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Jeudi BD

Je lis plusieurs BD chaque mois et je me disais que ce serait sympa de vous les présenter en bref, dans un article groupé pour vous dire en quelques mots ce que chaque lecture m’a inspiré.

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Le coup de cœur du mois : Lydie

C’est Audrey qui m’a offert cette BD pour mon anniversaire et qui savait déjà qu’il s’agissait d’une jolie histoire. Elle a clairement parfaitement visé avec la petite Lydie qui m’a tant émue !

Sur tout cet album aux jolis coloris sépia, nous faisons connaissance d’une maman qui perd son nouveau-né, la petite Lydie. Mais son esprit ne l’accepte pas et elle couve, materne, fait grandir alors un bébé imaginaire. Toute la beauté de l’album est finalement comment tout le village, tout l’entourage va aider cette maman, intégrant eux aussi la petite Lydie imaginaire à leur existence. C’est touchant d’humanisme et de poésie et l’histoire se referme sur une ouverture de toute beauté, nous laissant penser que tout est possible. Un vrai bijou !

La jolie découverte feel good : Ces petits riens qui changent tout

Autre univers avec cette BD contemporaine, celle du pari d’un petit village : détenir le record du puzzle géant. Derrière l’objectif caché de faire revivre une société de puzzles périclitante, ce défi est surtout l’occasion pour tout un village de se réunir. Une BD qui se lit toute seule et qui illustre un joli moment.

Le graphique qui mêle faits réels du passé et la poursuite au présent : Où est Anne Frank !

Très belle surprise avec cette BD, qui fait revivre, entre les pages du journal d’Anne Frank, l’amie imaginaire que celle-ci avait inventée : Kitty. Dans notre présent, Kitty va alors mener l’enquête sur ce qu’il est advenu d’Anne avec tristesse avant de se réaliser via une quête pleine de sens, qui montre à quel point les faits qu’Anne a subi pendant la guerre ne sont pas derrière nous…

En lisant cette BD, j’ai découvert à la fin que le Journal d’Anne Frank lui aussi a été adapté en BD par les mêmes auteurs, une BD que j’ai donc directement commandée pour la découvrir aussi.

La BD historique dont on attend déjà la suite : L’institutrice

Avec L’institutrice, on suit l’histoire d’une classe et d’une enseignante qui cache un jeune garçon juif au sein de sa classe. Un périple pour fuir les allemands qui est aussi l’occasion pour les élèves de la classe de protester, certains n’ayant aucune envie de couvrir un juif et qui se sont pourtant vu imposer cela par L’institutrice. On loue le courage de cette femme déterminée. Petit bémol : la suite de l’histoire est à paraître à l’automne et on ne sait donc pas pour le moment comment cela finit. Mais comptez sur moi pour l’acheter et relire les 2 tomes d’affilée.

Aimer pour deux, Stephen Desberg et Emilio Van der Zuiden

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Quatrième de couverture :

Pour vivre son histoire d’amour, elle va renoncer à ce qu’elle a de plus cher. Monique a 20 ans et ne rêve que de s’émanciper. En 1941, elle débarque dans un Paris occupé et découvre l’euphorie de la capitale. Elle fait la connaissance de Francis, l’épouse sur un coup de tête et donne naissance à Nicole. Mais Monique cherche à comprendre comment elle doit aimer sa propre fille, cette enfant innocente qui la prive de sa liberté…
À la Libération, Monique rencontre un officier américain et découvre le grand amour. Pour vivre sa passion, la jeune femme décide de renoncer à tous ses droits sur sa fille et l’abandonne à son père. Dorénavant, la mère et la fille sont faites pour se chercher, se rater, se retrouver. Une histoire bouleversante inspirée de la vie de l’auteur.

L’avis de Laure :

Cette BD m’avait beaucoup tenté dès sa sortie et elle n’a donc pas tardé à rejoindre ma PAL. J’ai finalement été plutôt surprise par son histoire, celle d’une femme pendant la guerre mais surtout celle d’une mère. Tout commence par la fin de la guerre, où l’on découvre Monique, qui, pour divorcer, à accepter la proposition faite par son mari : il ne signerait le divorce que si celle-ci lui laissait leur fille.

Un événement assez surprenant pour l’époque qui ouvre donc la lecture sur un choc et qui va nous donner envie de comprendre ce qu’il a pu se passer pour que Monique en arrive là. On replonge alors dans son vécu de la guerre, celle d’une jeune femme qui avait une soif de vivre et qui a tenté de s’offrir des moments heureux malgré l’occupation nazie. On navigue alors dans le Paris festif, dans des moments où les parisiens acceptaient tant bien que mal la présence de l’occupant. Lorsque Monique rencontre Francis, il lui offre un peu de cette liberté à laquelle elle aspire. Mais après leur mariage, la jeune femme n’y trouve plus son compte, enfermée dans un statut de mère qu’elle n’a pas souhaité.

