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Certains coeurs lâchent pour trois fois rien, Gilles Paris


Quatrième de couverture :

Les cliniques spécialisées, je connais. Je m’y suis frotté comme on s’arrache la peau, à vif. Les hôpitaux psychiatriques sont pleins de gens qui ont baissé les bras, qui fument une cigarette sur un banc, le regard vide, les épaules tombantes. J’ai été un parmi eux. » Une dépression ne ressemble pas à une autre. Gilles Paris est tombé huit fois et, huit fois, s’est relevé. Dans ce récit où il ne s’épargne pas, l’auteur tente de comprendre l’origine de cette mélancolie qui l’a tenaillé pendant plus de trente ans. Une histoire de famille, un divorce, la violence du père. Il y a l’écriture aussi, qui soigne autant qu’elle appelle le vide après la publication de chacun de ses romans. Peut-être fallait-il cesser de se cacher derrière les personnages de fiction pour, enfin, connaître la délivrance. «Ce ne sont pas les épreuves qui comptent mais ce qu’on en fait », écrit-il. Avec ce témoignage tout en clair-obscur, en posant des mots sur sa souffrance, l’écrivain nous offre un récit à l’issue lumineuse. Parce qu’il n’existe pas d’ombre sans lumière. Il suffit de la trouver.

L’avis d’Audrey :

Gilles Paris : un auteur pour qui j’ai une affection particulière. N’allez pas me demander de vous expliquer pourquoi, c’est comme ça, je ne sais pas moi même. Il y a 20 ans je le découvrais avec Autobiographie d’une courgette, quelques années plus tard je le contactais pour un projet scolaire dans un lycée où je travaillais et il était le seul auteur a avoir répondu positivement à ma demande. Depuis quelques temps, je le suis sur les réseaux sociaux et je suis devenu en 2020, une lectrice assidue de son journal de confinement, devenu en début d’année un journal de couvre feu. C’est mon petit rituel de mi journée, comme si l’on prenait un café ensemble, je prends quelques minutes pour le lire, pour avoir des nouvelles de Kikou la souris, noter les titres de musique ou films qu’il conseille, savoir quel temps il fait à Paris.

Certains cœurs lâchent pour trois fois rien : ce n’est pas un roman que nous livre ici l’auteur, mais un récit autobiographique. Ce titre si doux, qui sonne comme un extrait de poésie c’est une phrase qu’un médecin va lui souffler, alors que Gilles Paris se relève d’une nouvelle dépression. C’est de ce délicat sujet dont il va être question dans ce livre.

Il m’est difficile de vous parler de ce livre, je crois qu’il faut avant tout le lire, pour comprendre l’homme qu’il est, ou du moins pour découvrir par vous même ce que Gilles Paris nous confie dans ce témoignage. Il commence avec une lettre au père qui saisit comme un coup de poing, comme ces coups portés par un père distant, qui va faire mal et détruire par les gestes mais surtout par la parole:  « Tu ne vaux rien… Tu es une merde ». Une relation père-fils qui hante les pages de ce livre.

Gilles Paris se raconte, se met à nu face à ses lecteurs. J’avais peur de me sentir gênée face à des confidences si intimes et personnelles, mais il se livre avec beaucoup de délicatesse, en dit beaucoup sans pour autant en dire trop. Il parle sans retenue de ses passages difficiles, ses dépressions, ses tentatives de suicides et démontre avec quelle force et envie de vivre il a su remonter à chaque fois. Il nous parle de sa jeunesse, de son homosexualité, de ses activités professionnelles dans le domaine littéraire, des rencontres de sa vie, les nuits et les excès dans lesquels il se cherche. Les amants, les amies, et la famille, les deux femmes de sa vie, Geneviève sa sœur et sa maman, avec qui les relations sont loin d’être idylliques. Puis il y a Laurent, rencontré à 41 ans, qui est depuis l’homme de sa vie, malgré les hauts et les bas que connaissent tous les couples. Laurent qui l’accompagne dans ses dépressions, présent dans les épreuves.

