans ta vie est impensable. Te voir en survie toute ta première année, atteinte par une terrible épilepsie. Puis se rendre compte qu’à chacun de tes anniversaires, un nouveau miracle survenait, te rendant chaque année un peu plus exceptionnelle.  Echappant à une terrible opération, développant le langage en une seule nuit, acquérant des dons de guérison et de divination. J’ai été très admirative du papa exceptionnel que tu as aussi, Papa Louis qui ne s’est jamais posé de question, qui n’a jamais douté, il t’a toujours pleinement fait confiance à toi pourtant si petite. Et il t’a accompagnée comme bien peu d’adultes le feraient.

Et enfin, Gaya, j’ai envie de te dire merci également pour ce que tu m’as apporté à moi en découvrant ta vie, ta véritable histoire. Parce que tu n’es que bonté Gaya, parce que ton analyse humaine est si juste et parfaite. Parce que le monde parfait, tu sais le dessiner comme aucune autre. Comme j’aimerais te connaitre dans la vraie vie ma douce Gaya, pouvoir te serrer dans mes bras, écouter tout ce que tu as à nous apprendre, voir aussi mes filles rire avec toi. Car je ne l’oublie pas, tu es exceptionnelle mais tu restes une enfant.

Gaya, ta présence sur Terre va perturber tous les humains, ils ne s’en doutent pas, ils ne savent pas qu’il y aura un avant et un après toi…

Ma notation :

Ce livre est un OVNI. Mais qu’il est beau, n’hésitez pas, lisez-le !

L’enfant du train, Ruth Druart

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Quatrième de couverture :

Au cœur de l’Occupation, à Paris, Sarah vient d’être arrêtée. Parce qu’elle est Juive. Juste avant de monter dans le train pour Auschwitz et les camps de la mort, la jeune femme prend une terrible décision  : elle donne Samuel, son bébé, à un inconnu..

L’homme n’hésite pas une seconde et décide de tout faire pour sauver et prendre soin de cet enfant. Avec sa fiancée et le petit Samuel, ils fuient Paris pour les États-Unis, pays où l’on peut encore être libre et en sécurité. Ensemble, ils vont former une belle famille.

Au fil du temps, ils oublient les traumatismes de la guerre. Jusqu’à ce que, neuf ans plus tard, une femme frappe à leur porte. Une femme qui a survécu à l’enfer par amour pour son fils. Mais ce retour va déclencher une tempête dont personne ne pourra sortir indemne…

L’avis de Laure :

Avec cette couverture, vous le savez, on est dans ma thématique de prédilection et ce roman ne pouvait que me plaire. Pourtant, surprise, il débute en 1953. Je n’avais pas relu la quatrième de couverture avant de débuter ma lecture et j’ai bien fait parce que le résumé dévoile tout le début du roman et c’est dommage, moi je l’ai lu en laissant les choses venir et j’ai ainsi pu savourer la lecture.

C’est l’histoire  de Jean-Luc et Charlotte qui se sont installés aux USA après la guerre avec leur fils. Et qui, un beau jour, vont voir revenir le passé et la peur avec. C’est l’histoire du parcours de 4 adultes lors de la seconde guerre mondiale et d’un bébé qui sera pris dans l’enfer des déportations au départ de Drancy. C’est surtout un roman sur l’après guerre, un sujet tout aussi important quand on sait l’impact que la guerre a pu avoir en anéantissant certaines familles. Des familles séparées qui mettront des années d’enquête pour savoir ce que leurs proches sont devenus.

C’est l’histoire d’un petit garçon, L’enfant du train, pris en étau entre deux pays, deux cultures, deux familles et qui n’aura pas son mot à dire sur ce que les adultes ont décidé qu’il était bon pour lui. C’est poignant parce qu’on comprend tellement la vision de chacun, deux pères, deux mères, qui ont tous leur légitimité. C’est aussi une époque où la psychologie de l’enfant n’était pas encore un argument de poids dans les décisions prises pour un mineur. J’ai été partagée tout au long de ma lecture car dans cette histoire on sait bien qu’il n’existe pas de solution juste qui puisse permettre à tous d’être heureux.

J’ai fini la lecture en larmes et c’est quelque chose qui m’arrive peu, lorsque l’apaisement arrive enfin dans ce roman. L’enfant du train est une lecture poignante, qui évoque l’injustice du vécu post guerre. Impossible de ne pas être pris de compassion pour les personnages, vous voudrez qu’ils puissent tous trouver leur bonheur, vous serez pris d’empathie par le mal être et les moments si durs qu’ils vont tous traverser. Une lecture qu’on ne peut pas oublier.

Ma notation :

Une très belle lecture qui a su me toucher aux larmes.

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(Merci à Eric Poupet et City Editions pour cette lecture))

 

La belle mère, Sally Hepworth

Quatrième de couverture:

Avocate appréciée pour son dévouement, Diana se bat pour améliorer le sort des réfugiés, mais elle se montre froide et distante, sinon blessante, envers les siens. Ce dont souffre Lucy, sa belle-fille, qui rêvait de trouver en elle une mère de substitution.
Dix années ont passé, et Diana vient de mourir. Elle se serait suicidée. Mais, à l’autopsie, nulle trace d’un cancer… Qu’est-il donc arrivé à Diana, dont le testament a été modifié peu de temps avant sa mort ?
Avec ce suspense psychologique, dans la lignée des succès de Liane Moriarty, Phoebe Morgan ou B.A. Paris, Sally Hepworth livre le portrait glaçant d’une famille en apparence harmonieuse. En apparence seulement…

L’avis d’Audrey :

Une famille et plusieurs points de vue entre passé et présent pour nous parler de Diana, qui vient d’être retrouvée morte chez elle, de son défunt mari Tom, de son fils Ollie, de Lucy sa belle fille, ou encore de Nettie sa fille et Patrick son époux. Une famille comme tant d’autres, entre moments de bonheur, réunions familiales, tensions, secrets et colères. Et si la mort de Diana n’était pas un suicide comme le laisse supposer la police? Que cachent les membres de cette famille et qui auraient pu en vouloir à Diana pour la tuer ? Lucy n’a jamais porté sa belle-mère dans son cœur et elle semble bien troublée par les événements.