On suit quelques drames de la vie sous l’occupation, les événements s’enchainent facilement et j’ai vraiment beaucoup aimé les dessins. Précisons quand même que j’ai vite ressenti que le dessinateur était un homme tant toutes les femmes de l’histoire affichent des courbes parfaites ! Bien joli à regarder mais assez peu crédible…

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A la fin de la guerre, Monique décide de vivre pour elle, de suivre son cœur en divorçant et en perdant sa fille. Mais j’avoue avoir été bien déçue du final, qui résout tout le problème en toute simplicité. Cela a manqué de crédibilité pour moi car cela donne une autre image des personnages, une Monique soudain maternelle et aimante alors qu’elle ne l’a jamais été, un père qui cède comme s’il n’y avait pas d’enjeu pour lui. J’ai vraiment été déçue par cette fin et c’est bien dommage.

Ma notation :

Une BD très plaisante à découvrir mais dont la fin m’a vraiment déçue.

Maman, maman, maman, #mèreEpuisée, Cévany

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Quatrième de couverture :

Chronique d’un burn-out maternel (qui finit bien !)

LA MAMAN QUE VOUS DEMANDEZ N’EST PAS DISPONIBLE, VEUILLEZ LAISSERUN MESSAGE APRÈS LE BIP SONORE !

Après la naissance de son premier enfant, Maddie ne se reconnaît plus. Loin d’être la mère qu’elle rêvait d’être, elle perd patience et hurle sur ses enfants. Elle culpabilise, et la honte la pousse à s’isoler. Elle est seule face à ses difficultés puisque ses proches ne semblent pas saisir l’ampleur du problème. L’histoire de Maddie, c’est l’histoire de beaucoup de mères de notre époque, qui sont épuisées et qui perdent les pédales.

Une BD sensible, drôle et puissante qui permet de mieux comprendre le mécanisme de l’épuisement maternel, de l’éviter ou de s’en sortir, car, oui, on peut s’en sortir !

L’avis de Laure :

En voici encore une lecture qui chamboule immédiatement ! J’ai su de suite pendant ma lecture que ce serait une BD à faire circuler chez mes copines, mon petit quatuor de mamans d’école qui se reconnaitra, celles avec qui on partage nos achats comme les moments up and down de nos vies de mères.

C’est l’histoire universelle d’une maman en congé maternité, celle dont on croit qu’elle a toutes ses journées libres mais qui est en fait complètement dépassée par les tâches ménagères, les sollicitations du bébé et son besoin de repos. Ajoutez à cela un conjoint peu présent pour la soutenir, une maman qui se met la pression pour être parfaite et vous obtenez un joli burn out ! Un événement qu’il ne faut pas minimiser et c’est en cela que cette BD est militante, elle nous montre aussi bien comment on peut glisser sans s’en rendre compte vers le burn out que les moyens de s’en sortir.

Prendre du temps pour soi, se faire aider, montrer au conjoint qu’il n’est pas là pour aider mais pour prendre sa part des tâches du foyer juste parce que le partage est normal et bien évidemment ne pas oublier de lâcher prise ! Ca parait tout bête comme ça mais c’est loin d’être aussi évident à notre époque. Alors je remercie Cévany pour cette BD militante, à mettre aussi entre les mains des pères pour qu’ils comprennent ce que les mères vivent. 

Les dessins sont de toute beauté, c’est frais, moderne et cela va droit au but.  A lire, à relire, à partager. Etre mère n’est pas que bonheur et beauté de tout instant et je remercie la parole qui s’ouvre sur ces sujets.

Ma notation :

Une lecture pour toutes les mères.

Merci aux éditions Leduc pour cette lecture

La nuit des temps, Christian de Metter

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Quatrième de couverture :

Les Expéditions Polaires françaises enregistrent le signal d’un émetteur sous la glace de l’Antarctique…
L’expédition internationale découvre les ruines d’une civilisation disparue depuis 900 000 ans et les scientifiques du monde entier affluent vers le site pour aider à explorer et comprendre. Ils découvrent un objet ovoïde en or de trois mètres de diamètre dans lequel se trouvent en état de biostase un homme et une femme dont les têtes sont recouvertes de casques d’or.
Simon, médecin de l’expédition, décide de procéder au réveil des corps en commençant par celui de la femme, le corps de l’homme montrant des traces de brûlures sur le torse…

La Nuit des temps est un roman pacifiste et assez anarchisant. Russes et Américains, renvoyés dos à dos, travaillent malgré tout ensemble, à l’image de l’effort de dépassement des oppositions nationales, assez répandu dans le milieu des sciences de l’époque. Les savants court-circuitent les décisions des gouvernants. Notre civilisation paraît barbare face au raffinement et à la sagesse des savants des temps anciens, leur savoir immense risquant d’être perdu par la bêtise humaine.