J’ai été touchée à de nombreux moments du récit. La plume de Gilles Paris fait ressortir tant d’émotions. Un texte qui m’a chamboulée, qui a véritablement remué des choses en moi (pas forcément de manière positive malheureusement). Au fil du récit et des années qui défilent, on le voit plus serein, presque apaisé. On le sent renaitre à la vie, être heureux maintenant, comme il le dit lui même. J’ai fini ma lecture en larmes, touchée en plein cœur par ce témoignage et par l’homme qu’il est. Un homme plein d’empathie, de douceur, d’amour pour les autres et pour la vie. Un homme brillant, intelligent et sincère.

Le dernier chapitre permet de refermer ce livre avec douceur. Une longue liste des choses qu’il aime, les choses qui le sauvent en quelque sorte, qui font du bien et permettent de trouver la vie plus douce j’imagine.

Ma notation:

Un témoignage bouleversant.

Yoga, Emmanuel Carrère



Quatrième de couverture:

C’est l’histoire d’un livre sur le yoga et la dépression. La méditation et le terrorisme. L’aspiration à l’unité et le trouble bipolaire. Des choses qui n’ont pas l’air d’aller ensemble, et pourtant : elles vont ensemble.

L’avis d’Audrey :

Je n’avais pas prévu de lire ce roman. Je connais l’auteur sans jamais l’avoir lu. La 4ème de couverture, très brève et si concise m’a attirée. L’auteur nous annonce y parler de choses qui ne vont pas ensemble mais qui pourtant vont ensemble. J’ai commencé la première page, puis la seconde, et je me suis retrouvée totalement happée par ce texte.

Il va être difficile de parler de ce texte. Je crois qu’il faut avant tout le lire, pour le comprendre, pour le saisir complètement et pour s’imprégner au mieux de tout ce qu’il dégage. Au début, on pense que l’auteur va nous parler du Yoga, qu’il pratique assidûment depuis de longues années. Puis doucement, on comprend que c’est pour lui une façon de nous parler de lui-même, de sa dépression, de ce qui l’entoure, de son mal-être, de ses doutes…

On est en plein récit autobiographique. Il ne cache rien, il dit tout, se livre, se met à nu face à son lecteur. Et pourtant, il le fait avec pudeur et douceur.  Et on souffre avec lui en lisant ses pensées, en découvrant ces années d’enfer et de de dépression.

Je ne connaissais pas l’auteur, et je découvre une plume sublime, poétique, grinçante par moments, musicale, émouvante et intelligente. Je me suis laissée porter par ces mots, me faisant une toute petite place dans son intimité. Tout est sincère et vrai. C’est un récit dur et beau à la fois, plein d’espoir.

Ma notation :

Une découverte inattendue pour moi avec un auteur que je découvre tardivement. Une petite claque littéraire.

La bibliothèque des citrons, Jo Cotterill

Quatrième de couverture :

À dix ans, Calypso n’a pas d’ami et trouve refuge dans les livres de sa bibliothèque, qu’elle dévore. Sa solitude prend fin le jour où arrive dans sa classe une nouvelle, Mae, qui bouscule ses habitudes de lectrice solitaire et lui ouvre les horizons insoupçonnés de l’amitié. Cette amitié tombe à pic, car à la maison les choses tournent de moins en moins rond. Le père de Calypso, veuf depuis cinq ans, vit muré dans son travail et son silence. Il s’est atteléà l’écriture d’une histoire encyclopédique du citron. Par une froide soirée d’automne, ces maudits agrumes vont brusquement déverser sur la vie de Calypso une amertume parfaitement inattendue… Il faudra toute l’amitié de Mae et la générosité de sa famille pour que cette découverte acide devienne le point de départ d’un chemin de guérison où l’amour, enfin, pourra ressurgir !

L’avis de Laure :

C’est le deuxième titre des éditions Fleurus que je lis en quelques semaines et je suis vraiment charmée ! Je vais m’intéresser plus sérieusement à leurs publications et à ces lectures plus dédiées à la jeunesse car c’est vraiment très sympathique.

