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Chambre 128, Cathy Bonidan


Quatrième de couverture:

Un roman peut parfois changer une vie.
Qui n’a pas rêvé de voir survenir un petit grain de sel romanesque dans sa vie ? Un peu de merveilleux pour secouer la routine et oublier les ennuis de bureau ?

Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l’hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence.
Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier.

Retrouvera-t-elle son auteur ? La réponse, qui lui parvient quelques jours plus tard, la stupéfait…
Au point qu’Anne-Lise va tenter de remonter la trace de tous ceux qui ont eu ce livre entre les mains. Chemin faisant, elle va exhumer histoires d’amour et secrets intimes. Pour finalement peut-être se créer une nouvelle famille…

L’avis d’Audrey :

J’ai repéré ce roman à sa sortie poche, et j’ai patiemment attendu pour le lire en le mettant sur ma PAL de vacances. Un roman qui parle d’un roman égaré dans un tiroir de chambre d’hôtel. Une idée qui ne pouvait que me plaire, alors comment résister à cette lecture?

C’est d’abord le genre de ce texte qui m’a surprise, car ici on est en plein dans un roman épistolaire. L’histoire est racontée à travers l’échange de lettres entre plusieurs destinataires et expéditeurs. Autant vous dire que j’étais ravie tant la correspondance est un genre que j’aime. En même temps le bandeau du livre le comparant aux cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates aurait du m’y faire penser.

Anne-Lise va trouver dans les tiroirs d’une chambre d’hôtel en Bretagne, le manuscrit d’un roman. Impossible pour elle de l’abandonner, elle décide alors de le renvoyer à son auteur présumé. Un échange de lettres va lui apprendre que son auteur l’a abandonné dans les années 80 ans, que depuis il n’a plus écrit et lui apprend surtout que ce manuscrit a été complété par quelqu’un d’autre. Anne-Lise va alors se mettre en quête de l’histoire de ce manuscrit et chercher à savoir qui a bien pu l’avoir entre les mains tout ce temps et comment le texte voyage sans jamais avoir fini dans une benne à papier depuis tant d’années.

J’ai aimé lire ces lettres et remonter la trace de ce manuscrit. A travers la correspondance entre les personnages, on arrive à s’attacher à eux, à comprendre leur vécu, leur passé et surtout à saisir l’impact que la lecture de ce livre a eu sur eux. J’aime cette idée qu’un livre peut nous toucher et nous transformer. C’est un roman plein de fraîcheur, facile à lire et qui ne peut que réjouir ses lecteurs. L’ensemble est touchant, oscillant entre tendresse et humour.

Ma notation :

Un court roman bienveillant et lumineux.

La liberté de nous aimer, Ninon Amey

Quatrième de couverture:

Abigaïl, une jeune femme passionnée par les mots, décide de rentrer dans ce programme expérimental mis en place par la prison locale. Si cette expérience est pour elle l’opportunité de s’adonner à son amour de la prose, pour son correspondant, David, elle représente surtout une bouffée d’oxygène dans son quotidien morose. D’échanges timides en confidences intimes, un lien particulier va progressivement se tisser entre eux. L’une des règles du programme est pourtant claire : ils n’ont pas le droit de tomber amoureux.

L’avis d’Audrey :

Abigail, bibliothécaire amoureuse des mots et des lettres, décide de participer à un nouveau projet mis en place par la prison locale : correspondre avec un détenu. Une façon de maintenir un lien avec l’extérieur pour les prisonniers, de casser les a priori que les gens peuvent avoir sur eux. C’est David qui a la surprise de recevoir la première lettre d’Abigail. On lui avait annoncé qu’il n’y avait plus de lettres pour lui. Mais quelques jours plus tard, puisque la jeune femme avait un peu tardé, il a eu la joie de pouvoir intégrer le programme.

Un véritable échange se met alors en place entre nos deux personnages. Ils se présentent, se découvrent doucement. Chacun rappelle bien à l’autre la règle essentielle : ne pas tomber amoureux. Pourtant en tant que lecteur on comprend bien vite que cela ne sera pas le cas.

On ne sait pas tout de suite pourquoi David est en prison. Mais on imagine à travers ses mots, ses phrases qu’il ne peut pas être violent. Tout en lui respire la bonté et la générosité. Abigail parle beaucoup de son métier et de son quotidien. J’ai apprécié les moments où elle parle avec tant de passion de son métier, puisque je partage le même bonheur d’exercer au milieu des livres. Elle parle également de ses amis, de sa famille, une façon pour David de s’évader à travers ses lettres.