L’avis de Laure :

Je n’ai jamais lu le roman La nuit des temps de Barjavel mais je sais que c’est un grand classique de la littérature française. Découvrir l’histoire en BD est, je l’avoue, la voie de la facilité lorsqu’on a peu d’attirance pour les grands classiques ou la science fiction comme c’est mon cas.

C’est pourtant une histoire qui a interpellé mon esprit scientifique, celle de la découverte, en Antarctique d’un homme et une femme mystérieusement figés dans la glace. Ils sont réanimés sans tarder et la femme va raconter son histoire, d’où elle vient, les savoirs de leur civilisation et comment ils sont arrivés là. Et contre toute attente, j’ai vraiment été prise par son récit, embarquée dans cette autre civilisation et les choix de vie qui ont été les leurs.

L’album est vraiment prenant, dessins et coloris m’ont paru très adaptés à l’histoire et moi qui ne suis absolument pas fan de la science fiction, j’ai apprécié l’univers imaginé par Barjavel. Je ne sais pas si c’est l’effet BD qui en simplifiant le récit me l’a rendu plus agréable. Peut-être. On ne saura pas réellement car je ne poursuivrai pas la découverte avec le roman, ça aurait été chouette bien sûr de comparer mais ça ne m’attire pas. Alors, peut-être que vous avez lu les 2 et que vous saurez nous dire en quoi le roman est plus intéressant à découvrir que la BD ?

Quoi qu’il en soit, j’ai eu la satisfaction d’une belle découverte BD et je saurai à présent de quoi parle le grand classique de Barjavel. Un point positif pour ma culture générale ! Si vous ne l’avez pas lu, vous tenteriez plutôt le roman ou la BD ?

Ma notation :

Une belle découverte.

(Merci aux éditions Phileas pour cette lecture)

On l’appelait Vermicelle, Fanny Vella

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Quatrième de couverture :

De sa naissance à son adolescence, Vermicelle tente d’échapper aux difficultés familiales qui la dépassent : absences, tabous, non-dits, violences et sexisme ordinaires. Forte de sa merveilleuse imagination, elle s’invente un univers coloré et lumineux dans lequel s’évader quand la vie s’emballe. Et nous voilà entraînés dans une fable familiale sensible et profonde : l’amour y est parfois maladroit parfois toxique, mais la résilience et le bonheur de Vermicelle, malgré des moments sombres, sont au bout du chemin.

L’avis de Laure :

Quelle histoire ! Heureusement qu’une lecture BD, cela se lit vite car celle-ci m’a noué le cœur tout du long. Impossible de relâcher ce sentiment si fort et poignant, tant on suit tout du long violence, malveillance chez cette petite fille. Et à la fois, c’est quelque chose de tellement ordinaire, qui nous parle pour notre propre quotidien qu’on en a encore plus le ventre noué de savoir que ces faits sont si habituels.

L’album est très beau, j’ai beaucoup aimé la simplicité du dessin et ces touches de bleu qui marquent toutes les cases. Quelques dessins colorisés dans des tons pop comme la couverture marquent aussi les grands moments du récit et l’alternance était très bien trouvée.

On va suivre la petite Vermicelle de sa conception puis sa naissance jusqu’à son adolescence. Un récit marqué par les petites difficultés que toutes les familles connaissent bien : une relation mère-fille difficile dès la naissance, des parents absents et puis plus tard toutes les injections qu’une société machiste impose à une fille, la venue d’une petite sœur qui « volera » sa place à l’aînée. Le tout est marqué par des dialogues incisifs qui sont les témoins d’une série de petites violences. Et on se rend compte en lisant cette BD à quel point ces phrases sont courantes, nous les avons entendues nous aussi mais ici on ressent de plein fouet la violence de ces mots. Alors je pense qu’on a besoin de lire, relire et partager cette BD pour s’imprégner de cette violence et être ensuite capable de l’identifier et la supprimer de son propre quotidien.

J’ai grandement apprécié de suivre Vermicelle jusqu’à sa construction d’adulte, savoir à quel point elle a su faire preuve de ressource pour se construire malgré tous les vécus traumatiques qu’elle a eu sur son chemin. Cette BD est une lecture précieuse que je n’hésiterai pas à partager autour de moi.

Ma notation :

Une lecture à lire, relire et partager.

Merci aux éditions Leduc pour cette lecture