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Enfant de salaud, Sorj Chalandon

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Quatrième de couverture :

Un jour, grand-père m’a dit que j’étais un enfant de salaud.
Oui, je suis un enfant de salaud. Mais pas à cause de tes guerres en désordre papa, de tes bottes allemandes, de ton orgueil, de cette folie qui t’a accompagné partout. Ce n’est pas ça, un salaud. Ni à cause des rôles que tu as endossés : SS de pacotille, patriote d’occasion, résistant de composition, qui a sauvé des Français pour recueillir leurs applaudissements. La saloperie n’a aucun rapport avec la lâcheté ou la bravoure.

L’avis d’Audrey :

Ceux qui connaissent l’auteur, n’ignorent pas la relation compliquée qu’il a eue avec son père. Une histoire qu’il avait déjà évoquée dans son roman Profession du père, où il nous décrivait la mythomanie de ce père violent et fantasque. Dans ce roman, c’est toujours l’histoire d’un fils et d’un père. Un petit qui idolâtre son père, qu’il voit comme un héros, un homme fort et droit. Mais une phrase lâchée par son grand-père va tout remettre en cause :

« Il faut que tu saches »

Et si ce père s’était inventé une vie, ou plutôt avait embelli les souvenirs? Telle une bombe, il apprend que son père avait pactisé avec l’ennemi pendant la seconde guerre mondiale. Mais bien vite, on se tait, on n’en parle pas et on ne va plus voir le grand-père trop bavard.

Alors quand adulte, devenu journaliste, le fils couvre le procès du criminel nazi Klaus Barbie, c’est comme s’il ouvrait une nouvelle fois la boite à secrets de son père. Il va alors enquêter sur son père, lire des dossiers d’archives et découvrir ses activités pendant le conflit. Alors que se déroule le procès si médiatique d’un monstre, en parallèle un fils juge un père.

Il y a une grande force dans ce roman, on rentre dans l’intime d’une famille, tout en assistant à la Grande Histoire. C’est souvent dérangeant, trop intrusif peut-être mais si humain comme récit.

J’ai particulièrement apprécié la narration de Féodor Atkine dont on m’avait vanté les talents. Et c’est une réussite effectivement, il permet vraiment de rentrer dans le roman complètement. (Petite anecdote d’écoute, on m’avait averti que je connaissais la voix de cet acteur, et il m’a fallu plus de la moitié de l’écoute pour enfin percuter et me rendre compte qu’il est le doubleur d’un de mes médecins préférés de séries TV).

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Les soeurs de Montmorts, Jérôme Loubry

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Quatrième de couverture :

Novembre 2021. Julien Perrault vient d’être nommé chef de la police de Montmorts, village isolé desservi par une unique route. Alors qu’il s’imaginait atterrir au bout du monde, il découvre un endroit cossu, aux rues d’une propreté immaculée, et équipé d’un système de surveillance dernier cri.
Mais quelque chose détonne dans cette atmosphère trop calme. Est-ce la silhouette menaçante de la montagne des Morts qui surplombe le village ?
Les voix et les superstitions qui hantent les habitants ? Les décès violents qui jalonnent l’histoire des lieux ?

L’avis d’Audrey :

Envie de frissonner en écoutant un livre. 1, 2, 3…. partez ! La narration de Slimane Yefsah est efficace et sonne très juste tout au long de cette histoire. Il sait nous immerger dans l’univers qu’a créé Jérôme Loubry, sans en faire « trop » dans sa lecture. Sa diction est naturelle, toute en fluidité et agréable à écouter.

Je parle d’immersion, car dans ce roman, l’ambiance dans laquelle on est plongé dès le début du roman est très importante. On perd vite pied, on ne sait pas où l’on va, et on déambule de chapitre en chapitre dans un climat énigmatique, glaçant et intrigant. On est plus précisément à Montmorts, un village où les apparences sont trompeuses, et qui cache bien des mystères et secrets, comme va le découvrir le nouveau commissaire de Police, fraichement débarqué.

Il va être question de vieilles légendes, de magie, de sorcières. Mais quand on trouve un cadavre dans le village, on est loin des vieilles légendes du passé. Le danger est bien présent. Comme moi, vous risquez bien de faire des centaines d’hypothèses sur le déroulement de cette histoire. Et vous risquez bien vous aussi de vous faire berner par l’auteur, alors même que j’ai cherché les indices pour ne pas me faire manipuler. Bravo à Jérôme Loubry.

Ma notation:

Un thriller brillamment réussi, une narration plaisante. C’est le roman à écouter sans hésiter!

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Les gardiens du phare, Emma Stonex

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Quatrième de couverture :

Au cœur de l’hiver 1972, à plusieurs milles de la côte de Cornouailles, une barque brave la mer pour rejoindre le phare du Maiden Rock. À son bord, se trouve la relève tant attendue par les gardiens. Pourtant, quand elle accoste enfin, personne ne vient à sa rencontre. Le phare est vide. La porte d’entrée est verrouillée de l’intérieur, les deux horloges sont arrêtées à la même heure et le registre météo décrit une tempête qui n’a pas eu lieu.
Les trois gardiens se sont volatilisés.
Vingt ans plus tard, alors que les flots semblent avoir englouti pour toujours leurs fantômes, les veuves des trois hommes ne peuvent se résoudre à tourner la page. Le vernis se craquelle, le sel de la mer envahit le présent, et les secrets profondément enfouis refont surface.

L’avis d’Audrey :

J’ai été très surprise par la tournure que prend ce roman. Je ne m’attendais pas un récit si mystérieux, mêlé à une intrigue policière si complexe et obscure.

Au début des années 90, un écrivain arrive au phare de Maiden Rock, pour enquêter sur un fait divers datant de 20 ans. En 1972, celui qui vient prendre la relève au phare, trouve l’endroit fermé à clé mais pourtant abandonné. Aucune trace des 3 gardiens en place. Les assiettes sont restées sur la table, les affaires n’ont pas bougés les horloges se sont arrêtées. Surtout ne pas ébruiter l’affaire, rester discret et oublier.

Mais l’arrivée de cet auteur est loin de réjouir les habitants de ce petit village de Cornouailles. Il va vouloir rencontrer et faire parler les épouses des disparus. On n’aime pas les gens qui fouinent, et à quoi bon vouloir remuer le passé !

On est vite happé par l’ambiance du roman, cette atmosphère quasi claustrophobique. Les personnages sont mystérieux et intrigants. Il est curieux de voir comme les gens préfèrent se taire plutôt que de livrer certaines vérités. Et pourtant les secrets vont doucement se dévoiler, pour notre plus grand étonnement de lecteur.

J’ai apprécié la lecture à deux voix, entre Christine Braconnier et Guillaume Orsat. Ce dernier, instaure d’ailleurs une atmosphère très envoutante par son timbre de voix que j’ai beaucoup aimé. A eux deux, ils rythment le récit, que j’aurai peut-être pu trouver un peu trop lent si j’avais découvert cette histoire en format papier.

Ma notation:

Un roman surprenant, qui a su me passionner. Une bien belle surprise.

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Sélection finale Prix Audiolib 2021

Voilà, après 5 mois d’écoute, de découvertes et de plaisir, l’expérience de juré du prix Audiolib 2021 touche à sa fin. Nous avions 10 livres audio à écouter, dans des genres très variés, d’auteurs français ou étrangers. J’ai aimé la richesse de cette sélection, avec des titres que je n’aurai jamais lus ou écoutés sans ce prix. L’accueil au sein du jury a été très chaleureux et le fait de pouvoir échanger avec les autres membres via un groupe Facebook privé est très enrichissant et rend l’ensemble de l’expérience conviviale. Puis il est toujours intéressant de confronter nos ressentis de lecture, et de constater comme chaque lecteur apprécie différemment un texte.

Nous devions établir un classement sur les 10 titres à l’écoute. J’ai eu du mal à départager les premières places. Je vous laisse découvrir mon classement et n’hésitez pas à cliquer sur les liens pour retrouver mes avis complets.

 

10: Le consentement. Je n’ai pas souhaité lire ce roman. Un thème qui ne m’inspire pas, qui ne colle pas du tout à mes envie lectures. Même dans le cadre d’un prix je ne veux pas me forcer à lire quelque chose que je ne veux pas.

9: Du côté des indiens, un roman que j’ai vite abandonné. Malheureusement, je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire.

8: La soustraction des possibles: Une intrigue sous fond d’argent, de banque, de pouvoirs et de sexe. Le comédien Damien Witeka a de suite donné le ton au texte, illustrant parfaitement l’univers froid, cynique et bien particulier du roman.

7: Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs. Sûrement le titre qui m’a le plus surprise et déstabilisée. On y suit David, un ethnologue qui part en pleine campagne pour rédiger sa thèse sur la vie campagnarde. Un mélange de scènes du quotidien, de pensées écrites dans son journal, d’humour. Pourtant j’ai trouvé le temps terriblement long avec cette écoute audio. Tellement que je ne vous en ai même pas proposé de chronique.

6: Dans Taqawan François-Eric Gendron, le comédien qui lit le texte a une voix très envoutante. Il a su donner caractère et force au roman. J’ai découvert l’histoire sociale et politique du Canada, dont j’ignorais tant de choses.

5: Rhapsodie des oubliés : C’est le genre de roman qui touche, qui transperce. Un roman avec des moments de malaise et d’incompréhension, mais dont on ne peut pas rester insensible. Ajoutez à cela la narration pétillante d’Ariane Ascaride et vous passerez un agréable moment de lecture.

4: Le poète. Un roman culte, sorti il y a déjà 25 ans et qui pourtant n’a pas pris une ride. Un thriller plein de suspense et qui ravira les amateurs du genre. Le comédien Benjamin Jungers a vraiment un ton et un style parfait pour les diverses narrations de ce roman à plusieurs voix.

3: Nickel Boys. Avec la voix de Stéphane Boucher, j’avançais péniblement vers la fin du roman. Non par ennui ou désintérêt, mais car ce roman est bien trop dur pour moi. J’ai apprécié les quelques instants de musique, pauses nécessaires dans ce récit. J’ai apprécié la lecture du comédien, très sobre et posée, ce qui me semble indispensable pour cette histoire. Un roman réussi sur un sujet poignant et dur

2: Là où chantent les écrevisses. Quelle narration, quelle voix, et quelle émotion pour nous lire ce roman. Le timbre de Maria du Bled correspond parfaitement au personnage du roman et elle donne vie à l’héroïne , sachant faire passer toute la détresse et la dureté de ce qu’elle va vivre. Une bien jolie surprise encore que ce roman poétique et émouvant, avec la nature en toile de fond.

1: Betty. j’ai été fascinée par cette histoire de famille, sublimement racontée par Audrey D’Hulstère. Son timbre de voix, ses intonations ont rendu le récit captivant. J’aime beaucoup la façon qu’elle a de rendre très vivants les dialogues et les échanges entre personnages. Lire ce roman, c’est accepter d’entrer dans un univers plein de magie, de poésie et de mystères. Mais c’est aussi accepter de se plonger dans la violence et les drames qui vont jalonner l’enfance de notre héroïne. Tout au long du roman, la dureté s’oppose à quelques instants plus lumineux. Un très grand roman, qui marquera chaque lecteur.

L’ensemble des classement du jury a permis de garder 5 titres pour la sélection finale. Alors n’hésitez pas à voter pour l’un d’entre eux s’il figurent dans vos derniers coups de coeur. Rendez-vous sur la page de vote, vous avez jusqu’au 22 aout pour donner votre voix à l’un de ces 5 romans.

La soustraction des possibles, Joseph Incardona

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Quatrième de couverture :

On est à la fin des années 80, la période bénie des winners. Le capitalisme et ses champions, les Golden Boys de la finance, ont gagné : le bloc de l’Est explose, les flux d’argent sont mondialisés. Tout devient marchandise, les corps, les femmes, les privilèges, le bonheur même. Un monde nouveau s’invente, on parle d’algorithmes et d’OGM.
À Genève, Svetlana, une jeune financière prometteuse, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. Ils s’aiment mais veulent plus. Plus d’argent, plus de pouvoir, plus de reconnaissance. Leur chance, ce pourrait être ces fortunes en transit. Il suffit d’être assez malin pour se servir. Mais en amour comme en matière d’argent, il y a toujours plus avide et plus féroce que soi.

L’avis d’Audrey :

J’ai pas mal repoussé l’écoute de ce livre audio. Pour être franche, le « pitch » du roman ne m’intéressait pas du tout. Une intrigue sous fond d’argent, de banques, de pouvoirs et de sexe, ce n’est pas du tout ce que j’ai envie de lire. Puis les avis de mes collègues du jury Audiolib, assez mitigés dans l’ensemble m’ont un peu refroidie. (Le nez dans les bouquins, la mite orange, Aziquilit)

J’ai donc entamé mon écoute avec beaucoup d’appréhension. Le comédien Damien Witeka a de suite donné le ton au texte, illustrant parfaitement l’univers froid, cynique et bien particulier du roman. Il donne vie à Aldo, le personnage du roman, qui délaisse ses balles de tennis le temps de rapatrier des valises d’argents de la France vers la Suisse. Mais Aldo en veut plus, toujours plus, et sa rencontre avec une belle et brillante banquière va le mener dans des affaires plus compliquées que prévu

J’avoue m’être particulièrement ennuyée pendant cette écoute. Trop de détails inutiles pour moi, et un univers qui ne m’intéresse pas du tout. Tout m’a semblé si « cliché ». Le style d’écriture de l’auteur a un peu sauvé l’ensemble, avec plusieurs commentaires et prise à partie des lecteurs que j’ai bien aimé, même si cela hache la narration.

Ma notation:

Vous l’aurez compris, je suis loin d’avoir appréciée cette écoute. Mais si le thème du roman vous plait, que vous avez envie de découvrir un auteur atypique, laissez vous surprendre!