Un véritable lien se crée, une profonde amitié et un réel attachement. A 2 reprises, ils se croisent : des vérités éclatent, des faux semblants tombent et pourtant ils ne cessent pas de correspondre et osent s’avouer leur amour. Et alors que l’on pourrait croire que le roman touche à sa fin, avec un happy end prévisible, l’auteure nous livre une seconde partie qui m’a embarquée pour un second tour. J’ai beaucoup aimé cela.

J’ai vraiment été conquise par ce roman et par ces deux personnages, mais aussi par la sœur de David, personnage secondaire assez discrète au début du roman qui prendra une place importante dans le récit. J’avais un peu peur de m’ennuyer à ne lire que des successions de lettres et de mails et ce fut loin d’être le cas. L’auteure a vraiment su mettre en place un joli rythme, avec des petits retournements de situation qui font que j’ai lu d’une traite cette histoire. J’ai eu beaucoup d’attachements pour les personnages, même si, entre nous, je n’ai pas toujours compris les choix de David.

Un roman très divertissant, agréable à lire avec une très jolie plume. Un feel good qui fait du bien.

Ma notation :

Une bien belle découverte. Je vois que l’auteure propose d’autres titres : je vous parlerai bien vite de Ce lien qui nous unit qui vient de rejoindre ma tablette.

Tu seras ma beauté, Gwenaële Robert

Quatrième de couverture :

Lisa, une professeure de sport au physique parfait, ne perd pas de temps en grands discours. C’est une femme directe. Mais lorsqu’elle rencontre, lors d’un salon du livre, Philippe Mermoz, séduisant auteur à succès, elle pressent que sa seule beauté ne suffira pas. Elle demande à Irène, une collègue de français à l’apparence ordinaire, éprise de littérature, d’écrire à sa place quelques lettres destinées à le charmer. Irène accepte, se prend au jeu, et voilà que ses jours monotones, un peu tristes – un mari notaire, un enfant qu’elle n’arrive pas à avoir –, s’en trouvent profondément bouleversés. La correspondance s’intensifie, devient intime, se prolonge. Jusqu’à ce que Lisa, perdant patience, décide de retrouver l’écrivain pour une nuit… Irène sombre dans le désarroi. Peut-elle continuer à vivre comme avant ?

L’avis de Lunatic :

On connaît  tous Cyrano de Bergerac. Sans forcement l’avoir lu, on connaît l’histoire de Cyrano, qui séduit Roxane avec ses mots à travers le personnage de Christian, bien plus charismatique que lui. Ici c’est une sorte de Cyrano moderne qui est nous raconté à travers nos trois personnages. Lisa, la belle prof de sport, que l’auteur n’épargne pas, faisant d’elle une nana superficielle, insipide et très nunuche je trouve. Elle va demander à Irène, sa collègue de français d’user de ses talents littéraires pour la remplacer dans l’écriture d’une correspondance avec l’écrivain Philippe Mermoz, avec comme seul but de le séduire. Un petit jeu sans réelle attente pour Lisa, qui se demande juste ce que Mermoz a de si séduisant, mais un jeu qui va prendre une réelle ampleur dans la vie d’Irène. Ce jeu de dupe va bouleverser son quotidien banal et  on peut le dire un peu tristounet, auprès d’un mari qui lui semble ennuyeux. Mais Irène pourrait être chacune d’entre nous au final, j’ai vraiment trouvé ce personnage très crédible et percutant. Lisa va finir par rencontrer Mermoz, ce qui va fortement perturber notre « Cyrano au féminin ». Je n’en dis pas plus, à vous de découvrir la suite. Un petit bémol sur le passage du roman qui évoque son infertilité, elle abandonne un protocole et tire un trait sur le parcours médical par manque d’infirmière pour des injections : ce passage n’est pas du tout réaliste ou alors montre tout simplement que c’était l’excuse facile pour se résigner et tout stopper.

C’est un roman court, avec de vraies références littéraires dont je me suis délectée. J’ai trouvé que le style employé s’accordait à merveille avec l’histoire de notre trio. Une déclaration d’amour aussi au style de la correspondance, que l’on ne voit plus. Un beau roman pour cette auteure qui jusque là n’avait publié que des romans jeunesse. Je pense que l’on entendra parler de ce roman à la rentrée et je miserai même sur le fait qu’il fasse partie de la 1ère sélection du prix Goncourt le 5 septembre prochain. A suivre…..

Ma notation :

Une romance moderne mais pleine de romantisme avec un coté classique.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley)