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L’expérience de la pluie, Clélie Avit

Quatrième de couverture :

Toucher mais ne pas l’être. Par le cœur ou par les doigts. Pour Camille et Arthur, son fils de six ans, cela revient au même. Tous les deux autistes, ils vivent à l’abri du monde, de son bruit et de ses violences, dans une bulle que Camille a spécialement créée pour eux. Chaque rencontre, chaque échange physique, même le plus infime, est une épreuve : une main qui attrape, une bousculade dans le bus, des gouttes de pluie sur la peau.
Un soir, en sortant du bureau, Aurélien croise leur route. Dans son quotidien désabusé, il entrevoit dans leur relation ce  » vrai  » qui lui manque tant et qui semblait hier encore inatteignable.
Mais comment approcher ce couple mère-fils fusionnel sans briser leur fragile équilibre ?
Un roman lumineux, empreint d’humanité, qui fait advenir le meilleur alors que tout pourrait s’écrouler.

L’avis de MadameOurse :

J’ai repéré ce roman lorsque les éditions Plon ont commencé à en parler sur Instagram, complètement captivée par les coloris sublimes de cette couverture. Le thème de l’autisme qui y est traité m’intéressait et j’ai donc été ravie lorsque nous avons reçu un mail nous proposant de découvrir ce livre.

Ici, Aurélien et Camille vont nous raconter chacun à tour de rôle leur rencontre et leur relation. A travers Camille, on vit le quotidien via les yeux d’un autiste et c’est une immersion vraiment intéressante. Je n’avais quasiment aucune idée de ce qu’était la vie pour ces personnes. Là, on comprend mieux comme chaque épreuve du quotidien peut parfois sembler irréalisable : se laver c’est accepter la sensation de l’eau sur son corps, s’habiller c’est supporter les vêtements qui sont parfois d’un grand inconfort pour eux. Et puis il y a les relations sociales, les émotions qu’ils vivent aussi différemment, le contact physique avec les gens est lui aussi une épreuve.

Camille est maman d’un petit garçon, Arthur, également autiste. Elle s’efforce de lui faire accepter un certainement nombre de codes qui sont nécessaires à la vie en société tout en sachant justement combien ces épreuves sont difficiles à accepter pour lui. Elle est donc sans cesse partagée entre son « travail » de maman et les choses qu’elle doit obliger son fils à accepter, et son vécu d’autiste quand elle a, elle aussi, tant voulu fuir ces mêmes expériences quand elle était jeune. Malheureusement, elle est suivie de près par les services sociaux et la menace de lui retirer son fils pèse sur ses épaules.

Un jour dans le bus, ils vont croiser le chemin d’Aurélien. Celui-ci va faire rempart de son corps entre Camille et Arthur et les autres passagers du bus. Inconsciemment, de par son comportement lors de ce voyage, il va préserver la bulle dont Arthur et Camille ont besoin entre eux et le monde. De ce moment va alors naître un lien subtil mais fort entre Camille et Aurélien.

Le jeune homme va tenter de nouer une relation avec la mère et le fils tout en respectant leurs particularités et le fait justement que nouer un lien social est un travail particulier pour eux, pour accorder leur confiance, pour accepter la proximité avec une personne, pour se laisser toucher (physiquement comme psychologiquement). Cette facette là de l’histoire est aussi intéressante car, pour Aurélien, qui va tenter de gérer les choses avec son instinct, ce sera parfois un pas en avant pour 3 pas en arrière. On se rend compte que c’est une réflexion de tous les instants pour la personne non autiste qui doit se demander comment la personne autiste va réagir à chaque action la plus anodine que nous sommes susceptibles de faire.

J’ai trouvé la construction du roman vraiment enrichissante par ce travail que l’auteure a fait sur les deux façons de voir les choses. Elle nous interpelle aussi bien sur ce qu’est le vécu d’un autiste comme sur la façon dont on peut les aborder. Le roman restera pour moi une lecture particulière. En effet, c’est une histoire d’amour hors normes qu’on lit ici, que j’ai eu du mal à appréhender personnellement parce que ce n’est pas ma vision de l’amour, car je suis quelqu’un qui fait le lien entre l’amour et le toucher, ce qui n’est pas le cas des personnes autistes. Je suis donc restée un peu en distance de ma lecture et je crois que c’est normal. On ne peut pas, via une lecture, être capable de se mettre à penser et ressentir les choses comme une personne autiste. Mais on peut s’y intéresser et s’enrichir des différences. Et en cela, je trouve que le roman est réussi.

Ma notation :

Une lecture particulière qui permet de s’immerger dans le quotidien des personnes autistes et d’appréhender leurs émotions. Un beau travail de l’auteure pour sensibiliser sur ce sujet.

Merci aux éditions Plon pour cette lecture

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Je suis là, Clélie Avit


je-suis-la

 

Quatrième de couverture :

« Ça fait vingt semaines que je suis seule, seulement six que je m’en rends compte. Et pourtant, j’ai l’impression que ça fait une éternité. Ça passerait peut-être plus vite si je dormais plus souvent. Enfin, si mon esprit se déconnectait. Mais je n’aime pas dormir. »
À la suite d’un accident d’escalade en montagne, Elsa est plongée dans le coma. Tandis que l’espoir de son réveil s’amenuise de jour en jour, que ses proches et les médecins commencent à baisser les bras, un jeune homme, Thibault, pénètre par erreur dans sa chambre. Traumatisé par le sort de son frère, qui a renversé deux jeunes filles en voiture, Thibault décide de se confier à Elsa et noue une relation avec elle, malgré son mutisme. Est-il à ce point désespéré de lui-même ? Ou a-t-il décelé chez elle ce que plus personne ne voit ?

L’avis de Lunatic :

J’ai choisi ce roman après avoir lu pas mal de bonnes critiques. L’histoire est simple, Thibault un jeune homme en colère après son frère arrive par erreur dans la chambre d’hôpital  d’Elsa qui est plongée dans un coma. Il s’attache à cette jeune femme, se confie à elle, et bien entendu en tombe amoureux. Cela semble un peu niais comme pitch, mais finalement j’ai trouvé ce récit marrant et touchant. Thibault nous fait sourire et rire à travers des anecdotes assez drôles, les amis d’Elsa nous apparaissent bien sympathiques, tout comme le portrait qui est fait de sa sœur.

C’est un roman à deux voix. Celle de Thibault et celle d’Elsa. Petit coup de coeur justement pour la façon dont l’auteur fait parler Elsa. Elle ne voit rien, ne ressent rien, mais arrive tout de même  à percevoir ce qui se passe autour d’elle. On tourne les pages pour savoir si oui ou non Elsa va se réveiller? Une histoire sera possible avec Thibault ou pas? Bref, pas de grosses intrigues ou de récit bien captivant. Une jolie petite lecture que j’oublierai bien vite.

Ma notation :

Mignon, qui peut plaire aux ados!