Ici on a entre les mains un pur thriller psychologique comme je les aime. Pas d’enquête minutieuse, pas d’équipe de flics, pas de meurtres qui s’enchaînent. On entre au cœur d’une famille, dans l’intimité de chaque personnage, au plus près de leurs doutes, de leurs pensées et témoins, de leurs erreurs et agissements. J’ai aimé l’alternance de voix et de temps, qui nous font avancer minutieusement dans l’histoire. Grace aux retours dans le passé, on apprend à mieux cerner nos personnages. Comment et pourquoi Diana est devenue cette femme si droite et rigide, qui semble peu prompte à aider ses enfants ?Pourquoi Nettie est si fragile ? Que cachent vraiment les activités professionnelles d’Ollie ?

Le duo bru et belle-mère colle à l’image que l’on s’en fait bien souvent. Une jeune femme jamais assez parfaite pour la mère de son époux, une belle-mère qui sans l’exprimer véritablement émet jugements ou commentaires et qui se mêle de l’éducation que l’on donne aux enfants. Une continuelle rivalité entre deux femmes que tout oppose et qui place pour le lecteur Lucy en suspect numéro 1, mais ce serait trop simple. Et si l’auteure nous trompait dès les début, c’est ce qu’on se dit dès les premiers chapitres.

J’ai dévoré ce roman, trouvant facilement ma place au sein de cette famille. Même si le final n’est pas si surprenant que cela, la façon dont l’auteure nous y amène fait oublier cette petite faiblesse. Un roman très réussi sur la maternité, sur la famille, sur la valeur des choses et la construction personnelle.

Ma notation :

Un thriller à suspens au sein d’une cellule familiale, convaincant et brillant.

 

(Merci à Mylène de L’Archipel pour cette lecture)

N’oublie pas de laisser la place à l’inconnu(e), Sophie Villers


Quatrième de couverture:

Des destins qui se croisent sans se voir, des âmes sœurs en quête de l’autre – et la magie de la vie qui reprend le dessus…  Sarah vit à Bruxelles. Lorenz aussi. Elle a perdu l’homme de sa vie. Il pense qu’il ne connaîtra jamais le grand amour. Elle essaye de surmonter le deuil. Il évite tout sentiment. Ils ne se connaissent pas. Mais ils s’écrivent bientôt tous les jours et partagent leurs secrets les plus intimes. La vie leur a joué de nombreux tours. Vont-ils pouvoir faire le chemin vers d’autres lendemains en laissant la place à l’inconnu(e) ?

L’avis d’Audrey :

Une alternance de chapitres, pour nous conter l’histoire de Sarah et Lorentz. Elle est mère de trois enfants, et avec eux, elle a vécu le pire drame qu’une famille peut vivre : il y a deux ans, Marc son tendre époux est mort dans un accident de la route. Deux années d’absence, de souvenirs, mais de questions aussi. Des enfants qui grandissent, qui deviennent presque adultes et la vie qui doit continuer. Mais sa vie de femme peut-elle vraiment continuer ? Comment imaginer passer à autre chose ou « trouver un mec » comme lui dit une de ses filles ? Juste impensable pour Sarah.

Lorentz, tout juste 40 ans, a une vie amoureuse instable, preuve en est avec sa récente rupture. Ses parents désespèrent de ne pas le voir enfin heureux et qu’il n’ait pas trouvé la femme de sa vie. Lorentz derrière son air sûr de lui, macho et libre est en fait un homme sensible et réfléchi. Il réfléchit d’ailleurs beaucoup au livre offert par ses parents pour son anniversaire et à la dédicace que sa mère a laissé: « N’oublie pas de la laisser place à l’inconnu(e) ».

Le destin va justement le mettre sur la route de Sarah, ou plutôt sur le téléphone de la jeune femme. Une application de rencontre va les faire prendre contact. Discussion ou jeu de séduction ? Quoiqu’il en soit, une certaine intimité et confiance va se mettre en place. La jeune femme pourrait bien tomber amoureuse, mais Lorentz, lui, semble perturbé par une inconnue qu’il a croisé à plusieurs reprises.

J’ai vraiment adoré ce roman. J’ai été conquise par l’écriture fraîche, moderne et pleine de douceur de l’auteure. J’ai été happée par son style et par la façon dont elle nous fait entrer dans l’intimité de nos personnages. Le thème du deuil, la façon dont elle parle de la perte de l’être aimé m’a chamboulée. J’étais tellement peinée pour Sarah, et j’ai vécu tragiquement les moments flash back de cette épreuve. Comment ne pas être admirative de cette famille qui dans le pire a su s’épauler et se soutenir. Les personnages secondaires même si plus discrets, ont tous une place très importante dans cette histoire : Olivier l’ami fidèle ou Zelie la mère de Sarah… J’ai lu le dernier quart du roman en trépignant d’impatience, j’avais tellement hâte de savoir si Sarah et Lorentz allaient pouvoir se trouver ou pas ! Si Sarah allait laisser le bonheur et l’amour reprendre une petite place dans sa vie… Alors pour le savoir, lisez ce magnifique roman.

Ma notation :

Une très belle découverte. Je comprends pourquoi Sophie Villers a remporté le Mazarine Book Day 2019 avec ce roman. Vite vite le prochain!