Que de belles émotions j’ai eu avec cette lecture. Calypso m’a profondément émue et elle nous ressemble tellement, cette petite lectrice déjà accro aux livres. Elle a perdu sa maman d’un cancer et se retrouve seule avec son papa. Lui écrit un livre, un grand essai sur la vie du citron. Il y passe tellement de temps qu’il ne se consacre pas à sa fille, il est totalement absent et Calyspo en est contrainte à se gérer toute seule, se faire à manger avec le peu qu’il y a dans le frigo. On a immédiatement de la peine pour elle, elle prend sur elle, elle se contente du peu que son papa lui donne et garde le sourire. Mais au fond, elle est bien triste.

Et puis, Mae arrive dans la classe de Calypso et c’est la naissance immédiate d’une très belle amitié, unie par les livres que les deux jeunes filles vont partager. Calypso va être accueillie avec une immense bienveillance par la famille de Mae. Elle va trouver là comme un second foyer, un lieu protégé où elle pourra vivre sa vie de petite fille normale et être choyée. C’est extrêmement touchant de lire Calypso à ce stade, quand elle renoue finalement avec la normalité de la vie qu’elle a perdue avec le décès de sa maman.

Ce roman évoque un sujet que je ne connaissais pas, du moins par son nom, celui des enfants veilleurs. Ce sont ces enfants qui ont perdu leur rôle d’enfant le jour où ils ont dû prendre en charge les tâches qui sont normalement celles de leurs parents. Calypso va être aidée par une assistance sociale qui va lui faire intégrer un groupe d’autres enfants veilleurs où elle pourra parler de ce qu’elle traverse et renouer avec l’insouciance qu’elle ne devrait pas avoir perdue.

Au cours de ce roman, on traverse plein d’émotions et de sacrés montagnes russes. J’ai été profondément touchée par la seconde phase du roman qui amène, un pas à la fois, la possibilité pour Calypso et son père de faire enfin leur deuil et pouvoir repartir vers une vie plus sereine et douce pour eux.

Ma notation :

Un bien joli roman riche de grands thèmes qui peuvent émouvoir aussi bien les petits que les grands.

Starling, Mélanie Taquet

Quatrième de couverture :

À trente et un ans, Emma est une femme-enfant qui peine à trouver sa place. Forte mais fragile, hypersensible et introspective, elle passe ses soirées devant Netflix ou à rédiger des chroniques littéraires pour son blog, vagabonde dans Londres et écrit pour oublier les problèmes de sa vie. Quand la jeune femme accepte de suivre Chiara, sa meilleure amie et colocataire à une soirée au pub, elle est loin de se douter que l’ambivalent Bilal, fantôme d’une relation interdite, va refaire une entrée fracassante dans sa vie et tout bouleverser sur son passage. Comment garder la tête froide face à cette passion dévastatrice qui l’habite et l’abîme ? Avec l’aide de Chiara et de son « Carnet des petits bonheurs », Emma va apprendre que la vie n’est pas toujours rose, que la douleur s’apprivoise, et que grandir n’est pas une sentence

Ma notation :

Un très beau roman. Mélanie Taquet a définitivement ce petit truc si particulier dans son écriture (sans savoir l’expliquer) qui sait à chaque fois me toucher et me plaire.

Malgré nous…, Claire Norton

Quatrième de couverture :

1988. Après un terrible incendie, trois adolescents se jurent une amitié indéfectible.

20 ans plus tard, l’un d’entre eux perd sa femme, Marine, dans le vol Rio-Paris échoué en mer. Autour de Théo, Maxime et Julien répondent à nouveau présents. Soudés plus que jamais. Mais bientôt certains éléments troublants sèment le doute : Marine serait-elle encore vivante ? Si c’est le cas, pourquoi Théo reste-t-il sans nouvelles ? Quelle vérité cherche-t-on à dissimuler au jeune père de famille ? Un roman plein d’émotions au suspense addictif !